NOUVELLES D'AFRIQUE
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Quelques actualités sur le continent africain (conflit, économie, sécurité ...)
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À vrai dire. En Afrique, la Chine s'en tient-elle vraiment à sa doctrine de non-ingérence ?

À vrai dire. En Afrique, la Chine s'en tient-elle vraiment à sa doctrine de non-ingérence ? | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Ce n'est un secret pour personne : Pékin investit massivement en Afrique. Le géant asiatique finance à grands coups de milliards les infrastructures du continent et assure que son soutien se limite à l'économie. Mais la Chine envoie aussi de plus en plus de soldats sur le continent.

C'est un principe érigé en dogme par le pouvoir chinois : la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats souverains. En témoigne le discours de Xi Jinping, le président chinois, lors de l'ouverture du dernier sommet Chine-Afrique le 3 septembre 2018 :

"Nous poursuivons toujours la pratique des "cinq non" dans nos relations avec l'Afrique, à savoir : ne pas s'ingérer dans la recherche par les pays africains d'une voie de développement adaptée à leurs conditions nationales, ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures africaines, ne pas imposer notre volonté à l'Afrique, ne pas assortir nos aides à l'Afrique de condition politique quelconque, et ne pas poursuivre des intérêts politiques égoïstes dans notre coopération en matière d'investissement et de financement avec l'Afrique."
Quelle est la présence économique de la Chine en Afrique ?

En Afrique, la Chine multiplie depuis longtemps déjà ses aides à différents pays pour construire routes, barrages autres gares. Au total, 136 milliards de dollars auraient été prêtés par Pékin entre 2000 et 2017. "Sans aucune condition politique", précise le pouvoir chinois.

Des investissements qui ont indéniablement fait avancer l'économie des pays concernés. Et que saluent les Africains eux-mêmes. Un sondage réalisé en 2015 montrait que 63% des sondés considéraient comme positive l'influence de la Chine dans leur pays.
La Chine limite-t-elle sa présence à l'économie ?

Depuis quelques années, la Chine est poussée à s'investir un peu plus sur le plan politique et militaire en Afrique. Malgré elle parfois. Comme quand elle a été soupconnée d'avoir soutenu la chute de Robert Mugabe au Zimbabwe. L'homme qui avait initié le coup d'Etat en 2017 venait de passer quelques jours à Pékin.

Ce qui est certain, c'est que la Chine renforce sa présence militaire, par l'intermédiaire de l'ONU.

Le nombre de "casques bleus" chinois impliqués dans des opérations de maintien de la paix en Afrique augmente. Il est en août 2018 de 1876 soldats, essentiellement au Soudan du Sud. C'est un chiffre plus important que n'importe quel autre pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La Chine offre aussi un programme de formation des militaires africains.

Et puis surtout, c'est l'Afrique que Pékin a choisi pour ouvrir sa première base militaire à l'étranger. A Djibouti, un complexe abriterait plusieurs milliers de soldats chinois.

Une manière pour la Chine de sécuriser ses lourds investissements africains, ce qui lui vaut parfois des accusations de néo-colonialisme. Une présence qui reste malgré tout bien mieux tolérée en Afrique que celle des anciens colons français et britanniques.

Retrouvez ici cette chronique et tous les [à vrai dire] de TV5MONDE

Sur Twitter : @TV5MONDEINFO
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Côte d’Ivoire : la grande muette en alerte face aux risques de mutineries

Côte d’Ivoire : la grande muette en alerte face aux risques de mutineries | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Les forces de défense et de sécurité ivoiriennes sont en état d'alerte : l'état-major craint de nouveaux soulèvements dans les casernes du pays.

Face au risque de nouveaux soulèvements dans les casernes, l’état-major des armées a pris les devants en demandant à l’ensemble des forces de défense et de sécurité de se mettre en alerte du 1er au 18 mai.
Selon nos sources, sept militaires en poste à Bouaké, suspectés d’être les meneurs de ce possible mouvement de contestation, ont été convoqués les 2 et 4 mai à Abidjan par le chef d’état-major Sékou Touré. Ils devraient être mutés dans les prochains jours.
Opération de recherches d’armes

Ces inquiétudes émergent alors qu’une opération de détection d’armes entamée le 12 avril dans les résidences de Guillaume Soro à Ferkessédougou et dans le village de son épouse, ainsi que dans les demeures de six ex-comzones, a pris fin début mai.

Préparée dans le plus grand secret depuis le début de l’année, cette opération s’inscrivait dans le cadre de l’enquête sur la cache d’armes découverte en mai 2017 à Bouaké.
Début avril 2018, l’armement du troisième bataillon de Bouaké, dirigé officiellement par Hervé Touré (« Vetcho »), entreposé depuis la première mutinerie de 2017 dans le centre d’instruction de Timbé (près de Katiola) sur ordre du ministère de la Défense, a également été délocalisé au sein de la division logistique de l’état-major à Abidjan.
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Les ambitions africaines de la Russie

Les ambitions africaines de la Russie | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Continent pivot lors des confrontations est/ouest pendant la Guerre froide, la Russie tente de s’impliquer à nouveau en Afrique. TTU a déjà évoqué, lors des dernières semaines, le retour en force du renseignement russe en Afrique francophone, comme le Congo ou la RCA, mais aussi le travail d’influence mené sur les réseaux sociaux ciblant la diaspora. Cependant l’approche russe est plus globale et ambitionne de réinvestir les trois zones stratégiques que sont l’Afrique australe, la Corne africaine et la BSS.

Investissements, projets énergétiques, contrats d’armements à coûts réduits sont les trois thématiques avec lesquelles Sergueï Lavrov a tenté de séduire ses interlocuteurs lors de sa tournée en Ethiopie, en Namibie, au Mozambique, au Zimbabwe et en Angola. Mais, contraint par le poids des investissements chinois et occidentaux, le projet se veut avant tout politique. En échange d’un soutien en matière d’antiterrorisme, et d’une défense appuyée des intérêts de ses hôtes au sein des institutions de l’Onu (Conseil de sécurité inclus), Moscou cherche à intégrer l’AFRIPOL, en charge de la coordination policière sur le continent.

En revanche dans la BSS, la posture russe se veut résolument plus agressive. Si Alger prend peu à peu ses distances à l’égard de Moscou, en raison du rapprochement avec Paris et le G5 Sahel, et de la découverte des corps de combattants du Front Polisario dans le crash d’un avion russe sur son territoire en avril 2017, Moscou surenchérit. La dépendance d’Alger à l’égard de la BITD russe permet à Moscou d’accroître la pression pour obtenir le leasing d’une partie de la base navale de Mers el-Kébir. Mais surtout le Kremlin considère l’échiquier sahélien comme partie intégrante de sa stratégie sur le continent européen.

Utilisant jusqu’à présent, et discrètement, Alger comme proxy dans son soutien au Front Polisario, la Russie a récemment radicalisé sa position tant à l’égard du Maroc que de l’Union européenne, en recevant officiellement, fin mars, à Moscou une délégation du front Polisario conduite par Mhamed Khaddad, qui a rencontré le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov. Ils y ont débattu notamment de l’autodétermination du peuple sahraoui et du mandat de renouvellement de la Minurso.
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Cedeao : Kaboré défend la création de la monnaie unique dès 2020

Cedeao : Kaboré défend la création de la monnaie unique dès 2020 | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
En marge du sommet d'Abuja, ce week-end, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a défendu le principe d'une mise en place progressive de la monnaie unique de la Cedeao dès 2020. Une nouvelle feuille de route guidant sa création doit être dévoilée en février 2018.

« L’option a été toujours maintenue que 2020 doit être la date de la création de la monnaie de la Cedeao » a martelé le président du Burkina Faso lors du 52ème sommet de la Cedeao qui s’est tenu à Abuja le 16 décembre. Roch Marc Christian Kaboré a cependant précisé que cette date était indicative et que la transition vers la future monnaie commune promise se fera « de façon progressive ».

Le chef de l’État avançant même que « tous les pays qui pourront répondre aux critères de convergence vont commencer à battre la monnaie Cedeao, en attendant que les autres pays puissent se conformer et intégrer le processus de cette monnaie-là ».
Nouvelle feuille de route en février

Sur ces questions monétaires, la conférence a « salué les progrès réalisés par l’ensemble des institutions de la Cedeao impliquées dans la conduite des activités de la monnaie unique de la Cedeao et a réaffirmé son engagement dans la poursuite et l’accélération de la réalisation » de l’agenda de l’intégration économique et monétaire de la Cedeao.

Le président burkinabè n’a fait ici que rappeler l’objectif de l’organisation régionale, qui a décidé en janvier 2015 du lancement de la monnaie unique en 2020, après quatre reports successifs en 2003, 2005, 2009 et 2015.

Entérinant la fin du franc CFA et des monnaies nationales des États non-membres de l’Uemoa, la création de cette union monétaire doit passer préalablement par une convergence des économies de la région, avec des critères à respecter, tels qu’un déficit public ne dépassant pas 3 % du PIB et un taux d’inflation inférieur ou égal à 5 %.

Constatant le non-respect de ces objectifs, la quatrième réunion de la task force présidentielle sur le programme de la monnaie unique de la Cedeao, qui s’est tenue à Niamey le 24 octobre dernier, a décidé de se donner jusqu’à février 2018 pour proposer une nouvelle feuille de route en vue d’accélérer la création de la monnaie unique en 2020.

D’après le communiqué final de la rencontre, « une approche graduelle privilégiant un démarrage avec les pays qui respectent les critères de convergence devrait être étudiée. »

En attendant février 2018, deux lignes semblent apparaître parmi les dirigeants ouest-africains.

D’un côté, le président du Nigéria Buhari, qui se montre pessimiste quant-à la possibilité de créer une zone monétaire unique. Selon lui, les fondamentaux économiques ont continué à diverger au cours des années, rendant plus difficile la réalisation du projet d’ici 2020. Buhari souhaite donc procéder « prudemment » sur la question de l’intégration, « en tenant compte de ces problèmes et de ce qui se déroule actuellement dans l’Union européenne ».
De l’autre, le président du Niger Mahamadou Issoufou prône au contraire une approche plus incrémentale, souhaitant la mise en œuvre de la monnaie unique de la Cedeao dès 2020 pour les pays « techniquement prêts », avec une adhésion des autres États au fur et à mesure, sur le modèle de l’élargissement de la zone euro. Pour lui, « la monnaie unique Cedeao ne doit pas être l’Arlésienne toujours annoncée mais jamais arrivée. »
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Zimbabwe: l'armée annonce la fin de l'opération qui a fait chuter Mugabe

L'état-major de l'armée zimbabwéenne a officiellement annoncé lundi la fin du coup de force qui a précipité, le mois dernier, la fin des trente-sept ans du règne sans partage exercé par l'ancien président Robert Mugabe sur le pays.

