Nourritures et justice mondiale.
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Les transferts négatifs sont les causes des exils forcés

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Intervention de Nicolas Sersiron du CADTM France, lors du module « Migrations : des causes et effets aux mobilisations citoyenne » - Jeudi 23 août.

Trois siècles et demi de transferts coloniaux - 1492 à l’après seconde guerre mondiale

Transférer veut dire porter au-delà. Le premier transfert est celui de la traite négrière africaine réalisée par les européens vers l’Amérique pendant trois siècles et demi. Des dizaines de millions de femmes et d’hommes jeunes sont réduits en esclavage, échangés contre des objets et transférés de l’autre côté de l’océan Atlantique. Le second est le transfert vers l’Europe du travail des esclaves transformé en argent, or, latex, bois précieux, café, cacao, coton, épices, etc. Le troisième est l’exportation des ressources naturelles issues de la dépossession forcée des peuples du continent américain vers l’Europe sans le moindre paiement. Le commerce triangulaire est donc un triple transfert/vol puisque rien ni personne n’est payé ou ne reçoit une compensation quelconque.


Cette colonisation de l’Amérique par les européens s’étendra jusqu’aux années 1 800. Au 19èS c’est l’Afrique et l’Asie qui ont été colonisées jusqu’en 1947-1970. Il y a eu transfert de souveraineté sur les habitants et leurs ressources au profit du colonisateur. C’est ainsi que les produits issus de l’extraction des énergies fossiles, minières et forestières, des monocultures agricoles réalisées par des travailleurs forcés ont été transférés vers l’Europe.


Inversement, le transfert culturel de l’Europe vers l’Amérique et l’Afrique, en particulier l’imposition de la langue, de la religion, de l’éducation est une forme d’ethnocide réalisé par les missionnaires, les instituteurs, les fonctionnaires métropolitains et les armées d’occupation. Il déstructurera et appauvrira « durablement » le continent. Pendant les deux guerres mondiales, des africains transférés en Europe serviront de chair à canon. Certains tirailleurs sénégalais revenus au pays ont été fusillés en 1944 par la France à Thiaroye pour avoir réclamé leurs indemnités. Des transferts toujours positifs pour le colonisateur, dans un sens ou dans l’autre, dramatiquement négatifs pour les colonisés.


Enfin, c’est bien le massacre de dizaine millions d’Amérindiens (voire 100 selon certains auteurs) au sud et au nord au cours des siècles passés qui a permis le transfert vers les Amériques de très nombreux colons européens. La création du Canada et des États-Unis résulte d’un transfert total des terres et de toutes les ressources naturelles des peuples natifs assassinés au profit des colons blancs.


Pour les populations actuelles de tous les continents colonisés, ces transferts ont grandement activé la disparition de la symbiose qu’elles entretenaient avec leur milieu. (...) Les puissants capitalistes de cette période ont ainsi immensément augmenté leur fortune par les ressources du Sud dont ils ont dépossédé le continent et les peuples soumis, cela grâce au travail de ces derniers.


(...) La phrase célèbre de Jomo Kenyatta résume tout « Lorsque les premiers missionnaires sont arrivés en Afrique, ils avaient la Bible et nous la terre. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Quand nous avons rouvert les yeux, nous avions la Bible et eux la terre. »


(...) Comment la société de consommation de plus en plus matérialiste, exportée par les EU d’Amérique et le plan Marshall dans les années 1950-70, aurait-elle pu se réaliser en Europe sans le pétrole, les ressources minières et agricoles africaines volées et transférées au Nord. Dans ce jeu politico-économique d’asservissement des pays nouvellement « indépendants », le FMI et la Banque mondiale par leurs prêts, leurs fortes incitations politiques et multiples chantages, ainsi que l’OMC, auront un rôle primordial. (...)


Le grand tournant de cette mainmise sur l’économie des pays faussement « dits en développement », en particulier de l’Afrique, a été la grande crise de la dette des années 1980. L’incapacité du remboursement des prêts, illégitimes car en partie détournés, fut l’occasion d’imposer les Plans d’ajustement structurels. Des plans d’austérité très semblables à ceux imposés à la Grèce depuis 2010 avec le résultat socialement et environnementalement dramatique que l’on connaît. Ainsi le libre-échange le plus total possible a été exigé : disparition des barrières douanières, privatisation des ressources minières, fossiles et des grandes entreprises publiques, suppression des dépenses d’éducation, de santé et des aides à l’agriculture. Selon l’idéologie ultra-libérale, le but était de dégager des fonds pour les remboursements.


(...) Dans le même temps les accaparements de terres africaines (beaucoup plus que la superficie agricole de la France) sont toujours accompagnés d’accaparement de l’eau. Les transferts financiers spéculatifs en provenance des pays industrialisés sont facilités par cet appauvrissement des peuples de la campagne. Ensuite ce sont les produits issus de la transformation des terres en machine à profits qui sont transférés du Sud vers le Nord comme par exemple les agrocarburants à base d’huile de palme produits par des entreprises transnationales. Transferts qui impliquent virtuellement, l’exportation de l’eau et de la fertilité des terres accaparées.


Les sols sont le plus souvent vierge de pesticides et d’engrais. Les accaparements de terres aboutiront à la destruction des sols agricoles tropicaux, plus fragiles que ceux du Nord et une utilisation et pollution de l’eau, ressources naturelles de plus en plus rares, au détriment des populations locales et pour le plus grand profit des spéculateurs du Nord. D’immenses pertes pour les peuples dépossédés. Catastrophique pour le climat parce que souvent ces cultures se font sur des déforestations. Et surtout parce que les agro-diesel produits avec cette huile ou à partir du soja sont considérés comme trois fois plus réchauffant pour le premier, et deux fois plus pour le second, que le diesel fossile.


Parmi ces transferts négatifs pour les africains, il ne faut pas oublier celui des semences brevetées et des OGM, qu’avec la bénédiction de Bill Gates, il faut racheter chaque année aux multinationales des semences. Et celui des engrais chimiques et des pesticides indispensables pour ces plantes industrielles. Cela menant nécessairement à la destruction de l’agriculture familiale et de la vie paysanne de ces pays.


(...) Autre horreur sémantique, quand l’administration française refuse l’accueil à des migrants sous le prétexte qu’ils sont venus pour des raisons économiques, plutôt que de parler d’expulsion, elle dit qu’elle les transfère dans le premier pays où ils ont laissé les empreintes de leurs doigts. Application zélée de la directive Dublin. Les afghans, les darfouriens, et les soudanais du Sud « dublinisés » dans les pays scandinaves, souvent leur pays de première entrée, risquent d’être tués quand ils sont renvoyés dans le pays qu’ils ont fui.


L’ensemble des transferts négatifs du « Sud Global » et de l’Afrique en particulier, vers le « Nord Global », eau, fertilité, ressources fossiles, minières, forestières, agricoles, génétiques, humaines (dans le sens d’exploitation du travail), financières (remboursements des prêts illégitimes), évasion fiscale et sommes issues de la corruption, ne peut que créer un appauvrissement généralisé d’un côté et un enrichissement phénoménal de l’autre.


(...) L’Europe en imposant des accords de libre-échange à l’Afrique accentue encore l’inégalité de ces transferts. Les exils forcés augmenteront. En fermant la soupape de l’immigration, symptôme de la pauvreté, du réchauffement climatique et des inégalités croissantes, par des stratégies d’enfermement toujours plus dures, l’Europe croit-elle pouvoir faire de l’Afrique une prison à ciel ouvert comme les décideurs israéliens le font à Gaza depuis 10 ans ? Alors que c’est l’ouverture des frontières avec des échanges égalitaires qui permettraient de créer un monde vivable pour tous et ferait disparaître les crimes et les vies brisées ou disparues, conséquences de ces exils forcés.


Nicolas Sersiron Ex-président du CADTM France, auteur du livre « Dette et extractivisme »

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L’accaparement des terres, entre Monopoly et colonisation

L’accaparement des terres, entre Monopoly et colonisation | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les investisseurs internationaux mettent le grappin sur les terres cultivables de la planète. Dans des pays où il n’y a pas de droits de propriété solidement établis, ces achats se traduisent pour les paysans par des expulsions pures et simples. [1]
 
L’achat de terres par des investisseurs étrangers est l’une des nouvelles formes de la mondialisation. Ce phénomène a pris une ampleur particulière après le boom des prix agricoles de 2007-2008. On parle d’accaparement des terres et en anglais de
land grabbing, un terme plus critique, qui implique l’idée de mainmise.

Une grande opacité entoure les accords et il est donc difficile de mesurer l’ampleur exacte du phénomène. Les deux sources disponibles – soit la base de données Land Matrix établie par l’International Land Coalition et celle de l’ONG Grain – convergent pour estimer que la surface concernée est de l’ordre de 30 à 37 millions d’hectares (soit entre 300 000 et 370 000 km2).


Les données de Land Matrix montrent le caractère très généralisé du phénomène. À peu près tous les pays – hormis ceux d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest – sont concernés comme « receveurs ». Mais, et c’était a priori moins évident de manière intuitive, c’est tout aussi vrai pour les pays « émetteurs ». Cela veut dire qu’il existe des investissements croisés au sein d’une même région du monde, notamment en Afrique. La carte ci-dessous montre la répartition géographique des accords. (...)


