Ce que disent les performeurs d’Exhibit B | Le Quotidien du Théâtre | Scoop.it
Publié dans l'Humanité :
Jelle Saminnadin, comédienne

« Petite fille, j’étais la seule enfant noire dans mon école. Souvent obligée de me battre car on m’affublait d’insultes telles que “Négresse à plateau, Blanche-Neige, Boule de suie ou Noiraude”, je ne comprenais pas… j’avais juste une couleur différente. L’année dernière, au jardin des Tuileries, une femme m’a traitée de “macaque” et, l’autre jour, en venant au Théâtre Gérard-Philipe, une autre m’a regardée et a dit : “Toute cette racaille en France !..” Loin de moi la militante, je ne suis ni Angela Davis ni Miriam Makeba, qui étaient pour moi des femmes admirables, mais je suis fière d’incarner cette femme pour la deuxième fois, qui a pu être l’une de mes ancêtres, et de raviver sa mémoire. »

 

 

Guillaume Mivekannin, comédien

« L’inconscient collectif français ne prend pas en compte la volonté de l’État français de s’établir en empire colonial lors des siècles précédents et ses répercussions sur la société française actuelle. Je ne me sens pas de couleur, je suis autant noir que blanc et je ne souffre plus trop du racisme parce que je suis convaincu de ma légitimité. Malgré tout, je sens qu’il est urgent d’expliquer, d’enseigner, de tous nous éduquer sur cette période coloniale, sur ce désir de l’État français d’absorber tous ces pays, et sur les conséquences de ce désir des années après. Cela pour rendre leur légitimité à toutes les personnes françaises d’apparence différente, qui, à force de voir cette légitimité être niée, ont tendance à se replier en communautés. »

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Via Le spectateur de Belleville