Traditionnels soutiens du régime depuis l'indépendance du pays en 1980, les militaires sont intervenus dans la nuit du 14 au 15 novembre dans les rues d'Harare pour dénoncer le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Placé en résidence surveillé, M. Mugabe, 93 ans, a démissionné une semaine plus tard, lâché par son parti.
"Les forces de défense et de sécurité prononcent la fin de l'opération +Restaurer la légalité+", a annoncé le commandant de l'armée de terre du pays, le général Phillip Valerio Sibanda.
"La normalité règne à nouveau dans notre pays. Nous voulons remercier tous les Zimbabwéens pour leur soutien, leur patience et leur compréhension pendant les cinq semaines de l'opération", a poursuivi l'officier lors d'une conférence de presse.

Les militaires sont sortis de leurs casernes pour empêcher la Première dame Grace Mugabe de succéder à son mari. C'est elle qui avait obtenu le départ du vice-président, considéré jusque-là comme le dauphin du "camarade Bob".

M. Mnangagwa a été investi président par intérim jusqu'aux élections prévues à la mi-2018.
Le général Sibanda a mis en garde contre les soutiens de Mme Mugabe, qualifiés de "mécontents et saboteurs" qui veulent "troubler la paix et la tranquillité" du pays.

Surnommé le "crocodile", le nouveau président a nommé plusieurs généraux dans son gouvernement et à l'état-major du parti au pouvoir, la Zanu-PF.
Lui-même candidat de la Zanu-PF à la présidentielle, M. Mnangagwa a promis des élections "libres et justes". Mais ses critiques en doutent, rappelant qu'il avait été l'un des exécuteurs de la répression ordonnée pendant l'ère Mugabe.
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Le Tchad allège sa présence militaire au Niger

Le Tchad allège sa présence militaire au Niger | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Plusieurs centaines de militaires tchadiens engagés dans la lutte contre les djihadistes de Boko Haram au Niger ont quitté le pays, a-t-on appris jeudi de sources humanitaires et auprès des autorités locales.

Le gouvernement tchadien n'a fourni aucune explication, mais il s'est plaint il y a un mois de l'interdiction faite à ses ressortissants de se rendre aux Etats-Unis, laissant entendre que cette décision pourrait avoir des conséquences sur ses engagements en matière de sécurité, qui comprennent la lutte contre Boko Haram menée avec l'appui des Etats-Unis.

Dans la région de Diffa, théâtre d'une série d'exactions du mouvement islamiste, la réduction des effectifs tchadiens s'est déjà traduite par une recrudescence du banditisme, selon Ibrahim Arimi, un habitant de Bosso, qui a dû quitter ce village frontalier du Nigeria en raison de l'insécurité.

Selon Lamido Moumouni, député de la région, les habitants commencent à se plaindre. "Ils s'étaient habitués à être sous la protection des troupes et ont donc l'impression que la sécurité va se dégrader", a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique.

Au plus fort de leur déploiement, en 2016, après une attaque à Bosso, 2.000 militaires tchadiens participaient à la lutte contre Boko Haram au Niger.

(Boureima Balima, avec Emma Farge à Dakar, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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Le mandat de la force de la Cedeao en Gambie prorogé d'un an

Le mandat de la force de la Cedeao en Gambie prorogé d'un an | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le contingent militaire ouest-africain a prolongé d'un an sa mission en Gambie, où il s'est déployé en janvier pour contraindre le président Yahya Jammeh à reconnaître sa défaite électorale et à quitter le pouvoir, a annoncé lundi la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest).

Cinq cents soldats de la Cedeao se trouvent toujours en Gambie, sur les 7.000 qui avaient franchi la frontière sénégalo-gambienne pour obliger Jammeh à partir en exil et à céder la présidence à Adama Barrow, lequel l'avait battu lors de l'élection de décembre dernier.

Les soldats de la mission, baptisée ECOMIG, ont été la cible d'une attaque vendredi dernier par des habitants du village natal de Yahya Jammeh, Kanilai, a déclaré le ministre gambien de l'Intérieur, Mai Ahmed Fatty, soulignant les tensions qui persistent dans le pays.

L'un des manifestants réclamant le départ de l'ECOMIG a été tué dans les troubles, et les forces de sécurité ont procédé à 22 arrestations.

(Pap Saine; Eric Faye pour le service français)
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"On oublie trop souvent le rôle positif de certaines armées africaines"

"On oublie trop souvent le rôle positif de certaines armées africaines" | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (Irsem) et spécialiste des conflits africains, et notamment de la Corne de l'Afrique, Sonia Le Gouriellec est coorganisatrice du colloque « Les nouveaux visages des armées africaines », organisé jeudi 5 et vendredi 6 octobre à l'École militaire à Paris. Elle revient sur la complexité des enjeux de sécurité africains, sur les paradoxes des armées du continent, sur les défis à relever. Sur les aspects positifs, également, trop souvent laissés de côté. Les thématiques abordées se trouvent ici, et le programme est là. Il est possible d'y assister, après inscription obligatoire.
Le Point.fr : Vous coorganisez à l'École militaire de Paris, les 5 et 6 octobre, un colloque sur les armées de l'Afrique subsaharienne. Sont-elles actuellement à la hauteur des enjeux sécuritaires du continent ?
Sonia Le Gouriellec : Elles font effectivement face à un défi véritable, en raison notamment de leurs moyens limités. Globalement, leurs budgets sont très faibles, leurs tailles sont réduites et les populations sont peu engagées dans les forces armées. J'ai noté que 0,2 % de la population africaine est engagée dans les forces armées, quand en France, par exemple, ce chiffre est près de 2,5 fois plus élevé (0,48 %). De plus, elles interviennent souvent sur des terrains très conflictuels, y compris dans les opérations de maintien de la paix qui ressemblent souvent à des guerres. Elles sont souvent sous-équipées, sous-entraînées. Voici quelques mois, Jeune Afrique avait écrit sur les armées africaines « mal équipées, mal entraînées, mal aimées et en piteux état ». Pour autant, leur plus important défi consiste aujourd'hui à s'adapter à de nouvelles formes de conflictualité, comme le djihadisme qui frappe toute la bande sahélienne. Elles sont soutenues dans cet effort par des partenaires comme l'Union européenne, la France, les États-Unis, la Chine, l'Inde et d'autres encore, comme le Brésil ou la Turquie.
Comment se fait-il que ces États faisant face à des adversaires de puissance limitée aient besoin d'armées étrangères pour se défendre ?
Tout d'abord, notons que ces armées ne se sont pas adaptées à l'évolution des conflits. Prenons le cas typique du Nigeria, confronté au groupe Boko Haram. Après la guerre civile de 1967-1970 (guerre du Biafra), les structures militaires ont été remodelées, une culture stratégique nouvelle s'est mise en place. Elle se basait sur l'analyse selon laquelle la menace contre le pays venait de l'environnement régional francophone. C'est pourquoi, dans les années 1980-1990, l'armée nigériane s'est trouvée fortement impliquée dans les opérations de paix sur le plan régional. La conséquence, c'est qu'elle s'est progressivement trouvée incapable de répondre à des menaces infra-étatiques… Elle n'est pas en mesure de faire face aujourd'hui à Boko Haram. D'autres armées uniquement centrées sur la protection des frontières n'étaient pas prêtes à contrer des menaces de nature terroriste lorsqu'elles se sont présentées. Dans d'autres cas encore, on trouve davantage des gardes prétoriennes que des armées nationales. Je pense aux États d'Afrique centrale. Elles forment un groupe de protection autour du président sans être prêtes à affronter les menaces contemporaines.
Ces armées construites autour du clan du chef de l'État sont légion en Afrique. Est-il possible, voire nécessaire, qu'une telle situation évolue, et comment ?
Premier point, ce n'est pas à nous, acteurs extérieurs, d'y remédier. De plus, notre vision très négative est souvent assez biaisée par notre connaissance souvent réduite aux États d'Afrique francophone. Nous les voyons négativement en raison de leur rôle dans les coups d'État, de leur ingérence dans le politique, de la corruption ou du népotisme dont elles sont souvent accusées. On oublie souvent qu'elles ont aussi joué des rôles positifs dans certaines transitions politiques, comme en Guinée en 2008. Le général Sékouba Konaté a mis en place la transition politique, se comportant en véritable modèle, à l'inverse de Moussa Dadis Camara. Au Niger, le coup d'État du commandant Salou Djibo en 2010, resté au pouvoir jusqu'en 2011, visait à restaurer les institutions démocratiques, ce qui a été fait avec succès. En 2014, au Burkina Faso, l'armée a tenté de mettre en place la transition démocratique, mais une de ses factions a appuyé Blaise Compaoré. C'était une armée à deux visages. Les rivalités entre factions sont réelles : bérets rouges et bérets verts au Mali ou encore le régiment de sécurité présidentielle et l'armée régulière au Burkina Faso. Il ne faut pas réduire la complexité des situations.
Les armées africaines sont souvent imbriquées dans les jeux de pouvoir. Est-ce acceptable ?
85 % des pays africains ont été touchés par des coups d'État. Et seuls deux pays (l'Afrique du Sud et la Namibie) n'ont pas connu de régime militaire. L'enjeu réside, à mes yeux, dans la professionnalisation des armées, dont les enjeux sociaux, économiques, mais surtout politiques avec la subordination à l'autorité civile, sont essentiels. C'est particulièrement vrai dans ces pays où des milices ou des groupes de libération nationale sont arrivés au pouvoir par les armes, comme en Éthiopie, en Érythrée, au Soudan du Sud, au Tchad, au Burundi, au Rwanda, etc. On voit que les anciens rebelles mettent en place des régimes très autoritaires, participant davantage que les autres aux opérations de maintien de la paix. Du coup, en devenant indispensables à la résolution des conflits sur le continent, ces régimes forts ne soulèvent que peu de critiques de leurs partenaires internationaux et accroissent leur emprise sur la vie politique et économique de leur pays. C'est particulièrement vrai actuellement avec le Tchad, l'Ouganda, le Burundi et l'Éthiopie
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Soudan du Sud: les casques bleus ont refusé de combattre à Malakal, admet l’ONU

Soudan du Sud: les casques bleus ont refusé de combattre à Malakal, admet l’ONU | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Les Nations unies ont publié un rapport sur l'attaque du camp de Malakal, en février dernier au Soudan du Sud. Des hommes armés avaient fait irruption dans un camp de réfugiés de la Minuss, la Mission de l'ONU au Soudan du Sud. Il y a eu une trentaine de morts et une centaine de blessés. Il y a eu des accusations à l'encontre des casques bleus qui auraient selon des ONG refusé de combattre. Aujourd'hui avec ce rapport, les Nations Unies reconnaissent ce refus de combattre des casques bleus.