Certains accords prévoient des investissements d’infrastructure susceptibles d’avoir des effets positifs. Mais dans la majorité des cas, comme le souligne l’International Land Coalition, « le modèle dominant d’acquisition de terres à grande échelle a mis en péril les droits et les moyens de subsistance des communautés rurales ». (...)


En 2016, une coalition internationale d’ONG a publié le rapport « Terres communes : sécuriser les droits fonciers et protéger la planète ». Il souligne que « les peuples autochtones et les communautés locales protègent la moitié des terres du globe, mais n’en possèdent formellement que 10 % ». Ce sont donc 2,5 milliards de personnes qui sont « menacées par la faim et la pauvreté si leurs droits fonciers ne sont pas protégés ». La campagne Land Rights Now appelle au doublement de la surface des terres appartenant aux communautés d’ici à 2020.


L’éviction de l’agriculture paysanne par l’agrobusiness prive les paysans de leurs ressources. Si certains trouvent un emploi d’ouvrier agricole mal payé, la majorité va grossir les rangs des sans-terre qui végètent autour des grandes villes ou bien cherchent à émigrer. Et comme une partie des terres est utilisée à des productions comme les biocarburants ou l’huile de palme, c’est l’autosuffisance alimentaire qui est remise en cause. Sans même parler des effets collatéraux sur l’accès à l’eau, détournée au profit de cultures comme celle du sucre de canne, et de l’impact sur l’environnement. (...)

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Inde : la négligence amplifie les crues meurtrières

Inde : la négligence amplifie les crues meurtrières | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les 400 morts et le million de déplacés au Kerala ne sont pas dus qu’à la « mousson du siècle ». Les écologistes dénoncent la déforestation, l’activité minière et la mauvaise gestion des barrages.
New Delhi. De notre correspondante

Si les eaux se retirent graduellement dans le Kerala, après les pluies diluviennes qui ont fauché quatre cents vies et déplacé un million de personnes vers des abris de fortune, la polémique, elle, ne cesse de monter. La mousson, certes la plus violente en un siècle, est-elle seule responsable ? « Il ne s’agit pas uniquement d’événements naturels, martèle Madhav Gadgil. Certaines interventions humaines, injustifiées, doivent également cesser. »

Cet écologiste renommé avait dès 2011, alors qu’il était à la tête d’un comité d’experts, alerté sur les risques d’une fragilisation de l’écosystème local par la déforestation et l’exploitation de mines et carrières illégales. Il alertait sur les glissements de terrain à venir. Mais ses recommandations sont restées lettre morte, le gouvernement local étant plus sensible au potentiel minier et hydroélecctrique de la zone.


> Pour lire la suite: https://journal-twipe.ouest-france.fr/data/33020/reader/reader.html?token=3aab48de6f260f630c0dc666601ca18d&hidetopbar=#!preferred/0/package/33020/pub/47566/page/2/alb/1816449

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Migrants. Le chantage de Matteo Salvini passe de plus en plus mal

Migrants. Le chantage de Matteo Salvini passe de plus en plus mal | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Déjà une semaine que le bateau Diciotti est empêché de faire accoster les migrants qu’il a secourus au large de Lampedusa. Par ce coup de force, le ministre de l’Intérieur veut contraindre ses voisins européens à prendre leur part dans la gestion des flux migratoires. Mais la ficelle fonctionne de moins en moins.

“J’ai lu que le parquet d’Agrigento a ouvert une enquête contre X pour séquestration”, s’amuse Matteo Salvini dans une vidéo en direct sur Facebook, le 22 août.

“Je suis là !” ajoute le patron de la Ligue (extrême droite) en se désignant. Je ne suis pas inconnu. Je m’appelle Matteo Salvini, né à Milan le 9 mars 1973 […] actuellement sénateur et ministre de l’Intérieur de ce pays, j’ai pour mandat la défense des frontières de ce pays.”

Dans un deuxième post, il ajoute à l’adresse de ses partisans : “S’ils m’arrêtent, vous viendrez me voir, les amis ?” à côté du mot-clé : #ArrêtezMoi.

Cela fait une semaine que le ministre refuse de laisser débarquer les passagers du Diciotti. Ce bateau des gardes-côtes italiens a secouru, dans la nuit du 15 au 16 août, 190 migrants, dont 13 ont été hospitalisés d’urgence. Il est ensuite resté plusieurs jours en mer avant d’être autorisé lundi 20 à accoster dans le port de Catane pour “une escale technique”, relate La Repubblica. Mais le ministre de l’Intérieur a refusé de laisser débarquer les migrants tant que d’autres pays européens ne se seraient pas engagés à les prendre en charge.

Mardi 21 au soir, les mineurs non accompagnés qui étaient à bord ont été autorisés à débarquer pour rejoindre une structure d’accueil. Un geste obtenu grâce à l’intervention du Premier ministre, Giuseppe Conte – figure politique faible, car il ne s’agit pas d’un politicien élu mais d’une personnalité de compromis, sur laquelle se sont accordés les deux partis de la majorité populiste, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue.

Or la discussion avec Conte a été houleuse, indique le journal de centre gauche : “Salvini en est venu à brandir la menace d’une démission, ce qui reviendrait à faire éclater une crise au gouvernement.” (...)

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"Aidez-nous à quitter cet enfer, vite !" : une rare manifestation de migrants en Libye

"Aidez-nous à quitter cet enfer, vite !" : une rare manifestation de migrants en Libye | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Une manifestation inédite de migrants a eu lieu récemment près de Tripoli. Un groupe de migrants, principalement des Éthiopiens et des Érythréens, a forcé les portes d’un centre de rétention où il était enfermé, puis a marché vers la capitale Tripoli, à une vingtaine de kilomètres au nord, pour demander l’aide de l’ONU et des ONG de défense des droits de l’Homme. Ballottés de camps de torture en centre de rétention depuis leur arrivée en Libye en 2015, ces migrants veulent aujourd’hui quitter la Libye le plus tôt possible.

Le groupe de migrants a posté les images de la manifestation sur Facebook, dimanche 12 août, dans l’espoir qu’elles soient partagées le plus largement possible. Aman (pseudonyme), un Érythréen de 22 ans, était parmi les manifestants. Il raconte :


"Nous étions enfermés depuis trois mois dans le centre de rétention du village de Qasr Ben Ghachir (à 25 kilomètres au sud de Tripoli). Des employés de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sont venus nous voir à notre arrivée, en mai dernier. Ils ont enregistré nos noms, et nous ont dit qu’ils allaient nous évacuer de Libye très prochainement. Mais nous n’avons aucune nouvelle d’eux depuis.


Nous avons donc forcé les portes du centre de rétention, et nous avons marché vers Tripoli. Les forces de l’ordre nous ont dispersés avec des tirs de sommation. Puis, nous avons entamé des négociations avec eux, et ils nous ont promis qu’ils allaient nous aider à quitter le pays.


Nous sommes un groupe d’environ 120 personnes, et il y a de nombreux femmes et enfants avec nous. Nous sommes arrivés en Libye en 2015, dans l’espoir de pouvoir rallier l’Europe par la mer. Mais nous avons été kidnappés par des groupes criminels et séquestrés dans un hangar dans la ville de Beni Oualid. Les kidnappeurs nous vendaient à des soi-disant passeurs, qui nous torturaient à l’électricité et envoyaient des vidéos à nos familles et nos amis pour leur extorquer de l’argent. Le montant de la rançon pouvait aller de 1 000 à 6 000 dollars. Le pire, c’est que même après avoir touché la rançon, les ravisseurs refusaient de nous libérer.


Nous avons été libérés par les forces de sécurité libyennes, en mai dernier. Nous avons ensuite été transférés vers le centre de rétention de Qasr Ben Ghachir. Mais même s’il s’agit d’un centre de rétention officiel, nous ne faisons plus confiance aux Libyens. N’importe qui ici peut vous kidnapper, vous torturer, vous tuer. Nous voulons juste quitter cet enfer dans les plus brefs délais, la destination importe peu. C’est pour cela que nous exhortons le HCR d’accélérer les procédures pour notre évacuation."


Le groupe de migrants a été transféré jeudi 16 août vers un autre centre de rétention, situé près du siège du ministère de l’Intérieur à Tripoli.


De nombreux Érythréens fuient chaque année leur pays pour échapper à un régime totalitaire. Ils bénéficient en général du statut de réfugié auprès du HCR, statut censé les protéger contre le retour vers leur pays d’origine. Une porte-parole du HCR, Paula Barrachina Esteban, affirme que l’agence onusienne suit de près le dossier de ces migrants. Elle explique :


"Nous sommes en train de chercher des solutions pour ces personnes, et pour tous les réfugiés actuellement coincés en Libye. Ces personnes sont réinstallées dans un pays tiers lorsque cela est possible, mais les solutions pour le moment sont très limitées et dépendent de chaque cas.


Nous avons lancé un appel à tous les pays afin qu'ils nous offrent des places pour accueillir les réfugiés dans un pays sûr. À ce jour, 12 États ont proposé au total 3 886 places pour accueillir les réfugiés qui sont actuellement en Libye, et au Niger. Mais nous avons besoin de plus de places. En 2018, près de 55 000 demandeurs d’asile ont été enregistrés par le HCR en Libye.


