La Niniche de Quiberon

Nous sommes presque au bout de la terre de France quand on déguste une Niniche de Quiberon. On connaît tous les fameux caramels au beurre salé ou bien encore les gâteaux que sait confectionner notre merveilleuse Bretagne. Cependant la petite ville va connaitre une histoire des plus gourmandes grâce à des parisiens.

Au sortir de la guerre, la France a besoin de se réchauffer le cœur. Abandonnant la capitale, un couple vient s’installer sur la presqu’île pour respirer le bon air marin breton. Ces époux s’appellent Raymond et Yvonne Audebert. En 1949, mari et femme confectionnent sur la plage de Quiberon et dans une cahute, des sucettes de caramel au beurre salé. Vacanciers, quiberonnais et autres bretons se ruent chaque soir sur la plage pour les déguster. Le couple Audebert renouvelle chaque année l’expérience et le succès ne se dément pas. Puis viennent des jours encore plus heureux, le couple achète un magasin et élabore différentes saveurs de Niniches, dont la composition est la base de beaucoup bonbons : de l’eau, du sucre et du glucose à laquelle il rajoute quelques essences. Cela va des plus classiques comme la fraise, le citron à la plus exotique des saveurs comme la banane, tutti frutti ou plus simplement la mûre. La friandise sait encore se faire apprécier des quiberonnais et des touristes.

La famille Audebert perpétue la tradition.

60 ans plus tard, la descendance de Raymond et Yvonne Audebert possède toujours la société. Une famille très fière de pourvoir confectionner les mêmes Niniches qu’avant. Un bonbon-bonheur comme aime le signaler Béatrice qui revient chaque année de son alsace natale pour retrouver le goût sucrée de son enfance estivale. L’enfant qu’elle était, adorait flâner sur les rochers des plages quiberonnaises. Ses parents et elle, finissaient toujours leur balade par une dégustation de Niniches originelles au caramel-coco ou au caramel-nougatine.
Aujourd’hui encore et chaque été, la boutique range ses Niniches dans de grandes étagères installées derrière son comptoir en formant ainsi un feu d’artifice sucré éblouissant les yeux des grands-parents, parents et enfants.

La Niniche, un gout nostalgique.

Une des qualités de ce bonbon est que malgré sa date de naissance connue, il n’a pas d’âge. Il reste toujours d’actualité. Pas à la mode, donc pas démodé. Et personne ne se prive de sucer, croquer une Niniche en bord de plage.
La société qui exploite la Niniche travaille beaucoup sur son passé, dans son design notamment. Sur les boites de bonbons, la petite marchande n’est autre qu’Yvonne Audebert. Bien sûr cela pourrait être compris comme un argument commercial, mais pour avoir visité et rencontré les actuels dirigeants, je sais qu’il y a beaucoup de reconnaissance et de respect pour les créateurs de la Niniche. La Niniche, un nom sorti tout droit de l’imagination de Raymond Audebert qui avait envie avec ce sobriquet, de faire rire les enfants. Pari gagné. Et en plus il les régale.

FABRICE MARTIN