Nourritures et justice mondiale.
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Affaire Benalla : le couple agressé "avait une attitude extrêmement pacifique"

Affaire Benalla : le couple agressé "avait une attitude extrêmement pacifique" | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Quand Alexandre Benalla s'en est pris physiquement à un jeune couple, lors des manifestations du 1er-Mai, le photographe Naguib Michel Sidhom fut témoin de la scène. Il revient sur cet épisode.


Le couple de jeunes qui a été frappé par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors des manifestations du 1er-Mai à Paris "avait une attitude extrêmement pacifique", a témoigné sur franceinfo dimanche 22 juillet, Naguib Michel Sidhom, photographe et ancien journaliste qui a notamment travaillé à l'AFP et au Monde.


Il a été témoin de la scène depuis son appartement, situé dans un immeuble qui donne sur la place de la Contrescarpe, où se sont déroulés les faits. Naguib Michel Sidhom a pris "141 photos qui sont maintenant à la disposition de la justice". Il a par ailleurs été entendu par la police judiciaire. (...)


Selon Naguib Michel Sidhom, Alexandre Benalla apparaissait clairement comme un membre des forces de l'ordre. "A ce moment-là, c'est évident. Il a le casque et l'insigne. Je ne vois ni bandeau ni arme (...) mais c'est évident, ils font partie de l'équipe." Il estime que le comportement des CRS n'est "pas mieux" que celui d'Alexandre Benalla et Vincent Crase. D'après lui, les CRS n'ont d'ailleurs eu "aucun mouvement de surprise" en voyant les agissements d'Alexandre Benalla. (...)


> Comment Alexandre Benalla a justifié son intervention musclée du 1er mai pendant sa garde à vue

https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/22/comment-alexandre-benalla-a-justifie-son-intervention-musclee-du-1er-mai-pendant-sa-garde-a-vue_a_23487012/


> Alexandre Benalla: les deux personnes frappées le 1er mai ont demandé à être entendues par les enquêteurs

https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/21/alexandre-benalla-les-deux-personnes-frappees-le-1er-mai-ont-demande-a-etre-entendues-par-les-enqueteurs_a_23486885/?utm_hp_ref=fr-alexandre-benalla

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La Tunisie refuse d’accueillir 40 migrants bloqués en mer depuis plusieurs jours

La Tunisie refuse d’accueillir 40 migrants bloqués en mer depuis plusieurs jours | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Un bateau tunisien d'une société gazière, qui a récupéré à son bord une quarantaine de migrants, est bloqué au large des côtes tunisiennes. Ni la Tunisie, ni l'Italie, ni Malte, n’acceptent d’ouvrir leurs ports aux rescapés. InfoMigrants a pu entrer en contact avec un membre de l'équipage.
 
"Nous sommes bloqués en pleine mer au large de la Tunisie […] Nous sommes à bout de force". La rédaction d’InfoMigrants a reçu mardi 17 juillet un appel à l’aide sur son compte Facebook. Le message vient de Samuel*, un rescapé actuellement bloqué en mer, au large des côtes tunisiennes. Avec une quarantaine d'autres migrants, il n'est pas autorisé à débarquer sur la terre ferme. La Tunisie, l’Italie, et Malte refuseraient de les accueillir sur leur sol.

Le Forum tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES), une association tunisienne qui vient notamment en aide aux migrants, a confirmé ces informations. "La Tunisie refuse d’accueillir ces migrants bloqués en mer car elle ne veut pas à terme devenir un ‘port sûr’ de référence pour les États européens", a déclaré un de ses membres. Depuis la fermeture des ports italiens et maltais aux navires humanitaires, les autres pays autour de la mer Méditerranée (France, Tunisie, Maroc…) craignent de devenir une zone de débarquement et de faire face à un afflux massif de migrants. (...)

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« Non, M. Macron, les Africains qui meurent en Méditerranée ne sont pas issus de la classe moyenne »

« Non, M. Macron, les Africains qui meurent en Méditerranée ne sont pas issus de la classe moyenne » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Chronique, par Hamidou Anne

En marge de sa visite au Nigeria, Emmanuel Macron a accordé une interview à l’animateur Claudy Siar diffusée sur France 24 et RFI le 5 juillet, dans laquelle il revient sur le sujet de la migration africaine vers l’Europe. De façon surprenante, il soutient que « les personnes très pauvres ne quittent pas leur pays. Ce sont les classes moyennes de pays qui sont plutôt émergents qui passent par la Libye pour rejoindre l’Europe ». Il ajoute que ce sont les familles aisées qui donnent un pécule à leurs enfants pour aller en Europe.


Donc, selon le président français, une famille « riche » peut sciemment décider de donner une somme d’argent à l’un de ses enfants et l’envoyer à une mort certaine. Car la réalité de l’émigration, au-delà des discours des dirigeants européens et le silence coupable des décideurs politiques africains, ce sont les morts quasi quotidiennes de jeunes qui fuient le continent par manque d’espoir.


En 2017, 3 119 personnes sont mortes dans la Méditerranée, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Ce chiffre fait abstraction des personnes disparues en mer et qui reposent à jamais au fond des eaux. (...)


Le discours d’Emmanuel Macron, après ses sorties sur la démographie africaine et sur les kwassa kwassa comoriens, illustre à nouveau ce qu’il représente : une élite libérale liée aux puissances d’argent porteuse souvent d’un mépris pour les gens ordinaires.


Pour l’Afrique, son engouement depuis son élection est peut-être sincère. Il peut être le signe d’un désir de repenser la relation entre la France et le continent en dehors des pratiques sombres de la Françafrique traditionnelle.


Mais la vision du jeune président français est biaisée par une représentation erronée de l’Afrique. Emmanuel Macron est issu d’une caste, celle des puissants qui répètent à l’envi des poncifs sur le numérique, l’entrepreneuriat, présentés comme les solutions magiques aux urgences du continent. Sans parler de l’utilisation ambiguë du concept globalisant de « classe moyenne africaine », dont beaucoup d’économistes interrogent la pertinence.


Dans sa posture, Macron peut compter sur des jeunes hommes et femmes africains qui survendent un discours afro-optimiste déconnecté de la réalité du continent. D’ailleurs, durant les séjours du président français en Afrique, on les voit inonder la toile de selfies et de mots enthousiastes sur la « start-up nation », l’« Africa rising » et autres nouveaux mots savants.


Toutes ces personnes refusent d’affronter la réalité du continent dont l’un des visages est la misère sociale, la corruption, la violence physique et symbolique qui poussent les gens à fuir.


Il est choquant d’entendre Macron dire que ce sont des familles aisées qui donnent de l’argent à leurs enfants pour rallier l’Europe et qui, quand ils y parviennent, y vivent une vie de sous-homme.


Il faut rappeler à Emmanuel Macron que personne ne quitte son pays dans ces conditions le pied léger. Il y a une réalité de l’émigration clandestine africaine que propulse une quête d’une vie décente. Au Sénégal, en pleine vague de départ par pirogues, le mot d’ordre des jeunes était: « Barca wala Barsakh » : «Arriver à Barcelone ou mourir.»


D’ailleurs les Sénégalais membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique de Macron devraient lui suggérer de prendre contact avec Yayi Bayam Diouf, présidente du collectif des mères qui ont perdu leurs fils, morts en Méditerranée. C’est insulter le deuil de ces femmes que de les tenir pour responsables de la perte d’enfants partis mourir car leur pays ne leur apporte aucun espoir.


Quand une mère, à travers les ressources d’une tontine ou d’un crédit, finance le voyage d’un fils pour espérer qu’il réussisse en Europe et sorte toute sa famille de la misère, on lui doit respect et empathie, et non la vilipender devant un intervieweur connivent. L’argent investi, car c’est bien le mot, dans le voyage risqué, voire suicidaire, du fils ou de la fille n’est pas la preuve d’une richesse ou de l’appartenance à une classe moyenne. Ce n’est que le pécule amassé difficilement par une famille désœuvrée ou un travailleur précaire. Et réunir ces sommes qui servent à financer le départ résulte le plus souvent d’immenses sacrifices et de nombreuses privations.


Enfin, quand Emmanuel Macron dit : « On a besoin d’une jeunesse africaine qui se raconte elle-même, qui construit son imaginaire, ses propres héros et qu’elle les explique au monde », nous ne pouvons qu’être d’accord. Il y a bien une jeunesse dynamique, créative et entreprenante sur le continent. Elle tient un discours et occupe une position qui illustre la contemporanéité de l’Afrique. Mais il y en a une autre, qui continuera à hanter le sommeil des Européens en allant à l’assaut de ses côtes en dépit des lois répressives comme celles actuellement en vigueur en France.


Non, Monsieur Macron, cette jeunesse qui meurt en Méditerranée n’est pas issue de la « classe moyenne ». Elle est pauvre et n’a plus aucun espoir chez elle.

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La présidence Macron face à sa part d’ombre

La présidence Macron face à sa part d’ombre | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

(Photo: Lors de la campagne présidentielle le 5 mai 2017 à Rodez)


L’affaire Benalla évoque un climat nauséabond de basse police et de cabinet privé au cœur de l’Élysée. Cette privatisation de la sécurité présidentielle dévoile la part d’ombre du monarchisme macronien.


Voici donc deux collaborateurs de la présidence de la République, Alexandre Benalla et son acolyte Vincent Crase, surpris dans leurs méfaits : faux policiers mais vrais cogneurs de manifestants. Il n’est pas exclu que ces irréguliers abrités par l’Élysée soient plus nombreux, comme le suggère l’énigme d’un troisième homme, Philippe Mizerski, également présent le 1er mai. Il n’est pas exclu non plus que leurs méfaits soient eux aussi plus nombreux, comme le montrent leur aisance à s’imposer aux forces de police sur le terrain, leur capacité de faire interpeller les manifestants victimes de leurs coups (> https://www.youtube.com/watch?v=YfeG95peq3k) et leurs relais au sein de la préfecture de police pour obtenir des informations.


La présidence Macron aura donc aussi privatisé le maintien de l’ordre. Premier défilé syndical de la Fête des travailleurs à avoir été démembré et empêché, au prétexte des casseurs près du pont d’Austerlitz, ce 1er mai aura aussi connu cette innovation : des personnels de l’Élysée, infiltrés sur ordre au cœur du dispositif policier, qui n’ont pas hésité à jouer les agents provocateurs. Et qui, malgré la connaissance presque immédiate de leur comportement en haut lieu, étaient protégés depuis plus de deux mois et demi par tout l’appareil d’État, depuis son sommet, la présidence, jusqu’à ses ministères, celui de l’intérieur, et ses administrations, la préfecture de police. Difficile de trouver un précédent, sinon le climat barbouzard de l’après-68, quand l’État lui-même organisait parfois la violence qu’il prétendait combattre.


Les images filmées le 1er mai place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris, montrent en action des nervis et non pas des serviteurs de la République. Un nervi, du pluriel de l’italien nervo, qui signifie « vigueur », c’est un homme de main. De ceux qui font facilement le coup de poing et qui sont utiles aux coups de force politiques. Fascinés par la sécurité, ces amateurs sortis du rang singent les professionnels, sans en accepter les contraintes. Pour eux, l’ordre se passe aisément de la loi et le désordre leur sert souvent de marchepied. Fiers-à-bras se moquant des règles et des conventions, ambitieux passés sans transition des services d’ordre militants au palais présidentiel, bénéficiant dès lors de passe-droits, la protection élyséenne générant le raccourci administratif, ils illustrent cette voyoucratie nichée dans la part d’ombre d’une politique saisie par l’obsession du pouvoir. 


Ce n’est pas la première fois, et ce ne sera pas la dernière, que la chronique fait-diversière met en évidence combien le pouvoir personnel qui caractérise l’absolutisme présidentiel français entraîne dans son sillage un monde interlope et improbable d’habiles et de parvenus, offrant au pouvoir leurs talents transgressifs et leurs audaces illégales. Mais il est plus inhabituel de découvrir ses protagonistes au cœur du dispositif et non plus à sa marge. Soudain mis en lumière, Alexandre Benalla se révèle en effet un personnage central de l’aventure présidentielle d’Emmanuel Macron. De la campagne électorale au palais élyséen, d’autres images le montrent omniprésent et indispensable, au plus près du candidat hier, du chef de l’État aujourd’hui. La raison en est simple : ce n’est pas n’importe quel collaborateur d’Emmanuel Macron.


Sous le titre anodin d’adjoint au chef de cabinet, Alexandre Benalla était le « Monsieur sécurité » du chef de l’État. Responsable de sa sécurité personnelle et privée, il avait la charge de protéger ses secrets et son intimité. Homme de confiance, il était logé quai Branly dans des dépendances de l’Élysée qui, sous la présidence de François Mitterrand, ont hébergé la vie privée qu’il dissimula si longtemps – sa fille Mazarine Pingeot et sa mère – et le fidèle qui en fut le gardien jusqu’à son suicide en 1994 – le fantasque François de Grossouvre.


