Musées et muséologie
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Quand l'histoire réveille la culture d'entreprise

Quand l'histoire réveille la culture d'entreprise | Musées et muséologie | Scoop.it

Le groupe Lapeyre redécouvre son patrimoine et mise sur son histoire pour créer du lien, accompagner le changement, et attirer de nouveaux talents. 


Le slogan « Lapeyre y'en a pas deux », inventé par Thierry Ardisson en 1987, a vécu. Désormais le spécialiste français de l'aménagement de la maison s'est choisi une devise à l'ancienne : « Lapeyre, le savoir bien faire ». L'humour s'est déplacé dans les trois mini-comédies publicitaires en vidéo, diffusées sur les réseaux sociaux depuis une semaine. Lesquelles soulignent la qualité et la durabilité des produits fabriqués par Lapeyre. 


Creuser l'identité en puisant dans le passé 


« Sur un marché ultraconcurrentiel, nous voulons nous différencier par la richesse de notre histoire et par notre spécificité de distributeur fabricant », développe Gonzague de Pirey, directeur général du groupe Lapeyre. « Nous sommes les seuls à pouvoir le faire, parmi les marques de distribution généralistes. Nous comptons jouer cette carte à fond, pour créer du lien, en interne comme en externe. » L'entreprise, fondée en 1931, vient de faire une plongée dans ses archives. Certaines vont être mises en ligne sur le site de l'entreprise, pour présenter chaque étape de son épopée industrielle. Le retour aux origines est un puissant levier pour nourrir la culture interne, assure Gonzague de Pirey, aux manettes du groupe Lapeyre depuis mars 2016. « L'idée de génie du fondateur, Martial Lapeyre, a été de fabriquer en usine des fenêtres de taille standard, peu coûteuses. En créant des dépôts partout en France, et en lançant des catalogues avant même la Seconde Guerre mondiale, il a démocratisé la menuiserie, et transformé le métier. » 


A partir de cet ADN, l'entreprise, qui « écrit un nouveau chapitre de son histoire à travers la digitalisation de ses usines et la démocratisation du sur-mesure », compte affirmer son identité et positionner sa marque. La démarche doit rapprocher ses presque 6.000 collaborateurs en France, répartis dans 11 usines et 130 points de vente. « En interne, la valorisation de notre patrimoine a trois objectifs : créer une culture commune aux différents métiers et sites que compte le groupe, donner du sens à ce que nous faisons et créer de la fierté d'appartenance », précise Gonzague de Pirey. « Cette crédibilité historique doit aussi attirer de nouveaux talents. »


Le patrimoine pour accompagner les mutations 


L'histoire se révèle un précieux allié de la conduite du changement. « Il est particulièrement utile de mobiliser le patrimoine de l'entreprise lors des profondes mutations, des ruptures, des fusions ou des changements de stratégie », explique Pauline Le Clere, fondatrice de Perles d'Histoire, l'agence spécialisée en « héritage management », qui a réalisé l'étude du patrimoine de Lapeyre. « Les chefs d'entreprise et les DRH prennent conscience que le patrimoine est un capital matériel et immatériel formidable. » C'est une façon originale pour ceux qui font appel à ses services d'insérer les nouveaux salariés. Ou de mettre au jour des projets abandonnés, qui pourront être ressortis lorsque la technologie ou l'usage est prêt.


Mais c'est dans le champ de la communication que l'histoire fait des miracles. « Une recherche de patrimoine creuse en profondeur l'identité de la marque, pour connaître tous les champs des territoires où s'exprimer », détaille la fondatrice de Perles d'Histoire. Le passé pourra venir en renfort pour justifier une décision, lors d'une assemblée générale ou une conférence de presse. Un site Internet ou une exposition dans un espace visible - siège social, salle de formation, showroom ou boutique - dopera la notoriété. « Le patrimoine exposé crée du lien entre l'entreprise et ses salariés, et fait entrer le client dans une nouvelle dimension de la relation commerciale », résume Pauline Le Clere.

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Le créneau porteur de la valorisation du patrimoine

Le créneau porteur de la valorisation du patrimoine | Musées et muséologie | Scoop.it

Les entreprises s'appuient sur des agences spécialisées, comme Perles d'Histoire, pour les aider à exploiter leurs archives. 


Quand elle crée son agence, Perles d'Histoire, il y a six ans, Pauline Le Clere veut relater les sagas familiales des particuliers. Mais rapidement, la demande des entreprises est telle que ce marché BtoB s'impose. « Dans les années 1980 et 1990, des maisons d'édition ont eu leur heure de gloire en réalisant des ouvrages sur les histoires des entreprises. Aujourd'hui, cette demande va plus loin et prend plusieurs formes ", explique la fondatrice, issue du conseil en stratégie d'entreprise. Citroën, Total, Lacoste, Alain Afflelou, Longchamp... Les clients de Perles d'histoire souhaitent replonger dans leur racine. Et ont surtout compris l'intérêt de communiquer dessus. Le mouvement a démarré dans l'industrie du luxe, les vins et spiritueux. Depuis les années 2000, les grands noms du luxe (Hermès, Vuitton,...) ont crée en interne des services patrimoniaux qui comptent aujourd'hui jusqu'à une trentaine de personnes. Le souci de valoriser son histoire touche aujourd'hui tous les secteurs. « Les entreprises ont toutes besoin de retrouver du sens et une identité. Elles ont aussi besoin de renouveler leurs discours, de parler de leurs valeurs. Et leurs clients sont de plus en plus sensibles à ce discours ", indique Pauline Le Clere. 


Exposition itinérante 


Perles d'histoire, qui s'entoure d'Historiens, d'universitaires, de chercheurs, travaille en deux temps : le traitement des archives, qui peut prendre de trois mois à un an et demi (pour lequel l'entreprise déboursera jusqu'à 130.000 euros) puis la valorisation de ce patrimoine. Si la création d'un musée est l'aboutissement le plus ambitieux (et le plus coûteux avec plusieurs millions d'euros à investir), d'autres démarches sont possibles. Le consultant travaille ainsi sur une exposition itinérante pour Total qui dévoilera son fonds patrimonial cette année sur deux sites en France et deux sites en Europe. Perles dHistoires fait aussi podcast hebdomadaire à usage interne qui racontera l'histoire d'une compagnie d'assurances ou sur une application iPad pour une entreprise de décoration d'intérieur présentant aux clients des reproductions des papiers peints et tissus du XVIIIe siècle. Un musée virtuel plongeant dans un voyage en 3D dans les archives d'un club de foot a enfin été réalisé. 


Portée par la demande, Perles d'Histoire emploie aujourd'hui 10 salariés et a doublé son chiffre d'affaires entre l'an dernier et cette année. La petite agence n'est pas la seule. Les spécialistes de la communication s'engouffrent dans ce créneau porteur de l'ingénierie historique. 

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Des contenus audio au musée - le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Des contenus audio au musée  - le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son | Musées et muséologie | Scoop.it
Quand on aborde la question du son au musée, il faut aller au-delà de l'aspect technique : certes, veiller aux conditions d'écoute est un préalable, mais quid du contenu même de la scénographie sonore ?

Sylvain Gire (Arte radio) l'avait fait remarquer : la diffusion de son dans les musées et autres espaces publics est un enjeu fort et souvent mal pris en compte. D'où les séances d'écoute au musée mises en place par sa webradio au centre Pompidou l'an dernier. Un début pour développer la culture de l'audio dans ces lieux.
Le colloque franco-québecois, « Musée en mutation : Logiques économiques, culturelles et sociales » aborde la question parmi beaucoup d'autres : le 30 mars 2017, Judith Dehail (Université Paris-Sorbonne) intervient sur ce thème : «À contresens ? Questionner l’hégémonie du visuel au musée. Le cas des musées de musique du point de vue de leurs visiteurs». Bien sûr, il s'agit ici du cas particulier de la musique, qui est loin d'embrasser l'ensemble des matières sonores.
Cependant, petit à petit, le son dans sa globalité fait son trou dans les musées et expositions. Quand il n'est pas en soi une œuvre d'art exposée comme telle (création sonore), il est essentiellement présenté comme « agent d'ambiance » et outil d'immersion. Outre la musique, les illustrations et paysages sonores - avec idéalement la validation scientifique d'un archéologue spécialisé – investissent de plus en plus les scénographies.

Reste à soigner les conditions d'écoute face auxquelles les établissements culturels ne sont pas tous à égalité.
Techniquement, les solutions se multiplient : casques qui se portent au cou, douches sonores, objets parlants (gobelets, coussins), cabines et alcôves pour s'isoler, etc. Les prestataires spécialisés dans la diffusion muséographique sonore font preuve d'imagination ; il est vrai que « donner la parole » à un objet demande parfois un peu d'ingénierie.
Voilà pour le côté technique. Il est incontournable bien sûr, mais insuffisant. S'en contenter serait oublier que le son est aussi un outil de médiation culturelle et scientifique, délicat à manipuler mais doté néanmoins d'atouts séduisants.

Faire écouter, c'est choisir

Délicat, c'est vrai. Le son tout seul pour faire le lien avec un public, sans adjuvant écrit ou visuel : carte, infographie, schéma explicatif, inscription des noms propres... Pari risqué ! Que peut retenir le visiteur d'un discours uniquement oral ?
En fait, il y a bien un visuel : l'œuvre exposée ou l'objet de collection, et souvent aussi un cartel explicatif. Le visiteur n'est donc pas exactement seul avec ses oreilles.
Ce qu'il faut surtout bien comprendre c'est que : "le contenu audio est un outil complémentaire des autres outils de médiation. Comme la plus belle fille du monde, il ne peut donner que ce qu'il a."

Vouloir lui faire transmettre trop d'informations est une erreur. Le son ne saurait prétendre à l'exhaustivité. Le son n'est pas un cartel immatériel et encore moins un livret d'exposition audio.
C'est paradoxal, mais la recherche de qualité du contenu audio passe donc par des renoncements.
La médiation audio a ses exigences, il faut s'y plier si on prétend à la qualité (et à l'efficacité). Le son a ses spécificités de formats, d'écriture, de sélection des informations.
Il faudra donc aussi réfléchir au choix des sujets : certains sujets ou certains angles d'approche sont avant tout visuels, on doit renoncer à les mettre en son. D'autres en revanche sont plus adaptés à l'oral qu'à la vidéo (faute d'illustrations appropriées) : récit d'un souvenir, expression d'une opinion, anecdote linguistique... Il faut donc les valoriser par le son plutôt que de vouloir à tout prix les filmer !

Souplesse et intimité

La grande force de l'audio, avec laquelle un musée doit compter, c'est sa souplesse : peu gourmand en mémoire informatique, il est plus léger à stocker et à diffuser qu'une vidéo.
Le numérique permet à un contenu audio de voyager bien au-delà d'un appareil d'audioguidage et des murs d'un musée. La mobilité du son est potentiellement supérieure à celle d'une vidéo et c'est un contenu qu'on peut consulter sans danger en marchant ou en conduisant...La conception du contenu audio doit donc tenir compte de cette hypothèse d'une écoute hors les murs. D'où l'intérêt de la conception universelle d'un audioguide qui intègre par exemple quelques descriptions analytiques pour permettre l'accessibilité à un public déficient visuel...ou simplement non présent devant l'œuvre.

Et puis l'audio, c'est le média de l'intime. Il crée avec les visiteurs un lien particulier, voire une fidélité, au-delà du seul temps de visite. C'est particulièrement vrai pour ces musées espagnols qui ont poussé l'ambition jusqu'à créer des radios dans leurs murs ! Mais c'est réalisable facilement avec une webradio ou un réseau social sonore de type soundcloud comme Museumstag qui nous fait écouter les objets de musées allemands. C'est en outre ludique, souvent poétique, ça peut donc être viral. En outre, dans le cas des écomusées et musées de société, faire partager le son des objets d'un patrimoine relève bel et bien de la médiation.

Pour renforcer le lien avec ses visiteurs, il est possible de les faire parler pour les intégrer dans la médiation. Ce sera toujours plus facile que de les filmer. Le micro sait se faire discret quand la caméra et ses images suscitent réticences et complexes. On prête toujours plus volontiers sa voix que son visage.

Créativité et liberté

Ainsi en arrive-t-on à des utilisations vraiment créatives et intelligentes de l'audio au musée, comme ce qu'a fait le Moma (musée d'art moderne) de New York il y a quelques années, avec son Artobots qui réinterprétait une exposition de John Chamberlain au Guggenheim et la transformait en exposition « Transformers ».

Et son cousin le San Francisco Moma n'est pas en reste ; les contenus audio de son application mobile de visite proposent en effet :
- des interviews et commentaires par des personnes ressources aux profils très variés pour des points de vue décalés sur les œuvres ou l'art : artistes, sportifs, auteurs...
- de l'immersion sonore dans les univers intérieurs ou extérieurs au musée
- des promenades dans la ville en lien avec l'architecture et l'art
- une composante sociale avec la possibilité pour les visiteurs de synchroniser leur écoute d'une même séquence pour pouvoir échanger ensuite des impressions sur son contenu.

