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Le "On", les conférences du 8 au 13 juillet 2013
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La question du vote en 2013: "Du droit de vote à l’écharpe" - "Citoyen(ne) dans son club de rugby, de basket ou ailleurs" - "Voter en connaissance de cause"



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- L'édition 2013 des Reclusiennes

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- Le programme du "On", conférences et ateliers

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Conférence n°3 : Voter en connaissance de cause

Conférence n°3 : Voter en connaissance de cause | Le "On", les conférences du 8 au 13 juillet 2013 | Scoop.it

La conférence n°3, organisée avec la participation active de l'association Terre de Montaigne, abordera l’arrivée de nouvelles techniques dans des domaines aussi importants que l’alimentation, la procréation, la génétique, la santé  ou des technologies susceptible de révolutionner les conditions de vie  tels l’automobile, les technologies numériques mais aussi le nucléaire ou tout récemment la fracturation hydraulique.

 

Considérée historiquement en Occident comme un « progrès », l’adoption de ces technologies ayant pourtant un impact certain se fait le plus souvent sans débat au sens démocratique du terme. Nous nous demanderons ici, si science et démocratie peuvent faire bon ménage ?

 

La transformation des techniques agricoles par l'introduction d'organismes génétiquement modifiés (OGM) a provoqué une vive résistance en Europe. Le mouvement des faucheurs d'OGM, qui incarne les craintes d'une partie du monde agricole face aux « progrès » irréversibles de la biotechnologie, renoue quelque part avec le désespoir des briseurs de machines[1]. Car en effet, dans le contexte contemporain, la place du citoyen ou de la citoyenne est très complexe en ce qui concerne les orientations de société liées à la science.  D’une part ils sont largement exclus de choix qui s’imposent « naturellement »  y compris parfois à la puissance publique. En même temps, compte tenu de la complexité des thèmes,  les citoyens se sentent disqualifiés considérant qu’ils ne sont pas en mesure d’avoir un avis sur des objets de science.  De plus, un sondage récent a révélé que les Français étaient majoritairement hostiles à l'idée de voter par Internet ainsi qu'au développement de la banque en ligne[2]. Voter par Internet serait selon eux beaucoup moins sûr que d'aller déposer son bulletin dans des centres de vote. Bref, la vulgarisation de la pensée scientifique n’a pas amené plus de rationalité dans le comportement de nos contemporains. Une certaine défiance envers les experts deviendrait même chaque jour plus grande tout en constatant qu'il est aujourd'hui devenu impossible de se passer de son téléphone portable.

 

Dans ce contexte complexe, les questions qui se posent sont :

 

1) comment rendre l'accès à une information aussi objective que possible en matière scientifique ? ;

 

2) quel est le statut et quelles sont les responsabilités des "experts" ? ;

 

3) Comment organiser des débats citoyens ou des "conférences de consensus ? ;

 

4) comment peut on passer du débat à la décision ?

 

 

Mots-clefs : sciences citoyennes, informations, connaissances, experts, vote, débat public , conférence de consensus

 

[1]  Le luddisme (1811-1812) a opposé des artisans anglais de l'industrie du textile à leurs employeurs, qui voulaient mécaniser l'industrie de la laine et du coton pour gagner en productivité et économiser du travail. Les luddistes menèrent alors des opérations de bris de machines pendant deux ans environ.

[2]  « Les Français et le vote par Internet », sondage BVA réalisé les 27 et 28 octobre 2011.

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les Ateliers, salle Broca

- « Femme en milieu rural», avec Maison des femmes de Bordeaux et APAFED

 

- « Le vote », avec l’Université Populaire

 

- « Le vote électronique », avec le Parti Pirate

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Conférence n°2 – Citoyen(ne) dans la rue, dans son club de rugby, dans une association culturelle ou aux restaus du cœur ?

La conférence n°2 approfondira les thèmes de la participation et de l’engagement citoyen sous toutes ses formes.