Loin d’être relégué au second plan, Alexandre Benalla manifestait volontiers son importance dans le dispositif présidentiel, comme Mediapart put le constater au Palais de Chaillot, lors du repérage des lieux préalable à l’entretien avec Emmanuel Macron du 15 avril. Au prétexte de la sécurité, il entendait dicter la mise en scène, sans que quiconque de l’Élysée ne le remette à sa place.


La panique qui, aujourd’hui, s’empare de la cour macronienne et des députés LREM ne pourra aisément effacer cette vérité de fait : par choix et volonté du président de la République lui-même, Alexandre Benalla avait une place aussi démesurée qu’incompréhensible au vu d’une part de son parcours personnel et d’autre part du dispositif sécuritaire. Comment expliquer qu’un jeune homme n’ayant d’autres états de service que le S.O. du Parti socialiste puis de En Marche! puisse occuper avec une telle liberté doublée d’irresponsabilité un rôle si important ? Comment justifier sa fonction sécuritaire, bizarrement occultée dans l’organigramme officiel, alors qu’il existe une unité spécialisée, fortement dotée, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), composée de gendarmes et de policiers, tous professionnels expérimentés ?


Avant même que ses méfaits soient révélés, Alexandre Benalla était déjà hors de la loi commune, hors usage règlementaire, hors cadre administratif. C’est pourquoi ses actes personnels engagent la responsabilité politique de celui qui l’a choisi et nommé : Emmanuel Macron, et nul autre. Seul ce choix présidentiel, entre caprice monarchique et bon plaisir, peut expliquer la mansuétude et la protection dont a bénéficié son « Monsieur Sécurité » après sa virée du 1er mai. Alors même que plusieurs délits lui sont potentiellement imputables – coups et blessures volontaires (article 222-13 du code pénal), immixtion dans une fonction publique (article 433-12), exercice créant la confusion avec une fonction publique (article 433-13), etc. –, il a été couvert par l’appareil d’État.


Connu pour sa rigueur dans ses précédentes fonctions préfectorales, le directeur de cabinet Patrick Strzoda a pourtant dû se contenter d’une sanction bénigne, deux petites semaines de mise à pied. Le récit qui, aujourd’hui, par la voix du porte-parole de la présidence, tente de la justifier ne s’embarrasse guère de vraisemblance, affirmant qu’Alexandre Benalla était en congé le 1er mai, comme si un salarié posait des congés un jour férié… Non seulement il n’a pas été automatiquement licencié pour faute grave – il a été au contraire maintenu parmi le personnel élyséen –, mais de plus la justice n’a pas été saisie, alors que l’article 40 du code pénal obligeait à le faire : « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. »


Tandis que le ministère de l’intérieur ne bronchait pas, alors même que l’intégrité de la police est atteinte, le cabinet de l’Élysée faisait l’autruche, jouant la montre et l’oubli, en espérant, jusqu’aux révélations du Monde le 18 juillet au soir, que rien ne se sache pour que tout puisse continuer comme avant. Dans un système où les imprudences, les fautes et les erreurs du prince ligotent tous ceux qui le servent, la République a été de bout en bout bafouée. Seul le soutien aveugle du président lui-même peut expliquer que l’auteur de délits si manifestes ait été à ce point protégé.


L’affaire Benalla est bien plus que la sortie de route d’un collaborateur élyséen. Elle est une alerte sur la dérive de cette présidence vers un pouvoir encore plus sans partage du chef de l’État, dans une marche consulaire, avec coup de force permanent, en direction d’une présidentialisation accrue de la Ve République, ignorant les contre-pouvoirs, effaçant le premier ministre et soumettant le Parlement, humiliant les opposants et méprisant la société.


Car, dès que le pouvoir se veut personnel, la basse police est à son affaire. Protégeant ses secrets, où souvent se mélangent intérêt public et vie privée, elle impose sa propre loi qui, au prétexte de la raison d’État, échappe à la loi. On ne saura jamais ce qu’aurait été la suite de l’aventure élyséenne d’Alexandre Benalla et de la petite bande qui l’entoure, même si l’on devine qu’aucune règle éthique ou principe moral ne l’aurait entravé pour parvenir à ses fins, discréditer les oppositions politiques ou empêcher les curiosités journalistiques. Mais le peu que l’on en sait rappelle déjà un précédent, autrement professionnel dans son apparence, qui, faute d’avoir été débusqué à temps, eut le temps de faire bien des dégâts : la cellule de l’Élysée au tout début du premier septennat de François Mitterrand, véritable service privé de sécurité et de renseignement.


Rapidement converti au pouvoir personnel qu’il dénonçait dans l’opposition, le premier président élu à gauche de la Ve République prit prétexte d’arguments sécuritaires – le terrorisme déjà – pour créer sa propre garde rapprochée, un service spécial dévoué à la protection de ce qu’il voulait absolument cacher et, aussi, de ce qu’il voulait absolument savoir. Atteint d’un cancer peu de temps après son élection de 1981, François Mitterrand réussit ainsi à cacher sa maladie jusqu’aux toutes dernières années de sa longue présidence, qui dura 14 ans. De même, il réussit à protéger sa double vie, affichant publiquement sa famille officielle et dissimulant sa famille officieuse dans les palais de la République, jusqu’au jour, tardif, où il décida de mettre en scène lui-même la révélation de son existence.


Dans cette privatisation du pouvoir, la vie privée est toujours un bon prétexte. Sous couvert de la protéger, l’absolu du secret autorise l’abus de pouvoir. C’est ainsi que, détentrice des secrets intimes du Président, la cellule de l’Élysée mitterrandienne se rendit célèbre pour ses écoutes illégales d’opposants, de proches, d’avocats, de journalistes, etc., sans compter bien d’autres transgressions autorisées par son sauf-conduit présidentiel. Elle aussi mélangeait les genres, fréquentait les arrière-cours policières, jouait de son aura présidentielle pour s’imposer aux services, fédérait une bande de pieds-nickelés aussi néfastes que maladroits…


Dévoilant la tentation macronienne d’un service de sécurité privé à l’Élysée, l’affaire Benalla arrive heureusement à temps pour empêcher que cet abus de pouvoir prolifère. Mais elle révèle que ce président élu sur la promesse d’une « révolution démocratique profonde » en est la négation incarnée.

Près de deux ans après que ces mots ont été imprimés dans un livre dont le titre, Révolution (XO Éditions), semble aujourd’hui sorti d’une nouvelle d’Orwell où le mensonge serait proclamé vérité, on peine à croire qu’y était écrit aussi que « la responsabilité est précisément ce qui peut contribuer à restaurer un peu de cette morale collective dont nous avons tant besoin ». Emmanuel Macron y affirmait que « l’ultime responsabilité est politique » et que, dans ce registre, « certaines fautes vous disqualifient radicalement ».


Parmi celles-ci, outre le financement politique,qui concerne tout particulièrement le prévenu et mis en examen Nicolas Sarkozy récemment invité dans son avion privé de retour de Moscou, l’actuel président de la République mentionnait les « atteintes à l’administration publique » et les « atteintes à l’autorité de l’État », fautes emblématiques de l’affaire Benalla. « Dans de tels cas, il faut avoir la décence de s’effacer », concluait l’homme qui refusa que son « Monsieur Sécurité » soit effacé de l’Élysée au lendemain de son escapade barbouzarde.


Le florilège est inépuisable puisque, dans ce livre d’un autre temps, celui des promesses qui n’engagent à rien, on lit aussi que « la haute fonction publique ne doit pas être exempte d’une plus grande exigence ». Omnipotent secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler médite à loisir cette prudente recommandation, alors que son conflit d’intérêts avec la puissante et mystérieuse compagnie maritime MSC ne lui vaut aucun embarras.


Éphémères, les lumières électorales sont toujours utiles pour souligner les ombres qui gagnent, une fois au pouvoir. « Certaines fautes vous disqualifient radicalement », écrivait donc le candidat Macron. Il n’est pas exclu que les fautes de son protégé disqualifient radicalement sa présidence.


Edwy Plenel

Katell Rochard's insight:
Car, dès que le pouvoir se veut personnel, la basse police est à son affaire.
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Quand le président promettait de sanctionner au plus haut niveau les violences policières

Quand le président promettait de sanctionner au plus haut niveau les violences policières | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Affaire Alexandre Benalla: l'archive de "Quotidien" qui tombe très mal pour Emmanuel Macron.


L'effet boomerang est parfait. Un utilisateur de Twitter vient de remettre la main sur l'interview d'Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence de la République, pour l'émission "Quotidien" sur TMC. Le favori des sondages s'était alors engagé avec fermeté pour les sanctions hiérarchiques en cas de violences policières, allant du commissaire...au ministre (voir la vidéo en tête de cet article).


Des déclarations qui ressortent au pire moment pour Gérard Collomb: le ministre de l'Intérieur, sur la sellette pour ne pas avoir prévenu le parquet des agissements d'Alexandre Benalla, doit s'expliquer devant les députés lundi 23 juillet. Plus généralement, les déclarations fortes du futur président tranchent avec la discrétion, voire l'évitement auquel il se livre depuis 48 heures.


+ A suivre, vidéo Le HuffPost:: Les médias étrangers s'emparent de l'affaire Benalla

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Dominique  Bourg: "La compétitivité déglingue le vivant"

Par François Ruffin: Entretien fleuve avec Dominique Bourg.  Ajoutée le 20 juil. 2018

"L'écologie ce n'est pas une question de petites fleurs. C'est tenter d'empêcher l'extinction du vivant." 
Philosophe, professeur à l'Université de Lausanne, Dominique Bourg est l'auteur de 'Une nouvelle terre. Pour une autre relation au monde', aux éditions Desclée de Brouwer.
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Assa Traoré : « Face aux violences policières, la France doit se lever et dire non »

Assa Traoré : « Face aux violences policières, la France doit se lever et dire non » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Il y a deux ans, le jeune Adama Traoré décédait dans une gendarmerie quelques heures après son interpellation musclée. Depuis, le comité Vérité et Justice pour Adama se bat afin que l’État français prenne ses responsabilités. Ce samedi 21 juillet, il organise une grande marche contre les violences policières. Entretien avec Assa Traoré, porte-parole du Comité.


Le 19 juillet 2016, quelques heures après son interpellation musclée, Adama Traoré était déclaré mort dans la cour de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise). Mains menottées dans le dos, face contre terre. Ce jour-là, il devait fêter ses 24 ans. Les circonstances dans lesquelles ce jeune de Beaumont-sur-Oise a perdu la vie restent troubles. Le procureur évoquait alors une « infection grave » pour expliquer sa mort, puis une « pathologie cardiaque », omettant la présence d’un syndrome asphyxique — sans doute provoqué par la compression de son thorax par trois gendarmes — rapporté dans les deux rapports d’autopsie.


Depuis, l’enquête ouverte pour « recherche des causes de la mort », « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « non assistance à personne en péril » patine. Mardi 17 juillet, les experts médicaux viennent d’obtenir un nouveau délai pour rendre leur rapport sur les circonstances du décès. Car si la mort d’Adama par asphyxie est confirmée, son origine reste toujours à déterminer. Tout comme les conditions dans lesquelles le corps du jeune homme a été découvert.


Ce samedi 21 juillet, le comité Vérité et Justice pour Adama organise un rassemblement dans la ville de Beaumont-sur-Oise, « pour mettre fin à ce système d’oppression ». Reporterre a rencontré Assa Traoré, la sœur d’Adama et l’une des porte-voix du comité.


Reporterre — Pourquoi ce rassemblement samedi ?


Assa Traoré — Parce que cela fait deux ans que mon frère s’est fait tuer. Et cela fait deux ans que nous demandons justice et vérité pour Adama. La justice n’a toujours pas été rendue, les gendarmes n’ont toujours pas été mis en examen, l’État n’a pas pris ses responsabilité. Ce combat nous concerne tous. Depuis trois semaines, nous faisons la tournée de tous les quartiers d’Île-de-France, pour que l’on marche ensemble. Ce qui se passe dans nos quartiers peut arriver à tout le monde. Aujourd’hui, ce n’est plus la famille Traoré qui demande justice et vérité pour Adama, c’est la France entière.


(...) La police des polices [l’Inspection générale de la police nationale, IGPN] elle-même a reconnu 17 morts lors d’opérations en 2017. Il y a donc plus d’un mort par mois, même si c’est certainement plus, car ce sont là uniquement ceux comptabilisés par la police. Le changement de gouvernement n’y a rien changé. Plus on avance, plus l’État est répressif. Et ça fait peur.


Tant que l’État laissera faire, les violences policières continueront. Mon frère en est la preuve : depuis deux ans, les gendarmes n’ont toujours pas été entendus, toujours pas été inquiétés. Que doit-on dire à la jeunesse française ? Aujourd’hui la police et les gendarmes peuvent nous tuer sans qu’il ne se passe rien. Nous menons le combat pour mon frère le plus calmement possible, mais il va arriver un moment où la jeunesse française ne pourra plus se contenir. On n’a plus confiance en la justice. (...)

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Israël, la fuite en avant

Israël, la fuite en avant | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L’apartheid est en train d’être institutionnalisé en Israël. Dans la nuit de mercredi à jeudi, par seulement 62 voix contre 55, son Parlement a voté la loi controversée sur l’Etat-Nation. Elle stipule qu’Israël est un Etat juif avant tout et que «la réalisation du droit à l’autodétermination en Israël est réservée au peuple juif». Aussi, la seule langue nationale reconnue est désormais l’hébreu, précise le texte.