Musées français, n'hésitez pas à faire appel à Tous Curieux/Histoire de son pour, vous aussi, sortir de la préhistoire de l'audioguidage.
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Adeline Schmitz's curator insight, April 17, 2017 9:44 AM
Et pourquoi ne pas diffuser de la musique dans les musées? Pourquoi toujours ce calme? Ce silence?
La question de cet article est plus que pertinente. Pour attirer un nouveau public, pourquoi ne pas changer totalement de façon d'être. Dire stop à ce silence presque constant en amenant une touche musicale
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Gérer le succès populaire des expositions

Gérer le succès populaire des expositions | Musées et muséologie | Scoop.it
L’exposition Chtchoukine, qui s’est achevée dimanche 5 mars, a dépassé le million de visiteurs.
Au Louvre, le succès de l’exposition Vermeer crée un phénomène de saturation.
L’engouement pour les grandes expositions pose des défis en termes d’accueil du public, mais interroge aussi sur les finalités de ce type de manifestation.

Le chiffre est symbolique, mais il frappe les esprits. En quatre mois et demi, l’exposition Chtchou­kine qui s’est achevée dimanche 5 mars a dépassé le million d’entrées, et le chiffre définitif de fréquentation, encore inconnu, pourrait atteindre 1,2 million de visiteurs.

Au Louvre, l’exposition Vermeer, qui, elle, vient de commencer, démarre avec une affluence exceptionnelle : «9 400 personnes se sont présentées le premier jour, alors que les pics de fréquentation ces dix dernières années se situaient entre 4 000 et 5 000 personnes par jour », détaille Sophie Grange, directrice de la communication du musée.

Le mécontentement des visiteurs

Au Louvre, les visiteurs ont été nombreux à constater la longueur de l’attente et la saturation des espaces. «Naïvement, comme je suis adhérente des Amis du Louvre, j’ai pensé que ma carte me permettrait d’accéder relativement facilement à l’exposition Vermeer, témoigne Marie Delloir, retraitée. Quand je suis arrivée au musée, on m’a orientée vers la caisse de l’auditorium pour obtenir une contremarque horodatée. Horodatée, certes… six heures plus tard. Il m’était impossible d’attendre aussi longtemps, je suis repartie bredouille. Heureusement, je suis Parisienne, mais j’imagine la déception de ceux qui venaient de beaucoup plus loin ! »

Devant le mécontentement des visiteurs, le Louvre a fait évoluer son dispositif d’accueil. Les prochaines semaines diront si ces mesures seront suffisantes. D’ores et déjà, des critiques s’élèvent sur les choix du musée.

Était-il judicieux de proposer systématiquement un billet couplé avec les collections permanentes – ce qui provoque en soi un afflux massif de visiteurs ? Et de maintenir la programmation de l’exposition Valentin de Boulogne, sans donner tout l’espace possible à Vermeer ?

L’inconfort souvent ressenti par le public dans les expositions

Au Louvre, la direction assume ces choix. « Offrir un billet couplé est cohérent avec notre souhait de faire dialoguer les expositions temporaires et les collections permanentes », répond Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée.

Suivant cet objectif, le musée vient de refaire les salles et l’accrochage des peintures du Siècle d’or hollandais. « Durant le temps d’attente, l’idée était que les visiteurs puissent déambuler dans le musée, les autres expositions temporaires…», explique Sophie Grange. Las, les visiteurs voulaient voir les Vermeer et s’y sont pour la plupart tenus…

Ce qui se passe au Louvre est exceptionnel, mais fait écho à l’inconfort souvent ressenti par le public dans les expositions temporaires à grand succès. Cherchant à accueillir le plus grand nombre de visiteurs, tout en assurant un confort de visite, les institutions culturelles sont aux prises avec une équation difficile.

« Personne ne veut être laissé dehors »

«Nous savions que le public allait venir très nombreux voir la collection Chtchoukine et nous avons décidé très tôt que l’ensemble des espaces de la fondation serait consacré à l’exposition, explique Jean-Paul Claverie, conseiller de Bernard Arnault à la Fondation Louis-Vuitton. Nous avons aussi réorganisé l’ensemble de la circulation pour la rendre le plus fluide possible.»

Pour faire face à l’affluence des dernières semaines, la Fondation Vuitton a proposé des « petits déjeuners Chtchoukine » pour faire venir les visiteurs tôt le matin, des nocturnes pour les faire venir tard le soir… Malgré cela, la tension des flux était palpable ces derniers jours et il était difficile de savoir par Internet ou téléphone si des places étaient encore disponibles.

«Tous les visiteurs voudraient visiter dans de meilleures conditions, et en même temps personne ne veut être laissé dehors», résume Vincent Poussou, directeur des publics à la RMN-Grand Palais. Pour lui, la saturation au Grand Palais n’a été que rarement atteinte, lors de l’exposition « Picasso et les maîtres » et des rétrospectives Monet et Hopper. «Pour faire face à ces affluences exceptionnelles, on rajoute des nocturnes et on a été jusqu’à proposer du 24 heures sur 24 les derniers jours, rappelle-t-il. On augmente aussi le nombre de billets horodatés vendus sur Internet. »

« Il y a une surenchère au nombre de visiteur »

Au-delà de ces ajustements, les leviers ne paraissent pas très nombreux pour améliorer significativement le confort de visite. Faire durer plus longtemps des expositions ? «C’est une piste, mais les musées qui nous prêtent des œuvres très exceptionnelles, – comme La Laitière de Vermeer du Rijksmuseum d’Amsterdam – ne les prêteront pas pour dix mois », répond Jean-Luc Martinez.

Limiter le nombre d’entrées et définir une « jauge de confort » inférieure au nombre maximum de visiteurs pouvant être accueillis au regard des normes de sécurité ? « À ma connaissance, seuls deux musées ont tenté l’expérience, la Tate Modern et la National Gallery en 2012, en faisant entrer presque deux fois moins de visiteurs par tranche horaire. Cela avait été très mal reçu », rappelle Peter Keller, directeur du Conseil international des musées (Icom).

Pour Serge Chaumier, sociologue des institutions culturelles, les musées sont pris dans une contradiction qu’ils ont eux-mêmes provoquée, car les expositions misant sur de grands noms jouent sur l’affluence et sur « le fait d’être partie prenante d’un événement exceptionnel. Il y a une surenchère au nombre de visiteurs liée à la transformation des institutions culturelles en industries culturelles depuis les années 1980. Les expositions temporaires sont l’outil de cette transformation du musée, où le succès se mesure à l’aune des files d’attente ».

Les musées réfléchissent à d’autres modèles

Dans ce contexte, le succès de l’exposition Chtchoukine, portée par une fondation privée – qui aurait, dit-on, investi plus de 13 millions d’euros en budget – change la donne. « Dans l’escalade au “toujours plus de visiteurs, toujours plus de moyens”, les institutions publiques décrochent, constate Serge Chaumier. Elles ne peuvent que regarder ce succès d’un œil désabusé et envieux… Mais c’est peut-être le moment de se demander si elles n’ont pas mis le doigt dans un engrenage qui ne devait pas être le leur… »

Depuis quelque temps, les musées réfléchissent à d’autres modèles. Au Louvre, Jean-Luc Martinez avait, à son arrivée, affiché sa volonté de privilégier l’accueil du public et des expositions scientifiquement liées aux collections permanentes. « Notre objectif n’est pas de faire plus, mais de faire mieux », confirme-t-il.

À Lille, Bruno Girveau, directeur du Palais des beaux-arts, a décidé de ne plus programmer qu’une grande exposition tous les deux ans et de se concentrer sur la mise en valeur des collections permanentes.

Sortir de « la logique du fétiche »

« Un modèle alternatif très intéressant est l’exposition semi-permanente », évoque Peter Keller. C’est ce que propose le Musée Kolumba à Cologne depuis deux ans. « Il expose en permanence une centaine d’œuvres et renouvelle le reste de l’accrochage chaque année en fonction d’un thème. »

Pour Serge Chaumier, il faudrait sortir de « la logique du fétiche ». « Voir une exposition de chefs-d’œuvre alignés, dans la foule, ne permet pas de faire une véritable expérience esthétique », pose-t-il. Pour lui, certains visiteurs commencent à le ressentir et à chercher des conditions de visites plus favorables, des espaces plus intimes.

De son échec à entrer dans l’exposition Vermeer, Marie Delloir a elle aussi tiré cet enseignement : « Je me dis que je ne regarde sans doute pas assez les œuvres des collections permanentes. Et que, l’exposition une fois terminée, j’irai contempler les deux Vermeer du Louvre avec beaucoup d’attention ! Il faudrait que le public, dont je fais partie, soit moins sensible à l’aspect événementiel des expositions et plus soucieux de toutes les merveilles qui sont accrochées en permanence et que nous négligeons trop souvent de visiter… »

Le Louvre revoit son dispositif d’accueil

Pour faire face à l’afflux de visiteurs venus admirer les tableaux de Vermeer, le Musée du Louvre aménage à partir de lundi 6 mars son dispositif d’accueil.
Les visiteurs pourront désormais réserver en ligne un créneau horaire d’entrée dans l’exposition, limitant à 45 minutes l’attente à l’abri sous la Pyramide.
Le musée proposera par ailleurs une nocturne supplémentaire chaque semaine en avril et mai et des nocturnes toute la dernière semaine.
Le musée du Louvre annonce aussi que les visiteurs détenteurs de la carte Amis du Louvre (abonnement annuel au prix de 80 € plein tarif) pourront bénéficier de temps de visite réservés, lors d’une journée et de trois soirées.

Élodie Maurot
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Vie de château ou vie de châtelain à Montpoupon

Vie de château ou vie de châtelain à Montpoupon | Musées et muséologie | Scoop.it

Parmi les châteaux de la Loire, on connaît Chambord, Chenonceau, Azay-le-Rideau ou Villandry. Mais la Vallée des Rois comportent bien d'autres petits monuments, souvent privés, qui regorgent d'éléments exceptionnels, de petits trésors cachés... C'est le cas du château de Montpoupon. Un peu à l'écart de la route touristique qui longe la Loire, ce château privé est ouvert au public depuis plus de 40 ans. Outre des pièces du château, il propose également aux visiteurs un musée du veneur en pleine restructuration. Mon cher Watson a voulu en savoir plus sur son histoire, les avantages et contraintes de l'ouverture au public et l'implication de son châtelain, Amaury de Louvencourt, dans le dynamisme territorial du Val de Loire.

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Mon cher Watson

Mon cher Watson | Musées et muséologie | Scoop.it

Etude d'objets anciens, valorisation de collections sur supports digitaux, sauvegarde d'œuvres ou sites en danger... Les raisons sont nombreuses pour numériser le patrimoine des collectivités et institutions publiques, aussi bien que celui du secteur privé (culturel, individuel, entreprises...). Et pourtant, tout n'est pas aussi simple. De la stratégie de numérisation, à l'exploitation des données, en passant par le choix du prestataire, les campagnes de numérisation sont longues et complexes. Mon cher Watson a rencontré Emeline Dodart-Gosse. Cette jeune entrepreneuse dynamique s'est mise à son compte il y a un peu plus d'un an pour aider au bon déroulement de la numérisation du patrimoine culturel. Elle nous explique son travail et les enjeux de la numérisation du patrimoine.

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MuseumConnections #1 : retour sur le salon des professionnels des musées

MuseumConnections #1 : retour sur le salon des professionnels des musées | Musées et muséologie | Scoop.it

Les 18 et 19 janvier 2017 a eu lieu le salon des professionnels des musées, des institutions culturelles et des acteurs du tourisme : Museum Connections. Plus de 200 exposants sont venus présenter leurs services de communication, d'accueil, de valorisation de site ainsi que leurs catalogues de produits dérivés. Une offre complète de services, expertises et produits pour aider les musées et institutions culturelles à s'adapter aux évolutions du secteur.


Quels sont les objectifs de ce salon professionnel ? A qui s'adresse-t-il ? Quelles sont les dernières tendances ? 


Mon cher Watson y était et a rencontré Marine Retourné, chargée de communication du salon. Elle revient sur le bilan de l'édition 2017 et décrypte pour nous les évolutions du secteur.

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Adeline Schmitz's curator insight, August 18, 2017 5:39 AM
Une visite dans un salon pareil permettrait de trouver trucs et astuces pour améliorer la communication. Un salon pareil existe-t-il en Belgique?
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Patrimoine : les châteaux français retrouvent de la vitalité

Patrimoine : les châteaux français retrouvent de la vitalité | Musées et muséologie | Scoop.it

À l’occasion des fêtes, de nombreux châteaux proposent des animations autour de Noël.

L’animation et la valorisation de ces sites tout au long de l’année sont désormais des objectifs partagés.


Pour attirer les visiteurs en cette fin d’année, les châteaux du Val de Loire se sont mis à l’heure de Noël. « Noël à Chambord », « Noël nordique » à Chenonceau, « Noël au fil des siècles » à Amboise… Partout, une promesse de féerie.


Sur place, les choses sont parfois un peu anecdotiques. À Chambord, difficile de trouver les musiciens et les comédiens annoncés en déambulation dans le château. À Chenonceau, les décorations florales sont présentes dans chaque pièce, tout comme le grand sapin dominant la galerie Médicis, mais il est difficile de croire que l’on puisse venir spécialement pour ces installations.


