Nourritures et justice mondiale.
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[INTERVIEW] "Les fichiers biométriques, c'est comme l'arme nucléaire : si on ne veut pas de danger, il ne faut pas commencer"

[INTERVIEW] "Les fichiers biométriques, c'est comme l'arme nucléaire : si on ne veut pas de danger, il ne faut pas commencer" | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

 Il a fallu 7 euros et 10 minutes à une journaliste pour pirater Aadhaar, le fichier contenant les données biométriques de 1,2 milliard d’Indiens. Non obligatoire mais nécessaire dans de nombreux cas, il contient les empreintes, l’image de la rétine, les informations personnelles et même la possibilité d’imprimer des documents d’identité ou en demander de nouvelles. On s’inquiète ? Décryptage avec La Quadrature du net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur internet.


NEON, magazine parano : Est-ce que les fuites de ce genre arrivent fréquemment ?

Simon Descarpentries, internaute carré : Il y a actuellement une fuite un mois sur deux, avec des données personnelles de millions de personnes. En septembre dernier, il y a eu 143 millions de victimes avec le piratage de la société de crédit Equifax, qui se sont retrouvées dans la nature. Puis Uber : on a appris que l’entreprise avait versé 100 000 dollars aux hackers pour étouffer le piratage de 57 millions de comptes.

Ça montre que les Etats et entreprises ne sont pas capables de protéger nos données, mais ça met tout le monde en danger : les données volées ont maintenant une valeur marchande.


- Existe-t-il d’autres fichiers comme celui-ci ?

- Oui, il y a les passeports biométriques obligatoires pour aller aux USA. Imaginez le nombre de personnes concernées, ça doit être un chiffre assez proche.


- Et en France ?

- C’est différent : on sait que c’est dangereux depuis 1945, quand on a mis en place le numéro de Sécurité sociale et qu’on a décidé de le réserver uniquement à la santé. L’enjeu méritait qu’on prenne le risque dans ce domaine-là, mais il est interdit de l’utiliser comme clé dans une autre base de données. On connaît le danger : avec la Seconde guerre mondiale, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait parfois besoin d’une résistance clandestine…


On a écrit notre droit, équilibré entre les libertés nécessaires et les prérogatives de l’Etat, pour pouvoir résister à ces prochains pièges, car avec un tel fichier, il n’y aurait pas eu cet espace de gestion des imprévus. Nous n’avons donc normalement pas de fichier massif public, plutôt plein de petites bases de données. Il en a été créé chaque mois sous Nicolas Sarkozy. Mais il suffirait qu’on décide un jour de tout consolider en disant qu’on sera meilleurs que les Indiens…


[...] Ce qui est en jeu, c’est la vision séduisante d’un monde simpliste : nous signons un prélèvement automatique auprès de l’Urssaf parce que ça nous évite de calculer… Nous sommes prêts à abandonner la souveraineté d’un compte bancaire pour un monde plus simple. Or, la liberté est une responsabilité, et une responsabilité est inconfortable. Il faut laisser de la place pour ces libertés.


> https://www.laquadrature.net/fr/


Via Isabelle clere Escouteloup
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Réfugiés : violente expulsion sur un vol Air France Paris-Kinshasa malgré les violences en RDC

Réfugiés : violente expulsion sur un vol Air France Paris-Kinshasa malgré les violences en RDC | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Jeudi 18 janvier, l’intervention de forces anti-émeutes au sein d’un vol Air France Paris-Kinshasa, malgré l’opposition de plusieurs passagers, illustre le durcissement et la violence de la politique anti-migrants de l’ère Macron.

À la suite des récentes circulaires sur la politique migratoire critiquées par de nombreuses associations et membres de la société civile, le gouvernement continue de hausser le ton et maintient coûte que coûte sa politique d’expulsion et de déportation des migrants.

Illustration, jeudi 18 janvier, à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, où nombreux furent ceux qui se rendirent afin de tenter d’empêcher l’expulsion d’un homme congolais qui vivait en France depuis 2006 et dont les enfants étaient nés en France.
Menaces et brutalités

Un jeune militant présent sur place raconte : « Nous avons commencé à discuter dans l’aéroport pour sensibiliser les passagers afin qu’ils puissent s’opposer à cette déportation forcée. La police des frontières en a repéré certains au sein de notre groupe pour les emmener directement au poste, ce qui est assez rare », explique A.

Après avoir échangé quelques numéros avec les futurs passagers, ces derniers reçoivent plusieurs coups de téléphone dont celui d’une passagère qui leur explique la mobilisation de nombreuses personnes au sein du vol pour empêcher la déportation. « Il y avait des cris, beaucoup de monde refusait de s’asseoir. La dame nous expliquait que la police les traitait comme des animaux. Ils en seraient venus à menacer les passagers, qui étaient pourtant dans une complète légalité, de les poursuivre en justice s’ils ne coopéraient pas », rapporte notre témoin, un peu plus tard.


Les policiers sont vêtus de boucliers anti-émeute, « un fait inhabituel », explique N, un autre membre du collectif, habitué des opérations anti-expulsions depuis plusieurs mois. L‘homme congolais crie, pleure et proteste. « Les gens ne pouvaient pas s’approcher, certains passagers ont expliqué qu’il était empêché de parler, voire étouffé par plusieurs policiers. »


Comme souvent, les passagers sortent leurs portables afin de filmer la police, ce qui reste évidemment légal. Les forces de l’ordre tentent cependant à supprimer les vidéos, leur confisquent les portables et les menacent. Certaines très explicites, parviennent cependant au collectif. (...)


Alors que les expulsions se multiplient à raison de quatre ou cinq par jour dans certains centres de rétentions « pleins à craquer en raison de l’augmentation des détentions », selon un militant, les nouvelles circulaires de Gérard Collomb ne devraient faire qu’empirer la situation. (...)


Et cependant, au Congo: RD Congo : au moins 5 morts et 33 blessés lors des marches interdites contre le président Kabila selon l'ONU

http://m.france24.com/fr/urgent/20180121-marches-interdites-rdc-moins-cinq-morts-33-blesses-bilan-provisoire-onu

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NDDL [carnets] - Chroniques dessinées de la zone à défendre

NDDL [carnets] - Chroniques dessinées de la zone à défendre | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Extraits choisis:


Novembre 2013.

Tout près "du Port", sur un des points les plus élevés de la ZAD et dans une zone où les occupant(e)s se bagarrent plutôt pour la permaculture, se dresse la tour.


Fruit du travail ingénieux d'un bricoleur de pointe, dans une structure en colimaçon se distribuent cuisine, salon de lecture, chambres et solarium.

Architecture de l'instinct, Merzbau revisité : "Here is a jewel ! "



Novembre 2013.
Parfois, sous le grand soleil d'automne, tout semble à sa place ; la cabane en bois super bardée ; les caravanes bien posées ; les bouleaux qui scintillent et les fougères qui festonnent ; le grand vent qui passe et les ombres marquées qui migrent tout au long du jour.
C'est à La Casba, au-delà de la forêt de Rohanne, en lisière d'un bois safrané que cet équilibre est atteint et qu'un "autre monde" est vécu.


Décembre 2013.

Huit mois après la première visite du dessinateur, placé au beau milieu du tracé du futur barreau routier, le spot des Cent noms a pris de l'ampleur.


Une véritable maison — on ne peut plus utiliser le terme de cabane — se dresse non loin du très beau pin parasol et il a fallu ici la mise en œuvre d'une véritable ingénierie écolo, longs bardages verticaux, isolation paille, chauffage bois et panneaux solaires ad hoc ; rien à voir avec un bricolage intuitif.


Décembre 2013.

Les naturalistes en lutte sont réunis dans une salle polyvalente de Notre-Dame-des-Landes et font le compte-rendu de leur travail de recensement d'espèces et d'analyse de la diversité biologique de la ZAD.

Toutes leurs études montrent une sous-évaluation des expertises BIOTOPE et DREAL, bases des soi-disant mesures compensatoires à venir et — malgré les révélations des Naturalistes en lutte sur l'exceptionnelle écologie de la ZAD —, le Préfet de Loire-Atlantique risque de signer les arrêtés qui lanceront les travaux en Janvier.


En fait, chacun, dans cette réunion, convient qu'il ne faut EN AUCUN CAS laisser commencer la mise en place des déplacements d'espèces car le déplacement, quel que soient les faux-semblants des mesures dites compensatoires, c'est la destruction IRREVERSIBLE de l'écologie de la zone. (...)

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Lilian Thuram : « On ne naît pas raciste, on le devient »

Lilian Thuram : « On ne naît pas raciste, on le devient » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L'ancien joueur des Bleus était à Rennes pour parler du vivre ensemble. Il est devenu une figure incontournable du combat anti-raciste.

Lilian Thuram, ex-star du foot, qui a participé, ce week-end, aux Assises nationales de la citoyenneté, à Rennes, pense que seule l'éducation peut déconstruire les mécanismes de domination. Entretien.

Pourquoi avoir créé une fondation contre le racisme, il y a dix ans ?

J'étais joueur de foot à Barcelone. Et lors d'un dîner au consulat de France, un monsieur d'un certain âge, amusé, me demande: « Que ferez-vous lorsque vous serez plus grand ? » Je lui ai donné une réponse de gamin: « Je vais changer le monde ! J'irai dans les écoles pour expliquer que le racisme n'est pas quelque chose de naturel mais un conditionnement culturel. » Il y a une histoire extrêmement profonde du racisme, comme il y a une histoire extrêmement profonde du sexisme.

Vous dites que le racisme est une construction intellectuelle, politique et économique...

Oui. On ne naît pas raciste, on le devient. Parlons du racisme lié à la couleur de la peau. Il faut comprendre comment la rencontre entre les peuples s'est faite. D'abord pacifiquement. Puis, plus violemment, avec la colonisation espagnole à l'époque de Christophe Colomb. La controverse de Valladolid (1550) fut un premier questionnement sur la façon dont les Occidentaux traitaient les Amérindiens. On admet que ceux-ci ont une âme comme les Européens ! Et afin de travailler les terres, on se retourne alors vers le continent africain. On réduit ses habitants en esclavage et on les déporte dans les Antilles et les Amériques.

Comment légitimer de tels actes ?


Il faut construire un discours, construire la notion de supériorité : « Ils ne sont pas comme nous, nous sommes supérieurs parce que blancs. »


Quels sont les mécanismes de domination qui transforment les différences en inégalités ?


Ce fut une volonté politique de dessiner cette ligne de couleur devenue infranchissable. Cela a duré plusieurs siècles. Un système réglementé par le Code noir, sous Louis XIV, en 1685. Cet ensemble de textes régit, dans les possessions françaises d'outre-Atlantique, « l'état et la qualité des esclaves » en les qualifiant de bêtes de somme ou de biens meubles, propriété de leur maître. Cela durera jusqu'en 1848, date de l'abolition de l'esclavage. Ce terrible Code noir est peu connu, même des juristes. Il a pourtant imprégné toute la culture française. Je veux juste rappeler que mon grand-père est né en 1908, soixante ans après l'abolition de l'esclavage.


Dans Mes étoiles noires, vous citez des personnalités dont vous saluez le courage comme Phillis Wheatley.


Cette poétesse avait été capturée au Sénégal en 1760 et vendue comme esclave à 7 ans. Elle a eu la chance d'apprendre à lire et à écrire et je la mentionne pour montrer la puissance de l'éducation. On a mis en doute les capacités intellectuelles de Phillis, morte très jeune, car elle était noire. L'école brise les barrières. Ouvre le champ des possibles. Laisser les gens dans l'ignorance, c'est les empêcher d'être en colère, en rébellion. Les empêcher de s'affranchir. Les empêcher de dire « non ». (...)

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Marion Cotillard : "Nous pillons l’Afrique depuis des années !"

Marion Cotillard : "Nous pillons l’Afrique depuis des années !" | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le 17 janvier, Marion Cotillard s’est rendue au gala fondation Akuo qui avait lieu au Lido à Paris. Accompagnée de son compagnon Guillaume Canet, l’actrice oscarisée a apporté son soutien à la fondation qui a pour but d’entreprendre et de soutenir des projets de développements durable sociaux et environnementaux à travers le monde. Rencontre avec une comédienne engagée.  

