Nourritures et justice mondiale.
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Mon grand-père aussi était cheminot

Mon grand-père aussi était cheminot | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Mon grand-père était cheminot mais je ne l'ai pas connu, la  maladie l'ayant emporté avant ma naissance. Il allait devenir conducteur de train quand la maladie a cassé son rêve. Ensuite, resté simple cheminot, il a continué de vivre pour les « Chemins de fer », ponctuant les balades familiales à la campagne, à la recherche de champignons ou en route vers les ruisseaux à truites, de remarques rythmant la marche « Ah, c'est l'express de 10h22... ». La légende familiale est ainsi riche d'anecdotes liées aux trains et à la mission de mon grand-père.


Lui et ma grand-mère habitaient une cité d'ouvriers de la SNCF, dans un appartement à l'étage. C'était petit et leurs quatre enfants dormaient dans la même chambre. Mais ils avaient l'eau courante et une vie beaucoup plus agréable que celle qu'avaient vécue leurs propres parents. En effet ceux-ci étaient issus d'un monde rural où, dans son enfance, et dès huit ans, ma grand-mère passait la moitié de l'année à garder des vaches plutôt que d'aller à l'école parce qu'il n'y avait pas assez pour nourrir tout le monde, malgré la frugalité des repas, essentiellement à base de châtaignes en hiver... Des décès nombreux dus à des épidémies et l'aridité de leur vie conduisirent chacun de mes deux grands-parents à quitter au même moment la campagne afin d'aller tenter leur chance à la ville : c'est là qu'ils se sont trouvés et que le fait de rentrer aux chemins de fer, pour mon grand-père, a ouvert l’accès à un certain degré d’ascension sociale et, en prime, au bonheur.


« La cité » avec une vie sociale très riche entre les ouvriers, le train gratuit qui permettait à mes grands-parents de partir le dimanche avec leur progéniture pour pêcher les poissons qu'on allait manger au retour, le sentiment de faire partie de la famille des employés de la SNCF avec les menus avantages liés à ce statut, oui, c'était pour mes grands-parents un privilège qu'ils savouraient (du moins tant que la guerre n'est pas venue mettre du malheur dans la maison). Pour ma mère et ses frères et sœur aussi. Et je réalise maintenant que cela m'a beaucoup plus influencé que je ne l'aurais pensé.


Peut-être, en effet, que c'est dans cette tradition cheminote qu'on peut trouver chez moi les racines de mon absolue solidarité avec les ouvriers et les salariés, avec les chevilles ouvrières de notre société, qui font marcher le système en étant souvent royalement méprisés par ceux qui utilisent leur force de travail pour leur vie de nantis. Il est probable aussi que ma détermination à soutenir la notion de service public s'est ancrée dans cette histoire familiale, que je ne connais pourtant que par ouï-dire.


Si ma grand-mère a arrêté l'école à huit ans, c'est parce que son propre père était mort, et que le manque d'argent avait rendu cela nécessaire. Une fois mère de famille, elle fera des études de ses enfants un combat personnel, combat qu'elle gagnera puisque trois de ses quatre enfants deviendront enseignants. Sa propre fille, ma mère, continuera la lutte, nous permettant d'accéder à des professions de niveau supérieur.


La mort de mon arrière-grand-père, mort jeune alors qu'il travaillait dans une ferme dont il n'était pas propriétaire, n'aurait pas eu les mêmes conséquences quelques années plus tard, après la mise en place de la Sécurité sociale. De même, c'est le statut de cheminot qui a apporté la stabilité et une certaine aisance sociale à la famille de mes grands-parents, sans lesquelles ma mère n'aurait pu acquérir le niveau qu'elle avait.


Comme beaucoup de français, je suis le produit d'un ascenseur social qui a utilisé le labeur comme levier. Pas l'héritage, pas les avantages acquis, non, le travail, et une conception naissante d'une nation qui protège et encourage. Sécurité sociale, service public et Éducation nationale.


Comme nous en sommes loin désormais...
Dans le concert des nations, notre petite musique redistributive et protectrice s'est tue pour participer au chœur du capitalisme triomphant. Nous nous sommes laissés prendre aux discours menteurs et volontairement anxiogènes de ceux qui nous enjoignent d'accepter la perte progressive des acquis sociaux pour ne pas rester « sur le bord de la mondialisation en marche ».


Or, c'est justement en abandonnant peu à peu nos lois sociales et redistributives, en acceptant que nos services publics perdent leur vocation d'être au service du public, et ce, au nom de la concurrence mais, en réalité, pour ne pas concurrencer le capitalisme, que nous allons rester sur le bord, à manger des châtaignes polluées dans un environnement détruit par le réchauffement climatique, à travailler sans limites, pressurés par un management pervers et aux ordres, craintifs d'un chômage inéluctable et anxieux d'une retraite indécente. Et, surtout, sans espoir de bonheur pour nos enfants.


Alors oui, je me sens, je suis « cheminote », je travaille en EHPAD, à la Poste, à Pôle emploi. Je suis étudiante, lycéenne et je défends des études ouvertes à tous, parce qu'on peut être peu performant dans le secondaire et trouver sa réussite à la fac, et que l'université ouverte à tous les bacheliers c'est la seule façon d'éviter qu'encore une fois les enfants de riches, pouvant bénéficier de cours particuliers payants, aient plus de chance que les enfants des pauvres.
Je suis tout cela, et je suis pour que la guerre que les riches mènent aux pauvres et à la classe moyenne soit gagnée par ces derniers.


Les riches n'auraient pas besoin d'un Président ? Alors pourquoi l'ont-ils ?

Le mouvement qui gronde, n'est-il pas le résultat d'une prise de conscience généralisée de la véritable aliénation progressive que nous vivons et dont nous sommes les victimes ? Ne serait-il pas temps que le gouvernement se souvienne qu'il est au service du peuple, que c'est le peuple qui gouverne ? S'il croit que parce qu'on a dupé celui-ci un jour, on va le duper toujours, il commet une grave erreur, et prend, pour l'avenir, une très lourde responsabilité. Espérons que ceux qui orchestrent cette dangereuse marche en avant néolibérale sauront tenir compte des signaux d'alerte et admettre leurs erreurs. Mais, quand on voit la violence dirigée vers les mouvements sociaux contestataires, on peut penser que rien n'est moins sûr, tant le pouvoir semble mépriser ceux qu'il a mis désormais en position d'adversaire au lieu de les servir, c'est-à-dire les citoyens.

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Bernard Friot : « Si Macron gagne son pari de la réforme de la SNCF, il faut se faire du souci pour le reste »

Bernard Friot : « Si Macron gagne son pari de la réforme de la SNCF, il faut se faire du souci pour le reste » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les cheminots sont à nouveau en grève contre la réforme de la SNCF, qui prévoit notamment la suppression du statut de cheminot. Pour Bernard Friot, sociologue et économiste, cette réforme s’inscrit dans une contre-révolution néolibérale contre celles et ceux qui bénéficient d’un salaire à vie.

Bernard Friot est un sociologue et économiste, professeur émérite à l’université Paris X-Nanterre. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Sécurité sociale et le salariat. Son dernier livre, paru en 2017 aux éditions La Dispute, s’intitule : Vaincre Macron.


Reporterre — Pourquoi le gouvernement se focalise-t-il autant sur le statut des cheminots ?


Bernard Friot — Depuis la fin des années 1980, la seconde gauche emmenée par Michel Rocard a lancé une offensive absolument déterminée contre le salaire à la « qualification personnelle », autrement dit contre le statut des fonctionnaires ou de certains salariés comme les cheminots. Cette contre-révolution se prolonge jusqu’à aujourd’hui, Emmanuel Macron étant un parfait « baby Rocard ».


Ce salaire à la qualification personnelle est pourtant la conquête sociale majeure du XXe siècle face au capital ! Macron veut des free-lance, des autoentrepreneurs, afin que la reconnaissance du travailleur s’opère sur un marché — marché du travail ou des biens et services.


Tout au long du XXe siècle, le combat des mouvements sociaux a été d’imposer au capital d’employer les travailleurs. En 1910, le contrat de travail va lier le salaire au poste de travail, et non plus à la tâche. Puis, mieux que ça : le mouvement social va obtenir le salaire lié à la personne même. Au cours du siècle dernier, on assiste ainsi à une lente montée en puissance de ce salaire à la qualification personnelle : en octobre 1946, la loi Thorez sur les fonctionnaires concerne 500.000 personnes. Aujourd’hui, ce sont 5,5 millions de personnes : les fonctionnaires, les salariés à statut (cheminots, EDF, RATP, etc.), la moitié des retraités. Tous ont une forme de salaire lié à la personne, détaché du fait qu’ils aient un poste, ce qu’on appelle aussi salaire à vie.


Et il y a une haine de classe pour ça ! La classe dominante est absolument déterminée à maintenir la reconnaissance sociale du travailleur dans une logique marchande. Accepter que des gens soient payés pour un attribut qui leur est propre, que ce ne soit pas leur poste qui soit qualifié, mais eux, c’est un refus absolu ! L’idée que les travailleurs se libèrent de l’aléa du marché, qu’ils puissent relever la tête parce qu’ils sont titulaires de leur salaire, ça leur est insupportable.


Une classe dirigeante ne défend pas ses sous, elle défend son pouvoir sur le travail, parce que c’est de ce pouvoir qu’elle tire ses sous. Or, ce pouvoir repose sur deux institutions : l’aléa marchand pour la reconnaissance du travailleur — c’est-à-dire le fait que le travailleur soit un individu sur un marché — et la propriété lucrative de l’outil. L’attaque de Macron contre la SNCF porte sur ces deux institutions : l’ouverture à la concurrence (la propriété lucrative de l’outil) et le statut du cheminot (l’aléa marchand pour le travailleur).


- Pourquoi se centrer sur les cheminots plutôt que sur les fonctionnaires ?


- La fonction publique est effectivement le dernier bastion du salaire à vie, mais elle a moins de tradition syndicale combative que les cheminots. Étant donné qu’Emmanuel Macron a pu réformer depuis un an sans coup férir, il fait un pari : s’il gagne contre les cheminots, donc contre les plus combatifs, il pense avoir un boulevard pour les fonctionnaires, dont la plupart partagent un certain défaitisme. Il a donc ajouté cette réforme de la SNCF qui n’était pas dans son programme. De fait s’il gagne ce pari, il faut se faire du souci pour le reste. (...)

