Les vases communicants
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Les vases communicants
Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations.
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Fenêtres open space: Pour toujours, par Olivier Hodasava

Fenêtres open space: Pour toujours, par Olivier Hodasava | Les vases communicants | Scoop.it

Il dit : C’est marrant que tu habites un numéro impair. Moi, je n’ai jamais habité que des numéros pairs : 2, 2, 6bis, 86, 302, 52, 46… Je viens de m’en rendre compte en venant chez toi. Le plus étonnant, c’est que je n’y avais jamais pensé jusque-là.

Il dit : Évidemment, on n’a jamais fait le chemin ensemble alors, parfois, je me demande : quand tu viens chez moi est-ce que tu suis le même itinéraire que moi je suis ? je veux dire que moi je suivrais ? Par exemple, boulevard de la Villette sur quel trottoir avances-tu ?… Côté sud ? côté nord ?… Marches-tu sur le terre-plein central ?

Plus tard, il dit : Mais en fait, je ne sais même pas si ce territoire est tien, si tu t’y aventures, régulièrement ou non, je ne sais pas si tu descends de ta butte. En fait, je me rends compte que je ne sais presque rien de toi.

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ArchéoSF: Vases Communicants - novembre 2012 - ArchéoSF reçoit Danielle Masson

À mon grand-père qui avait un cerisier dans son jardin.
Depuis qu’il a disparu, je ne peux manger des cerises sans que les larmes ne me montent aux yeux.
Il me manque Pépé.

Je plonge dans mes souvenirs et me retrouve des années en arrière.

Tout d’un coup je pense que ce temps-là était un autre temps.

« C’est vrai, ce n’était qu’un rêve. » de vouloir courir de nouveau dans le jardin enchanté de mon enfance. Maintenant il y a du béton, il paraît.
Très ou trop longtemps que je n’ai pas foulé les artères de ma ville natale.

Je me souviens qu’il y avait des arbres, des arbres et encore des arbres.

Il était un peu poète Pépé, le jardinier aux mains vertes.

Un jour, il me dit, très sérieusement : « Mais puisque les arbres respirent, pourquoi ne riraient-ils pas » quand je lui avais demandé pourquoi les feuilles du saule pleureur frétillaient tant dans la brise d’été.

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Virginie Gautier dans le jardin sauvage d'ana nb

D'abord suivre le souffle / D'abord suivre le / Partir du / Son le souffle suit le son / Le souffle suit l'arc du / Son s'étire / Prend la place qu'il / S'arque respire le son souffle creux / L'arc respire / Creuse sa bouche souffle / Mon fff- mon fff- / Mon frère / Dire frère et respire / Garde le flux le fluté / Le fluide n'arrête pas le / Frère et respire / Deux fois trois fois sans / Fin mon frère il éc- / Il écrit / Rit mon frère il écrit l'air entre / Inspire et entre et enfle / Enfle enfin / Enfin un fond d'air sur- / Git il écrit l'air surgit dans la bouche / Prend la place de / L'air emplit la chose dans la bouche / Pas la chose la po- / La ose dire la / Poésie mon frère / Une phrase à la fois une / Phrase et le souffle / Court la poésie et le souffle / Les deux à la fois / Sans fond sans / Fin et respire.

 

D'abord – d'abord – partir – son – le – son – prend – s'arque – l'arc – creuse – mon – mon – dire – garde – le – frère – deux – fin – il – rit – inspire – enfle – enfin – git – prend – l'air – pas – la – poésie – une - phrase – court – sans – fin.

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À l'aine des possibles: polymorphies du quotidien

Comme
l'idée précise

 

Le partage des voix

 

Il y a ce qu'impose le temps
dans sa mesure

 

Le plain-chant

 

Il faut tamiser son organisation

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gadins et bouts de ficelles: André Rougier. Les Confins. Invité de Gadins et bouts de ficelles pour les Vases communicants de novembre 2012

gadins et bouts de ficelles: André Rougier. Les Confins. Invité de Gadins et bouts de ficelles pour les Vases communicants de novembre 2012 | Les vases communicants | Scoop.it

(bien que conçu en grande partie avant sa disparition, je dédie ce texte à la mémoire et, surtout, à la présence de Maryse Hache, qui m’a réconcilié avec beaucoup de choses et, peut-être, – alors que je croyais que c’était fait depuis longtemps – avec une part presque oubliée de moi-même…)

 

Serré, mis de côté, tournant autour des cibles qui te dissimulent…

 

Ce n’est pas au secret de tenir ses promesses, mais aux captifs qui les monnayent.