Paris Match. En quoi est-ce important pour vous d’être présente à cette soirée ?
Marion Cotillard. C’est la première fois que je soutiens publiquement Akuo. Je suis leurs réalisations depuis quelques temps et je trouve formidable que des gens s’investissent pour faire avancer les choses. La fondation réalise des actions concrètes en préservant l’environnement et la biodiversité ou encore en donnant accès à des populations démunies à des sources d’énergies renouvelables.

- Quelles sont vos plus grandes craintes pour l’avenir ?


- Même si j’essaie de rester positive, il ne faut pas se mettre des œillères sur les problématiques auxquelles nous sommes confrontées. La première crainte qui me vient est celle qui concerne la disparition des espèces. Même si ce phénomène est naturel, il s’accélère et s’aggrave depuis plusieurs années. La montée des eaux est également un problème majeur : certains endroits dans le monde seront amenés à disparaître. De cela va découler une migration écologique qui va changer la face du monde.

- Qu’est-ce qui vous révolte ?


- A Paris, et dans nos sociétés occidentales, nous sommes des privilégiés. Mais il ne faut pas oublier que nous vivons dans un monde global et que nous sommes responsables de ce qui se passe dans le monde. J’ai eu l’occasion de me rendre dans la forêt du Congo et ce que j’ai vu est désastreux. Nous pillons l’Afrique depuis des années. Nous sommes responsables de leurs situations politiques et écologiques. Les pays riches doivent prendre conscience de leur impact négatif.

- Comment avez-vous réagi au retrait de Donald Trump des accords de Paris ?


- C’est ahurissant, mais pas étonnant de sa part. Je préfère penser à ces américains qui eux, oeuvrent pour faire avancer les choses à leur échelle. Tous ces gens qui sont tournés vers une logique d’avenir et de vie et qui ont conscience que le réchauffement climatique est bien réel.

- Que faites-vous au quotidien pour l’environnement ?


- J’essaie de lutter au maximum contre le gaspillage. Je pense également qu’il est important en tant que consommateur d’utiliser notre pouvoir pour boycotter certaines marques qui n’ont aucune étique. Ce qui se passe avec Lactalis est tout bonnement scandaleux. Ces gens ne doivent pas avoir d’enfants. C’est aberrant !


> Pour en savoir plus sur la fondation Akuo:

http://www.akuoenergy.com/fr/fondation-akuo

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Syrie : Sana Yazigi, la mémoire vivante de la révolution

Syrie : Sana Yazigi, la mémoire vivante de la révolution | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Animée par la conviction profonde qu’il faut préserver la mémoire, Sana Yazigi a créé un site internet unique en son genre. À la fois archives, mémoire et actualité, le site « La Mémoire créative de la révolution syrienne »,(...), recense, depuis mai 2013, l’expression intellectuelle et artistique du peuple syrien qui s’est soulevé contre Bachar al-Assad.


Durant de longs mois, elle a conservé l’anonymat, s’est protégée derrière un pseudonyme et une grande prudence. Il lui fallait garantir la sécurité de ses proches, de ses collaborateurs et la sienne. Et puis, la peur est partie. Elle l’a laissée derrière elle, comme elle l’avait fait au tout début de la révolution au printemps 2011. Cinq ans plus tard, Sana Yazigi avance à visage découvert, de Beyrouth à Paris, d’Istanbul à Berlin. La voix douce, le regard brun déterminé, elle rencontre un public désireux d’aller au-delà du flot d’images sanglantes et confuses en provenance de Syrie.


Cette graphiste syrienne, aujourd’hui en exil à Beyrouth, est la créatrice et l’âme d’un site internet unique en son genre : « La Mémoire créative de la révolution syrienne », publié en arabe, anglais et français. Depuis sa mise en ligne en mai 2013, il est à la fois musée, archives, mémoire et actualité.

(> https://creativememory.org/archives/?lang=fr)


Il recense, jour après jour, ville par ville, l’expression intellectuelle et artistique du peuple qui s’est soulevé contre le régime de Bachar al-Assad. Vingt deux catégories permettent de naviguer dans un flot « massif » selon Sana Yazigi. Elle s’en émerveille encore :


«J’ai été très surprise au début de la Révolution. Tous ces gens qui, soudainement, osaient s’exprimer librement, par toutes sortes de moyens. Pas seulement les artistes, mais tous ces gens ordinaires, qui voulaient la liberté, la démocratie, une autre Syrie. Ils imaginaient, ils créaient, ils postaient sur Internet. C’était d’une richesse extraordinaire.»


(...) L’équipe est constituée aujourd’hui de six personnes, Sana comprise, qui fouillent le net chaque jour à la recherche de nouveaux documents. Slogans, graffitis, musique, chansons, peinture, banderoles, caricatures, publications, romans et même timbres. Il y a ces slogans brandis par les habitants de Kafranbel, petite ville du nord du pays, qui font le tour du monde. Ce timbre en hommage au médecin de l’hôpital de Qousseir, qui soigna les blessés sous les bombes au péril de sa vie. Cet épouvantail, dans un monde post-apocalypse terrifiant, avec le drapeau de l’État islamique derrière lui, une affiche digitale récente. Trois exemples parmi des centaines de milliers d’autres.


La Mémoire créative est un exceptionnel poste d’observation des soubresauts syriens. « Les Syriens se sont exprimés sur les groupes islamistes armés, Jabhat al-Nosra et Daech bien avant que la communauté internationale ne s’en inquiète. Ils continuent, à Raqqa, par exemple, au péril de leur vie », relève Sana Yazigi.


(...) Sana Yazigi situe le vrai tournant au massacre au gaz sarin de la Ghouta le 21 août 2013 et au recul des États-Unis qui avaient promis d’intervenir si la « ligne rouge » de l’arme chimique était franchie : « Beaucoup de personnes ont alors cessé de produire. À quoi cela sert-il de faire une banderole ou une chanson ? » Elle-même a failli cesser son activité : « Je me suis posé la même question : à quoi bon tout ça ? Sans l’aide d’un psychanalyste, je n’aurais jamais pu surmonter ce choc. »


Et sans la conviction profonde qu’il faut préserver la mémoire, celle de cette révolution qui est devenue cent guerres en une.


« Je ne suis allée qu’à une seule manifestation en 2011. Et pour la première fois de ma vie, j’ai senti que j’existais : j’ai un nom, un visage, je suis une petite part de cette Syrie. Nous devons garder cette histoire, cette chronologie, pour regarder comment cela a commencé. Et comment nous en sommes arrivés là. » (...)

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( Illustration: Tammam al-Omar réalise des affiches et des pochoirs au nom de la liberté. Sur cette affiche : « Parce que l’innocence est plus forte que la barbarie ». Hommage au sud de Damas assiégé. © Tammam al-Omar )

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Les anciennes variétés de semences ont une histoire bien vivante

Les anciennes variétés de semences ont une histoire bien vivante | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

En cette saison, le Jardin sans pétrole n’a guère besoin de l’aide du jardinier. Qui occupe son temps à inventorier ses besoins en graines pour le temps à venir.
 
Que d’eau, que d’eau ! Je ne suis pas capable de dire combien de centimètres de pluie sont tombés car le pluviomètre a débordé. En cette saison où, dans un sol plus lourd, on pourrait craindre pour les racines des plantes vivaces, nous ne risquons pas grand-chose. Pente douce et terre sablo-limoneuse drainent l’eau vers la forêt.


Les feuilles ont ce qu’il faut d’humidité pour se décomposer… À cette saison, aller au jardin est un prétexte pour se promener, prendre un bol d’air dans les bois, admirer les hellébores et les clématites en fleurs, rendre visite aux chevaux, car le jardinier est plus utile à la maison. La lumière qui revient doucement l’appelle à mettre de l’ordre dans les graines, voir ce dont il dispose et ce qu’il pourrait échanger ou acheter.


À la maison, j’utilise une petite vitrine en bois, chinée sur un trottoir, pour ranger les précieuses semences et le petit matériel de jardinage que nous ne laissons pas au jardin. Les graines récoltées y sèchent dans des coupelles mais, le temps passant et préjugeant d’une infaillible mémoire que je ne possède pas, je me trouve parfois devant une coupelle de graines dont le nom de la variété m’échappe ! À d’autres, j’ai donné un nom bien à moi lié à l’histoire qui les a conduites dans ma collection, comme la « tomate ronde jaune de Jean » dont les graines ont été recueillies sur une divine tomate de l’Amap, ou bien les petites tomates cerises dites « de Notre-Dame-des-Landes », offertes par un maraîcher venu proposer ses légumes dans le bocage lors de la manifestation des bâtons.


J’imagine que c’est ainsi que les noms vernaculaires des variétés de plantes potagères sont arrivés jusqu’à nous. Et que les variétés se sont multipliées, se dotant de caractères différents selon la sélection que chacun en fait ou des croisements parfois heureux que les insectes pollinisateurs provoquent à leur insu lors de leurs tournées gastronomiques.


Ainsi, les variétés anciennes n’ont d’ancestral que le nom — certaines ont plusieurs noms — car leur culture année après année par des jardiniers têtus les a fait voyager dans le temps jusqu’à nous, faisant évoluer leur patrimoine génétique pour s’adapter notamment au climat, mais aussi au sol du lieu où elles ont été semées.


Récolter les graines de ses propres plantes permet ainsi de les adapter à son propre jardin et, plus les plantes d’origine sont rustiques, issues de variétés dites de « population » dans lesquelles le patrimoine génétique de chaque graine est différent, plus l’adaptation est facilitée pour aujourd’hui et pour demain.


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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La classe africaine : découvrez notre série consacrée à l’éducation

La classe africaine : découvrez notre série consacrée à l’éducation | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Pendant un mois, « Le Monde Afrique » publie des reportages dans douze pays pour raconter les progrès et les besoins de l’enseignement sur le continent.


L’éducation va-t-elle redevenir une priorité de l’aide internationale en Afrique ? La conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), prévue les 1er et 2 février à Dakar, aura valeur de test. Le PME est le seul fonds multilatéral consacré à l’éducation. (...)


La France plaide depuis plusieurs mois pour une aide accrue à l’éducation. Lors de son déplacement à Ouagadougou, au Burkina Faso, en novembre 2017, Emmanuel Macron a réaffirmé que l’éducation serait « la priorité absolue du nouveau partenariat » que la France veut établir avec l’Afrique. Avec une attention particulière portée à la formation des enseignants et à la scolarisation des filles.


Ces paroles s’inscrivent dans un contexte marqué par le recul des soutiens financiers internationaux. (>...) Les enfants africains sont pourtant loin de jouir d’un enseignement pour tous, promesse faite à l’aube du siècle avec les Objectifs du millénaire pour le développement et prolongée en 2015 par les Objectifs de développement durable. (...)


Le Niger, avec le taux de croissance démographique le plus élevé du monde, concentre avec une acuité sans égale tous les problèmes que doivent résoudre les Etats du continent. Quelque 500 000 nouveaux élèves frappent aux portes des écoles chaque année : il faut construire des classes, acheter des tables, des bancs, des livres scolaires, former des enseignants…


Cela suppose des moyens financiers dont le Niger, avant-dernier au classement de l’indice de développement humain des Nations unies, ne dispose pas. Il peine déjà à rémunérer ses enseignants, dont les mouvements de grève pour réclamer leurs traitements sont récurrents. Un fonds commun sécurisé pour l’éducation de base rassemble plusieurs gros bailleurs de fonds, mais, pour le moment, il ne couvre que 2 % du budget 2018 de l’éducation.


Face à l’ampleur des besoins, certains pays sont tentés de faire des choix. Par exemple, privilégier l’enseignement supérieur et construire à tour de bras des universités, comme l’Ethiopie pour servir son rêve d’émergence, au détriment de l’accès à l’éducation dans le primaire. D’autres, comme le Sénégal, imaginent que l’éducation numérique pourrait être une réponse et misent sur des universités virtuelles pour répondre à l’afflux d’étudiants.