L’autre solution consiste à évacuer ces personnes vers le Niger. Dans le cadre du mécanisme de transit d’urgence, les demandeurs d’asile sont accueillis dans un camp géré par le HCR à Niamey, où leurs demandes d’asile sont traitées au cas par cas.


Ils sont accueillis de façon temporaire dans ce camp, en attendant qu’un pays tiers accepte de les accueillir. Le problème, c’est que le camp est actuellement presque complet. Nous attendons que des places se libèrent.


Depuis le début de l'opération d'évacuation de la Libye à la fin de 2017, 1 536 personnes au total ont été évacuées vers le Niger. Actuellement, la capacité totale d’accueil restante à Niamey est de 335 personnes." (...)

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L’agriculture bio est plus efficace contre les maladies que les techniques conventionnelles

L’agriculture bio est plus efficace contre les maladies que les techniques conventionnelles | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Les certitudes sont mises à mal.Des chercheurs de l’INRA et de l’université de Rennes viennent de démontrer que l’agriculture bio lutte plus efficacement contre les maladies que l’agriculture conventionnelle. Or, c’est justement pour lutter contre ces agents pathogènes que les agriculteurs utilisent des pesticides.


Ce sont des conclusions plutôt étonnantes qui viennent d’être publiées dans la revue Nature Substainability. Menée par des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et de l’université de Rennes, cette recherche montre que l’agriculture biologique résiste mieux aux maladies que la conventionnelle. "En utilisant deux méta-analyses distinctes, nous démontrons que par rapport aux systèmes de cultures conventionnels, l’agriculture biologique favorise la lutte antiparasitaire (…)", expliquent les chercheurs.


Autrement dit, les pesticides, présentés comme nécessaires et efficaces contre les maladies, le sont en fait moins que l’agriculture bio qui n’utilise pas d’intrants chimiques. De quoi remettre en cause des certitudes ancrées depuis des décennies dans le monde agricole.


Dans le détail, les chercheurs se sont focalisés sur trois catégories de bioagresseurs : les ravageurs (insectes, acariens, vers…), les agents pathogènes (champignons ou bactéries) et les plantes adventices, c'est-à-dire comme les mauvaises herbes. "Les systèmes de culture conduits en agriculture biologique subissent des niveaux d’infestations par des agents pathogènes plus faibles que ceux conduits en agriculture conventionnelle", estiment les chercheurs.


Concernant les ravageurs, ils sont présents à un taux similaire dans l’agriculture bio et dans la conventionnelle. Enfin, les mauvaises herbes, sont plus présentes en bio. C’est d’ailleurs leur présence qui permet de lutter au mieux contre les maladies et les ravageurs, expliquent les auteurs.


Ces résultats "ouvrent des perspectives d’intérêt pour réduire l’utilisation de fongicides ou d’insecticides de synthèse sans pour autant augmenter les niveaux d’infestation des pathogènes et des ravageurs", concluent les chercheurs. (...)


Via JJ Grodent
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Brésil: un chef indigène, défenseur de l’environnement, assassiné en Amazonie

Brésil: un chef indigène, défenseur de l’environnement, assassiné en Amazonie | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Des organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé mercredi 15 août l'assassinat d'un chef indigène en Amazonie. Jorginho Guajajara luttait depuis de nombreuses années contre la déforestation de son territoire. Pour Sara Shenker de l'ONG Survival International, une organisation qui défend les droits des peuples indigènes, Jorginho aurait précisément été tué à cause de sa défense de l'environnement.
Par Sara Shenker de l'ONG Survival International :

« On ne sait pas qui l’a tué, mais Jorginho est malheureusement la dernière victime d’une longue série de dirigeants guajajara assassinés à cause du conflit lié à la terre. Il y a dans cette région du Brésil une mafia très puissante qui sévit dans l'exploitation forestière et qui essaye de réduire autant que possible le territoire indigène pour en tirer profit. Et ils ciblent, ils assassinent les dirigeants guajajara, en particulier ceux qui luttent pour protéger leurs terres. Et c'est ce que Jorginho faisait. (...)

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La gauche presse Macron d’accueillir «l'Aquarius» et ses 141 rescapés

La gauche presse Macron d’accueillir «l'Aquarius» et ses 141 rescapés | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Du Parti socialiste aux communistes, des responsables politiques appellent le Président à ouvrir en urgence un port français pour accueillir le navire de SOS Méditerranée qui cherche un lieu sûr pour accoster.

Le silence d’Emmanuel Macron face à l’appel de l’Aquarius, à la recherche d’un port où accoster avec 141 rescapés à son bord, provoque une vague de réactions à gauche. Un communiqué de Génération·s «demande solennellement à Emmanuel Macron d’ouvrir un port français, aujourd’hui et pour ses prochaines missions». Le mouvement de Benoît Hamon considère que le président de la République «cède en réalité avec une faiblesse et une complicité coupables aux pressions de M. Salvini et de l’extrême droite européenne et française». Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien, avait fermé ses ports au navire de SOS Méditerranée le 10 juin, alors que 629 exilés se trouvaient à bord.

Guillaume Balas, coordinateur national du mouvement Génération·s, dénonce «l’atonie d’Emmanuel Macron, s’apparentant à une volonté de décourager les migrations». Un manque de réaction dans la droite ligne, selon lui, de l’«"orbanisation" de l’Europe» (du nom de Viktor Orbán, Premier ministre hongrois), caractérisée par une «politique d’exclusion et de rejet inefficace, et qui ne fait qu’amoindrir nos relations futures avec l’Afrique. L’Europe ne peut pas continuer à être dans le déni».

Ian Brossat, tête de liste du PCF aux européennes et adjoint à la Maire de Paris en charge du logement, dénonce «un spectacle pathétique. Une fois de plus, les Etats européens jouent au ping-pong avec les réfugiés et sont incapables d’organiser l’accueil». Lui aussi interpelle Emmanuel Macron: «Il me paraîtrait humain, d’abord, d’ouvrir nos portes à ces 141 personnes. Ensuite, il faut peser beaucoup plus fort à l’échelle européenne, pour établir des solutions durables à la crise de l’accueil.»

Rachid Temal, vice-président du groupe PS au Sénat, a appelé solennellement le président de la République à accueillir l’Aquarius. «On ne peut pas aujourd’hui, au XXIe siècle, laisser un bateau comme cela au milieu de la Méditerranée. Je ne peux pas m’habituer à ces drames-là.» Le sénateur déplore le «silence assourdissant des autorités françaises». Du côté de La France insoumise, Clémentine Autain a également interpellé le gouvernement sur Twitter ce matin : «Il faut ouvrir un port français pour l’Aquarius. Vite. Pas de vacances pour le devoir de solidarité.»

Stagnant entre Malte et l’île italienne de Lampedusa, le navire a reçu deux réponses officielles négatives de la part de Malte et de l’Italie, a fait savoir la présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau. L’ONG appelle l’ensemble des Etats européens «à prendre leurs responsabilités pour trouver un port sûr en Méditerranée». Pour Sophie Beau, la situation actuelle est une nouvelle fois «en contradiction la plus totale avec le droit maritime international, et tout cela se fait sur le dos de personnes en danger».

Après deux sauvetages consécutifs vendredi au large des côtes libyennes, l’Aquarius compte à son bord 141 personnes exilées. La moitié d’entre elles sont des enfants. Un tiers sont des femmes. Les rescapés viennent principalement de Somalie et d’Erythrée, a fait savoir l’ONG.

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La condamnation de Monsanto est "une décision historique"

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"C'est une décision historique", a réagi sur franceinfo François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures, après la condamnation de Monsanto par un tribunal californien à payer 289 millions de dollars, l'équivalent de 253 millions d'euros, à un jardinier d'écoles primaires. Dewayne Johnson est atteint d'un cancer incurable. Le géant des pesticides et herbicides a été déclaré responsable de sa maladie par un jury populaire.

"Le jury a reconnu que les produits à base de glyphosate étaient responsables du cancer du jardinier, ils ont reconnu que Monsanto savait que les produits étaient dangereux et qu'il y avait un manque d'information sur les emballages qui n'ont pas permis au jardinier de se protéger." Aux États-Unis, il y a 5 000 procès contre Monsanto en cours.

Le groupe a décidé de faire appel de cette décision, ce qui n'étonne pas François Veillerette. "Monsanto est un géant. Il a tous les fonds nécessaires pour faire durer les procédures juridiques autant qu'il le souhaite. Donc, ce n'est pas une surprise qu'il fasse appel."
En France, le glyphosate devrait être bientôt interdit

Cette condamnation "ouvre la voie vers d'autres procédures, puisque derrière il y a la reconnaissance de la dangerosité des produits de Monsanto." En France, Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a affirmé, sur la base des études universitaires publiées, que le glyphosate et les produits qu'il contient sont cancérigènes, explique François Veillerette. "Donc, il y a une avancée dans ce jugement qui reconnaît le bien-fondé du jugement du Centre international de recherche sur le cancer." (...)


