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Jean Tirole, président de Toulouse School of Economics, reçoit le prix Nobel d'Économie 2014

Jean Tirole, président de Toulouse School of Economics, reçoit le prix Nobel d'Économie 2014 | La lettre de Toulouse | Scoop.it


Jean Tirole, prix Nobel d'économie, le 13 octobre 2014 à Toulouse


 

Jean Tirole fait aujourd'hui de Toulouse une capitale mondiale de l'économie. Président de Toulouse School of Economics (TSE), le chercheur a effet reçu ce lundi 13 octobre le prix Nobel d'Économie 2014. Polytechnicien et ingénieur général des Ponts et Chaussées, Jean Tirole est primé pour son "analyse de la puissance du marché et de la régulation". Ce prix, véritable consécration pour ce chercheur nobélisable depuis plusieurs années, est aussi une formidable reconnaissance pour l'école toulousaine de recherche en économie.

La France est décidément à l'honneur lors de cette édition des prix Nobel. Après Patrick Modiano en littérature, c'est aujourd'hui Jean Tirole qui est primé pour ses recherches en sciences économiques. Mentionné parmi les potentiels lauréats depuis plusieurs années, il est aujourd'hui récompensé pour ses travaux sur la régulation des marchés. "Jean Tirole est l'un des économistes les influents de notre époque. Il est l'auteur de contributions théoriques importantes dans un grand nombre de domaines, mais a surtout clarifié la manière de comprendre et réguler les secteurs comptant quelques entreprises puissantes", a expliqué le jury dans un communiqué. (lire le papier de La Tribune sur ses recherches)

C'est aux alentours de 12h15 que Jean Tirole a appris la bonne nouvelle. "J'ai loupé les deux ou trois premiers appels car je travaillais sur un dossier, raconte l'économiste toulousain. Quand j'ai vu le 46, l'indicateur de la Suède, j'ai été un peu étonné. Ensuite, j'ai mis une bonne demie-heure à m'en remettre. C'est quelque chose extraordinaire. Je suis très heureux pour ma famille et l'université. Je souhaite bien évidemment associer à ce prix, les collègues de Toulouse School of Economics, dont je préside la Fondation depuis 2007 et où j’ai la chance de mener mes recherches dans un environnement exceptionnel depuis 1991."

Ému aux larmes au cours de la conférence de presse qu'il a tenu à Toulouse en début d'après-midi, Jean Tirole a rendu hommage à Jean-Jacques Laffont, décédé en 2004. "J'ai une pensée spéciale pour celui qui a été pour moi un mentor, un exemple et surtout un ami. Je sais le rôle déterminant qu’il a joué dans ce qu’il m’arrive aujourd’hui. Nous essayons tous de poursuivre son œuvre." C'est d'ailleurs vers la femme de ce dernier, Collette Laffont, que Jean Tirole s'est tourné en entrant dans la salle de conférence de l'université de Toulouse ce lundi après-midi. "C'est le couronnement d'une aventure qu'il a commencé il y a longtemps, sourit celle-ci. Cela m'évoque le travail de mon mari. Ils avaient des objectifs ambitieux qui sont aujourd'hui réalisés."

"L'école de Toulouse" en économie
Installé dans la Ville rose depuis près de 25 ans, Jean Tirole a grandement contribué à l'attractivité de l'université et de la recherche toulousaine en sciences économiques. Outre la présidence de TSE, Jean Tirole est par ailleurs directeur scientifique de l'Institut d'économie industrielle (IDEI), berceau de "l'école de Toulouse", dont il est l'un des fondateurs, et membre du Comité de Direction de l'Institute for Advances Study in Toulouse (IAST) "La nouvelle école de la régulation, c'est la marque de fabrique de Toulouse, explique Marc Ivaldi, le directeur des études de l'EHEES. Jean-Jacques Laffont et Jean Tirole en sont les pionniers."

"Pour un président d'université qui a fait de la recherche un axe de développement important, c'est le rêve", a réagi Bruno Sire, le président de l'université Toulouse 1 Capitole. Généralement, les prix sont partagés. Là, il est seul. C'est un signe de reconnaissance de l'ensemble de son œuvre. Cela crédibilise également la stratégie de l'université menée depuis 30 ans."