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NDDL : l'injustice et le désordre

NDDL : l'injustice et le désordre | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

L'humeur du matin de  Guillaume Erner

" Il fallait intervenir à Notre-Dame-des-Landes…
Oui, il fallait intervenir, le gouvernement l’avait suffisamment répété : préférer l’injustice au désordre, et avoir aujourd’hui l’injustice et le désordre. L’injustice, je le rappelle à ceux qui ont raté les épisodes précédents, c’est la destruction des logis des occupants les plus modérés de la ZAD, et le désordre, c’est la multiplication des dreadlocks sur le site, lesquels s’affichent à la une du Figaro ce matin, ce qui doit être une première.

« Il faut faire évacuer les zadistes, ce sont des occupants sans droits ni titres, ils ne veulent être régularisés qu’à titre collectif » : ça, c’est le message qui a été seriné. Alors quelle solution ? Et bien elle est exposée dans l’excellent magazine, 'demeure historique', je ne sais pas si vous lisez ce journal spécialisé dans les châteaux ? Moi non plus.

Et que trouve-t-on dans ce magazine ? Et bien le récit de familles qui se démènent pour sauver des châteaux, des demeures historiques en France, qui le font en trouvant des formules originales : élevages, hôtels, en louant tout ou partie à des associations, et surtout, surtout, en concluant des baux emphytéotiques avec l’Etat. Ces baux emphytéotiques, sans faire de cours de droit de l’immobilier, permettent d’occuper sans acheter, de louer à l’Etat sur une très longue durée, 99 ans renouvelables.

Pourquoi ce qui est accordé aux châtelains ne le serait pas aux zadistes ? Dans le cas des châteaux, ce sont des familles qui concluent ces baux. Pourquoi ne pas laisser la tribu des zadistes en faire de même ? L’intérêt historique de Notre-Dame-des-Landes n’est plus à prouver puisque cela fait 40 ans que ça dure, puisque ce nouveau Larzac existe désormais dans l’imaginaire collectif au même titre, même si ça n’est pas de la même façon, que Vaux-le-Vicomte.

Le gouvernement se grandirait en laissant NDDL comme espace d’expérimentation sociale. Personne n’est obligé de vivre comme des zadistes, mais tous, nous avons besoin de diversité sociale, car c’est cela une société : un espace ou vivent des châtelains et en même temps, j’ai bien dit en même temps, des zadistes."

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La Cour suprême de Colombie déclare l'Amazonie sujet de droit

La Cour suprême de Colombie déclare l'Amazonie sujet de droit | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Dans une décision historique rendue le 5 avril, la Cour suprême de Colombie ordonne au gouvernement de mettre fin à la déforestation et enjoint les provinces et les municipalités à élaborer un plan d'action dans les cinq mois à venir pour protéger la forêt.


A l'origine de la plainte ? Un groupe de 25 enfants accompagnés par l'ONG colombienne Dejusticia qui ont intenté une procédure à l'encontre de l'Etat colombien au motif que celui-ci ne garantit pas leurs droits fondamentaux à la vie et à l'environnement. Malgré les engagements internationaux de la Colombie pour réduire la destruction des forêts, les statistiques les plus récentes montrent que la déforestation a augmenté de 44% entre 2015 et 2016.


 En vertu d'un dispositif spécifique permettant aux citoyens un examen rapide des plaintes pour violation des droits constitutionnels, ces jeunes Colombiens ont pu saisir la Cour suprême du pays. Dans sa décision, l'instance ordonne à la présidence et aux ministères de l'environnement et de l'agriculture de créer un "pacte intergénérationnel pour la vie de l'Amazonie colombienne" avec la participation des plaignants, des communautés affectées et des scientifiques.


Afin de protéger cet écosystème vital, la Cour suprême a reconnu l'Amazonie colombienne comme une ''entité sujet de droit''. "C'est une décision historique à la fois nationale et internationale", a déclaré César Rodríguez Garavito, directeur de l'ONG Dejusticia et avocat des jeunes plaignants.


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Emmanuel Macron et la question migratoire – Ifri Paris-Bruxelles

Emmanuel Macron et la question migratoire – Ifri Paris-Bruxelles | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
Assez curieusement, la présence de la candidate du Front national au second tour de la présidentielle de 2017 n’aura finalement pas conduit à faire de l’immigration une question centrale de l’élection française.

Le constat est encore plus frappant lorsqu’on fait la comparaison avec les élections qui ont eu lieu depuis aux Pays-Bas, en Allemagne, en Autriche ou en Italie. Emmanuel Macron n’a donc pas été élu sur ce thème.

Néanmoins, le début de son mandat a été fortement marqué par la question de l’asile, dans un contexte général de tensions sur les questions migratoires en Europe, liées à la crise européenne de l’accueil des migrants de 2015. Dès les premières semaines de son mandat, le président de la République s’est vu confronté à la réalité migratoire française, symbolisée par la situation des migrants à Calais, à Paris et à la frontière franco-italienne.

Face à cette situation, la politique mise en œuvre par le nouveau gouvernement n’a pas été marquée par un profond renouvellement. Le discours présidentiel a souligné l’« équilibre » nécessaire entre un objectif d’« humanité » (le respect des obligations internationales de la France en matière de droit d’asile) et un objectif de « fermeté » (des mesures coercitives, notamment en matière de reconduites aux frontières). Or c’est à partir de ce même équilibre que le curseur des politiques françaises n’a cessé d’évoluer depuis 40 ans.

Alors que l’asile avait déjà fait l’objet d’une réforme substantielle, votée trois ans plus tôt, le ministre de l’Intérieur a présenté, en février 2018, un nouveau projet de loi pour « une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », avec des accents restrictifs. Toute la difficulté tient ici à l’inflation législative qui caractérise les politiques migratoires.

Le nouveau projet intervient alors que les effets de la réforme de 2015 n’ont pas été évalués. Il prend également le risque d’être rapidement caduc en raison des négociations en cours sur le régime d’asile européen commun. C’est ce que le Conseil d’État a dit à demi-mot dans son avis du 15 février 2018, lorsqu’il s’est interrogé sur l’opportunité d’une nouvelle loi.

La nouveauté en la matière tient sans doute plutôt à l’implication du président de la République sur la scène européenne et internationale. Ce sont sur ces terrains que les positions de la France auront potentiellement un impact en matière de flux migratoires et de gouvernance. C’était d’ailleurs déjà principalement par le prisme européen que le candidat Macron avait abordé ces questions, en appelant la France à prendre sa juste part dans l’accueil des réfugiés au regard de ce qu’avait entrepris la chancelière Angela Merkel en Allemagne.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a investi le débat européen, en profitant d’un retrait au second plan de l’Allemagne dans la période de négociations sur la coalition gouvernementale qui a suivi les élections allemandes. L’immigration est apparue comme une priorité du président français d’autant plus que la route principale d’entrée des migrants s’est déplacée vers la Méditerranée centrale, après l’accord entre l’Union européenne et la Turquie de mars 2016, et la fermeture de la route de Méditerranée orientale. La France se trouve désormais en seconde ligne, juste après l’Italie.

En raison de ses liens avec les pays africains, la France entend également prendre part aux partenariats pour le contrôle des frontières au sud de la Libye. La présence de soldats français au Sahel y contribue par des moyens policiers et militaires, en collaboration avec les forces de sécurité des pays de la région. Le président de la République a invité l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Niger, le Tchad et la Libye à Paris le 28 août 2017 dans cette perspective.

Il a ensuite annoncé la réinstallation en France de 10 000 réfugiés, dont 3 000 à partir du Tchad et du Niger, et pris la présidence d’un groupe de travail européen sur la réinstallation des réfugiés sur la route de Méditerranée centrale. Il reste à la France à mieux définir l’ambition et les contours de cette politique extérieure. Plus particulièrement, la question est celle de l’équilibre à trouver entre, d’une part, les objectifs annoncés dans le débat politique interne (l’arrêt de l’immigration irrégulière et l’augmentation du nombre de retours de migrants) et, d’autre part, les enjeux liés aux relations de la France avec les pays africains, notamment en termes de stabilisation de leurs institutions et de leur développement social, économique et humain.

Or, en externalisant toujours plus au Sud le contrôle des frontières de l’Europe, les politiques européennes prennent le risque de déstabiliser des mobilités qui sont avant tout régionales et d’augmenter le volume et la dangerosité des migrations vers le Nord. Cela pourrait conduire à moins de développement social et économique dans les régions de départ, à plus d’insécurité et de trafics sur la route empruntée par les migrants, et à un plus grand nombre de candidats à l’immigration irrégulière en Europe, sans parler de la fragilité accrue des populations en besoin de protection internationale qui se trouvent dans ces zones.

L’équation politique est donc fragile. Il s’agit de faire comprendre à l’opinion publique française que les résultats recherchés à court terme peuvent aller à l’encontre de l’intérêt des pays de départ et de transit comme des pays de destination, dès lors qu’ils s’inscrivent tous dans un même système migratoire complexe et interdépendant.

Christophe BERTOSSI et Matthieu TARDIS pour le Centre migrations et citoyennetés de l’Ifri.


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L'économie circulaire cherche sa voie pour s'imposer en France

L'économie circulaire cherche sa voie pour s'imposer en France | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Préserver les ressources et limiter l'impact environnemental: ambitieuse dans ses objectifs, l'économie circulaire progresse en France au travers de multiples initiatives mais cherche encore sa voie pour réellement s'imposer.


Face au modèle dominant dit linéaire, qui consiste à extraire des matières premières, fabriquer des produits, les consommer et les jeter, l'économie circulaire privilégie un circuit fermé de la matière. Objectif: limiter la consommation de ressources et les rejets de déchets.


Pour cela, elle compte sur des pratiques visant à optimiser l'utilisation de la matière (l'éco-conception, le recyclage) et des produits (allongement de leur durée de vie par la réparation ou le réemploi, location).


(...) Au moment où le gouvernement s'apprête à publier sa feuille de route pour développer l'économie circulaire, la France "n'a pas à rougir" de sa situation, selon Alain Geldron, l'expert en matières premières de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).


Elle est "très dynamique, assez novatrice, par exemple la pénalisation de l'obsolescence programmée est regardée avec beaucoup d'intérêt dans de nombreux pays", estime-t-il.


Cette mesure a été introduite par la loi de transition énergétique de 2015, qui a également fixé une série d'objectifs en matière de tri et de recyclage, tels que la valorisation de 65% des déchets en 2025.