> Lire aussi: Pour EELV, la condamnation de Monsanto "souligne la responsabilité coupable des politiques qui ont laissé faire"

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/glyphosate/la-condamnation-de-monsanto-souligne-la-responsabilite-coupable-des-politiques-qui-ont-laisse-faire_2891665.html

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Hubert Reeves : « Que mangera-t-on dans cinquante ans si nous continuons à malmener les sols ? »

Hubert Reeves : « Que mangera-t-on dans cinquante ans si nous continuons à malmener les sols ? » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Pour l’astrophysicien et écologiste, l’avenir de l’humanité dépendra de son aptitude a vivre en harmonie avec la nature. La sauvegarde des vers de terre, ces acteurs essentiels de la vie des sols, relève de cette capacité d’adaptation.


We Demain : Les vers de terre sont-ils en danger ?


Hubert Reeves : Ils le sont dans les sols cultivés selon des méthodes intensives, où sont employés des pesticides, des produits phytosanitaires, des techniques de labour profond et des machines agricoles très lourdes qui compactent les sols. C’est pourtant dans ces sols qu’on a le plus besoin d’eux ! Alors que la population humaine mondiale ne cesse d’augmenter, sauvegarder les vers de terre, comme les insectes pollinisateurs, est devenu un enjeu crucial de notre époque.


- En France, plus de 200 espèces de vertébrés se nourrissent de lombrics (perdrix, taupe, hérisson, crapaud, blaireau, sanglier…). Quels sont les effets de la baisse des populations de vers de terre sur toute cette faune ?


- Les vers de terre ont un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité. Il existe dans la nature des équilibres entre les prédateurs et les proies, de sorte que des espèces vivent et évoluent en interdépendance. L’intervention humaine a rompu ces équilibres, le résultat est comparable à un jeu de dominos : une espèce disparaissant d’un milieu, elle en entraîne d’autres avec elle.


(...) Bien que cette fois l’origine en soit humaine, des crises comme celle que nous vivons se sont déjà produites par le passé (réchauffement climatique, hausse du CO2 dans l’atmosphère, extinction des espèces…). Certaines espèces comme les vers de terre ou les tortues, qui existent depuis des centaines de millions d’années, nous apprennent que si nous ne sommes pas capables de nous adapter, alors nous disparaîtrons. Beaucoup d’autres espèces, animales ou végétales, ont disparu car elles n’ont pas réussi. C’est la loi de la nature, et aucune espèce n’y échappe.


> Retrouvez aussi notre enquête ["Sauve le ver de terre, il te sauvera", parue dans le numéro d'été de We Demain, en exclusivité sur Europe1.fr]

http://www.europe1.fr/societe/sauve-le-ver-de-terre-et-il-te-sauvera-3662639

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La Jardinière - Le livre au jardin - Ouagadougou

La Jardinière - Le livre au jardin - Ouagadougou | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
L'équipe de La Jardinière a reçu les enfants de la bibliothèque de ICCV Nazemse pour une activité sur l'agroecologie et le bien-manger. Ils ont découvert le jardin, les spécialités burkinabé servies ainsi que les feuilles, les plantes et les légumes du potager servant à cuisiner ses délicieux plats.
Un beau moment de partage couronné de succès : les enfants ont su citer les différents plats burkinabé à la fin de la séance !

La Jardinière un restaurant pédagogique autour de la cuisine locale. N'hésitez pas à amener vos classes !
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4 Environmental Activists Are Killed Every Week So We Can Have Snacks, Meat And Coffee

4 Environmental Activists Are Killed Every Week So We Can Have Snacks, Meat And Coffee | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

The price of our groceries isn’t just what we pay at the checkout counter ― it’s also the violent killings of environmental activists that reached record levels last year.

Paramilitaries, government troops, hired gangsters and smugglers killed 207 people trying to protect the environment from the spread of businesses like cattle ranches and sugarcane plantations in 2017, according to a new report by international NGO Global Witness. That’s approximately four environmental defenders killed every week of the year.

For the first time, agribusinesses that produce commodities such as beef, palm oil and coffee overtook mining and natural resource extraction as the most deadly sector for the (mainly) indigenous people who work either voluntarily or professionally to protect environmental or land rights.

Ramón Bedoya’s father, Hernán, was one of those 207 victims. Colombian paramilitaries shot him 14 times after he protested oil palm and banana plantations expanding onto his community’s lands, Global Witness reported.

Bedoya told HuffPost that his father “was constantly being threatened – that they were going to kill him, that they were going to remove him from the land because he was a leader [...] Then they assassinated him.”

Colombian authorities knew about the threats, recounted in the award-winning documentary “Frontera Invisible,” but this did not protect Hernán.

Now, says Bedoya, his community and others like it need support to prevent more murders. “We don’t want to see any more bloodshed,” he said.

Latin America is by far the world’s most dangerous place to be an environmental defender. Almost 60 percent of the environmental killings recorded in 2017 took place in the region. (...)

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Les oiseaux disparaissent: vite, protégeons les chasseurs!

Les oiseaux disparaissent: vite, protégeons les chasseurs! | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Faisant fi de deux études récentes sur l’effondrement des populations d’oiseaux en zone agricole, le ministère de la transition écologique et de la solidarité augmente les quotas annuels de piégeage, entérinant de surcroît, sous couvert de tradition, des pratiques cruelles condamnées par l’UE. Ce ne sont plus des couleuvres qui sortent de la bouche de Nicolas Hulot, mais de la paille.


Les projets de La République en marche sont décidément symptomatiques des blocages ou désordres cognitifs qui, partout sur la planète, empêchent nos dirigeants, fussent-ils dûment renseignés sur leur nocivité, de rompre avec des habitudes qu’une bonne partie des mots d’ordre publicitaires et politiques s’évertue à conforter dans le reste de la population. Mépris des instances scientifiques, de l’expertise des arpenteurs du monde, des citoyens commis à l’observation des détraquements divers qui nous accablent, voilà ce qui caractérise cette marche folle, machine en avant toute, droit vers la gueule d’enfer de l’effondrement interconnecté. Une déraison qui donne raison aux collapsologues.


Dernier projet de loi à nous adressé en forme de pied de nez par le ministère de la régression écologique et du je-m’en-foutisme prédiluvien : l’inscription dans la loi de techniques de chasse aux oiseaux sauvages abjectes mais labellisées « tradition ». La chasse à la glu, par exemple. Miam !

> Photo: Grive engluée


Le tableau de nos champs de bataille aurait une autre gueule si l’on napalmisait d’une colle bien épaisse et malodorante les éléments hostiles au sol. On renouerait avec les visions dantesques d’humanités littéralement embourbées dans la guerre d’un Henri Barbusse ou d’un Otto Dix. Ce serait à vous dégoûter définitivement de participer à la fois comme chasseur et comme gibier aux hallalis patriotiques. 


Je rendais compte ici même en mars dernier de deux études du Musée national d’histoire naturelle et du CNRS constatant un effondrement, dans les zones de culture, des populations d’oiseaux et d’insectes, principaux indicateurs du baromètre de la biodiversité qui nous nourrit, rappelons-le (l’agriculture vient par surcroît). Les oiseaux marins sont aussi concernés que les oiseaux terrestres par l’hécatombe. Prise de conscience au sommet ? Que nenni. C’est un autre défi que se donnent les Marcheurs blancs du macronisme. Le bel exploit que ce serait, en effet, de réussir à exterminer cette gent ailée particulièrement robuste, qui descend des trois espèces d’oiseaux apparus à la fin du Crétacé et ayant survécu à la dernière extinction de masse, il y a 66 millions d’années ! L’homme plus fort qu’une météorite ! Cela vous pose un dieu. Le gabarit de la réussite a été relevé depuis peu au niveau jupitérien, ne l’oublions pas, et Jupiter a son aire au-dessus de celle de l’aigle qui le sert.


Le gouvernement, à la grande stupeur de la LPO (Ligue de protection des oiseaux), a donc décidé de piétiner les rapports qui, convergeant de tous les points du globe, s’harmonisent en un unique cri d’alarme. Il semblerait qu’en son réduit néolibéral, il trouve plus prudent de prendre conseil auprès de la minorité armée des chasseurs, plutôt que de s’appuyer sur ses propres fonctionnaires pour se conformer aux engagements de la COP21, par trop contraires aux fondamentaux illibéraux et pillards de sa doctrine. Le soutien de la police et de l’armée n’étant pas certain, précédent des Gardes françaises oblige, autant assurer ses arrières dans les arsenaux domestiques, Bastilles susceptibles d’être défendues avec plus de vigueur par leurs occupants.


Deux arrêtés visent les grives, merles noirs, vanneaux et pluviers dorés, en fixant des quotas de chasse « traditionnelle » pour les Ardennes. Quant à l’alouette des champs, avec un quota de piégeage de 370 000 têtes (le double des captures de l’an passé), son sort a été scellé par un ministre de paille qui, à défaut d’épouvanter qui que ce soit, indique aux macrophages où se trouvent les dernières réserves. Cette même alouette a perdu un tiers de son effectif en 15 ans. Ajouter le piégeage à la famine et à l’empoisonnement comme accélérateur d’extinction relève au mieux de la vésanie, au pire de la complicité de zoocide. 