D’ici à 2030, 170 millions d’enfants supplémentaires devront être scolarisés. Les systèmes éducatifs déjà sous tension ne pourront faire face à cette nouvelle vague sans appui financier. A fortiori si l’ambition doit être d’offrir un avenir à cette jeunesse aujourd’hui confrontée au chômage de masse. C’est à ce prix que l’Afrique pourra tirer profit, comme d’autres régions en développement avant elle, de son dividende démographique. (...)


De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus à la rencontre des écoliers, des étudiants, des enseignants, des parents aussi, qui bien souvent sacrifient une part importante de leurs ressources pour que leurs enfants aient une éducation et un avenir meilleurs. Nous publierons chaque jour, pendant un mois, les « cartes postales » de ce périple à travers des paysages rugueux où les montagnes à gravir, les falaises à franchir s’invitent plus souvent que les plaines aux horizons balisés.

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"Je suis CRS à Calais et je sais que ça ne sert à rien"

"Je suis CRS à Calais et je sais que ça ne sert à rien" | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Témoignage rare et très cash dans le dernier numéro d’Ebdo, d’un agent qui enchaine les missions dans le Nord depuis 15 ans et qui a souhaité rester anonyme.
"À Calais, dit-il, j’obéis aux ordres, je débranche le cerveau. J’ai connu Sangatte, la jungle et maintenant l’après jungle, et je sais que tout ça ne sert à rien. Ce n’est pas de la faute du CRS, c’est le système : on nous demande de faire du vent, de faire de l’éviction.
Alors avec la fatigue et l’exaspération, il peut arriver qu’un policier pète un câble J’en ai un qui a foutu le feu à des tentes au point qu’il a fallu appeler les pompiers. (…)
Mais en général, on ne se laisse pas approcher, on ne descend pas du véhicule, on envoie un spray de gaz depuis la fenêtre… Dans 90% des cas, les migrants dégagent avant qu’on ait besoin de les faire partir".

Et il décrit les millions d’euros engloutis, non seulement par ces envois répétés de compagnies de CRS sur place, mais aussi les installations "de contrôles, de plus en plus sophistiquées, de plus en plus étanches, à l’entrée du tunnel sous la Manche. Et surtout, sur le port, digne de Star Treck, dit-il : les camions sont inspectés de fond en comble, une sonde détecte s’il y a du CO2 à l’intérieur, signe que quelqu’un a respiré, un scanner radiographie le camion, qui est ensuite passé au détecteur de battements de cœur. Dans les alentours, des caméras, des patrouilles, des grillages partout".


Un témoignage qui permet de comprendre ce que vont financer les millions d’euros promis hier par Theresa May à Emmanuel Macron.

Un arsenal qui ne sert à rien d’après le CRS, "on a beau mettre 1.000 CRS, il y aura toujours des migrants. Ils veulent passer en Angleterre. Essayer de les dégouter, ça ne marche pas".
"Au fond, je pense que ce sont des lâches qui refusent de crever en défendant leur pays", conclut brutalement le CRS, avant de reconnaitre qu’en 15 ans, il n’a "jamais eu de conversation avec un migrant".

Un témoignage recueilli par Haydée Sabéran, à lire dans Ebdo.

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Trump,  au-delà des tweets

Trump,  au-delà des tweets | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Ce fut un choc, et on ne s’en est pas encore totalement remis. Il y a un an, un an seulement, Donald Trump entrait à la Maison-Blanche. La couleur fut donnée d’emblée, le 20 janvier, lors du discours d’investiture. Jamais on n’avait entendu un nouveau Président ne faisant même pas semblant de vouloir unir son pays.
 
Trump divise, provoque, insulte, et éructe sur Twitter, sans frein. Sur tous les sujets, intérieurs comme internationaux. Tous ceux qui l’ont approché sont unanimes pour dire que sa capacité de concentration est proche de zéro. Il lit peu, ne se documente pas. Il aurait même vite jeté l’éponge lorsqu’un instructeur est venu l’informer, il y a un an, des implications de tous les articles de la Constitution.

Pour les caricaturistes, c’est du pain bénit. Or, l’hyperpersonnalisation que ce type de personnage donne à la fonction peut aussi être un écran de fumée. Chez les aspirants autocrates, provoquer les médias, les juges et les élites, c’est faire diversion à bas coût. Tout en confortant le cœur d’un électorat ravi d’être, pour une fois, sous les projecteurs.

Oublions donc les tweets, un instant. Quel est le bilan de Donald Trump en un an de présidence ? Son principal trophée est la réforme fiscale, à peine votée. Elle profite aux très riches, mais la conjoncture favorable pourrait en élargir les effets, il est trop tôt pour le dire. Pour le reste, Trump s’est attaché à déconstruire l’action d’Obama. Sur la santé, l’immigration, le multilatéralisme.


L’atterrissage à Washington a été particulièrement brutal. Avec l’administration comme avec ses équipes. La plupart des conseillers présents sur les premières photos prises dans le Bureau ovale sont depuis partis. Sous les scandales, les enquêtes, la colère du chef. Remplacés souvent par des militaires, dont le poids a été croissant au fil des mois.


Au Département d’État, siège de la diplomatie, le choc a été très violent. Des centaines de postes ne sont toujours pas pourvus et certaines décisions, comme le transfert à Jérusalem de l’ambassade en Israël, ont été prises dans le dos des diplomates. Washington ne veut plus être leader en matière de normes commerciales, ne veut plus entendre parler de l'Onu et supporte de mauvais gré ses engagements auprès de ses alliés.


Depuis 1945, la puissance américaine a toujours mené, parallèlement à ses intérêts, un travail de promotion de la liberté et de la démocratie, en fidélité aux principes fondateurs des États-Unis. Avec Trump, c’est fini. Il s’entend manifestement mieux avec les autocrates qu’avec les démocrates. C’est là le bilan probablement le plus lourd de cette année.


Car la démocratie américaine vit une sorte de test de résistance hors norme. Elle résiste plutôt bien. Les juges ont dignement fait respecter le droit. Le Congrès a raboté certains projets présidentiels. Les journalistes ont admirablement fait leur travail. Les contre-pouvoirs ont tenu, pour l’instant.


Le trumpisme n’en est pas moins délétère. Insulter et discriminer les minorités, soutenir les suprémacistes blancs, traiter les médias « d’ennemis du peuple », ses adversaires politiques de « criminels », banaliser le racisme. Ce ne sont pas que des mots ou des tweets. C’est un travail de sape des fondements mêmes de la démocratie qui laisse l’Europe assez seule sur la scène internationale. Cela offre aux Européens une opportunité inédite d’émancipation. Une responsabilité aussi.


> Lire aussi: La folle année des journalistes à la Maison Blanche

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/grand-format-couvrir-la-maison-blanche-c-est-comme-etre-jete-dans-un-lave-linge-l-annee-tumultueuse-des-journalistes-aupres-de-donald-trump_2526933.html#xtor=EPR-51-[grand-format-couvrir-la-maison-blanche-c-est-comme-etre-jete-dans-un-lave-linge-l-annee-tumultueuse-des-journalistes-aupres-de-donald-trump_2569791]-20180119-[bouton]

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BLOG - L'insolente croissance du Portugal inflige un camouflet au culte de l'austérité de Merkel et Bruxelles

BLOG - L'insolente croissance du Portugal inflige un camouflet au culte de l'austérité de Merkel et Bruxelles | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

La réussite du modèle portugais ne vient pas des politiques de l'offre mais au contraire des politiques de la demande. Bruxelles est dans l'embarras.


Longtemps le modèle de référence en Europe a été le modèle allemand. Bruxelles en a fait régulièrement l'apologie, notamment en raison de l'exceptionnel excédent budgétaire allemand, de la dynamique de sa dette, de ses réformes permettant une exceptionnelle compétitivité. Bruxelles s'est souvent appuyé sur ce modèle pour faire pression sur les Etats.


Historiquement, ce modèle repose sur les réformes hétéroclites de l'épopée du Chancelier Schröder pour dépasser la crise des années 1990 en Allemagne. Réformes de l'assurance maladie, célèbres lois Hartz, accords de compétitivité dans les entreprises ont propulsé l'Allemagne vers l'idéal de l'économie de l'offre. L'abaissement des charges des entreprises et la hausse de la TVA ont déplacé la pression fiscale. En parallèle à cela, c'est tout le poids de l'Etat qui a été nettement diminué. Ce modèle qui repose finalement sur les entreprises, on le trouve en Autriche, aux Pays-Bas mais aussi... en Italie du Nord. Ces politiques pro-entreprises ont connu leur apogée en Europe entre 2005 et 2011, date à laquelle, en particulier, la croissance allemande a été maximale.


Mais qu'à cela ne tienne, l'Allemagne s'est essoufflée en 2013-2014 avec une croissance, certes, toujours positive. Un fait notable et loin d'être anodin, le taux de croissance du Portugal est passé au-dessus de celui de l'Allemagne en 2015-2016 et ce sera le cas probablement en 2017. Cependant, avec des excédents commerciaux qui inquiètent de plus en plus Bruxelles, l'Allemagne aujourd'hui interroge.


(...) Car pendant ce temps, le petit poucet de l'Europe, longtemps décrié par Bruxelles, vient bouleverser les grandes certitudes sur les bonnes politiques amères à mener en Europe. Il s'agit du Portugal. Il y a un peu plus d'un an en juillet 2016, la Commission européenne entamait une procédure pour "déficit excessif" contre le gouvernement de Lisbonne. Mais depuis, le Portugal a réduit son déficit à 2,1% en 2016 et devrait le ramener à 1,5% cette année quand on peine en France à passer en-dessous de la barre des 4%.


Après une période historique de privatisations forcées pour obtenir les prêts de la Troïka, c'est finalement la coalition de gauche entrée au pouvoir en 2015 qui allait inverser les choses, mettant Bruxelles dans un grand embarras.


(...) Car la réussite du modèle portugais ne provient pas vraiment des politiques de l'offre mais au contraire des politiques de demande: pas de réforme structurelle du marché du travail pour assouplir les droits des salariés, pas d'abaissement de la protection sociale, pas de programme d'austérité comme celui du gouvernement antérieur de droite qui avait notamment gelé le salaire minimum et les pensions de retraite, augmenté les impôts et tout cela sans aucun effet notoire sur l'économie. Au contraire, on a assisté en parallèle à une hausse de la pauvreté.


Ici, rien de tel: le salaire minimum a été augmenté en 2016 puis en 2017. En parallèle à cela nous avons assisté à une baisse des cotisations employeurs de 23 à 22%. Enfin, le gouvernement n'a pas lésiné sur le plan de relance du pouvoir d'achat: hausse des retraites et allocations familiales, renforcement du droit du travail, baisse des impôts pour les salaires les plus modestes, arrêt net des privatisations... Pour clore le tout, le Portugal a compris qu'il ne servait plus à rien d'essayer de concurrencer les pays de l'est à bas coûts, donc, on est monté en gamme, dans l'industrie et dans le tourisme. Un point dont la France devrait s'inspirer: la montée en gamme du pays et des politiques de stimulation de la demande, conjointement à un simple abaissement des charges des entreprises.

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Interdiction de la pêche électrique: "Une victoire forte", selon l'écologiste Yannick Jadot

Interdiction de la pêche électrique: "Une victoire forte", selon l'écologiste Yannick Jadot | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Yannick Jadot, député européen écologiste a dit mardi 16 janvier sur franceinfo qu'il était "heureux" du vote du Parlement européen à Strasbourg en faveur de l'interdiction de la pêche électrique dans l'Union européenne : 402 députés ont voté pour l'interdiction totale et 232 contre. "C'est la victoire des associations, des pêcheurs, de la grande distribution qui s'est mobilisée, des chefs cuisiniers et des scientifiques", a-t-il réagi.

Yannick Jadot estime avoir "fait le boulot au Parlement européen en prenant ce combat à bras le corps, en allant voir les députés d'autres groupes politiques pour les informer de la réalité de cette pêche électrique". Selon lui, ce travail a permis de "déconstruire, et les arguments du lobby néerlandais et malheureusement trop souvent, les arguments de la Commission européenne qui s'est faite totalement piéger par le lobby néerlandais".


Le vote du Parlement s'oppose à une dérogation proposée par la Commission pour étendre cette pratique plus largement en mer du Nord. Les Pays-Bas étaient favorables à cette demande.

