La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts
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Ce qu'il faut retenir de l'actualité du marché de l'art chaque semaine
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Le marché dit sa cruelle vérité sur le scandale Aristophil

Le marché dit sa cruelle vérité sur le scandale Aristophil | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Mercredi s'est déroulée la première vente aux enchères destinée à solder le scandale Aristophil, cette société qui surfacturait des manuscrits à de petits épargnants. L'Express y était.

par Jérôme Dupuis


Clac ! En s'abattant à Drouot, le marteau du commissaire-priseur Claude Aguttes a dû briser les derniers espoirs des petits épargnants d'Aristophil. Cette première vente aux enchères de prestige devait leur permettre de récupérer une partie des économies investies dans cette société, qui surfacturait frauduleusement la revente de manuscrits. Plus de 18 000 épargnants en ont été victimes et ses anciens dirigeants ont été mis en examen pour escroquerie en bande organisée, en 2015. Entre un quart et un dixième du prix Alors, combien valaient réellement les manuscrits détenus par Aristophil ? Le marché, la seule vérité en ce domaine, a rendu son verdict : selon nos informations, les prix atteints mercredi représentent entre un quart et un dixième du prix facturé aux épargnants. C'est bien peu. Et encore, quand les lots ont trouvé preneurs, car, même à ce prix, un peu moins d'un tiers d'entre eux n'a suscité aucune enchère et a été "ravalée", comme on dit dans le jargon des commissaires-priseurs.


Ainsi, un long texte manuscrit d'une survivante du Titanic, qu'Aristophil avait revendu 1,1 million d'euros à ses investisseurs et que le fondateur de la société, Gérard Lhéritier, présentait comme un "joyau" de sa collection, n'a pas vu une seule main se lever, alors qu'il était proposé à 270 000 euros...


Pourtant, c'était l'ambiance des grands jours à Drouot. On avait réuni plusieurs salles pour accueillir la foule des très nombreux collectionneurs, professionnels, journalistes et curieux. Mais les enchères étaient plutôt molles, à quelques exceptions près : un magnifique manuscrit médiéval s'envolait à 640 000 euros, une lettre de Napoléon suscitait une bataille acharnée jusqu'à 280 000 euros, une partition de Ravel montait à 26 000 euros.


Un certain Jean-Claude Vrain... Etrangement, l'un des rares enchérisseurs à avoir un peu animé les enchères est un libraire parisien bien connu, mis en examen pour escroquerie dans le dossier... Aristophil ! Reconnaissable à son large chapeau marron, Jean-Claude Vrain, qui, comme L'Express l'avait raconté, a contribué par ses expertises aux surestimations délirantes d'Aristophil, s'est adjugé trois lots majeurs: le manuscrit d'Ursule Mirouët, de Balzac, (1,17 million d'euros), un superbe manuscrit d'Alexandre Dumas père (82 000 euros) et un petit dessin du Parmesan (97 000 euros). Soit à lui tout seul, un tiers du montant total de la vente (3,8 millions d'euros)...


On pourra trouver baroque que l'un des artisans du système Aristophil s'approvisionne aujourd'hui dans les ventes censées tourner la page sur ce scandale de grande ampleur. Le libraire aura beau jeu de répondre que par ses enchères il contribue à rembourser -un petit peu...- les épargnants floués. Il n'empêche : la situation est pour le moins étrange.


"Excusez-moi, maître !" Soudain, au beau milieu de la vente, un homme se lève dans le public et prend la parole calmement : "Excusez-moi, maître, mais je suis un ancien investisseur d'Aristophil et je me demande bien ce que nous faisons ici. Je propose aux autres épargnants présents de sortir de la salle." Léger moment de flottement. Quelques personnes le suivent. A l'extérieur de la salle, alors que les enchères continuent, ces anonymes protestent : "C'est la grande braderie ! Cette vente a été organisée en dépit du bons sens ! Les catalogues n'ont été envoyés que la semaine dernière, les acheteurs étrangers n'étaient pas au rendez-vous." Un autre ajoute : "Par rapport aux prix où nous avons achetés les manuscrits, les enchères sont basses, basses, basses..."


 Sur certains lots, le prix atteint aujourd'hui est même infiniment plus bas que celui auquel Aristophil avait acheté certains manuscrits dans ses années fastes (la société était connue pour faire flamber les enchères) : un film montrant Saint-Exupéry assorti d'un dessin du Petit Prince est parti aujourd'hui à 18 000 euros, alors qu'Aristophil l'avait acheté 56 000 euros chez Sotheby's, en 2010, et l'avait refacturé plus du double à ses épargnants... Le marché aura donc divisé l'estimation d'Aristophil par cinq. "Pour attirer des investisseurs, Aristophil faisait miroiter des noms d'écrivains ronflants, mais pas toujours avec des pièces de premier choix, décrypte un libraire spécialisé présent à Drouot. Mais même aux prix proposés aujourd'hui, certains de ces manuscrits ne nous intéressent pas, nous serions dans l'incapacité de trouver un acheteur."


Comble de malchance pour les épargnants, les deux plus beaux lots ont été retirés in extremis de la vente : le fameux rouleau des 120 journées de Sodome du marquis de Sade -un de ses descendants était d'ailleurs présent hier à Drouot- et le Manifeste du surréalisme (assorti de quelques autres manuscrits exceptionnels) d'André Breton ont été déclarés "trésor national" par l'Etat Français. A charge pour lui de les acheter dans un délai de trente mois. On estime qu'à elles seules, ces pièces devraient rapporter une dizaine de millions. Mais dans quel délai ?


Cette première vente Aristophil (trois cents autres sont censées suivre, pour solder les 180 000 manuscrits !) apparaît donc comme paradoxale : si les prix atteints ont été en général conformes aux estimations des experts mandatés par Me Aguttes, ils sont très en-deçà des prix jadis pratiqués par Aristophil. Autrement dit, à l'issue de ces enchères, les petits épargnants, qui rêvaient encore parfois de "se refaire", vont réaliser qu'ils ne devraient récupérer qu'entre un quart et un dixième de leur investissement. Le choc est brutal. Les belles promesses jadis prodiguées par le fondateur d'Aristophil, Gérard Lhéritier, doivent leurs paraître bien amères...


Lire l'article sur le site de l'Express en cliquant sur le titre


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La première vente après la grande arnaque Aristophil

La première vente après la grande arnaque Aristophil | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Judith Benhaou-Huet

A Drouot, la première vente pour tenter de dédommager 18.000 investisseurs qui ont cru à la plus-value rapide des manuscrits. S'il est bien un marché de spécialistes, c'est celui des manuscrits . Il concerne d'abord principalement des amateurs familiers de la langue française. Non seulement ils s'intéressent vraiment à la littérature ou à l'histoire - et on sait bien qu'on lit aujourd'hui de moins en moins -, mais encore ils poussent leur passion jusqu'à la nécessité de posséder des documents authentiques de la main même de leurs auteurs.

L'expert en autographes Frédéric Castaing, par ailleurs président de la Compagnie nationale des experts, raconte ainsi envoyer ses catalogues à un fichier de 2.500 personnes à travers le monde, comprenant aussi des chercheurs qui ne sont pas réellement des acheteurs.