Né à Troyes en 1953, diplômé de Polytechnique, ingénieur des Ponts et Chaussées, Jean Tirole a obtenu un doctorat du MIT sous la direction d'Erik Maskin, prix Nobel d'Économie 2007. En réaction à son prix, il a ainsi adressé "une pensée aussi pour mes collègues du MIT où j’ai obtenu mon doctorat et avec qui je travaille régulièrement, et tous ceux qui, de près ou de loin, m’ont permis de mener à bien ces travaux."

Indirectement associé à la Fondation Nobel, cette haute distinction en sciences économiques est décernée par la banque centrale de Suède en mémoire d'Alfred Nobel, depuis 1969. Au palmarès du prix, Jean Tirole succède à Eugene Fama, Lars Peter Hansen et Robert Shiller, primés en 2013 pour leurs travaux sur les marchés financiers. Deux Français l'ont reçu jusqu'à présent : Gérard Debreu, en 1983, et Maurice Allais, en 1988.

Pendant sa conférence de presse, Jean Tirole a appelé de ses vœux des réformes rapides de l'économie française : "Elle n'est pas un cas désespéré car nous avons beaucoup d'atouts. Nos grandes entreprises fonctionnent bien même si le tissu des PME est encore trop faible. Nous avons beaucoup de capital humain. Il faut investir dans l'éducation et l'économie de la connaissance. Il faut donner de bons emplois à nos jeunes et que nous ne leur léguions pas une dette trop élevée. Il s'agit de faire les réformes assez vite. La question n'est pas l'austérité." En 2012, il donnait sa vision de la crise de la dette à La Tribune.


Paul Périé et Gael Cérez

Jacques Le Bris's insight:

Nombreuses réactions
Les messages de félicitations sont nombreux sur les réseaux sociaux. 

À commencer par Joël Echevarria, directeur délégué de TSE : "Le Prix Nobel 2014 d'économie attribué à Jean Tirole (et à lui seul) : la communauté de @TSEinfo et de @UT1Capitole fière et émue !"

 

Le Premier ministre Manuel Valls s'est félicité de ce nouveau prix pour la France : "Après Patrick Modiano, un autre Français au firmament : félicitations à Jean Tirole! Quel pied-de-nez au french bashing !"

 

Jacques Attali a lui aussi rendu hommage à Jean Tirole, soulignant l'importance de ses travaux : "Bravo à Jean Tirole pour ce Nobel si mérité. Ses travaux théoriques font depuis longtemps référence et inspirent bien des praticiens. En particulier, la proposition de Jean Tirole sur l'allocation chomage, il y a 10 ans, est toujours d'actualité."

 

Pour Pierre Izard, le président du conseil général, "l’attribution du prestigieux prix Nobel d’économie est un honneur pour la Haute-Garonne qui  vient de voir de voir l’un des plus fervents  initiateurs de l’Ecole d’économie de Toulouse inscrire son nom parmi les  économistes les plus éminents. "

 

Martin Malvy, le président du Conseil régional, souligne quant à lui "le potentiel et la qualité de la recherche française.

 

Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, félicite Jean Tirole grâce auquel "après l'aéronautique, le spatial et la santé, Toulouse brille aussi sur la carte mondiale de l'économie".

 

Selon Bernard Keller, maire de Blagnac et vice-président de Toulouse Métropole en charge du développement économique, "l'attribution du prix Nobel à Jean Tirole est un grand honneur pour Toulouse, la France et l'Europe"

 

Du côté du CESER, on salue "la notoriété des travaux de Jean Tirole et sa totale implication en tant que président et fondateur de la « Toulouse School of Economics » (TSE), rattachée à l’Université Toulouse 1 Capitole".

 

Bertrand Monthubert, le président de l'Université Toulouse III - Paul Sabatier, remarque que sous l'impulsion scientifique de Jean Tirole que TSE est devenue l'un des grands centres de recherche européens en économie : "Ce prix Nobel participe au rayonnement scientifique de l'Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées et de la recherche française".