Les mots de la commission d'enquête de l'ONU sont durs. « La mission a échoué, à tous les niveaux, à gérer la crise de manière efficace ». Ces 17 et 18 février, des soldats de la SLPA, l'armée nationale sud-soudanaise, sont entrés dans le camp de l'ONU de Malakal où 48 000 civils avaient trouvé refuge. A l'intérieur, des combats entre des jeunes des ethnies shilluk et dinka ont éclaté. Des combats auxquels la SLPA a pris part. Le bilan a été très lourd : une trentaine de morts et plus de cent blessés.

Le rapport explique que les soldats de la Minuss ont réagi pour certains en abandonnant leur poste, et pour d'autres ont refusé d'user de la force sans autorisation écrite préalable.

Par ailleurs, la commission souligne aussi un manque de communication entre les différents contingents « faute de langue commune ». Sur place étaient présents des casques bleus éthiopiens, rwandais et indiens, mais aujourd'hui l'ONU se refuse à donner la nationalité des casques bleus fautifs.

Enfin, et pour éviter que l'événement puisse se reproduire, la commission d'enquête demande à ce que la façon dont les camps de protection des civils sont protégés soit réévaluée en prenant en compte « les réalités du terrain ».
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Selon l'ONU, le jihadiste Mokhtar Belmokhtar est en Libye

Selon l'ONU, le jihadiste Mokhtar Belmokhtar est en Libye | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Un rapport récent présenté par Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, au Conseil de Sécurité, indique que l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, chef de l'organisation extrémiste Al-Mourabitoune et responsable de plusieurs attentats en Algérie et dans le Sahel, est bien en Libye. Il se déplace très facilement et il y a ses appuis.

Après plusieurs mois d'absence, et alors qu'il est donné pour mort par certains services de renseignement, le chef d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) réapparait en menaçant à nouveau la France en Libye, comme dans le Sahel.

Aqmi est-elle dirigée aujourd'hui par Mokhtar Belmokhtar depuis la Libye ? Ce pays est-il devenu la base arrière des opérations destinées à frapper plus fort dans le Sahel ? Tout porte à le croire. A commencer par la multiplication de communiqués sur les sites jihadistes, citant Belmokhtar.

Ces sites annoncent même la responsabilité d'Aqmi dans la mort de trois Français en Libye la semaine dernière, alors que ce sont les Brigades de défense de Benghazi et le Conseil de la Choura de Benghazi qui ont annoncé leur responsabilité les premiers. Ces milices sont réputées comme proche d’al-Qaïda.

Belmoktar a su s'allier avec des milices qui s'activent entre le désert du sud, Ajdabya et Benghazi. Avec leur aide, il contrôle un vaste trafic d’armes, de drogues et d'hommes armés, selon les Nations unies.

Belmokhtar, connu surtout sous le nom de Khaled Abou al-Abbas, n'est pas le seul chef de guerre jihadiste à s'activer depuis la Libye. Toujours selon les Nations unies, Iyad Ag Ghaly, le chef du groupe malien Ansar Dine, est lui aussi en Libye. Il possède même une base dans le sud du pays.
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Les deux camps ordonnent un cessez-le-feu

Les deux camps ordonnent un cessez-le-feu | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le président sud-soudanais Salva Kiir et son vice-président et grand rival politique Riek Machar ont chacun ordonné lundi à leurs troupes de cesser le feu. Ces déclarations interviennent après quatre jours de violents combats dans la capitale Juba entre forces loyalistes et ex-rebelles.

«Tous les commandants des forces ont pour consigne de cesser les hostilités et de se soumettre aux ordres, de contrôler leurs troupes», a dit le porte-parole de la présidence, Ateny Wek. Il a précisé que Kiir et Machar s'étaient parlé au téléphone lundi dans la matinée.

Journée la plus violente

«Le président a déclaré un cessez-le-feu unilatéral. Je veux rendre la pareille en déclarant un cessez-le-feu unilatéral», a déclaré par la suite Riek Machar à la radio. Il a aussi ajouté qu'il avait enjoint à ses troupes de cesser le feu à 20h00 (19h00 en Suisse), deux heures après l'heure de trêve fixée par Salva Kiir.

La journée de lundi a été l'une des plus violentes depuis la reprise des combats, jeudi dernier dans la capitale, peu avant la célébration du deuxième anniversaire de l'indépendance le 9 juillet. Plusieurs sources ont attesté la présence d'artilleries lourdes, ainsi que de chars et d'hélicoptères de combat de l'armée gouvernementale dans le ciel de Juba.

La Maison Blanche condamne les violences

La Maison Blanche a dénoncé lundi ces violences qui ont secoué le Soudan du Sud pendant quatre jours, appelant tous les combattants à regagner leurs casernes. «Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts le retour de la violence au Soudan du Sud. Cela doit cesser», écrit la conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama, Susan Rice, dans un communiqué.

«Cette violence insensée et inexcusable, menée par ceux qui placent encore une fois leurs propres intérêts au-dessus du bien-être de leur pays et de leur peuple, met en danger tout ce à quoi le peuple du Soudan du Sud aspire depuis cinq ans», poursuit-elle.

Les Etats-Unis avaient soutenu l'indépendance du Soudan du Sud, le plus jeune pays du monde, qui a fêté samedi ses cinq ans lors d'un anniversaire marqué par les violences.

«Les chefs armés, leurs commandants et leurs troupes doivent concentrer leurs efforts sur l'arrêt immédiat de la violence», ajoute-t-elle. «Nous appelons ceux qui se battent à retourner dans leurs casernes.»

Civils touchés

Depuis vendredi, les combats auraient fait près de 300 morts, dont des civils, selon des sources locales. Mais ce bilan est très certainement en deçà de la réalité puisqu'il porte essentiellement sur les pertes de vendredi. Les causes précises de cette flambée de violence à Juba étaient encore inconnues lundi.

Des milliers de civils ont dû fuir à la hâte les quartiers les plus touchés par les affrontements. Certains se sont réfugiés dans un camp de l'ONU, à proximité duquel les combats ont éclaté. Celui-ci abrite déjà 28'000 déplacés. D'autres se réfugiaient par centaines dans les églises de la ville. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a dit s'attendre à une vague de réfugiés vers l'Ouganda voisin.

Illustrant l'anarchie qui règne dans les rues de Juba, un habitant a dit avoir vu des policiers en train d'essayer de piller une boutique de son quartier. D'autres habitants avaient fait état de scènes analogues dimanche.

Casques bleus attaqués

Deux Casques bleus chinois ont été aussi tués, a déclaré à Pékin le ministère chinois des Affaires étrangères. Selon un responsable de l'ONU, au moins 11 autres de diverses nationalités ont été blessés.

Le président de la Commission de surveillance et d'évaluation (JMEC) de l'accord de paix signé le 26 août 2015, Festus Mogae, a appelé à «une mise en œuvre immédiate» de cet accord de paix.

Réuni en urgence à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a, pour sa part, exigé de Salva Kiir et de Riek Machar de «faire le maximum pour contrôler leurs forces respectives et mettre fin d'urgence aux combats». Il a également affirmé envisager de renforcer la mission de l'ONU au Soudan du Sud et demande aux pays de la région «de se préparer à fournir des troupes supplémentaires au cas où le Conseil le déciderait».

Embargo demandé

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exhorté le Conseil de sécurité à imposer au Soudan du Sud un embargo sur les armes et à imposer des sanctions contre les dirigeants et les chefs militaires qui empêchent la mise en œuvre de l'accord de paix.

A Genève, le rapporteur spécial de l'ONU sur les déplacés internes, Chaloka Beyani, a condamné les récentes attaques contre les déplacés et les civils. Il a aussi demandé la fin immédiate des attaques contre la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (MINUSS), qu'il a remerciée d'avoir accueilli des civils.

Indépendance du pays

Ces nouvelles violences coïncident avec le 5e anniversaire de l'accession à l'indépendance du Soudan du Sud. Elles font craindre une reprise des combats à grande échelle dans tout le pays, déchiré depuis décembre 2013 par une guerre civile dévastatrice. Cette dernière a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et près de trois millions de déplacés.

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de la sous-région (Igad) est prévue lundi après-midi à Nairobi pour discuter de la crise. (ats/nxp)
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Le Maroc fait les yeux doux à la Chine

Le Maroc fait les yeux doux à la Chine | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
« Nous sommes une porte d’entrée vers l’Afrique », lance le représentant en Chine de la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), Adil Zellou. A l’heure où la Chine n’a d’yeux que pour sa « route de la soie » qui l’emmène plus à l’Est, vers l’Egypte et Djibouti, Rabat joue une autre carte, celle de trait d’union entre l’Afrique francophone et l’Europe du Sud.

Le message a semble-t-il été bien reçu la semaine dernière à Pékin lors de la visite en grande pompe du roi Mohammed VI. Signatures d’un partenariat stratégique avec le président chinois et de quinze accords économiques et partenariats public-privé représentant plus de 110 millions d’euros de contrats. A terme, le Maroc se verrait bien conclure un accord de libre-échange avec Pékin et devenir ainsi le carrefour des investissements chinois en Afrique du Nord, devant l’Algérie pourtant en pointe dans ce domaine.
Quatrième partenaire commercial du Maroc

En 2015, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et le Maroc a atteint à peine 3,4 milliards de dollars (3 milliards d’euros), soit trois fois moins qu’entre l’Algérie et la Chine ! La Chine est le quatrième partenaire commercial du Maroc quand elle est le premier en Algérie depuis trois ans maintenant, devant la France.

Près de huit cents entreprises chinoises sont présentes en Algérie, notamment dans le bâtiment, les travaux publics et l’import-export. Différents projets très ambitieux y sont confiés à des entreprises chinoises, dont la grande mosquée et l’opéra d’Alger. A l’inverse, seuls une trentaine de groupes chinois opèrent pour l’instant au Maroc.