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Quelque(s) chose(s)

depuis le temps que je te cherche derrière, toi, de l'autre côté
alors que tu es là, toi et que déjà c'est plié, tout plié déjà
moi et le reste, et les restes, et tu es là, toi, entre
et je ne cherche pas là, non, mais derrière, alors que derrière non
tu n'es pas derrière, toi, non, tu es là, toi, juste là, à portée de mots

 

à bout touchant, là entre, entre l’œil et le verbe voir, juste entre
là, sous mes yeux et leur manie de te
regarder te
chercher te
vouloir, toi, derrière, de te chercher loin
un peu plus loin chaque fois, plus loin, alors que non

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paumée: Brigetoun

paumée: Brigetoun | Les vases communicants | Scoop.it

Un vase pour rendez-vous. Elle hésite, elle s’excuse d’accepter, elle doute de sa capacité à être à la hauteur, elle anticipe un hypothétique déséquilibre, comme ces cadeaux échangés en présageant que le donné sera moins bien que le reçu, que l’autre lui en tiendrait rigueur, comme si ce n’était pas simplement l’intention qui comptait. Il ne lui est même pas venu à l’esprit que le plus impressionné de nous deux, ce pouvait être moi.

Une petite cour, de hauts murs abritant du soleil, une confidence au cœur de la Cité des Papes, et le ciel d’un bleu diapason, le bruit des cigales, le lézard qui se faufile entre les pots de fleurs ébréchés au moindre crissement des graviers sous un pas. Les plantes jaunissantes assommées de soleil qui n’ont plus la force de demander de l’eau, et au milieu d’elles, Brigetoun.

Les instantanés pris depuis une webcam, dans la pénombre de sa maisonnée, à la lumière blafarde de l’écran, lui font injures. Des clichés qui lui gomment les rides mais lui creusent les traits, transforment les orbites en cratères, accentuent la fatigue qui s’est gravée à même le corps décennie après décennie. Un corps qui a souffert, tourmenté par l’histoire tout autant que l’esprit, et qui chaque matin souffre encore d’être dompté de nouveau. Des os tenus par des filets de chair qui gémissent sans cesse devant la volonté de sa maîtresse. Elle qui gagne à chaque fois, pour avouer avec pudeur que c’est pourtant de plus en plus difficile, mais qui ne s’économise pas.

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séances vague | Joseph Paris

séances vague | Joseph Paris | Les vases communicants | Scoop.it

jʼinvoque les séances vague
ment quand je dis
quand je marche lentement dans le vague
à bond les yeux dans à l'ame

 

cʼest quʼà cette heure la nuit va tomguer
Paris effacé flouté vidé et divagué
cʼest que les infinies promenades de la journée mʼont fatigué
jusquʼà ne plus rien voir rien noter vaciller zig zaguer

 

le vide sʼinstalle le charme la beauté la vagghezza
et voilà que Paris nʼest plus au point oui flou
et indistinct myope va savoir (sans compter les reflouts)
de la rue le contour inexa

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Rivière…Ô Ma Rivière (Vase communicant avec Robert-Henri Duru)

Rivière…Ô Ma Rivière

 

Toi qui perçois au cœur bruissant de ma forêt :

Une Muse tranquille un doux fleuve discret ;

Entends les Elfes blancs te conter la légende,

Qui enchâsse des perles dans des méandres.

 

.

 

Belle tu contournes monts et bois par les vals,

Tandis qu’hier encor les sabots d’un cheval,

Emportaient quatre fils aux confins des Ardennes,

Frôlant les cheveux verts des Dames coralliennes.

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vases communicants (10), Franck Queyraud