(...) Il existe une multitude de petits acteurs et d'initiatives locales. A côté de cela, certaines filières (automobile, pneumatique, chimie etc.) et grandes entreprise ont aussi commencé à s'emparer du concept, notamment en matière de gestion de déchets. (...) Mais il reste encore du chemin à parcourir avant que le mouvement ne se généralise.


"C'est compliqué (...) parce que potentiellement il faut tout repenser, puisque ça touche à tous les domaines, à la production, la consommation, la formation, la recherche et le développement...", indique M. Aggeri.


Un tel changement de modèle économique ne peut se réaliser que de façon progressive sur plusieurs années. Et pour y parvenir, des incitations, notamment financières et règlementaires, sont nécessaires, s'accordent les experts du secteur.


"C'est une conjonction d'outils qui va nous permettre de progresser sur le développement d'une économie plus circulaire", affirme M. Geldron, qui rappelle la nécessité d'inciter les entreprises, mais aussi les consommateurs.


(...) Le monde associatif milite également pour privilégier le réemploi et la réparation, avant d'avoir recours au recyclage, un secteur qui capte, selon lui, une grande partie des soutiens financiers.


"On demande à la fois un objectif de réemploi réglementaire et un soutien financier aux emplois sacralisé dans la loi", décrit à l'AFP Alma Dufour, chargée de campagne chez Les Amis de la Terre. Porté par des "structures de solidarité", le secteur du réemploi souffre "de la fin des contrats aidés". (...)


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Au Parlement européen, Emmanuel Macron n'a pas du tout apprécié le cadeau de cet eurodéputé belge

Au Parlement européen, Emmanuel Macron n'a pas du tout apprécié le cadeau de cet eurodéputé belge | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

La politique française s'est largement invitée à l'intérieur du Parlement de Strasbourg où Emmanuel Macron s'est adressé ce mardi 17 avril aux eurodéputés. A l'issue du discours d'une vingtaine de minutes du président de la République, chaque groupe avait la parole pour lui répondre.

C'est à cette occasion que l'élu écologiste belge Philippe Lamberts a largement critiqué ce que le gouvernement d'Edouard Philippe fait en France depuis bientôt un an. Le porte-parole des eurodéputés écolos a adressé quelques bons points, comme l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais c'était pour mieux dénoncer l'action des forces de l'ordre qui "écrasent dans la violence les projets de celles et ceux qui inventent depuis des années une autre manière de vivre".

Il a dénoncé la loi asile, "ses procédures expéditives, recours non-suspensifs, détentions administratives" mais il a surtout critiqué la politique économique menée, reprenant l'une des expressions favorites du chef de l'Etat: "les premiers de cordée". "Dans nos sociétés, cette corde n'existe plus: les riches s'enrichissent, les classes moyennes stagnent et se précarisent tandis que les plus fragiles sont abandonnés à leur sort", a-t-il lancé, concluant son propos en offrant une corde à Emmanuel Macron, comme le montre la vidéo en tête d'article.

Ce dernier lui a ensuite répondu de manière virulente. "Vous pouvez tenir des propos d'estrade car vous avez le confort de ce salon. Au nom du respect que j'ai pour ce Parlement, je ne peux vous laisser dire des bêtises et contre-vérités", a balayé le chef de l'Etat.


> Voir la vidéo

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Les mensonges dangereux de M. Macron

Les mensonges dangereux de M. Macron | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

M. Macron a exprimé dimanche 15 avril une position sans concession sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. S’appuyant sur un apparent bon sens et sur de fausses évidences, son discours est viscéralement mensonger. Et dangereux.
 
Dimanche soir 15 avril, le président de la République, Emmanuel Macron, a répondu longuement aux questions de Jean-Jacques Bourdin, de BFM, et d’Edwy Plenel, de Mediapart. Quelques minutes de ce long échange ont été consacrées à Notre-Dame-des-Landes. Vous pouvez en lire le décryptage complet ici. Ses propos, loin de contribuer à un apaisement nécessaire, annoncent une volonté de recourir encore davantage à la force. Mais les arguments de M. Macron sont très mal fondés, pour ne pas dire mensongers. Décryptage.

- « Alors que le projet a été abandonné, les gens continuent à protester. » Non, les zadistes ne protestaient pas après l’abandon du projet d’aéroport en janvier. Au contraire, ils s’en sont réjouis, et depuis, se tournaient vers l’avenir en développant les projets de toutes natures, à base agricole, qui ont été lancés tant bien que mal depuis des années. Ce contre quoi ils se défendent maintenant, c’est contre l’opération militaire qui crée le désordre sur ce territoire.

- « On a voté un référendum local ». Non, il n’y a pas eu de référendum, et le président de la République, gardien des institutions, devrait le savoir mieux que quiconque. Il y a eu consultation. La différence ? Un référendum est une convocation du peuple souverain, dont la décision, exprimée par le vote, s’impose avec la force de la loi. Une consultation, eh bien, c’est une consultation : on prend l’avis des gens, mais sans que cela ait de conséquence juridique. De surcroît, cette consultation sur le projet d’aéroport était biaisée dans son principe, puisqu’elle ne concernait que les habitants de la Loire-Atlantique, alors que l’aéroport, dit « du Grand ouest » concernait les régions de Pays-de-Loire et de Bretagne, dont les habitants auraient dû participer à la consultation. Si cela n’a pas été fait, c’est parce que les dirigeants de l’époque sentaient bien que le résultat serait négatif.

- « Pourquoi les gens qui étaient à la ferme des Cent Noms depuis dix ans, ils n’ont jamais voulu créer une de ces formes là ? » [forme collective d’exploitation agricole]. Mais parce que c’était impossible ! Pendant toutes ces années, le territoire et ses habitants étaient en lutte contre le projet d’aéroport et devaient faire face à des menaces récurrentes d’opérations policières. Cela n’aurait eu aucun sens de former un dossier officiel qui aurait été évidemment refusé puisque les terres devaient être occupées par un aéroport.

- « Je vais avoir moi un projet alternatif, je vais aller m’installer dans votre salon… » Cet apparent bon sens est foncièrement malhonnête, puisque les habitants de la Zad occupent des terres publiques, qui n’ont aucune destination précise depuis plusieurs mois. Il n’y a pas ici d’atteinte à la propriété privée.

Le point d’orgue de la supposée démonstration mérite d’être cité en long :

- « Et pour nos concitoyens les plus modestes, le retraité, la personne qui paye ses impôts, qui paye pour avoir une maison, qui paye son loyer, paye dignement ses impôts, et l’agriculteur qui paye ses terres… vous pensez que je peux maintenant aller lui expliquer : “Il y a des gens qui ont une idée formidable, une idée fumeuse, ils payent pas les terres, se conforment à aucune règle, produisent du lait sans aucune règle… Les règles de santé publique, c’est pas les leurs, ils ont un projet alternatif, c’est formidable, on paye plus rien, il n’y a plus de règles". Je peux les regarder en face ? »


La ficelle est trop grosse : diviser les gens, les petits, qu’ils se jalousent, qu’ils se haïssent entre eux. De la part de celui qui a encore allégé l’impôt sur les grandes fortunes, invoquer l’égalité devant l’impôt est d’un cynisme achevé. Mais ne doutons pas que cela puisse marcher. Il faut donc démonter cet argument.
D’abord, il est fort probable que vu la façon de vivre très sobre des habitants de la Zad et leurs faibles revenus monétaires (c’est un choix pour beaucoup d’entre elles et d’entre eux), ils ne sont pas assujettis à l’impôt sur le revenu.


Ensuite, s’il s’agit de faire payer les impôts, pourquoi ne pas avoir envoyé 2.500 gendarmes contre la multinationale Amazon — entre autres — qui a longtemps pratiqué une évasion fiscale faramineuse ? Ce n’est que récemment qu’un compromis a été trouvé avec l’administration fiscale, qui reste d’ailleurs secret, et ne nous dit pas ce qu’a effectivement payé Amazon. On attend donc la même férocité de M. Macron à l’encontre de tous ceux qui pratiquent l’évasion fiscale pour un montant évalué par les experts à 60 milliards d’euros par an.

- « La République, c’est permettre des projets alternatifs, nous en avons sur le terrain avec des gens sérieux. » Ah bon ? De quoi s’agit-il ? En matière agricole, la situation empire au contraire, avec des difficultés énormes à l’installation des jeunes paysans, avec un système verrouillé par les chambres d’agriculture et la FNSEA, qui privilégient l’agrandissement des exploitations existantes, avec une politique par exemple contraire au pastoralisme ou remettant en cause les aides aux territoires défavorisés.

- « Je crois à l’égalité. » Une croyance radicalement contredite par sa politique fiscale. 46 % des gains liés aux baisses d’impôts engagées par Emmanuel Macron et son équipe iront vers les 10 % les plus riches, a relevé l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).

- « Une soixantaine de gendarmes ont été blessés lors des évacuations. » C’est exact. Les plus gravement atteints l’ont été par l’explosion d’une grenade explosive dans leurs propres pieds, à la suite d’une mauvaise manipulation, le lundi 9 avril — une information sur laquelle les autorités maintiennent un secret pesant. De même qu’elles laissent utiliser des grenades dangereuses et à la composition toujours inconnue, alors que de nombreux signes laissent penser que leur dangerosité est accrue. Tant pour la santé des civils que pour celle des militaires, il est indispensable que la transparence soit faite sur ces armes.

- « L’ordre républicain. » L’expression est répétée quatre fois dans ce passage. Mais l’ordre républicain est un pur effet de style, qui n’a aucun contenu juridique précis (à la différence, par exemple, du concept d’« État de droit »). En fait, cette expression répétée comme une incantation a un rôle idéologique précis : faire accepter une politique « d’ordre », c’est-à-dire autoritaire et répressive, en l’habillant de la valeur positive que représente la République.

La démarche idéologique de M. Macron apparaît encore mieux dans la phrase suivante :

- «On n’unira pas le pays par l’inaction [face] à la tyrannie de certaines minorités, habituées à ce qu’on leur cède en refusant de transformer le pays. [Transformer le pays,] c’est le mandat pour lequel j’ai été élu.»