La vie de château 


Les visiteurs risquent donc d’être déçus, car ils sont aujourd’hui friands de mise en contexte. « La “visite sèche” existe encore, mais on vient surtout chercher la vie de château, un bout d’histoire », explique Hervé Yannou, administrateur du château d’Angers.


« L’intérêt du public va vers ce qui est ou paraît authentiquement évocateur, confirme Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN). Tout ce qui immerge dans le temps passé – grâce à des illuminations, des costumes d’époque, des comédiens ou musiciens – a un succès considérable. »


Pour répondre à cette attente, nombre de châteaux proposent tout au long de l’année des animations, des visites familiales, des outils numériques faisant revivre le quotidien d’autrefois. La basse saison est souvent l’occasion de visites plus pointues ou permettant d’accéder, parfois à la lumière de la torche, à des espaces habituellement fermés au public.


Les parcs de loisirs et animaliers devant les châteaux


L’air du temps est favorable aux châteaux, qui bénéficient d’un retour en faveur du tourisme hexagonal chez les Français. « Les châteaux du Val de Loire sont en train de retrouver une vitalité, une originalité », constate Jean d’Haussonville, directeur de Chambord. Pourtant, rien n’est acquis.


« La concurrence est extrêmement vive entre les activités de loisirs et les lieux culturels, souligne Philippe Bélaval. Les statistiques nous montrent que les parcs de loisirs et animaliers sont en tête, devant les châteaux. »


D’où la nécessité de faire rayonner ces sites tout au long de l’année. « Depuis trois ans, notre proposition de Noël cherche à faire revenir le public français en hiver, mais aussi à séduire les touristes de l’hémisphère Sud, car nous raisonnons en fonction des flux internationaux », détaille Jean d’Haussonville.


À Nantes, l’accent est mis sur le Musée d’histoire de la ville


Pour faire vivre leurs châteaux tout au long de l’année, les directions de site rivalisent de projets, dont l’intérêt excède largement les décorations au temps des fêtes de fin d’année… À Chambord, un chantier est en cours pour restituer les jardins à la française et la grande perspective dans leur état du XVIIIe siècle.


Au château d’Angers, on étudie la mise en valeur de la tapisserie de l’Apocalypse (XIVe siècle), le plus important ensemble de tapisseries médiévales subsistant au monde. « Cette tapisserie est encore méconnue, regrette Hervé Yannou. Aujourd’hui, 30 % seulement de nos visiteurs viennent pour la voir. »


Deux sites se distinguent par leur travail de fond : les châteaux de Nantes et de Chaumont-sur-Loire. À Nantes, l’accent est mis sur le Musée d’histoire de la ville, intégré au Château des ducs de Bretagne et inauguré en 2007. Exemplaire par sa manière d’exposer l’histoire, il vient tout juste de s’agrandir de six nouvelles salles prolongeant le parcours de visite jusqu’en 1945.


Quand l’art contemporain s’invite


Cette extension a été réalisée grâce à des collectes auprès de la population locale. « Ce travail a permis de renforcer les liens entre le château et le territoire, ce qui est notre objectif premier dans l’animation du château », explique Bertrand Guillet, son directeur.


Quant à Chaumont-sur-Loire, depuis son transfert à la région en 2007, le château a développé un projet singulier autour des jardins et de l’art contemporain. Pour la première fois, cette année, le site offre une programmation hivernale d’art contemporain. Dans l’épais brouillard de la fin d’automne, le château et son grand parc boisé gagnent en mystère. Et les œuvres exposées dialoguent parfaitement avec la nature, très graphique, des mois froids.


Les châteaux peuvent avoir ainsi un véritable rayonnement culturel et résister à une triple menace : la valorisation économique excessive, la « disneylandisation » des sites et la tentation de la facilité. Aucun site n’est à l’abri, comme en témoigne le contenu très hétéroclite des boutiques de châteaux ou le recours opportuniste à l’art contemporain (l’exposition Zevs au château de Vincennes par exemple…), au prétexte de réveiller les vieux murs.


Le Château des ducs de Bretagne, côté histoire


On peut conjuguer exigences populaire, pédagogique et de haute qualité comme le prouve le nouveau parcours du Musée d’histoire de Nantes du Château des ducs de Bretagne. Dans six nouvelles salles, consacrées aux deux guerres mondiales et à la vie de la cité jusqu’en 1945, voici plus de 300 objets, majoritairement issus de collectes réalisées auprès des Nantais.


La traite négrière et l’esclavage ou la question de la collaboration à Nantes pendant l’Occupation sont abordées avec courage et nuances. Au fil du parcours, les outils numériques d’accompagnement apportent une réelle valeur ajoutée.


Élodie Maurot

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Atelier des médias - Qu’est-ce qu’une institution culturelle à l’heure du numérique?

Atelier des médias - Qu’est-ce qu’une institution culturelle à l’heure du numérique? | Musées et muséologie | Scoop.it
Avez-vous remarqué qu'aujourd'hui, dans un musée, le meilleur ami du flâneur, c'est son cher et tendre smartphone. Passez du côté de la Joconde, au Louvre, et c’est une nuée de téléphones qui s’interpose entre les spectateurs et le sourire égal de la Joconde elle-même. Promenez-vous dans les Jardins de Versailles, arpentez les ruelles d’Avignon en plein mois de juillet, ou regardez sur la Croisette, en plein festival de Cannes, les selfies ont pris le pouvoir sur la promenade du flâneur.
Alors, j’ai eu envie de poser la question suivante : que sont les institutions culturelles d’antan devenues ?

Il est de bon ton de dire que le smartphone, c’est le mal, c’est la surcharge informationnelle, c’est presque le tout à l’égo, comme disait Régis Debray. Oui, sauf que le selfie, le filtre Instagram ou la story sur Snapchat, ce n’est pas nécessairement la fin des haricots pour le démon de l’inspiration, ce n’est pas nécessairement la fin des humanités et de la culture au long cours, ce n’est pas nécessairement la fin de l’effroi devant «le silence des espaces infinis».

C’est peut-être même l’un des outils d’émancipation du genre humain, tant il peut aussi permettre d’améliorer l’accès à l’information, de décloisonner des territoires confinés, voire nous permettre d’avoir une nouvelle fenêtre sur le génie humain et la création contemporaine, ou, dans un tout autre registre, sur les atrocités commises du côté d’Alep, sous le regard des citoyens reporters armés de leurs téléphones et de leurs comptes Twitter.

Nous commencerons donc l’émission avec notre coup de fil de la semaine, et on part à Beyrouth pour parler de la Syrie, avec Omar Ouahmane, qui nous parle des citoyens reporters à Alep-Est.

Après les brèves, je vous convie à une conversation sur la transformation des musées, ou plus largement, des institutions culturelles à l’heure du numérique. Et vous verrez, j'ai invité 5 chercheuses formidables qui défendent une certaine idée de la culture à l’heure du code informatique et des réseaux sociaux :

• Audrey Defretin qui termine la sienne sur la médiation sur les supports numériques
• Noémie Couillard qui termine aussi la sienne sur les nouveaux métiers du musée, et notamment le community manager
• Marion Coville qui vient de soutenir sa thèse sur les jeux vidéo au musée
• Claire Séguret qui coordonne les réseaux sociaux à la communication de la BNF
• Sophie Bertrand, responsable de Gallica à la BNF.
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Portrait d'un Gardien de musée! - Tourisme Culturel

Portrait d'un Gardien de musée! - Tourisme Culturel | Musées et muséologie | Scoop.it
Qui sont les gardiens de monuments et musées, rebaptisés agents d’accueil et de surveillance par l’administration? A quoi pensent-ils et de quoi est fait leur métier? Aujourd’hui nous passons la parole à Thomas Jumel, Gardien au musée du Louvre, qui prépare un livre sur son métier et a besoin de vous! Pour réussir son livre, il doit en effet sonder de nombreux collègues et si vous exercez cette profession ou si vous connaissez des professionnels de ce métier, pourriez-vous leur proposer de répondre au premier sondage de Thomas?

I- LE SONDAGE DE THOMAS, Gardien au Louvre

Thomas prépare un livre qui dressera le portrait des agents eux-mêmes, de leurs habitudes et quotidien, mais aussi de leur formation et de leurs besoins.Ce livre sera destiné à ses collègues mais aussi à tous les visiteurs des monuments et des musées, à leur rapport au « gardien », à leur vision de ce personnage, et… à leurs attentes !

Je vous propose donc de participer à cette aventure éditoriale en invitant des agents d’accueil, si vous en connaissez, à répondre au sondage suivant : Vous êtes agent d’accueil et de surveillance dans un monument historique ou un musée ? Ce sondage est pour vous ! Et je vous remercie à l’avance du temps que vous pourrez lui accorder ! Promis, il y a peu de questions! http://www.askabox.fr/repondre.php?s=110191&d=SPbZhW7lnERh

II- PORTRAIT D’UN GARDIEN DU LOUVRE

Je m’appelle Thomas Jumel et je suis agent d’accueil et de surveillance au Musée du Louvre, à Paris.

Agent d’accueil et de surveillance, c’est la désignation moderne et institutionnelle des mystérieux « gardiens de musée ». On imagine aisément l’uniforme, le képi et le sifflet, à l’image de Bourvil dans « Si Versailles m’était conté », ou de René, gardien de la galerie de la Renaissance italienne de la chanson « Le gardien de Musée » des Blaireaux…La profession a évolué, et si certains « vieux de la vieille » semblent faire partie des murs, l’agent d’accueil et de surveillance est bien souvent aujourd’hui un jeune diplômé d’histoire de l’art, d’histoire, ou de tout autre discipline universitaire.

Parfois guide conférencier certifié, il est souvent capable de renseigner le visiteur sur une œuvre ou un artiste aussi bien sinon mieux qu’un guide de passage. Car, oui, il est dans « son » musée. Quand vous visitez le Louvre, Orsay, Versailles, le château d’Angers, de Pierrefonds, ou le Panthéon, vous entrez en quelque sorte « chez » ces agents qui vivent avec le monument.

En tant qu’agent du Louvre, je suis souvent amené à rencontrer le monde entier car la multiculturalité est omniprésente dans ma profession. J’y croise des américains, des chinois, des espagnols, des coréens, mais aussi toutes les religions du monde. Être gardien, c’est assurer la sécurité des visiteurs et des œuvres, mais c’est aussi avoir la capacité de s’adapter à toutes les situations, pour répondre à toutes les demandes.

Un bon agent d’accueil et de surveillance, c’est une personne ayant la patience d’un Bouddha, la présence d’un général De Gaulle, et le savoir-être de la reine d’Angleterre. Il faut tout à la fois être polyglotte, vigilant, souriant, patient et savoir garder l’émerveillement pour tout le Beau qui nous entoure au quotidien sans jamais que nous nous en lassions.

C’est dans cette passion pour mon métier et pour le patrimoine que j’ai entrepris l’écriture d’un livre sur le métier « d’agent d’accueil et de surveillance ». Un livre qui aura pour tâche de briser les clichés, de faire connaître ce métier étonnant de polyvalence et de saine routine, et d’aider tous ceux qui désireraient passer les concours du Ministère de la Culture et de la Communication pour devenir, eux aussi, gardien de musée.

Dans cette optique, j’ai lancé le premier d’une série de deux sondages sur le métier, merci de votre aide, si vous êtes vous-même agent d’accueil et de surveillance ou si vous pouvez en contacter facilement !

POUR EN SAVOIR PLUS !

– Le métier !

« Tout commence par un concours. Aucune formation n’est nécessaire pour être agent d’accueil et de surveillance. Il faut le niveau brevet, comme pour tout concours de catégorie C. pour lequel, évidemment, vous devez faire preuve de vos qualités (Réflexion ; rédactionnel…). Une fois en poste, on a la possibilité d’améliorer nos aptitudes et nos connaissances aux travers des formations internes au ministère (ex : le SSIAP1, le PSC1, la manipulation des RIA et extincteurs, la connaissance du Ministère de la Culture et de la Communiction, et d’autres formations sur la multiculturalité, l’accueil des publics en situation de Handicap, etc). Mais ces formations sont-elles courantes partout en France ? J’imagine que c’est plus facile à Paris qu’en province….

Enfin, en moyenne les agents d’accueil et de surveillance entrent en fonction entre 25 et 30 ans alors que les vacataires sont souvent beaucoup plus jeunes.« 

– Combien sont-ils, au Louvre ?

Au Louvre, on compte entre 1100 et 1300 agents d’accueil et de surveillance (chiffre variant selon la période, avec l’arrivée des vacataires saisonniers). Et plus de 2000 agents en tout, toutes directions et métiers confondus

– Et des livres, présentés par Thomas :

1- L’incontournable : Marie-Christine Labourdette, Les Musées de France, collection « Que Sais-Je ? », Paris, PUF, 2015.Ouvrage qui contient toutes les d’informations sur le label couv_259381« Musée de France ».

2- Florent Chavouet, L’île Louvre (Notre photo ci-contre).s’agît d’une bande dessinée, quoique pas tout à fait. Mais elle donne à voir le Musée du Louvre autrement et notamment du point de vu des agents d’accueil et de surveillance. Leur (notre) quotidien y est « assez bien » décrit. Quelques petites erreurs mais vite pardonnées.(Louvre-éditions/Futuropolis, 2015).