À moins qu’il ne s’agisse là plus simplement, plus banalement, d’une énième variation sur le thème du thermomètre qu’on casse quand la température monte. Supprimons les témoins de nos errements, qui nous accusent en leur agonie, et taillons dans les budgets de leurs relais. Le silence animal est inaudible tant qu’il est couvert par le vacarme de nos activités. Et puis, qui ira se battre pour quelques piafs et bestiasses en moins ? La plupart d’entre nous est bien incapable de distinguer une alouette d’une grive. Quant à savoir à quoi peut bien servir une alouette, à part fournir un exemple de la stupidité animale dans l’expression « miroir aux alouettes »…


À propos de miroir aux alouettes, combien de dupes se sont prises aux miroitements du Nouveau Monde macronien ? Le piège était pourtant grossier.


En attendant, histoire de nous occuper avec un simulacre de démocratie, le ministère propose sur son site une consultation publique sur les deux arrêtés susmentionnés, ouverte jusqu’au 14 août. Même s’il est douteux qu’il tienne compte des commentaires majoritairement scandalisés laissés par les citoyens, je vous invite à y déposer le vôtre et à ne pas oublier, à l’heure du jugement de ces Olympiens du gouffre, qu’ils étaient prévenus. On ne peut être relaps impunément.


L’explorateur Jean-François de La Pérouse écrivait dans son Journal : « Il est difficile de lire dans les archives du monde. » Pour nous épargner cette difficulté, nous avons décidé de simplifier radicalement le vivant, qui en est la mémoire sensitive, et remis aux ordinateurs le soin de conserver le peu que nous en retenons. Ainsi le vide se fait-il peu à peu en nous, entérinant le grand schisme de l’homme avec la nature.

                                   * * * *

3 août 2018 Par Bertrand ROUZIES

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BNP, LVMH, Axa… les entreprises françaises n’ont jamais autant gâté leurs actionnaires

BNP, LVMH, Axa… les entreprises françaises n’ont jamais autant gâté leurs actionnaires | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Presque 500 milliards de dollars, c’est le montant atteint par les dividendes versés dans le monde au deuxième trimestre. Et les sociétés françaises ont versé des dividendes record, représentant plus de 10% du total.

Les actionnaires de la planète peuvent avoir le sourire. Au deuxième trimestre, les dividendes ont augmenté de 12,9% à l'échelle internationale sur un an et de 82% depuis 2009, pour atteindre 497,4 milliards de dollars, un nouveau record, selon l’indice Janus Henderson des dividendes mondiaux. “Les dividendes totaux ont augmenté dans quasiment toutes les régions du monde. Des records ont été atteints dans 12 pays, dont la France, le Japon et les États-Unis, qui font partie des plus importants contributeurs à l'indice”, souligne le gestionnaire d’actifs Janus Henderson Investors.(...)

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La malédiction de l'or vert

La malédiction de l'or vert | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
Disponible du 21/08/2018 au 27/08/2018

Disponible en direct : oui

L’Éthiopie est le théâtre d'une ambivalente ruée vers les terres agricoles, nouvel or vert synonyme d’enrichissement et de profit, mais également de catastrophe sociale et écologique et de censure gouvernementale.

À l’échelle mondiale, la demande de terres cultivables augmente. Dans ce domaine, l’Éthiopie constitue une aire de jeu particulièrement lucrative. Dans l’espoir d’augmenter les recettes à l’exportation mais aussi d’éradiquer la pauvreté et la faim, l’État distribue des millions d’hectares de terres arables à des investisseurs étrangers, afin que ceux-ci contribuent à la croissance éthiopienne.


Mais ce rêve de prospérité possède également une part d’ombre : les terres sont généralement occupées et l'expropriation illégale des populations les plus vulnérables et les plus discriminées, ainsi que la surexploitation des sols sont monnaie courante. Et la spirale de violence qui en résulte, alliée à la destruction de l'environnement, n'est pas près de s'arrêter : les milliards de dollars d’aide au développement émis par l’Union européenne et la Banque mondiale contribuent paradoxalement à ce qui a des allures de scandale d'État. D'ailleurs, quiconque tente de s’y opposer se heurte au gouvernement.


Des régions les plus reculées d’Éthiopie jusqu'aux plus grandes métropoles financières, le réalisateur suédois Joakim Demmer met au jour les paradoxes d'un système qui ne profite jamais aux populations locales, bien au contraire.

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Environnement : faut-il tout changer dans l'économie mondiale ? - Dorothée Browaeys - France 24

Face aux dérèglements climatiques, aux pollutions, il est temps pour Dorothée Browaeys d'inventer un nouveau modèle économique avec pour moteur le monde du vivant. Agrobiologie, chimie verte, biotechs doivent servir d'exemple selon la journaliste qui publie "L'économie du vivant". (François Bourin éditeur) 


Via Laurent Samuel, Christian Allié
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Laurent Samuel's curator insight, August 23, 10:06 AM

Excellente interview de Dorothée Browaeys au sujet de son livre L'Urgence du vivant : vers une nouvelle économie (qui paraît le 6 septembre chez Francois Bourin)

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La couche de glace la plus solide de l'Arctique se fracture pour la première fois

La couche de glace la plus solide de l'Arctique se fracture pour la première fois | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Une hausse des températures particulièrement importante a causé une rupture dans la glace au nord de la côte groenlandaise. C'est la deuxième fois cette année, phénomène qui n'avait jamais été observé auparavant.

C'est un phénomène inquiétant auquel ont pu assister les scientifiques qui surveillent les glaces polaires, comme le rapporte le Guardian. Dans l'Arctique, au nord du Groenland, la plus vieille et plus épaisse couche de glace a commencé à se briser. Habituellement, cette zone polaire reste pourtant figée toute l'année, y compris pendant les mois les plus chauds de l'été. Et pourtant, c'est la deuxième fois cette année que ce phénomène se produit, alors qu'il n'avait jamais été observé auparavant.

En cause selon les scientifiques: une vague de chaleur sans précédent causée par le changement climatique, associée à des vents chauds. En février et au début août, des pics de température anormalement élevés ont ainsi été recensés. Ils auraient fragilisé la glace qui n'aurait dès lors pas pu résister aux vents chauds qui ont suivi.

Cité par le journal, un météorologue décrit cet épisode comme "effrayant". D'autres disent qu'il pourrait remettre en cause l'idée selon laquelle cette zone serait le dernier bastion de glace permanente à supporter le réchauffement des températures. "La quasi totalité de la glace au nord du Groenland est partiellement brisée et donc mobile", explique Ruth Mottram, une chercheuse de l'Institut danois de météorologie.


(...) La glace de cette partie du cercle polaire est particulièrement compacte en temps normal. Cela s'explique par l'effet du courant de dérive transpolaire, qui entraîne la glace depuis la Sibérie à travers l'Arctique, où elle finit par s'entasser. D'après Thomas Lavergne, scientifique à l'Institut norvégien de météorologie, l'éclatement de cette couche glacée laisserait pénétrer une eau plus chaude le long de la côte, repoussant la glace et accélérant le processus.


"Je ne peux pas dire combien de temps cette ouverture va demeurer, mais quand bien même elle se refermerait dans quelques jours, le mal sera fait: l'épaisse couche de glace plus âgée aura été éloignée de la côte, jusqu'à une zone où elle fondra plus facilement", explique-t-il.


Dans une animation qu'il relaie sur son compte Twitter, on voit clairement un long bras de mer, en bleu, progressivement s'interposer entre la couche de glace jaune orangée et la côte. (...)

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La Commission européenne délivre de nouvelles autorisations d'OGM tolérants au glyphosate

La Commission européenne délivre de nouvelles autorisations d'OGM tolérants au glyphosate | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

La Commission européenne a autorisé début août, pour dix ans, l'importation de cinq OGM dont quatre maïs, destinés à l'alimentation humaine ou animale dans l'UE. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a émis un avis favorable à ces autorisations.
 

La Commission a ainsi donné son feu vert au maïs génétiquement modifié produit par Monsanto MON 87427 x MON 89034 x NK603 tolérant à la substance herbicide controversée glyphosate accusée d'être cancérigène. Auquel s'ajoute le maïs 1507 × 59122 × MON 810 × NK603 du groupe américain Pioneer également tolérant au glyphosate ainsi qu'aux herbicides à base de glufosinate d'ammonium, substance classée reprotoxique présumée. La Commission a également renouvelé l'autorisation de mise sur le marché de deux autres maïs OGM : le maïs GA21 de Syngenta également tolérant au glyphosate et le maïs 59122 de Pioneer et Dow Agrosciences tolérant aux herbicides à base de glufosinate ammonium.


Elle a également renouvelé l'autorisation de la betterave sucrière génétiquement modifiée H7-1 de Monsanto et de l'Allemand KWS aussi tolérante au glyphosate.


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Sortir de la crise écologique par la décroissance? - Radio-Canada

Sortir de la crise écologique par la décroissance? - Radio-Canada | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

[Décroissance - La base]
La crise écologique semble de plus en plus inévitable. Plusieurs estiment que la croissance perpétuelle sur laquelle repose notre système économique est responsable de  la dégradation de l'environnement. Ils prônent la décroissance, comme le présente Rad.

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Italie : le calvaire des migrants exploités dans les campagnes

Italie : le calvaire des migrants exploités dans les campagnes | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Dans des champs de toute l'Italie, des centaines de milliers de migrants africains travaillent jusqu'à l'épuisement pour un salaire minuscule, dans des conditions souvent indignes.