vases communicants (10), Franck Queyraud | Les vases communicants | Scoop.it

Soudain elle comprenait pourquoi on devient méchant. Elle avait attendu. Patiente. Elle l’avait attendue en vain. Compréhensive. Pour rien. Elle se disait que l’on ne connaissait pas les personnes avec qui on vivait. Ou si peu. Des tranches de vie découpées… et la peau, dure qui résistait. Ne distinguait que la face émergente de l’iceberg. Des sentiments, elle avait cru à leurs constantes présences. Se rendait compte aujourd’hui de l’étendue de son imaginaire. Souriait. Voulait désormais du réel, du vrai, du concret. Une peau, une bouche, un corps… la peau, douce. Elle avait été dans une bulle, une cage, une serre, c’était sa vie, même pas rêvée. Et elle s’y sentait bien. Ne voulait pas finir Titanic. Et ce mal de ventre horrible qui ne la quittait plus. Comme si on lui arrachait viscères. Comme quand elle avait seize ans. Qui était-elle ? Elle devenait méchante ? Et fuir pour se préserver. Ne pas affronter la réalité. Sa trop grande douceur était un handicap. Elle ne pensait qu’éducation et culture. Et pensait, parfois, être la seule à croire encore un peu à ces vieilles antiennes. Elle l’avait vraiment attendue. Elle était exempte de foi. Enfin, c’est ce qu’elle croyait mais elle n’en était pas vraiment sûre. Que connaissait-elle de la foi ? Dans sa nuit blanche, était-elle, elle, Estelle, pour la première fois ? Elle avait son destin en main. N’était plus dans l’attente. Elle regardait tout d’un œil nouveau.

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du lierre [Jean-Pierre Boureux] – vases communicants # oct 2012

du lierre [Jean-Pierre Boureux] – vases communicants # oct 2012 | Les vases communicants | Scoop.it

Vous croyez le connaître tant il est répandu. Et s’il recelait bien des surprises non directement visibles pour le passant pressé ? Certes voici des lustres qu’en décor il règne en maître sur les tables des fêtes familiales, les draps de tenture, les têtes juvéniles couronnées, les cartes de vœux…. Même des bambins de quelques mois l’ont reçu naguère autour du cou en collier de verdure afin de favoriser l’émergence de la dentition sans ses désagréments ordinaires.

 

Accrocheur il sait faire du bruit autour de lui : en fin d’été ses fleurs chargées de sucs attirent des centaines d’hyménoptères bourdonnants et ronflants, un peu à la manière de la vigne vierge qui dirige son orchestre un peu plus tôt en saison. Qui se souvient encore des sifflements aigus de sa feuille délicatement dépouillée d’une pelure et contre laquelle les gamins de nos campagnes soufflaient transversalement pour nous surprendre ? Qui a encore à l’oreille le chuintement explosif de sa baie ronde et noire qu’enfant nous projetions vers avril au travers d’un tube d’un rameau de sureau évidé de sa moelle tout comme on procédait avec celle de la symphorine l’automne venu ? La grive et le merle s’en gavent à s’enivrer, roulent et sifflent, s’agitent en tous sens sous son épais feuillage glacé dans lequel ils accrochent leurs nids. L’écureuil et le lérot sont également ses hôtes.

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aux bords des mondes : Au bord des vies, Laure Morali

aux bords des mondes : Au bord des vies, Laure Morali | Les vases communicants | Scoop.it

Ton océan ce coquillage que tu portes
à l’oreille dans la transparence
des bateaux de papier
recolle à ta joue
une larme

 

dedans ta voix
limpide dessine des orbes
t’habille d’éraflures
soulève des pas

 

vers le silence tu nages
dans les mots que te souffle
la bouche des poissons

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La chute de l'Empire français - Vases communicants avec Dominique Hasselmann

La chute de l'Empire français - Vases communicants avec Dominique Hasselmann | Les vases communicants | Scoop.it

C’était une idée complètement folle, démesurée, irréaliste et, pour tout dire, qui ne tiendrait pas la route, même si elle pouvait paraître rectiligne comme une voie romaine. Les quelques privilégiés qui étaient au courant hochaient gravement la tête, d’un air entendu ; ceux qui ne connaissaient pas le projet en détail manifestaient leur scepticisme. La rumeur se propageait, comme transportée par un émissaire à cheval, de ville en ville et de pays en pays.

 

L’entreprise était gigantesque à tous points de vue : production (finances), scénario (découpage), casting (acteurs et figurants), repérages, décors (naturels et de studio), équipes techniques, matériels, planning. Se lancer ainsi dans un « remake » du fameux film d’Antony Mann, La Chute de l’Empire romain (1964), était-ce bien raisonnable en ces temps de crise ? Quelles seraient les chances de succès (et donc de rentabilité) d’une telle entreprise ? Qui mettrait un kopeck sur une telle production, même adaptée à nos temps modernes ?