Cela vient confirmer légalement un état de fait qui existe aujourd’hui, reléguant les quelque 1,7 millions d’Arabes palestiniens d’Israël à des citoyens de seconde zone, privés de nombreux droits réservés aux personnes de confession juive, que ce soit en matière d’accès aux terres, à des emplois, à des logements subventionnés, à de meilleurs salaires, etc. Une situation inconcevable dans tout autre Etat moderne et démocratique qu’Israël, octroyant des droits spéciaux à des citoyens en fonction de leur religion ou de leur origine.


La nouvelle législation – qui devient l’une des lois fondamentales de l’Etat, Israël ne disposant pas de Constitution – pourrait être utilisée pour étendre ces pratiques, craignent certains députés arabes de la Knesset. Ces derniers n’ont pas hésité à déchirer le nouveau texte en signe de désapprobation, et à le qualifier eux-mêmes de loi d’apartheid en plein hémicycle. «Le droit international interdit pourtant l’apartheid, qui est un crime», a rappelé l’ONG Adalah (Centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël).


Mais ce vote va encore beaucoup plus loin. D’une part, il légalise et encourage les colonies en Cisjordanie occupée: «L’Etat considère d’intérêt national le développement de colonies juives et agira pour encourager et promouvoir leur établissement et leur consolidation», stipule la loi. Là aussi, il consacre la pratique en vigueur et lui donne une légalité, en violation du droit international. D’autre part, la nouvelle législation valide également l’annexion de fait de Jérusalem-Est, condamnée par la quasi-totalité des Etats de ce monde. La décision du président Donald Trump de transférer la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Jérusalem et de reconnaître cette ville comme capitale d’Israël a visiblement donné des ailes à la majorité parlementaire de ce pays.


Cette fuite en avant a le mérite de la clarté. La ségrégation et la colonisation sont désormais assumées à la lumière du jour. Il devient de moins en moins crédible pour la communauté internationale de se gargariser de «processus de paix» et de «solution à deux Etats»… Israël n’en veut pas et le fait savoir. C’est l’annexion qu’elle met en œuvre.


Christophe Koessler


(Photo: Les députés arabes protestent contre la nouvelle loi, ce jeudi à la Knesset)

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Si la République est inaltérable, Macron ne l'est plus

Si la République est inaltérable, Macron ne l'est plus | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

TRIBUNE. Pour Thomas Kekenbosch, membre de Génération.s, l'affaire Benalla frappe au cœur du pouvoir.

Abattant la confiance par surprise, l'affaire Benalla endommage brutalement le pouvoir comme aucune des erreurs d'Emmanuel Macron n'avait jamais pu le faire jusqu'à présent.

Ni les opérations immobilières de Richard Ferrand, ni les emplois fictifs présumés de François Bayrou, ni les conflits d'intérêts potentiels du secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler, celui de la ministre de la Culture Françoise Nyssen avec Actes Sud, ou encore celui de la ministre de la Santé Agnès Buzyn dans la nomination de son mari à l'Inserm, ni les ristournes sur les factures de ses meetings et les doutes sur le financement d'une campagne électorale par Emmanuel Macron encore ministre, ni les déplacements organisés par Business France et la future ministre du Travail à Las Vegas... Rien, dans la vertigineuse liste des affaires qui ont touché le pouvoir en à peine un an, n'avait pu franchir le mur du son médiatique et populaire et toucher le Président. Les revirements politiques à 180 degrés de l'humaniste devenu anti-migrants et de l'écologiste devenu pro-glyphosate n'y ont rien fait non plus.

C'est qu'Emmanuel Macron, seule étoile au milieu d'un paysage politique désolé et d'un gouvernement peuplé d'anonymes, répondait chaque fois par l'indifférence dédaigneuse de celui qui est sûr de son fait et qui ne déviera pas. « La République est inaltérable », tente-t-il encore aujourd'hui, dans une tentative désespérée de rester sur l'Olympe qui le protège comme par magie des coups et des vicissitudes de ce qui est systématiquement renvoyé à de la politique politicienne.


Sauf que l'affaire Benalla est venue. Elle frappe au cœur du pouvoir. La République des copains, cela passe encore quand il s'agit d'un marché ou de quelque passe-droit. Mais qu'y a t-il de plus cru que de frapper furieusement un homme déjà à terre ? Quel parallèle terrible avec les coups de boutoir incessant d'un président de la République qui ne fait pas autre chose lorsqu'il perfore le code du travail, qu'il insulte des grévistes, ou qu'il baisse les droits sociaux ! Quel parallèle terrible que ce pouvoir qui semble avoir protégé un homme de l'ombre comme il protège une petite caste de privilégiés dédouanés d'ISF !


Avant même les commissions d'enquête et les enquêtes préliminaires, tout s'est brisé en une seule image. Et tout le reste pourrait s'effondrer avec cette bulle fragile qui entourait le Président : l'affaire Benalla révèle en creux à quel point ce pouvoir qui semblait si fort, si rigide, si arrogant de certitudes, n'était qu'une bulle de savon qui se prétendait légion romaine. L'évidence rétrospective, c'est que par la seul force de la parole performative d'un Jupiter autoproclamé, tout le monde y avait cru. Si la République est inaltérable, Emmanuel Macron ne l'est plus.


Alors que la défiance morale va maintenant s'ajouter à la rancune, Emmanuel Macron entre désormais dans le dur. Mais la gauche aurait tort de s'en féliciter. Faire tomber un roi n'est d'aucune utilité sans disposer d'une alternative. Les affaires s'enchaînent comme les quinquennats et font le lit de tous les adversaires de la République. Alors vite, cessons la course au chaos, mettons un nouvel espoir écologique et social au cœur de la République, pour que les coups incessants que lui portent des libéraux affairistes ne soit pas le seul horizon des Françaises et des Français.


> Dans sa lettre politique d'aujourd'hui, intitulée 'Le mystère Benalla', Laurent Joffrin conclut:


L’affaire, en tout cas, pourrait bien marquer le quinquennat. Peut-être est-ce l’indice qui révèle la véritable origine de la défaveur du Président dans l’opinion. Peu à peu, les Français, séduits par un jeune homme audacieux, optimiste, cultivé, qui parle cash et incarne la fonction, se demandent qui ils ont vraiment élu. Un Eliacin qui rénovera la République ? Ou bien un homme d’ambition et d’opportunisme, qui mène sa barque en solitaire, entouré de sous-mousquetaires faits par lui, entre commando et start-up, manipulant en petit comité les leviers de l’Etat ? La question n’est pas tranchée. Mais elle se pose.

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Victoire des Bleus : que signifie la joie collective dans les rues de France ?

Victoire des Bleus : que signifie la joie collective dans les rues de France ? | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les spectaculaires rassemblements de célébration après la victoire des Bleus à la Coupe du monde en Russie rappellent ceux de juillet 1998, mais aussi les rassemblements de janvier 2015 à la suite des premiers attentats terroristes commis à Paris cette année-là.


(...) Lors d’événements dits extraordinaires – des événements positifs ou négatifs qui rompent avec le quotidien –, au sein desquels les personnes sont factuellement impliquées, les rassemblements permettent d’accéder à une identité partagée, de basculer d’une position de spectateur passif à une position de participant.


(...) La psychologie sociale montre en quoi l’implication dans ces rassemblements est portée par l’identification des personnes à un groupe, définie par leur connaissance de cette appartenance, avec toute la signification émotionnelle qu’elle implique.


(...) Une menace, une confrontation, sont autant de catalyseurs de l’implication, de l’identité partagée. Cette menace crée du sens collectif. Mais comment cette confrontation est-elle vécue et interprétée ? A-t-elle une importance vitale ou accessoire ? À quel point nous sentons-nous concernés ? Avons-nous le sentiment de pouvoir agir, seul ou en groupe ?


Plus nous répondons positivement, plus nous avons tendance à nous mobiliser. Quand la confrontation est vécue comme si la France était en jeu – qu’elle soit visée en son cœur par les attentats terroristes ou qu’elle affronte symboliquement une autre nation comme en finale du Mondial –, la vague affective collective peut être immense.


Mais la ferveur populaire n’est ni systématique, ni aléatoire. On ne l’a pas connue lorsque l’équipe de France a gagné des titres olympiques en handball ou en natation, par exemple. Il faut un événement « extraordinaire », qui rompt avec le quotidien.


En janvier 2015, quatre millions de Français ont répondu aux attentats terroristes par la Marche républicaine et sur les réseaux sociaux. Mais, des trois attentats, seul celui de Charlie Hebdo a mobilisé les Français : massive après l’attaque de Charlie Hebdo, la mobilisation fut beaucoup plus modeste après celles de l’épicerie casher de Vincennes et de Montrouge (l’assassinat de la policière Clarissa Jean‑Philippe est quasi-oublié). Pourquoi ?


L’attaque de Charlie Hebdo, vécue comme une menace contre la « nation » attaquée dans son symbole (la « liberté »), a activé un « nexus mobilisateur » qui a drainé des millions de Français autour d’un seul et même affect. Par contraste, les attaques de Vincennes et Montrouge ont été vécues comme des attaques contre des catégories bien déterminées de la nation, les Français juifs, la police. Pas de mobilisation, plutôt une banalisation.


Nos études montrent que ces effets de ferveur collective, (...) durent seulement quelques jours. Leur intensité affective est telle qu’elle masque les voix dissonantes. Rester sceptique est mal vu : en janvier 2015, dire que vous n’êtes pas Charlie ; en juillet 2018, rester en dehors des célébrations de la victoire des Bleus au Mondial, ou dénoncer les agressions sexistes pendant ces célébrations.


(...) Au lendemain de la victoire des Bleus au Mondial de football, on peut se demander dans quelle mesure l’identification collective peut renforcer la cohésion nationale.


Kylian Mbappé disait avec justesse il y a mois : « Le football est, pour moi, plus qu’un sport, il suffit de voir l’impact qu’il a sur la société. »


Il a vu juste : en France, la Coupe du monde est une affaire à la fois de sport et de société. La génération de Mbappé, Umtiti, Griezmann, Kanté, et de leurs coéquipiers est celle qui a voulu et travaillé pour devenir champions du monde et procurer à la France une joie similaire à celle de 1998. Ils ont effectué un extraordinaire travail d’équipe pour réussir, visible et reconnu à tous les niveaux : physique, technique, tactique, mental.


Les rassemblements massifs qui ont suivi la victoire montrent que les Français s’impliquent et s’identifient publiquement à cette équipe, même sans avoir contribué directement à son succès. En psychologie sociale, cela s’appelle « se couvrir de reflets dorés de gloire » (« Basking in reflected glory », Cialdini et al., 1976). Il s’agit d’une question non seulement d’image publique, mais aussi de sentiment de pouvoir agir (« empowerment ») – une prise de pouvoir par les individus eux-mêmes sans attendre une quelconque autorisation officielle.


Ceux qui ont envahi les villes et Champs-Élysées en brandissant le drapeau tricolore et en chantant « La Marseillaise » ont basculé d’un niveau d’identification personnel au niveau national, mêlant joie et gratitude. Leurs critères d’action peuvent ainsi passer temporairement du niveau personnel au niveau des règles du groupe auquel ils s’identifient : serrer les rangs spontanément, brandir les symboles du groupe, prendre pour cible d’hostilités ceux (et celles) qui n’en sont par perçu·e·s comme membres.


En terme de cohésion sociale, se pose alors la question suivante : à qui et à quel « groupe » s’identifient-ils ? À l’équipe de France ? À la nation ? À ceux qui peuvent transformer la joie du groupe en violence contre d’autres, qu’ils ne reconnaissent pas comme membres du groupe ? (...) 


En 1998, on qualifiait l’équipe de France de « black-blanc-beur », de manière très ambivalente. Lilian Thuram rappelait récemment sur les chaînes de télévision que certains responsables avaient envisagé d’instaurer des quotas de binationaux chez les Bleus, heureusement en vain. 


C’est peut-être aussi face à cette ambivalence, moins prégnante en France en 2018 qu’en 1998, mais qui ne fait que masquer les tensions et le spectre du racisme, toujours présents, que la mobilisation suscitée par la victoire des Bleus est intéressante : par la revendication publique de l’affiliation à une identité partagée, à une attitude marquée par l’effort, la modestie, la concentration, le don de soi pour le collectif. 


Des valeurs glorieusement incarnées par cette génération 2018 qui, avec les mots de Kylian Mbappé, nous fait bondir de nos chaises pour nous endormir avec des étoiles plein les yeux. Plutôt que souligner d’où ils viennent, les Bleus de 2018 nous ont surtout montré où ils voulaient aller.


Auteur: Andreea Ernst-Vintila Maîtresse de conférences en psychologie sociale, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

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Affaire Benalla : le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, savait dès le lendemain des faits

Affaire Benalla : le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, savait dès le lendemain des faits | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Selon les informations de France Inter, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a été mis au courant dès le 2 mai des images montrant Alexandre Benalla frappant un manifestant la veille.