Seize Africains, tous employés dans la récolte des tomates, ont été tués lors de deux accidents de la route survenus cette semaine en Italie. Ces drames ont relancé le débat sur l'exploitation de la main-d'œuvre immigrée dans l'agriculture, soumise à des conditions assimilées à un véritable «esclavage».


Cette main-d'œuvre est traditionnellement embrigadée par des caporalati («caporaux»), des intermédiaires payés par les exploitants agricoles pour recruter et encadrer les immigrés employés dans les champs. Bien que cette pratique ancestrale ait été interdite par une loi de 2015, le système perdure dans les campagnes. On estime à 20.000 le nombre d'immigrés africains qui récoltent les tomates autour de Foggia, une riche plaine agricole des Pouilles. Et ils seraient au total 400.000 à travailler aux champs dans toute l'Italie, un grand nombre étant soumis au système du caporalato.


Lundi, une fourgonnette immatriculée en Roumanie et transportant dix-sept travailleurs africains fourbus après (... )


Via JJ Grodent
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Vincent Edin - Monsanto out, subito

Vincent Edin - Monsanto out, subito | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it
Au championnat du monde de l'opportunisme politique, les membres du gouvernement français (Hulot, Poirson notamment) méritent sans conteste la médaille d'or. Se féliciter du courage de la justice américaine qui a condamné Monsanto, quelques mois seulement après leur propre déroute face au géant des semences vérolées, voilà qui a de quoi laisser pantois. Gageons que si la décision d'appel relaxe finalement Monsanto/Bayer, peu de chances que les ministres s'époumonent. Ils laisseront pisser. Car la récente décision du Parlement français n'est pas une interdiction programmée certaine à 100% dans 3 ans, mais une mise d'autorisation renouvelée pour 3 ans avec engagement à l'interdire, en 2021. Mais alors, les lobbystes et avocats de Monsanto auront trouvé de nouvelles stratégies dilatoires pour obtenir quelques années supplémentaires d'empoisonnement planétaire.

Quand on regarde le film "le round up face à ses juges" (en replay sur Arte) ce qui frappe c'est l'évidence d'un écocide et l'apathie politique dans nombre de pays, en face. Toutes les études, portant sur des milliers de cas de pathologies recensées avant et après l'introduction du Round Up, ont de quoi laisser pantois. Terres souillées, animaux malades et à la mortalité plus précoce, fausses couches, malformations congénitales et cancers en masse. Le consensus est planétaire ; agriculteurs et populations locales concernées l'attestent. Certains gouvernements ont pris leurs responsabilités en interdisant du jour au lendemain le glyphosate, comme celui du Sri Lanka (20 millions d'habitants, quand même). Deux ans après la décision historique, les avocats de Monsanto ont réussi à assouplir un peu la décision sri lankaise et à revenir inonder la marché de leur poison. Goliath garde la main contre David grâce à la corruption de nombre de scientifiques qui signent des tribunes anonymisées pour ne pas risquer directement de passer pour des traîtres auprès de leur communauté. Et il sera compliqué de trouver quel professeur de biologie s'est acheté une Porsche, une villa avec piscine ou autre. Les Monsanto Papers publiés par le Monde cette année ont levé le voile sur la corruption massive d'études scientifiques et d'institutions internationales pour outrepasser les interdictions diverses. Ca ne doit pas désespérer les bonnes volontés.

La décision de la justice américaine hier est historique. 290 millions de dollars, s'ils sont confirmés en appel, ne tueront pas Monsanto. Mais avec plus de 600 procédures en cours, la fin de cette hydre pourrait venir plus vite que prévu. Il faudrait juste deux coups de pouce supplémentaire. La communauté scientifique redouble d'efforts, les journalistes d'investigation aussi pour appuyer les collectifs de victimes et d'habitants à proximité de zones d'épandage. Le géant chancelle mais tient bon, pour l'heure. Les deux éléments à même de le faire tomber sont connus : des justes et courageux lanceurs d'alerte en interne, et des politiques nationaux et supranationaux.

Monsanto compte environ 25 000 salariés. Tous n'ont pas des responsabilités importantes, tous n'ont accès aux infos sensibles, mais tous sont complices d'un écocide qu'ils ne peuvent ignorer. On voudrait tous leur offrir les textes d'Arendt sur la banalité du mal pour qu'ils voient ce que leur inertie, leur incapacité à dénoncer a de meurtrière. Que le PDG, son entourage direct tiennent bon, je comprends. Hier, ils ont assuré le jardinier victime d'un cancer par leur faute de leur "compassion, mais en réaffirmant qu'ils ne sont en rien responsables de sa maladie". Eux ne bougeront pas, ce sont des jusque boutistes. Mais les autres ? Comment expliquer qu'il n'y ait pas parmi les quelques milliers de personnes concernées davantage de justes qui décident de faire quelque chose pour l'humanité ? L'argent n'explique pas tout. Les cadres moyens ne reçoivent pas des millions de dollars pour leur silence. La peur non plus, Monsanto n'est pas la Camora et n'exécutera pas d'une balle dans la nuque les lanceurs d'alerte, même s'ils sont clairement menaçant. On assiste plutôt à un phénomène de tétanie par un mélange de honte et de résignation, comme une agression dans le métro, tant que les autres ne bougent pas, pas de raison que je bouge. Qu'un seul se lève et les autres suivront, gardons espoir.

En attendant le salut par de courageux chevaux de Troie salariés de Monsanto, seul le politique peut faire basculer les choses. Mais sans trembler, sans atermoiements, sans délais. Dans "pourquoi les riches votent à gauche", le journaliste Thomas Frank montre très bien comment les Démocrates américains enrobent dans un jargon technocratique, leur absence de volonté de faire changer les choses. Surtout, ne pas brusquer les grandes firmes privés chez qui ils partent après leurs postes à la Maison Blanche : la liste des conseillers de Clinton et Obama partis chez Goldman Sachs, City Group, Uber, Google et consorts avec des nouveaux émoluments en millions d'euros a de quoi faire vomir. Pour justifier leur inaction, ils invoquent toujours "la complexité du dossier", sans jamais revenir à la question des principes. La justice, qu'elle soit sociale ou écologique, repose sur des grands principes, pas des détails. La santé doit être gratuite, on doit porter assistance... Les décrets d'exception viennent après. Toutes les réformes de justice portent en elles cette radicalité : la sécurité sociale, l'école gratuite et obligatoire, les retraites par répartition, la séparation de banques de dépôt et de spéculation pour ne pas léser les clients... Il faut partir de l'idéal et se coltiner le réel ensuite. En l'espèce, interdire purement et simplement Monsanto. Inverser le camp de la peur. Les contraindre à prouver, face à une justice indépendante, la parfaite innocuité de leurs produits (bon courage)...

Bien sûr, il y aura des cris d'orfraie. Pas seulement des avocats de Monsanto, mais de quelques lobbystes dument appointés, de pontes de l'agro business, de relais médiatiques et de nombre d'agriculteurs, aussi, inconscients de l'empoisonnement et de l'auto-empoisonnement dont ils sont coupables. Mais ces atermoiements arriveront quoi qu'il arrive. Quand Ambroise Croizat met en place la Sécurité Sociale, les employeurs français ont hurlé que les cotisations santé allaient tuer leur productivité et toute la litanie de sornettes libérales. Bon. Les entreprises n'en sont pas mortes et l'espérance de vie des français en bonne santé a progressé de 20 ans en un demi siècle. Laissons Monsanto hurler, pour retrouver des sols plus sains, des animaux non porteurs de saloperies et nous préserver du poison. Cet objectif : rendre la planète plus vivable pour les générations futures est le plus noble qui soit. Il impose "juste" de la radicalité.
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Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation 

Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation  | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un «silence caniculaire».

«On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse.» Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. 


Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et son gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution. 

Comme si la grande tâche de l’heure n’était pas le bouleversement climatique en cours et de se lancer dans des réformes fondamentales. Par exemple, pour inverser nos émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent d’augmenter ; ou encore pour reculer drastiquement le fameux «jour du dépassement» tristement fêté le 1er août pour la planète, mais bien silencieusement en France le 5 mai, jour d’épuisement de notre biocapacité annuelle.

On entend les climatologues qui poussent (des cris d’urgence), mais les économistes continuent de tomber dans leur discrédit, qui se mesure par exemple au millimètre linéaire de leur rayon dans les librairies. Et ce n’est pas surprenant. L’inflation, par exemple ? Tant mieux, en réalité, si les prix montent. Les Français ne sont pas des imbéciles. Ils répondent comme tout le monde à des incitations comme les prix ou à des réglementations. Ce qui est vrai pour le tabac est tout aussi vrai pour les émissions de CO2. De même pour l’alimentation aux prix maintenus artificiellement très bas, comme pour la viande ou le lait, grâce à des méthodes de production de plus en plus intensives fondées sur une agrochimie destructrice rendue possible grâce à un système de puissants lobbys.

Ce dernier n’hésite pas à jouer du chantage sur la faim dans le monde pour exporter les trois quarts de la production française alors que cela tue les agricultures des pays en développement. En particulier en Afrique, où l’exode rural s’accélère, premier facteur de migration bien avant les guerres. 