Pour le député européen, "c'est une victoire forte", mais pas suffisante. Le Parlement va maintenant entrer en négociation avec les États membres et la Commission pour trouver un compromis final. Yannick Jadot veut saisir l'opportunité : "Comme la majorité est forte, le Parlement européen aura une position forte sur ce sujet".


Le député européen écologiste demande au gouvernement français de mener la bataille : "Il va falloir que la France sorte de sa gentille passivité sur ce sujet, en tout cas le gouvernement français, pour aller au combat, parce qu'on veut des territoires côtiers vivants, on veut des pêcheurs artisans".


> Voir en vidéo: La joie de Yannick Jadot après l'interdiction de la pêche électrique

https://positivr.fr/ecologiste-yannick-jadot-commission-europeenne-peche-electrique/

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Yazid Kherfi, médiateur: « Les jeunes des quartiers ont besoin d’adultes bienveillants »

Yazid Kherfi, médiateur: « Les jeunes des quartiers ont besoin d’adultes bienveillants » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Ouest-France organise "Vivre ensemble, les Assises nationales de la citoyenneté" les 19 et 20 janvier 2018. (...) L’une des thématiques abordées sera celle des quartiers sensibles : le vivre ensemble y est-il en voie d’amélioration ou de dégradation ?

Cette question est au cœur du travail de Yazid Kherfi, auteur de Guerrier non violent, mon combat pour les quartiers. Ancien braqueur et détenu, il se consacre aujourd’hui à la prévention de la délinquance. Depuis cinq ans, il sillonne les villes de France pour faire de la médiation nomade à bord d’un camping-car. Entretien.

- Vous faites de la médiation nomade et nocturne, pourquoi avoir choisi cette forme ?

- Parce que le soir il n’y a pas grand-chose dans les quartiers, les jeunes s’ennuient et c’est souvent à partir de l’ennui que les jeunes commencent à déconner. À part la police, le soir, il n’y a plus personne dans l’espace public. Les structures sociales ferment à 19 h, à l’heure où les jeunes sortent et ont besoin de présence. Ça n’est pas normal : on doit s’adapter au public et non le contraire.

Donc je viens avec mon camping-car. Il faut mettre des adultes bienveillants sur le terrain en face des jeunes, parce que si on les laisse tous seuls, ce sont d’autres personnes qui vont s’emparer de l’espace et monter la tête aux jeunes.


> Vidéo: Médiation Nomade, de Vincent Verzat,  avec Yazid Kherfi

https://www.youtube.com/watch?v=FY30f-qXbss


(...) - Pourquoi considérez-vous dans votre ouvrage que le problème des jeunes est d’abord un problème d’adultes ?


- Quand j’arrive dans une ville, je ne regarde plus comment se comportent les jeunes, je regarde comment se comportent les adultes. C’est comme dans une famille, quand des enfants se comportent mal, on ne va pas regarder les enfants, on va regarder ce que font les parents.


Du coup, je pose plutôt la question : “Où sont les adultes ?” Ils ont en partie démissionné, abandonné l’espace public. Si on ne va plus voir les jeunes, parler avec eux en tant qu’adultes, comment voulez-vous que les choses changent ?


- Comment expliquez-vous que les adultes peinent à s’intéresser aux problèmes des jeunes ?


- Certains veulent rester dans leur confort. C’est normal de vouloir terminer sa journée de travail à 18 h, mais la réalité a changé, il faut s’adapter : les hôpitaux, la police travaillent le soir, pourquoi pas les travailleurs sociaux ?

C’est aussi le rôle des adultes du quartier : au lieu de vous enfermer à double tour le soir, passez une heure en bas de chez vous à discuter avec les jeunes. Chacun doit faire des efforts, les jeunes bien sûr, mais les adultes aussi.


- Vous évoquez beaucoup la notion de bienveillance, c’est une notion qui manque dans les quartiers ?


- Les gens sont de plus en plus individualistes, ça laisse la place aux gens malveillants auprès des jeunes. Il faut renverser la vapeur et mettre des adultes bienveillants sur l’espace public. Les jeunes attendent ça : la première chose qu’ils me disent quand j’arrive, c’est “de toute façon les gens ne nous aiment pas”.


Il faut parler d’amour avec ces jeunes-là : “On vient pour vous, parce qu’on vous aime bien. Vous avez peut-être des défauts, vous avez peut-être déconné, mais en même temps vous êtes bien.” Il faut toujours séparer l’individu de ses actes, ne pas l’enfermer dans ses actes.


- Et auprès des acteurs sur place, que faites-vous ?


- En plus de la médiation nomade, je propose toujours quelques jours de formation car certaines équipes ont perdu l’habitude de sortir de leurs bureaux et d’aller vers l’autre. J’essaie de leur redonner l’impulsion. Apprendre notamment aux policiers, qui manquent de formation sur ce point, à parler aux jeunes. On travaille sur la façon de les aider à sortir de la violence et de la délinquance.


Le problème vient aussi des municipalités qui ont tendance à favoriser la répression plutôt que la prévention. On met des moyens pour des caméras, mais il faut des humains. Favoriser une politique de prévention signifie aussi retrouver une relation de confiance entre les jeunes et les équipes. Une fois qu’on a cette relation, on comprend mieux la logique de chacun et là on peut agir. Mais pour cela, une véritable empathie est nécessaire, des deux côtés.


- En tant qu’ancien délinquant, ayant connu la prison, votre légitimité est-elle plus grande sur le terrain ?


- Ça me donne une certaine légitimité, c’est vrai. Quand je vais voir des jeunes dans les quartiers, ils se reconnaissent dans mon expérience. C’est la même chose en prison.

Et lorsque je parle aux acteurs sociaux, mes diplômes universitaires, mon parcours personnel et professionnel assurent aussi la validité de mon propos.

Je travaille à la frontière entre tous ces mondes, qui se connaissent peu et ne se parlent pas. Mon boulot c’est de rapprocher ces deux mondes, en créant de la confiance des deux côtés.

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Marches anti-Kabila en RDC: au moins 5 morts et 33 blessés

Marches anti-Kabila en RDC: au moins 5 morts et 33 blessés | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Au moins cinq personnes ont été tuées et 33 autres blessées dimanche en République démocratique du Congo lors de la dispersion, par les forces de sécurité, de marches contre le maintien au pouvoir du président Kabila, a indiqué l'ONU.


Il y a eu également 69 arrestations, a ajouté la porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) Florence Marchal qui évoque un "bilan provisoire".

Les décès ont tous été enregistrés à Kinshasa, alors que des blessés et des arrestations ont été relevés dans tout le pays, selon cette même source.


Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes mais aussi des balles réelles, selon la Monusco, qui avait annoncé l'envoi d'observateurs sur le terrain, et des témoins dont des journalistes de l'AFP.


A Kinshasa, une jeune fille de 16 ans est décédée après un tir de rafales d'une "auto-mitrailleuse" visant l'entrée de l'église Saint-François-de-Salles dans la commune de Kitambo, a déclaré à l'AFP le médecin, ex-ministre et opposant Jean-Baptise Sondji, qui affirme s'être trouvé sur les lieux. Le décès a été confirmé à l'AFP par le père de la jeune fille qui affirme être officier de police.


Au moins 16 personnes ont été blessées, dont quatre grièvement parmi lesquelles deux par balles, a indiqué à l'AFP une infirmière du centre médical Mgr Léonard, près de l'église Saint-Joseph, dans une autre commune populaire de Kinshasa.


La Monusco dénonce 24 "arrestations arbitraitres" de membres du collectif citoyen Lutte pour le changement (Lucha) à Beni dans le Nord-Kivu.


Les autorités voudraient imposer un couvre-feu à Mbuji Mayi au Kasaï (centre), selon la Monusco.


Onze personnes ont été blessées à Kisangani (nord-est), selon la même source. Dans cette ville, des jeunes ont tenté de résister aux forces de sécurité en brûlant des pneus dans le centre, selon un correspondant de l'AFP. (...)


Une cinquantaine de Casques bleus armés de la Monusco, la force de l'ONU en RDC, se sont déployés plus tôt dans la journée devant l'église Saint Joseph, dans un quartier populaire de Kinshasa. La plus importante mission de l'ONU dans le monde avait promis de déployer ce dimanche des observateurs pour rapporter d'éventuels cas de violences ou de violations des droits de l'homme.


"Ce déploiement de Casques bleus nous empêche de faire correctement notre travail", a lancé un responsable de la police congolaise devant des journalistes.


(...) Les autorités congolaises ont une nouvelle fois interdit des marches à l'appel d'un collectif de laïcs proche de l'Eglise catholique qui avait déjà organisé une initiative similaire le 31 décembre dernier. La répression avait alors fait six morts dont cinq à Kinshasa, selon les Nations unies et la nonciature apostolique, aucun d'après les autorités.


Dans la nuit de samedi à dimanche, internet a été coupé dans les grandes villes de la RDC où d'importantes forces de l'ordre ont été déployées.


Malgré ces mesures de police, des fidèles ont tenté de défiler en plusieurs endroits avant l'intervention de la police.


(...) La RDC interdit toute manifestation depuis les journées sanglantes de septembre 2016, juste avant l'expiration du deuxième et dernier mandat du président Kabila le 20 décembre 2016.


Les organisateurs demandent à Joseph Kabila de déclarer publiquement qu'il ne sera pas candidat à un troisième mandat, ce que lui interdit d'ailleurs la Constitution.


Ils demandent aussi le respect d'un accord politique de la Saint-Sylvestre 2016 prévoyant la libération des prisonniers politiques.


L'accord prévoyait des élections fin 2017 au plus tard. Début novembre, la commission électorale a renvoyé ces élections au 23 décembre 2018, estimant que les violences dans le Kasaï avaient retardé le recensement.


Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a officiellement pris fin le 20 décembre 2016.

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« Les parures masai témoignent des croisements culturels incessants entre Europe et Afrique »

« Les parures masai témoignent des croisements culturels incessants entre Europe et Afrique » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Parés de rouge, ployant presque sous leurs bijoux en perles colorées, les guerriers et les femmes masai sont devenus, au fil des décennies, l’archétype de l’Afrique « authentique ». Ces accessoires sont en effet devenus indissociables des Masai, immortalisés par le romancier français Joseph Kessel dans Le Lion en 1958. Pour les milliers de touristes européens se rendant chaque année en Afrique de l’Est, une visite des terres masai, en Tanzanie ou au Kenya, demeurerait incomplète sans l’achat de ces perles et de ces couvertures écarlates.

Or peu savent que ces effets sont en réalité le résultat d’une rencontre culturelle de longue date entre l’Afrique et l’Europe. Les perles de verre colorées des Masai viennent en effet tout droit… de République tchèque. Et le port des couvertures rouges si « propres » aux Masai est, lui, originaire d’Ecosse.


Les perles de verre sont arrivées en Afrique au premier millénaire avant Jésus-Christ par les routes transsahariennes et maritimes. Produites en Inde, ces perles étaient extrêmement coûteuses et n’étaient utilisées que par les familles royales non masai. Puis, à partir de 1480, l’exportation massive de perles d’Europe vers l’Afrique de l’Est se fit depuis Venise et Murano, en Italie, ainsi que depuis la région de Bohème, aux Pays-Bas. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, ces perles étaient considérées comme une monnaie d’échange.


Bien qu’elles soient disponibles assez facilement, les Masai n’ont pas développé un goût particulier pour ces perles, du moins pas avant la fin du XIXe siècle, entre 1881 et jusqu’en 1905, sous l’ère de la génération des guerriers Iltalala. Les Masai découpent en effet l’histoire par générations de guerriers : environ tous les sept ans, un groupe de jeunes guerriers est circoncis afin de passer au stade d’homme adulte, tandis que les adultes se retirent pour leur faire place et prennent le statut d’anciens. La génération Iltalala est ainsi la première à avoir utilisé de nombreuses perles comme accessoires.


(...) En dépit de ces règles culturelles assez strictes, la mode, impulsée par les femmes, est plutôt dynamique. Chaque nouvelle génération développe un style particulier, utilisant certains matériaux, couleurs et symboles qui les unissent et les identifient.  (...) Parfois, des changements dans la mode ont été la conséquence d’un manque de certains types de perles, notamment dû à une modification des routes commerciales internationales, comme lors de la fermeture du canal de Suez, en 1967.