Depuis mercredi 18 juillet, date des premières révélations sur l'affaire Benalla, l’Elysée connaît sa première vraie situation de crise, depuis le début du quinquennat. Mais depuis les faits montrant un chargé de mission de l'Elysée frappant un manifestant, le 1er mai dernier, une succession de ratés est mise au jour. L'histoire, retracée par France Inter montre que l'information est très vite remontée au ministère de l'Intérieur.


Les faits dont Alexandre Benalla est soupçonné datent du 1er mai, à Paris. Dès le 2 mai, place Beauvau, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb est mis au courant. Il ne connaît pas Alexandre Benalla, selon France Inter. Même pendant la campagne, cet historique de la "Macronie" a rarement eu affaire à lui. Les services du ministère font parvenir l’information sur le trottoir d’en face, au plus haut sommet de l'État, c'est-à-dire à l’Elysée. Des sanctions sont prises le 3 mai par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Après, Gérard Collomb pense que tout est réglé. Il ne redécouvre l’affaire que mercredi dernier, avec les premières révélations du quotidien Le Monde.


Début mai, dans les jours qui suivent, l’Elysée commence à s’inquiéter. En réunion de cabinet, le nom d'Alexandre Benalla est évoqué. Certains autour de la table considèrent que si dans les 15 jours qui viennent, l’affaire ne sort pas, elle ne sortira jamais. Pendant plusieurs semaines, les conseillers du président font le dos rond. Ils espèrent, sans trop y croire, que l’affaire tombera dans l’oubli. Quand certains sont interrogés sur Alexandre Benalla, ils ne parviennent pas à masquer leur effroi. La sortie de l'affaire par des journalistes a presque été vécue comme un soulagement. En pensant étouffer cette affaire, on connaissait les conséquences en cas de révélation, confie l’un d’eux. Il n’y a que des mauvaises solutions…

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Constitution. Cet été, Emmanuel Macron veut se tailler un régime sur mesure

Constitution. Cet été, Emmanuel Macron veut se tailler un régime sur mesure | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L’Assemblée nationale examine en ce moment le premier texte d’une réforme qui vise à soumettre définitivement le Parlement aux desiderata de l’exécutif. Face à ce projet, qui menace aussi la Sécurité sociale, les parlementaires PCF réclament un référendum.


Depuis la victoire des Bleus en finale de la Coupe du monde, des montages montrant un Emmanuel Macron qui exulte dans les gradins à l’idée de pouvoir dorénavant faire passer n’importe quelle réforme tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Tout y passe : retraites à 75 ans, explosion de la TVA, suppression de la Sécurité sociale… Ce qui pourrait ici ressembler à une bonne blague sur l’opportunisme et le cynisme du président de la République n’en est pourtant pas une : depuis le 10 juillet, l’Assemblée nationale examine en séance publique un projet de réforme des institutions. En catimini, en plein été, souvent au cœur de la nuit, la Macronie se livre à une réécriture de la Constitution. 


Elle ne fait absolument rien – bien au contraire – pour provoquer et nourrir le grand débat public et citoyen nécessaire et indispensable, en démocratie, lorsqu’il s’agit de toucher à la loi fondamentale d’un pays. C’est pourquoi les parlementaires communistes, députés et sénateurs, ont fait le serment, le 9 juillet à Versailles, devant la salle du Jeu de paume, de tout faire pour obtenir un référendum (voir ci-contre).


« Nous pétitionnerons dans tout le pays jusqu’à obtenir satisfaction », a prévenu Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Car le projet de réforme en cours entend s’attaquer frontalement au cœur même du fonctionnement démocratique de la République, à la séparation des pouvoirs, et même à la Sécurité sociale, comme l’ont démontré les débats au Parlement.


Certes, tout le monde s’est entendu, ou presque, pour supprimer le mot « race » de la Constitution, comme le proposaient les communistes depuis des années, et pour y assurer l’égalité de tous « sans distinction de sexe ». L’action pour « la préservation de l’environnement » a également été consacrée. Mais le torchon a très vite brûlé lorsque plusieurs groupes d’opposition ont souhaité fixer le nombre actuel de parlementaires dans la loi fondamentale, afin d’empêcher le gouvernement d’amputer demain les effectifs de la représentation nationale. L’exécutif considère en effet que la démocratie sera plus « représentative, responsable et efficace » avec beaucoup moins de députés et de sénateurs.


Il souhaite faire adopter trois textes pour 2019 : un constitutionnel, un organique et un ordinaire, qui, additionnés, composeront une réforme globale des institutions. Et l’une des mesures phares prévoit justement une diminution de 30 % du nombre de parlementaires, soit la plus drastique depuis Napoléon III, qui ferait de la France le pays comptant le moins de parlementaires par habitants en Europe.


Une autre propose de restreindre fondamentalement le droit d’amendement. Soit en ne l’autorisant qu’en commission, soit en augmentant la possibilité de les considérer comme « hors sujet », réduisant de fait considérablement le rôle législatif des parlementaires. Raccourcir le temps d’examen des projets de loi au Parlement, inclure une dose homéopathique de proportionnelle aux législatives, redessiner à la hache les circonscriptions, transformer le Conseil économique, social et environnemental (Cese) en « chambre de la société civile », en plus de l’amputer d’un tiers de ses membres, sont aussi, entre autres, au menu.


Face à un tel programme, la majorité des députés LR a dénoncé « la domestication, la décomposition et la démolition de l’Assemblée nationale », dans une tribune publiée par le Journal du dimanche. Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche (PS), y voit aussi une « réduction du pouvoir parlementaire » impossible à cautionner. André Chassaigne, chef de file des députés PCF, a tancé lors du Congrès de Versailles un régime « brutalisant la démocratie », dont l’objectif est de constitutionnaliser une « dérive oligarchique » afin de mettre en place une « technocrature ». Le coprésident du groupe UDI-Agir, Jean-Christophe Lagarde, a, lui, annoncé qu’il ne votera qu’en fonction de la globalité des trois textes, à condition que le Parlement en sorte renforcé. « La présidentialisation, ça veut dire un vrai Parlement. Sinon, c’est une monarchisation », a-t-il prévenu.


Fait inédit, Emmanuel Macron lui-même, en plein Congrès, le 9 juillet, a annoncé un amendement présidentiel visant la réforme de la Constitution, afin qu’il puisse écouter les réponses des parlementaires avant d’avoir le dernier mot à Versailles. « Une atteinte sans précédent, gravissime, à la séparation des pouvoirs », s’indigne le député PCF Sébastien Jumel. Au motif que le premier ministre est normalement seul responsable devant le Parlement, de nombreux groupes parlementaires ont dans la foulée accusé Macron de vouloir devenir « président-premier ministre ». Non seulement parce que le président n’a pas à amender les lois, mais aussi parce qu’il n’a pas à débattre avec le Parlement.


Macron pensait ici répondre à ses détracteurs. À l’instar des députés FI, qui ont boycotté le Congrès, refusant d’assister à un discours du trône unilatéral. Mais le président s’est au final enfoncé davantage, selon Jean-Luc Mélenchon. « S’il écoute et répond, c’est un discours de politique générale. Cela le met à un doigt d’un vote de confiance », c’est-à-dire d’une possible censure par le Parlement, a ironisé l’insoumis.


L’hôte de l’Élysée maîtrise en tout cas ses troupes à l’Assemblée, totalement caporalisées et allongées devant ses desiderata, ce qui est en soi déjà un grave problème démocratique. La preuve, c’est que Richard Ferrand, président du groupe LaREM et rapporteur général du texte constitutionnel, s’était, plusieurs jours avant le Congrès, opposé à ce que le président de la République puisse écouter et répondre lors d’un Congrès. Lors des débats en commission des Lois, il estimait que cela revenait à remettre « en jeu la position de non-responsabilité devant le Parlement ».


Mais ça, c’était avant que le monarque ne dise l’inverse. Depuis, Ferrand soutient l’idée d’un débat au Congrès, et a fort opportunément appuyé un amendement allant en ce sens en séance publique. Les députés LaREM n’ont même pas eu à le rédiger, puisque c’est Jean-Christophe Lagarde qui l’a déposé. Le député UDI s’est d’ailleurs défendu d’être « le poisson-pilote » de Macron sur cette question, argumentant qu’il est favorable à un débat au Congrès depuis 2008, et qu’il avait rédigé cet amendement avant la parole du roi…


Reste que des questions fondamentales d’équilibre et de concentration des pouvoirs sont actuellement débattues dans le plus grand silence de juillet. « Nous allons tout droit vers un système présidentialiste à l’américaine, mais avec un Parlement français beaucoup moins fort que le Congrès américain. Nous allons cumuler tous les défauts de ces deux systèmes », s’alarme le député FI Éric Coquerel. Le tout grâce à des tractations de couloirs entre le gouvernement et le Sénat, dont le président, Gérard Larcher (LR), a obtenu qu’il y ait demain au moins un sénateur et un député par département. En matière de représentativité des territoires, de lien avec les citoyens et de garantie de pluralisme, on a sans doute vu mieux…


Quant aux électeurs, il n’est absolument pas prévu qu’ils soient consultés. Certes, il serait pour le moins surprenant de voir la majorité LaREM lancer un processus constituant. « Nous n’avons pas été élus pour ça », rappelait en novembre le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy. Mais examiner au milieu de la nuit des amendements rédigés le plus discrètement possible est plus que problématique, surtout quand ils concernent, par exemple, la Sécurité sociale, qui touche de très près la vie de tous les jours des Français.


Après avoir écrit une proposition de suppression de quasiment toutes les mentions de la Sécurité sociale dans la Constitution, le député LaREM Olivier Véran a reformulé un amendement qui vise toujours à transformer fondamentalement ce pilier de notre modèle social, sans prévenir, et « sans mener les débats nécessaires dans la société », regrette le communiste Pierre Dharréville.


Voilà pourquoi les parlementaires PCF lancent une pétition pour un référendum. « On ne peut pas imaginer de changer notre Constitution sans organiser un référendum (…). Nous exigeons donc que les Français et les Français, toutes celles et ceux qui vivent et travaillent dans notre pays, soient consultés », insiste Pierre Laurent.

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L’affaire Benalla sème la panique à l’Elysée

L’affaire Benalla sème la panique à l’Elysée | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L’Élysée a reconnu que le « Monsieur sécurité » d’Emmanuel Macron avait bien frappé un jeune manifestant le 1er mai, mais refuse de s’en séparer. En déplacement en Dordogne, le président fait l’autruche.


C’est l’affolement général. Depuis que Le Monde a révélé, dans la soirée du mercredi 18 juillet, qu’un collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, avait frappé le 1er mai un jeune manifestant place de la Contrescarpe, à Paris, un casque de policier sur la tête, l’Élysée tente vainement d’éteindre un incendie déjà trop propagé. Dans les heures qui ont suivi, plusieurs vidéos et photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On y voit le « Monsieur sécurité » du chef de l’État aux côtés des forces de l’ordre pendant toute la manifestation, un brassard « Police » autour du bras.

> Voir: Affaire Benalla : la vidéo qui accuse


Après avoir fourni de maigres explications dans le quotidien par la voix du directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, c’est le porte-parole du chef de l’État, Bruno Roger-Petit, qui pour la première fois depuis son entrée en fonction, a fait une déclaration officielle, face caméras et sans questions. Expliquant qu’Alexandre Benalla avait obtenu une autorisation pour « observer les opérations de maintien de l’ordre prévues pour le 1er mai », il a indiqué que cette autorisation avait été « largement outrepassée », avant de confirmer la « sanction disciplinaire » qui s’en est suivie :


« Il a été mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire. Il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président. Cette sanction vient punir un comportement inacceptable et lui a été notifiée comme un dernier avertissement avant licenciement. Cette sanction est la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l’Élysée. »


Une affirmation plus que contestable alors que plusieurs collaborateurs du Palais ont perdu leur poste ces dernières années - (...) Le porte-parole d’Emmanuel Macron a ensuite évoqué jeudi un autre homme, Vincent Crase, un gendarme réserviste, employé de La République en marche (LREM), « très ponctuellement mobilisé […] par le commandement militaire de la présidence de la République », présent aux côtés de Benalla le 1er mai, dans les mêmes conditions.


(...)Pourquoi une sanction si faible a-t-elle été décidée et par qui ? Pourquoi, informé de ces faits, le préfet Patrick Strzoda n’a pas jugé utile de saisir le procureur, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale ? Comment expliquer qu’Emmanuel Macron ait choisi d’avoir un responsable de la sécurité en dehors du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) ?


Jeudi matin, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « violences par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonctions ». Cette enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), vise également l’« usurpation de signes réservés à l’autorité publique », a précisé le procureur.