La visite de Mohammed VI à Pékin avait donc pour ambition de donner un coup d’accélérateur dans les relations sino-marocaines, avec une spécificité cependant : l’importance que revêt le secteur bancaire.
Accord d’échange de devises entre les deux pays

Les grands établissements du royaume dominent en effet la scène bancaire en zone francophone. Symboliquement d’ailleurs, cette visite avait débuté par la signature d’un accord d’échange de devises entre les deux pays. L’objectif étant de fournir aux banques des liquidités en yuan pour les comptes de leur clientèle et ainsi de fluidifier les investissements chinois au Maroc et dans le nord du continent.
Bank of China, l’une des quatre grandes banques commerciales d’Etat, a inauguré en mars à Casablanca son premier bureau de représentation au Maroc. Quant à Attijariwafa Bank, elle multiplie également les initiatives afin d’apparaître comme le partenaire local indispensable pour accompagner les entreprises et les investisseurs entre la Chine et l’Afrique francophone.
Un coup de fouet aux investissements chinois au Maroc

Il y a tout juste un an, la banque chinoise d’import-export ouvrait elle aussi son premier bureau au Maroc et son deuxième bureau en Afrique après celui de Johannesburg. Vingt-six pays du continent sont ainsi traités depuis Rabat. L’Exim Bank est le bras financier de Pékin sur le continent. C’est elle qui finance la plupart des gigantesques projets d’infrastructures menés par les entreprises chinoises. La banque chinoise ICBC prend également pied au Maroc via un partenariat avec le groupe Anouar Invest, la BMCE étant pour l’heure la seule implantée en Chine via son bureau de représentation de Pékin.
La signature la semaine dernière d’importants contrats allant d’une cimenterie aux bus électriques, en passant par un parc industriel à Tanger et un ambitieux projet de déviation des eaux du nord vers le sud du Maroc, sur le modèle de celui mené en Chine, devrait donner un coup de fouet aux investissements chinois au Maroc. Un fonds spécifique a également été mis en place entre le China Africa Development Fund et Attijariwafa Bank pour financer ces projets spécifiques sino-marocains.
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Au Mozambique, un nouvel emprunt caché pour acquérir des bateaux militaires

Au Mozambique, un nouvel emprunt caché pour acquérir des bateaux militaires | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Durant quelques jours seulement, Maputo s’est cru débarrassé d’une polémique qui a profondément entaché la crédibilité du Mozambique auprès des investisseurs et déçu ses partenaires financiers. C’était sans compter sur de nouvelles révélations, qui ont encore amplifié « l’affaire Ematum », le plus gros scandale politico-financier qu’ait connu le pays: la dette, que le gouvernement a dissimulée pour financer l’achat d’embarcations militaires, d’abord sous couvert d’une banale activité de pêche au thon, serait en réalité deux fois plus élevée.

Lire aussi : De Cherbourg à Maputo, les millions disparus de la Compagnie mozambicaine de thon

Entre deux sujets, le porte-parole du gouvernement a discrètement annoncé, mardi 5 avril, que l’accord de renégociation de la dette de la Compagnie mozambicaine de thon, Ematum, avait été ratifié. L’emprunt de 850 millions de dollars (745 millions d’euros), levé en catimini en 2013 par cette entreprise publique inconnue, pour financer l’achat de 30 bateaux aux chantiers navals cherbourgeois des Constructions mécaniques de Normandie (CMN), était depuis suspecté de détournements et accusé de plomber l’économie.
En toute opacité

Si le gouvernement s’est gardé de célébrer un accord que tous les analystes financiers spécialisés dans les pays émergents commentent depuis plusieurs mois, c’est qu’il a une nouvelle fois été pris la main dans le sac. Il s’avère qu’un autre emprunt, d’au moins 622 millions de dollars, aurait également été réalisé en 2013, dans la plus grande opacité, par une autre entreprise publique. Ici aussi, la somme aurait servi à acheter des embarcations militaires à la maison mère des CMN, Abu Dhabi Mar, la firme présidée par Iskandar Safa, le sulfureux milliardaire franco-libanais.

Lire aussi : L’économie du Mozambique dans le rouge sur fond de scandale Ematum

Ces dernières semaines, une issue satisfaisante semblait pourtant émerger du long processus de renégociation de la dette. Dès le 23 mars, plus de 80 % des investisseurs – une myriade de fonds de pensions et de fonds d’investissements en grande partie européens – ont accepté en quelques heures la proposition du gouvernement. Selon les termes de l’accord, l’emprunt obligataire souscrit en toute opacité par Ematum est échangé par des obligations émises par l’Etat mozambicain. Au passage, le taux d’intérêt est passé de 6,5 % à 10,5 %, une aubaine pour une dette souveraine de pays émergent. « La structure devient plus lisible, moins opaque. On se retrouve avec une vraie dette souveraine du gouvernement », détaille le gérant d’un fonds d’investissement européen qui détient une part de l’emprunt, et témoigne de la satisfaction partagée des investisseurs.

Du côté du Mozambique, la dette passe d’échéances semestrielles à un remboursement en totalité en 2023, soit trois ans de plus que l’emprunt initial. D’ici là, le gouvernement parie sur les revenus liés à l’exploitation des immenses réserves de gaz du bassin du Rovuma (nord), qu’il devrait commencer à encaisser à l’horizon 2020. Futur « Qatar » africain, le pays a le potentiel pour, à terme, faire partie des trois premiers pays producteurs de gaz au monde.
Marché juteux de la sécurité maritime

Empêtré dans le scandale depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2015, le gouvernement du président Filipe Nyusi pouvait espérer, par cet accord, reprendre un peu d’air. « Jusque-là, les remboursements étaient de l’ordre de 200 millions de dollars par an. Désormais, les montants sont passés à 75 millions de dollars par an, ce qui devrait réduire énormément la pression sur le budget de l’Etat », détaille le porte-parole du ministère des finances, Rogerio Nkomo.

Affecté par la chute des cours des matières premières comme d’autres économies africaines, le Mozambique s’enfonce dans une crise économique. Sa monnaie a perdu plus de 30 % de sa valeur face au dollar depuis 2015 et les remboursements de la dette ont creusé les réserves de change. En parallèle, le président est fortement discrédité par son incapacité à régler le conflit larvé avec la branche armée de la Renamo, le principal parti d’opposition. La situation s’est particulièrement dégradée depuis janvier dans le centre du pays, où les affrontements se multiplient.

Lire aussi : Priorité au business pour le président mozambicain en visite à Paris

Mais avant même que le gouvernement ne puisse se réjouir, la banque Crédit suisse a révélé aux investisseurs, le 24 mars, que le gouvernement avait 787 millions de dollars de dette à son actif en plus. Une annonce coup de tonnerre provoquée par la décision de Standard & Poor’s d’abaisser la note du Mozambique à « CC » le 15 mars, considérant que le gouvernement obligeait les investisseurs à restructurer la dette pour éviter d’être en défaut de paiement, comme l’a détaillé le média Internet basé à Maputo, Zitamar News.

Le 3 avril, le Wall Street Journal a enfoncé le clou, citant une source « proche de l’emprunt » : avant même qu’Ematum n’aille à son tour sur les marchés, le Crédit suisse aurait prêté au moins 622 millions de dollars en 2013 à une autre entreprise détenue par des capitaux publics, Proindicus SA. La société aurait même tenté, l’année suivante, d’augmenter le montant du prêt, ce qui porterait la dette à près de 800 millions de dollars.

Lire aussi : Le Mozambique, futur allié stratégique de la France dans l’océan Indien ?

L’histoire se répète : comme Ematum avant que le scandale n’éclate, Proindicus est restée discrète au Mozambique, avant qu’Africa Confidential ne revèle son existence en juillet 2015. Enregistrée en décembre 2012 comme société anonyme de « prestations de service de sécurité aux infrastructures » d’après le Bulletin officiel, Proindicus est detenue à 50 % par une holding d’Etat créée par le ministère de la défense. Le reste appartiendrait aux services de renseignement mozambicains, d’après les médias locaux. Selon le Wall Street Journal, l’emprunt aurait servi à acheter des embarcations militaires et des installations anti-piraterie.

De fait, une source au port de Maputo affirme au Monde Afrique qu’au moins huit vedettes ont été livrées à l’entreprise en septembre 2014 et sont depuis en cale sèche pour une raison inconnue. D’autres bateaux auraient également été livrés à d’autres ports mozambicains, notamment à Pemba (nord), le point de départ vers les blocs de gaz offshore. Ainsi l’entreprise cherche-t-elle très probablement à se positionner sur le marché juteux de la sécurité maritime des futures installations gazières.
Pièces du puzzle

Petit à petit, les pièces du puzzle se rassemblent, et toujours plus, l’ombre d’Iskandar Safa plane sur l’affaire de bout en bout. Déjà, en novembre 2013, l’hebdomadaire indépendant Savana dévoilait que, en marge des trente bateaux commandés aux CMN, un autre contrat avait été signé avec Privinvest, la holding de Safa « pour la construction de trente autres bateaux [de type non spécifié] à travers l’entreprise du groupe Abu Dhabi Mar, dans des chantiers navals d’Allemagne et des Emirats arabes unis ». Le lien entre ce contrat et Proindicus reste à prouver formellement. Mais le précédent d’Ematum, les amitiés supposées entre l’ancien président Armando Guebuza et le milliardaire franco-libanais, ainsi que la présence du Crédit suisse dans l’équation laissent peu de place au doute.

Lire aussi : La ruée des entreprises françaises vers le Mozambique

Alors que la réaction du Fonds monétaire international (FMI) et des pays donateurs à ces nouveaux éléments est attendue, les médias internationaux se sont empressés de rapporter le mécontentement de certains investisseurs. Ceux-ci ne devraient pourtant pas être trop lésés, puisque la valeur des obligations d’Ematum est déjà passée, vendredi 8 avril, de 0,75 dollar à 0,90 dollar à la suite de l’opération de restructuration de la dette.