Des changements dans les styles sont aussi survenus sous l’influence de l’Europe. Dans les années 1950, les guerriers Iseuri ont ainsi choisi d’incorporer le symbole d’un pilier de télégraphe, en référence à la rapidité de la communication. Gyrophares et pales d’hélicoptères ont aussi été adoptés avec enthousiasme par les générations successives.


(...) Certains craignent ainsi que ces influences externes viennent perturber et « polluer » la tradition, voire faire oublier aux Masai leur culture. Bien au contraire, les femmes continuent de créer leurs propres motifs et accessoires, mais dans un espace préservé auquel les touristes n’ont pas accès. Ainsi, beaucoup de créations sont adaptées afin que les touristes puissent les porter. D’autres accessoires traditionnels dont la valeur symbolique est particulièrement importante, telle la ceinture « Elekitatiet », faite par une femme pour sa belle-fille après un premier accouchement, ne se vendent pas.


Et les créateurs masai ne cessent d’innover. Certains réintègrent ainsi des pièces originellement destinées aux touristes et les réinterprètent pour leur usage personnel – c’est le cas des fameuses pales d’hélicoptères perlées. (...)


Les perles masai continuent ainsi d’être au croisement des cultures européenne et africaine. Ni exotique, ni intemporelle et encore moins isolée, la mode masai est en perpétuel changement, représentative de la multiplicité des rencontres d’idées et d’hommes.


Vanessa Wijngaarden est docteure en anthropologie sociale à l’université de Johannesburg.

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Notre-Dame-des-Landes. 100 croquis contre les «fantasmes»

Notre-Dame-des-Landes. 100 croquis contre les «fantasmes» | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les carnets de l'artiste et enseignant Marc Vayer donnent à comprendre cet écosystème humain qu'il a arpenté pendant un an. Pour "démystifier" la Zad.


Cent croquis et autant de textes intitulés "Chroniques dessinées de la zone à défendre" composent un blog (carnetsnddl.blogspot.fr), consacré à la vie sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. L’auteur, Marc Vayer, est un artiste issu des Beaux-Arts de Nantes et professeur d’arts appliqués. Il a arpenté la zone pendant un an pour, explique-t-il, "démystifier les fantasmes" autour de cet écosystème humain et fragile, qui continue de focaliser l’attention publique malgré l’abandon du projet d’aéroport.


> Suite de l'article: La Zad,100 croquis contre les «fantasmes»


https://journal-twipe.ouest-france.fr/data/18001/reader/reader.html?hidetopbar=&token=593ba51df3538f7f94c4d817dc2be045#!preferred/0/package/18001/pub/25808/page/13/alb/1053215

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Trois histoires de chaussures  - 30minutes - Médiapart - 4.D

Trois histoires de chaussures  - 30minutes - Médiapart - 4.D | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

- L’histoire des chaussures de Peter et celles de Macron: Le coup de gueule du Père italien, Mauro Armanino  

Peter se promène avec un sac en plastique. C’est un expert dans l’informatique, sans travail depuis des années, père d’un fils et libérien pour une séries de circonstances. Il a décidé de mettre ses chaussures aux enchères. Pour cela il se déplace avec un sac coloré qui les cache aux yeux des gens. Peter pense d’y tirer des sous pour nourrir sa famille quelques jours en plus. Les chaussures de Peter ont marché pendant des années et, avant d’être défaites par les routes parcourues, elles sont en vente ambulante. Il s’agit des chaussures migrantes qui se sont aventurées en Afrique Occidentale jusqu’au jour où la liberté de circulation était garantie, et elles pouvaient aller où mieux leur semblaient. Ce sont des chaussures communes en exode précaire dans la poussière de sable du Sahel.

Macron, lui, le Président basé à l’Elysée, ne mettra jamais ses chaussures en vente. Elles sont des chaussures fines, citoyennes, chaussures présidentielles. Chaussures noires de marque Weston modèle Richelieu. Il préfère vendre les migrants ‘économiques’ dans les camps d’apprentissage humanitaire loin des yeux de l’Europe. Il porte un complet bleu, chaussures noires et chemises blanches ou bleues. Il n’a jamais marché dans le désert et non plus imaginé que sa montre Cartier modèle Tank ne soit réglée sur le temps des migrants qu’il faut contrôler. La migration choisie, assistée et finalement refusée en cohérence avec la République qui se base sur la liberté, la fraternité et surtout l’égalité. Tout cela, il l’avait appris à l’école et c’est cela que la France avait exporté pendant des décennies.


Peter tourne avec ses chaussures en vente. Chaussures commerciales, usées, d’origine chinoise et truquées de marque italienne en cuir imité. La couleur est ambiguë, marquée par les frontières et les saisons de celui qui a voyagé cherchant d’autres horizons. Des communes chaussures en vente pour sa femme ivoirienne et son fils de onze mois conçu et engendré au Niger où l’on conçoit aussi la création des camps de détention migrante. Ils seront bien sûr gérés selon les meilleurs standards humanitaires dont les politiques européennes ont donné les garanties que nous savons. Une paire des chaussures de clair style sahélien d’exportation. Peter est informaticien, mais il s’adapte à faire l’apprenti maçon.


Macron met d’accord la Libye, il fera disparaitre les migrants économiques. Il confirme le stationnement payant de Vintimille à la frontière de l’Italie et il propose de construire des centres professionnels pour des apprentis cultivateurs de sable. Ses chaussures modèles Richelieu montrent style, finesse, confort et durée. C’est tout ce qu’on peut demander à un Président qui passe sans problème des Champs Elysées à la tour Eiffel avec l’américain Trump qui, pour les migrants, propose des murs et des expulsions. A chacun ses chaussures. Celles de Macron ne sont pas, pour le moment, en vente. Ce qu’on vend c’est l’histoire coloniale qui continue par d’autres moyens.


En France, on estime quelques 89 millions de touristes pour cette année. Il ‘s’agit bien sûr de migrants économiques qui, au lieu des camps, trouvent des hôtels de luxe et du champagne. A chacun ses chaussures. Macron a les siennes, Weston modèle Richelieu, cardinal au service du roi et fondateur de l’Académie française. La pureté de la langue passe par l’exclusion des non désirés, des non dignes du futur de La Marseillaise des enfants de la patrie. Le sang, ou il est français ou il n’est pas, comme pour l’opération Barhkane, Serval ou Sangaris, qui ont donné un coup de main à la recolonisation du Sahel et à côté.


Les chaussures de Peter sont en vente sur les routes de Niamey et quelqu’un d’autre continuera leur chemin. Chaussures migrantes de tout le monde unissez-vous. Toute révolution commence par les chaussures.

Mauro Armanino, Niamey, juillet 017


- T'as de belles chaussures, mon pauvre - Par Corinne Klomp Blog : Une saine inquiétude


Sur Facebook circule un court métrage en anglais qui recueille moult suffrages et mentions « j’aime ». Il est introduit par le chapeau suivant : « Le meilleur court métrage au monde ». Bigre. Je me suis donc empressée de le regarder. 


Intitulé « My shoes » (« Mes chaussures », pour les non anglophones), écrit et réalisé par l’Iranien Nima Raoofi, ce film met en scène, sur quatre minutes à peine, deux personnages de gamins d’une dizaine d’années. (http://www.youtube.com/watch?v=SolGBZ2f6L0&list=TLcrr1U5y1BEc


(...) Voilà le court métrage qui emballe le réseau et engendre des commentaires de haute volée philosophique comme « Il faut savoir se contenter de ce qu’on a » ou, en moins loser : « Il faut savoir apprécier ce qu’on a. » Autrement dit, quand on n’a rien, il faut goûter ce rien qui n’est pas grand-chose mais il paraît que pas grand-chose, c’est mieux que rien. Donc tout va bien. Au risque de voir mon blog saturé d’insultes (les rares sur Facebook à dénigrer le film s’en prennent plein la tête, « nantis » qu’ils sont, « insensibles aux douleurs humaines ») je vous avoue que ce court métrage me met dans un état proche de la nausée.


Sous couvert d’humanité et à grand renfort de sensiblerie, c’est encore et toujours une façon de dire aux pauvres : restez qui vous êtes et où vous êtes, c’est-à-dire… dans la mouise. Si vous tentez d’en sortir, ce sera pire. Corollaire de la brillante démonstration : les riches aussi ont leurs soucis, la preuve ils peuvent être paralysés, ou handicapés. N’empêche, mieux vaut être riche et paralysé que pauvre et paralysé. Dans le premier cas, on n’a pas de jambes, mais de quoi adoucir par intervalles le traumatisme. Dans le deuxième cas, on n’a pas de jambes, point. 


Dans « My shoes », le dindon de la farce, c’est le pauvre. Pour changer. Je ne questionne pas la sincérité de départ de l’auteur, que je ne connais pas, mais enfin, le problème de notre monde actuel n’est pas que les pauvres rêvent de devenir riches, mais que les riches rêvent de l’être davantage. Puisque morale il y a, c’est à ces derniers qu’elle devrait en priorité s’adresser.


A quand le même court métrage, mais avec un gamin riche fantasmant sur un autre qui semble l’être encore plus et découvrant à la fin, alors qu’il a réussi à prendre sa place, son infirmité ? Il est à la mode de nous pondre des histoires sur des pauvres qui gagnent au loto et qui en crèvent (forcément, ils ne sont pas faits pour ça), j’aimerais en lire aussi sur des actionnaires richissimes du CAC 40 qui gagnent le milliard de trop et qui en crèvent, devenant dans un ultime et risible moment de gloire les plus dotés du cimetière. Il me semble que ce genre de message aurait un impact plus probant sur la répartition des richesses, non ? Après tout, comme disait Jules Renard : « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! »


https://blogs.mediapart.fr/corinne-klomp/blog/020913/tas-de-belles-chaussures-mon-pauvre


- Cop21: Privées de manifestation, des chaussures recouvrent la Place de la République (Photo de l'illustration)


Tous les souliers ont été orientés vers la place de la Nation, où la manifestation devait s’achever…

La marche pour le climat prévue à la veille de l’ouverture de la COP21 avait été annulée à la suite de l’interdiction de manifester décrétée dans le cadre de l’état d’urgence imposé en France après les attentats.


(...) Parmi les chaussures d’anonymes, se sont glissées quelques paires VIP : les runnings du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, les bottines de l’actrice Marion Cotillard, les talons aiguilles de la célèbre styliste Vivienne Westwood. « Même le pape François a envoyé une paire », ajoute une membre de la campagne Avaaz. (...)


https://www.association4d.org/blog/2015/11/30/des-chaussures-recouvrent-la-place-de-la-republique/

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Alain Mabanckou refuse de participer au projet francophone d'Emmanuel Macron

Alain Mabanckou refuse de participer au projet francophone d'Emmanuel Macron | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le président Emmanuel Macron a proposé à Alain Mabanckou de collaborer avec Leïla Slimani pour «contribuer aux travaux de réflexion autour de la langue française et de la francophonie». L'auteur de Petit Piment lui répond, acerbe, dans une lettre ouverte publiée sur BibliObs.

Le chef de l'État le promet: «Le français sera la première langue d'Afrique», et hésite-t-il, «peut-être du monde». En novembre dernier, Emmanuel Macron alors en déplacement au Burkina Faso, faisait la promesse d'incarner le renouveau de la francophonie. Lui, le «président soleil» au «pays des Hommes intègres» affirmait pouvoir redonner son éclat à la langue et «faire vivre le français pluriel, qui n'est plus seulement français».

L'annonce avait de quoi nous faire crier cocorico! D'autant que pour réaliser son «projet pour la francophonie», le président annonçait vouloir faire appel au prix Renaudot 2006, Alain Mabanckou. Oui, mais voilà, le soufflé est retombé. Dans une lettre ouverte publiée sur le site de Bibliobs , l'écrivain indique son refus de participer aux travaux de réflexion autour de la langue française. Il reproche au président ses erreurs d'expression et rappelle, incisif, l'hypocrisie historique du pouvoir qui existe encore et toujours en matière de «francophonie» en Afrique.