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La saison des Nobel commence

La saison des Nobel commence | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Les acteurs du printemps arabe, grands favoris pour le prix Nobel de la paix.

 

La médecine ouvre lundi la saison des Nobel 2011, et si l'on s'attend à ce que les prix de la paix et de littérature soient marqués par l'actualité et le printemps arabe, celui d'économie devrait au contraire échapper à l'influence de la crise mondiale, selon les observateurs.

Lundi, à 11 h 30, le comité Nobel de l'Institut Karolinska à Stockholm annoncera le lauréat du Nobel de médecine. Il succédera au Britannique Robert Edwards, le père des bébés-éprouvette. Les prix de physique et de chimie seront décernés respectivement mardi et mercredi, celui de littérature jeudi (la date n'en a cependant pas été confirmée), celui de la paix vendredi à Oslo et, enfin, celui d'économie le 10 octobre. En ce qui concerne la paix, un nombre record de 241 candidats a été enregistré pour succéder au dissident chinois Liu Xiaobo.

Printemps arabe à l'honneur

Les acteurs du printemps arabe, ce mouvement qui a mené au renversement des régimes autoritaires en Tunisie, en Égypte et en Libye, font partie des favoris. L'historien des Nobel Asle Sveen suggère par exemple la blogueuse tunisienne Lina ben Mhenni, qui a tenu la chronique de la révolution sur Internet. Sa récompense "constituerait un soutien aux médias sociaux (dans la diffusion des révoltes populaires) et au printemps arabe", a expliqué Asle Sveen.

Dans la même veine, l'Égyptienne Israa Abdel Fattah et le Mouvement du 6 avril, dont elle est l'une des fondatrices, mériteraient le prix pour leur "rôle-clé dans le maintien du cap et de la non-violence des révoltes en Égypte", selon le directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo, Kristian Berg Harpviken. Circulent aussi les noms du cyber-militant égyptien Wael Ghonim, de la militante afghane des droits de l'homme Sima Samar, de l'ONG russe Memorial, de la pacifiste libérienne Leymah Gbowee, du Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai, de l'ex-chancelier allemand Helmut Kohl et de l'Union européenne.

Pour le Nobel de littérature, la situation au Moyen-Orient peut également influencer le choix de l'Académie suédoise. "L'heure est venue pour un poète et pour le Moyen-Orient. Alors qui mieux qu'Adonis ?" annonce Nicklas Björkholm, responsable de la grande librairie Hedengrens dans le centre de Stockholm. Résidant en France, ce poète syrien, de son vrai nom Ali Ahmad Saïd Esber, a publié en juin dans un quotidien libanais une lettre ouverte au président syrien Bachar el-Assad l'appelant à arrêter la répression sanglante.

Selon certains, cependant, l'Académie refusera de récompenser un auteur trop présent dans l'actualité politique pour succéder à l'Hispano-Péruvien Mario Vargas Llosa. Dans le plus grand flou sont évoqués le Kényan Ngugi wa Thiong'o, le Somalien Nuruddine Farah, le Hongrois Peter Nadas, le Coréen Ko Un, le Japonais Haruki Murakami, l'Indien Vijaydan Detha, l'Australien Les Murray, l'Israélien Amos Oz ainsi que les Américains Joyce Carol Oates, Philip Roth et Cormac McCarthy.

Le poids de la crise économique

Pour l'économie, il est vraisemblablement trop tôt pour que des travaux liés à la crise actuelle soient récompensés. "Nous effectuons une évaluation très poussée qui peut durer des années, alors, il y a en général un long délai entre le moment où les recherches sont effectuées et où le prix est décerné", a affirmé le nouveau président du comité, Per Krusell. Les spécialistes parieraient plus volontiers sur le domaine de l'économie politique, avec par exemple Alberto Alesina, ou de la croissance économique, avec Robert Barro et Paul Romer, ou encore de la théorie de la consommation avec Robert Hall, Lars Peter Hansen et Christopher Sims.

Les lauréats dans chaque catégorie reçoivent un chèque de 10 millions de couronnes (1,08 million d'euros).

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