3- Lazar Kunstmann, La culture en clandestin – L’UX, Paris, Hazan, 2009. Un livre sympathique par son langage fleuri mais peu recommandé par les institutions car il raconte l’intrusion des Unter-Gunther, de gentils voyous, dans l’enceinte même du Panthéon parisien pour y restaurer l’horloge Wagner. Aujourd’hui, les monuments sont bien sécurisés, et chaque année davantage.

4- Johan Idema, Comment visiter un musée et aimer ça?, Amsterdam/Paris, 2015, BIS Publishers/Eyrolles. Un petit livre sans prétention qui s’adresse aux visiteurs réguliers (ou non…) des musées, et donne plusieurs conseils pour bien les visiter. Si le livre ne traite pas seulement des gardiens de musées, il leur rend un bel hommage avec un premier conseil : « Comment tirer le meilleur des gardiens, les Yeux du musée ».
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"La culture, plus on la consomme, plus on a envie d'en consommer"

"La culture, plus on la consomme, plus on a envie d'en consommer" | Musées et muséologie | Scoop.it

Françoise Benhamou est l'une des spécialistes mondiales de l'économie de la culture. Pour Le Monde.fr, elle revient en détails sur les différents concepts économiques évoqués dans la parabole des Tuileries. 


Lors d'une intervention en octobre 2010 à Savigny-sur-Orge (Essonne), Nicolas Sarkozy a dit : "Quand on va au théâtre ou au concert étant jeune, on y va toute sa vie. Quand on créé l'habitude, quand on a créé le désir, on le décline sa vie durant." Est-ce là une remarque qu'un économiste pourrait reprendre à son compte ?


Tout à fait. Quand les économistes ont commencé à réfléchir sur les consommations culturelles, ils ont fait le parallèle avec la drogue. On n'assouvit pas son désir d'héroïne en la consommant. Au contraire, le désir ne fait qu'augmenter à chaque dose. C'est à peu près la même chose avec la culture : plus on la consomme, plus on aime ça, et plus on a envie d'en consommer. En économie, on dit que l'utilité marginale de l'héroïne, comme celle des biens culturels, est croissante. Mais, de la même façon qu'il faut prendre une première dose d'héroïne pour avoir envie d'en prendre une seconde, il faut recevoir une première "dose" de culture pour, peu à peu, y prendre goût. C'est en partie ce qui justifie l'investissement public dans l'éducation culturelle : l'Etat cherche à créer chez les citoyens les moyens de développer leur goût pour la culture. 


Dans les ouvrages spécialisés, on lit souvent que la consommation de biens culturels génère des "externalités positives" qui justifient les subventions publiques. Qu'entendent par là les économistes ? 


L'idée d'externalité positive est assez simple. Prenons l'exemple du théâtre. Lorsque vous allez voir une pièce, vous en retirez une certaine satisfaction, qu'on appelle aussi utilité. Mettons qu'elle soit égale à 100. Les économistes expliquent que l'utilité totale créée par le fait que vous alliez au théâtre est en réalité supérieure à 100. Pourquoi ? Parce que vous allez peut-être parler de cette pièce avec des collègues, ou simplement être plus productif au travail grâce au plaisir que vous avez ressenti. En bref, vous serez un meilleur citoyen et cela va profiter à la société. Cet effet supplémentaire de votre consommation est une externalité positive. Mais en tant que consommateur, vous n'êtes prêt à payer que pour votre propre satisfaction, et non en fonction de la satisfaction que vous apportez à la collectivité. Il revient donc à l'Etat de subventionner la différence entre l'une et l'autre. Dans le cas contraire, le marché qui, laissé libre, ne peut subvenir qu'à la somme des demandes individuelles, produira moins de pièces de théâtre que ce dont la société a besoin. 


Beaucoup d'études économiques justifient l'investissement culturel par l'idée que celui-ci a un effet multiplicateur, c'est à dire qu'il génère des retombées économiques supérieures aux sommes investies. Que pensez-vous de cet argument ? 


L'effet multiplicateur de l'investissement culturel existe, mais il est souvent grossi, caricaturé et instrumentalisé, en particulier par des porteurs de projets : ils cherchent un financement, et s'adressent aux collectivités territoriales en arguant des retombées économiques de leur projet. Le plus souvent, les retombées sont surtout qualitatives. Personne ne remettra en cause, par exemple, que le musée Guggenheim de Bilbao a donné une excellente image à la ville. Mais ces aspects qualitatifs étant difficiles à mesurer, il arrive que le côté quantitatif soit volontairement exagéré. 

L'investissement culturel ne produit donc pas nécessairement que des effets positifs. 

Il peut même avoir des effets décevants ou ambivalents. Prenons l'exemple de villes italiennes muséifiées, telles que Rome ou Lucca. Les investissements massifs qui ont servi à les mettre en valeur ont certes profité aux visiteurs – qui peuvent à présent marcher dans des rues interdites à la circulation automobile –, ainsi qu'aux commerçants locaux. Mais ils ont aussi entraîné une hausse systématique des prix. Les populations moins fortunées ont dû quitter les centres villes pour habiter en périphérie, dans de grands ensembles souvent construits à la hâte. Les banlieues se sont enlaidies, et la qualité de vie de leurs habitants s'est dégradée. Donc, ce qu'on a fait de positif pour ces villes, on l'a en quelque sorte fait payer à leurs contours. 


Propos recueillis par David Castello-Lopes

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La stratégie social média de Culturespaces

La stratégie social média de Culturespaces | Musées et muséologie | Scoop.it
A la tête des projets web et nouveaux médias chez Culturespaces, Julia Da Costa élabore la stratégie réseaux sociaux de ses douze sites culturels. Immersion au pays des likes.

12 pages Facebook, 5 comptes Twitter, 8 profils Instagram

Avec 12 sites culturels à son actif, Culturespaces, c’est 12 pages Facebook, 5 comptes Twitter, 8 profils Instagram, un compte Pinterest ainsi qu’une chaîne Youtube et Viméo. « Etre community manager chez Culturespaces, c’est un peu un challenge ! » commence Julia. « Il faut jongler entre les pages, les comptes et autres profils mais aussi savoir aborder des thématiques très diverses : plonger au cœur du Moyen Âge, intéresser les passionnés de voitures tout comme les amateurs de peinture classique ». Mais à chaque réseau social son utilité. D’abord, Facebook. « Facebook représente notre principal levier d’engagement : tous nos musées et monuments ont un compte ». Un réseau bleu qui s’adresse d’abord au grand public. « Une page se démarque largement, c’est celle du Musée Jacquemart-André, avec plus de 73 000 likes ». Un chiffre qui s’explique par le prestige de ce musée parisien attirant de nombreux habitués. Les autres sites gérés par Culturespaces ne déméritent pas, avec plus de 10 000 likes chacun pour Les Carrières de Lumières, Les Arènes de Nîmes, le Musée Maillol et l’Hôtel de Caumont. « Sur Facebook, le ton se veut moins « formel » que sur notre site corporate, plus proche des gens ». Deuxième réseau social utilisé par Julia, Twitter. « Sur Twitter, nous nous adressons à la fois au grand public, mais aussi aux professionnels de la culture ». A titre d’exemple, elle cite les interviews du magazine Musée 21, diffusés en priorité sur la page Twitter officielle de Culturespaces, suivie par de nombreux professionnels. « Nous avons d’ailleurs souhaité créer un hashtag #CulturespacesPro pour offrir aux professionnels qui nous suivent – qu’ils soient journalistes, enseignants ou tour opérators – un fil d’actu qui leur est dédié, conçu comme une source d’information privilégié ».

Mais si Facebook et Twitter tiennent pour l’instant le haut du pavé, la spécialiste des réseaux sociaux se concentre également sur Instagram, le réseau social dédié aux photos, très en vogue. Face à cette diversification des canaux de communication, une organisation bien rodée a été mise en place en interne. « Chez Culturespaces, notre communication digitale est centralisée à Paris » continue la jeune femme. Chacun des sites a son « référent réseaux sociaux ». « Les référents peuvent occuper n’importe quel poste (hôtesse boutique, responsable des réceptions, directeur de site…) mais ce sont avant tout des personnes de terrain motivées et curieuses qui nous envoient du contenu actualisé ». Régulièrement, ceux-ci transmettent donc textes et photos au siège parisien. Anecdotes sur une œuvre ou photos des coulisses d’une exposition : chaque semaine, en fonction de l’actualité et des données récoltées, Julia élabore un plan de communication et un planning de publications.

Découverte & apprentissage : donner une autre image du musée

Si Julia cherche à informer les publics sur l’actualité des sites de Culturespaces, elle souligne que les réseaux sociaux sont surtout un bon moyen de donner une autre image du musée et de partager des connaissances. « La médiation culturelle passe aussi aujourd’hui bel et bien par les réseaux sociaux ». Pour cela, elle multiplie les initiatives pour intéresser les lecteurs, les fidéliser et en gagner de nouveaux. « Nous essayons au maximum d’entretenir un esprit communautaire sur nos pages, en y posant par exemple des questions sur un artiste ou en les invitant à réagir sur tel ou tel sujet ». Elle note également que l’initiative mise en place sur chacune des pages Facebook, « La découverte du vendredi », présentant une anecdote culturelle liée aux expositions en cours ou à l’histoire des sites, est celle qui recueille le plus fort taux d’engagement sur Facebook.

Culturespaces mise aussi sur les blogueurs. « Dans certains musées comme le Musée Maillol ou le Musée Jacquemart-André, nous invitons des blogueurs culture français et étrangers pour des visites privées afin qu’ils puissent partager leur expérience sur leur blog ». Des partenariats qui prennent parfois une tournure inattendue, comme lors de la Fête des Roses à la Villa Ephrussi de Rothschild en mai dernier. « Nous y avons invité l’illustratrice Rose Grey pour qu’elle nous livre en temps réel sa vision de l’événement. Ses dessins étaient ensuite directement publiés sur nos réseaux sociaux et les siens ». Un franc succès qui a été salué par une pluie de likes. Ce partenariat avec Rose Grey sera reconduit l’année prochaine.

Ces opérations live sont menées de plus en plus fréquemment. « Lors de grands événements comme les Grands Jeux Romains aux Arènes de Nîmes par exemple, nous intervenons avec un contenu live immersif que nous partageons immédiatement sur les réseaux sociaux ». Une façon de faire vivre nos musées et monuments sur la toile, ce qui plait beaucoup aux jeunes internautes, ravis de pouvoir assister au spectacle « comme s’ils y étaient ».

Le mot de la fin ?

« La communication culturelle sur les réseaux sociaux est vraiment passionnante. Facebook et autres Twitter sont des outils puissants qui permettent d’informer le public, mais surtout de créer un lien continu avec lui qui s’inscrit dans la durée ».
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Transformation numérique : les musées français passent à l’action

Transformation numérique : les musées français passent à l’action | Musées et muséologie | Scoop.it
Il y a encore une vingtaine d’années, la base de données « Joconde », portail des collections des musées de France, passait encore par le minitel. Aujourd’hui, des Youtubeurs sont invités au Louvre pour se filmer devant ces mêmes collections. En deux décennies, les musées ont clairement appris à tirer profit des avancées technologiques.

S’ils sont toujours considérés comme des institutions à but non lucratif affiliés au service public, les musées souffrent encore trop souvent d’un manque de financement et se doivent d’attirer toujours plus de visiteurs pour continuer à jouer leur rôle. C’est avec les nouvelles avancées technologiques que les institutions ont trouvé un moyen d’adapter et de personnaliser leur offre pour élargir leur public, que ce soit par le crowdfunding, les réseaux sociaux, ou encore les visites virtuelles.

Nous avons sélectionné pour vous des initiatives particulièrement inspirantes qui prouvent que l’art, la culture, et les innovations numériques sont parfaitement complémentaires et que leur association constitue une véritable opportunité pour les musées.

Le mécénat remis au goût du jour

Sans ses 167 mécènes, le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse n’aurait sans doute pas fait l’acquisition en septembre dernier d’une nouvelle pièce de 5,40m de haut. Grâce à une campagne de financement participatif, l’établissement a enrichi sa collection en accueillant Twiga, une girafe d’Abyssinie, chef d’œuvre de la taxidermie contemporaine. Au total, 16 140 euros ont été collectés sur la plateforme Culture Time auprès des parrains, preuve que le crowdfunding est un beau moyen d’attirer un peu plus les français vers le monde de l’art.

La réussite de cette campagne a été possible grâce à sa diffusion sur les réseaux sociaux et notamment Twitter avec le hashtag #touspourtwiga. Grâce au crowdfunding, les musées remettent au goût du jour le mécénat d’entreprise traditionnel qui a vu le jour en France à la fin des années 70. Le résultat est triple : acquérir ou restaurer une œuvre d’art mais également moderniser son image et donc élargir son public.

La communication des musées investit les réseaux sociaux

L’un des challenges des musées est de renouveler son public et de toucher une cible jeune, connectée mais pas forcément adepte d’art. En janvier dernier, Le Louvre a décidé de faire appel à des Youtubeurs en donnant carte blanche à trois influenceurs pour réaliser des vidéos dans le musée et apporter ainsi des nouveaux regards sur ses collections.