La situation est nettement moins réjouissante pour les Mozambicains, éternels laissés-pour-compte. En 2020, les revenus du gaz serviront débord à rembourser les investissements hasardeux de l’ancien président Guebuza, réputé pour sa propension aux affaires. Les investissements promis en infrastructures qui sont indispensables au développement de l’un des dix pays les plus pauvres au monde, eux, attendront.
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Violents accrochages entre Congolais et Ougandais sur le lac Edouard

Violents accrochages entre Congolais et Ougandais sur le lac Edouard | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Des accrochages ont opposé sur le lac Edouard une patrouille ougandaise et la marine de RDC, jeudi matin 5 juiller. Des victimes sont à déplorer. Et les circonstances de cette passe d’armes ne sont pas très claires, les versions divergent entre Kinshasa et Kampala.

Selon l'administrateur du territoire de Beni, Donat Kibwana, cette affaire a débuté mercredi, avec l'arrestation par la marine ougandaise de dix pirogues ainsi que les pêcheurs congolais qui étaient à bord. Jeudi, la marine congolaise décide d'envoyer très tôt une patrouille maritime avec à son bord des soldats et des membres du comité des pêcheurs, pour s'enquérir de la situation.

« Ils sont tombés dans une embuscade tendue par la force ougandaise, qui a commencé à tirer la première » alors qu'ils étaient toujours dans les eaux congolaises, assure l'administrateur du territoire de Beni. Les Congolais ont répliqué faisant sombrer le bateau ougandais avec son équipage. Quatre militaires et trois civils ougandais sont tués dans ces affrontements. Côté congolais, on ne déplore que deux blessés légers, un militaire et un civil, si l'on en croit Donat Kibwana.

Un groupe armé pour les Ougandais

Mais les Ougandais ont une tout autre version des faits. Le porte-parole de l'armée ougandaise, le brigadier général Richard Karemire, dément toute confrontation avec l'armée congolaise sur le lac Edouard jeudi matin et parle plutôt d'un accrochage avec un groupe armé non identifié, qui s'est déroulé dans les eaux territoriales ougandaises et qui a fait un mort et un blessé dans les rangs de l'armée de ce pays. Depuis, la marine ougandaise a intensifié ses patrouilles dans le lac Edouard, toujours selon l'officier ougandais.

Seule source indépendante à s’exprimer sur cet incident : la Monusco. Le représentant local de la Mission de l'ONU en RDC donnait hier un bilan de neuf victimes : quatre militaires et trois civils côté ougandais, un militaire et un civil côté congolais. Enfin, la situation semblait plutôt calme sur le lac Edouard ce vendredi matin, selon l'administrateur du territoire de Beni. Un calme tendu et les centaines de bateaux de pêche qui sillonnent d'habitude les eaux sont tous restés à quai prudence oblige.
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Cameroun : plus de 23.000 armes illégales dans le pays, les armuriers en ligne de mire

Cameroun : plus de 23.000 armes illégales dans le pays, les armuriers en ligne de mire | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
D'après les déclarations du ministre camerounais de l'administration territoriale, Paul Atanga Nji, un peu plus de 23.000 armes circulent illégalement au Cameroun. Sur 27.000 armes qui circuleraient dans le pays, seulement 3.800 autorisations de port d'armes ont été données sur l'ensemble de territoire national.

La propagation incontrôlée des armes au Cameroun, l'une des principales causes de l'insécurité dans le pays, inquiète les autorités gouvernementales. « La prolifération et la circulation illicite des armes à feu de tous calibres et de leurs munitions ont, depuis quelque temps, atteint des proportions préoccupantes et représentent une réelle menace à l'ordre public », insistait d'ailleurs le ministre camerounais de l'administration territorial Paul Atanga Nji, dans un communiqué officiel publié le 4 avril dernier.

Cette semaine, le responsable est revenu sur ce communiqué, indiquant qu'un peu plus de 23.000 armes circulent illégalement sur le territoire. Pour arriver déterminer ce chiffre, le ministre est parti du fait qu'à ce jour, le gouvernement n'a donné que 3.800 autorisations de port d'armes sur l'ensemble du territoire alors qu'un total de 27.000 d'armes circule dans le pays. Une situation inquiétante au regard de la montée en puissance du grand banditisme mais aussi des velléités insurrectionnelles qui couvent dans certaines régions du pays. Commentant la décision du gouvernement prise le 04 avril dernier, d'interdire la vente d'armes de chasse, de protection et des munitions dans six régions du Cameroun notamment, l'Adamaoua, le Centre, le Littoral, l'Ouest, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le responsable s'est voulu très ferme.

« On ne peut pas mettre en danger la vie de toute une nation parce qu'on veut plaire aux commerçants. Les responsables d'armureries ne doivent pas être complices. Pour que les bandits de grand chemin changent de métier, nous devons trouver des solutions pour arrêter la prolifération illicite des armes », a prévenu le ministre camerounais de l'administration territorial.

Une épée de Damoclès sur la tête des armuriers

Pour Paul Atanga Nji, venir à bout de ce phénomène de propagation illégale requiert une collaboration entre les armuriers et la police. « Les responsables d'armureries ne tiennent pas toujours les fichiers numériques mentionnant l'identité et la localisation de ceux qui détiennent les armes (...) Si quelqu'un vient devant votre comptoir et qu'il veut acheter une arme sans autorisation, vous pouvez immédiatement informer la police... », a laissé entendre le responsable camerounais.

Alors que les armuriers se sont plaints lors d'une rencontre le 27 avril dernier avec le ministre, des conséquences de la fermeture sur le secteur, dont notamment, le chômage technique sous lequel ploient actuellement leurs 500 employés et l'asphyxie du secteur, Nji a dû faire une autre proposition. Il s'agira d'organiser des séminaires d'imprégnation de la loi de 2016 portant régime général des armes et munitions au Cameroun, des contrôles internes des personnels et des activités menées au sein des armureries et du contrôle externe des armureries par l'administration.

Pour l'heure, assure le ministre, les armuriers ont « un pied chez eux et un pied en prison ». Il a expliqué que ces derniers sont « maintenant » responsables de tout dégât causé par leurs armes vendues. Il les a exhorté à avoir un plan de localisation de tous leurs clients, de vendre les armes et munitions dans le respect de la légalité, de constituer le fichier numérique de toutes les armureries du Cameroun, d'extirper parmi eux ceux qui ne respectent pas la loi.
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Lac Tchad : un soldat tchadien et vingt jihadistes tués dans des affrontements avec Boko Haram

Lac Tchad : un soldat tchadien et vingt jihadistes tués dans des affrontements avec Boko Haram | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it

Par AFP
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Un soldat tchadien et vingt membres du groupe jihadiste nigérian Boko Haram ont été tués vendredi au cours d'un affrontement dans la région du lac Tchad, a appris samedi l'AFP de source militaire tchadienne.

« Un accrochage entre les forces armées tchadiennes et les éléments de Boko Haram a eu lieu vendredi sur une Île appelée Tchoukou Hadje dans la région du lac », a indiqué à l’AFP un officier de l’état-major du Tchad.
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« Vingt éléments de Boko Haram ont été tués et d’importants matériels récupérés », a ajouté l’officier en précisant que « les forces armées tchadiennes ont perdu un élément » et que « cinq soldats ont été blessés ».

« Le ratissage (de la zone) continue » samedi, a affirmé cette source.

Deux militaires tchadiens, dont un capitaine, avaient été tués il y a un mois dans une embuscade de Boko Haram dans cette même région du lac Tchad, près de la frontière nigériane.

Il s’agissait de la première attaque répertoriée sur le sol tchadien de combattants de Boko Haram depuis mai 2017, au cours de laquelle 9 soldats tchadiens avaient été tués.
« Comités de vigilance »

Depuis plusieurs années, l’armée tchadienne et des « comités de vigilance » civils patrouillent dans la zone du lac Tchad pour empêcher le retour des jihadistes du groupe Boko Haram dans la région du lac Tchad.

Les combattants de Boko Haram ont été chassés par l’armée tchadienne et la Force multinationale mixte (FMM, force militaire régionale contre Boko Haram) de la plupart des localités tchadiennes autour du lac dont ils s’étaient emparés.

Du côté nigérian de la frontière, l’armée traque les jihadistes dans l’un de leurs principaux fiefs, la forêt de Sambisa (Etat de Borno) dans le nord-est du pays.

Boko Haram, né au Nigeria, sévit essentiellement dans ce pays où il commet des attentats meurtriers et des attaques contre les forces de l’ordre, et procède à des enlèvements de jeunes filles.

Il a libéré mercredi un groupe d’une centaine d’écolières enlevées le 19 février.

Mais le groupe jihadiste frappe également dans plusieurs pays frontaliers du Nigeria comme le Tchad, le Cameroun et le Niger.

Depuis 2009, plus de 20.000 personnes sont mortes au seul Nigeria, victimes des actions de Boko Haram et du conflit qui l’oppose à l’armée.
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Soudan du Sud : le mandat des Casques bleus prorogé jusqu’en mars 2018

Soudan du Sud : le mandat des Casques bleus prorogé jusqu’en mars 2018 | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le Conseil de sécurité des nations unies a décidé de prolonger le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) jusqu'au 15 mars 2018. Il s’agit de la conséquence logique de la situation politique, sécuritaire et humanitaire toujours préoccupante dans le pays, une situation que le conseil a mis sur le dos des différents protagonistes du conflit. Du coup, l’ONU a décidé de taper du point sur la table et a exigé des différentes parties, la mise en œuvre sans délais des engagements qu’ils ont pris pour ramener la paix dans le pays.

Ce n'est vraiment pas une surprise et c'est d'ailleurs à l'unanimité que les 15 membres du Conseil de sécurité des nations unies viennent de décider de proroger jusqu'au 15 mars prochain le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) jusqu'au 15 mars 2018. La résolution 2392 qui a été présentée par les États-Unis, « autorise la Mission à utiliser tous les moyens nécessaires pour mener à bien ses tâches ». La prorogation va au-delà de la recommandation du secrétaire général de l'ONU, qui préconisait dans son rapport que le mandat actuel de la MINUSS soit prorogé de deux mois afin de permettre l'achèvement de l'examen stratégique de la Mission qui est actuellement en cours et l'analyse par le Conseil de ses recommandations.

Dans une déclaration lue à l'issue du vote par le président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, le japonais Koro Bessho, les membres du Conseil ont réitéré à nouveau leurs préoccupations sur la situation politique, humanitaire, économique, de sécurité et des droits de l'homme au Soudan du Sud. Le Conseil « s'inquiète vivement des activités menées par toutes les parties au conflit qui perpétuent cet état de choses », a rapporté Koro Bessho, qui a également ajouté que désormais, ils sont quelques 7,6 millions de personnes qui ont besoin d'aide, quatre millions sont déplacées et six millions « n'ont pas de quoi manger à leur faim ».