Les zadistes — comme les cheminots, les étudiants, les salariés des Ephad, les éboueurs, etc. — seraient des minorités qui exercent des tyrannies. L’inversion du langage est une ruse du pouvoir : le tyran accuse les rebelles de son propre vice. Quant à l’enjeu essentiel, il est de « transformer le pays » : en imposant sa façon de transformer le pays qui est, on le sait, le néolibéralisme à plein, et donc en refusant, en écrasant, en récusant toute possibilité alternative, coopérative, collective.


Précisément ce que représente la Zad. Et c’est pourquoi il faut l’écraser. Par la force, par la tyrannie, par la brutalité. Les mensonges de M. Macron poussent au désordre, au rapport de forces, à l’affrontement. À la violence. Ce sont des mensonges sanglants.


Hervé Kempf

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Secret des affaires : le législateur n’est pas tenu à une transposition servile

Secret des affaires : le législateur n’est pas tenu à une transposition servile | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le Sénat va prochainement examiner la proposition de loi sur le « secret des affaires ». Le texte est lourd de menaces pour la liberté d’expression. Pourtant, rien n’impose à la France de faire une transposition servile de la directive.

Le 18 avril, le Sénat examinera la proposition de loi sur le « secret des affaires », en procédure accélérée. Le texte est lourd de menaces pour la liberté d’expression. Dans ce texte, la liberté d’expression n’est plus au sommet de la hiérarchie des valeurs. S’il est adopté, le secret sera la règle et la liberté d’expression l’exception. La notion de « secret des affaires » est y très étendue. Le texte protège toute information, « dès lors qu’elle a une valeur commerciale, effective ou potentielle, parce qu’elle est secrète ».


Le secret des affaires menace particulièrement les journalistes et les lanceurs d’alerte. S’ils sont poursuivis pour violation du secret des affaires, ils devront démontrer au juge qu’ils ont agi dans l’intérêt général. S’ils perdent leur procès, ils devront réparer intégralement le préjudice causé à un acteur économique. Certes, la loi prévoit que la personne poursuivante pourra, si sa demande est rejetée, être condamnée au paiement de 20 % des sommes demandées. Mais la dissuasion est faible pour des acteurs qui ont les moyens et la volonté de faire obstacle à la diffusion d’informations.


Au final, rien n’impose à la France de faire une transposition servile de la directive. Rien ne lui impose de renoncer pour cela à un haut degré d’exigence pour les libertés fondamentales. Une protection aussi étendue n’est pas nécessaire pour protéger des secrets ayant valeur commerciale directe pour leurs détenteurs, sur le marché concurrentiel. Le champ d’application de la loi pourrait ainsi être pertinemment limité.


De même le secret des affaires ne devrait pas interdire la divulgation d’informations sur l’impact environnemental d’une activité, sur les relations entretenues avec les sous-traitants et les filiales, ou encore sur l’optimisation fiscale. Et c’est plutôt l’acteur économique qui se prétend lésé qui devrait démontrer que l’information a été divulguée dans un but lucratif. C’est le droit commun : la charge de la preuve incombe au demandeur. L’enjeu est d’importance.


La question n’est pas de savoir s’il est pertinent de mieux lutter contre l’espionnage économique et de préserver les intérêts économiques et commerciaux des entreprises européennes. Elle est de savoir si, pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de trahir le principe de la liberté d’expression, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme qui proclame : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

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Pourquoi ces milliers de gens venus sur la Zad

Pourquoi ces milliers de gens venus sur la Zad | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
Ils arrivent du Loir-et-Cher, des Côtes-d'Armor, de Loire-Atlantique et de toute la France. Plutôt pacifistes, ils dénoncent surtout la mise en cause d'une expérience alternative.

La Zad de Notre-Dame -des-Landes, c'est la toute première fois qu'il y met les pieds. En ce dimanche matin, Michel, éducateur de 63 ans, marche sur la RD81, après que son sac a été fouillé par les gendarmes, dans le bourg de Vigneux-de-Bretagne. Direction, le coeur de la Zad. Avec lui, quatre amis qui suivent de près l'actualité des lieux.

Michel, venu du Loir-et-Cher, a fait près de trois heures de route pour « défendre l'intelligence qu'il y a dans la Zad. On n'est pas venu pour taper du flic.» Non, de violence, ils ne veulent pas. Tout comme ces milliers de militants déboulés de la France entière (en témoignent les plaques des autos). Et en particulier de Bretagne.

(...) Pourquoi reviennent-ils maintenant que l'aéroport est abandonné? «C'est insupportable que l'État n'arrive pas à mettre tout le monde autour de la table, avant de commencer à envahir la zone et à démolir. On fait passer les gens qui vivent sur la Zad pour des violents, de la graine de terroriste», regrette Yves..«Alors que ce sont des gens qui essaient d'inventer un autre modèle, une autre agriculture, un autre partage», continue Nanda. (...)

> Lire aussi: Zad. Des « professionnels de la confrontation » pour Gérard Collomb
Le ministre de l’intérieur a dénoncé ce lundi 16 avril sur Radio Classique les « professionnels de la confrontation » à propos des renforts venus soutenir les opposants à l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, affirmant que certains participent également aux blocages d’universités.

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Emmanuel Macron, le pouvoir et l'argent par Pouria Amirshahi

Emmanuel Macron, le pouvoir et l'argent par Pouria Amirshahi | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

En cherchant à déminer les risques de convergence des « colères » qui colorent la tension sociale, le chef de l'État a justifié sa politique par un discours libéral souvent repris du... vieux monde.

Les amoureux et spécialistes des interviews présidentielles se feront un plaisir de décortiquer cet exercice inédit, qui marque un tournant bienvenu en la matière. L’affiche en elle-même avait une certaine intensité, qui devait sans doute autant au moment social exceptionnel de l’ère Macron qu’au duo inédit d’intervieweurs (Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel). La Syrie a donné le ton (voir l'article de Denis Sieffert) : la parole présidentielle ne suffira pas et les intervieweurs ne sont pas là pour servir la soupe. Ils se posent avant tout comme journalistes « relais » des citoyens. Côté Macron, les réponses se font sans note, avec aisance. (...)


Mais l’objectif du président de la République est clair : déminer les risques de convergence des « colères » qui colorent la tension sociale qui s’est installée dans le pays. Certes, le fondateur d’En marche ! n’a pas manqué de rappeler qu’elles préexistaient à son élection, voire qu’elles en sont pour partie la raison… Une façon de répondre à Edwy Plenel qui lui rappelait son véritable péché originel de légitimité du fait des conditions de son élection.


Pas sûr qu’il soit parvenu à convaincre et à renouer le dialogue… notamment lorsqu’il livre son diagnostic. Ainsi par exemple quand il énonce que la crise dans les hôpitaux est d’abord la faute des citoyens « qui se rendent trop facilement aux urgences pour se faire soigner » (alors même qu’il reconnaît la grande difficulté à trouver des médecins dans certains territoires).


Ou encore lorsqu’il refuse de concéder à Edwy Plenel la responsabilité des actuels dirigeants de la SNCF dans la situation des salariés. Sa persévérance à ne pas répondre à Jean-Jacques Bourdin qui a invoqué avec insistance le contraste saisissant entre ceux qui, depuis un an, s’enrichissent toujours plus et tous les autres ne l’aura pas aidé…


Emmanuel Macron a nettement justifié sa politique en faveur des plus riches, conçue comme le point de départ d’une relance du pays, qui, lui, devra attendre les effets bénéfiques de ces choix. En attendant, assume-t-il, « l’argent on le trouve… pour nos priorités ». Qui a dit qu’ « il n’y a pas d’argent magique » ? S’il affirme « ne pas croire à la théorie du ruissellement » (NDLR : quand les riches iront mieux, les autres suivront), les premiers de cordée restent la cible car il demeure persuadé, comme François Hollande avant lui, qu’alléger leurs impôts évite qu’ils « quittent le pays » et leur permet au contraire de « réinvestir ».


La rhétorique libérale est bien en place et s’il fallait bien qu’il se dise « intraitable contre la fraude fiscale » (entre 60 à 80 milliards d’euros par an), le président de la République n’a pas bougé d’un iota sur son agenda économique et fiscal. La redistribution n’est pas à l’ordre du jour, même s’il affirme comme presque tous les pouvoirs ou presque depuis Raymond Barre qu’il entend « baisser les cotisations de tous les travailleurs de France pour que le travail paie mieux ». Là encore, le vieux monde…


Sur le terrain des libertés publiques, c’est du Collomb sur toute la ligne. Autrement dit, face à la « tyrannie de certaines minorités », Macron veut croire « en l’ordre républicain » : répression à Notre-Dame-des-Landes contre les « occupations illégales », renvoi de tous les migrants non régularisés, maintien de l’autorisation de rétention des enfants car « sinon cela favorisera les filières ». Celui qu’on avait connu plus ferme sur les grands principes s’est même laissé aller de façon inquiétante à justifier les propos de Gérard Collomb sur le risque de « submersion migratoire » que courrait, selon lui, la France. (...)


Enfin, dans un moment d’hésitations inhabituelles sur ce le thème de la laïcité, Emmanuel Macron a finalement osé répondre à un Bourdin soudainement crispé sur la question de l’Islam qu’il « respecte » les femmes voilées, rappelant sa doctrine d’apaisement : « L’État est laïque, pas la société. »


Pas une seule fois, il n’aura évoqué l’écologie ou le climat. Il n’aura rien dit sur l’Europe, sauf pour en décrire lui-même les mécanismes d’évasion fiscale organisée de l’Irlande à Malte en passant par les Pays-Bas et le Luxembourg, parfois au profit de grandes fortunes françaises.

Mais pas question de « donner des instructions à Bercy » contre le groupe Pinault qui aurait selon Mediapart « évadé » 2,5 milliards d’euros. Macron préfère affirmer platement qu’il entend œuvrer pour la « convergence sociale et fiscale » entre les pays membres de l’Union. Velléitaire quand ça l’arrange, le président de la République, a affirmé « s ‘en remettre aux parlementaires », faisant ainsi mine de respecter un Parlement qu’il n’avait pourtant pas hésité à contourner lors des ordonnances sur la loi Travail notamment. (...)

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Notre-Dame-des-Landes : sur la Zad, manifestation sereine et déterminée

Notre-Dame-des-Landes : sur la Zad, manifestation sereine et déterminée | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
Dans la lumière des lampes frontales, l’euphorie est magnifique.