 

Alors qu’au 19ème  siècle le droit d’association [1] et la liberté de réunion[2] n'étaient accordés aux citoyens que dans des cadres définis et surveillés par le législateur, aujourd’hui  la participation de chacun s’exprime autant sur les réseaux sociaux et dans les associations que dans la rue.

 

Désobéissance civile, mobilisations citoyennes,  cyber pétitions, blogs,  manifestations, commentaire sur la presse numérique, internet,   l’engagement du citoyen est parfois déterminant dans la vie de la cité ou de la nation. L’investissement associatif prend régulièrement une forme d’action politique en dehors des partis. Cette expression d’un engagement citoyen, donc profondément politique, se fait de plus en plus en dehors des circuits proprement politiques, tels les partis, ce qui produit une condition nouvelle du rapport entre individu et société, entre citoyen et cité.

 

Par ailleurs choix budgétaires, élaboration des projets, prise de décisions : les citoyens veulent être davantage impliqués dans la gestion de la cité. Bon gré mal gré, les pouvoirs publics font place à cette revendication qui apparaît comme une tendance de fond. Ce nouvel "impératif participatif" suscite de nombreuses questions. La participation des citoyens accroît-elle réellement la légitimité et l'efficacité des programmes. La démocratie représentative s'en trouve-t-elle contestée, ou bien modernisée et revivifiée ?

 

Nous nous interrogerons sur ce déport de l’action et de l’engagement citoyen vers le local et dans des communautés restreintes.

-      Ces lieux de mobilisation suffisent-ils à agir sur un environnement complexe ou ne sont-ils que des aménagements efficaces d’un quotidien  individualisé ? 

-      N’est-il pas question de l’opposition entre sphère publique (État) et sphère privée (société civile) dans les termes de Gramsci ? [3]. 

 

Il convient d’élargir le périmètre des réflexions au-delà du système représentatif et de se poser la question de la pertinence des modes électoraux pratiqués en France depuis le milieu du 20ème siècle.

-      L’abstention du 21ème siècle reflète-t-elle une perte du lien qui relie le citoyen au fonctionnement de son système politique semblable au « Voter c’est Abdiquer » asséné par Elisée Reclus en 1885 ou est-ce  au contraire le signe d’un report de l’engagement citoyen vers d’autres formes d’action et partant d’une nécessaire mutation du système ?

-      Comment l’engagement citoyen peut il se manifester en dehors du vote ?

-      La démocratie peut elle s’envisager sans participation citoyenne ?

 

Mots-clés : démocratie participative ; e-democratie ; action sur le local ; micro-mobilisation ; auto-gestion, partis politiques, citoyen et démocratie , engagement

 

[1] La liberté d’association supprimée par le code pénal napoléonien en 1810 sera rétablie progressivement jusqu’à la loi du 1er juillet 1901 qui reconnait le contrat d’association.

[2] La liberté de réunion a été supprimée en 1794 par les Thermidoriens et sera rétablie définitivement en 1907

[3] Antony Todorov, « Y a-t-il démocratie sans participation ? », SociologieS [En ligne], Dossiers, L'engagement citoyen en Europe centrale et orientale, mis en ligne le 05 novembre 2009, consulté le 29 janvier 2013. URL : http://sociologies.revues.org/3009

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Reclus et le vote

Reclus et le vote[1]

 

Le suffrage universel est considéré à juste titre comme un acquis révolutionnaire. Pourtant Elisée Reclus, avec le  célèbre « Je vote, j’abdique »,  a souhaité éclairer ses contemporains des risques de dysfonctionnement de l’idéal démocratique par le système du vote et de la représentation électorale. Né à Sainte-Foy-la-Grande en 1830, Elisée Reclus, l’auteur de la Géographie universelle et de L’homme et la Terre, y a fait ses humanités et y a rencontré sa première épouse. Son empreinte y est demeurée très forte. En effet, bien qu’ayant de bonne heure renoncé à suivre la voie tracée par son père le pasteur Reclus - un premier signe de sa soif revendiquée du libre exercice de la pensée -, Elisée n’a jamais complètement rompu avec l’esprit du protestantisme qui imprègne la cité foyenne. Du reste, son personnage demeure une référence identitaire incontestable - le lycée général a adopté son patronyme - dans la mesure où il incarne les vertus qui réalisent une synthèse entre idéal libertaire et puritanisme hérité : désintéressement, sens du devoir, engagement au service du plus grand nombre, ouverture au monde et résistance face à l’oppresseur auquel il oppose sa force de conviction, une posture huguenote[2].