18.000 investisseurs

Pourtant, entre les années 1990 et 2014, un homme a fait croire que les manuscrits correspondaient à un marché florissant, destiné à un grand public. Avant que la Brigade de répression de la délinquance économique ne mette fin à ses agissements, Gérard Lhéritier, à la tête de la société Aristophil et fondateur du musée des Lettres et manuscrits, avait réussi à recruter pas moins de 18.000 investisseurs de tailles diverses qui ont placé leur argent dans des manuscrits originaux ou des livres, qui devaient leur rapporter, affirmait-il, davantage que des actions ou des obligations . 

Ce miroir aux alouettes qui pariait sur la hausse annuelle des Baudelaire, Proust et autres a acquis pas moins de 130.000 oeuvres (on parle d'une valeur de 850 millions d'euros). Selon Frédéric Castaing qui, avec clairvoyance, dénonce de longue date les agissements d'Aristophil, cette masse de documents qui va être remise sur le marché afin de tenter de dédommager les épargnants grugés « correspond en volume à un siècle de transactions habituelles dans notre spécialité, alors qu'elle a été acquise en quinze ans ».

Dispersion des collections

Après que nombre de petites et grandes maisons de ventes parisiennes ont décliné l'offre de s'occuper de la dispersion de cet ensemble qui dépasse l'entendement (les simples frais d'entreposage s'avèrent colossaux), le seul opérateur qui restait en lice est le commissaire-priseur de Neuilly, Claude Aguttes. C'est lui qui a été chargé par les autorités judiciaires de la dispersion des collections Aristophil qui comprend trois types de propriétés : les oeuvres détenues en indivision par les investisseurs, des oeuvres détenues par une seule personne au sein de la société Aristophil et les oeuvres qu'Aristophil n'avait pas eu le temps de vendre*. Pour Claude Aguttes, « le dossier est très intéressant intellectuellement. Evidemment, d'un point de vue commercial, vendre de gros tableaux serait plus facile, mais je ne vois pas comment on pourrait refuser une telle affaire ». Il ajoute : « Cela prendra le temps que ça prendra, six ans ou plus, pour disperser ces oeuvres. » Lorsqu'on demande au commissaire-priseur s'il est apte à faire la promotion d'un tel ensemble, il répond simplement : « Le nom Aristophil est un vecteur de promotion. Nous avons eu 700 articles à travers le monde. » Pour le président du conseil d'administration de Drouot, Alexandre Giquello, « cette vente est hypersensible. L'affaire a engendré beaucoup de détresse de la part des petits épargnants. Drouot met tout en oeuvre afin que la vente, dont le premier épisode se réalise dans nos locaux, se déroule dans des conditions optimales ». 

200 ventes prévues

La justice doit décider quels commissaires-priseurs et spécialistes pourront seconder Claude Aguttes dans la suite de la dispersion qui se fera à un rythme effréné et par thématiques (beaux-arts, littérature, musique, sciences humaines...) en pas moins de 200 ventes. La première, ce 20 décembre, estimée à 11 millions d'euros, est une sorte d'apéritif de ce qui devrait être par la suite dispersé. Mais, aux dires de nombreux spécialistes, elle semble précipitée pour mettre sur le marché de tels trésors. Le catalogue pèche d'ailleurs par son manque de précision. Ainsi, les provenances, qui constituent un élément clef de la valorisation, sont tantôt indiquées, tantôt inexistantes, tantôt à peine trouvables. « Le domaine des manuscrits est un métier de gens cultivés. Tout cela a été piétiné par les procédés Aristophil », conclut, furieux, Fréderic Castaing. C'est à déplorer pour les 18.000 investisseurs Aristophil, mais ces enchères devraient offrir de nombreuses opportunités d'achat à petit prix. 


Lire l'article en intégralité sur le site des Echos en cliquant sur le titre

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Ivoire : vers une réglementation européenne plus stricte ? - LeJournaldesArts.fr - 08 décembre 2017

Ivoire : vers une réglementation européenne plus stricte ? - LeJournaldesArts.fr - 08 décembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Marie Potard

BRUXELLES (BELGIQUE) [08.12.17] - La Commission européenne a lancé une consultation auprès du public afin de recueillir informations et avis avant l’adoption éventuelle de nouvelles mesures concernant le commerce de l’ivoire.


Le Parlement européen, plusieurs Etats membres et des pays tiers souhaitent un durcissement de la réglementation du commerce de l’ivoire au niveau de l’Union Européenne, en raison de l’augmentation du braconnage et de l’intensification du commerce illégal de l’ivoire. Ces nouvelles mesures pourraient aller jusqu’à l’interdiction totale du commerce de l’ivoire en Europe alors que pour l’heure, les échanges vers, depuis et au sein de l’UE sont autorisés uniquement s’ils concernent des objets en ivoire ancien. Une enquête de la Direction générale de l’Environnement de la commission européenne a été lancée, en ligne, jusqu’au 8 décembre afin de recueillir des informations et des avis sur le commerce de l’ivoire pratiqué dans l’UE.

Composée d’une trentaine de questions, dont certaines très techniques, l’enquête demande par exemple aux internautes de donner leur avis sur les objets en ivoire qui devraient être exemptés de nouveaux règlements concernant leur commerce au sein de l’UE. 


Depuis maintenant plus d’un an, les débats font rage autour du commerce de l’ivoire. D’abord au niveau national avec l’arrêté du 4 mai dont le décret d’application est entré en vigueur le 20 novembre, puis c’est ensuite le Royaume-Uni qui s’est emparé de la question - le plan de son gouvernement est encore plus radical car il prévoit pour 2018 d'interdire totalement le commerce des objets en ivoire - et voilà maintenant que l’Union Européenne s’en mêle. « En voyant ce qu’il se passe en France et en Angleterre, la commission souhaite certainement harmoniser au niveau européen », explique Eric Delalande, secrétaire général de la CNE (Compagnie nationale des experts), marchand de curiosités scientifiques et objets de marine familier des pièces contenant de l’ivoire.


Pour l’heure, tout le monde ignore ce que préconisera le Parlement. « On ne sait pas dans quel sens il souhaite réglementer. Tout ce qu’on espère, c’est qu’il ne va pas aller vers le modèle anglais. En tout cas, dans le doute, mobilisons-nous », lance le secrétaire général.


Toutes les organisations françaises liées au commerce des antiquités se sont mobilisées : le Symev, le SFEP, la CNES, la CNE, le SNA. « Nous avons envoyé environ 800 recommandations de réponses aux adhérents de ces organisations mais ne savons pas s’ils ont répondu à la consultation. Il y a un énorme laisser-aller de la part du marché », souligne Anthony Meyer, membre du conseil d’administration du SNA en charge du dossier. « Il faut tous remplir cette consultation pour au moins faire entendre notre voix », clame Eric Delalande, avant de poursuivre : « il est évident qu’il faut trouver des solutions pour que les éléphants ne soient plus victimes de braconnage mais qu’on laisse en paix les antiquités qui concernent des éléphants morts depuis longtemps. C’est une entrave au commerce ! »


Aucun calendrier n’a été annoncé. « Pour l’instant, la commission prend la température. Ensuite, il faudra qu’elle juge s’il y a une prescription à proposer et enfin, il y aura un vote au Parlement donc il est fort peu probable qu’un texte européen apparaissent en 2018 », précise François Belfort, directeur général du SNA-Biennale Paris.