Résultat : le youtubeur Nota Bene propose sur sa chaîne une immersion très documentée dans les galeries du Louvre visionnée plus de 135.000 fois, et le Fossoyeur de Films décrypte la place du Louvre dans le 7ème art pour environ 200.000 vues, et autant de nouveaux visiteurs potentiels.

Le seul inconvénient vient du fait que ces vidéos ne sont disponibles qu’en français. Mais le Louvre pense aussi à ses visiteurs étrangers qui représentent plus de la moitié des entrées enregistrées chaque année. Le musée a ainsi récemment ouvert un compte sur la plateforme Weibo, équivalent chinois de Twitter, ainsi que sur Wechat, le What’s app mandarin. Le Louvre y entretient une relation privilégiée avec ces futurs touristes, avant même leur venue en France et leur expérience au musée.

Réinventer la relation entre les lieux culturels et les visiteurs

Renforcer la relation entre les visiteurs et les lieux culturels, c’est l’ambition d’un duo de passionné par la culture et l’innovation, Alizée Doumerc et Camille Caubriere, qui ont créé il y a deux ans l’application GuestViews.

GuestViews part d’un constat simple : les livres d’or regorgent de données clés pour les lieux culturels, mais ces informations restent inexploitées. L’application propose donc de digitaliser le livre d’or en application pour tablette, le rendant plus ludique et attractif que le sempiternel QCM distribué en fin de visite. Les données collectées en ligne auprès des visiteurs deviennent ainsi exploitables par les musées et permettent une analyse poussée de leur fréquentation et de la satisfaction des clients.

Plus d’une vingtaine d’institutions culturelles en France sont déjà séduites par cette innovation, dont le Louvre, le MuCEM, le Grand Palais et le Panthéon. GuestViews travaille déjà sur un développement à l’international et vient de lancer une nouvelle version de l’application. Une start-up à suivre !

Musée 2.0 : la visite virtuelle

Quand le musée n’est pas accessible, le numérique détient encore une fois la solution. En juin dernier par exemple, le Musée du Quai Branly a tenté une toute nouvelle expérience : animer une visite virtuelle retransmise à l’autre bout du monde. Comme souvent l’idée est partie d’un problème rencontré : l’exposition semestrielle consacrée aux Maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire ne pouvait pas être transportée jusqu’à Abidjan. Pour que les amateurs d’art ivoiriens puissent profiter des œuvres, la retransmission de la visite en ligne est apparue comme une évidence.

Les visites virtuelles sont ainsi devenues un excellent moyen d’ouvrir le monde de l’art au plus grand nombre et de permettre de découvrir des expositions. À ce jour, le plus gros projet de partage d’œuvres d’arts reste le Google Art Project . Lancé en 2011, ce musée virtuel compte aujourd’hui plus de 71.000 œuvres en ligne, exposées dans 50 pays différents.

Acquérir de nouvelles pièces, attirer un public absent des galeries, fédérer une communauté sur les réseaux sociaux, optimiser l’analyse des données de fréquentation et des avis clients… pour démocratiser la culture, le numérique est un partenaire utile et indispensable. La place des nouvelles technologies dans le domaine de la culture est de plus en plus prépondérante, et cela n’est qu’un début ! Et si demain la girafe Twiga venait se balader sous forme d’hologramme dans votre salon ? Et si demain vous matchiez avec la Joconde sur Tinder ? Affaire à suivre pour les professionnels de la communication culturelle ! 
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Marques : les musées d'entreprise ont le vent en poupe

Marques : les musées d'entreprise ont le vent en poupe | Musées et muséologie | Scoop.it

Un musée aéronautique porté en partie par Airbus vient d'être inauguré à Blagnac. L'Hexagone compte environ 1.500 lieux d'exposition des archives et du patrimoine des entreprises. Une bonne manière de cultiver son image de marque. 


Mardi 13 janvier 2015, le musée aéronautique, Aeroscopia, porté en partie par Airbus, a été inauguré à Blagnac, aux pieds de l'usine A380. En 2016, à Vevey, en Suisse, Nestlé ouvrira un temple dévoué à son passé industriel pour 40 millions d'euros. La multinationale y attend 250.000 visiteurs par an. Les musées d'entreprises ont le vent en poupe. Les entrées en France le confirment. Haribo, une des success story emblématique, attire jusqu'à 300.000 visiteurs à Uzès. Aujourd'hui, l'Hexagone compte environ 1.500 de ces espaces qui exposent les archives et les souvenirs des entreprises. La plupart évitent l'appellation « musée », jugée trop passéiste. On voit donc fleurir les « Maisons », « Espaces », « Cités », etc.. « Les entreprises, animées par la volonté de cultiver leur marque, se penchent de plus en plus sur ces projets. Et surtout ces derniers se professionnalisent » confirme Pascal Blanchard, directeur de l'agence « Bâtisseurs de mémoire », qui aide à la conception de ces structures, à cheval entre culture et business. Le musée, nouveau vecteur de communication ? Il permet aux dirigeants d'affirmer une stratégie de long terme, de renforcer l'identité et la culture d'entreprise en interne, et d'améliorer la notoriété de la marque. « C'est aussi un moyen d'exister au moment où se pose la question de la transmission à un repreneur » glisse François Aulas, directeur d'Abaque, autre agence spécialisée. D'autres l'utilisent pour séduire de futurs clients étrangers, comme Michelin positionné sur des marchés chinois au moment où il a ouvert « l'Aventure Michelin » en 2009 à Clermont-Ferrand. 


Des projets à fonds perdus 


Une chose est sûre, la motivation de départ n'est pas financière. Coûteuse, aussi bien en terme de mise de fond initiale (bâtiment, etc) qu'en terme de budget de fonctionnement, ces aventures sont rarement rentables ou en tout cas pas avant une bonne dizaine d'années. A part quelques exceptions, comme le musée Haribo, Rémy Cointreau, ou les parcours de visites des caves de roquefort, la plupart vivent à fonds perdus même s'ils disposent d'un coin boutique. « Peu le savent mais c'est un des rares vecteurs de communication où des subventions publiques de l'Europe ou des collectivités locales sont possibles car un musée est créateur d'emplois » fait néanmoins remarquer Pascal Blanchard. Le contenu peut faire l'objet de longs débat. Que faire des échecs de l'entreprise ? des épisodes de grèves ? « Tous ces évènement sensibles - les démêlés des dirigeants avec la justice, les conflits sociaux - sont, à mon sens, des parts d'ombre dont il faut aussi parler. C'est pour cela que le contenu doit être tranché au niveau de la direction générale » estime François Aulas.Toutes ces difficultés expliquent que si les prétendants sont légions, peu vont jusqu'à la réalisation. « Quatre client sur cinq ne vont pas jusqu'au bout une fois confrontés à la complexité de la démarche. Il faut trouver l'adéquation entre le lieu, le public et le contenu » souligne Pascal Blanchard. De fait, certains projets n'ont jamais vu le jour : Sanofi et son « atelier du médicament » à Lyon, le « Village Ricard » à Marseille. La restructuration du Lactopôle de Lactalis ouvert en 1999 à Laval est toujours dans les cartons. Certains s'y sont aussi cassé les dents. Le musée Amora, ouvert en 1990, n'a jamais réussi à trouver son public et à fermé en 2006. Des freins qui expliquent peut-être que des marques phares comme Guerlain ou Renault, au patrimoine pourtant fort riche, ne se soient encore jamais lancés. 


Tour d'horizon des espaces les plus fréquentés ou les plus ambitieux 


Haribo accueille 300.000 visiteurs 


C'est la success-story par excellence des musées d'entreprise. Le musée Haribo, implanté à Uzès, continue de drainer entre 200.000 et 300.000 visiteurs par an malgré ses dix-huit ans d'existence. Certes, ses arguments sont en or massif. Il est plus facile d'attirer les visiteurs quand on fait déguster des milliers de bonbons. Construit dans un ancien moulin à eau, qui jouxte l'usine de fabrication, l'espace a nécessité quatre ans de travaux. Régulièrement agrandi et rénové, il s'étend aujourd'hui sur plus de 1.200 mètres carrés et trois étages et fait la place belle aux espaces ultra-colorés et interactifs. D'ici 2015, une troisième ensacheuse sera intégrée pour distribuer de nouveaux bonbons, et la direction envisage de développer une dégustation tout au long de la visite. 


La Cité du champagne Collet-Cogevi 


La dernière née Inauguré du 19 au 21 juin 2014, pour faire écho à 1921, année de création de la Cogevi (pour Coopérative générale des vignerons), la plus ancienne coopérative de champagne est née de la révolte des vignerons de 1911. C'est cette histoire méconnue qu'aborde la Cité du champagne, qui associe également l'histoire de la Maison dont elle est propriétaire, les Champagne Collet. Ce projet, implanté à Aÿ (Marne) - un des plus ambitieux dans le monde du champagne- a nécessité deux ans de travaux. Au final, 20.000 pièces d'archives ont été réunies (affiches, objets, photographies, films..). La Villa Collet, rénovée, propose une plongée dans les années 20 et les Arts Déco. La vinothèque a été réaménagée avec plus de 30.000 bouteilles. Le parcours créé dans ces caves centenaires d'Aÿ permet aux visiteurs de s'initier à la fabrication du champagne. Une deuxième tranche ouvrira en 2016. 


Fragonard : quatrième musée-boutique 


Le parfumeur provençal compte déjà trois musées boutiques : un autour de l'usine historique de Grasse, ouvert dans les années 80 par Jean-François Costa, petit-fils du fondateur, et deux autres à ,Paris, rue Scribe dans un hôtel particulier du XVIII è siècle, et dans un ancien théâtre. L'entreprise, qui compte une quinzaine de boutiques en propre, ne fait que de la vente directe. Ses musées-boutiques sont donc un important canal de distribution (20 % se fait aussi par la vente en ligne). La marque projette l'ouverture d'un nouveau musée-boutique à Paris, dans le quartier de l'Opéra, sur 1.500 mètres carré. Avec un million de visiteurs par an, le parfumeur est devenu le premier acteur du tourisme industriel en France. 

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Boutiques de musées : comment vendre dans un lieu culturel ? - Musée 21

Boutiques de musées : comment vendre dans un lieu culturel ? - Musée 21 | Musées et muséologie | Scoop.it
Géraldine Breuil est la directrice commerciale et marketing de la Réunion des musées nationaux Grand Palais (Rmn GP) qui gère plus d’une quarantaine de boutiques de musées, dont celles du musée du Louvre et du château de Versailles. A l’occasion de l’ouverture de la nouvelle librairie boutique du musée du Louvre début décembre, elle nous livre ses trois secrets pour bien vendre dans un lieu culturel.

Architecture : prolonger l’émerveillement de la visite

« Une boutique de musée n’est pas n’importe quel type de boutique » commence Géraldine Breuil. Principale différence ? Elle s’inscrit dans un parcours de visite organisé qui a un début, un milieu et une fin. Cette visite est par ailleurs un moment attendu et organisé. Dans un site comme Le Louvre, c’est même une expérience unique dans une vie : « on ne visite pas tous les jours le plus grand musée du monde » ! Pour cette spécialiste du marketing, la conséquence est claire : « son emplacement doit s’insérer parfaitement dans la visite ». La jeune femme, au centre de la grande allée centrale menant au Louvre, s’explique : « de chaque côté de cette allée, librairie et boutique bénéficient du flux sortant de visiteurs ». Résultat : tout le monde passe devant les vitrines.

Mais l’emplacement ne suffit pas : encore faut-il que l’architecture du lieu donne envie de s’y arrêter, tout en permettant un maximum d’interactions avec le visiteur. Pour cette nouvelle librairie boutique du musée du Louvre, la Rmn GP a ainsi fait appel à l’agence RDAI Architecture, lauréate de l’équerre d’argent 2014, qui travaille notamment pour Hermès. Conçue avec des matériaux nobles aux finitions soignées, ce magasin de 1 848 m² se veut résolument moderne, aéré et lumineux. Ses espaces ont été complètement refondus et son plafond s’éclairera fin décembre d’une canopée lumineuse. « Cette nouvelle librairie boutique doit refléter par son architecture le lieu d’exception qu’est le Louvre, et ainsi prolonger l’émerveillement de la visite ». Une exigence esthétique que la Rmn GP déploie aussi sur d’autres sites comme au château de Versailles, avec le recours au célèbre architecte Dominique Perrault, ou encore au Centre Pompidou, avec la prometteuse Marie Deroudilhe. « L’architecture est fondamentale : nous n’hésitons pas à recourir à nos talents nationaux ! »

Souvenirs et beaux objets : des produits pour tous les profils

Mais l’architecture ne fait pas tout et si l’on peut rentrer dans une boutique par simple flânerie, on y vient surtout pour acheter. A la question du type de produits pertinents dans une boutique de musée, Géraldine Breuil préfère déjà nuancer. « Il faut d’abord dire qu’il n’y a pas une boutique de musée qui se ressemble. Chaque lieu a ses spécificités, ses thématiques et son public ». Cependant, il existe selon elle deux grands types de produits. D’abord, les souvenirs. « Du crayon Rodin ou mug Joconde, les produits souvenirs peu volumineux et à faible coût attirent d’abord une clientèle touristique, qui souhaite revenir de l’exposition avec un petit quelque chose pour soi ou à offrir ». Sur cette partie du catalogue, le panier moyen est de moins de 10 euros. Cette offre permet notamment de répondre à une clientèle très jeune (50% des visiteurs ont moins de 30 ans), extrêmement captive et qu’il faut attirer grâce à de nouveaux supports, des animations, des packagings attrayants etc.