Le Conseil a ainsi déploré le fait que les parties n'aient pas pleinement mis en œuvre les mesures qu'il avait demandé, tout particulièrement le respect du cessez-le-feu permanent et l'accès sans entrave de l'aide humanitaire, et exige d'elles qu'elles les appliquent sans délai. Les nations unies ont toutefois pris note de l'initiative de cessez-le-feu prise par le gouvernement à qui il a été demandé de s'y tenir tout en exhortant l'opposition à en faire autant.
Elections improbables en 2018

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité souligne avoir également pris note du rapport de la Commission mixte de suivi et d'évaluation selon lequel « les conditions propices à la tenue d'élections crédibles en 2018 ne sont pas réunies à l'heure actuelle ». Le Conseil a par ailleurs exprimé « son ferme appui » au Forum de haut niveau pour la revitalisation de l'Accord, que prépare l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) tout insistant sur le fait qu'« aucune des parties ne devrait imposer de conditions préalables à sa participation, sous peine de sanctions ». Pour les membres du conseil, le Forum de l'IGAD est la « dernière chance » pour les parties de parvenir à une paix et une stabilité durables au Soudan du Sud. « Il est en outre demandé à toutes les parties de cesser les hostilités pour montrer leur volonté de respecter leurs engagements à l'égard du Forum et de s'entendre sur des mécanismes de contrôle et d'exécution, de sorte à pouvoir appliquer les décisions prises lors du Forum » a poursuivi la même source.

Au gouvernement sud-soudanais, il est rappelé l'engagement qu'il a pris de coopérer pleinement avec la MINUSS et le Conseil a réaffirmé la nécessité de traduire en justice les auteurs de violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme et d'atteintes à ces droits, « afin de rompre le cycle de l'impunité qui prédomine actuellement » au Soudan du Sud
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Le Niger, tête de pont des forces américaines en Afrique de l'Ouest

Le Niger, tête de pont des forces américaines en Afrique de l'Ouest | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Avec 800 soldats américains et une importante base de drones déployés sur son territoire, le Niger constitue la tête de pont des forces des Etats-Unis pour lutter contre les groupes armés islamistes en Afrique de l'Ouest.

L'embuscade qui a coûté la vie à quatre soldats américains début octobre a révélé l'ampleur de cette présence militaire et provoqué une polémique aux Etats-Unis, conduisant l'armée à dévoiler des chiffres et à justifier son engagement.

Le chef d'état-major des armées américaines, le général Joe Dunford, a ainsi révélé que c'était le Niger qui abritait actuellement la plus importante force US en Afrique.

Au total 6.000 soldats américains sont déployés sur le continent africain - mais une large partie d'entre eux gardent les ambassades.

Ce sont surtout les forces spéciales qui sont actives contre les groupes jihadistes. Les effectifs de ces troupes d'élite (qui proviennent de divers corps de l'armée américaine) sont montés à 1.300 hommes en 2017, contre 450 en 2012.

Le choix du Niger se justifie d'abord sur le plan géostratégique. "Le Niger est proche de deux grandes menaces, Boko Haram et Al-Qaïda au Maghreb islamique" (Aqmi), explique une source sécuritaire de la région.

Les jihadistes nigérians de Boko Haram et Aqmi, dont les cellules opèrent sur toute la zone sahélienne, sont en effet les deux groupes les plus actifs en Afrique de l'Ouest.

De plus "les Etats-Unis ont des accords politiques avec le Niger", souligne cette source. Le Niger a permis la construction d'une importante base américaine de drones à Agadez, dans le centre du pays, dont le coût est estimé à une centaine de millions de dollars, et qui donne aux Etats-Unis une plate-forme de surveillance de premier plan.

Les Américains ont de leur côté "formé et équipé" un bataillon de l'armée nigérienne, et "ils font beaucoup de missions conjointes", selon la source sécuritaire.

- Davantage d'actions militaires -

Autre atout, le Niger est perçu comme un pays relativement stable politiquement, comparé à ses voisins, précise la source.

Frontalier de la Libye au nord, du Nigeria au sud, du Mali à l'ouest, le Niger, dont le territoire est pour l'essentiel désertique, est au coeur de nombreux trafics en Afrique de l'Ouest : drogues, armes, migrants clandestins, marchandises de toute sorte.

Or "les réseaux terroristes se financent avec les trafics", relève une source militaire française. Lutter contre ces trafics permet d'assécher les sources de financement des groupes jihadistes.

Le général Dunford a indiqué lundi que les Etats-Unis allaient encore renforcer leur présence, car "l'Afrique est l'un des endroits où nous savons que l'ISIS (le groupe Etat islamique) espère renforcer sa présence".

Selon l'armée américaine, l'embuscade où les quatre soldats américains sont morts a été perpétrée par un groupe lié à l'Etat islamique.

Le déploiement américain au Niger apparaît complémentaire de celui des forces françaises projetées au Sahel pour l'opération anti-jihadistes Barkhane.

Quelque 4.000 militaires français sont déployés dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, principalement au Tchad et au Mali. L'armée américaine apporte notamment une aide en matière de renseignement à l'armée française.

Les Américains semblent s'engager vers davantage d'actions militaires, selon les propos du général Dunford et ceux tenus par le sénateur républicain Lindsey Graham vendredi.

"Nous allons assister à davantage d'actions en Afrique", avait déclaré ce dernier à la presse à la sortie d'un entretien avec le secrétaire américain à la Défense James Mattis.
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Scandales, absences et impuissance : la faillite de la Mission de l’ONU en Centrafrique

Scandales, absences et impuissance : la faillite de la Mission de l’ONU en Centrafrique | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Malgré le déploiement, depuis 2013, de 12 000 casques bleus, 20 % de la population a dû fuir devant les attaques meurtrières de milices toujours plus nombreuses.Faute de s’entendre sur une sortie de crise, il est un sujet de consensus parmi les Centrafricains, probablement le seul par ailleurs. Du gouvernement à l’opposition, en passant par tous les chefs de guerre et leurs centaines de milliers de victimes civiles ; les leaders religieux chrétiens, animistes ou musulmans ; sans oublier les chancelleries occidentales ou les organisations non gouvernementales. Tous critiquent l’incapacité de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), déployée depuis 2013, à contenir les éruptions de violences et à protéger les populations, base de son mandat.Depuis la tuerie de Bangassou, début mai, où la Minusca a failli, ces voix se font plus fortes encore. Cette ville au sud-est de la Centrafrique était certes calme jusqu’à récemment. Pour autant, les violences y étaient prévisibles plusieurs semaines avant, selon de multiples témoignages, sans que les casques bleus n’adaptent leur dispositif.
Vaines alertes

Dès novembre 2016, la tension était montée d’un cran avec l’arrivée sur les rives de l’Oubangui de combattants musulmans peuls de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), chassés de Bambari, 300 km plus au nord. Dirigé par Ali Darassa, ce mouvement est en bute avec tous les autres groupes armés, chrétiens et animistes anti-balaka, mais aussi ses « frères » musulmans de l’ex-Séléka. « Il était évident qu’ils allaient vouloir chasser l’UPC de la région », explique Serge Singha Bengba, député de Bangassou. « Nous avons alerté la Minusca, ajoute l’élu. Puis, dix jours avant l’attaque, mon adjoint est allé trouver les représentants de la Minusca pour les avertir que les anti-balaka concentraient des hommes dans la région pour s’en prendre à l’UPC à Bangassou. En vain. »
Le 13 juin, 300 à 500 combattants anti-balaka, regroupés depuis plusieurs jours aux alentours de la ville, y attaquaient donc le quartier musulman, pourchassant et tuant ses habitants jusque dans la mosquée. Le bilan est lourd, environ 160 morts et la moitié des 50 000 habitants de la ville déplacés, soit pour fuir les assaillants soit, dans les jours suivants, par crainte d’une opération de représailles pour ce qui concerne les populations chrétiennes.

La Minusca brilla par son absence durant ces longues heures de tueries. Le contingent marocain, pris pour cible dans sa caserne par des combattants pourtant sous-équipés, ne mit pas le nez dehors. Quelques jours auparavant, un de ses soldats avait été tué, ainsi que trois autres casques bleus cambodgiens, à un barrage anti-balaka des environs. Le calme ne revint à Bangassou que deux jours plus tard avec l’arrivée des forces spéciales portugaises dépêchées « en urgence » sur Bangassou mais qui perdirent un temps précieux sur la route pour porter secours, à Alindao, à d’autres civils martyrisés. Cette force de réaction rapide ne le fut donc guère. Pour le député Serge Singha Bengba, « les événements de Bangassou ont montré que l’on peut battre la Minusca. Le mythe d’une armée invincible est tombé. Elle ne fait plus peur ».
Equilibre régulièrement déséquilibré

Quelques chiffres illustrent cet échec malgré une enveloppe annuelle de 800 millions de dollars (718 millions d’euros) par an équivalente à deux fois et demie le budget national centrafricain. De septembre 2016, date de la reprise des combats, à mai de cette année, le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a comptabilisé 120 000 personnes nouvellement déplacées par les combats, également marqués par des centaines de morts. Au total, en tenant compte des violences précédentes, c’est donc 20 % de la population centrafricaine qui est réfugiée à l’étranger ou déplacée à l’intérieur du pays.

Certes, il n’est rien de pire pour une armée constituée que d’affronter une guérilla composée d’une myriade de groupes rebelles rivaux, éparpillés sur un territoire grand comme la France et la Belgique réunies. Des petits groupes qui se déplacent à pied ou à moto en terrain boisé et dont les objectifs politico-militaires ne sont pas d’une clarté absolue.
Pour y faire face, la Minusca dispose de 12 000 hommes. Ce qui signifie, au mieux, que seulement un quart de ce contingent est réellement déployé sur le terrain, une fois retranchés ceux destinés au soutien (personnel administratif, logistique, médical…). C’est peu, alors que les attaques se multiplient depuis plusieurs mois dans tout le pays et que l’équilibre de la mission est régulièrement déstabilisé par le rappel de contingents éclaboussés par des scandales. Les 600 hommes du contingent du Congo-Brazzaville doivent ainsi être prochainement renvoyés chez eux sur fond d’accusation d’abus sexuels et de trafic de carburant. Il y a peu, les Camerounais, déployés le long de leur frontière côté centrafricain, revendaient illégalement des camions de bière importée de leur pays d’origine.