Une réunion organisée à Bruxelles par la Direction générale de l’Environnement de la commission européenne se tient le 8 décembre afin d’entendre les différentes parties prenantes au commerce de l’ivoire.

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L'identité du mystérieux acheteur du Salvator Mundi de Vinci enfin révélée | Connaissance des Arts

L'identité du mystérieux acheteur du Salvator Mundi de Vinci enfin révélée | Connaissance des Arts | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Anne-Sophie Lesage-Mûnch

Le 15 novembre dernier, le Salvator Mundi, chef-d’œuvre de Leonard de Vinci, était vendu chez Christie's pour la somme historique de 450 312 500 $. Acheté par un prince saoudien, le tableau vient de rejoindre les collections du Louvre Abu Dhabi. Coup de tonnerre hier soir sur Twitter : le Louvre Abu Dhabi annonce sur son compte l’acquisition du tableau le plus cher du monde, le Salvator Mundi de Léonard de Vinci. Vendue chez Christie’s à New York le 15 novembre par son ancien propriétaire, l’oligarque russe Dmitry Rybolovlev, la toile avait trouvé acquéreur pour plus de 450 millions de dollars, une somme historique pour une peinture vendue aux enchères. L’identité de l’acheteur avait jusqu’à présent été tenue secrète et l’on commençait à désespérer de voir un jour cette pièce majeure de l’histoire de l’art rejoindre les cimaises d’un musée… Il faudra donc faire le voyage jusqu’à Abu Dhabi pour pouvoir admirer ce tableau mythique, réattribué au génie florentin en 2011. Mais comment ce Sauveur du Monde, à l’histoire déjà mouvementée, a-t-il pu rejoindre les collections du tout nouveau (et longtemps attendu) Louvre Abu Dhabi, inauguré le 11 novembre dernier ? Selon le New York Times, l’acheteur du tableau serait, non pas un consortium de fonds d’investissement, comme certains le supposaient, mais le Prince Bader bîn Abdullah bîn Mohammed bîn Farhan al Saud. Figure somme toute peu connue de la famille royale saoudienne, on ne lui connaissait pas d’intérêt particulier pour la collection d’œuvres d’art. L’homme, dont les activités financières semblent plutôt liées au secteur des télécommunications, de l’immobilier et de l’industrie du recyclage, serait un proche du pouvoir saoudien mais également des dirigeants des Émirats Arabes Unis. Si l’on ne peut aujourd’hui préciser les conditions de présentation de l’œuvre au sein du Louvre Abu Dhabi (s’agit-il d’un don ou d’un prêt, voire d’un achat ?), nul doute que cette opération satisfait des objectifs aussi bien géopolitiques que philanthropiques. L’acquisition par le Louvre Abu Dhabi du Salvator Mundi, le tableau le plus cher du monde réalisé, qui plus est, par l’un des plus grands maîtres de l’art occidental, contribue, bien évidemment, au rayonnement culturel et artistique du Golfe persique, mais elle fait également de cette toile le symbole de la puissance des Émirats. Au-delà de ce contexte, bien éloigné des problématiques de l’histoire de l’art, ce nouveau rebondissement nous laisse rêver à une future présentation du Christ Sauveur lors de l’exposition Vinci annoncée en 2019 au Louvre Paris.

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Frédéric Castaing reconduit à la tête de la CNE - LeJournaldesArts.fr - 04 décembre 2017

Frédéric Castaing reconduit à la tête de la CNE - LeJournaldesArts.fr - 04 décembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Bénédicte Gattère

PARIS [04.12.17] - Le membres de la Compagnie Nationale des Experts (CNE) ont renouvelé leur confiance en leur président, Frédéric Castaing. Expert en autographes, il dirige la CNE depuis 2014. Son mandat a été renouvelé pour trois ans.


Frédéric Castaing continuera de diriger la Compagnie Nationale des Experts, spécialisée dans l'évaluation des objets d'art et de collection, garante de la déontologie du marché de l'art. Lors de la tenue de son assemblée générale, le 28 novembre 2017, la CNE a procédé au renouvellement de son conseil d'administration.


La vice-présidente Sabine Bourgey ainsi que la trésorière Catherine Hirsch ont été reconduites dans leurs fonctions respectives.


En 2014, Frédéric Castaing succédait à Jean-Gabriel Peyre. Il est professeur émérite d'histoire au lycée Henri IV et marchand de livres et de manuscrits. Héritier de la maison Charavay créée en 1830, la plus ancienne maison d'autographes du monde, il est aussi le petit fils de l'antiquaire et fantasque décoratrice d'intérieur, Madeleine Castaing, à l'origine des célèbres tissus.


Composition du bureau et du conseil d'administration Frédéric Castaing (président), Sabine Bourgey (vice-présidente), Catherine Hirsch (trésorière), Emmanuel Lhermitte (secrétaire général), Hélène Bonafous-Murat, Eric Busser, Eric Delalande, Danuta Cichocka-Renoux, François Laffanour, Olivier Lorquin, Marc Perpitch, Michaël Seksik, Judith Schoffel de Fabry (administrateurs).

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Renouvellement du conseil d'administration de la Compagnie Nationale des Experts

Renouvellement du conseil d'administration de la Compagnie Nationale des Experts | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it
Frédéric CASTAING réélu à la présidence de la Compagnie Nationale des Experts

Lors de son assemblée générale ordinaire qui s'est tenue le 28 novembre, la Compagnie Nationale des Experts a procédé au renouvellement de son conseil d'administration.

Ont été élus, pour un mandat d'une durée de 3 ans :
Frédéric CASTAING Président 
Sabine BOURGEY Vice-Présidente
Catherine HIRSCH Trésorière
Emmanuel LHERMITTE Secrétaire Général

et en qualité d'administrateurs :
Hélène BONAFOUS-MURAT
Eric BUSSER
Danuta CICHOCKA-RENOUX
Eric DELALANDE
FrançoisLAFFANOUR
Olivier LORQUIN
Marc PERPITCH
Judith SCHOFFEL DE FABRY
Michaël SEKSIK

Frédéric CASTAING, Sabine BOURGEY et Catherine HIRSCH sont reconduits dans leurs fonctions au sein du bureau tandis qu'Emmanuel LHERMITTE remplace Eric DELALANDE, lequel n'a pas souhaité se représenter au poste de Secrétaire général.

Enfin, trois nouveaux administrateurs ont rejoint le conseil : il s'agit de Eric BUSSER, Danuta CICHOCKA-RENOUX et Judith SCHOFFEL DE FABRY.
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[Colloque] Le faux en art (8/16) - Détecter le faux en art : Frédéric Castaing

LE FAUX EN ART Détecter le faux en art Frédéric CASTAING, président de la Compagnie nationale des experts


Le 17 novembre dernier, la Cour de Cassation organisait un colloque sur la thématique du Faux en Art.