Ce qui nous ramène au commerce international, dont le libre-échange le plus intégral serait censé apporter des gains de pouvoir d’achat alors que c’est un vaste système de dumping environnemental et social où les prix ne reflètent surtout pas la rareté des ressources de la planète. Tout particulièrement parce que les lobbys du transport maritime et aérien ont discrètement réussi à sortir de l’accord de Paris et ne supportent aucune contrainte sur leurs énormes émissions de CO2 ou leur pollution bien connue, qui n’ont rien à envier à la Chine en bilan total.

A de rares exceptions près, les économistes des pays riches sont toujours obsédés par le paradigme du progrès linéaire et quantitatif. Leur véritable traumatisme ces derniers mois a été le débat lancé par l’ancien secrétaire d’Etat au Trésor américain Lawrence Summers sur la stagnation séculaire de la productivité et donc de la croissance, près d’un million d’occurrences sur la Toile. Or, de l’avis de tous les climatologues, seule une division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre permettrait au mieux d’éviter la catastrophe. Et ne nous faisons pas d’illusions. Son impact sur le vaudou du taux de croissance ne peut être que négatif en effet. Le concept de décroissance - pourtant dû à un grand économiste mathématicien, Nicholas Georgescu-Roegen - n’a toujours pas droit de cité dans les manuels d’économie, et très rares sont les travaux de recherche entrepris pour en comprendre les mécanismes et la mise en œuvre.

La quatrième révolution industrielle en cours n’est vue par les économistes standards qu’au travers des points de croissance supplémentaires qu’elle pourrait apporter pour compenser le risque de stagnation séculaire. Elle devrait être, au contraire, un formidable atout pour gérer la décroissance d’une façon intelligente, et notamment inclusive sur le plan social tant l’explosion des inégalités ces dernières années a un lien étroit avec celle des risques sur la planète. 


C’est ce que vient de montrer une étude passionnante sur le tourisme de masse à l’échelle mondiale qui ne fait que reproduire le mode de vie des élites. Les inégalités de prélèvement des ressources de la planète sont aujourd’hui de l’ordre de ce qu’elles étaient sous l’Ancien Régime.

Et ici, les économistes savent bien que le seul système d’incitation par les prix pèche en termes d’équité et qu’il n’est d’ailleurs pas toujours le plus efficace en présence de déficiences de marché. Il leur faut donc imaginer des systèmes de taxation, de quotas, de réglementation et surtout de réformes de structures qui permettraient d’atteindre le Facteur 4 d’ici à 2030, c’est-à-dire demain.

Ce qui compte in fine n’est pas le PIB ou le revenu national brut, mais bien le revenu net, notamment de tous les dégâts du soi-disant «progrès», surtout ceux à venir qui constituent une dette vis-à-vis de nos enfants. C’est une révolution conceptuelle pour les économistes. Ils ont commencé leur mutation avec ce fameux rapport commandé à l’ère Sarkozy sous la direction des Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen (Richesse des nations et bien-être des individus, Odile Jacob, 2010). Mais ils n’ont toujours pas concrètement franchi le Rubicon dans leurs conseils aux dirigeants. D’où leur silence caniculaire cet été.

Or, les prédictions d’un autre scientifique (Safa Motesharrei) publiées dans un papier remarqué de 2014 (1) mentionnent la probabilité très sérieuse d’un effondrement de notre civilisation lié aux inégalités et à la surexploitation des ressources. Elles rejoignent celles des climatologues et des scientifiques de la nature qui envisagent de plus en plus sérieusement une rupture systémique brutale des grands équilibres de la planète et le scénario graduel très diplomatique de l’accord de Paris.


 Les économistes connaissent pourtant ce type de phénomène. C’est celui des hyperinflations comme dans l’Allemagne des années 30 ou au Venezuela aujourd’hui. C’est celui des crises financières. Ils savent que pour les arrêter, il faut une réaction radicale des autorités monétaires. Cette fois, la réaction doit être aussi radicale mais dans tous les domaines de la relation entre les ressources de la planète et nos systèmes de production et de consommation. La France a besoin de bien autre chose qu’un plan canicule et les économistes doivent se mobiliser pour en dessiner les contours. Voilà une vraie grande réforme pour la rentrée.

(1) Safa Motesharrei, Jorge Rivas, Eugenia Kalnay : «Methodological and Ideological Options Human and nature dynamics (Handy) : Modeling inequality and use ofresources in the collapse or sustainability of societies», Ecological Economics 101 (2014), pp. 90-102.

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20 ans après sa bataille contre Monsanto, Percy Schmeiser reste fier du chemin parcouru

20 ans après sa bataille contre Monsanto, Percy Schmeiser reste fier du chemin parcouru | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

La bataille judiciaire a fait le tour du monde : le géant des biotechnologies Monsanto contre le fermier de Bruno, en Saskatchewan, Percy Schmeiser. David contre Goliath. Vingt ans plus tard, bien qu'il ait perdu sa cause en Cour suprême, l'homme de 87 ans reste fier d'avoir provoqué la discussion sur les organismes génétiquement modifiés.

Le 6 août 1998, Percy Schmeiser recevait une lettre du géant des biotechnologies Monsanto. Il était poursuivi parce que dans ses champs, se trouvait du canola génétiquement modifié par la compagnie, le Roundup Ready Canola. La culture en question avait été créée par la multinationale pour résister à l’herbicide du même nom, le Roundup, et ainsi être plus forte et plus généreuse.

La défense de Percy Schmeiser était que ce canola s’était retrouvé parmi ses cultures de façon accidentelle. Comme les agriculteurs ensemencent à partir de leurs graines de l’année précédente, pour M. Schmeiser, ce canola modifié était indissociable de celui qui lui appartenait. Or, les fermiers qui souhaitaient utiliser le Roundup Ready canola de Monsanto devaient acheter de nouvelles cultures chaque année. (...)


La confrontation entre une grosse corporation qui voulait défendre sa propriété intellectuelle et un petit producteur plaidant pour les valeurs traditionnelles agricoles a fait grand bruit au pays, mais aussi à l’échelle internationale.


« C’était une situation très difficile en raison du caractère public de tout ça. C’était beaucoup de pression sur notre famille et une grande partie de notre vie privée avait disparu », se souvient Percy Schmeiser.


C’est grâce au soutien financier de personnes qui croyaient en la cause que la famille Schmeiser a pu trouver les moyens de poursuivre la lutte. « Vous avez une société qui vaut des milliards, qui se bat contre un agriculteur qui est loin d’avoir les mêmes ressources. C’était vraiment difficile », confie M. Schmeiser.


(...) Malgré ce jugement, Percy Schmeiser voit le tout comme une victoire parce que la Cour suprême a simplement ordonné que les deux parties paient leurs frais juridiques. Le fermier n’avait donc « pas un sou » à payer à Monsanto.


« Au bout du compte, cette histoire s’est bien terminée et nous avons attiré l’attention du monde entier sur ce que sont les OGM et les problèmes qu’ils peuvent créer pour les agriculteurs », affirme-t-il. « Nous avons toujours pensé que, si on cultive un produit ou une graine sur sa terre, on devrait avoir le droit de le réensemencer et que ce droit ne devrait pas nous être enlevé », estime-t-il encore aujourd’hui. (...)

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Will the Benalla Affair Sink Emmanuel Macron?

Will the Benalla Affair Sink Emmanuel Macron? | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

(Légende photo: The Benalla Affair is not about Alexandre Benalla. It is about the French President, and the brash, self-confident manner with which he has blasted through his first year in office. Photograph by Gilles Rolle / REA / Redux)


To travel abroad as an American in 2018 is to serve as a baffled explicator of scandal. No outsider quite understands what we are living through; we don’t even understand what we are living through, and trying to describe even the simplest of the ludicrously plausible conspiracy theories that dominate our current politics is not an easy business. At the moment, I am in France, a country that I have been visiting regularly since the George W. Bush era, when the dominant feeling, as a blue-aligned American, was shame at our President’s stupidity and headlong imperialist ambitions. The Obama years brought a resurgence of pride, the balm of sanity. Now I find myself met with something like pity, tinged with curiosity and commiseration. The United States poses a threat to the rest of the world, as usual. The commiseration comes from the fact that we now also pose a threat to ourselves.
 
So it has been an unexpected point of solidarity to find that France is in the midst of an opaque political scandal of its own. L’Affaire Benalla began just after the World Cup ended, though its central event took place on May 1st, traditionally a day of labor protests around France. This year’s demonstrations, fuelled by frustration with President Emmanuel Macron and his pro-business policies, were especially dramatic. More than a thousand members of the far-left Black Bloc movement came to the demonstrations in Paris dressed in dark hoodies and balaclavas. Windows were smashed; cars were torched. Footage circulated on social media showing riot police spraying tear gas and bashing protesters with truncheons.


One video, taken in Paris’s Fifth Arrondissement after protesters had already begun to disperse, shows a man in a what appears to be police riot gear grabbing a young woman by the back of her neck and rushing her across the street. The camera moves to show a group of policemen descending on a young man in jeans and sneakers, pummelling him to the ground. He has managed to sit up on his knees, surrounded and subdued, when the first officer suddenly returns, seizes him from behind by the throat, drags him to his feet, and begins to punch him in the head, before throwing him down and stomping on his stomach. Suddenly, the officer seems to catch himself, pulling away from his doubled-over victim, as if unsure of what to do next. “Get a good look at him!” the video-maker shouts, as the camera swivels to capture the officer’s face before he walks away.