En déplacement en Dordogne, le chef de l’État a pris soin, toute la matinée, d’éviter les questions des journalistes, souriant et serrant des mains aux passants comme si de rien n’était. Interrogé pour savoir si l’affaire Benalla entachait la République exemplaire incarnée par Marianne – dont il venait présenter jeudi la nouvelle image qui figurera sur les futurs timbres postaux –, il s’est contenté de lâcher : « La République est inaltérable. »


Autre signe de la panique générale : à peine une heure après la conférence du porte-parole de l’Élysée, la ministre de la justice Nicole Belloubet a contredit ce dernier, en affirmant à l’Assemblée nationale que Benalla « était sur cette manifestation sans autorisation, ce qui évidemment pose une difficulté ». Interrogé par Mediapart, le ministère de l’intérieur assure ne pas avoir été saisi de cette demande. « L’accord s’est produit entre M. Benalla et la préfecture de police de Paris, indique l’entourage de Gérard Collomb. Beauvau ne donne pas son accord pour tous les observateurs qui sont fort nombreux : journalistes, magistrats, etc. »


Interrogé au Sénat à l’occasion des questions au gouvernement, le ministre de l’intérieur a annoncé avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour « préciser quelles sont les règles pour l’accueil et l’encadrement de ces observateurs et, s’il en existe, de vérifier dans ce cas précis qu’elles ont été mises en œuvre ». Estimant les images du 1er mai « particulièrement choquantes », le premier ministre a rappelé que l’affaire était désormais « entre les mains de la justice ». « Et c’est très bien ainsi », a-t-il conclu.


Un peu plus tôt sur CNews, le délégué général de LREM et secrétaire d’État en charge des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, affirmait à propos d’Alexandre Benalla que « personne n’est protégé dans ce pays, quel que soit son statut ». « L’Élysée se tient totalement à la disposition de la justice et je peux prendre l’engagement, même si je ne suis pas l’employeur de monsieur Benalla, je peux prendre l’engagement qu'il n'y aura aucun obstacle à ce que la justice puisse faire son travail le mieux du monde », a-t-il ajouté.


Jeudi matin, au micro de France Inter, le secrétaire d’État auprès du ministre de la cohésion des territoires, Julien Denormandie, collaborateur historique d’Emmanuel Macron et homme clef de la campagne présidentielle, avait pour sa part bredouillé une réponse gênée, qualifiant les faits de « comportement inacceptable », mais se refusant à « rentrer dans le débat » concernant la nature des sanctions. La faiblesse de celles-ci ne peut que susciter l’étonnement.


Si l’on en croit Patrick Strzoda et Bruno Roger-Petit, Alexandre Benalla a été suspendu de ses fonctions du 4 au 19 mai, avant d’être affecté à un poste administratif, où il s’occupe désormais de la sécurité d’événements organisés « à l’intérieur du palais ». Il a pourtant été mobilisé à l’extérieur à plusieurs reprises depuis. Présent le 1er juillet, jour de l’entrée au Panthéon de Simone et Antoine Veil, c’est encore lui qui s’est occupé de la sécurité des Bleus pendant la descente des Champs-Élysées, où il a été photographié à l’intérieur même du bus.


Jusqu’alors chargé de mission auprès de la présidence de la République, statut qui ne nécessite pas que son nom figure au Journal officiel, Benalla était au moment des faits « adjoint au chef de cabinet » d’Emmanuel Macron, dont il avait déjà assuré la sécurité pendant toute la campagne présidentielle. (...)


Son CDD, rémunéré 3 500 euros net, prime de précarité et frais de transport intégrés, court jusqu’au 31 mai. En meeting, en déplacement, il n’est jamais loin d’Emmanuel Macron. Son nom apparaît ensuite à plusieurs reprises dans les mails issus des « Macron Leaks ».


Le 8 mars 2017, il fait établir un devis pour deux pistolets lanceurs de balles en caoutchouc, dix pistolets à gaz lacrymogène, un Flash-Ball, des boucliers anti-émeute… Une commande qui crée l’étonnement de plusieurs membres de l’équipe de campagne. « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés, je trouve même ça dangereux », répond le trésorier de campagne, Cédric O, aujourd’hui conseiller à l’Élysée en charge des participations de l’État et de l’économie numérique. « Je viens d’appeler Benalla pour dire mon étonnement », écrit également le directeur des affaires générales d’En Marche!, Grégoire Potton.


Deux jours plus tard, c’est le directeur de campagne Jean-Marie Girier, devenu chef de cabinet de Gérard Collomb à Beauvau, qui tranche : « Je viens de prendre connaissance d’une commande d’armes pour le mouvement. Il est bien évidement [sic] que nous n’allons pas acheter d’armes, ou de Flash-Ball pour les 40 jours restants. Je suis surpris que nous n’ayons pas été saisis d’une telle démarche. »


(...) Des incidents survenus pendant la campagne et impliquant Alexandre Benalla ont ressurgi à la lumière des révélations du Monde. Buzzfeed relate ainsi le témoignage d’un militant communiste qui explique avoir été sorti de force puis frappé par le « Monsieur sécurité » le mercredi 16 novembre 2016, jour de la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron. (...)


Public Sénat publie une autre vidéo filmée en mars 2017, pendant un meeting à Caen (Normandie). Ce jour-là, « à l’arrivée du candidat, un de nos journalistes s’approche pour faire quelques clichés », indique la rédaction. « Le service d’ordre à cran le repousse une première fois, avant l’intervention musclée d’Alexandre Benalla. Pourtant à distance raisonnable du cortège, le journaliste est ceinturé, avant d’être poussé sur 50 mètres par l’officier de sécurité, Alexandre Benalla, qui lui arrache sans autre explication son accréditation presse censée lui permettre de suivre le meeting au plus près du candidat et de ses soutiens. » Alertée sur cet épisode, l’équipe d’En Marche! n’avait pas donné suite.

> Voir: https://www.publicsenat.fr/article/politique/video-affaire-benalla-un-precedent-qui-aurait-du-alerter-88345


Dans les rangs de la police, la réaction de l’Élysée à l’affaire Benalla n’a pas satisfait. « Pour l’instant, on a plutôt des questions que des réponses… », ironise Jean-Claude Delage. Le secrétaire général d’Alliance Police nationale, premier syndicat des gardiens de la paix et des gradés, s’étonne de la présence de ce collaborateur de l’Élysée au milieu d’une opération de maintien de l’ordre. « Qui lui a délivré l’autorisation ? Qui lui a fourni un brassard et un casque de police ? », interroge-t-il.


Face aux mêmes interrogations, le syndicat CGT Police Île-de-France a adressé à Gérard Collomb une lettre ouverte dans laquelle il appelle le ministre de l’intérieur et avec lui l’ensemble de l’exécutif à mener une « investigation sérieuse » afin de « faire toute la lumière sur les faits de violences graves qui semblent avoir été commis par un proche collaborateur du Président de la République ». « Si des fautes ont été commises, ces dernières doivent être dénoncées et condamnées sans faiblir », conclut le courrier.


(...) Dans un communiqué publié jeudi matin, Alliance Police nationale mettait déjà en garde : il ne faudrait pas que les policiers soient les « boucs émissaires dans cette affaire », eux qui « ne bénéficient jamais d’une quelconque clémence et ne comprennent donc pas que dans ‘‘une République exemplaire’’ des sanctions à deux vitesses puissent exister ». Une autre source policière, réclamant l’anonymat, rappelle que toute personne « embedded » avec les forces de l’ordre est, quelle que soit sa qualité, « sous la responsabilité d’un référent sur le terrain ». En l’espèce, personne n’a cherché à empêcher ses actes de violence.

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Belize : la deuxième plus grande barrière de corail du monde n’est plus en danger

Belize : la deuxième plus grande barrière de corail du monde n’est plus en danger | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le récif corallien de Belize a été retirée ce mardi 26 juin par l'Unesco de la liste du patrimoine en danger. Après celle d'Australie, c’est la deuxième plus grande au monde. Submergée dans les eaux cristallines et turquoises des Caraïbes, la barrière de corail de Bélize a été retirée ce mardi par l'Unesco de la liste du patrimoine en danger. Elle figurait sur cette liste depuis près d'une décennie, après avoir été menacée par l'exploitation pétrolière.

La barrière - inscrite au patrimoine mondial depuis 1996 - abrite une biodiversité exceptionnelle, où se côtoient de nombreuses espèces de poissons tropicaux, d'énormes requins ou encore des tortues. Jusqu'à récemment, le Belize ne disposait pas de lois strictes en matière de protection de l'environnement, ce qui a conduit l'Unesco à déclarer en danger en 2009 ce récif corallien. L'avertissement de l'Unesco portait également sur les mangroves - où naissent beaucoup des poissons de la barrière de corail - mises en péril par le développement urbain sauvage le long des côtes.

Le Parlement du Belize a finalement fait voter fin 2017 un moratoire sur l'exploitation pétrolière offshore destiné à sauver sa barrière de corail. Les défenseurs de l'environnement avaient été les premiers à exiger ce moratoire, organisant en 2012 un référendum informel dans lequel 96% de la population du pays s'était exprimée contre la prospection pétrolière.

« Il est normal que des personnes aient voulu exploiter ce type de ressources (le pétrole) qui pourrait nous profiter économiquement », se défend le Premier ministre adjoint, Patrick Faber. « Mais nous nous réjouissons que le gouvernement et le peuple aient décidé que nous ne pouvions pas prendre ce risque », ajoute-t-il.

Cette barrière de corail, qui s'étend sur 380 km entre la pointe du Yucatan au Mexique jusqu'au Guatemala et Honduras, principalement au large du Belize, se situe par endroits à seulement quelques centaines de mètres du rivage. Ce récif est devenu une grande attraction touristique, appréciée notamment des amateurs de plongée. Elle est aussi vitale pour les pêcheurs de la côte.

« Nous vivons grâce au récif », souligne la chef Jenni Steines, propriétaire d'un restaurant à San Pedro, qui propose une cuisine fusionnant les plats indigènes d'origine mayas et ceux du Belize.

« Il y a de nombreuses années, nous ne faisions que ça, la pêche, la pêche à la langouste, les coquillages (...). Maintenant, c'est grâce aux revenus du tourisme que nous vivons », explique-t-elle.

Belize estime que 20% des 367.000 habitants du pays vivent directement ou indirectement du récif. Cela rapporte environ 37 millions de dollars par an. Pour les touristes, « c'est la plus grosse attraction », rappelle Steines.

La bataille pour protéger la barrière est toutefois loin d'être terminée. D'autres menaces persistent comme la présence d'ordures, les rejets des bateaux de croisières ou la surfréquentation du site par les touristes.(...)

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Accès refusé : Comment la taxe sur les médias sociaux de l’Ouganda transforme les informations en produits de luxe

Accès refusé : Comment la taxe sur les médias sociaux de l’Ouganda transforme les informations en produits de luxe | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les Ougandais sont descendus dans les rues de Kampala le 11 juillet pour exiger la fin du régime fiscal qui frappe les moyens de communication, d'information et de paiement pour les utilisateurs de la téléphonie mobile à travers le pays. Des plaignants contestent également la constitutionnalité de la taxe devant les tribunaux.
 
Introduite le 1er juillet, la nouvelle loi oblige les Ougandais à payer une taxe quotidienne sur les applications mobiles “over the top” (OTT), notamment – Facebook, Twitter, Instagram, WhatsApp, Viber, LINE, Snapchat, Skype, LinkedIn, Tinder et Grindr.

La loi impose également une taxe de 1% sur l'utilisation de la téléphonie pour l'envoi d'argent, qui est maintenant la méthode requise pour recharger les cartes SIM.

Dans l'ensemble, ces nouvelles politiques rendront plus coûteux pour les Ougandais – en particulier ceux qui vivent dans la pauvreté – de communiquer et d'effectuer des tâches quotidiennes en utilisant leurs appareils mobiles.

Le président Yoweri Museveni dit que la taxe sur les médias sociaux vise à réduire les commérages en ligne et à augmenter les revenus publics. Ce qu'il semble ne pas savoir, c'est que la taxe fera beaucoup plus que limiter les conversations. (...)


- La taxe sur les médias sociaux laisse les habitants les plus pauvres de l'Ouganda avec moins d'accès à l'information.


- La taxe sur les médias sociaux transforme le droit à la liberté d'expression sur les principales plateformes Internet en un privilège, disponible uniquement pour ceux qui peuvent se permettre de payer.


Les Ougandais sont littéralement confrontés à un pare-feu chaque jour lorsqu'ils utilisent l'une des 58 applications OTT identifiées dans la loi. S'ils veulent continuer, ils doivent payer 200 shillings ougandais (0,05 USD).


Avec un PIB moyen par habitant de 604 dollars américains, l'utilisation quotidienne des médias sociaux ou des applications de messagerie pourrait représenter jusqu'à trois pour cent des revenus annuels moyens de l'Ougandais. Cela vient s'ajouter au coût d'un téléphone mobile, à un forfait de conversation / textos / données et à la taxe de 1% sur la recharge des cartes SIM.


Selon la l'organisme Collaboration sur la politique internationale des TIC pour l'Afrique de l'Est et du Sud (CIPESA), basé en Ouganda, la taxe fera que les habitants les plus pauvres de l'Ouganda verront leurs coûts de connexion internet augmenter de 10 %. L'utilisation de seulement 1 Go de données coûtera désormais près de 40 % de leur revenu mensuel moyen.


(...) ”Pour les Ougandais, la taxe sur les médias sociaux n'est pas juste une autre taxe”, a écrit la journaliste ougandaise Lydia Namubiru pour Quartz Africa. ” C'est le dernier effort du gouvernement pour punir et décourager l'expression en ligne ”.