 

Dans le domaine politique stricto sensu, Elisée Reclus a pris une part active aux luttes anarchistes et révolutionnaires, ce qui a obéré sa carrière institutionnelle de géographe et entraîné son bannissement. Alors que la Troisième République se construit sur la pratique du suffrage universel masculin dans les années 1870-1880, Elisée Reclus voit le bulletin de vote comme le symbole même de la démocratie parlementaire : « Voter, c’est abdiquer […]. Voter, c’est être dupe […]. Voter, c’est évoquer la trahison. ». Parce qu’en réalité, Reclus rejette en bloc le système représentatif qui pervertirait le pouvoir du peuple, tout en exprimant sa totale défiance vis-à-vis des élites politiques seules détentrices du pouvoir confisqué aux citoyens. « Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d’autres défendez les vous-mêmes. » S’il accepte la procédure de la votation, c’est pour faire prévaloir des options idéologiques ou une ligne politique lors de congrès comme au sein de l'Association internationale des Travailleurs ou, plus tard, de la Fédération jurassienne, Partisan de la radicalité en politique - action violente et illégale - Reclus demeure avec passion un adepte de la démocratie directe.  A la lumière de recherches contemporaines effectuées sur sa pensée il sera question d’aborder en quoi elle est peut nous permettre de mieux éclairer les systèmes de participation contemporains.

 

Pour la première édition des Reclusiennes, la Question du Vote s'est naturellement imposée en 2013 avec trois conférences: 

- Du droit de vote à l’écharpe, 

- Citoyen(ne) dans son club de rugby, dans une association culturelle ou aux restaus du coeur ?

- Voter en connaissance de cause.


[1]  Toutes les références de cette partie sont tirées des Actes des Rencontres Elisée Reclus (1998) organisées par la ville de Sainte-Foy-la-Grande et les Amis de Sainte-Foy et sa région, Cahier des Amis de Sainte-Foy, numéro spécial N°1, 1999, 69 p, en particulier Jean Suret-canale, "Elisée Reclus", p. 3, Roger Gonot, "Elisée Reclus: du protestantisme à l'anarchisme", p. 9 à 16, Henriette Chardak, "Bontés et refus chez Reclus", p. 37 à 50.

[2]  Jacques Puyaubert, « A la recherche de l'identité protestante de Sainte-Foy-la-Grande et sa région », Les appartenances religieuses. Confessions, sensibilités et particularismes religieux dans l'histoire du Sud-Ouest, Actes du LXIIe congrès de la FHSO, FHSO, Bordeaux, 2012, sous la direction de Nicolas Champ et Eric Suire, p. 47 à 62.

 

 

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L'appel à communication

APPEL A COMMUNICATION - Les Reclusiennes 2013

 

La question du vote en 2013 :

- Du droit de vote à l’écharpe 

- Citoyen(ne) dans son club de rugby, dans une association culturelle ou aux restaus du coeur ?

- Voter en connaissance de cause

 

C’est à une réflexion sur la question du vote dans nos sociétés contemporaines que nous invitions les chercheur(e)s qui seront présents à ce colloque.

 

A mi chemin entre la réflexion scientifique et la recherche action. Chaque conférence sera suivie d’une table-ronde invitant les chercheur(e)s à débattre avec des hommes ou des femmes politiques, des représentant(e)s d’associations et des participant(e)s afin d’inclure une dimension éducation populaire à l’évènement.

 

Ces interrogations seront également portées dans les rues de la bastide de Sainte Foy la Grande à travers un « off » composé d’une consultation de la population par votation, d’improvisations théâtrales, d'ateliers d’écriture, de graphisme et de musique.