Deuxième type de produits, les beaux objets tels que les livres d’art, les reproductions de sculptures ou la joaillerie. Elle retient en particulier une tendance, celle du made in France. « Les gens sont près à payer un peu plus cher pour un produit de qualité réalisé dans l’hexagone qui incarne l’art de vivre à la française. C’est pourquoi nous développons régulièrement des partenariats avec de grandes maisons françaises comme Gien ou Bernardaud, mais aussi avec des créateurs moins connus qui illustrent le renouveau à l’œuvre en France en matière d’artisanat notamment ».

Et pour cette catégorie de clientèle, plus exigeante, Géraldine Breuil mise tout sur les services. Elle cite bien sûr les services classiques de livraison, mais également ceux de détaxe pour les groupes, les possibilités d’impressions à la demande de chalcographies, les animations moulages, les signatures de livres en librairies etc. « Ces prestations doivent être délivrées avec le souci d’une relation client impeccable, qui passe notamment par une digitalisation des points de vente, une traduction des cartels et un apprentissage des langues étrangères, dont le chinois, par les vendeurs ».

Pop up store et corner store : sortir des dispositifs classiques

Dernière grande tendance des boutiques de musées : le fait de sortir peu à peu des dispositifs « classiques ». La Rmn GP n’a pas attendu la tendance des pop up stores. Elle exploite depuis toujours des mini-boutiques éphémères, aux couleurs des expositions du Grand Palais, mais il s’agit d’aller plus loin et de proposer une offre de produits d’art en dehors des musées ou lieux d’exposition. Géraldine Breuil évoque ainsi la tendance au corner store, le « magasin du coin de la rue ». « L’idée est de sortir complètement la boutique du musée pour en faire un espace commercial à part entière ». Géraldine Breuil cite en exemple la librairie boutique du musée Picasso, véritable concept store dont l’offre s’inspire librement de l’œuvre et de la vie de Picasso, dans un esprit d’atelier. La Rmn GP va par ailleurs ouvrir très prochainement un second corner aux Galeries Lafayette, dans le nouveau duty free qui ouvrira en face du bâtiment Haussmann, et dans lequel seront proposés les best sellers des plus grands musées français. Ce concept s’adresse aux touristes internationaux. « Souvent, les groupes de touristes en excursion au musée ont un programme très chargé. Ils doivent suivre le guide et n’ont pas le temps de s’attarder en boutique. Avec ce type de dispositif, on arrivera à les capter plus facilement ». Il complètera un corner plus classique ouvert très récemment à la galerie des cadeaux des Galeries Lafayette.

Le mot de la fin ?

« Le digital est la nouvelle frontière à conquérir pour les boutiques de musées. Qu’il soit utilisé pour améliorer l’expérience-visiteur avec des concepts innovants comme des vitrines interactives ou pour doper les ventes e-commerce, il offre un relai de croissance important, même si le retour sur investissement est encore un peu difficile à évaluer ».
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Les tendances et innovations dans les musées et lieux de patrimoine

Les tendances et innovations dans les musées et lieux de patrimoine | Musées et muséologie | Scoop.it
Il y a quelques jours se sont déroulées les 8èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) à la Cité des sciences et de l’industrie. Un des premiers temps forts de cette journée de conférences et networking a été le cahier des tendances 2016 présenté par Pierre-Yves Lochon, organisateur de l’évènement.

350 personnes représentant 160 institutions et entreprises différentes ont participé à cette 8e édition des RNCI, évènement ayant pour but de réunir les acteurs de la Culture et du Patrimoine afin de réfléchir aux nouveaux enjeux technologiques et aux mutations de leurs métiers. Fort de ses observations grâce son site d’informations et de son travail avec ces professionnels, Pierre-Yves Lochon a présenté le cahier des tendances 2016 sur l’innovation dans les musées et lieux de patrimoine.

La première tendance de l’année écoulée est le co-commissariat. En 2016, 6 projets ont vu le jour en France et en Pologne et ont permis à des visiteurs ou des étudiants de choisir les œuvres à exposer. Ce fut par exemple le cas au Musée de Beaux-Arts de Rouen ou au Musée National de Varsovie.

La deuxième tendance est le financement participatif qui permet surtout de réunir des fonds pour la rénovation des lieux ou la restauration d’œuvres. Au terme de l’année 2016, 73 campagnes ont été réalisées en France et 885 896€ ont été collectés. Un montant qui a augmenté de 63,8% en un an. Par exemple, la campagne qui a réalisé la plus forte collecte est l’opération « Soyez la bonne étoile de Saint-Germain-des-Près » qui a permis de récolter 133 315€ en ligne, soit 444% du montant initial demandé. Il s’agissait de faire un appel au don pour soutenir la rénovation de l’église Saint-Germain-des-Prés. L’internaute, en soutenant financièrement le projet, pouvait donner son nom à l’une des étoiles qui ornent le plafond de l’édifice.

La troisième tendance est la réinterprétation des œuvres. Par exemple, le musée Salvador Dali situé en Floride a proposé une expérience immersive grâce à la réalité virtuelle qui permettait d’être immergé en 3D dans certaines œuvres de l’artiste. Les musées de la Ville de Paris ont eux fait appel à des instagrameurs afin de réinterpréter en photos 10 œuvres célèbres. Le Louvre a invité des Youtubeurs entre ses murs et les archives nationales américaines mettent en ligne leurs images emblématiques sous forme de gifs. Le Musée d’Orsay, lui, a fait appel aux artistes numériques suisses Plonk & Replonk afin de partager des versions décalées de quelques œuvres.

La quatrième tendance est la Chine en tant que nouvel eldorado des musées. Pierre-Yves Lochon a rappelé que la Chine, c’est 1.4 milliard d’habitants et 600 millions d’internautes (dont 70% de mobinautes). Les Européens et Français commencent à comprendre l’intérêt de les attirer en France mais surtout d’exporter les œuvres dans le pays. La RMN a par exemple réalisé une exposition Monet à Hong Kong. Le Van Gogh Museum d’Amsterdam a lancé à Pékin la tournée de son exposition immersive itinérante « Meet Vincent Van Gogh ». Les musées français sont de plus en plus présents sur les réseaux sociaux chinois Weibo et Wechat. D’ailleurs, Le Louvre et Orsay sont les deux musées non chinois les plus puissants sur les deux plateformes en nombre d’abonnés (plus de 120 000) et par l’audience des posts. Autre exemple de cette collaboration entre musées et la Chine : Alibaba va aider le British Museum à vendre ses produits dérivés en Chine sur le Web et dans des boutiques propres.

La cinquième tendance est la mutualisation entre musées et institutions. Par exemple, les cartels numériques du Pavillon de l’horloge ont été développés conjointement par le musée du Louvre et le CMN.

Sixième tendance, la collaboration avec des startups. La plupart du temps, elles sont intégrées via des appels à projet gouvernementaux ou des projets patrimoniaux comme ce fut le cas à la Cité des Civilisations du Vin, à la Conciergerie ou au Palais des Beaux Arts de Lille.

Enfin, la dernière tendance est le virtuel, que ce soit à travers la réalité virtuelle ou augmentée. Ces outils peuvent être utilisés comme outil de médiation pour redécouvrir des lieux à une autre époque ou détruits, comme outil de visite à distance, comme objet d’exposition ou comme prolongement d’exposition. Plusieurs dispositifs ont été installés comme au Grand Palais lors de l’exposition immersive « Sites éternels » afin de faire revivre des sites archéologiques en danger ou à la Conciergerie où l’Histopad plonge le visiteur dans l’histoire de la Révolution française ou médiévale. 
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Adeline Schmitz's curator insight, April 17, 2017 10:13 AM
Les Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) ont permis de mettre 7 points en évidences:
- Le co-commissariat, ou donner la chance aux visiteurs de choisir les oeuvres qu'ils verront;
- Le financement participatif, ou réunir des fonds par les visiteurs pour transformer le musée;
-  La réinterprétation des oeuvres, ou comment faire d'une oeuvre, plusieurs oeuvres;
- La Chine comme nouvel eldorado, ou comment la Chine réussi a booster les musées et le monde culturel;
- La mutualisation des musées;
- La collaboration avec des start-up, ou comment les start-up et les musées s'entre-aident pour survivre/grandir;
- Le virtuel, ou comment grâce aux technologies, le virtuel se mélange au réel. 
Des points qui m'aideront à la l'élaboration de la nouvelle communication du musée Marthe Donas, sujet de mon TFE
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Poésie rime avec jardin chez Ronsard

Poésie rime avec jardin chez Ronsard | Musées et muséologie | Scoop.it

Comment mettre en valeur une maison d'écrivain ? Comment trouver le bon équilibre entre patrimoine, histoire du lieu et l'œuvre littéraire de son illustre occupant ? Mon cher Watson a été très impressionné par la réponse du Prieuré Saint-Cosme, demeure de Ronsard. Situé à La Riche, commune attenante à la ville de Tours, le site se trouve en plein cœur du Val de Loire. Les bâtiments sont mis en valeur par un jardin. Des bornes interactives immergent le visiteur dans l'œuvre du poète de la Renaissance. Dans le réfectoire, des artistes contemporains exposent régulièrement. Le Prieuré Saint-Cosme, rénové récemment, arbore une muséographie intelligente, moderne et respectueuse du lieu et des visiteurs. Tous les éléments sont réunis pour que tous les visiteurs y trouvent leur compte : balade bucolique dans les jardins, immersion dans la poésie de Ronsard, découverte de la vie d'un monastère... Nous avons rencontré Vincent Guidault, responsable du site pour en savoir plus sur la restauration des bâtiments, la rénovation de la scénographie et la mise en place d'une stratégie de médiation culturelle.

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Financement des restaurations des monuments : la Fondation du patrimoine

Financement des restaurations des monuments : la Fondation du patrimoine | Musées et muséologie | Scoop.it
Comment restaurer et transmettre les monuments du patrimoine aux générations futures ? Comment financer les coûteuses réparations indispensables à la sauvegarde du bâti ? Pour tenter de répondre à ces questions, Mon cher Watson s'est rapproché de la Fondation du Patrimoine dont le logo est très souvent visible sur les murs des monuments que nous visitons. Quel est son rôle ? Quelles sont ses actions sur le territoire ? Rencontre avec Nicolas Dias, chargé de projets et de communication à Tours pour la Délégation Centre Ouest de la Fondation du Patrimoine.
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Tourisme culturel et de mémoire : les missions de l'ADRT Aisne Tourisme

Tourisme culturel et de mémoire : les missions de l'ADRT Aisne Tourisme | Musées et muséologie | Scoop.it

L'interdépendance de la culture et du tourisme se révèle entièrement dans l'action des opérateurs territoriaux de développement touristique : faire découvrir le patrimoine culturel des territoires, tout en contribuant à leur développement économique (création d'emploi, attractivité, aménagements, transports...). Les Agences de Développement et de Réservation Touristiques (ADRT) sont des organismes créés par les Conseils départementaux. Elles ont pour missions de soutenir et développer les performances touristiques des territoires, de conseiller les collectivités et les investisseurs, et de développer l’activité et le chiffre d’affaire des entreprises et des professionnels de leur territoire. L'Agence Aisne Tourisme, ADRT créée en 1963, est un opérateur de droit privé arrimé au Conseil départementale de l'Aisne. Elle a pour vocation de contribuer au soutien et au renforcement de l'économie du département au travers du développement de l'activité touristique. Quatrième département français par le nombre de ses Monuments Historiques, l'Aisne est également une terre de mémoire qui accueille des visiteurs du monde entier. Rencontre avec Christelle Clément, responsable promotion & marketing de l'agence Aisne Tourisme.

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How to Navigate a Museum

How to Navigate a Museum | Musées et muséologie | Scoop.it

Whether it’s the Louvre in Paris, the Prado Museum in Madrid or the Egyptian Museum in Cairo, museums are major tourist destinations. There are ways to get the most out a museum visit, according to Natasha Schlesinger, an art historian, curator and the founder of ArtMuse, a company that provides private tours of museums and galleries in New York City and Europe. “You want to do the museum justice and have fun at the same time,” she said.


Here, Ms. Schlesinger’s top tips on navigating a museum successfully.


Set a Time Limit and Eat Before You Go Your visit should be between 90 minutes and two hours at most. “A common mistake people make is to stay at a museum too long to try to see as much as possible, but this will only result in sensory overload and leave you overwhelmed,” Ms. Schlesinger said. In addition, never visit a museum when you’re hungry: Ms. Schlesinger said that the hunger will eat at you, leaving you unable to concentrate.


Have a Focus Instead of briefly glancing at 100 objects and forgetting about what you saw afterward, you’ll have a more fulfilling and memorable trip if you pick a maximum of 20 works and spend five minutes on each. In a large museum, such as the Metropolitan Museum of Art in New York, Ms. Schlesinger recommends sticking to one area, such as the Islamic art wing. As you view the works, read the information that goes along with them and any larger presentation about the overall exhibit — these give both a big- picture perspective as well as individual stories about the art.