Résultat, la Minusca court d’un feu de brousse à l’autre. En guise d’impuissance, un haut fonctionnaire de la Minusca s’interroge et partage sa « frustration » : « Comment se projeter sur de mini-théâtres de conflits, lutter contre la multiplication des groupes criminels et sécuriser les couloirs de transhumance où transitent des millions de têtes de bétail ? » « Leur lance de pompier est trop courte », résume un militaire étranger. Les dernières recommandations du Conseil de sécurité illustrent ce dilemme. New York va en effet redéployer des casques bleus vers les zones les plus troublées de l’est et du centre du pays. En conséquence, l’ouest sera dégarni alors que l’insécurité gagne dorénavant cette région jusqu’alors épargnée.
Désengagements successifs

Sa tâche est d’autant plus compliquée qu’elle est seule au front depuis le désengagement, en décembre 2016, des 2 500 soldats français de « Sangaris » déployés trois ans plus tôt et dont la force d’intervention et de dissuasion était incomparablement supérieures à celle des casques bleus. Le retrait, début 2017, des soldats ougandais et américains traquant d’autres rebelles, ceux de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), non-Centrafricains – a également créé un vide sécuritaire, à l’est du pays, aux confins de l’Ouganda et du Congo-Kinshasa.

Quant aux Forces armées centrafricaines (FACA), elles ont littéralement explosé après la chute du président François Bozizé en 2013. Cette œuvre de destruction s’est poursuivie avec la prise de pouvoir, par les armes, puis la débandade de la Séléka, l’année suivante. L’Union européenne a certes formé un contingent de 700 hommes, mais ils ne disposent aujourd’hui d’aucun armement. « Nous n’avons aucun moyen pour limiter la contagion de la violence, c’est à la Minusca d’agir », se dédouane le porte-parole du gouvernement, Théodore Jousso.

« C’est de la victimisation, tout serait la faute des étrangers. Or, ici comme ailleurs, les opérations de mission de la paix de l’ONU n’ont pas vocation à se substituer aux forces armées nationales, nous ne sommes pas là pour faire la guerre », rétorque un haut responsable de la Minusca. Le pourrait-elle ? Comme la plupart des missions de la paix déployées dans le monde, les contingents envoyés par les pays contributeurs – les deux principaux, dans ce pays francophone, sont le Pakistan et le Bangladesh avec environ 1 000 hommes chacun – affichent des états de service très inégaux.
Leur réactivité est également ralentie par le système de « double commande ». Un officier du contingent égyptien de la Minusca (750 soldats), par exemple, réfère ainsi, au préalable, à son état-major au Caire avant d’appliquer un ordre venu du commandant en chef des casques bleus à Bangui, en l’occurrence le lieutenant général sénégalais Balla Keïta. Partant de ce constat, la Minusca fait-elle au mieux avec ce qu’elle a ? Quelle est sa stratégie ? « Flottante, mis à part la protection de Bangui », lâche un officier supérieur étranger bon connaisseur de la Centrafrique.
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Le conflit au Soudan du Sud atteint des proportions « catastrophiques »

Le conflit au Soudan du Sud atteint des proportions « catastrophiques » | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Ayant obtenu son indépendance par rapport à Karthoum en 2011, le Soudan du Sud ne tarda pas à basculer dans une guerre civile nourrie par la rivalité entre les deux hommes forts de ce nouvel État, à savoir le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar, ainsi que par les tensions éthniques et la convoitise suscitée par les réserves pétrolières du pays.

Les premiers combats eurent lieu à Juba, la capitale, en décembre 2013. Et Riek Machar, qui, issu de l’éthnie Nuer, venait d’être limogé par Salva Kiir, prit la fuite pour éviter d’être tué et forma, avec une partie de l’armée, un nouveau mouvement rebelle.

Cependant, en août 2015, un accord de paix fut conclu par les deux camps, après tout de même plusieurs dizaines de milliers de morts. Et, en avril 2016, Riek Machar redevint vice-président. Retour à la case départ… Mais pas pour longtemps : en juillet, sous l’impulsion des extrémistes de deux partis, les tensions repartirent de plus belle.

Le 7 juillet, peu avant le 5e anniversaire de l’indépendance, cinq soldats de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS, loyale au président Kiir) furent tués dans les rues de Juba par des hommes de Riek Machar. Et ce fut le point de départ de nouvelles violences, qui firent au moins 300 morts en trois jours.

Plus tard, Salva Kiir désigna le général Taban Deng Gai, un rival de Riek Machar appartenant, comme lui, à l’éthnie Nuer, au poste de vice-président. Puis, de nouvelles milices armées apparurent, notamment dans des régions du Soudan du Sud jusqu’alors relativement épargnée par le conflit.

« Il y a des allégations selon lesquelles certains de ces groupes ciblent des Dinka [l’ethnie du président Salva Kiir, ndlr]« , a récemment déploré Festus Mogae, l’ancien président du Botswana actuellement à la tête de la Commission de surveillance et d’évaluation de l’accord de paix (JMEC) d’août 2015. Mais les troupes gouvernementales ne seraient pas en reste étant donné qu’elles ont aussi été accusées d’avoir commis des massacres éthniques…

« Il y a déjà un processus régulier de nettoyage ethnique en cours dans plusieurs zones du Soudan du Sud, qui se traduit notamment par la faim extrême, des viols collectifs et la destruction de villages », a ainsi affirmé, le 1er décembre, Yasmin Sooka, qui venait de conduire une délégation du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme au Soudan du Sud. « Partout où nous sommes allés dans le pays, nous avons entendu des villageois dire qu’ils étaient prêts à répandre du sang pour récupérer leurs terres », a-t-elle ajouté, prévenant que pour beaucoup, le « point de non-retour avait été atteint. »

Et cela, alors que les effectifs de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) ont été revus à la hausse en août 2016 pour être portés à 13.000 personnels, grâce à l’envoi de 4.000 casques bleus supplémentaires, fournis principalement par l’Éthiopie, le Kenya et le Rwanda.

Seulement, pour la première phase de cette guerre civile (2013-2015) comme pour la seconde, la MINUSS a été impuissante à empêcher les exactions commises à grande échelle sur la population civile, plusieurs rapports ayant évoqué des faits épouvantables (viols, émasculations, recrutement de milliers d’enfants soldats, massacres, etc…). Pourtant, la mission de l’ONU a créé des sites accueillant les civils fuyant les persécutions. Mais ces derniers sont régulièrement attaqués par les forces gouvernementales et les rebelles.

En outre, une enquête confiée par l’ONU au général néerlandais à la retraite Patrick Cammaert sur les événements de juillet 2016 a dénoncé les « piètres performances » de la MINUSS, causées par des « lacunes » dans son commandement et une « aversion au risque ». Ainsi, note le rapport, les Casques bleus en patrouille se contenteraient de « surveiller les alentours derrière les minuscules vitres de leurs véhicules blindés », ce qui ne permet évidemment pas de rassurer la population ou d’intervenir le cas échéant. Vexé par ces conclusions, le Kenya a décidé de retirer son contingent du Soudan du Sud…

Qui plus est, en décembre 2016, une résolution visant à instaurer un embargo sur les armes à destination du Soudan du Sud et soumise par les États-Unis au Conseil de sécurité a été rejetée par la Chine et la Russie.

Le 12 février, le général Thomas Cirillo Swaka, numéro deux de la division logistique au sein de l’état-major des troupes gouvernementales et membre de l’ethnie Bari, a annoncé sa démission en accusant l’entourage de Salva Kiir d’avoir torpillé les accords de paix d’août 2015 et de mettre en oeuvre une politique de nettoyage éthnique.

Les Dinka de la SPLA sont « déployés stratégiquement dans des zones non-dinka afin de mettre en place une politique d’occupation des terres » afin de s’approprier « les biens des autres gens », a affirmé le général Swaka.

Aussi, un rapport remis au Conseil de sécurité par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, estime que la situation au Soudan du Sud continue « de se détériorer dans certaines régions du pays et l’impact de ce conflit et des violences atteint des proportions catastrophiques pour les civils. »

Et d’ajouter : « La montée des milices sous le commandement du SPLA ou des rebelles est en train de causer la fragmentation » du Soudan du Sud qui risque ainsi « d’échapper à tout contrôle du gouvernement pour les années à venir. »

Pour éviter le pire, le déploiement d’une force régionale, sous l’égide des Nations unies, est envisagé, notamment pour renforcer la sécurité à Juba. Mais cela paraît bien insuffisant à l’échelle du pays… D’autant plus qu’il n’est pas exclu de voir le conflit s’étendre étant donné que certains États de la région y sont indirectement impliqués. Ainsi, l’Ouganda soutient le présiden Salva Kiir et l’Éthiopie, où Riek Machar s’est réfugié, accueille de nombreux réfugiés ayant fui les combats et a été le théâtre d’affrontements éthniques, comme en avril 2016, où des Sud-Soudanais de l’ethnie Murle ont tué 216 civils Nuers, installés sur le territoire éthiopien.
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Le Japon s’engage à investir 27 milliards d’euros en Afrique

Le Japon s’engage à investir 27 milliards d’euros en Afrique | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le Japon va investir 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) en Afrique sur les trois prochaines années, dont 10 milliards de dollars dans le développement des infrastructures, a promis, samedi 27 août, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, lors d’un sommet Japon-Afrique à Nairobi.

« Je m’attends à ce que la somme s’élève à 30 milliards de dollars », a déclaré M. Abe à l’ouverture de la 6e Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad), précisant qu’il s’agit d’investissements aussi bien publics que privés.

Une trentaine de chefs d’Etat doivent participer à ce sommet, dont les principaux axes de travail sont l’industrialisation de l’Afrique, l’amélioration des soins de santé ainsi que la stabilité d’un continent miné par de nombreuses crises. Y seront également signés plus de 70 protocoles divers et accords commerciaux entre le Japon et les pays africains.
D’anciens engagements à respecter

« Il s’agit d’un investissement qui a confiance dans le futur de l’Afrique », a affirmé M. Abe, selon lequel un tiers de cette somme sera consacré à l’amélioration des infrastructures africaines.

Les 30 milliards de dollars promis par le Japon incluent des nouveaux engagements à hauteur de 21 milliards de dollars ainsi que 9 milliards de dollars provenant de la précédente promesse d’investissement, prononcée trois ans plus tôt lors de la cinquième édition de la Ticad, a expliqué un porte-parole du gouvernement nippon, Yasuhisa Kawamura.