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VG /blog écriture : ana nb

souffle ciel souffle jour souffle jour souffle ciel souffle jour souffle jour souffle souffle ciel souffle jour souffle jour souffle ciel souffle souffle jour souffle souffle souffle ciel souffle jour souffle souffle souffle souffle étire le ciel votre souffle étire le jour votre souffle étire le temps votre souffle étire le ciel votre souffle étire le jour votre souffle étire le son sous vos pas le feu - vous marchez dans la ville noire de Atareb - sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas le feu sous vos pas - vous êtes Daunik Lazro saxophoniste vous improvisez - vous êtes Abou Abdou syrien de la ville de Atareb

 

vous êtes Daunik Lazro saxophoniste vous n'avez pas de partition - sous votre souffle le son s'étire sous votre souffle la lumière s'étire sous votre souffle le jour s'étire sous votre souffle le son

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Jetons l'encre à Saint Maximin la Sainte Baume...: Les vases communicants (15), Jérôme FANDOR

Jetons l'encre à Saint Maximin la Sainte Baume...: Les vases communicants (15), Jérôme FANDOR | Les vases communicants | Scoop.it

A nous de la rendre intéressante ^^Grand-mère^^

----- Il FAUT que l'intérêt soit suscité amené accordé attendu reçu tenu et entretenu Jamais maudit ni interdit.

---Valoir, valoir, valoir. Valeur, valeur? Valeurs ! Va leur dire :

L'intérêt c'était la curiosité l'avantage l'originalité C'est désormais le bénéfice ---
--- Ca ne vous convient pas Y'a intérêt à ce que vous dégagiez de suite

£££ Pas de découvert ici. Ouste, du balai. Y'a intérêt à ce que ça rapporte. £££

¤¤¤¤ Partager ? Un intérêt peut-être Mais je garde la partie la plus importante. Que croyez-vous? Les intérêts ne se bousculent pas.
Partez, partez ! Participer? Non participation Et ne restez pas ¤¤¤

Celui qui reste retourne dans la maison de Grand-mère

Grand-mère thésaurisait Terrorisait Terrifiait. Terrorifiante Grand-Mère Fiente Elle se baissait pour ramasser des sous égarés par d'autres Il n'y a qu'à se baisser Baisser pour non cela serait trop facile Il faut végéter nous disent-ils Fructifier hurlent les autres Oui oui oui fruits Fructivores soyons fructivores Fructifions

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TEXTE DE EUONIMUS BLUE - LES VASES COMMUNICANTS DE NOVEMBRE 2012

Un phare accroché sur le mur…
Un calendrier-futur, des ressacs, des profondeurs
Semble presque se noyer…

 

Sans envers, ni endroit,
Image vertige de vies tempêtes,
Sans boussole, ni compas
Navigation obsolète.

 

Un phare sans lumière aucune…
Projection de l’après, journée d’océan-tumulte,
Des lames sur les rochers…

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LES CONFINS

Enfant, elle avait un secret. Elle le dissimulait sous son pull. Il avait la forme d’un objet de torture. Un corset. En plâtre. Il la soutenait. Il la martyrisait. Il la protégeait. Son secret. Elle le pleurait la nuit. Elle ne pensait qu’à lui. Elle ne voyait rien d’autre. Son secret. Connu de tous. Son corps était au secret. Ceinture de chasteté peut-être. Empêcheur de voir ses seins. De les voir et de les voir pousser. Empêcheur de grandir. Son secret.

 

Tous les deux mois, elle change de peau. La roue tronçonneuse s’approche d’elle. Ses yeux s’écarquillent, pressentent la douleur. Elle les ferme, serre les poings. La roue stridule contre le plâtre, l’entame, le cisaille. Elle souffre par anticipation. Lorsque la roue atteint sa hanche, la douleurest fulgurante. Ses bleus, ils ont touché ses bleus. Quelques secondes, elle respire. La douleur passe. Elle en tremble. Peur. Quand c’est fini, son corps se relâche d’un coup. On lui prend le bras, on la pousse gentiment dans la cabine de douche. Elle finit de se déshabiller. Le tuyau de coton qu’elle glisse tous les jours sous le corset pendouille. Elle sent la fraîcheur de l’air sur sa peau. Etrange. Deux mois déjà. Elle enlève le coton. Irréalité de son corps. Chair de poule. Elle ôte sa culotte et se glisse sous la douche. Laver deux mois de peaux mortes. Frotter longtemps. Enlever l’odeur. Les bouts de peau. Cinq minutes. Elle n’a que cinq minutes. Vite. Avoir du temps après. Pour se regarder. Elle frotte. Elle tremble. Elle pleure. Cinq minutes. Deux mois. Elle se sèche. Remet sa culotte. Regarde ses petits seins rabougris. Ses côtes saillantes. Sa poitrine atrophiée par le corset. Gwynplaine. Le sourire en moins. Son secret. A elle. Son corps. Elle remet le tuyau de coton. Elle sort de la cabine, s’avance, indécise.