With smaller museums like the Broad in Los Angeles, it’s possible to walk through the entire space in a single trip, but even then, you can’t absorb everything on display, so spend your time on works that most interest you.


Use Audio Tours Most museums have prerecorded audio tours available at the visitor’s desk, Ms. Schlesinger said, and they can be a great resource to get an in-depth lesson on the art. Many are also free or can be borrowed at a small cost, and some museums have kid-friendly guides with music, storytelling and interactive elements. 


Consider a Private Guide A knowledgeable private guide, who is well-versed in a museum’s collection and has a background in art, can create an enjoyable tour customized to your interests. If you’re traveling with young children or teenagers, for example, a guide will be able to design a visit that appeals to either age group. Find a guide by asking your hotel concierge, on sites like TripAdvisor.com or through the museum itself. But be aware that private guides can be costly — Ms. Schlesinger, for example, charges $400 for a 90-minute tour for up to five people.

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Penser le musée à hauteur d’enfant

Penser le musée à hauteur d’enfant | Musées et muséologie | Scoop.it

Quand l’enchantement, le plaisir et le jeu font la vie dure à la tradition muséale


D’ignoré, voire indésirable, le jeune public a été élevé au rang d’incontournable en quelques décennies dans les musées, qui sont de plus en plus nombreux à s’arracher ses faveurs. Cette main tendue vient avec un cahier des charges qui n’a de cesse de se diversifier. Survol de pratiques qui font mouche.


Voir s’allumer Cassiopée dans la voûte étoilée, allongé sur une butte gazonnée. Décoder le langage corporel des chiens en fabriquant une bédé interactive. Plonger dans le formidable capharnaüm de l’artiste Claudie Gagnon, ludique et inquiétant avec son oreille en cage, ses animaux empaillés et ses mille et une collections enchantées. S’imaginer dans le clan d’Iron Man et partir avec lui à la chasse aux nanotechnologies armé d’une puce glissée… dans un canard pour le bain.


Nous sommes loin des ambiances feutrées, pour ne pas dire castrantes, qui ont bercé des générations d’enfants traînés au musée. Nous sommes dans le coeur palpitant du Musée de la civilisation, à Québec. Depuis plus d’un quart de siècle, rue Dalhousie, on rivalise d’inventivité pour « accrocher » le jeune public. Ici, l’enfant et l’adolescent sont des visiteurs à part entière. Et ça se sent à travers une foule de détails pensés expressément pour eux.


« Le public jeune mérite qu’on déploie les mêmes efforts que ceux déployés pour le public adulte », affirme Josée Laurence, directrice de l’action culturelle et éducative au musée. Pour cela, elle peut compter sur des chargés de projets éducatifs et culturels dont l’une des compétences particulières est justement d’être à jour sur le développement et la psychologie de l’enfant. « Nous voulons parler à son intelligence et à sa sensibilité en créant des liens avec lui, sur son terrain, avec les moyens de compréhension qui lui sont propres. »


Penser maxi ; jouer mini


L’approche n’est pas unique. Elle a fait des petits un peu partout dans le monde. Le mois dernier, le Musée national des beaux-arts du Québec ouvrait sa galerie famille aux délicats cabinets de curiosités de l’artiste Vicky Sabourin. Son diorama, palpitant de vie, est un véritable exemple à suivre. Plus tôt cette année à Paris, c’était le Louvre qui se la jouait mini avec l’ouverture de sa Petite Galerie commandée par l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filipetti, librement inspirée de l’iconique zone enfant du Metropolitan Museum de New York.


Ces espaces dédiés à la jeunesse sont de plus en plus ancrés dans l’univers muséal. Ici, les Studios Art Éducation Michel de la Chenelière du Musée des beaux-arts de Montréal ont mis la barre haut ces dernières années. Le musée compte maintenant douze studios-ateliers. Plusieurs musées, notamment Pointe-à-Callière et McCord, affichent aussi à leur programmation au moins une exposition familiale. Ce faisant, le flux des publics est relativement facile à gérer, chacun restant sur son quant-à-soi, dans ses terres à lui.


Plus rares sont les établissements qui poussent jusqu’à mélanger aussi allègrement les publics comme le fait le Musée de la civilisation, qui, bon an mal an, reçoit 160 000 jeunes en ses murs. C’est pourtant une des clés majeures de leur intégration, estime Josée Laurence. « On cherche toujours à avoir des espaces dédiés à la jeunesse. Mais, et c’est particulier par rapport aux autres musées, nous insistons aussi pour développer des espaces jeunes à l’intérieur des expositions dédiées de prime abord à un public adulte. »


Ouvrir des fenêtres


Cette démarche va plus loin qu’une vignette adaptée ou un accrochage à hauteur d’enfant, comme le croient encore beaucoup d’établissements. « Par exemple, avec l’exposition ONF, on avait placé au coeur de l’expo un espace où les jeunes pouvaient tester la technique du stop-motion. Dans une exposition sur la musique, on avait intégré un espace qui permettait de s’approprier les notions véhiculées dans l’expo, mais dans un langage adapté et interactif, avec un guide animateur qui facilitait l’apprentissage, tout ça dans un esprit de susciter l’enchantement, le plaisir, le jeu. »


Les maîtres mots du musée ami des enfants sont là, en porte-à-faux avec tout ce qui gêne, ennuie, contraint dans la sacro-sainte tradition muséale. « Au musée, il y a des objets et des connaissances d’un côté et, de l’autre, il y a des publics. Notre travail est de créer les liens les plus efficaces possible pour les relier, explique Mme Laurence. De plus en plus, on pense également ces ponts-là à l’inverse, c’est-à-dire qu’on essaie de faire en sorte que les publics puissent aussi intervenir sur les contenus. »


Cette médiation peut se faire de façon autonome par des objets exposés, des objets à manipuler, mais aussi par des guides animateurs, des parents, des professeurs ou des accompagnateurs que le musée outille de diverses manières. Quitte même à sortir du musée pour mieux y rentrer, précise-t-elle. « On fait souvent affaire avec des artistes, des philosophes, des scientifiques. Ils viennent nourrir nos réflexions, ouvrir des fenêtres. Cela nous permet d’être plus précis et plus efficaces dans notre offre pour rejoindre les publics dans les zones émotives qui sont les leurs. »


S’il y a des frontières à franchir, faut-il comprendre qu’il y a aussi des limites à respecter pour préserver les yeux et les idées chastes des petits ? Pas plus qu’avec les autres publics, répond sans hésiter Mme Laurence. « Ça fait des années qu’on se demande si on va aborder la mort au musée. On ne l’a pas fait encore. Mais le jour où on le fera, je suis persuadée qu’on pourra le faire aussi bien avec le public adulte qu’avec le public enfant. Tout va dépendre de la manière de l’aborder. »


L’interactivité jusque dans les pieds


Les outils numériques occupent une part grandissante de la vie des jeunes, qu’ils explorent de façon beaucoup plus intuitive. C’est en partant de ce principe que l’espace Observer a pris forme, raconte Josée Laurence. « On est partis sur un thème assez flou qui était l’observation. Notre filon, c’était d’offrir une expérience plus intuitive aux 7 à 15 ans. On s’est dit qu’ils avaient besoin de liberté, de visiter ça en gang. On a donc mis une série de créatifs ensemble avec toutes sortes de matériels en leur demandant de projeter ces réflexes-là dans notre laboratoire. » Le résultat ? Pas d’écrans, mais tout ce qu’ils allument comme réflexe chez les jeunes à travers une muséographie vivante aussi ludique qu’intelligente, qui s’explore avec les cinq sens, de la tête jusqu’aux pieds.

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Adeline Schmitz's curator insight, April 17, 2017 9:30 AM
Si pendant des années, les enfants n'ont pas été les bienvenus dans les musées, c'est aujourd'hui une chose révolue. Amener les très jeunes au musée, c'est les amener à se créer leur univers. Et plusieurs moyens existent pour cela: un affichage à leur taille, une visite avec un animateur mais aussi des visites pensées pour les enfants avec de l'interactivité, des jeux, de moments passer dans la peau de l'artiste.

La pertinence de l'article vient du faite qu'il propose des idées pour amener un public jeune dans les musées. Le musée dont je m'occupe pour mon TFE a une moyenne d'âge pour les visiteurs assez élevé, l'article pourrait donc m'aider à la baisser.
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« L’objet château est aujourd’hui attirant »

« L’objet château est aujourd’hui attirant » | Musées et muséologie | Scoop.it

Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN), témoigne du succès des animations autour des châteaux.


La Croix : Que recherchent aujourd’hui les visiteurs de châteaux ?


Philippe Bélaval : Le grand public reste intéressé par une visite « banale », mais on s’aperçoit que son intérêt va de plus en plus vers ce qui est ou paraît authentiquement évocateur. Tout ce qui replonge de manière immersive dans le temps passé – grâce à des illuminations, des costumes d’époque, des comédiens ou musiciens – rencontre un succès considérable.


Notre première préoccupation dans l’animation des châteaux est de faire face à la formidable diversification des attentes des publics nationaux et internationaux. Il s’agit à la fois de faire venir de plus en plus de public, mais aussi de partager notre message patrimonial, historique, architectural et artistique avec le plus grand nombre, y compris à ceux qui sont éloignés de la chose culturelle et viennent plus facilement dans un château que dans un musée.


À vos yeux, qu’est-ce qui fonctionne, ou pas, dans l’animation d’un château ?


Philippe Bélaval : Ce qui ne marche pas, c’est ce qui est plaqué, artificiel. Le public a alors une sensation de porte à faux et se détourne. Il faut toujours penser les animations en lien avec le lieu.


Nous avons levé le pied sur les grandes manifestations musicales et les concerts de prestige organisés depuis Paris. Un concert qui « descend » de Paris, sans être enraciné dans les structures locales, les festivals, les écoles de musique, cela ne marche pas, car les châteaux ne sont pas des salles de concert comme les autres. Nous avons réorienté notre politique musicale en faisant moins de programmation nationale et plus d’accueil de festivals locaux.


Enfin, pour donner un exemple d’animation réussie, j’évoquerais volontiers notre programmation « Monuments en mouvement » qui fait entrer la danse dans les châteaux. Le dialogue entre l’immobilité du monument et le mouvement de la danse est une réussite. Mais l’important est toujours de coller le plus possible à l’identité du monument.


Quels sont les défis actuels de l’animation des châteaux ?


Philippe Bélaval : L’objet château est aujourd’hui attirant car il est connecté à un certain nombre de thèmes ou de références qui sont extrêmement mobilisateurs : la féerie, les contes d’autrefois, la dimension imaginaire, la vie de château, le goût pour les princesses et les chevaliers que tous les enfants partagent…


Plus que le patrimoine religieux, qui nécessite des connaissances historiques et du culte, le château est immédiatement accessible. Le défi ne me semble pas lié à l’afflux de visiteurs. Les châteaux ont généralement été conçus comme des lieux de vie faits pour recevoir beaucoup de monde.


Si j’élargis le propos, ce qui m’inquiète en revanche, et me semble être le défi des années qui viennent, ce sont la sauvegarde et la transmission des châteaux. En France, beaucoup de châteaux sont portés par des familles et sont désormais menacés à chaque génération. Il devient de plus en plus rare et difficile que des familles entières puissent s’y investir.


Il m’arrive fréquemment d’être sollicité par des propriétaires privés qui cherchent de l’aide et des conseils. Ce sont des demandes auxquelles le Centre des monuments historiques doit se préparer à répondre encore davantage. Pour moi, il y a là un grand enjeu de patrimoine.


RECUEILLI PAR ÉLODIE MAUROT

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La contribution du numérique à la transformation des musées et de la muséologie

La contribution du numérique à la transformation des musées et de la muséologie | Musées et muséologie | Scoop.it

La montée en puissance des technologies numériques au musée est en train de bouleverser le musée en profondeur, à tous les niveaux (matériels, humains, organisationnels, culturels, etc.). Le numérique offre des possibilités répondant à des enjeux réels et imaginaires. Ses promesses en termes de connaissances des publics et de médiation laisseraient notamment à penser que le dialogue entre les musées et ses publics est devenu enfin possible, modifiant du même coup l'image élitiste de cette institution.


L'ambition de cette contribution est d'apporter un point de vue synthétique, sur la question de l'impact du numérique sur les musées et la muséologie.


Ainsi :

1. les promesses actuelles du numérique en termes de médiation accompagnent les changements attendus de l'institution. Mais sur quels paradigmes sont fondées ces promesses ? En quoi l'irruption du numérique change-t-elle en profondeur ou non le musée ?

2. si le développement de la connaissance des publics au travers des sciences humaines et sociales a donné naissance au « visiteur », contribuant au tournant communicationnel des musées, quel est le tournant annoncé par l'utilisation du numérique dans la connaissance de l'expérience de visite ? Quelle figure du visiteur et de son expérience sommes-nous en train de faire émerger ? La massification des données permet-elle véritablement une meilleure connaissance ?

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Un musée de science… à quoi ça sert ?