Frédéric Castaing, président de la CNE était invité pour intervenir sur la problématique : Détecter le Faux en Art.


Pour voir l'intégralité des vidéos de ce colloque, rendez-vous sur cette page : http://bit.ly/2AfxWCE

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Léonard de Vinci pulvérise tous les records chez Christie’s par Le Quotidien de l'Art

Léonard de Vinci pulvérise tous les records chez Christie’s par Le Quotidien de l'Art | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Article par Alexandre Crochet

En devenant l’œuvre la plus chère au monde, le tableau attribué au maître de la Renaissance redonne un coup de projecteur sur la peinture ancienne. Si ce résultat « dément » apporte en principe une copieuse plus-value à son vendeur, Dmitri Rybolovlev, le Russe n’en sort pas forcément gagnant. Explications. Depuis le 15 novembre, l’œuvre d’art la plus chère au monde n’est ni un tableau d’art impressionniste ou moderne ni même contemporain mais… une peinture ancienne. Après 19 minutes de combats d’enchères, Salvator Mundi, attribué en partie à Léonard de Vinci, a pulvérisé tous les records chez Christie’s à New York. Vendu 450,3 millions de dollars avec les frais (382,3 millions d’euros), ce portrait du Christ daté d’environ 1500 détrône Les Femmes d’Alger par Picasso, parti à 179,4 millions de dollars en mai 2015 chez Christie’s. Même au sein des équipes de la société, qu’il passe la barre des 200 millions de dollars a provoqué la stupéfaction. L’huile sur panneau a finalement été adjugée au téléphone au co-président du département Art contemporain de la maison de vente, Alex Rotter. Faut-il en déduire que l’acheteur est un amateur d’art contemporain au budget quasi illimité, Christie’s ayant opté pour une stratégie innovante, placer la peinture dans une vente du soir de cette spécialité ? Le sous-enchérisseur, qui s’est arrêté tout de même à 400 millions de dollars, [...]


Article disponible en intégralité sur le site du Quotidien de l'Art (sur abonnement)

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La Biennale Paris à l’heure des bilans par Le Quotidien de l'Art

La Biennale Paris à l’heure des bilans par Le Quotidien de l'Art | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

La Biennale Paris 2017 a fermé ses portes hier soir au Grand Palais, à Paris. Au-delà des transactions importantes réalisées par une partie des marchands, les incertitudes demeurent sur le devenir d’une manifestation qui peine à trouver un nouvel élan. La Biennale Paris a fermé ses portes hier soir sur un bilan mitigé. Selon certaines sources, le dîner de gala avant le vernissage a accueilli de 600 à 700 personnes de moins que l’an dernier, un gros manque à gagner pour le Syndicat national des Antiquaires (SNA) qui récupère une grande partie de la manne financière générée par l’événement. Les ressources de billetterie ne compenseront guère cette baisse de recettes, malgré une augmentation des visiteurs, passés de 30 000 en 2016 à 32 678 cette année. Si bien que « le SNA va perdre de l’argent avec cette édition », estime un observateur. La Biennale Paris traverse une zone de turbulence, au point que nombre de marchands ont témoigné de leur vive inquiétude ces derniers jours. Certes, tout n’est pas négatif. Si la manifestation a peiné à attirer les grands marchands internationaux cette année, elle a pu compter sur l’apport rafraîchissant de deux galeries portugaises, qui ont fait de gros efforts de présentation, avec leurs sculptures mêlant catholicisme et influences locales des anciennes colonies. São Roque (Lisbonne) a vendu une impressionnante sculpture en [...]


(La lecture intégrale de l'article est disponible sur le site du Quotidien de l'art sur abonnement)

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« La Biennale renforce les règles de son vetting » - Le Journal des Arts - n° 484 - 8 septembre 2017

« La Biennale renforce les règles de son vetting » - Le Journal des Arts - n° 484 - 8 septembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Entretien avec Frédéric Castaing, président de la CNE, Michel Maket, président du SFEP et Mathias Ary Jan, président du SNA


Voulant donner un nouveau souffle à la Biennale et renforcer sa fiabilité, le Conseil d’admission des œuvres affirme son indépendance. Deux mesures ont été adoptées cette année à la biennale. D’une part, la CAO (Commission d’admission des œuvres) est coprésidée par Frédéric Castaing, président de la CNE (Compagnie nationale des experts) et Michel Maket, président du SFEP (Syndicat français des experts professionnels en œuvres d’art et objets de collection) et non plus par le président du SNA (Syndicat National des Antiquaires). D’autre part, aucun exposant ne pourra être membre de la commission.

Le Journal des Arts fait le point avec les acteurs de ce nouveau départ.


>Pourquoi était-il nécessaire de changer les règles du vetting ?


Mathias Ary Jan : Nous sommes dans une nouvelle dynamique, qui appelle de nouvelles normes. Nous souhaitons donner aux collectionneurs encore plus de garanties. Ainsi, à ma connaissance, la Biennale est le premier salon à proposer de telles règles de vetting. Afin de garantir l’indépendance de la CAO, il me semblait nécessaire que sa direction ne soit plus confiée au président du SNA.


Frédéric Castaing : La CAO est un moment de vérité. C’est là que se construit la fiabilité d’un salon avec ses experts qui authentifient, valident, sécurisent. C’est aussi le lieu possible de tous les dangers où peuvent s’exprimer les connivences, comme les haines recuites, parfois les conflits d’intérêts. Le SNA a pris le taureau par les cornes et a fait preuve de courage en décrétant l’indépendance de la CAO. J’ajoute que c’était l’élément nécessaire pour que j’accepte cette mission au nom de ma compagnie.


>Pour quelles raisons une coprésidence vous semble nécessaire ? 


MAJ : Pour que la responsabilité ne repose pas sur une seule tête.


FC : C’est une force d’avoir à la présidence de la CAO deux présidents de compagnies qui ont l’expérience d’une certaine autorité, comme de la gestion des ego. Plus encore, des présidents qui sont porteurs de règles déontologiques qui les obligent et qui obligent les membres de leurs compagnies respectives.


>Comment avez-vous constitué les commissions ?


Michel Maket : Elles ne sont pas constituées uniquement des membres de la CNE ou du SFEP, puisqu’il y a aussi des personnalités issues d’autres chambres, comme la CNES ou même des professionnels qui ne font partie d’aucune chambre, mais qui présentent des garanties conformes à nos critères. Il y a aussi des institutionnels, des conservateurs français à la retraite, des conservateurs étrangers et des restaurateurs. Ils sont une centaine, répartis en vingt-cinq commissions établies par spécialité, chacune composée de trois à six membres. Nous avons conservé au moins un membre des commissions précédentes, car il possède l’expérience des années passées.


FC : Nous disposions de la liste du vetting précédent, dans laquelle se trouvaient des gens extrêmement compétents, nous les avons gardés pour la plupart. Dans certains secteurs cependant nous avons considéré qu’il fallait un turnover, autour de 20 %. Personne n’est membre de la CAO à vie. Ainsi ai-je proposé de renouveler l’ensemble de la commission mobilier du XVIIIe.