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# Mathilde Roux - fibrillations

# Mathilde Roux - fibrillations | Les vases communicants | Scoop.it
Tu es sur le pont de ton corps.

 

Ohé.

 

Tu es sur le pont de ton corps hier un peu vacillant à cause de la tempête nouvelle ou de celle revenue aujourd’hui tous regards dehors tous regards au loin à cause de l’éclaircie.

 

Tu es sur le pont de ton corps, tu crois qu’il te porte mais c’est toi, mais oui tiens il serait quoi
ton corps sans toi ?

 

Tu es sur le pont de ton toi, tu fais corps, tu fais corps tu franchis relies traverses tu construis
tu jettes tu roules suspends tu flottes tu tournes prolonges tu gardes, tu fais corps avec le présent,
tu traces un arc.

 

En avant.

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Lecture des #vasescommunicants d'octobre 2012 proposée par @brigetoun

Lecture des #vasescommunicants d'octobre 2012 proposée par @brigetoun | Les vases communicants | Scoop.it

En ce jour, Brigetoun ne fait rien – ou pas grand chose – ou lit et essaye de comprendre, de saisir, ce qui s'est écrit, dessiné, sur les blogs participant aux vases communicants, quand n'a pas trop sommeil ou faim. Parce que l'habitude est telle, parce qu'il lui faut grande nécessité, ou grand dégoût, ou plaisir un peu moindre, pour en changer.


Alors comme ce n'était pas le cas, vaille que vaille, quelques mots sur ce qu'elle a vu, et bien entendu, trop tendue ou trop sotte, est sans doute passée à côté de sens, a goûté, oui, mais pas comme l'aurait dû – ceci dit la priorité devrait être de suivre le regroupement fait par Pierre Ménard sur http://www.scoop.it/t/les-vases-communicants

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Tentative de rencontre, par Brigetoun De l'autre côté du livre

Tentative de rencontre, par Brigetoun De l'autre côté du livre | Les vases communicants | Scoop.it

Paumée, petite vieille, est un peu intimidée – elle arrive, elle connaît mal.

Elle redit : suis petite vieille, suis paumée, j’arrive, je suis là – bon c’est fait, c’est un fait posé – alors, maintenant, elle regarde.

Elle est un peu intimidée (c’est vrai, ça elle ne l’a pas dit), elle trouve que c’est un bel et intelligent endroit.

Elle entre, elle découvre, ou le tente, le maître des lieux. Il s’appelle Christopher Selac, du moins ici. Ici et sur le/les livres.

Elle se dit : l’est jeune, plus que moi – a fait, plus que moi et vit en pays de pierres claires et de pentes d’ardoises bleues

Il raconte… Il y a écrire, vouloir écrire, vouloir raconter – et il y a eu la parution d’un premier livre, une histoire policière, avec une sacrée bonne-femme, L’Affaire des Jumeaux de Bourges…

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Claude Meunier / carnets / derniers poèmes de toute sorte

Claude Meunier / carnets / derniers poèmes de toute sorte | Les vases communicants | Scoop.it

INT.JOUR HOTEL CHERBOURG
ELLE
En regardant devant elle, le port, la ville, le béton, elle fut saisie d'un profond malaise.
D'un coup, le sentiment d'une totale lucidité sur les choses.
Pour la première fois elle voyait le paysage urbain dans tout ce qu'il figure de décadent.
Cet empilement écoeurant de constructions insignifiantes, de zones désolées-désolantes- en centre-villes artificiels.
Une étendue qui n'a ni début ni fin, un vide total, absolu, qui déverse au néant les humains qui y survivent.
Elle avait le sentiment du sol qui se dérobe sous ses pieds, d'un précipice dans lequel on tombe interminablement sans trouver le fond.
Jamais elle ne s'était sentie aussi dépossédée.
EXT.NUIT DEVANT HOTEL
LUI
En tournant le dos au vent, au monde, aux ambitions, il toucha une forme rare de légèreté.
Progressivement, la sensation montante d'être un petit bout du monde.
Pour la première fois il s'amusait du joyeux déséquilibre de toutes ses certitudes.
Cette hypothèse enjouée d'un effondrement soudain, d'une invitation vitale-vivante- à une minutieuse refondation.
Une euphorie qui surviendrait sans prévenir, une dissidence discrète, furtive, qui nous rendrait à notre bonheur simple.
Il avait l'impression de prendre de la hauteur, et au fond, d'avoir finalement trouvé sa place.
Pour toujours il sentait une infinie richesse l'envahir.