 

Les réponses à cet appel à communication sont attendues pour le 15 mars 2013 à l'adresse conf@lesreclusiennes.fr

 

FORMATS ET CALENDRIER

 

Cet appel à communication s’adresse à la communauté scientifique française et internationale, et par extension, à l’ensemble des acteurs qui réfléchissent à la problématique du vote et de la citoyenneté, chercheurs et doctorants, élus, responsables associatifs et citoyens. Il sollicite des travaux de recherche, achevés ou en cours, ainsi que des relations critiques d’expériences de projet et de terrain, sous forme d’articles.

 

Les articles retenus (20 000 signes) seront publiés dans une communication de synthèse du colloque, et feront l’objet d’une communication de 18 mn lors de l’une des différentes sessions des Reclusiennes des 11, 12 et 13 juillet 2013 en fonction du thème abordé.

 

15/03/2013 - Les propositions seront formulées sous la forme d’un texte de 1500 signes précisant le titre de la proposition, le nom et l’appartenance institutionnelle de l’(ou des) auteur(s) et le format de la communication. Ce texte sera accompagné de références bibliographiques (5 maximum) et d’une biographie synthétique de l’(ou des) auteur(s) de 400 signes.

 

Il sera transmis pour le 15 mars 2013 sous forme de pdf à l’adresse suivante: conf@lesreclusiennes.fr

 

1/04/2013 - Le comité scientifique donnera sa réponse le 28 mai 2013 au plus tard.

 

1/06/2013 - Envoi par leurs auteurs des textes complets des communications.

 

11-12-13/07/2013 – Présentation en conférence des Reclusiennes à Sainte Foy la Grande.

 

Projet de publication en cours de réflexion.

 

Coordination du comité scientifique :

Mme Chantal Crenn  chantal.crenn@gmail.com  Tel. 06 84 50 54 80

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Le Comité scientifique des reclusiennes

Coordination du comité scientifique :

Mme Chantal Crenn  chantal.crenn@gmail.com  Tel. 06 84 50 54 80

 

Membres :

-      Marc Abélès Anthropologue, Directeur de recherche Cnrs/EHESS (Paris)

-      Jean Audouze, astrophysicien, directeur de recherche émérite au CNRS, Président de la Commission Nationale Française pour l'UNESCO, Président de "Terre de Montaigne".

-      Marie-Christine Boutheau, Diplômée IEP Bordeaux, Cadre territoriale, Spécialisée dans le développement Durable, adjointe au Maire de Cenon.

-      Franck Cormerais, MCF en Information et Communication Université de Bordeaux Michel de Montaigne et chercheur à MICA laboratoire de recherche en Information, Communication et Art (EA 4426) de l’Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3

-      Chantal Crenn, Anthropologue, MCF Université Michel de Montaigne, IUT/ISIAT et chercheure au LAM Cnrs UMR 5115 IEP Bordeaux et UMI 3189 ESS Dakar, membre de Cœur de Bastide.

-      Philippe Pelletier : Docteur en géographie, enseignant à l'Université Lyon II et à Sciences politiques Lyon.

-      Jacques Puyaubert, Docteur en Histoire.

-      Jean-Luc Richelle, MCF en géographie, Université Michel de Montaigne IUT/ISIAT, Chercheur ADES (Aménagement, Développement, Santé et Sociétés), Unité mixte de recherche 5185.

-      Céline Thiriot, Maître de conférence en Science Politique, LAM (Les Afriques dans le monde) UMR Cnrs 5115/ IEP Bordeaux

-      Pascal Tozzi, MCF HDR en sciences politiques, Université Michel de Montaigne IUT, Chercheur (Aménagement, Développement, Santé et Sociétés), Unité mixte de recherche 5185.

-      Marc Sahraoui, socio-économiste, coordinateur des Reclusiennes, secrétaire de l'association Cœur de Bastide.