MM : Non seulement nous avons évité que ses membres soient des exposants, mais également qu’ils aient des relations de commerce avec un exposant. Le monde de l’art est un petit univers. Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit, mais si on veut être exemplaire, il faut faire des choix exemplaires.


>D’autres règles ont-elles été mises en place ?


MM : Il y a un pré-vetting, soit la possibilité offerte aux exposants de faire valider leurs objets en amont de l’exposition. C’est plus confortable pour l’exposant et cela donne un meilleur timing pour travailler sur place (une journée et demie). De même, aucun objet n’arrivera pendant le salon. Tout sera contrôlé avant.


>Si cela se passe mal, vous claquerez la porte comme au PAD ?


FC : Une des raisons pour lesquelles la CNE a quitté le vetting du PAD (en dehors du fait que nous n’avions pas assez de temps pour tout expertiser) était que nous n’avions pas la main sur la liste des experts et que des objets pouvaient arriver en cours de salon hors de tout contrôle de notre part. Si j’ai accepté cette coprésidence pour cette Biennale, c’est à la suite de garanties expresses sur ces points. 


>Certains marchands qui se sont fait retirer de nombreux objets à la Biennale 2016 sont de nouveau présents. Pourquoi ?


MAJ : Le plus important cette année, c’est que les stands remplissent les critères de sélection de la Biennale 2017. Je regarde l’avenir. Si les exposants concernés ont fait un effort et que le stand est irréprochable, pourquoi les refuser ? En revanche, si ces exposants rencontrent à nouveau des problèmes significatifs, la commission tranchera.


>L’an passé, certains membres des commissions n’ont pas respecté la clause de non confidentialité en divulguant ce qui avait été retiré sur certains stands. En avez-vous pris acte ?


MM : il n’y a rien à cacher. Les anecdotes, les faits divers n’auront pas de raison d’être. Si quelque chose est retiré, nous ne sommes pas là pour en faire les choux gras. Les membres des CAO sont liés par cette clause.


FC : Nous respectons et ferons respecter les règles acceptées par tous, je veux dire par les exposants comme par les membres de la CAO. Des marchands, sous prétexte de leur renommée, ont refusé par le passé de faire l’objet de vérifications.


>Rencontrez-vous des cas particuliers ?

FC : Tous les stands seront visités par les experts, tous les objets examinés, je vous le garantis.



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Biennale des antiquaires. la confiance au défi - L'Oeil - n° 704 - Septembre 2017

Biennale des antiquaires. la confiance au défi - L'Oeil - n° 704 - Septembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

A lire sur le site du Journal des Arts & dans le numéro de septembre de l'Œil

Article par Martine Robert > Frédéric Castaing, président de la CNE, à la co-présidence de la Commission d'admission des œuvres de la Biennale Paris


Extrait : (...) "Comment rassurer dans ce contexte qui entache la confiance des professionnels comme des acheteurs ? La Biennale a voulu frapper fort en constituant la commission d’admission des œuvres « la plus exigeante du monde », coprésidée par Frédéric Castaing et Michel Maket, à la tête de la Compagnie nationale des experts et du Syndicat français des experts professionnels en œuvres d’art et objets de collection. Quant aux élus du SNA, ils ne pourront intervenir dans les décisions de la commission qui n’admet en son sein aucun exposant. Le contrôle des objets est renforcé par des appareils scientifiques d’analyse installés au Grand Palais même, et par la présence de consultants restaurateurs et institutionnels." (...)

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Le vetting, tout un art !

Le vetting, tout un art ! | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it


| 4 août 2017 | AMA | | 

 À la Biennale, la Commission d’Admission des Œuvres est le passage obligé pour tout objet pénétrant dans le Grand Palais.

Cette année, le vetting est particulièrement serré. Entretien croisé avec deux hommes de l’art, Frédéric Castaing et Michel Maket… 


 En cette rentrée placée sous le signe de la « moralisation », La Biennale Paris pouvait difficilement s’exempter d’un vetting irréprochable. Pour encadrer cet « examen minutieux », il fallait bien une coprésidence. À la manœuvre, donc, Frédéric Castaing et Michel Maket, respectivement à la tête de la Compagnie Nationale des Experts et du Syndicat Français des Experts Professionnels en œuvres d’art et objets de collection. Pour en savoir plus sur les nouveaux standards d’exigence de la CAO, la fameuse Commission d’Admission des Œuvres, nous nous sommes entretenus avec ses deux présidents, experts de haute volée. Comment démêler le vrai du faux, qu’est-ce qu’un objet « de qualité Biennale » ? Une plongée dans les coulisses du marché de l’art, régulièrement chahuté par les « affaires »… 



AMA :  Vous arrivez à point nommé, au moment où tout le monde parle de « loi de moralisation »…


Michel Maket : Soyons précis… Nous intervenons sur une proposition émanant du Syndicat National des Antiquaires, à l’initiative de Mathias Ary Jan, son président, pour assurer en effet une coprésidence, selon de nouvelles règles édictées quant au fonctionnement de la Commission d’Admission des Œuvres de la Biennale. Le principe d’indépendance – qui est fondamental dans notre métier, l’expertise – figure donc cette année au cœur de la nouvelle commission. Alors, bien sûr, tout cela concourt à la moralisation et à la transparence du marché.


Frédéric Castaing : Ce qui a provoqué mon adhésion immédiate, c’est bien cette notion d’indépendance par rapport à la direction du Syndicat National des Antiquaires et à son conseil d’administration. C’était l’élément primordial, nécessaire pour que j’accepte cette mission. À commencer par le contrôle de la liste des experts. Avec une règle : désormais, aucun exposant à la Biennale ne participe aux commissions chargées de valider les objets. 




AMA : Quel est l’intérêt d’avoir créé une instance bicéphale ? Pourquoi cette coprésidence ?


Frédéric Castaing. : C’est une force, je crois, que d’avoir réuni deux pôles d’experts, la Compagnie Nationale des Experts et le Syndicat Français des Experts Professionnels, pour mettre en place sur cette édition de la Biennale une nouvelle Commission d’Admission des Œuvres. Ces deux compagnies regroupent une très large partie des experts œuvrant dans le domaine du marché de l’art, soit 160 membres pour la CNE, pour une trentaine de spécialités. Ces deux compagnies affichent des règles très strictes de recrutement, qui distinguent leurs adhérents des simples apporteurs d’affaires et autres spécialistes autoproclamés. Il faut, par exemple, dix ans d’ancienneté dans ce métier pour intégrer chacune de nos compagnies. De plus, nous appliquons un code de déontologie commun. Bref, il y a là tout un faisceau de règles qui vont dans le sens des nouveaux standards souhaités par le Syndicat National des Antiquaires.


Michel Maket. : Et puis, nul n’étant infaillible, si certaines problématiques apparaissaient, il est toujours plus simple de réfléchir de concert, d’échanger plutôt que de prendre une décision seul. Le SFEP compte environ 110 membres, intervenant sur des champs très variés, 46 spécialités au total, avec des experts qui pour des raisons historiques sont plus tournés vers le secteur des ventes publiques. Avec la Biennale, nous travaillons à la confluence de ces nouvelles exigences.