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La porte aux yeux verts par Christine Zottele (Vase communicant, Octobre 2012)

La porte aux yeux verts par Christine Zottele (Vase communicant, Octobre 2012) | Les vases communicants | Scoop.it

Ce serait l’idée, oui. Trouver le passage. Glisser entre Charybde et Scylla. Ne pas se faire presser par deux oranges, après avoir évité les trombes de café bouillant se déversant du gobelet géant. Embarqués sur notre frêle esquif, les océans ne nous ont pas broyés : entre force et faiblesse, il n’existe souvent que la volonté de ne pas l’exercer à tout prix. Ouah ! Redis-moi ça, Pénélope, pas sûr d’avoir compris. Je disais qu’il fallait savoir parfois se laisser porter par les flots et ne pas vouloir toujours mener la barque. D’ailleurs, Ulysse, c’est mon tour de passer devant. Noyés les stéréotypes dans les pleurs amers des anciennes inconsolées. Tout de même, t’en as fait du chemin depuis le linceul de Laërte. Mais les oranges opprimées trop longtemps nous pressent et il nous faut sortir d’ici. Qui sait faire de la voile sans vent ? Qui peut ramer sans rame ? Tu entends la chanson des sirènes de notre enfance.

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La compagnie du lierre, JW Chan [un promeneur]

La compagnie du lierre,  JW Chan [un promeneur] | Les vases communicants | Scoop.it

Que je l'aborde avec cette infinie patience dont il fait preuve, et avec cet amour, ou au moins ce même attachement qu'il montre pour son territoire, et ses commensaux humains, à tous nos bâtiments dévastés qu'il retient de s'abaisser encore. Lierre anagramme de relier, c'est que la plante parle de la gravité, du cheminement tortueux que désire la verticalité entre ses noeuds, ces enjambements ces retours, sacrifices et toute cette poussière d'encens qu'elle traîne.

 

Jamais ces feuilles ne meurent visiblement : elles s'absorbent, changent de nature, deviennent granulé, épices, quand elles figuraient hier encore le motif d'un carton à dessin : vertes tachetées de noir et vernies. Fantassins devenus fantômes en une saison.

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Les portes: Courants | Vases communicants, Isabelle Pariente-Butterlin

Les portes: Courants | Vases communicants, Isabelle Pariente-Butterlin | Les vases communicants | Scoop.it

Il y a l'immense de la mer et l'immense des mots. Ce sont les deux lieux du monde que je comprends. Je ne les comprends pas tant que j'aimerais. On ne les comprend pas, en fait. On peut les ressentir et les aimer.

 

*

 

Il y a le souffle des mots et le souffle de la mer.
On trouve à respirer dans les phrases, plus facilement qu'ailleurs. Il faut trouver le sens comme on cherche les courants. Il n'y a que le sens qui porte aussi bien que les courants. Aussi loin que les courants marins et les dérives dans le champ des possibles et dans les espaces marins. Respirer à contre-sens ou l'accompagner. Dans les phrases comme dans la mer. C'est aussi compliqué, aussi aléatoire, et parfois le souffle est coupé. Coupé par le vent. Entrecoupé de vagues. On passe sous l'écume.
Et parfois, aussi, cela arrive, sous les phrases de l'autre.

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Ce que traduire veut dire

Ce que traduire veut dire | Les vases communicants | Scoop.it

Il y a bien sûr cette vieille histoire du traduttore traditore, ce jeu de mot d’une évidence implacable, dévoilant le péché originel du traducteur désigné, quoi qu’il en ait, comme un traître.

 

Le rapprochement des deux mots en italien fait mouche par la ressemblance des formes et la formule à son tour mime le propos qu’elle soutient : que toute traduction est un miroir déformant, que le salut du traducteur est de se « neutraliser » autantque possible, tendu vers une impossible transparence.

 

En français, la traduction de l’italien devient « traducteur, traître » et ne présente plus le même avantage phonétique si percutant. On le préserverait mieux en associant cette fois « traduction » à « tradition ». C’est un fait que « traître » et « tradition » sont étymologiquement liés, même si cela n’apparaît pas très clairement en français. L’un et l’autre remontent au verbe latin tradere « transmettre, remettre ». Le traditor est celui qui transmet à l’ennemi (comparer en français avec « donneur » par rapport à « donner »). Mais en gommant la trahison l’aubaine d’une alliance de mot incisive s’est perdue.

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