La zad vivra ! La zad vaincra ! pic.twitter.com/31wUgvm9N7
— Zone À Défendre (@ZAD_NDDL) 15 avril 2018

22h00 - « Incroyable », s’exclame au téléphone un témoin. On entend autour de lui des cris de joie. « Une journée qui se finit en apothéose », s’exclame un autre, qui répète, « Mais c’est dingue ». « On a réussi » reprend le premier, « on amène la charpente de la halle, construite cet après-midi, vers l’emplacement même du Gourbi. »


Les zadistes et leurs soutiens sont passés à travers les champs depuis la prairie où, cet après-midi, les charpentier(e)s construisaient la structure en bois. Les gendarmes ont quitté le carrefour de la Saulce il y a une heure à peu près. Y sont maintenant positionnés six tracteurs amis, dit « vigilants ». Un convoi de 300 personnes environ porte la charpente, écarte la haie quand c’est nécessaire, chante et rit (...).


Le cortège s’approche du carrefour de la Saulce et va progresser par le chemin jusqu’au Gourbi, à quelques centaines de mètres. (...)

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Asile, SNCF, université, ZAD: treize voix de la mobilisation contre «Macron et son monde»

Asile, SNCF, université, ZAD: treize voix de la mobilisation contre «Macron et son monde» | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Treize invités, dont Olivier Besancenot et la députée LREM Delphine Bagarry, expliquent pourquoi et comment ils se mettent en mouvement. 

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Notre-Dame-des-Landes: des zadistes saisissent le Défenseur des droits

Notre-Dame-des-Landes: des zadistes saisissent le Défenseur des droits | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Avenir des projets agricoles, violences policières : retour sur l’actualité brûlante de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, avec des occupantes, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, et le député européen José Bové, en duplex de Strasbourg.

> Vidéo 1: Projets agricoles : « Le gouvernement nous demande de mentir, de ne pas être solidaires les uns des autres »
Avec Sarah, éleveuse de brebis et membre du collectif des Cent Noms, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, et José Bové, député européen du Groupe des Verts/Alliance libre européenne.


> Vidéo 2: Violences policières et négociations:

Avec Luce Fournier, du collectif VigiZAD, qui annonce saisir le Défenseur des droits.

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Une zone de non-droit la ZAD ? - Carte blanche

Une zone de non-droit la ZAD ? - Carte blanche | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Après la semaine d'affrontements intensifs qui vient de se dérouler sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, à la fois choqué par la brutalité des interventions et touché par la destruction de lieux que j'avais eu la chance de fréquenter l'été passé, j'ai écrit un court texte à la fois de soutien à la ZAD et en souvenir de mon passage sur place.


Je ne sais pas vous, mais pour moi, c'est une semaine d'écoeurement qui vient de passer. On a beau en entendre parler à longueur de journée, s'en révolter, s'énerver, se bouger, résister, le combat qui est aux prises en ce moment à Notre-Dame-des-Landes est cette face laide, brutale et désarticulée du pouvoir qui perd le nord, toujours un peu plus à l'ouest. Beaucoup a déjà été écrit et relayé, ce n'est pas facile de trouver à y redire quand la marée est enclenchée. Mais voilà, face à la violence, quelle autre arme que l'écriture pour parer un tant soit peu à l'impuissance?


Les 100 noms. Le premier jour de mon arrivée, c'est là que j'ai été accueilli. Ironie du sort, depuis plusieurs semaines le mouvement d'occupation contre l'aéroport et son monde avait établi que certains lieux sur la zone se relayeraient pour héberger, informer et aider à s'intégrer ceux qui, comme moi, arrivaient là sans rien connaître, convaincus ou non, émerveillés ou pas encore et qui ne demandaient qu'à ouvrir les yeux. C'est là que j'étais arrivé, par hasard, dans leur semaine d'accueil. Avec un couple qui m'avait pris en stop, curieux lui aussi, pour un soir, de découvrir les lieux; on partageait ce sentiment diffus, profond, pas tout à fait identifié qu'il y avait quelque chose à trouver.


Alors voilà, dans le grand champ des 100 noms, on s'est pointé. A l'arrivée, Guillaume, grande silhouette à la jeune barbe brune battue par la lande, short troué-coupé dans un vieux jeans à mâchonner sa tige de blé, nous a accueillis comme si on était chez nous. Nous ne l'étions pas, chez nous, dans ce champ iconoclaste, à l'ombre d'un grand pin entre poules et moutons, juste ébahis par l'éolienne que les gaillards avaient bâtie de leurs propres mains pour subvenir à leurs besoins; nous ne nous connaissions pas, nous ne venions pas du même endroit; nous n'avions pas pris rendez-vous; mais nous étions bienvenus. Rarement j'avais eu cette sensation de liberté: j'étais n'importe où sans y connaître rien et je m'y sentais bien. (...)

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Zad de Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement et M. Hulot restent intransigeants

Zad de Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement et M. Hulot restent intransigeants | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Nicolas Hulot a confirmé la date butoir du 23 avril pour le dépôt des formulaire simplifiés. Il n’a pas fait un geste vers les habitants de la Zad, auxquels il a enjoints d’« arrêter le combat » et de ne pas confondre « écologie et anarchie ». Il a même vanté la retenue des gendarmes. Retrouvez le fil de ce mercredi, heure par heure, sur Reporterre.

19 h 25 : Jean-Marie Dréan, des Naturalistes en lutte, a participé à la réunion avec Nicolas Hulot et la préfète Nicole Klein, ce mercredi après-midi à la préfecture de Nantes. Contacté par Reporterre, il revient sur les discussions :

« De notre côté, on a vu très peu de nouveauté par rapport à la déclaration d’Édouard Philippe le jour de l’abandon de l’aéroport. On fait des rencontres mais on n’a pas l’impression de faire des négociations. Pour le reste, on ne peut pas se prononcer avant d’être revenu vers l’assemblée du mouvement. Donc, on ne peut faire que très peu de déclarations.

À l’issue de la réunion, il reste un point de blocage très fort entre déclaration individuelle et déclaration globale, collective. La ligne de front là-dessus ne bouge pas beaucoup. Le danger est de voir sacrifier la zone naturelle à une espèce d’affirmation d’autorité par rapport au fait qu’il faut se déclarer individuellement et faire une agriculture économiquement viable.

Nous avons de nouveau présenté notre proposition de convention globale. Il s’agit de se déclarer collectivement sur des terres collectives. Et il n’y a pas de volonté d’anonymat là-dedans. On n’essaie pas de se cacher derrière une convention collective, par contre on affirme la gestion collective qui, d’un point de vue environnemental, peut être vraiment couronnée de succès et permet des inventions sur des manières de vivre en préservant l’environnement et la biodiversité.

Cette proposition a de nouveau été refusée avec très peu d’explications. On nous a fait la demande que les personnes se nomment. On leur a répondu qu’on n’avait pas de volonté d’anonymat et qu’on voulait bien se nommer collectivement. Après, comme dans les autres rencontres, la porte n’est pas complètement fermée mais elle n’est pas totalement ouverte non plus.

Mais Nicolas Hulot ne s’est pas présenté comme quelqu’un disposant d’une marge de manœuvre. Il a répété les paroles du Premier ministre et a dit qu’il avait très peur qu’on bloque là-dessus alors qu’on porte un projet écologique. Il ne s’est pas présenté comme une personne qui pouvait avoir les clés. Il avait un petit côté suppliant : s’il vous plaît, bougez, sinon cette zone extraordinaire va disparaître. »


(...) Le ministre de la Transition écologique et solidaire a déclaré que la date butoir du 23 avril pour le dépôt des formulaires simplifiés était maintenue. « La genèse de ce combat qui dure depuis des années était la préservation des terres agricoles, de la zone humide et de la biodiversité. Sauf à me tromper, je pense que ce combat a été atteint. Le sentiment que j’ai — je le dis en toute prudence — est qu’à un moment, il faut cesser un combat qu’on pense avoir gagné », a-t-il déclaré, appelant à « [ne pas rentrer] dans une spirale de postures et de violence, ne [pas confondre] écologie et anarchie ». Enfin, il a vanté la « retenue des gendarmes, qui n’ont pas cherché le contact », négligeant la violence extrême déployée par les forces de l’ordre les dix derniers jours.


La déclaration intégrale de Nicolas Hulot:

« J’ai eu cet après-midi deux réunions : une à l’instant avec différents élus des territoires autour de Notre-Dame-des-Landes, différentes organisations agricoles, la chambre d’agriculture, et une autre avec la délégation des opposants au projet d’aéroport.


Certains élus ont témoigné de leur volonté de sortir le plus rapidement possible d’une situation qui entraîne la gêne, voire l’exaspération de celles et ceux qui subissent les conséquences de la situation qu’on connaît.


D’autre part, j’ai rencontré la délégation. Il n’y a pas d’autre issue que de saisir la main que le gouvernement leur a tendue dès le 17 janvier, quand le Premier ministre a annoncé l’abandon du projet d’aéroport.


Nous avons un sentiment de tristesse et de gâchis, que j’espère provisoire, devant une situation qui ne devrait pas prendre cette tournure. J’ai rappelé que quand le gouvernement a été nommé, il n’était pas acquis qu’il renonce à la construction de l’aéroport. Le gouvernement a conduit, à travers une médiation, une réflexion qui a abouti à la décision de ne pas construire d’aéroport.


De surcroît, et c’était le souhait de nombreux opposants, l’État n’a pas renouvelé la déclaration d’utilité publique de l’aéroport. Mieux encore, l’État a donné la possibilité, dans un cadre absolu de droit, à celles et ceux qui le souhaitent — y compris aux personnes expulsées — de présenter un projet à dimension agricole. (...)


C’est ce que j’ai réitéré aujourd’hui. Le Premier ministre a rappelé que le 23 avril était une date importante, que le gouvernement avait pris une décision difficile qui lui est encore parfois reprochée, et que c’est désormais à celles et ceux qui habitent le lieu de faire le pas en avant demandé. Ils auront tout le temps après. Ils pourront par la suite s’organiser de manière collective et renouer avec le sens de leur projet, mais avec un principe absolu que tout le monde peut comprendre et souhaiter, qui est le respect absolu de la légalité et un traitement à égalité pour tous en respectant la propriété privée.


J’ai appelé à la raison parce que se dire que surmonter toutes ces années difficiles, tendues et délicates pour s’échouer dans un tel désordre alors qu’il existe une volonté partagée… Je pense qu’il n’y a aucune difficulté que nous ne pourrions résoudre dès lors que chacun confirmera sa volonté de revenir dans un cadre légal. (...)