AMA : Quel est pour vous le sens exact de cet anglicisme, le vetting ?


Michel Maket. : Je suis pour ma part peu favorable à la terminologie anglo-saxonne, bien qu’elle soit plus courte ! Le vetting, c’est la Commission d’Admission des Œuvres. Une commission qui n’est pas exclusivement constituée d’experts professionnels français, mais aussi de spécialistes reconnus, puisqu’ici figurent également des personnalités extérieures. Le vetting, c’est comme un travail d’inventaire. Ce qui compte, c’est ce qui reste. Pratiquement, on passe en revue tous les critères d’authenticité liés à l’œuvre. Pour les tableaux modernes, par exemple, on vérifie que l’historien ou l’auteur du catalogue raisonné aient bien été consultés. On examine l’œuvre, attentivement, et on se prononce sur ce qu’elle est sensée être, on valide sa nature. Les critères, d’ailleurs, ne sont pas identiques pour chaque spécialité. C’est pourquoi les commissions sont, pour chacune d’entre elles, des concentrés de compétence.


Frédéric Castaing : La Commission d’Admission des Œuvres est un moment essentiel, dont on parle d’ailleurs assez peu en général. Pourtant, c’est l’élément central qui, en amont, assure ou non la fiabilité d’un salon comme la Biennale. C’est le moment de vérité, quand des experts authentifient, valident, sécurisent l’événement. Bref, c’est le marqueur fort d’un salon. La CAO, pour cette édition 2017, compte une vingtaine de commissions, réunissant au total environ100 personnes, dont 60 % d’experts professionnels, les 40 % restant étant des restaurateurs, des historiens de l’art, des conservateurs étrangers ou bien français, ces derniers ne devant plus être en exercice [NDLR : en vertu de la charte de déontologie liée au corps des conservateurs du patrimoine].




AMA : Vous parlez de nouveaux standards d’exigence… Quels sont-ils, précisément ?


Michel Maket. : Tout d’abord, vous ne verrez plus cette année d’exposants de la Biennale figurer au sein de la Commission d’Admission des Œuvres, ni de membres du conseil d’administration du SNA. Ensuite, le président du Syndicat National des Antiquaires se retire bien sûr de toutes décisions, à quelque niveau que ce soit. D’autre part, les appels des décisions de la commission sont désormais réduits à trois par exposant. J’attire votre attention sur la création d’un pré-vetting, mis en place afin de travailler plus sereinement, qui a permis de valider un tiers des objets à la fin du mois d’août. Nous souhaiterions, à terme, que 75 % du volume des stands soit ainsi vérifié pendant l’été. Autres exigences, l’absence de tout vetting au cours du salon, aucune entrée de nouveaux objets non plus… Je pense que l’addition de tous ces critères fait de la Biennale, aujourd’hui, le salon le plus rigoureux au monde.


Frédéric Castaing. : Ces nouveaux standards sont inscrits dans le règlement de la CAO, qui définit de manière stricte les critères pour chaque catégorie de biens culturels : Amérique hispanique, armes historiques, art de l’Islam, art russe, etc. Pour les seules céramiques, par exemple, le texte du règlement court sur deux pages ! Mon sentiment est que nous mettons en place, avec cette CAO, quelque chose de totalement inédit. L’indépendance vis-à-vis des organisateurs, les exposants absents des commissions, la présidence des compagnies d’experts… Tout cela est très novateur, non seulement par rapport aux éditions précédentes de la Biennale, mais aussi au regard de ce qui se pratique dans les foires internationales.



AMA : Au-delà de l’authenticité, les nouveaux standards concernent aussi la qualité des objets. C’est quoi, d’ailleurs, cette fameuse « qualité Biennale » 


Frédéric Castaing. : Évidemment, là, on aborde une notion un peu délicate, d’où l’intérêt là encore d’une décision collégiale. Il y a ici, c’est vrai, même si elle est très limitée, une part de subjectivité.


Michel Maket. : J’ai fait cette expérience, avec un tableau de Souverbie. Un artiste assez classique, mais doté d’une vraie personnalité. Nous étions plusieurs experts, sur un stand Art déco, et il y a eu débat. J’ai jugé, pour ma part, que le tableau s’intégrait bien. S’il avait été entre un Renoir et un Modigliani, sur un autre stand, ça aurait peut-être posé un problème, mais là, non. Vous voyez, cette « qualité Biennale » est quelque chose d’assez fin, la contextualisation de l’œuvre, par exemple, peut aussi parfois compter. L’idée étant toujours d’aller vers le qualitatif et la garantie. C’est pareil pour les bronzes. Nous n’acceptons pas les fontes tardives, mais nous pouvons faire des exceptions. Je pense notamment à Degas, dont les bronzes sont tous posthumes. Parce qu’une fonte Hébrard reste une merveille, tout comme une fonte Barbedienne pour Rodin.



AMA : Comment redonner confiance en cette profession, après toutes les affaires qui l’ont secouée, des meubles estampillés Bill Pallot aux manuscrits Aristophil ?


Frédéric Castaing : Par tout le processus de validation que nous venons d’évoquer. Il faut être notamment attentif à la composition des commissions. Ainsi, par exemple, avons-nous procédé à un turn over dans certaines commissions, par rapport à l’année précédente. Je précise aussi, sur les affaires que vous citez, que dans les deux cas la Compagnie Nationale des Experts et moi-même en particulier avons pris, à chaque fois qu’il a fallu réagir, les mesures adéquates. Nous protégeons les experts lorsque ceux-ci sont injustement désignés, mais nous appliquons les sanctions disciplinaires lorsqu’elles sont nécessaires. Vous avez là un nouvel élément de confiance propre à rassurer. Au-delà, il s’agit de sauvergarder la notion même d’expertise, c’est-à-dire la pratique de l’éthique et l’exercice de la profession d’expert.



AMA : Vous diriez qu’en la matière il existe une exception culturelle typiquement française ?


Frédéric Castaing. : La conception anglo-saxonne consiste à prendre comme expert le tout venant et à avancer à marche forcée. On fait des affaires, en se disant que la sélection se fera au gré des problèmes rencontrés. En France, la conception est différente, qui prévoit que c’est en amont qu’il faut sélectionner et former des experts, justement pour éviter les problèmes. C’est le fondement même de nos organisations.


Michel Maket. : Nous sommes très sensibles, au sein de nos syndicats ou compagnies, à l’application des règles déontologiques, au bon fonctionnement de nos systèmes disciplinaires. Parce qu’il y a des spécificités historiques, liées au système français, quant au droit. Nous disposons en France de très bonnes garanties, héritées du Code Napoléon, qui sont souvent méconnues. Il existe ici une vraie responsabilité du marchand et de l’expert. Et puis, pour revenir à la confiance, je dirais que l’indépendance de la CAO est un signe extrêmement fort. 