Un musée de science… à quoi ça sert ? | Musées et muséologie | Scoop.it
La médiation scientifique peut-elle contribuer à la promotion de la paix ? Telle a été la question posée le groupe Traces, en collaboration avec l’association Graines de paix lors d’une journée dédiée au thème de la science médiatrice de paix, en préambule à la Journée mondiale de la science au service de la paix qui se célèbre le 10 novembre.

En quoi la question de la paix est-elle légitime dans un musée de science ?

Des musées particuliers

« Les musées sont des institutions permanentes, sans but lucratif, au service de la société et de son développement, ouvertes au public ; ils acquièrent, conservent, étudient, diffusent et exposent à des fins de recherche, d’éducation et de plaisir, les témoignages matériels et immatériels des peuples et de leur environnement ».

Ainsi le Conseil International des Musées (ICOM) définit-il depuis 2007 la nature et le rôle des musées.

Appliquons cette définition aux institutions muséales particulières que sont les musées de science, dont les principaux sont les muséums d’histoire naturelle (MHN) et les jardins botaniques, les musées archéologiques, anthropologiques et ethnographiques, les musées d’histoire des sciences et des techniques et, depuis les années 80, les centres de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI) : présentent-ils toujours l’ensemble des caractéristiques déclinées dans cette définition et, réciproquement, ces dernières sont-elles suffisantes pour définir intégralement leurs missions contemporaines ?

Si les musées de science détenteurs d’un patrimoine (tels les muséums et l’ensemble des institutions dépositaires de collections d’objets naturels ou techniques) s’accordent relativement bien avec cette définition, les missions de la grande majorité des autres centres de science (au nombre desquels on compte tout de même la Cité des sciences et de l’Industrie) ne sont certes pas spécialement orientées vers la conservation et l’étude de collections. Ne serait-ce que parce qu’ils ne s’adossent que très rarement à des laboratoires de recherche, à l’inverse des muséums. Dès lors, puisque l’usage tend pourtant à confirmer leur statut de musées, que doit-on attendre de ces acteurs, récents mais non moins majeurs, de la culture scientifique et technique ? Cela nous amène-t-il en retour à reconsidérer les rôles des musées en général ?

Le rôle sociétal des musées de science

Non seulement la définition de l’ICOM ne reflète pas les activités d’une grande partie des musées et centres de science actuels, mais il apparaît en outre qu’aujourd’hui, et probablement encore davantage demain, ces institutions ne devraient probablement pas se limiter à ces quelques missions historiques. En passant sous silence la manière dont ces « témoignages matériels et immatériels » doivent être « diffusés » et « exposés », en réduisant de manière vague les finalités des musées à la recherche, à l’éducation et au plaisir, cette conception contourne en effet la question fondamentale de leur rôle sociétal spécifique, dont découle la manière dont ils peuvent répondre aux attentes et aux besoins de leurs publics.

Comment en effet exposer à des fins d’éducation ou d’information sans interférer avec les rôles respectifs de l’école et des médias, et donc sans collaborer avec eux ? Comment divertir sans réduire son identité à celle des parcs d’attractions ? Que les musées soient « au service de la société et de son développement » est une évidence ; mais cela nous oblige à nous demander de quoi cette société a besoin, et de quel type de développement. Or cette question, le monde de la culture scientifique se la pose depuis déjà de nombreuses années ; et s’il s’interroge aujourd’hui sur son rôle dans la promotion de la paix et la prévention de la radicalisation, c’est parce qu’il continue à se la poser.

Un peu d’histoire

Depuis la création des Muséums d’histoire naturelle à la fin du XVIIIe siècle, le rôle social de la culture scientifique et technique (CST) en général a beaucoup évolué : si cette culture particulière était initialement réservée à quelques élites, la révolution industrielle a soudain rendue nécessaire l’éducation de la classe ouvrière dans un mouvement aussi bénéfique que paternaliste. Si, à la création du Palais de la Découverte à la fin du XIXe siècle, il s’agissait d’accompagner la création du CNRS par le développement d’un « esprit scientifique » dans la population, les horreurs de la Seconde Guerre mondiale ont également nécessité un véritable effort de réhabilitation de la part de la communauté scientifique, avant que l’industrie ne fasse à nouveau part de son côté d’un besoin accru d’ingénieurs et de techniciens.

Autant de tâches confiées à la « vulgarisation scientifique », prise entre deux feux dès les années 80 : la nécessité de promouvoir la science et les carrières scientifiques d’une part, et le besoin de répondre aux préoccupations de la société civile à l’égard des applications de la science d’autre part.

Naissance de la médiation scientifique

La « médiation scientifique », née sur le terreau des controverses sociotechniques, s’est ainsi rapprochée de deux mondes associatifs : celui de l’éducation populaire d’une part, et celui de la protection de la nature et de l’éducation relative à l’environnement d’autre part.

Dans les années 2000, elle s’est intéressée à « l’empowerment » des populations « éloignées de la science » et à la lutte contre l’autocensure vis-à-vis des études scientifiques, notamment pour les jeunes filles. Plus récemment, avec notamment l’apparition du mouvement des fablabs, on lui a demandé de promouvoir la créativité et l’innovation à des fins de vivification du tissu économique. Aujourd’hui, dans un perpétuel souci de réflexivité, la CST doit rester ouverte à toute nouvelle problématique sociétale dans laquelle elle pourrait avoir un rôle à jouer, que ce soit par le biais des connaissances produites par la recherche, de la promotion de la démarche scientifique ou des outils de dialogue développés par la médiation scientifique : menace populiste, théories du complot, radicalisation et résurgence du terrorisme international sur le sol français font très certainement partie de ces problématiques.

Redéfinir le rôle des musées

Pour revenir à la définition de l’ICOM, nous ne pensons pas que les musées en général, et les musées de science en particulier, quels qu’ils soient, devraient limiter leurs actions à des objectifs d’éducation et de plaisir ; et pas davantage à des fins d’information. Si cela a pu être le cas par le passé, aux origines de la « science pour tous », les enjeux auxquels la société et l’humanité sont confrontées aujourd’hui nécessitent le déploiement d’un autre type d’arsenal, orienté vers des buts autrement plus ambitieux.

À quels besoins de la société, à quels types de « développement » les musées de science devraient-ils donc, et surtout sont-ils en mesure de répondre ? Dans la perspective de définir une vision d’avenir pour la culture scientifique et technique, il nous semble opportun de commencer par réfléchir à cette question.

Aux définitions traditionnelles des musées, et dans la ligne des préconisations de la déclaration de Toronto des musées et centres de science (2008), il faudra alors sans doute ajouter tout un ensemble de notions telles que la mise en perspective des savoirs, la mise en scène du processus de découverte, la discussion de la notion de « vérité » (d’où qu’elle vienne), la vision systémique et la pensée complexe, la réflexion critique, la confrontation des points de vue, la construction de l’opinion, le respect des valeurs et des croyances face aux connaissances scientifiques, la responsabilité citoyenne, l’empowerment sociotechnique, le renforcement du lien social et intergénérationnel… C’est d’ailleurs bien ce qui rend si exaltant l’avenir des musées lorsqu’ils traitent de la Science, de la Technique et de la Nature.
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Une restauration visible, qu’est-ce que c’est ?

Une restauration visible, qu’est-ce que c’est ? | Musées et muséologie | Scoop.it

Le mois dernier, Mes Sorties Culture a eu la chance de rencontrer Caroline Chenu, en charge de la régie des oeuvres au Louvre Lens – des œuvres prêtées par le Louvre, où elle a travaillé plusieurs années – et qui changent chaque année, selon une folle valse. En effet, pas moins de 200 œuvres sont « remplacées » tous les 12 mois, prêtes à en découdre avec le public dans l’immense Galerie du Temps.


Au printemps 2016, et jusqu’à la fin de lété dernier, le Louvre Lens présentait une exposition consacrée au « Rubens » français, le peintre du Roi-Soleil : Charles le Brun. Dans le cadre de cet événement, Caroline a activement participé à l’organisation et à la coordination d’une « restauration visible », c’est-à-dire à la mise en place des conditions idéales pour qu’un tableau soit restauré par des professionnels en présence du public, qui a alors la chance d’observer le restaurateur au travail, de le questionner, et de comprendre en quoi consiste précisément ce mélange de minutie et de patience, d’adresse et de connaissances artistiques et scientifiques. Une rencontre que nous partageons avec vous!


Un chef d’œuvre de le Brun


Le tableau en question, c’est un « Christ au jardin des oliviers » en tondo de Charles le Brun (l’artiste en a réalisé plusieurs au cours de sa carrière), retrouvé à l’abbaye de la Trappe en Normandie en 2007. Grâce au récolement (l’inventaire des œuvres) on a pu retracer son cheminement : d’abord conservé puis oublié à Versailles au XVIIè siècle, il s’est retrouvé au Louvre au moment de sa création au XIXè siècle, puis a été entreposé à l’abbaye de la Trappe en 1820 : c’est là qu’il a été retrouvé, grâce à l’inventaire de Napoléon, qui en faisait mention.


Sans ce précieux inventaire, il aurait été compliqué de retrouver ou d’identifier la toile de 1659, tant elle était abîmée. « Elle était opaque et son châssis en piteux état », nous dit Caroline. Avant de démarrer la restauration, il fallait l’identifier formellement. Pour cela, les experts du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) utilisent la radiographie et les infrarouges. Ils parviennent ainsi à voir ce qui reste invisible à l’œil nu, d’autant que la toile était totalement encrassée par 200 ans d’oubli. « Il s’agit dans ce cas d’une restauration fondamentale et non d’un simple décrassage. Le tableau était noir, la toile et le châssis présentaient un état de grande fragilité », ajoute la régisseuse du musée. Un châssis qui, d’ailleurs, n’était pas d’origine, puisque les experts, comme dans une enquête policière, ont analysé les clous et en ont conclu qu’il datait du XVIIIè et non du XVIIè siècle…


Trois mois de restauration


Caroline parle de l’événement avec passion, et c’est compréhensible : imaginez comme il doit être exaltant de voir peu à peu apparaître les motifs, les formes, les couleurs d’un tableau peint au XVIIè siècle et que personne n’a vu depuis 200 ans ! « C’est une épiphanie », s’exclame-t-elle, admirative du travail de Quentin Larguillière, avant de poursuivre : « La restauration a des points communs avec la médecine ; dans le cas de ce tableau, il s’agissait de restauration curative. Dans d’autres cas, on fait du préventif, en prêtant attention aux conditions de température, d’hygrométrie, de manipulation, de lumière... ».


Sans ces précautions, les toiles risquent de se dégrader à vitesse grand V et de finir comme le « Christ » de le Brun, enfouies sous une épaisse couche de crasse. « Pour bien comprendre les enjeux de la restauration, il faut garder à l’esprit qu’une peinture est faite de 2 éléments distincts : le support (châssis, toile) et la couche picturale », qui peut superposer plusieurs repeints (c’est-à-dire que l’artiste revient sur sa peinture, la corrige, l’enrichit, etc). Une fois le châssis enlevé, tout commence par le nettoyage de l’envers de la toile : « un grand dépoussiérage, avec des cotons-tiges géants mais aussi des solvants ». Puis le châssis a été traité (le bois avait été attaqué, il y avait des traces d’une infestation ancienne) et renforcé par un châssis métallique. Au fil des jours, la toile qui se dévoilait s’est révélée de très belle facture – peut-être même plus belle que les deux autres « Christ au jardin de l’olivier » présentés dans l’exposition. Ces autres toiles ont d’ailleurs permis aux restaurateurs de restituer plus fidèlement le style de le Brun puisque par chance ils avaient les autres tableaux « sous la main ».


Les grands principes de la restauration


La restauration se fait selon 3 règles d’or :

- La lisibilité : on doit pouvoir distinguer ce qui est restauré de ce qui ne l’est pas, à 1 m de l’objet. « Pour le restaurateur il ne s’agit ni de faire mieux, ni d’imaginer, ni de compléter », dit Caroline.

- La compatibilité chimique des matériaux, dans la mesure du possible : « mais nous manquons souvent de recul pour les matériaux qui vont rester présents sur la toile, comme les produits de nettoyage, nuance la régisseuse

- Et enfin la réversibilité : « Quand on restaure une sculpture, il ne faut pas utiliser des colles trop fortes, pour permettre la réversibilité, mais en même temps s’assurer qu’elles sont performantes et que le résultat est net. Par exemple, en 1957, on a découvert que le bras du personnage central du groupe du Laocoon (sculpture en marbre de l’antiquité grecque) était en fait plié derrière sa tête et non tendu en diagonale. Il a donc été reconstruit et remplacé ».


Une discipline transversale


En résumé, la restauration d’une œuvre suppose des compétences en sciences humaines et en physique chimie, mais aussi une sensibilité artistique et une grande habileté et de l’ingéniosité. Les restaurateurs empruntent leur matériel à d’autres professions : des silicones de la NASA, des instruments de dentistes pour la sculpture, des lampes qui imitent la lumière naturelle et sont utilisées en chirurgie… Un métier magnifique et indispensable pour préserver le patrimoine artistique et sa puissance d’inspiration. Laissons le mot de la fin à Caroline : « Les restaurateurs sont des artistes, mais d’une humilité fondamentale ».


L’oeuvre sera bientôt visible au Département des peintures du Musée du Louvre;

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