«Au XIXème siècle, lorsque le mot «francophonie» avait été conçu par le géographe Onésime Reclus, il s'agissait alors, dans son esprit, de créer un ensemble plus vaste, pour ne pas dire de se lancer dans une véritable expansion coloniale.» Les premiers mots d'Alain Mabanckou sont vindicatifs.


Aux discours poétiques et conceptuels du président de la République, lui, oppose un point de vue idéologique. Ce qui fait, à ses yeux, la réalité d'un terme. Et a fortiori ici avec la francophonie, son histoire. «La Francophonie est malheureusement encore perçue comme la continuation de la politique étrangère de la France dans ses anciennes colonies». En cause, selon l'écrivain, la vision autocentrée du français. «Repenser la Francophonie, écrit-il, ce n'est pas seulement «protéger» la langue française qui, du reste n'est pas du tout menacée comme on a tendance à le proclamer dans un élan d'auto-flagellation propre à la France. La culture et la langue françaises gardent leur prestige sur le plan mondial.»


La langue française n'a en effet rien de «ringarde», comme le confiait la représentante personnelle d'Emmanuel Macron. Avec près de 275 millions de locuteurs francophones, la langue française arrive à la cinquième place -derrière le mandarin, l'anglais, l'espagnol et l'arabe- des langues les plus parlées dans le monde. Elle devrait, selon diverses conjectures, devenir le premier idiome à l'horizon 2050. La francophonie est «extrêmement vivace» à l'étranger. Alors pourquoi ne pas prendre en compte ce réveil mondial, s'insurge Alain Mabanckou qui constate que «les étudiants d'Amérique du Nord sont plus sensibilisés aux lettres francophones que leurs camarades français».


«La plupart des universités américaines créent et financent sans l'aide de la France des départements de littérature française et d'études francophones.[...] La littérature française ne peut plus se contenter de la définition étriquée qui, à la longue, a fini par la marginaliser alors même que ses tentacules ne cessent de croître grâce à l'émergence d'un imaginaire-monde en français.» 


La France, doit-on comprendre en filigrane, aurait bien plus besoin de la francophonie que celle-ci n'aurait besoin d'elle. Et ce constat-là, dénonce Alain Mabanckou, Emmanuel Macron l'a oublié dans sa parole politique. Il rappelle la maladresse langagière du président lors de la Foire du livre de Francfort qui opposait «la France et la Francophonie». «Comme si la France n'était pas un pays francophone!», s'agace l'écrivain dans sa lettre .


Pour convaincre ses lecteurs Alain Mabanckou critique une forme de colonialisme culturel et pointe un manque de cohérence idéologique à parler de francophonie avec ces mêmes pays Africains qui ont subi et subissent toujours, selon lui, des régimes dictatoriaux en français. «Dois-je rappeler aussi que le grand reproche qu'on adresse à la Francophonie «institutionnelle» est qu'elle n'a jamais pointé du doigt en Afrique les régimes autocratiques, les élections truquées, le manque de liberté d'expression, tout cela orchestré par des monarques qui s'expriment et assujettissent leurs populations en français?»


Très critique à l'égard du politique, Alain Mabanckou réclame une ligne claire de la part du président en matière de francophonie pour sortir de ce qu'il décrit tel un obscurantisme, comme il l'écrivait déjà en 2016. «Il serait utile, Monsieur le Président, que vous prouviez à ces jeunes gens que vous êtes d'une autre génération, que vous avez tourné la page et qu'ils ont droit, ici et maintenant, à ce que la langue française couve de plus beau, de plus noble et d'inaliénable: la liberté», a conclu l'auteur avant de décliner l'offre du président de la République.

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Et si l’Etat créait lui-même les emplois pour combattre le chômage?

Et si l’Etat créait lui-même les emplois pour combattre le chômage? | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Alors que le gouvernement veut renforcer le contrôle des demandeurs d’emploi pour lutter contre le chômage, certains économistes anglo-saxons proposent plutôt que l’État assure lui-même le plein-emploi. Et ils affirment que cette solution stabiliserait davantage l’économie que les moyens utilisés actuellement.


Les négociations sur l’assurance-chômage ont, pour le moins, mal débuté. Alors que le gouvernement va réduire les possibilités d’indemnisation des démissionnaires, il a repris une vieille antienne patronale sur le « contrôle des chômeurs » et, donc, sur la supposée responsabilité des demandeurs d’emploi dans leur situation. Dans le programme d’Emmanuel Macron, ce contrôle accru des chômeurs devait permettre de récupérer un milliard d’euros. Un chiffre assez fantaisiste qui, cependant, renforce cette impression d’une “mauvaise volonté” des demandeurs d’emploi.


(...) Ces méthodes sont celles de l’ancien « consensus de Washington » et, loin d’être « modernes », sont les recettes appliquées depuis trente ans un peu partout, y compris en France.


Leur succès est pour le moins contestable. Le CICE n’aurait créé que 150 000 emplois à raison de 20 milliards d’euros par an d’argent public transféré vers le secteur privé et, selon les projections des modèles de Bercy, il ne faut pas espérer plus de 50 000 emplois « à long terme » de la défiscalisation du capital… (...)


Puisque le gouvernement se veut ouvert à toutes les solutions et se prétend « ni de droite, ni de gauche », ne pourrait-il, sur la question de l’emploi, s’inspirer d’une des théories économiques montantes, la « théorie monétaire moderne », plus connue sous son acronyme anglais de « MMT » pour « Modern Monetary Theory » ? Cette dernière défend l’idée d’une « garantie de l’emploi » (« job guarantee ») par la puissance publique. Une garantie qui, selon ces économistes, est un instrument de stabilisation économique et de bien-être beaucoup plus efficace que les politiques actuelles d’inspiration néoclassique ou keynésienne.


Cette théorie est née au milieu des années 1990 aux États-Unis, sous l’influence des pensées de Keynes, mais aussi de Hyman Minsky et du penseur étatsunien des années 1940 Abba Lerner. Elle a reçu beaucoup d’attention depuis quelques années, notamment lors de la campagne des primaires démocrates de 2016. Le sénateur Bernie Sanders, sans lui-même adhérer pleinement à cette théorie, s’était entouré de deux des plus importantes représentantes de la MMT, Pavlina Tcherneva et Stephanie Kelton.


En France, une idée proche de « salaire universel » est portée depuis plusieurs années par le sociologue Bernard Friot. Le programme de La France insoumise, L’Avenir en commun, avait intégré une idée de l’État « employeur en dernier ressort ». Cette proposition, peu détaillée, n’avait du reste pas été portée durant la campagne autant, par exemple, que celle du revenu universel proposé par Benoît Hamon. De sorte qu’elle demeure encore discrète dans le paysage français et qu’elle est assez largement ignorée par la science économique hexagonale.


Qu’est-ce que la garantie de l’emploi selon cette théorie et est-elle applicable en France ? Le point de départ de la MMT est la prise de conscience du changement de régime monétaire opéré après la fin du système de Bretton Woods. Depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, la création des principales monnaies mondiales ne dépend d’aucun actif en garantie. Elles sont le fait d’une création ex nihilo, principalement par les banques commerciales, mais avec la garantie de la banque centrale et, donc, de l’État.


Puisque la monnaie est initialement une création étatique, elle ne peut donc jamais manquer audit État. « La réalité, c’est que les gouvernements qui émettent leur monnaie comme l’Australie, le Royaume-Uni, le Japon et les États-Unis ne peuvent jamais “manquer d’argent” ou faire faillite », expliquent ainsi le journaliste Thomas Fazi et l’économiste australien William Mitchell, un des principaux représentants de la MMT, dans un ouvrage paru l’an dernier outre-Manche[1].


Dès lors, les règles de finances publiques ne sont que des contraintes volontaires, de simples conventions comptables. En théorie, ajoutent les deux auteurs, les États de ce type « peuvent acheter ce qu’ils veulent, aussi longtemps que les biens et services en vente le sont dans la monnaie qu’ils émettent ». Et, en dernier recours, « ils peuvent acheter tout le travail inutilisé et le replacer dans un usage productif » puisque, effectivement, ce travail est un service facturé dans ladite monnaie… C’est évidemment ici que prend corps la proposition d’une garantie de l’emploi.


Avant d’y revenir, il convient cependant de contrer immédiatement l’argument classique qui fait du financement monétaire de la dépense publique un vecteur d’inflation, voire d’hyperinflation. Nul doute que celui qui tentera de porter cette proposition en France se verra opposer les exemples allemand des années 1920, zimbabwéen des années 2000 et, inévitablement, vénézuélien actuellement.


Mais la MMT rappelle que, dans ces cas, ce n’est pas la dépense publique per se qui a créé l’hyperinflation, mais l’existence d’une dépense trop élevée pour les capacités de l’économie. « Il n’existe aucune raison pour laquelle le financement monétaire de l’État serait plus inflationniste que n’importe quel type de relance de la demande », soulignent Thomas Fazi et William Mitchell, qui ajoutent : « Il n’y a aucun risque d’hyperinflation aussi longtemps que la dépense totale de l’économie ne dépasse pas sa capacité productive. »


On ajoutera que puisque, aujourd’hui, de l‘avis de nombreux économistes, les prix sont structurellement soumis à des forces baissières qui maintiennent l’inflation à un niveau faible, ce danger d'hyperinflation est en réalité dérisoire et n’est souvent brandi que pour fermer la discussion par un argument d'autorité.


Pour les défenseurs de la MMT, l’État dispose des moyens de stabiliser l’économie en agissant sur la demande tout en assurant le plein-emploi. Il faut ici comprendre que l’État, en tant qu’émetteur de monnaie, ne se finance pas par les impôts et par la dette, comme on le croit communément. Il se contente de demander l’inscription d’un crédit à son compte auprès de la banque centrale et l’argent est créé. En revanche, fiscalité et dette jouent un rôle important de stabilisation de l’économie. Outre sa fonction – essentielle – de redistribution, la fiscalité représente en effet une ponction sur la demande privée. Quant à la dette publique, elle détermine en partie les taux d’intérêt de l’économie.


En cas de surchauffe, l’État peut donc agir pour ralentir la demande privée et réduire l’inflation, tout en maintenant le plein-emploi. On verra comment la garantie de l’emploi, comme l’investissement public, joue également un rôle stabilisateur dans ce domaine. En tout cas, cela conduit à cette vérité qui défie l’orthodoxie et la bien-pensance économique actuelles : le déficit budgétaire, pour reprendre les mots d’Abba Lerner en 1940, n’est « ni bon, ni mauvais », il est simplement utilisé à bon escient ou pas.


Mais qu’est-ce exactement que cette « garantie de l’emploi » ? L’idée fondamentale, résumée par Pavlina Tcherneva, professeure à l’institut Levy de l’université Bard à New York, et une des principales théoriciennes de ce principe pour Mediapart, est que « l’État propose à tous ceux qui veulent travailler un emploi ». Ce programme est « absolument volontaire », précise-t-elle, et « n’a pas de contrepartie » autre que la réalisation du travail demandé. Le bénéficiaire peut continuer à disposer, s’il y a droit, de toutes les prestations sociales classiques. En revanche, il perd le bénéfice de l’assurance-chômage qui, cependant, n’est pas aboli, mais continue de permettre à ceux qui le désirent de chercher un emploi dans le secteur privé et à se former.


Quels emplois pourraient être proposés par l’État ? Pavlina Tcherneva précise que le but de ces emplois doit être différent de ceux du secteur privé. « Quand on évoque l’utilité d’un emploi, on pense immédiatement à sa profitabilité, mais ces emplois n’ont pas vocation à générer du profit, ils doivent rendre des services à la société », explique-t-elle. De ce point de vue, la frontière entre emplois garantis et emplois privés est claire. La productivité de ces emplois ne peut donc être comprise comme dans le cas du secteur privé.