AMA :  Comment définiriez-vous la Biennale, à la veille de cette vingt-neuvième édition ? Quelle est sa singularité ? 


Frédéric Castaing. : La magie… D’abord, grâce au Grand Palais, atout majeur du marché de l’art français, le seul endroit de ce type au monde. Vous pouvez aller à New York, à Berlin, à Londres, vous ne trouverez aucun équivalent. Ensuite, parce que contrairement aux foires internationales, il s’agit ici d’un salon, d’un lieu intime, avec une atmosphère propre à chaque stand, où l’on n’aligne pas les objets comme à la parade, mais où chacun fait preuve de créativité.


Michel Maket : Frédéric a raison, quand il parle de l’esprit du lieu… La Biennale, sans négliger l’aspect commercial, c’est une histoire, l’image de Paris, la vitrine d’une profession. Un formidable écrin pour des œuvres exceptionnelles…



 Art Media Agency (AMA) est une agence de presse internationale basée à Paris (France), spécialisée sur le marché de l’art. Les archives d’AMA comptent plus de 30.000 articles (15.000 dans chaque langue), tous disponibles gratuitement.

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La galerie Kraemer n’en a pas fini avec les ennuis - LeJournaldesArts.fr - 13 juillet 2017

PARIS [13.07.17] - Un client de l’antiquaire remet en doute l’authenticité de plusieurs meubles et objets acquis pour plus de 14 millions d’euros. La justice rappelle que l’ouverture de la procédure de sauvegarde n’empêche pas l’introduction d’une action visant la nullité des ventes passées.

La cour d’appel de Paris était saisie d’une demande en tierce opposition formée en juillet 2016 contre le jugement ayant prononcé la sauvegarde judiciaire de la galerie Kraemer, la plus ancienne galerie en mobilier de la place parisienne. À l’origine de cette demande, un client italien et résident monégasque alerté par voie de presse de la mise en examen de Laurent Kraemer suite à l’enquête portant sur un trafic de faux sièges XVIIIe, dont Bill Pallot a reconnu depuis lors être un des acteurs clé. Si la galerie se considère comme victime dans cette affaire pénale au long cours, elle n’en reconnaît pas moins que le retentissement de l’affaire a entraîné un réflexe de suspicion dans la clientèle quant à l’authenticité des biens qu’elle a vendus. C’est assurément cette suspicion qui a amené l’ancien client à contacter un restaurateur parisien spécialiste des meubles du XVIIIe pour lui demander de réaliser une expertise. Selon les conclusions du restaurateur, dont les détails ne sont pas dévoilés dans la décision du 30 juin 2017, certains meubles acquis auraient été fabriqués dans les années 1980.

(...)

Lire l'article sur le site du Journal des Arts : http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/146496/la-galerie-kraemer-n-en-a-pas-fini-avec-les-ennuis.php

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Aristophil : une exceptionnelle vente aux enchères

Aristophil : une exceptionnelle vente aux enchères | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Ce mercredi 20 décembre, à l'hôtel Drouot, à Paris, ce sont bien des manuscrits exceptionnels qui vont être proposés aux enchères. Ici, une première ébauche du Petit Prince, de Saint-Exupéry. Là, une lettre à l'encre bleue d'une rescapée du Titanic. Et ce roman, de la main de Balzac. Mais toutes ces pièces proviennent d'un fonds d'archives sulfureux, objet d'une énorme escroquerie. Celle d'une société baptisée Aristophil. "On peut parler de pratiques commerciales trompeuses" L'entreprise incitait ses clients à placer leur argent dans ces lettres, un fonds spéculatif avec des rendements mirobolants. "On peut parler de pratiques commerciales trompeuses, puisqu'il y a mensonges", explique Frédéric Castaing, président de la compagnie nationale des experts en œuvres d'art. Résultat : une société en liquidation, Aristophil, son propriétaire Gérard Lhéritier mis en examen et des milliers de personnes flouées pour un montant de 850 000 millions d'euros.

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Christie’s retire de sa vente un planisphère de Waldseemüller de 1507 doutant de son authenticité - LeJournaldesArts.fr - 15 décembre 2017

Christie’s retire de sa vente un planisphère de Waldseemüller de 1507 doutant de son authenticité - LeJournaldesArts.fr - 15 décembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Alexia Lanta Maestrati

LONDRES (ROYAUME-UNI) [15.12.17] - Souvent associé à « l’acte de naissance de l’Amérique », le planisphère de Waldseemüller, était le lot phare de la vente Livres et Manuscrits programmé par Christie’s Londres le mercredi 13 décembre. La maison de ventes l’a retiré à quelques jours de sa vacation car plusieurs spécialistes doutent de son authenticité.

Alors que Christie's, espérait atteindre un million de livre sterling pour un planisphère du cartographe Martin Waldseemüller, la maison londonienne a du retirer le lot de la vente, plusieurs doutes planent quant à son authenticité. Seulement quatre exemplaires du planisphère Waldseemüller sont connus. En 2005, Christie’s avait vendu un exemplaire de la carte, à un acquéreur anonyme pour un prix record de 545 600 livres sterling. Les trois autres exemplaires sont conservés dans des bibliothèques: celle du Congrès, à Washington, celle de l’Université du Minnesota à Minneapolis, et celle de la Bavarian State à Munich. (...)

Lire l'article en intégralité sur le site du Journal des Arts en cliquant sur le titre

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Le Salvator Mundi acheté par le prince héritier d'Arabie saoudite - LeJournaldesArts.fr - 08 décembre 2017

Le Salvator Mundi acheté par le prince héritier d'Arabie saoudite - LeJournaldesArts.fr - 08 décembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

NEW YORK (ÉTATS-UNIS) [07.12.17] - Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, serait l'acquéreur du tableau du peintre italien Léonard de Vinci, vendu 450 millions de dollars mi-novembre, rapporte jeudi le Wall Street Journal.

"MBS", son surnom, aurait eu recours à un intermédiaire pour acheter ce tableau du Christ intitulé Salvator mundi (Sauveur du monde), selon le site du quotidien économique, qui cite des rapports du renseignement américain, lequel s'intéresse de très près au jeune trentenaire. Le fils du roi Salmane consolide progressivement son pouvoir et symbolise l'évolution récente du royaume ultra-conservateur vers davantage d'ouverture. Il est vu comme le principal artisan de la purge sans précédent, présentée comme une opération anti-corruption, qui a eu lieu début novembre en Arabie saoudite. Elle s'est traduite par l'interpellation de dizaines de personnalités du monde politique et des affaires. Selon le site du quotidien, l'intermédiaire du prince héritier est bien le prince Bader ben Abdullah ben Mohammed ben Farhan Al-Saud, cité mercredi par le New York Times, qui aurait passé les ordres auprès de la maison d'enchères Christie's qui a organisé la vente. Mercredi, le Louvre Abu Dhabi, tout nouveau musée inauguré début novembre, avait annoncé que le tableau, allait être exposé dans son enceinte.