(...) Le lendemain de la mise en œuvre de la taxe, des plaignants ont intenté une action contre le gouvernement, arguant que la taxe viole les droits des citoyens à la liberté d'expression et à l'accès à l'information. Ces droits sont également protégés par des traités internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques [fr] et la Déclaration universelle des droits de l'homme [fr]. L'Ouganda est signataire de ces deux documents.


Des campagnes en ligne #Notosocialmediatax (non à la taxe sur les médias sociaux) ont été lancées à la fois sur Facebook et Twitter, avec des célébrités et des dirigeants politiques qui ont invité le gouvernement à reconsidérer la taxe. Et dans les rues, les manifestations ont attiré de nombreux supporters – et la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes ainsi que la violence pour disperser les manifestations.


Les citoyens attendent une réponse à l'amendement proposé le 19 juillet et les requérants, une date d'audience pour contester la constitutionnalité de la loi.

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Jeunes, dynamiques, riches et ambitieux, les nouveaux "gentlemen farmers" du Nigeria 

Jeunes, dynamiques, riches et ambitieux, les nouveaux "gentlemen farmers" du Nigeria  | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

"Vous voulez voir à quoi ressemblent des milliards de dollars en gestation?" P.J. Okocha, jean et baskets aux pieds, s'engouffre dans une petite maison moderne perdue dans la campagne d'Abeokuta, dans le sud du Nigeria. Derrière la porte s'étalent un millier de semis de patate douce. "Avec ça, nous pouvons produire des millions d'autres semis", lance le jeune homme dans un large sourire.


A 34 ans, Peter Okocha Junior, aka P.J., a déjà investi dans les transports portuaires et dans le développement de la région pétrolière du Delta, où sa famille a fait fortune. Mais son eldorado à lui sera vert, il en est convaincu.


"J'ai toujours voulu investir dans l'agriculture, mais je ne savais pas comment", raconte-t-il à l'AFP. "Un jour, en traînant sur Twitter, je suis tombé sur un chercheur agronome et je lui ai écrit 'Salut mon frère, ça te dirait qu'on change le monde ensemble?'"


En quelques mois, leur compagnie PS Nutrac était née. Deux ans plus tard, des dizaines de milliers de plantes poussent sous des serres de bambous, cultivées à l'infini en aéroponie, c'est-à-dire sans terre et grâce à un ingénieux système d'aération et d'arrosage, une forme de culture hors-sol rare dans les pays en développement.


Cet après-midi de juin, les employés de PS Nutrac ont réuni un groupe de petits agriculteurs de la ville voisine pour les former sur les nouvelles variétés bio de patate douce qu'ils ont développées.


Tous les jeunes du village ont quitté la campagne pour aller "vivre en ville", explique Chef Awufe Ademola, la soixantaine et propriétaire d'une petite exploitation d'un peu plus de trois hectares. Assis en rangs, les fermiers traditionnels ont le dos courbé et les mains calleuses. Face à eux, les formateurs ont tous moins de 35 ans.


"On est tous jeunes et on veut rendre l'agriculture plus rentable et plus sexy", souffle P.J. Okocha. "La moyenne d'âge des agriculteurs est de 60 ans, il est nécessaire que la nouvelle génération retourne à la terre (...) et les technologies et l'automatisation peuvent rendre le secteur plus attractif pour les jeunes", lance-t-il.


Le défi alimentaire est immense: le Nigeria compte 180 millions d'habitants et devrait être le 3ème pays le plus peuplé au monde en 2050.


Après la découverte de gigantesques réserves d'or noir dans les années 1950, les dirigeants successifs et les investisseurs privés n'ont eu qu'une obsession, le pétrole, négligeant les autres secteurs économiques. L'accès des produits agricoles aux mégalopoles de plusieurs millions d'habitants se fait grâce à des camions hors d'âge sur des routes défoncées. Il n'existe pas assez de hangars de stockage, encore moins réfrigérés, et les usines de transformation restent rares.


Pour ne prendre que l'exemple des agrumes, le Nigeria en produit près de 4 millions de tonnes chaque année... mais 60% des fruits pourrissent. Et le pays importe pour 315 millions de dollars de jus concentré par an, soit 91% de sa consommation (USDA Gain Report, 2009). Une aberration économique qui fait toutefois rêver, aujourd'hui, les investisseurs. 


"Les opportunités qu'offre l'agriculture sont au-delà de l'imagination", explique Buffy Okeke-Ojiudu, 34 ans et heureux propriétaire de 200 hectares d'exploitation d'huile de palme dans le sud-est depuis deux ans.


"Les futurs milliardaires de ce pays seront des fermiers ou des gens qui investissent dans les nouvelles technologies ou l'énergie renouvelable. Et à la différence du pétrole, ce sont des secteurs qui créent de l'emploi", se targue celui qui n'est autre que le petit-fils du premier ministre de l'Agriculture de l'ère post-coloniale.


Mais le retour à la terre n'est pas simple. Le principal problème pour les chefs d'entreprise au Nigeria est l'accès aux prêts bancaires, encore plus dans l'agriculture, considérée comme un secteur "risqué".


"Les taux d'intérêt sont souvent à deux chiffres et il faut des garanties de prêts à 150% de la somme empruntée, ça n'a aucun sens. Conséquence: ceux qui investissent dans l'agriculture le font sur leur fonds propres. Ce sont ceux qui sont déjà riches", explique celui qui fut trader aux Etats-Unis et en Angleterre.

Seyi Oyenuga, lui aussi, a passé l'essentiel de sa vie entre Chicago et Washington, avant de rentrer dans le pays de son père il y a trois ans: il a troqué sa vie américaine et son entreprise de locations d'engins de BTP pour s'installer dans l'Etat d'Oyo (sud-ouest du Nigeria).


Le long de la route, des femmes pilent du manioc séché sur le macadam et les villages semblent endormis. Quasiment toutes les grandes exploitations alentour ont été abandonnées par leurs propriétaires et laissées en friches.  Mais dans la ferme de Seyi Oyenuga, Atman Farm, on s'active pour recharger les batteries des tracteurs avant d'aller labourer les champs de manioc.


Casquette John Deere sur la tête, chemise vichy bleu ciel et keffieh autour du cou, le fermier soulève à la main des remorques de tracteur avec ses ouvriers, sous un soleil de plomb. "On a appris à la dure", dit-il.


Négocier avec les chefs traditionnels locaux pour obtenir les titres de propriétés. Creuser au tracteur des sillons dans les champs. Inventer des meules à farine avec des matériaux locaux. Elever des pylônes électrique pour connecter l'usine...


Cette année, il ambitionne de planter du manioc sur 400 hectares, cinq fois plus que l'année dernière, à la première récolte. Et ce n'est qu'un début: il s'est donné à peine dix ans pour atteindre son but ultime de cultiver 2.000 hectares. "C'est difficile, mais c'est vraiment passionnant", souffle Seyi Oyenuga en s'essuyant le front. "Je suis capable désormais de faire des choses que je n'aurais jamais imaginé possibles".


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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RDC : Les dirigeants ont sablé du champagne avec des bouteilles valant (910$) près d’un an de salaire d’un fonctionnaire (86$)

RDC : Les dirigeants ont sablé du champagne avec des bouteilles valant (910$) près d’un an de salaire d’un fonctionnaire (86$) | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le champagne a coulé à flot lors du banquet offert, à quelques invités triés sur le volet, par les présidents de 2 chambres du parlement, juste après le discours du président de la République sur l’état de la nation prononcé le jeudi passé devant le congrès.

Les organisateurs de cette fête, Aubin Minaku et Léon Kengo Wa Dondo, n’ont pas lésiné sur les moyens, - moyens publics -, pour satisfaire les fêtards républicains.
 
Des bouteilles de champagne, qui valent presqu’une année de salaire d’un fonctionnaire de l’État, ont été servies aux convives.

Sur la table du président du sénat, il y avait notamment une bouteille de Dom Pérignon 2009. Un paquet de 6 bouteilles vaut au bas mot plus de 900$ US.

Dans un pays où de l’aveu du président de la République lui-même, dans son dernier discours, le salaire le plus bas dans la fonction publique est de 86$, cette gabegie financière choque, commente un membre de la société civile.

Aux frais du contribuable congolais, les convives de la République se sont offert le breuvage le plus cher et le plus raffiné qui soit.
Pour célébrer quoi ou qui ?
Cette fête financée avec le trésor public n’a pas manqué de choquer une bonne partie de l’opinion congolaise, comme en témoignent les nombreux messages dans les réseaux sociaux.

Le faste affiché par les dirigeants contrastent avec la misère dans laquelle croupit la population congolaise, font remarquer plusieurs internautes.

Cela n’arrive pas tous les jours, tempère un autre observateur.
Pour lui, le moment de détente que s’est offert le gotha politique était bien mérité car c’était une sorte d’adieu du président Kabila à la représentation nationale.

Pour rappel, le revenu annuel par habitant en RDC est de moins de 500$ (pib/hab/an).

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Incendies : année après année, l’Ouest américain se consume

Incendies : année après année, l’Ouest américain se consume | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les incendies se multiplient aux États-Unis, en particulier en Californie, avec sa végétation méditerranéenne, où un nouveau feu menace le parc de Yosemite.

Les années de feux dévastateurs se succèdent désormais dans l’Ouest américain, avant tout en raison du réchauffement climatique, qui a fait doubler les surfaces brûlées depuis 1984.


Depuis qu’il a démarré vendredi 13 juillet dans la forêt de Sierra Nevada, en Californie, le feu de Ferguson a déjà rasé plus de 5 000 hectares. Il a tué un pompier et mobilisé près de 1 500 personnels d’urgence, terrestres et aériens.


Attisé par les fortes chaleurs, le bois mort, les feuilles et herbes desséchées, il grossit à forte allure et menace désormais le parc national de Yosemite, au nord de l’État. Dans le même temps, une autre zone, tout au sud celle-là, près de San Diego, a été déclarée en état d’urgence.


La Californie se consume, et son cas n’est pas isolé aux États-Unis. « De larges feux s’étendent à travers le pays, de la Floride à l’Alaska, avec actuellement 60 vastes incendies qui ont déjà consumé plus de 333 000 hectares », indiquait récemment le Centre national interagence de prévention des incendies (NFIC). Depuis le début de l’année, 1,4 million d’hectares ont déjà été avalés par les flammes. Une situation dramatique à laquelle le pays semble désormais condamné chaque année et quel que soit le mois.


(...) Mais quelle est la cause de ces grands feux ? Se déclenchent-ils dans des conditions particulières ? « Pour que se déclenche un grand incendie, qu’on appelle parfois “méga incendie” quand il revêt de très grandes dimensions et une énorme puissance énergétique, il faut trois ingrédients, répond Renaud Barbero : de la végétation sèche, qui servira de combustible, un sol très sec également et une source d’énergie pour l’inflammation, qu’elle soit naturelle comme la foudre tombant sur un arbre lors d’un orage sec ou d’origine humaine. »


Dans l’Ouest américain, notamment en Californie, ces ingrédients existent. La végétation est de type méditerranéen (genévrier, chêne vert, pin), et la sécheresse saisonnière a toujours existé. En été, les incendies, principalement pilotés par la chaleur, peuvent être favorisés par les actions de l’homme : le 4 juillet, l’usage de feux d’artifice pour la Fête nationale a déclenché un incendie qui a consumé au moins 30 000 hectares au nord-ouest de Sacramento.


À l’automne éclatent par ailleurs des incendies pilotés par une configuration météorologique particulière : une sorte de mistral chaud venant du nord-est, appelé localement « vents de Santa Ana », abat notamment les poteaux électriques, ce qui accroît le nombre de départs de feux.


Le réchauffement climatique amplifie-t-il le phénomène ? Renaud Barbero en est convaincu. « Dans l’Ouest américain, affirme-t-il, le réchauffement climatique intensifie la sécheresse – mesurée par la teneur en eau dans le sol – et donc les départs de feux. Les chercheurs ont pu démontrer, qu’en l’absence de réchauffement la sécheresse serait de 15 à 20 % moins sévère. » (...)


> Lire aussi: Feux de forêt : quelles sont les causes ?

https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/foret-feux-foret-sont-causes-7730/


> En Californie, l’étalement urbain mis en cause dans les incendies

https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/En-Californie-letalement-urbain-mis-cause-incendies-2017-12-17-1200900114

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Ouvéa, une île paradisiaque rongée par le changement climatique

Ouvéa, une île paradisiaque rongée par le changement climatique | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L’île française d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, peine à lutter contre les conséquences du changement climatique. La perspective de déménager heurte les tribus du nord de l’île, dont le rapport à la terre est sacré.


Ouvéa (Nouvelle-Calédonie), reportage

Dans les années 1960, un roman à l’eau de rose japonais a qualifié Ouvéa d’« île la plus proche du paradis ». En la survolant à bord d’un avion d’Air loyauté en provenance de Lifou, l’île voisine, on peut le croire. Ouvéa est une île toute en longueur. Une plage de 25 km borde le lagon. Les couleurs sont éclatantes. Rendez-vous est pris dans le nord de l’île, dans le district de Saint-Joseph. C’est ici qu’il y a urgence.