D’ici le 23 avril, ce que l’État et la préfète demandent, c’est que les projets soient un minimum définis avec des noms et des parcelles convoitées. La préfète en a montré le canevas, c’est un formulaire qui semble à la portée de tous. Ensuite les projets rentreront dans un cadre habituel d’évaluation. De surcroît, il est possible de générer collectivement un projet qui a du sens, tourné vers l’avenir et favorisant des modèles agricoles innovants. Ce serait une manière de sortir de la situation par le haut. (...) »

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Grèce : Les naufragés de Samos,  par Angélique Kourounis

Grèce : Les naufragés de Samos,  par Angélique Kourounis | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Dans les îles grecques, les candidats à l’asile attendent dans des conditions indignes de savoir s’ils pourront rester en Europe.

Les cris d’une femme résonnent dans tout l’hôpital. Elle pleure, hurle sa détresse. Soutenue par deux hommes, elle erre dans les couloirs… Elle vient de reconnaître les siens, tous noyés dans le plus terrible naufrage de ces deux dernières années en mer Égée, au large de l’île de Samos : dix-sept morts et trois disparus, dont plusieurs enfants. « Cela faisait longtemps que nous n’avions pas connu ça », lâche Anastasia Theodoridou, l’assistante sociale de l’hôpital. Notre rendez-vous sera écourté, elle doit s’occuper des survivants.

Cette catastrophe intervient deux ans après la signature de l’accord UE-Turquie visant à réduire l’afflux de réfugiés en Europe – Syriens, Afghans, Irakiens, Africains de l’Ouest, Somaliens, Érythréens, Pakistanais, Bangladais et Maghrébins (essentiellement Algériens). Concernant les chiffres, le but est atteint. Moins de 30 000 réfugiés par an sur les côtes grecques, contre 800 000 en 2015, au plus fort de la crise migratoire. Mais le bilan humain est un désastre : plus de 15 000 migrants attendent dans les « hotspots » des îles – centres d’enregistrement et d’identification – que leur demande d’asile soit examinée.


Une attente qui peut durer plus d’un an et demi dans des conditions parfois effroyables. Or, le seul moyen légal de quitter les îles est d’obtenir un certificat médical attestant une « vulnérabilité » : une maladie impossible à traiter sur place ou une grossesse à risque. (...)


Ce fameux camp n’est pas très loin de l’hôpital. Construit en terrasses sur huit niveaux à flanc de montagne, à la lisière de la ville, il est entouré de barbelés qui rappellent qu’il n’y a pas si longtemps c’était une prison pour les migrants. (...) La capacité du camp est de 950 personnes, mais, en ce moment, il en accueille trois fois plus et les nouveaux arrivants ne sont pas toujours bien accueillis.

« Les anciens ont un sens de l’espace privé très développé, alors, quand nous devons caser des nouveaux, il y a des difficultés. Je les comprends, concède la jeune directrice du camp. Mais on n’a pas d’autre solution, car les nouveaux doivent aussi trouver leur place. »


Justement, aujourd’hui, un groupe d’une dizaine de personnes, essentiellement des femmes et des enfants en bas âge, dont un bébé d’un mois, viennent d’arriver. La police les fait descendre du camion avec leur baluchon, qui sera minutieusement fouillé, tout comme eux. Ils sont soulagés d’être sur la terre ferme, de sentir cette odeur de lentilles qui flotte dans l’air, mais leur regard est craintif. Du camion, ils passent sans explications dans une sorte d’enclos fermé par des grillages, où les attendent des hommes en uniforme avec des masques et des gants.


Depuis quelque temps, ces arrivées sont plus soutenues, 85 pour cette seule journée. « Avec les beaux jours, on redoute qu’il en arrive de plus en plus, confie Maria. On fera ce qu’on pourra. On n’a pas le choix. » D’ailleurs, il a fallu étendre le camp. C’est la fameuse « extension 5 » : des tentes à même le sol, de grands hangars en tôle pour les plus chanceux. (...)


Les toilettes et les douches sont peintes en couleurs vives par les migrants eux-mêmes. « Pour bien différencier les sanitaires des hommes de ceux des femmes », nous explique, gênée, Maria. Ce sera sa seule allusion aux violences sexuelles, nombreuses selon les rapports des ONG. Elle ne parlera pas non plus des tensions interethniques, ni du harcèlement religieux, qu’elle assure n’avoir jamais remarqué.


Pourtant, deux réfugiés syriens, l’un druze athée, le capitaine Jubran Alhalabi, 36 ans, et l’autre, jeune steward de 23 ans converti au christianisme et qui refuse de donner son nom par peur de représailles, nous assurent avoir été agressés plusieurs fois. Jubran est toujours dans le camp, mais il part tous les matins courir 15 kilomètres et ne rentre que le soir « dormir avec les rats ». Sa demande d’asile a été refusée par deux fois. Il va rentrer en Syrie, où il sait que seule la mort au front l’attend. « Mais au moins je mourrai dans mon pays avec ma dignité. Je pensais vivre ma laïcité en Europe, mais l’Europe n’est pas celle que j’attendais. »


L’autre réfugié syrien a quitté le camp. « C’était invivable, on me demandait tous les jours pourquoi je ne lis pas le Coran, pourquoi je ne fais pas la prière », rapporte-t-il. Il va retourner en Turquie, sans dire qu’il est converti, et tenter de retrouver sa famille, réfugiée depuis longtemps là-bas. « La Turquie est grande, ici je tourne en rond depuis dix-huit mois. Toute l’île est une prison et je ne peux rien faire de ma vie. »


Plus loin, des migrants d’Afrique nous apostrophent : « C’est la merde à Samos, la galère totale. » On les retrouve à la sortie du camp. Ils refusent de donner leurs noms. Leurs témoignages laissent sans voix. « Quand tu touches la peau des Blancs, afghans ou syriens, ils s’essuient ensuite, comme par peur d’une maladie. » Comme tous les autres, ils ne savent pas où en est leur dossier. « On ne sait rien, on ne nous dit rien, on est comme le chien qui regarde la télévision… »


Seuls les volontaires et les ONG atténuent cette situation explosive. Yasimo Kahagia a instauré la cérémonie du thé tous les jeudis à 19 heures dans le parc de la ville : « L’idée est d’être ensemble, on parle, on écoute de la musique. Tous retrouvent ici une sorte de normalité que le camp ne peut pas leur donner. »


Comment le pourrait-il ? Pour Kostas Psychachos, coordinateur de Médecins sans frontières à Samos, le problème, c’est l’accord UE-Turquie lui-même. « On est piégés depuis deux ans dans cette situation d’enfermement sur les îles pour empêcher les migrants d’arriver sur le continent. Les gens sont condamnés à une longue attente. Il y a l’usure, la fatigue. Nous avons des cultures différentes qui ne se comprennent pas toujours entre elles, et on se trouve dans une situation de coexistence telle que l’on ignore à quel moment ce mélange peut tourner court ».


Coïncidence, le hotspot de Samos est situé près du quartier où, il y a soixante-dix ans, les Grecs chassés de Turquie avaient établi le leur. Mme Alisavo, fille de réfugiée grecque, y tient sa taverne. Comme la plupart des habitants de l’île, elle accuse une certaine fatigue de cette situation. « On a beaucoup accueilli les réfugiés de guerre. En leur donnant de la nourriture, des vêtements, tout ce dont ils avaient besoin. Mais il y a la crise et, si l’on observe tout ce qu’ils reçoivent, c’est plus que ce que les habitants de l’île dans le besoin ont… Les choses ont changé, on a peur de cet autre monde qui s’est installé ici. »


Pour éviter que cette peur ne bénéficie à l’extrême droite, qui attend en embuscade, les avocats des îles où échouent les migrants et ceux de nombreuses ONG ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour annuler la restriction géographique qui limite les mouvements des réfugiés demandeurs d’asile. Verdict dans trois à quatre mois, mais Ankara a prévenu : si ce recours est accepté, ce sera la fin du traité UE-Turquie. Elle n’acceptera aucun renvoi de migrants du continent.

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"Ce texte est stigmatisant" : députés macronistes, ils s'élèvent contre la réforme de l'immigration et disent pourquoi

"Ce texte est stigmatisant" : députés macronistes, ils s'élèvent contre la réforme de l'immigration et disent pourquoi | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Un début de fronde. Jusque-là au diapason sur les projets de loi portés par le gouvernement, le groupe La République en marche à l'Assemblée nationale connaît aujourd'hui des dissensions à l'occasion de l'examen de la réforme de l'asile et de l'immigration.

Alors que le texte porté par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, est arrivé en séance plénière à l'Assemblée, lundi 16 avril, plusieurs députés macronistes ont fait entendre leurs critiques. Franceinfo a rassemblé leurs arguments. (...)


Sonia Krimi :

" [Le placement en rétention des enfants] est réellement un point de désaccord aujourd'hui. Autre point : si on diminue le délai de recours devant la Cour nationale de droit d'asile, on oblige des personnes qui sont les plus fragiles à ne pas redéposer de recours.


Moi, je n'ai pas connu les centres de rétention, mais j'ai connu les queues à la préfecture. J'ai connu le fait d'arriver à 4 heures du matin, pour avoir une place à 7 heures pour espérer prendre un petit ticket et attendre jusqu'à 15 heures pour qu'après, vous passiez devant des fonctionnaires qui sont dépassés par le nombre dossiers qu'ils ont à traîter. Toute la chaîne est en souffrance. Il n'y a pas que les étrangers qui sont en souffrance, il y a aussi une administration qui est écrasée. Et je ne pense pas que la loi aille dans le sens de la simplification."

(le 17 avril sur France Inter)


Jean-Michel Clément :

"Je dis que le projet de loi ne servira à rien parce que le phénomène est d'ampleur. Nous avons manqué une occasion de nous poser les bonnes questions sur les politiques migratoires à l'aube du XXIe siècle. Ce projet de loi est trop dur parce qu'il méprise les droits de la défense, il met les demandeurs d'asile et les migrants dans des situations de dépendance totale. (...) Ce texte est totalement contraire aux principes qui sont les miens, aux valeurs qui sont les miennes, je m'y opposerai sans hésitation."