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Conférence n°1 – Du droit de vote à l’écharpe

La conférence n°1 approfondira les thèmes de la représentation et de la représentativité et leur corollaire, l’exclusion de différentes catégories de citoyens du système politique.

 

Même si le célèbre « Voter c’est abdiquer » doit se référer à une 3ème république de 1885 pour qui seul l’homme pouvait voter, une pratique qui ne connaissait pas encore l’isoloir, le secret et la liberté de vote, faut il s’interroger sur la capacité actuelle du système politique français à représenter la société dans ses différentes composantes.

 

Le député « moyen «  de la 5e République est en premier lieu un homme  de 52 ans (94% des élus de l’ensemble de la période sont des hommes)[1] né en France métropolitaine  dans 92 % des cas. Sa circonscription appartient une fois sur 2 à son département de naissance.

Les Français par acquisition et venus des ex-colonies sont donc peu représentés d’une part. D’autre part les enfants  de ces migrants sont quasiment absents alors qu’ils sont Français. Par ailleurs, les migrants hors CEE ne sont pas inclus dans le corps électoral malgré des engagements de longue date pour leur participation aux scrutins locaux.

Seules 13 % des  Maires  M.A.I.R.E.S sont des femmes[2]. La parité homme/femme en politique est loin d’être atteinte et l’histoire française du vote des femmes est singulière.

 

Alors que les employés et les ouvriers représentent plus de la moitié de la population active, seul 1% des députés proviennent de leurs rangs[3].  La représentation des ouvriers et employés n’a été plus significative que lors de 2 mandatures : 1936 et 1945.

De même, les députés issus du  secteur privé sont rares et  les générations de moins de 30 ans largement sous représentées.

 

Nous nous interrogeons sur la portée de que l’on peut qualifier de fracture politique[4] entre élus / non élus. A-t-elle une influence sur la nature des politiques menées, sur la désaffection relative des populations,  sur la montée des extrêmes ?

 

Mots-clés : droit de vote des étrangers et des handicapés ; droit de vote et genre, représentation des femmes, représentation des jeunes, des minorités visibles, des classes populaires dans le personnel politique ; représentativité organique, éducation politique, partis politiques, sélection  politique, démocratie représentative


[1]  Abel François et Emiliano GROSSMANN. 2011. La vie des idées.

[2]  Ndlr : la femme a plus de chances d’avoir une écharpe de Miss qu’une écharpe tricolore ou étoilée !

[3]  Observatoire des inégalités 2011, Louis Maurin : www.observationsociete.fr/observatoire-des-inégalités

[4]  Eric Keslassy, Une Assembleée nationale plus repré́sentative ? Sexe, âge, catégories socioprofessionnelles et pluralité visible, Les Notes de l’Institut Diderot, Automne 2012.www.institutdiderot.fr

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La question du vote

"Avoir le droit de voter était une marque de dignité, refuser de voter est une marque de lucidité". Avec son habituelle clarté de langage, Elisée RECLUS a perçu dès le XIX ème siècle la complexité du vote.

 

A la lumière de ces travaux c’est donc à une réflexion sur la question du vote dans nos sociétés contemporaines tant au Nord qu’au Sud que nous invitons les chercheur(e)s qui seront présents au colloque 2013 des Reclusiennes.

 

Les limites du vote dans les démocraties occidentales

 

Qu’en est-il en 2013 alors que pour certains scrutins  la participation électorale est en recul et que certaines classes de population sont mal, peu représentées ou exclues du vote ? Parmi les questions importantes, celles-ci : l'élection a-t-elle cessé de constituer la quintessence de l'activité politique ? La perte de crédibilité de la démocratie représentative implique-t-elle, comme tend à le penser Rosanvallon (2006)[1], une montée en puissance de la contre-démocratie ou l'exacerbation du micro-politique[2] (Foucault, 1975) qui lui ne se mesure pas à l'aune de la démocratie?