Tout commence par une rencontre avec le chef de tribu. À Ouvéa, chaque morceau de terre appartient à quelqu’un. Il n’y a pas de clôture, pas de terrain délimité, mais le visiteur doit montrer patte blanche. Un chef doit connaître le motif de votre visite. La chefferie, cette case immense entourée de poteaux de bois, qui sert pour les cérémonies, est vide. On s’arrête à l’épicerie, où on nous indique la case du porte-parole de la chefferie. Poeta Bagna est affable et accueillant. (...)


La route passe devant chez lui ; au-delà, c’est la mer. « Il y a 40 ans, des courses de chevaux étaient organisées sur la plage. Elle s’étendait sur plus de 50 mètres. Il y a des repères qui ne trompent pas. Avant, il y avait une avancée de terre sur la mer. Elle a complètement disparu. On voit désormais toute la côte, jusqu’au sud. Les tribus voisines, je ne les voyais pas. Ce sont ces petites choses-là qui montrent que ça s’est dégradé vite. » (...)


«Un jour, Ouvéa va disparaître. Ce ne sera pas pour notre génération, mais celle de nos enfants ou de nos petits-enfants », s’émeut le Kanak.


Il n’y a pas que l’eau de mer qui menace Ouvéa. Le manque d’eau potable est une nouveauté. Les puits d’eau douce, naturellement présents sur l’île, se sont peu à peu asséchés ou ont été contaminés par de l’eau salée. Deux usines de dessalement d’eau sont en fonctionnement, une dans le nord et une dans le sud. Une troisième devrait voir le jour au centre. « Pour avoir de l’eau, maintenant, on est obligé de payer », dit Poeta.


(...) Une marche le long de la plage suffit pour se rendre compte de l’urgence de la situation. Ici, un arbre déraciné ; là, le bord de la route grignoté par la mer. Derrière nous, un petit cimetière et la certitude qu’un jour, il sera sous l’eau. Toujours le même constat : il y a dix ans, la plage s’étendait encore sur plusieurs mètres de large. Avant, c’était des dizaines de mètres. Un terrain de foot entier tenait sur le sable.


« En 2016, les gens de Tuvalu, sont venus ici, c’était les premiers migrants climatiques, ils ont partagé leur histoire avec nous. Ça a été un grand moment d’émotion, parce qu’on sent bien qu’ici, on sera les prochains, et qu’il faudra aller sur la Grande Terre, l’île de Nouméa. Mais, là-bas, toutes les terres appartiennent déjà à des tribus. Il n’y a pas de place pour nous », explique Albert Ouaeignepe. Rien n’est prévu. Le sujet n’est pas encore discuté à l’échelle de la province ou du gouvernement.


Depuis 2008 et le classement du lagon d’Ouvéa au patrimoine mondial de l’Unesco, dans chaque tribu, il y a un responsable qui alerte sur le changement climatique. Les infos remontent ensuite à la gouvernance coutumière et on en parle au gouvernement de la province des îles Loyauté, mais le processus est très lent.


L’alerte est donnée régulièrement, mais, dans ce bout de Pacifique, le sentiment d’être inaudible domine. En partie aussi parce que, comme Ouvéa est française, c’est Paris qui est invité à parler des conséquences du réchauffement climatique sur la scène internationale. Albert Ouaeignepe envie les Fidji ou le Vanuatu, invités régulièrement à témoigner.


Une ONG tente de changer cette impuissance. Basé en Australie et en Nouvelle-Zélande, 350.org récolte les témoignages des populations menacées par le réchauffement climatique dans le Pacifique. Ses membres se nomment eux-mêmes les « guerriers climatiques du Pacifique ». Billy Cava, un Calédonien de 28 ans, en fait partie. On le rencontre à Nouméa.


« J’ai entendu parler de 350.org à l’université du Pacifique, à Fidji. Ici, on sent bien que la saison des pluies est plus intense. Les anciens nous le répètent. Mais la Nouvelle-Calédonie est bouffée par l’industrie minière, alors personne n’ose se battre. Les trois usines de nickel fonctionnent au charbon, et polluent autant qu’elles peuvent. Dans la région de Houaïlou, sur la côte est de la Grande Terre, il y a eu un affaissement à cause du nickel qui est ramassé en surface. La montagne s’est affaissée sur une tribu. »


L’objectif des militants de 350.org est d’humaniser le changement climatique, le rendre moins technique. Alors Billy Cava se rend régulièrement à Ouvéa. Passe du temps dans les tribus. En novembre 2017, il s’est rendu à la COP23, à Bonn, en Allemagne. Sur place, il a évoqué Poeta, Albert et leur mode de vie menacée.


> Regarder le portfolio de notre reportage à Ouvéa:

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L'affaire Benalla est explosive car elle contient 4 scandales

L'affaire Benalla est explosive car elle contient 4 scandales | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Si le Benallagate est si explosif, c'est qu'il combine quatre affaires : la violence gratuite, l'usurpation de fonctions, le retour des barbouzeries, et la tentative d'étouffer l'affaire.

Si le "Benallagate" a pris une telle ampleur, ce n’est ni parce que les médias s’ennuient l’été ni parce que l’opposition, jusque-là très faible, n’attendait qu’une occasion pour s’en prendre à Emmanuel Macron et son prétendu nouveau monde. C’est parce qu’il y a en réalité quatre affaires Benalla, emboîtées les unes dans les autres telles des poupées russes. En se combinant, elles forment un ensemble explosif.

La première affaire est la scène violente de la place de la Contrescarpe. Un homme casqué agrippe par le cou et frappe un homme déjà maîtrisé par les forces de l’ordre. Les témoins de l’affaire se récrient en vain. En soi, cet épisode est un scandale, qui légitime les discours dénonçant la violence démesurée contre les manifestants.

La seconde affaire est l’usurpation de fonctions. L’homme qui frappe n’est pas policier. Il n’est pas investi du droit d’exercer cette violence. Il porte un brassard de la police, et les forces de l’ordre le laissent faire. L’Etat de droit, fondement d’une démocratie, est donc remis en cause.

La troisième affaire est la découverte que cet homme, grisé par son propre pouvoir, est un collaborateur du président de la République. Qu’il existe au "château" des nervis au statut flou (Alexandre Benalla, mais aussi son copain Vincent Crase...), chargés d’opaques sinon basses besognes. On se croirait revenu au sale temps des barbouzeries orchestrées par le SAC gaulliste. Cette découverte fissure l’image d’Emmanuel Macron, qui a toujours insisté sur l’exemplarité et l’intégrité nécessaire à sa fonction. La communication présidentielle, jusque-là parfaitement lissée, a volé en éclat. Et l’on constate que le vieux monde, rance, est toujours bien là.

La quatrième affaire, peut-être la plus explosive, est la tentative manifeste d’étouffer le scandale. Aux Etats-Unis, depuis le Watergate, un proverbe politique dit : "It’s never the crime, always the cover up." Ce n’est jamais le crime lui-même qui cause le scandale, ce sont les manœuvres pour le dissimuler… Cela s’est vérifié à de nombreuses reprises, notamment à l’occasion de l’affaire Monica Lewinsky sous Clinton, ou lors des justifications de la guerre en Irak, sous Bush junior.

Dans le cas du Benallagate, il est clair que l’Elysée a cherché à cacher ce qui s’était passé le 1er-Mai. Le parquet (contrairement à ce qu'impose l’article 40 du Code de procédure pénale) n’a pas été saisi. La brute a été légèrement sanctionnée, en catimini. Censé avoir été déchargé de ses fonctions de sécurité, on la retrouve lundi sur les Champs Elysées, dans le bus des champions du monde de foot…


A ce niveau, on est au-delà de la clémence, on frise soit l’amateurisme, soit la complicité. Le plus étonnant, c’est que pour couvrir son homme, l’Elysée a pris un énorme risque : la scène de la Contrescarpe était filmée par plusieurs téléphones, et la probabilité qu’on finisse par reconnaître le visage d'Alexandre Benalla était très forte.


Dès l’apparition de la vidéo sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron aurait dû congédier Alexandre Benalla ; il ne l’a pas fait, mal lui en a pris. Dès la publication de l'article du "Monde" révélant l'affaire, il aurait dû réagir plus fortement encore, en s’exprimant, en limogeant Benalla, voire ses supérieurs hiérarchiques qui ont manifestement manqué de jugeote à son sujet. Il ne l’a pas fait, et l’affaire ne peut désormais que s’envenimer.


Pourquoi ce président, qui dès son arrivée n’avait pas hésité à virer le chef d’état-major des armées pour quelques mots critiques sur le budget de la Défense, a-t-il été incapable de se défaire d’un collaborateur instable traînant déjà plusieurs casseroles ? Pourquoi l’Elysée avait-il besoin de cet homme, alors qu’il existe un service officiel pour cela, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) ? Quelle était la relation exacte entre le candidat-puis-président Macron et cet homme qui le suivait comme son ombre ? En ne traitant pas cette affaire comme elle aurait dû l'être, l'Elysée a ouvert la boîte des mille questions légitimes, mais forcément embarrassantes.


> Lire aussi: Affaire Benalla : "Ce n'est pas la première fois qu'il vient sur un service d'ordre", selon le syndicat des commissaires de la police nationale

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/affaire-benalla-ce-n-est-pas-la-premiere-fois-qu-il-vient-sur-un-service-d-ordre-selon-le-syndicat-des-commissaires-de-lapolicenationale_2858019.html


> Alexandre Benalla placé en garde à vue 

https://www.bfmtv.com/police-justice/alexandre-benalla-place-en-garde-a-vue-1492527.html


Alexandre Benalla est visé pour des faits de violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public, d'usurpation de fonctions, de port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique et de complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection.

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Damien Carême, l'écologie sociale en héritage

Damien Carême, l'écologie sociale en héritage | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Il est des villes qui renaissent et se colorent de couleurs chatoyantes, là où la couleur d’origine était le gris et l’horizon teinté de sombre. Le pari était de taille, mais il suffit parfois d’un homme et de sa volonté pour renverser le destin !

À Grande-Synthe, dans le Nord de la France, dans une région industrielle sinistrée par le chômage, la ville est devenue en quelques années un modèle de ville durable en transition, honorée de nombreux prix.

Enfant de Grande-Synthe, son maire n’en est pas peu fier, conscient de la politique du long terme et de l’arsenal d’initiatives écologiques multiples qu’il a initié avec son équipe pour parvenir à ce résultat.

Cantines 100% bio, développement des énergies renouvelables, des transports non-polluants et bientôt gratuits, création de Vergers bio dans la ville, de jardins partagés, mise en place d’une mutuelle pour tous, construction d’éco-quartiers sur le modèle d’Amsterdam… La liste est longue, la ville multiplie les récompenses, et fut même élue Capitale française de la biodiversité.

Pour comprendre ce qui se joue à Grande-Synthe, « La voix est libre reçoit… Damien Carême ! » , Maire de cette ville moyenne depuis 2001.

Retour avec lui sur sa politique de la ville en transition que certains envient et qui fait des émules, et sur ce qui est possible de faire, selon lui, à l’échelle des communes dans le cadre de cette écologie sociale et circulaire qu'il prône.

Et bien sûr un invité surprise nous rejoindra pour entrer en discussion avec lui sur cette question de l’écologie sociale et de l’économie de demain…(...)


Émission en partenariat avec le service Planète-Sciences du Monde

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Nantes. Où iront les 378 migrants du Square Daviais ?

Nantes. Où iront les 378 migrants du Square Daviais ? | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L’expulsion des migrants du square Daviais, à Nantes, qui doit faire suite à la décision de justice prise mercredi 18 juillet, n’a toujours pas eu lieu. En attendant, les associations demandent plus de moyens de la mairie et cherchent un logement décent et pérenne.

Les 378 migrants du square Daviais, à Nantes, n’ont pas été évacués ce jeudi 19 juillet. Ils y campent toujours, et attendent qu’on leur propose une solution pérenne.

« 80 à 100 places seront mises à disposition par les cinq départements de la région, pour reloger les migrants les plus fragiles, sur les 378 recensés », a réaffirmé la préfète de Loire-Atlantique. Par « plus fragiles », Nicole Klein entend les « deux femmes enceintes et les gens malades ». Mais aussi ceux qui sont les plus proches d’une situation administrative régularisée.

Selon la préfète, ce qui n’est pas confirmé par la mairie, une soixantaine de places supplémentaires pourraient également être mises à disposition par la Ville de Nantes.

L’adresse du guichet d’accueil temporaire, prêté par la mairie mais tenu par les services de l’État, sera donnée aux personnes intéressées le jour de l’évacuation. Il permettra de rediriger chaque migrant demandeur d’asile vers un lieu d’accueil.


De leur côté, les associations tentent de trouver des lieux nantais où loger tous ceux qui n’auront pas de solution d’hébergement.  Ashref, 19 ans, vient du Soudan, et campe Square Daviais. Il ne comprend pas : « On est déjà à la rue, comment est-ce que l’on peut nous virer de la rue ? » s’exclame-t-il.