> L'économiste Pavlina Tcherneva explique la garantie de l'emploi (en anglais) © Vimeo


Ces emplois doivent d’abord aider l’État à remplir son mandat d’offrir des services qui, parfois, sont non rentables pour l’activité privée, mais sont nécessaires au bien-être et à la cohésion de la société. « Il y a d’immenses besoins dans les services aux collectivités locales, aux gens ou à l’environnement », explique l’économiste qui insiste beaucoup sur la capacité de ces emplois à remplir des projets environnementaux dans le cadre d’un « new deal vert ». Certains des emplois évoqués, comme l’accompagnement des personnes âgées ou la mise en place des activités périscolaires ne sont pas sans rappeler les emplois aidés français… En tout cas, les besoins ne manquent pas et William Mitchell cite un rapport de 2008 auquel il a participé dans le cas australien qui énumérait ces besoins communs, en réalité, aux grandes économies développées vieillissantes.


Dans les faits, les emplois garantis seront rémunérés, précise Pavlina Tcherneva, « au plus bas niveau qui permet de vivre dignement ». De facto, ce salaire, qui sera fixe, deviendra le salaire minimum. Son niveau est à discuter. Pour les États-Unis, l’économiste promeut un niveau de 15 dollars par heure, largement supérieur au niveau du salaire minimal fédéral de 7,25 dollars par heure, « niveau qui ne permet pas de faire vivre une famille ». Mais elle reconnaît que chaque pays doit déterminer ce niveau en fonction de son niveau de vie. (...)

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Route des chicanes libérée ce lundi à NDDL : "Nous passons d'une phase de résistance à une phase de reconstruction"

Route des chicanes libérée ce lundi à NDDL : "Nous passons d'une phase de résistance à une phase de reconstruction" | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les opposants "historiques" à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes s'engagent à libérer dès lundi 22 janvier la D281, surnommée "route des chicanes", qui permet d'accéder à la ZAD. L'Acipa passe "d'une phase de résistance à une phase de reconstruction", a annoncé samedi 20 janvier sur franceinfo le porte-parole, Julien Durand.  

"Le projet étant abandonné, il n'y avait plus de prétexte à ce que cette route départementale ne retrouve pas sa vocation antérieure, a ajouté ce producteur laitier à la retraite et l'un des leaders de la lutte.(...)


La D281 "va être nettoyée des obstacles" et la circulation se fera "à 30 km/h", a indiqué le porte-parole de l'Acipa. "On va commencer le travail de nettoyage lundi à 10h, on continuera mardi et éventuellement mercredi si nous n'avons pas terminé, et après, ce sont les services de la préfecture qui feront la vérification" a conclu Julien Durand.


> Notre-Dame-des-Landes : Les opposants au projet abandonné d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes invitent à un "chantier collectif sur la D281", lundi 22 janvier, dans un document consulté samedi par l'AFP. Il s'agit de "reboucher les trous et enlever les chicanes" qui entravent la circulation sur cette route départementale qui mène à la ZAD. Concrètement, cela signifie qu'ils vont dégager la route. (...)


"L'état d'esprit global et majoritaire, c'est qu'on va faire le plus possible et le plus vite possible", affirmait Françoise Verchère, coprésidente d'un collectif d'élus opposés au projet, le Cédpa, après une réunion sur le sujet dans la ZAD jeudi.

https://www.francetvinfo.fr/politique/notre-dame-des-landes/notre-dame-des-landes-les-opposants-invitent-a-degager-lundi-la-route-departementale-menant-a-la-zad_2571515.html

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Quel regard sur la gestion des migrations au Niger?

Quel regard sur la gestion des migrations au Niger? | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

                                                   (Photo: Yann Arthus Bertrand)

59 ans après la proclamation de la République.
Quel regard sur la gestion des migrations au NIGER?

Le regard
C’est un point de vue, c’est-à-dire la vue à partir d’un point. Selon le lieu d’où l’on regarde changera la vision, selon ce qu’on cherche dans la réalité l’on trouvera…Il n’y a aucun regard ‘innocent’, regarder le monde de Niamey ou de Paris n’est pas la même chose.

Ainsi nous pouvons poser notre regard tout en sachant cela, d’où l’on regarde, ce qu’on cherche et les paroles pour l’exprimer. Tout cela nous donne la conscience que tout regard est partiel et pour ainsi dire ‘intéressé’ !


(...) Apprendre à libérer notre regard signifie apprendre à regarder le monde depuis les pauvres. Cela devrait être notre clé de lecture.


Les migrations et les frontières

Le monde, l’Afrique, le Sahel, le Niger ont été et continuent d’être des espaces migratoires. En effet les migrations ont accompagné depuis toujours et avec toute probabilité accompagneront l’histoire humaine. Vivre c’est migrer : la vie est une migration, un passage, une aventure, un exode. Ce n’est peut-être pas par hasard que l’on appelait ‘exodants’ les migrants de chez nous. D’une terre à l’autre, d’un pays à l’autre et d’un continent à l’autre. La première migration est la vie même !


Notre pays, comme tout autre pays du monde est en même temps pays de départ, d’arrivée et de transit pour les migrants. Par sa position particulière le Niger est un espace de transit vers l’Afrique du nord et vers l’Europe. Il faudra alors mettre ensemble ces deux éléments : les migrations et les frontières.


Quelqu’un a décidé qu’il y a la crise des migrations, que cela est un problème et que cela est LE problème. D’autres décident que les frontières se déplacent, prennent la forme des barbelés, se militarisent, s’arment et deviennent de plus en plus dangereuses. La journée mondiale des migrations, que nous célébrons aujourd’hui au lieu du 18 décembre, jour qui coïncide avec la proclamation de la République du Niger !


Mettre ensemble frontières et migrations est un défi à plusieurs titres parce qu’il nous oblige à faire un exercice d’honnêteté et de créativité. L’honnêteté consiste d’abord dans la prise de conscience de la violence qui entoure nos frontières, la corruption et la trahison des accords de libre-échange, par exemple dans l’espace CEDEAO. Mais aussi la violence de nos États incapables de donner des réponses satisfaisantes aux attentes des jeunes.


On a aussi besoin de la créativité afin de quitter les idées reçues sur les migrations, qui nous semblent ‘naturelles’. La plupart des idées sont ‘politiques’ parce que derrière les migrations et leur contrôle il y a beaucoup d’argent. Certains parlent d’entreprise, de ‘business’ des migrations. Il faudra recommencer à penser que la migration et non la sédentarité est la condition ’normale’ des humains et que barrer les routes à la mobilité, garantie aussi par la déclaration universelle des droits humains, ne mène nulle part.


La dérive se cache dans le sable

Il y a deux orientations de l’UE que nous devrions prendre en considération au moment de juger nos politiques vis-à-vis des migrations au Sahel. La première est l’externalisation des frontières de l’UE et la deuxième, conséquente, est la sous-traitance des migrants par les pays de transit. On devrait en ajouter une troisième : le chantage économique lié à l’acceptation de ces deux orientations.


Le Sahel en général et notre pays en particulier peuvent être pris comme des modèles. Les frontières de l’UE se trouvent maintenant à Agadez, Arlit et Dirkou. On a établi des accords de réadmission pour les migrants qui ne sont pas désirés ailleurs parce qu’ils ont transité par ce pays. Le transit, l’exode, la migration ‘informelle’ (la légalité ou non sont des choix politiques dictés par des rapports de force).


Évidemment la gestion (occidentale) des frontières demande des moyens, de l’argent, du personnel, des militaires…en quelques années on a réussi à mettre ensemble tout cet arsenal de contrôle dans les frontières du pays. L’opération a réussi : le migrant est semblable à un criminel, assimilé à un terroriste, un trafiquant de cocaïne ou d’armes au choix. Cela justifie toutes les mesures citées avant.


Le pays a finalement accepté, pour des raisons surtout financières, géopolitiques et surtout sous pression occidentale de se transformer en sous-traitant de la réalité migratoire dans le Sahel. C’est cela que j’appelle ‘la dérive dans le sable’, je ne trouve d’autres mots pour définir l’impasse dans laquelle se trouve le pays. Quadrillé et enrichi par des armées qui stationnent dans l’espace national et sahélien. Les USA, la France de Macron (dangereux banquier au commandement du navire), l’Allemagne et, bonne dernière (pour le moment) l’Italie !


Conclusion

Si nous regardons depuis le lieu des pauvres nos yeux s’ouvrent et alors la réalité nous parle autrement. Ce qu’on combat ce n’est pas la pauvreté mais les pauvres, ceux qui cherchent un futur ailleurs, ceux qui ont le droit de le chercher ailleurs Parce qu'ils ne se résignent pas à disparaitre dans le sable et la poussière de l’histoire.


Nous ne devrions pas les trahir pour une poignée d’argent, pour des éloges à la stabilité, à la sécurité (de qui ?), pour la géopolitique du pouvoir, on n’a pas le droit de trahir ce qu’il y a de plus sacré dans l’histoire humaine : les rêves des jeunes pour un monde différent. Le rappel à la constitution devrait nous le rappeler.


Il y a une parole, un mot qui m’accompagne et me persécute depuis toujours, c’est ce mot-là qui me hante et qui fait que je reste ici, de ce côté du monde, au-dessous de Lampedusa, c’est cette parole qui me motive, me pousse, m’interroge, me provoque, me questionne. C’est le mot DIGNITÉ ! C‘est cela que ne devrions jamais perdre, vendre, négocier ou marchander. C’est cela le mot qui devrait interroger le NIGER aussi.


Mauro Armanino, Niamey, décembre 2017


> Cet autre article de Mauro Armanino nous donne la confirmation que les politiques malveillantes de la France et de l'Europe vis à vis des migrants ne sont pas nouvelles: " Les frontières extérieures de l’Europe se sont externalisées depuis des années. Depuis la zone de Nouadibou en Mauritanie, les enclaves espagnoles au Maroc, le contrôle des rives de la Méditerranée, la Libye déjà avec Kadhafi jusqu’aux pays du Sahel."


http://30minutes.net/2017/08/29/controle-flux-migratoires-niger-tchad-pretre-italien-accuse-cette-politique-de-neocolonialiste/

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Isabelle clere Escouteloup's curator insight, January 19, 2:45 PM
grâce aux migrants les sociétés d'armement, de produits de sécurité intérieure, de barbelés se portent excessivement bien...

Cherchez à qui profite la montée de la peur...

Des politiques génèrent de la peur et de la haine d'autrui dans le but d'augmenter les ventes de certains produits utiles soi disant pour protéger la population...de leurs congénères étrangers...
Rescooped by Katell Rochard from Critique du changement
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Raphaël Pitti, l'honneur des migrants plutôt que la Légion d'honneur

Raphaël Pitti, l'honneur des migrants plutôt que la Légion d'honneur | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

En décembre dernier, ce médecin, soutien de Macron lors de l'élection présidentielle, a préféré renoncer au titre d'officier de la Légion d'honneur que le président lui avait décerné pour protester contre la politique migratoire désormais prônée par le gouvernement.


S’il n’est pas seul à l’origine de la bronca actuelle contre la politique du gouvernement en matière d’immigration, l’«incontrôlable» docteur Pitti en est assurément l’une des figures de proue. Ancien médecin militaire des commandos, puis anesthésiste-réanimateur sur de nombreux terrains de guerre (Golfe, Yougoslavie, Tchad, etc), personnalité médiatique enfin, de par son engagement humanitaire en Syrie, Raphël Pitti est indigné et veut que cela se sache.


Dans une lettre publiée dans Libération et destinée au président Macron, ce petit-fils d’immigrés italiens et fils de pieds-noirs qui ont fui l’Algérie avant d’y retourner après l’indépendance, écrivait à la veille de Noël qu’il renonçait à son titre d’officier de la Légion d’honneur décerné en juillet dernier. Ceci pour protester contre l’accueil des migrants, «indigne des valeurs et de l’histoire de la France».


Vingt jours plus tard, son indignation n’a pas faibli. Au contraire, comme il nous l’explique dans sa belle ville de Metz, dont il est conseiller municipal: «Après ma tribune dans Libération, j’ai envoyé le 8 janvier un gros dossier à Emmanuel Macron qui décrit longuement et en détail la situation sanitaire et sociale scandaleuse des réfugiés à Metz.» Courrier pour l’instant resté sans réponse. C’est dire combien il suit attentivement la visite et les propos du président de la République à Calais, ce mardi 16 janvier.