 

Au vu de l’actualité de cette question, il est apparu intéressant aux organisateurs d'explorer  "l'universalité" de cette pratique citoyenne qu'est le vote et d’inviter les géographes, les sociologues, les historiens, les politologues, les anthropologues, mais également les élus et les citoyens à nous apporter leur éclairage à partir de deux thèmes de départ qui sont ici proposés.

 

D’élection en élection on constate une abstention croissante  en France pour les élections européennes, nationales mais aussi locales[3]. Paradoxalement, l’attachement au bulletin de vote existe et lors de certains scrutins on enregistre des records de participation[4]

 

Nous nous interrogerons sur les raisons de ce désengagement politique apparent du citoyen abstentionniste et sur ce qu’il indique :  

La crise des Français par rapport à la sphère politique peut-elle expliquer à elle seule le phénomène de l’abstentionnisme électoral, ou celui-ci peut-il être causé par d’autres éléments, culturels et sociologiques ?  L’abstentionnisme est-il le reflet d’un désintérêt des Français face à  la politique/au politique ou peut-il expliquer autre chose ?

 

Par ailleurs et toujours en France, alors que certains s’abstiennent de voter,  toute une partie de la population étrangère venue des anciennes colonies et présente parfois depuis 30 ou 40 ans n’a toujours pas le droit de vote. Si certains d’entre eux ont acquis la nationalité française ils sont très peu présents dans les conseils municipaux et encore moins présents dans les instances nationales. Cette situation nous interroge sur la place accordée en France et ailleurs en Occident en termes de citoyenneté à ces migrants post-coloniaux et à leurs enfants :

Sont-ils confrontés à un refus d’accès à ces lieux du politique ?L’engagement politique des migrants se fait-il dans d’autres lieux ?

 

Dans une moindre mesure en France et de manière plus accentuée, en Espagne ou aux Etats Unis on a pu remarquer l'émergence de mouvements citoyens comme les Indignés, Occupy Wall Street ou les Indignados qui tentent d'exprimer d'une autre manière leurs opinions politiques. Ces mouvements nous renseignent sur les ressorts du politique qui s’expriment dans la quotidienneté de nos contemporains et en dehors des urnes et des partis.  

 

A l’opposé, dans les pays arabes en particulier, la question du droit de vote s'est également posée ces dernières années de manière cruciale et a provoqué en Occident au moment des élections dans ces pays,  de vives réactions lorsque les partis islamistes sont arrivés au pouvoir. Pourtant il s'agit là des premières élections démocratiques vécues dans ces pays. Il nous a semblé que, comme l’abstention ou l’engagement des Indignés, la récente possibilité de voter dans les pays arabes et la complexité des situations que cela a généré met en évidence la complexité de la question du vote dans nos sociétés contemporaines. Nous nous permettrons d'insister sur les formes de mobilisation via internet et les réseaux sociaux et en même temps sur leurs limites (cf. les travaux d’Héloise Nez sur les Indignés[5]).

 

Pour la première édition des Reclusiennes en 2013, la Question du Vote s'est naturellement imposée avec trois conférences: 

- Du droit de vote à l’écharpe, 

- Citoyen(ne) dans son club de rugby, dans une association culturelle ou aux restaus du coeur ?

- Voter en connaissance de cause.

 

[1]  Pierre Rosanvallon, La contre-démocratie. La politique à l’âge de la défiance, Seuil, Paris, 2006, 372 p.

[2]  Michel Foucault, Surveiller et Punir, Paris, Gallimard, 1975.

[3]  Pierre BRECHON, La France aux urnes, La documentation française, 2009. On constate une tendance linéaire d’abstention de 32 % à 55 % de 1958 à 2011 pour les cantonales ou de 25 % à 33 % pour les municipales et de 15 % à 20 % pour les présidentielles. Les taux sont encore plus forts pour les régionales ou les européennes

[4]  Abstention à 16 % pour les présidentielles à  2007.

[5]  Héloise Nez, « Délibérer au sein d’un mouvement social, Ethnographie des assemblées des Indignés à Madrid », Participations : ethnographie des participations, De Boeck éd, 2012/3 (N° 4), 248 p.

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