Depuis mercredi 18 juillet, les associations ont essayé de pénétrer dans le lycée Vial, situé près du boulevard Guist’hau, dans le centre de Nantes, afin de loger une bonne partie des migrants. « Il y a des douches, c’est grand, et inoccupé, explique Camille, une militante du Beautiful immigrant movement (Bim). Idéal pour l’hygiène et pour regrouper tout le monde avant de trouver une solution. »


Mais ils n’ont pas pu tenir le squat. Associations et migrants qui tentaient de revenir dans le lycée ont été délogés par la police vers 17 h 30 ce jeudi 19 juillet.


(...) Une cinquantaine de personnes ont manifesté, ce jeudi 19 juillet, à 16 h, devant l’hôtel de ville de Nantes, pour demander à la maire, Johanna Rolland, de « respecter ses engagements d’aide aux migrants » . Le collectif Beautiful immigrant movement a demandé à être reçu par un représentant de la Ville, afin de trouver des solutions main dans la main. « La mairie a dit qu’elle était de notre côté, mais elle balaye les actions citoyennes , affirme Camille. Nous voulons travailler avec la mairie, en coordination. »


Le collectif souhaite notamment que Nantes devienne « un laboratoire à solutions pour les autres villes confrontées à l’arrivée de réfugiés épuisés ». Mais selon la mairie, ce jeudi soir, un rendez-vous a été proposé aux militants. Il aurait été refusé.


A droite, on ne décolère pas sur l’attitude de la mairie.

« Propose-t-elle comme seul horizon aux migrants les tentes du square Daviais, un repas par jour et ses inhumaines conditions de vie ? » s’interroge l’Union de la droite et du centre. Elle demande à la Ville « d’expliquer les moyens qu’elle compte déployer ».


En attendant, les 378 exilés du square Daviais vivent dans l’incertitude. Ils ignorent tout de la date de leur expulsion. Les rumeurs courent, on parle de ce vendredi. C’était déjà ce qui se disait la veille. Tant qu’elle n’aura pas eu lieu, l’angoisse planera.


Sarah Boucault

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Affaire Benalla : « Des images choquantes », juge Edouard Philippe

Affaire Benalla : « Des images choquantes », juge Edouard Philippe | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le premier ministre Edouard Philippe s’est exprimé jeudi 18 juillet devant les sénateurs, au sujet de l’affaire du collaborateur de l’Elysée, filmé en train de frapper une homme lors de la manifestation du 1er mai 2018 à Paris. Le parquet de Paris a annoncé ce jeudi l’ouverture d’une enquête préliminaire, notamment pour « violences par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonctions ».

« Si l’individu que vous avez mentionné était présent auprès des forces de l’ordre, ce n’est en aucun cas dans le cadre d’une mission qui lui a été confiée, a voulu préciser le premier ministre. Il a été invité. Il est clair qu’il a outrepassé le statut d’observateur. L’enquête permettra de dire les raisons et les conditions dans lesquelles ce décalage avec le statut d’observateur a été conduit et réalisé. Il est clair qu’un comportement de ce type exigeait une réaction de l’employeur. C’est ce qui s’est passé puisque une décision administrative a été prise, une mise à pied pour quinze jours à partir du 4 mai. » 

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Josepha, la naufragée qui émeut l’Italie

Josepha, la naufragée qui émeut l’Italie | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Une Camourenaise de 40 ans a été sauvée de la noyade en Méditerranée par une ONG espagnole. Les gardes-côtes libyens sont accusés de l’avoir abandonnée. La collaboration entre Rome et Tripoli passe pour assassine.


A peine hissée hors de l’eau par les secouristes de l’ONG Proactiva Open Arms, les yeux hagards, Josepha est en état de choc, incapable de parler, déshydratée et en hypothermie après avoir dérivé pendant 48 heures accrochée à un morceau d’épave. Au second plan, gisent sur une planche de bois flottante le cadavre d’une autre femme et celui d’un enfant de 3 ou 4 ans. La photo de cette Camerounaise de 40 ans est à la une des principaux quotidiens transalpins, le nouveau symbole du drame qui se joue tous les jours entre les côtes de l’Afrique et celles de l’Europe.


Josepha était à bord d’un canot pneumatique se dirigeant vers l’Italie, avec à son bord 165 migrants, dont 39 femmes et 12 enfants, intercepté lundi soir par les gardes-côtes libyens. Conformément aux accords passés avec l’Italie, les soldats ont transféré les migrants sur leur vedette pour les ramener sur les côtes libyennes. Tous les migrants ? Non.


Selon Oscar Camps, le fondateur de Proactiva Open Arms, deux femmes et un enfant ont refusé de monter à bord du bateau des gardes-côtes par crainte de retourner dans l’enfer des prisons libyennes. Les soldats auraient alors coulé le canot pneumatique et abandonné les trois migrants dans les débris flottants. « Ce sont des assassins qui ont été enrôlés par l’Italie », a déclaré Oscar Camps. Et l’écrivain et journaliste italien Roberto Saviano s’en est pris directement à Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur : « Salvini, quel plaisir prends-tu à voir mourir des enfants ? »


Une version des faits toutefois démentie par Rome et Tripoli. Une journaliste allemande qui était à bord de l’unité de la marine libyenne a confirmé que le canot avait bien été coulé mais qu’à sa connaissance, il n’y avait plus personne à bord.


Sans doute ne connaîtrons-nous jamais la vérité. Reste que les tentatives désespérées d’échapper au retour en Libye se succèdent lorsque les migrants comprennent que leur voyage vers l’Europe est un échec. Le 13 juillet, alors que Matteo Salvini avait interdit l’accostage en Sicile d’un vieux chalutier avec 450 migrants à bord, une trentaine d’entre eux s’étaient jetés à l’eau pour essayer de rejoindre à la nage les bateaux italiens. Le bilan officiel, certifié par la marine transalpine, est de quatre morts.


Les statistiques du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiées donnent l’ampleur de l’aggravation du drame qui se joue sur la route du canal de Sicile. Depuis le début de l’année, 1.143 migrants sont morts en mer, 1.100 sur la route vers l’Italie, 300 sur la route vers l’Espagne. Durant les six premiers mois de 2017, un migrant sur 38 perdait la vie durant la traversée. Désormais, c’est un migrant sur sept qui périt entre les côtes africaines et l’Europe.


Et avec sensiblement le même nombre de départs, la filière italienne se révèle beaucoup plus meurtrière que celle qui conduit en Espagne. Fermeture des ports italiens, interdiction faite aux ONG de s’approcher des côtes pour permettre aux gardes-côtes libyens de reconduire directement les migrants interceptés dans les geôles d’où ils venaient : la politique mise en œuvre par Matteo Salvini est donc tenue en partie responsable de cette augmentation des morts.


Rien ne semble toutefois freiner la détermination du ministre de l’Intérieur. Au mépris des lois internationales, il veut désormais que les navires militaires italiens rapportent directement les migrants interceptés dans leur port de départ. Selon lui, les conditions de sécurité et de respect des droits de l’homme en Libye le permettent.


Ce n’est pas ce qui se lisait dans les yeux de Josépha.


Josepha comme Aylan?

Il y a bientôt deux ans, la photo du petit Aylan, un migrant d’origine kurde de 3 ans trouvé mort sur la plage de Bodrum, en Turquie, avait bouleversé la planète. Le monde découvrait un visage d’enfant martyr derrière les statistiques sur la migration. L’émotion avait fait bouger la politique. L’Allemagne avait accueilli 20.000 migrants en un week-end. L’image de Josepha aurait-elle le même effet dans la péninsule ?


Il y a un mois, 72 % des Italiens soutenaient la politique migratoire de Matteo Salvini. Mais depuis, autours d’intellectuels comme Roberto Saviano, une partie de l’opinion publique a commencé à se mobiliser. La conférence épiscopale italienne s’est nettement engagée contre le ministre de l’Intérieur. Et la multiplication des tragédies commence à troubler certains esprits.

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Les députés macronistes « abasourdis » par l’affaire Benalla

Les députés macronistes « abasourdis » par l’affaire Benalla | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

La majorité avait du mal à cacher sa fébrilité, jeudi à l’Assemblée nationale, après les révélations sur Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Elysée, proche du chef de l’Etat Emmanuel Macron.


« Je sens un silence pesant. » Parole de député La République en marche jeudi 19 juillet au matin, au lendemain des révélations du Monde dans l’affaire Alexandre Benalla, ce chargé de mission à l’Elysée, équipé d’un casque de police et filmé en train de frapper un manifestant à terre lors de la manifestation du 1er mai. En cette journée de crise politique comme jamais le pouvoir n’en a connue depuis le début du quinquennat, les élus de la majorité se partagent en trois groupes à l’Assemblée nationale : ceux qui acceptent de parler, ceux qui parlent sous couvert d’anonymat et ceux qui préfèrent se taire.


Les têtes d’affiche de la majorité sont de la dernière catégorie. Vers midi, Gabriel Attal, porte-parole du parti, passe dans une galerie non-accessible aux journalistes, jette un œil vers la salle des Quatre-Colonnes où les interviews sont autorisées. Le jeune député des Hauts-de-Seine, qui fait partie du premier cercle des élus autour du chef de l’Etat, jette un œil, répond d’un large sourire à ceux qui l’interpellent et fait « non non » du doigt. Il ne s’exprimera pas.


(> Lire à propos de Gabriel Attal: Quand un député va aider les postiers non-grévistes à distribuer le courrier, et  s'en vante:

https://twitter.com/GabrielAttal/status/1019887416403005440 )


A La République en marche (LRM), mot d’ordre a été donné de ne pas répondre aux sollicitations médiatiques sur l’affaire Benalla. « Je n’ai pas de commentaires à faire, l’Elysée a déjà réagi », a déclaré en début d’après-midi Aurore Bergé, porte-parole du groupe LRM à l’Assemblée, fendant un groupe de journalistes. Richard Ferrand, le président du groupe, s’est exprimé dans la matinée sur LCI, jugeant le comportement « manifestement inapproprié » de M. Benalla. « Laissez les choses être mises au clair et les autorités prendront leur décision », a ajouté le député du Finistère, estimant que « c’est un problème qu’il revient à l’Elysée de régler ».


Au-delà des éléments de langage et des discours de communication officiel, le malaise est en réalité très profond dans la majorité. « On est abasourdi », glisse une élue francilienne. « C’est une cata, le genre de couacs dont on se serait passé », confie une autre députée. « On préfère toujours se passer de ce genre d’histoires… », grimace un cadre de la majorité. Peu acceptent de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, en des mots parfois crus : « ça prend combien de temps de mettre un poing dans la gueule ? Une seconde et demi ? Pour le virer c’est pareil », lâche l’un d’eux, lapidaire, en référence au geste d’Alexandre Benalla le 1er mai.


Dans des mots plus polis, Laurent Saint-Martin a été le premier à dénoncer publiquement les faits. « Après un tel comportement, à mon avis, on ne peut plus travailler auprès du président de la République », a déclaré le député du Val-de-Marne sur Cnews dès jeudi matin. « Il n’a pas sa place à l’Elysée par définition », abonde son collègue Florent Boudié estimant qu’« une décision définitive doit rapidement être prise, une solution intermédiaire n’est pas satisfaisante ».


Pas question pour ces députés de se contenter de la simple mise à pied de deux semaines de M. Benalla, décidée par l’Elysée du 4 au 19 mai. « Cette personne ne peut pas avoir de relations de travail au plus haut niveau de l’Etat. On est censés incarner l’exemplarité. Cela doit provoquer une réaction sans ambiguïté », estime Joachim Son-Forget, député des Français de l’étranger.


Signe de la tension générale, la confusion a même régné durant la journée parmi le groupe LRM, plusieurs élus pensant que M. Benalla avait déjà été démis de ses fonctions à l’Elysée, en le confondant avec Vincent Crase, ce gendarme réserviste lui aussi visible à ses côtés sur la vidéo du 1er mai. Jeudi matin, le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, avait déclaré que M. Crase avait été par le passé « très ponctuellement mobilisé » par le commandement militaire de la présidence de la République, mais qu’il avait été mis fin à ses fonctions après les incidents de la place Contrescarpe.


« Que le Parlement soit le dernier informé est quand même paradoxal », explique face caméras le député du Calvados, Alain Tourret. « Le ministre de l’intérieur serait le bienvenu de venir s’expliquer sur les faits qui sont énoncés dans la presse », poursuit-il. Une demande formulée également par l’opposition jeudi après-midi au cours d’une séance chaotique dans l’Hémicycle, énième rebondissement d’une journée au cours de laquelle la majorité n’a jamais paru aussi fébrile.


> Lire aussi: L'affaire Benalla "deviendra une affaire d'État si le président de la République n'en tire pas toutes les conclusions", estime Jean-Christophe Lagarde


Le président de l'UDI dénonce une "affaire très grave", qui interroge "l'équilibre des pouvoirs".

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/agression-d-un-manifestant-par-un-collaborateur-de-l-elysee/l-affaire-benalla-deviendra-une-affaire-d-etat-si-emmanuel-macron-n-en-tire-pas-toutes-les-conclusions-estime-jean-christophe-lagarde_2857883.html

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