En 2013, le Japon avait promis 3 200 milliards de yens d’assistance sur cinq ans (28 milliards d’euros au cours actuel). A la fin de 2015, 33 % de cet objectif restait encore à réaliser, soit un peu plus de 9 milliards de dollars, selon le gouvernement japonais.
Le Japon veut se consolider sur le marché africain

Organisée conjointement par les Nations unies (ONU), l’Union africaine, la Banque mondiale et le Japon, la Ticad est une opportunité pour l’Afrique d’attirer des capitaux japonais pour accélérer son développement, et elle est, pour Tokyo, le moyen de consolider sa position sur le marché africain, notamment en démarquant son offre de celle de son voisin chinois.

Les échanges commerciaux entre le Japon et l’Afrique s’élevaient à 24 milliards de dollars en 2015, bien moins que les 179 milliards de dollars d’échanges entre la Chine et ce continent.
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Affrontements meurtriers entre l'armée et des trafiquants d'armes

Affrontements meurtriers entre l'armée et des trafiquants d'armes | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Onze militaires nigérians ont été tués samedi lors d’affrontements avec des trafiquants d’armes présumés dans le centre du pays.

Il s’agit d’un officier, de deux aviateurs et de huit soldats. Deux militaires ont également été blessés alors qu’un autre est toujours porté disparu, selon le bilan communiqué par le porte-parole de l’armée nigériane. L’armée affirme, néanmoins, avoir tué huit trafiquants et procédé à l’arrestation de 57 autres. Des armes et des munitions ont aussi été saisies au cours de ces opérations.

Les soldats nigérians ont été attaqués alors qu’ils menaient des opérations dans les villages de Kopa, Dagma et Gagaw, dans l‘État de Niger où se développe un intense trafic d’armes illégales. “Alors qu’ils s’approchaient et se déployaient pour mener à bien leur mission, les soldats ont essuyé des tirs simultanés et sporadiques dans ces trois emplacements. Ils ont riposté en accord avec les règles de leur engagement’‘, a déclaré le colonel Sani Usman, porte-parole de l’armée nigériane.

Cette partie centrale du pays est minée par des conflits sur les droits de pâturage entre éleveurs peuls et agriculteurs chrétiens. Des différends qui ont fait plusieurs centaines de morts ces derniers mois.

Selon l’Organisation des Nations-Unies, plus de 350 millions d’armes illégales circulent au Nigeria.
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Soudan du Sud: des milliers d'habitants fuient Juba, l'ONU demande l'aide de la région

Soudan du Sud: des milliers d'habitants fuient Juba, l'ONU demande l'aide de la région | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le Conseil de sécurité de l'ONU a sollicité dimanche l'aide des pays de la région, leur demandant des Casques bleus supplémentaires, pour mettre fin aux combats au Soudan du Sud qui font fuir des milliers d'habitants de la capitale Juba.

Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil exigent aussi du président sud-soudanais Salva Kiir et de son rival, le vice-président Riek Machar, de "faire le maximum pour contrôler leurs forces respectives et mettre fin d'urgence aux combats".

Réuni en urgence, le Conseil a demandé aux "pays de la région" et à l'Union africaine de "discuter fermement avec les dirigeants sud-soudanais pour traiter cette crise".

Les membres du Conseil "envisagent de renforcer" la Minuss, la mission de l'ONU au Soudan du Sud, et demandent aux pays de la région "de se préparer à fournir des troupes supplémentaires au cas où le Conseil le déciderait".

La déclaration ne précise pas quels pays seraient sollicités ni l'ampleur du renforcement envisagé.

Selon un responsable de l'ONU, un Casque bleu chinois a été tué dans les combats à Juba et 12 autres de diverses nationalités ont été blessés dont deux grièvement. Parmi les blessés se trouvent des soldats rwandais de la Minuss.

Des milliers de civils fuyaient dimanche les combats intenses opposant les forces régulières et les ex-rebelles, les deux camps s'accusant mutuellement d'être responsables de ces nouvelles violences.

Ces affrontements, qui ont fait au moins 270 morts depuis deux jours selon des médias locaux, mettent en péril le fragile accord de paix signé l'année dernière dans le plus jeune Etat du monde, qui fêtait samedi ses cinq ans d'indépendance.

Le Soudan du Sud est déchiré depuis décembre 2013 par un conflit féroce qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et près de trois millions de déplacés.

Le Kenya et le Soudan ont appelé à mettre fin aux combats. Les ministres des Affaires étrangères de l'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (Igad) doivent se réunir en urgence lundi à Nairobi.

- 'Armes d'assaut lourdes' -

Dimanche, l'ONU a fait état de tirs de mortiers, de lance-grenades et d'"armes d'assaut lourdes" à Juba. La présence d'hélicoptères de combat et de chars a également été signalée. Des milliers d'habitants de la capitale se terraient chez eux ou fuyaient leurs maisons, selon des témoins.

Dans la soirée, les Etats-Unis ont réclamé la fin immédiate des combats et annoncé le retrait de Juba de tout le personnel de leur ambassade jugé non-essentiel.

Washington demande "aux deux dirigeants et à leurs alliés politiques et militaires de retenir leurs soldats, de les ramener dans leurs casernes et d'empêcher de nouvelles violences et effusions de sang", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, John Kirby.

L'organisation humanitaire Human Rights Watch a sévèrement critiqué l'attitude du Conseil de sécurité de l'ONU dans la crise au Soudan du Sud.

"Pendant trop longtemps, le Conseil de sécurité s'est reposé sur la bonne volonté des dirigeants du Soudan du Sud" et "a brandi des menaces vides d'embargo sur les armes et de sanctions individuelles", a déclaré dimanche dans un communiqué Akshaya Kumar, directeur adjoint de HRW pour l'ONU.

"Les événements de cette fin de semaine confirment que cette stratégie perdante a échoué", relève-t-il.

Dans le cadre d'un fragile accord de paix et de partage du pouvoir signé en août 2015, M. Machar est revenu avec un fort contingent d'hommes armés en avril à Juba, où il a été réinstallé vice-président et a formé avec M. Kiir un gouvernement d'union nationale.

Dimanche, des combats intenses ont repris dans la partie ouest de Juba puis se sont étendus à d'autres zones de la capitale.

Des habitants se sont réfugiés dans un camp de l'ONU, à proximité duquel les combats ont éclaté, et qui abrite déjà 28.000 déplacés.

Hors de la capitale, dans plusieurs régions du pays, les violences se poursuivent depuis des mois malgré l'accord de paix, le conflit politique initial se compliquant d'hostilités entre ethnies et de luttes au niveau local.
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L’Ouganda va se retirer de la force menée par l’Union africaine

L'Ouganda a annoncé qu'elle retirerait ses soldats de la force régionale menée par l'Union africaine qui combat l'armée de résistance du Seigneur, la LRA, depuis 2011. La force est composée de soldats de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud. L'armée de résistance du Seigneur est un groupe ougandais qui a mutilé, enlevé, tué et torturé des citoyens ougandais et dans les pays voisins au cours des 30 dernières années.

Depuis 2011, l'Ouganda, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud et la République centrafricaine ont été engagés dans un effort militaire régional pour poursuivre Joseph Kony et ses rebelles de l'armée de résistance du Seigneur, la LRA. L'Ouganda a été son plus grand contributeur avec 2000 hommes. Cependant, il a désormais décidé de retirer tous ses soldats de l'opération régionale d'ici la fin de l'année.

L'Ouganda va se retirer de la force menée par l'Union africaine

DAVID MUHOOZI
Général de division, Commandant des forces terrestres de l'Ouganda

"Et nous avons fixé deux dates butoir. L'une fin juillet, et le dernier appel pour la fin octobre. Et celle-ci pour permettre à nos partenaires, les autres pays contributeurs ainsi que l'Union africaine, de travailler à d'autres mesures d'interposition."

Le retrait de l'Ouganda sème également la panique parmi les pays touchés par les actes de l'armée de résistance du Seigneur. En particulier en République centrafricaine, alors que le pays n'a pas de réelle capacité militaire, et dépend uniquement de l'armée ougandaise.

DESIRE BAKOSA
Chef d'État-major adjoint, Forces centrafricaines

"Nous pouvons dire que cela a été une réussite pour 80 à 90%. Désormais nous nous concentrons sur la façon de capturer Joseph Kony et éradiquer l'armée de résistance du Seigneur."

L'Union africaine s'inquiète du retrait de l'Ouganda, car cela va affaiblir la force régionale et d'autres groupes régionaux tels que Janjaweed et Séléka pourront en tirer avantage et relancer des attaques.

KIPRONO TUWEI
Envoyé spécial de l'Union africaine pour l'armée de résistance du Seigneur

" Donc nous parlons de l'armée de résistance du Seigneur mais à l'heure actuelle vous créez un vide, dès que vous retirez les soldats qui poursuivent ces rebelles, alors nous commencerons à avoir un nouveau problème."

La menace posée par l'armée de résistance du Seigneur demeure réelle. Le Soudan, qui ne fait pas partie des pays touchés, fait état des activités de la LRA à sa frontière avec le Soudan du Sud. La présence de l'Ouganda en République centrafricaine a souvent été contestée dans le pays. La force régionale a été un fardeau financier pour le pays et le retrait des soldats va réduire considérablement les dépenses militaires du gouvernement.
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Coopération : le président nigérian en visite en Chine

Coopération : le président nigérian en visite en Chine | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Muhammadu Buhari, président du Nigeria, entame ce dimanche une visite chez le géant asiatique, axée sur le renforcement des liens économiques. Au menu, notamment, un forum sur l’investissement entre les deux pays, prévu à Pékin.

D’après le porte-parole du président Buhari, Abuja espère parvenir, au terme de cette visite, à la signature d’accords pour développer les infrastructures nigérianes dans les domaines de l’eau, des transports ou de l’immobilier.

“Nous nous attendons à ce que cette visite soit ponctuée par la signature de plusieurs accords et lettres d’intention visant à doper les relations commerciales et économiques entre la Chine et le Nigeria”, a souligné Femi Adesina dans un communiqué.

Des accords-cadres devraient notamment être signés entre le ministère nigérian de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement et la Commission nationale pour la réforme et le développement national de la République populaire de Chine ainsi qu’entre le ministère nigérian des Postes et Télécommunications et la Société chinoise des sciences aérospatiales et des Technologies.

Par ailleurs, un mémorandum d’entente devrait être signé entre les deux pays dans le domaine de la coopération scientifique.
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