(le 17 avril sur franceinfo)


Martine Wonner :

 "En l'état, je vais m'abstenir [lors du vote de la loi]. Je n'exclus pas l'idée de voter contre, mais je pense, fort du dialogue que nous avons eu avec le ministre, que le ministre a bien compris ce que nous attendions, c'est-à-dire un véritable engagement du gouvernement sur des points qui nous tiennent particulièrement à cœur.

Les étrangers, ce sont des hommes, des femmes, des enfants, qui ont eu un parcours parfois très long, très traumatique et qui mérite toute notre attention. Je ne souhaiterais pas que la question des droits de l'Homme, la question du social ne puissent pas être portées par les députés de la majorité. (...)

  (le 16 avril sur RTL)


Stella Dupont :

(...) Engagée de longue date sur la question de l'accueil et de l'intégration, je ne me retrouve pas dans ce texte. Trop éloigné de mes valeurs, ce projet de loi continue de m'interroger et, en l'état, je ne pourrai voter favorablement."

(le 16 avril dans un communiqué)


François-Michel Lambert :

 "Il y a un an, j'ai défendu le programme d'Emmanuel Macron. Et dans celui-ci, on était plutôt sur de la bienveillance, sur l'idée que l'étranger n'était pas un ennemi, qu'il fallait trouver les moyens de son intégration…

J'aurais aimé que dans cette loi, qui est plus une loi de défiance, il y ait aussi un accompagnement. Ce texte est stigmatisant. C'est cela qui m'inquiète. [Au moment du vote du texte] je serai sur l'abstention."

(le 17 avril sur BFMTV)


Sandrine Mörch :

" Nous avons vraiment de grosses divergences. (…) La réduction des délais de dépôt de la demande d'asile — de 120 à 90 jours — pose un vrai problème, parce qu'on est avec des parcours extrêmement compliqués.

Moi je suis allée dans les camps de réfugiés au Kurdistan, au Burundi, au Rwanda… J'ai vu ce que c'était un réfugié. On n'arrive pas indemne. Il faut le temps de comprendre un papier en français, une administration française…

Si on accélère tout cela, ça va être destructeur. J'attends [du ministère de l'Intérieur] plus d'humain, plus d'accueil, plus d'intégration."

(le 18 avril sur Europe 1)


(Photo: Loi asile : la députée REM Martine Wonner "n'exclut pas l'idée de voter contre" Crédit Image : STEPHANE DE SAKUTIN/AFP )

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Cent noms pour une Zone d’Agriculture Durable à Notre-Dame-Des-Landes

Cent noms pour une Zone d’Agriculture Durable à Notre-Dame-Des-Landes | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Alors qu'à Notre-Dame-des-Landes, la ferme des cent noms est tombée, de nombreuses personnalités politiques, associatives, syndicales ou universitaires et plus de 2000 signataires demandent «l’arrêt immédiat des interventions policières et l’ouverture d’un vrai dialogue qui permette dans le respect de la loi l’élaboration de conventions individuelles, mais aussi collectives».


Au prétexte du respect de l’« Etat de droit », des femmes et des hommes qui cultivaient la terre et pratiquaient l’élevage ont été délogé·e·s de leur lieu d’activité et de vie. Leur ferme, où deux agneaux sont nés la semaine passée, a été détruite. Ces paysannes et ces paysans occupaient un terrain appartenant à l’Etat. Pourtant, il leur avait été promis qu’une solution viable, pacifique et tournée vers l’avenir serait recherchée. Ils/elles étaient en discussion avec la préfecture pour obtenir une convention d’occupation collective de ces terrains.


Le collectif : voilà le sujet du combat qui se joue à Notre-Dame-des-Landes. Quand le Gouvernement impose des conventions d’occupation temporaires individuelles, des paysan·ne·s, de la ferme des Cent noms ou d’ailleurs, envisagent leur activité collectivement.


La question de la propriété de la terre et le fait qu’elle puisse appartenir à celles et ceux qui la travaillent est un enjeu considérable de l’Histoire politique de notre pays et du monde. L’un des ressorts de la Révolution française reposait sur cette question majeure. La lutte des paysan·ne·s sans-terre d’Amérique latine comme l’accaparement des terrains agricoles par la Chine et les puissances occidentales en Afrique en sont l’expression criante aujourd’hui. Si notre tradition et notre Histoire envisagent la possession de terres principalement de façon individuelle, l’imaginaire politique qui existe à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs prend appui sur un constat critique du rapport à la propriété pour expérimenter des propositions nouvelles.


Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. Dès lors, les écologistes et toutes celles et tous ceux qui réfléchissent à une autre relation à l’agriculture et aux sols envisagent légitimement, à coté de la propriété individuelle, une propriété collective, partagée, de la terre, ainsi qu’un travail lui aussi appréhendé collectivement.


Depuis des décennies, le labeur des agricultrices et des agriculteurs n’a cessé de s’alourdir pour des revenus de plus en plus faibles. Isolé·e·s les un·e·s des autres, les agriculteurs·trices de notre pays souffrent et meurent. À Notre-Dame-des-Landes, l’intervention brutale des forces de l’ordre ne vise pas à faire respecter le droit. Elle vise à combattre une idée : celle d’un autre rapport à l’agriculture, en rupture avec le modèle productiviste.


Dans un monde globalisé, où la concurrence et l’individualisme font rage en délitant les liens de solidarité humaine et en détruisant l’environnement, les paysan·ne·s de Notre-Dame-des-Landes sèment les graines d’un autre monde. Les défricheuses et les défricheurs de ce nouveau monde désirable n’ont pas toujours raison, mais celles et ceux qui les moquent, les oppriment et qui les blessent ont toujours tort. En accordant la possibilité de conventions d’occupation collective des terres de Notre-Dame-des-Landes à celles et ceux qui en font la demande, ce que le droit permet, le Gouvernement n'abandonnerait pas son autorité. Au contraire, il ferait la preuve de sa disponibilité et de son ouverture à une approche différente de l’agriculture.


La ferme des 100 noms est tombée mais son imaginaire, celui qui s’est épanoui à Notre-Dame-des-Landes, est porteur d’espoir. Nous sommes convaincu·e·s que cet espoir est notre avenir. Il n’est pas trop tard. Nous réclamons le droit de laisser vivre cette alternative pour transformer en réalité le rêve d’une agriculture ancrée sur les territoires, respectueuse du vivant et des paysan.ne.s.


Nous affirmons que cette France qui s’investit contre les grands projets destructeurs et dangereux sait et peut construire un monde meilleur. Nous demandons l’arrêt immédiat des interventions policières et l’ouverture d’un vrai dialogue qui permette dans le respect de la loi l’élaboration de conventions individuelles, mais aussi collectives, d’occupation des terres de Notre-Dame-des-Landes.


Pour signer cette tribune en ligne : https://100noms.typeform.com/to/TO4gy9


Premier·es signataires : (...)

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La disparition des abeilles commence à inquiéter le secteur privé

La disparition des abeilles commence à inquiéter le secteur privé | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Le déclin des pollinisateurs pourrait nuire à la qualité des récoltes et à la quantité de matières premières, selon une étude des Nations Unies révélant que la plupart des entreprises ne savent pas comment lutter contre ce phénomène.


Les populations d’abeilles, de papillons et de moucherons sont en déclin dans le monde en raison de plusieurs facteurs, notamment l’utilisation intensive de pesticides et d’insecticides, ainsi que les maladies qui se transmettent des espèces domestiques à leurs cousines sauvages.


Plus d’un tiers des espèces d’abeilles sauvages et de papillons sont en voie d’extinction dans certaines régions. Une nouvelle étude menée par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature (UNEP-WCMW) de l’ONU a révélé le coût que pourrait avoir cette disparition sur l’offre alimentaire.


(...) L’étude sur le déclin des pollinisateurs de l’UNEP-WCMW a révélé que les abeilles et les autres pollinisateurs représentent jusqu’à 468 milliards d’euros par an. Les pollinisateurs sauvages représentent la moitié de ce chiffre, leur disparition aurait donc des conséquences irréversibles sur la chaîne agroalimentaire.


(...) Un grand nombre d’entreprises se disent mal informées à ce sujet ou ne sont pas conscientes des risques. Elles estiment que les informations à ce sujet sont rares et doutent donc des chiffres présentés.


Gemma Cranston, chef de l’équipe du Cambridge Institute for Sustainability Leadership qui a participé à l’élaboration de l’étude, a averti que « moins de la moitié des entreprises interrogées savent quelles matières premières dépendent des pollinisateurs », ajoutant qu’il faut plus de recherche pour mesurer l’ampleur du phénomène.


Cependant, les représentants de certaines entreprises interrogées par les auteurs de cette étude, dont Mars et The Body Shop, souhaitent maintenant faire le point et collaborer avec les organismes de certification, les scientifiques et les gouvernements nationaux pour tenter de sauver les pollinisateurs.


Les auteurs de l’étude recommandent une meilleure analyse de rentabilisation et que davantage de données soient collectées pour mieux identifier les cultures et les régions les plus vulnérables.


L’utilisation judicieuse des systèmes de certification, qui permettent d’encourager l’utilisation réduite de pesticides et la restauration de l’habitat pour accroître les populations d’espèces sauvages, permettrait de rendre les chaînes d’approvisionnement plus durables.


(...) L’équipe qui a mené l’étude de l’UNEP-WCMW travaille actuellement sur une méthode d’évaluation pour aider les entreprises à prendre soin des pollinisateurs. Ils devraient publier leurs résultats cette année.


En février, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a confirmé les hypothèses selon lesquelles la disparition des populations de pollinisateurs pourrait être causée par l’utilisation d’insecticides aux néonicotinoïdes, utilisés pour lutter contre les insectes nuisibles aux cultures.


Les trois substances néonicotinoïdes – la clothianidine, l’imidaclopride et le thiamethoxame – représenteraient un risque pour les abeilles sauvages et domestiques, bien que l’industrie des pesticides conteste ce risque et table sur une utilisation prudente plutôt que sur une interdiction complète.


Il est plus probable que les néonicotinoïdes soient bientôt interdits. La Commission européenne a en effet confirmé qu’elle demanderait aux États membres de voter le 27 avril sur l’interdiction des trois néonicotinoïdes.


La décision de l’exécutif de l’UE pourrait être une réponse à la lettre conjointe envoyée le 20 mars par des eurodéputés de tout horizon politique, appelant la Commission à soutenir la proposition du Parlement européen et à faire tout son possible pour assurer la majorité qualifiée des États membres nécessaire à l’interdiction de ces produits.