On July 18th, tipped off by an anonymous source, Le Monde revealed that the brutalizer in the video was not, in fact, a police officer at all but, rather, Alexandre Benalla, a twenty-six-year-old security aide to Macron. Benalla had asked to observe the police operations on May 1st, which does not explain how, or why, he had obtained a walkie-talkie, a police helmet, and an armband. (Impersonating a French officer is illegal.)


(...) What followed was a tangle of denials, accusations, recriminations, and non-apology apologies: in other words, politics. Benalla was fired. The Assemblée Nationale and the Senate both launched official hearings. Through it all, Macron kept curiously silent, refusing to speak to the press, tweeting only to express sympathy for Greece as it battled wildfires.


Finally, after nearly a week of furious news coverage and speculation, the President got around to saying his piece. Standing in front of a phalanx of deputies from his political party, he delivered a typically Macronian speech, flecked with irony, rhetorical flourish, and a certain steely self-regard. Macron, who once recited Molière from memory on the campaign trail, is highly attuned to dramatic cadence, the theatrical power of rhythm and repetition. “Alexandre Benalla has never had the nuclear codes,” he said, as he began to work his way through the catalogue of rumors that had been circulating. “Alexandre Benalla has never earned ten thousand euros a month. Alexandre Benalla has never been my lover.” (Capped with a little smile: I went there.) What had happened was serious, a deception, a treason, but, Macron said, it was ultimately his own fault. He had trusted the wrong man. “If they want to find the person responsible, he’s before you.” Macron spread his arms. “Let them come and find him. I answer to the French people.”


The President was right. The Benalla Affair is not about Alexandre Benalla. It is about Emmanuel Macron, and the brash, self-confident manner with which he has blasted through his first year in office. As a candidate, Macron promised the modernization, and the liberalization, of the French state. As President, he has cut taxes for corporations and raised them for pensioners; pushed through a controversial loosening of France’s labor laws that had failed under his predecessor, François Hollande; waged war on the national train union, resulting in months of paralyzing strikes; (...)


Macron has made good on his grandiose self-image. Alongside the usual élitist stumbling blocks that trip up politicians everywhere—fancy suits, outrageous makeup bills—he has claimed more trenchant symbols of power. He has taken to giving an annual address before the French Parliament at Versailles, something that previous leaders reserved for exceptional occasions. It is interesting, to say the least, for a French President to adopt, as a symbolic home, the palace whose last resident was beheaded by the people whose needs he failed to understand. The caricatures practically draw themselves. Paris is plastered with posters, made by the Communist Party, that show Macron dressed in full monarchical regalia, scowling above the slogan Méprisant de la République: Despiser-in-Chief.


A small dig, perhaps, but Macron has been riled by less. In 2016, at a campaign stop in the southern French town of Lunel, he got into an altercation with a group of workers who had come to protest the labor reforms that he had already begun to champion as the Minister of Economy and Finance under Hollande. Macron was dressed in his usual businessman’s uniform; his interlocutors wore T-shirts. “I’m twenty-one, I’m finished with my studies, I don’t have a cent to pay for a suit and tie like yours,” one man told him, to which Macron replied, “You’re not going to scare me with your T-shirt. The best way to buy a suit is to work.” “I’ve worked since I was sixteen!” the man replied. Just last week, the Times reported that Macron, on a visit to southwestern France, was confronted by a woman who told him that though she had a college education and a full-time job, she could no longer make ends meet. Macron responded by quibbling over the details. It wasn’t the government that set her phone- or gas-bill rates, he said: “It’s not all the state’s fault.”


It is this tendency toward rationalist, dismissive paternalism, coupled with an apparent incomprehension of the plight of the working poor, that Macron seems unable to shake. His is the logic of the spreadsheet: it all makes sense if you just do the math. This is not to say that he is without abundant political charisma. The World Cup was Macron’s finest hour. There was the young French President, leaping athletically, adorably, to his feet, to rejoice at the young French team’s first goal in the final. There he was after the match, standing in the pouring rain to congratulate the players with an affectionate series of hugs and head rubs: Macron, who has no children of his own, playing proud soccer dad to the nation at large.


The Affaire Benalla arrived just on time to neatly puncture the euphoria of that victory. Macron, naturally, has dismissed the scandal as a distraction, a tempest in a teapot, and accused journalists of willful hysteria and distortion. “We have a press that no longer seeks the truth,” he said. (...)


In Le Monde, the comparatively sober political philosopher Philippe Raynaud argued that, for all Macron’s “soft Bonapartism,” the Affaire Benalla is hardly a French Watergate, as the far left had been insisting. But he also suggests that Macron is perhaps missing the point. If a non-affaire affaire can elicit this degree of discontent, people are already deeply unhappy, looking for a reason to vent. Macron’s approval rating has plummeted; more disturbingly, the Benalla business has succeeded in uniting Marine Le Pen, of the ultra-right National Front party, and Jean-Luc Mélenchon, of the far-left La France Insoumise, against the President and his centrist En Marche coalition.


Raynaud, who laces his column with references to Kant, de Tocqueville, and Nietzsche—France will be France—writes that Macron’s criticisms of the press remind him of Napoleon III, “who believed that journalists were less legitimate than elected politicians.” Napoleon III, of course, began as an elected President and ended up a self-appointed emperor, having decided that he might better serve the general interest by retaining power for life.


Another comparison comes to mind. I have been thinking quite a bit about Macron’s state visit to Washington, D.C., this past spring, in which he and President Trump engaged in a bizarre demonstration of political-dominance play that was widely billed as a bromance but looked like something more sinister to me. The hand shaking, the shoulder squeezing, the cheek kissing, the dandruff brushing: were we watching a bear tamer ingeniously ensnaring a bear, or just a wrestling match between two types of bears?


It is obvious how significantly the elegant, intelligent, verbally gifted Macron differs from his American counterpart. (That clip of Macron reciting Molière is enough to make an American weep.) What can be harder to discern is how attractive this refined, self-described centrist may find certain Trumpist mechanisms. The discrediting of the press, the “I alone can fix it” glorification of the self: these are tools that Macron seems more than willing to use for his own purposes, which at the moment include providing a counterweight to Trump and his fellow nationalist bullies on the global stage. But how much will it ultimately matter that Macron differs so significantly from Trump, in manner as in politics, if his methods cost him the support of his people?


Alexandra Schwartz is a staff writer at The New Yorker.

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« Que pèsent les champs de la plaine de France face à des rêves de bâtisseur ? »

« Que pèsent les champs de la plaine de France face à des rêves de bâtisseur ? » | Nourritures et justice mondiale. | Scoop.it

Alors que les terres fertiles du triangle de Gonesse semblent destinées à accueillir EuropaCity, un immense centre commercial d’un nouveau genre, la politologue Alice Le Roy rappelle la nécessité d’une agriculture urbaine et périurbaine.

C’est un rêve de bâtisseur. Un jour de novembre 2016, Jean-Christophe Fromantin foule la terre lourde, épaisse, du triangle de Gonesse. Loin des rues cossues de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), dont il est le maire (divers droite), il contemple le paysage : des champs à perte de vue et, à l’horizon, la mince silhouette de la tour Eiffel. « Ce qui est séduisant, c’est la page blanche ! », s’enthousiasme-t-il.

Il y a là, à quelques encablures de Notre-Dame, l’une des dernières zones agricoles de la périphérie de Paris : 670 hectares d’un sol riche, fertile, vierge de toute construction – le bruit des avions qui décollent de Roissy empêche d’y bâtir des logements. Mais pour les aménageurs du Grand Paris en déplacement ce jour-là dans le Val-d’Oise, ce sol qui est sous leurs pieds est négligeable. Ce qui ne se voit pas n’existe pas.

Un temps envisagé pour accueillir l’Exposition universelle de 2025, le triangle de Gonesse a été choisi par le groupe de distribution Auchan pour y construire EuropaCity, un vaste complexe mêlant shopping, sorties culturelles et sensations fortes. Il s’agit de renouveler le modèle du centre commercial, de plus en plus boudé par les clients, qui lui préfèrent le e-commerce ou les magasins de centre-ville.

A EuropaCity, on annonce des boutiques et des hôtels de luxe, un centre aquatique climatisé, des salles de spectacle et un « parc des neiges » – en fait, une piste de ski sous hangar, comme à Dubaï. L’ensemble du projet a été chiffré à 3,1 milliards d’euros, financés par la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan, et le conglomérat chinois de l’immobilier et du divertissement Wanda Group. A ce budget il faut ajouter une gare, promise par l’Etat aux dirigeants d’Auchan, qui en ont fait une condition sine qua non.

Le projet EuropaCity et la zone de bureaux qui l’accompagne ont été accueillis à bras ouverts par le maire (Parti socialiste) de Gonesse et la majorité (Les Républicains) du conseil départemental du Val-d’Oise. Ils bénéficient aussi du soutien discret mais réel du président de la République Emmanuel Macron. Tous y voient une opportunité de développement économique. N’est-ce pas le plus gros investissement privé en France depuis que Disneyland s’est installé à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) ?


Par Alice Le Roy
professeure d'écologie urbaine
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