Ce qui distingue Raphaël Pitti sur cet épineux et dramatique sujet des réfugiés et des migrants c’est la connaissance qu’il a du processus aux «différents bouts de la chaîne», si l’on peut utiliser l’expression. D'abord, il connaît les pays de départ. La Syrie, où il a effectué vingt-et-un voyages depuis que la guerre a commencé, et organisé au risque de sa vie des centres de formation à la prise en charge des blessés de guerre (12.000 personnes soignants formées en sept ans dans le cadre des missions de l’UOSSM). L’Afrique aussi, où il a vécu et travaillé.


Il connaît également la route, le cimetière marin qu’est la Méditerranée. Raphaël Pitti est un catholique pratiquant, membre de l’Ordre de Malte, et c’est à ce titre qu’il s’est rendu à Lampedusa en 2009 et 2010, embarqué sur les bateaux des gardes-côtes italiens pour porter assistance à ces hommes, ces femmes et ces enfants.


Enfin, il a vu l’arrivée en France de milliers de migrants, puisqu’il est en première ligne, chargé des affaires sanitaires et sociales à la mairie de Metz, pour organiser leur accueil.


(...) Début décembre, Gérard Collomb réunit les associations au ministère de l'Intérieur, place Beauvau, afin de leur demander de participer au recensement systématique des personnes en situation irrégulière dans les centres d’hébergement. La réunion tourne au vinaigre. Les associations claquent la porte.


Une semaine plus tard, tombe une circulaire qui prescrit un «tri» des migrants pour le droit à l'asile.  «Ce tri ne vous rappelle pas quelque chose?» lance Raphaël Pitti, très en colère, n’hésitant pas à faire le parallèle avec Vichy. C’est la goutte de trop, qui pousse le médecin à rendre son titre d'officier à la Légion d’honneur et à publier sa tribune. Une décision qu’il n’aurait pas imaginée un an plus tôt.


«J’ai, rappelle-t-il, soutenu Macron pendant la campagne, et approuvé son discours humaniste de juin. À l'Elysée, les conseillers du président m'ont reçu sur cette question des réfugiés. Ils m’ont écouté mais rien n’a bougé. Après ma lettre dans Libération, ils ont jugé que j’étais “dur” avec Emmanuel Macron et m’ont suggéré de lui écrire une lettre “factuelle”. J’ai donc envoyé tout un dossier sur la situation des migrants à Metz et j’attends…»


Ce changement de direction de la part du président de la République depuis juin s’expliquerait-il par les sondages? Car selon l’IFOP, en septembre 2017, 53% des Français jugeaient qu’il y a trop d'immigrés en France. Comme dans la plupart des pays, une majorité de Français (64%) est encore «tout à fait d'accord» ou «plutôt d'accord» avec l'idée qu'il y a dans leur pays «des terroristes qui prétendent être réfugiés» tandis que 53% doutent que les réfugiés soient vraiment des réfugiés.


Alors, Raphaël Pitti serait-il de ces individus animés de «faux bons sentiments» qu’a épinglés Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse qu’il tenait à Rome, le 11 janvier? Que pense l'ancien médecin militaire des propos du jeune président de la République selon qui «sur le sujet migratoire, il faut avoir de la détermination, de l’efficacité et de l’humanité»? Réponse: «Tout à fait d’accord! Cette phrase définit une politique; mais dans les faits cette politique n’existe pas! Et c’est bien le problème. Où est-elle cette politique et comment se décline-t-elle?».


Face à l'homme révolté que j'interviewe, je reprends l’«argument-choc» qu’on oppose à ceux qui prônent une politique migratoire plus accueillante. Celle-ci ne ferait-elle pas, en effet, le jeu de l’extrême droite et des populistes, fragilisant à terme notre démocratie?


«L’afflux et le désordre auxquels on assiste traduisent un sentiment d’impuissance, donc d’envahissement, et c’est très exactement de cela que le Front national se nourrit: de l’incapacité de l’État à organiser les choses correctement, rétorque Raphaël Pitti. (...)


«La loi qui est en cours d’élaboration sera sans doute votée mais elle va être attaquée et reproduire des clivages politiques. Or nous ne traversons pas une crise migratoire mais sommes face à un phénomène qui va durer. Il faut donc changer de méthode.»


Jugeant que notre personnel politique «est parfois hors sol», il invite le président de la République et ses conseillers à visiter le camp de Blida à Metz: «Bien plus pertinent que de se rendre à Calais, car les migrants qui sont à Calais ne veulent pas rester en France… Il eut mieux valu venir à Metz, à Paris ou à Lyon…»


Puis, il faut «d’urgence offrir aux réfugiés des conditions dignes». Et enfin, nommer «une personnalité qui porte et symbolise l’accueil et l’intégration républicaine des réfugiés, car si vous voulez une politique humaniste, vous ne la laissez pas entre les mains du ministre de l’Intérieur, sinon c’est d’abord une politique sécuritaire».


À ces conditions, selon Raphaël Pitti, «un nouveau départ est effectivement possible, mais cela doit se faire en concertation. La loi ne peut être seulement élaborée par le personnel politique. Il faut tenir des Assises nationales dans lesquelles les syndicats, les associations et les consciences, églises et libres penseurs, ont leur mot à dire. C’est ainsi que l’on répond à un problème de société!»


Raphaël Pitti avait espéré porter lui-même cette question des réfugiés devant l’Assemblée nationale, en tant que député LREM. Mais sa candidature a été retoquée au profit d’un rival socialiste messin désireux de rejoindre le parti d’Emmanuel Macron. Finalement, confesse-t-il, «c'est tant mieux, car cela me permet de m’exprimer aujourd’hui avec bien plus de liberté que si j’étais député…»


Par Ariane Bonzon, Journaliste

(Photo: Raphaël Pitti (à gauche). | Par Raphaël Pitti.)


> Lire aussi: Immigration. Londres paie pour bloquer les migrants à Calais:

Finis les accords du Touquet, place au traité de Sandhurst, en Angleterre, signé ce jeudi par Theresa May et Emmanuel Macron : 50 millions d’euros à débourser pour le Royaume-Uni et la promesse d’accélérer les procédures d’accueil pour les mineurs isolés…


https://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron/immigration-londres-paie-pour-bloquer-les-migrants-calais-5508756


Via HumdeBut
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HumdeBut's curator insight, January 19, 7:57 AM
Il faut lire cet article, basé sur une interview avec lui, qui explique pourquoi son avis est important. D'abord, il a été un soutien d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, donc c'est intéressant d'avoir son point de vue sur la politique réelle du Président. Ensuite, il connait le sujet: il connait les pays de départ pour s'y être rendu à de nombreuses reprises, il connait la route par la Méditerranée (il a été à Lampedusa) et il organise l'accueil à Metz, puisqu'il est chargé des Affaires sociales et sanitaires de la ville. Et il est révolté.
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Plutôt que de détruire les livres jetés aux ordures, des éboueurs ouvrent une bibliothèque.

Plutôt que de détruire les livres jetés aux ordures, des éboueurs ouvrent une bibliothèque. | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Qu’y a-t-il de plus triste qu’un livre abandonné dans une poubelle ? Fatigués de traiter ce type de déchets, les éboueurs de Çankaya (Turquie), ont pris une initiative personnelle, remarquable et spectaculaire : ils ont mis de côté tous les bouquins ramassés pour leur offrir une nouvelle vie… et ouvrir une grande bibliothèque gratuite et ouverte à tous ! Explications.


Quand l’idée est née, il s’agissait d’abord de créer un lieu réservé aux éboueurs et à leurs familles. Mais l’endroit a accueilli tellement de livres qu’il a vite suscité la curiosité du quartier. Résultat, depuis septembre dernier, la municipalité a rejoint le projet pour le soutenir et permettre l’ouverture de la bibliothèque à tout le monde.


(...) 6 000 ouvrages sont maintenant à la disposition du public. Des bandes dessinées, des romans, des magazines,des revues scientifiques… Si bien que, désormais, même les écoles s’intéressent à cette bibliothèque.


Le maire de Çankaya, sur le site de CNN : « Des enseignants de villages de toute la Turquie nous demandent des livres. » (...)

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Cuba : comment l'embargo a sauvé les abeilles [vidéo]

Cuba : comment l'embargo a sauvé les abeilles [vidéo] | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Cuba est devenu un des paradis pour l'abeille grâce à l'absence de chimie sur l'île. À la chute de l'Union soviétique, le pays s'est retrouvé à court de tout, et notamment de produits phytosanitaires. Cuba n'a alors pas eu d'autres choix que de se tourner vers une agriculture bio. 25 ans plus tard, l'île n'utilise les pesticides que sur les grandes plantations de tabac. Dans le reste de l'île, les abeilles sont parmi les plus heureuses et les plus productives du monde.

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NDDL: le retour sur terres de Stéphane Travert

NDDL: le retour sur terres de Stéphane Travert | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Invité sur l’antenne de Sud Radio, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a déclaré, ce 18 janvier, souhaiter le déploiement de l’agriculture biologique sur les terres de Notre-Dame-des-Landes.


Le ministre de l’agriculture et de l’alimentation n’est pas à un paradoxe près. Après avoir supprimé les aides au maintien aux agriculteurs bio, il propose de faire des «expériences sur l’agriculture agronomique et sur l’agriculture biologique» sur les terres de Notre-Dame-des-Landes. Une occasion, pour lui, de développer l’approvisionnement régional en produits de qualité.


  «Puisque nous avons un projet de loi, suite aux états généraux de l’alimentation, qui arrive le 31 janvier en conseil des ministres, pourquoi ne pas réserver une partie des terres de Notre-Dame-des-Landes à la restauration collective pour des produits en agriculture bio et sous signe de qualité? C’est une idée que je lance», a-t-il déclaré. «Cela pourrait permettre à la région et à la ville de Nantes d’avoir des produits bio et de qualité pour ses cantines», a-t-il ajouté.


«L’agriculture biologique représente déjà plus de 10% de la surface agricole utile en Loire-Atlantique. Cela n’a rien d’une expérimentation», nuance Axel Gayraud, consultant à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.


Clôturant les états généraux de l’alimentation (EGA) le 21 décembre à l’issue de 5 mois de travaux, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé un objectif de «50% de produits bio, locaux et de qualité dans les cantines publiques en 2022». Dans les cantines de l’Hexagone, moins de 3% des achats sont d’origine biologique, selon l’Observatoire national de la restauration collective.


Pourtant l’alimentation bio entraîne de nombreux bienfaits pour la santé, qui ont été recensés dans une synthèse publiée le 27 octobre dans la revue Environmental Health. Les chercheurs énumèrent une baisse de l’obésité, de l’hypertension, du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et du lymphome non hodgkinien (un cancer du sang).


Quid des agriculteurs expulsés? «Ceux qui occupent le site de manière illégale devront s’en aller à partir du 30 mars et ceux qui possédaient des terres et en ont été expropriés ainsi que les propriétaires qui sont restés sur le site pourront rester et travailler pour accompagner le projet sur lequel nous allons désormais travailler. Nous verrons comment les conditions de réappropriation des terres pourront se faire», a complété le ministre de l’agriculture. 


Aujourd’hui, les terres de Notre-Dame-des-Landes forment trois zones. A commencer par les terres expropriées, mais toujours exploitées, qui représentent 600 hectares (ha). Auxquelles s’ajoutent 400 ha de terres (4 exploitations) visées par une procédure d’expropriation en cours. Enfin, les occupants de la ZAD ont lancé des projets agricoles sur une partie des 250 ha occupés. «Il faut que tous ces terrains demeurent agricoles, tout en préservant la grande richesse environnementale de la zone. Pas question de détruire le bocage avec des pratiques intensives mais en le préservant avec des systèmes d’élevage respectueux. Nous avons des projets mais le ministère de l’agriculture ne nous a pas encore contactés», confie Axel Gayraud.


De son côté, le collectif d’opposants à l’aéroport souhaiterait que l’Etat reste propriétaire, comme ce fut le cas au Larzac, et lui propose un bail emphytéotique de 99 ans. Un contrat qui lui permettrait de conclure à son tour des baux avec des agriculteurs et des associations. Une solution toutefois écartée, le 17 janvier, par le Premier ministre. Edouard Philippe a affirmé que "les terres retourneraient aux propriétaires expropriés", qui ne sont pas en majorité des exploitants agricoles. De nouvelles négociations ont déjà commencé.


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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