" Bonne nouvelle pour les abeilles! Le 27 avril, la Commission européenne demandera aux gouvernements nationaux de voter pour l’interdiction de trois insecticides aux néonicotinoïdes, qui tuent les abeilles. Une première occasion pour Jean-Claude Juncker de tenir sa promesse d’être « l’ami des abeilles ».

— Greenpeace EU (@GreenpeaceEU) April 12, 2018


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Zad de Notre-Dame-des-Landes : ce lundi, les gendarmes ont démoli la charpente du Gourbi + vidéo sur la destruction de la Chèvrerie

Zad de Notre-Dame-des-Landes : ce lundi, les gendarmes ont démoli la charpente du Gourbi + vidéo sur la destruction de la Chèvrerie | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Lundi matin, les gendarmes ont démoli la charpente installée au Gourbi pendant la nuit. La situation reste tendue au niveau de Youpi Youpi, avec des jets de grenades incapacitantes. Des blessés ont déjà dû être pris en charge par les Médics, selon notre envoyé spécial. Retrouvez notre fil, heure par heure.
 
18 h 51, NLC : Quelques tirs de grenade ont été entendus à Lama fâché. Une structure amie se remonte dans un champ à côté de la Wardine. La charpente est debout avec ses structures bien étayées. Les charpentières et les charpentiers assemblent les étais. Un campanile plus réduit que celui d’hier a été reconstruit, il est posé dans l’herbe au pied de la structure à base carrée.

16 h 55, NLC : Les charpentiers ont œuvré tout l’après-midi pour retaper les fermes de la charpente du Gourbi 5 qui avaient été tronçonnées le matin par les gendarmes. Ils ont fait de la récupération, étayé les petits morceaux pour en faire de plus grands. Deux fermes ont été portées à bout de bras par cinquante personnes et mises à l’abri dans un endroit caché.


Du côté du front entre les Fosses noires et Lama fâché, on a eu la batucada, des chants de lutte, mais on n’a pas entendu de grenade depuis trois heures — ce qui est relativement exceptionnel. Les gens se reposent. Des habitants supposent que la semaine va se dérouler comme ça, avec des échauffourées et des affrontements de basse intensité, et que c’est lundi 23 avril date de l’ultimatum pour l’enregistrement de projets agricoles individuels, qu’une offensive risque de monter en puissance. « C’est là qu’on sera », ont-ils assuré.

16 h 20 : Une vidéo de la destruction de la Chèvrerie et de la détermination des habitants à reconstruire, postée hier sur Youtube. On a frissonné, on partage !

> La Chèvrerie ne tombera pas - ZAD NDDL - Expulsion

https://www.youtube.com/watch?v=P8Eql5VxGdk


14 h 16 : « Ne pouvant être physiquement présent ce dimanche pour contribuer à la reconstruction de ce que qui a été ravagé, écrit Denys à Reporterre, j’ai pris quelques instants pour dessiner ces deux planches ». (> Voir les dessins)

(...)


> Pour ceux et celles qui voudraient des informations sur la journée d'hier: https://reporterre.net/Notre-Dame-des-Landes-sur-la-Zad-une-belle-determination-collective-a


Dimanche 15 avril, des milliers de personnes se sont rassemblées à Notre-Dame-des-Landes. Zadistes et soutiens ont fait preuve d’une grande détermination collective à protéger et à reconstruire la Zad. Malgré une présence militaire redoublée, ils ont multiplié les gestes joyeux et non-violents.

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Loi immigration : manifestation d’opposants près de l’Assemblée nationale

Loi immigration : manifestation d’opposants près de l’Assemblée nationale | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés lundi aux abords de l’Assemblée nationale pour dénoncer le controversé projet de loi sur l’asile et l’immigration, dont l’examen par les députés doit débuter en fin de journée.

Rassemblés à proximité du Palais-Bourbon, les manifestants emmenés notamment par la Cimade ou la Ligue des droits de l’Homme ont donné de la voix pour dénoncer une « loi liberticide ». « Le tri entre les bons et les mauvais migrants est inadmissible. Plus vous donnez de droits aux migrants, plus vous leur rendez leur dignité », a déclaré Dominique Noguères, vice-présidente de la LDH.

« Toutes les associations demandent le retrait du projet de loi », a expliqué Léo Berthe, rapporteur à la Cour nationale du droit d’asile, instance qui examine les recours formés par les demandeurs d’asile déboutés à l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).


(...) Selon Léo Berthe, les manifestations n’empêcheront pas l’adoption du texte à l’Assemblée mais permettent d’envoyer un « message de grande défiance contre la vision pernicieuse de ce projet de loi ».(...)

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Au mépris des droits fondamentaux, le gouvernement confirme son tournant répressif sur l’asile

Au mépris des droits fondamentaux, le gouvernement confirme son tournant répressif sur l’asile | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Sévèrement jugée par le Défenseur des droits comme par les ONG spécialisées qui y voient une profonde atteinte aux droits fondamentaux – c’est à dire aux protections inviolables, sorte de « lignes rouges » consacrées par le droit –, la loi sur l’asile et l’immigration arrive aujourd’hui sur les bancs de l’Assemblée nationale.

Dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, le projet de loi de Gérard Collomb sur l’asile et l’immigration arrive ce lundi soir sur les bancs de l’Assemblée nationale. Intitulé « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », il ne comporte finalement que très peu de changements par rapport à la version initialement présentée en Conseil des ministres le 21 février dernier (que nous avions décrypté sur Bastamag), et ce malgré près de 900 amendements déposés.

La plupart n’ont pas franchi l’obstacle de la commission des lois qui examinait le projet la semaine dernière à l’Assemblée. « Le texte a été modifié à la marge mais nous n’avons rien obtenu de particulier, si ce n’est la réduction de l’allongement de la durée de rétention à 90 jours au lieu des 105 envisagés au départ » souffle-t-on du côté du Secours Catholique. Pour le reste, la teneur reste donc sensiblement la même, fidèle à une double démarche : le durcissement des mesures répressives pour les migrants en général, et un affaiblissement considérable des droits pour les demandeurs d’asile en particulier. « C’est un texte de police qui franchit la ligne rouge des droits fondamentaux », résume Vanina Rochiccioli, présidente du Gisti.


La grande mesure défendue par le ministre de l’Intérieur est la réduction du temps d’instruction des demandes d’asile à six mois. Problème : censée aider les demandeurs à obtenir une réponse plus rapidement, la mesure se fera à leur détriment. « En réalité, rien n’est fait pour que l’entrée dans le droit soit rendu possible et pour que les délais soient respectés par l’administration », poursuit Vanina Rochiccioli. Ce raccourcissement des délais de procédure s’applique en fait à sens unique, contre les migrants. « Les personnes qui demanderont l’asile plus de 90 jours après leur arrivée en France verront ainsi leur demande examinée en procédure accélérée, et seront privées d’hébergement et de ressources », alerte ainsi Gérard Sadik, responsable asile à la Cimade.


Les déboutés de l’asile verront par ailleurs leur délai de recours pour contester la décision devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) divisé par deux : d’un mois, il passerait désormais à quinze jours. « Un mois, c’était déjà très court par rapport au droit commun, rappelle la présidente du Gisti. Aujourd’hui, lorsque vous souhaitez contester un permis de construire, vous avez deux mois. » Constituer un recours solide en quinze jours, compte tenu des conditions de précarité de nombreux demandeurs d’asile, deviendra très compliqué.


Autre mesure très fortement contestée, le doublement du délai de rétention administrative de 45 à 90 jours. Dans le même temps, l’interdiction de la rétention des mineurs n’a finalement pas été retenue. Le mois dernier pourtant, le Défenseur des droits interpellait le Premier ministre au sujet de l’inquiétante augmentation des enfants en centre de rétention : sur l’année 2017, la France a vu 275 enfants, « dont de nombreux nourrissons », enfermés dans ces « prisons » pour étrangers – soit autant que pour les années 2012, 2013, 2014 et 2015 réunies. Une situation pour laquelle la France avait déjà été condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en 2016, considérant alors qu’imposer à des enfants une telle privation de liberté, même aux côtés de leurs parents, était assimilable à un « traitement inhumain ou dégradant ». (...)

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Emmanuel Macron. Un résumé en 14 minutes

Emmanuel Macron. Un résumé en 14 minutes | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Des frappes en Syrie aux inégalités entre les femmes et les hommes, en passant par la politique économique et la ZAD… Au terme de la première année de son quinquennat, Emmanuel Macron a répondu dimanche 15 avril aux questions de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel. Regardez ici un résumé de notre entretien avec Emmanuel Macron (qui peut être revu ici > dans son intégralité). 

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“Les Liberterres” : hommage à quatre paysans rebelles

“Les Liberterres” : hommage à quatre paysans rebelles | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
Ils ont dit non à l'agriculture conventionnelle, s'engageant ainsi dans une nouvelle forme de rébellion moderne. Ce sont "Les Liberterres".

Face au rouleau compresseur de l’agriculture conventionnelle, de plus en plus de paysans sont poussés à rejoindre les chemins de la rébellion. Parce qu’ils veulent garder leur liberté, parce qu’ils veulent produire des produits sains, parce qu’ils veulent garder en vie leur principal outil de travail : la terre. C’est leur combat que nous montre Les Liberterres.

Les Liberterres, ce sont « des histoires de rébellion contre les dérives de l’industrie agro-alimentaire. »
Bande-annonce : > https://lesliberterres.com/#trailer

« En parlant avec des céréaliers français, on se rend compte que tous les ans, ils baissent dans leur niveau de rendement. Et ils se demandent pourquoi. Leur terre est morte. »

L’enjeu de ce film, c’est le monde de demain. Ni plus, ni moins. Voici son synopsis, tel qu’il est décrit sur son site :

« Les Liberterres suit le parcours de 4 paysans qui ont tourné le dos, définitivement, aux méthodes de l’agriculture conventionnelle. Rebelles et passionnés, ils résistent à tous ceux qui veulent sonner le glas de leur liberté.

En contrepoint, des archives nous font voyager en noir et blanc dans une époque où la Science, croyait–on, allait définitivement sauver le monde de la faim et de la malnutrition.

Des paysages d’Europe et d’Afrique aux quatre saisons, des personnages émouvants et provocants, des histoires qui s’entrecroisent pour parler un seul langage : la terre libérée. » (...)
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