Lire l'intégralité de l'article du le site du Journal des Arts en cliquant sur le titre

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Non-lieu requis contre un marchand d'art accusé d'avoir écoulé de faux meubles Prouvé

Non-lieu requis contre un marchand d'art accusé d'avoir écoulé de faux meubles Prouvé | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Un Parisien est accusé par trois galeristes d'avoir vendu de faux meubles du créateur Jean Prouvé. Le parquet de Paris a demandé l'abandon des poursuites à son encontre. Dans cette affaire qui empoisonne depuis neuf ans le milieu feutré du marché de l'art, Eric Touchaleaume, surnommé «l'Indiana Jones» du meuble design par la presse anglophone, a été mis en examen en mai pour «contrefaçon des oeuvres de l'esprit», «faux et usage de faux» et «tromperie sur les qualités substantielles de la marchandise». Mais, le 27 novembre, le parquet de Paris a demandé l'abandon des poursuites à son encontre, d'après ces sources qui confirment une information du Parisien. À l'origine du litige, une vente en avril 2008 chez Artcurial lors de laquelle Patrick Séguin, Philippe Jousse et François Laffanour achètent deux fauteuils et une table à Eric Touchaleaume pour 213.000 euros. Les quatre hommes, qui détiennent un quasi-monopole sur le marché Prouvé, ont longtemps collaboré. Mais leurs relations se sont dégradées au fur et à mesure que la cote de l'architecte, mort en 1984, s'envolait. Certaines pièces ont récemment été adjugées plus d'un million d'euros.

Un expert désigné par le trio conclut à des faux et ils déposent plainte en avril 2009, entraînant l'ouverture d'une enquête. Dans son réquisitoire, dont l'AFP a eu connaissance, le parquet estime difficile de se prononcer sur l'authenticité des pièces «en raison de la nature de la production de Jean Prouvé qui se considérait lui-même comme un industriel». Et même s'il s'avérait qu'il s'agissait de faux, les investigations n'ont pas établi que le marchand d'art en avait connaissance, relève le ministère public, qui ajoute que ses concurrents sont «des professionnels, amateurs de l'oeuvre de Prouvé», donc «capables d'apprécier la qualité des meubles» lors de leur acquisition. Deux chineurs mis en examen «Le parquet confirme ce qu'Eric Touchaleaume clame depuis plus de sept ans», s'est félicité son avocat, Antoine Vey. «Cette procédure ne repose donc plus que sur les seules accusations des trois galeristes, proférées afin de ruiner la réputation de mon client et l'écarter du marché», a-t-il ajouté. Sollicité par l'AFP, Christian Beer, avocat des plaignants, dénonce quant à lui la volte-face du parquet. «Il avait requis la mise en examen de M. Touchaleaume en mai. Il préconise aujourd'hui, sans acte nouveau, le prononcé d'un non-lieu, et ce malgré les nombreux témoignages, preuves scientifiques, historiques et esthétiques recueillis tout au long de l'instruction», a déploré l'avocat. Dans cette affaire, deux chineurs, qui ont initialement vendu les pièces à Touchaleaume, sont également mis en examen. Le parquet a requis le renvoi en procès de l'un d'entre eux, soupçonné d'avoir falsifié trois photos et une lettre de Jean Prouvé d'avril 1958. Il appartient désormais à la juge d'instruction Aude Buresi de rendre un non-lieu à l'encontre d'Eric Touchaleaume ou, au contraire, de décider de le renvoyer devant le tribunal correctionnel.


Lire l'article sur le site du Figaro

http://premium.lefigaro.fr/arts-expositions/2017/12/03/03015-20171203ARTFIG00066-non-lieu-requis-contre-un-marchand-d-art-accuse-d-avoir-ecoule-de-faux-meubles-prouve.php

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Aristophil : une arnaque aux manuscrits de 850 millions d’euros proche de son épilogue

Aristophil : une arnaque aux manuscrits de 850 millions d’euros proche de son épilogue | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Avec la mise en vente à Drouot, à partir de décembre, des quelque 135 000 manuscrits de la société Aristophil, devrait se clore l’histoire d’une escroquerie qui a dilapidé 850 millions d’euros d’économies de 18 000 épargnants. L’étude de la maison de commissaires-priseurs Aguttes a fait savoir le 10 novembre à l’AFP que la vente aux enchères des 135 000 manuscrits et documents anciens de la collection de la société Aristophil, mise en liquidation judiciaire en 2015, commencerait le 20 décembre 2017 à Drouot. Parmi, ces manuscrits se trouvent d’innombrables trésors comme Le Manifeste du surréalisme, le testament de Louis XVI ou le manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome, écrit par le marquis de Sade à la Bastille en 1785, sur 20 mètres de papier réunis en un rouleau.


Cette vente sera la première d'une série d’au moins 300, étalées sur les six prochaines années – sans doute la plus importante dispersion, de mémoire de bibliophile. Pour les 18 000 épargnants qui avaient acheté à la société Aristophil pour un montant total de 850 millions d’euros de certificats d’indivision adossés à des manuscrits, c’est peut-être un mince espoir d’être un jour en partie indemnisés.


Fondée par Gérard Lhéritier en 1990, mais devenue réellement active à partir des années 2000, la société se basait sur des statistiques tout à fait exactes, pour vanter la stabilité d’un produit de placement (les manuscrits ou lettres autographes) qui croissait régulièrement en valeur, depuis la fin du XXe siècle, à un rythme d’environ 7% l’an. 135 000 manuscrits prestigieux et lettres autographes bientôt vendus aux enchères Les éligibles à l’impôt sur la fortune y voyaient aussi une occasion de soustraire quelques dizaines ou centaines de milliers d’euros, tout fait légalement, au calcul de l’assiette de l’ISF. Pour ces derniers épargnants fortunés, peu importait en réalité le retour sur investissement, servi dès la souscription, par une réduction d’impôt.


A ses débuts, Aristophil faisait figure de société originale et créative investissant dans le patrimoine culturel. En 2013, ses ressources lui permettent de construire et financer, sous ses bureaux et salles de conservation, le Musée des lettres et des manuscrits (MLM) dans le superbe l'hôtel particulier de la Salle, boulevard Saint-Germain à Paris. A travers cette institution, Gérard Lhéritier acquiert la respectabilité ultime en co-éditant des ouvrages de bibliophilie avec Gallimard, comme L’Or des manuscrits, paru à l’automne 2014. Un titre particulièrement bien choisi mais funeste. L’intervention de la Brigade financière met fin à l’escroquerie Presque au même moment, le 18 novembre 2014, c’est un coup de tonnerre. Alertés depuis des mois par le Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM), qui flaire une pyramide de Ponzi (montage financier où les nouveaux investisseurs payent les bénéfices des premiers, jusqu’à implosion du système), les policiers de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), investissent le musée.


Assistés de leurs collègues de la Brigade financière, ils lancent plusieurs perquisitions simultanées aux différentes adresses du groupe, au domicile du fondateur, Gérard Lhéritier, chez son expert-comptable niçois et plusieurs gestionnaires de patrimoine avec lesquels Aristophil est en affaires. Jean-Claude Vrain, le célèbre libraire de stars comme Johny Depp, Vanessa Paradis ou Dominique de Villepin, sera lui-aussi perquisitionné. Le fait est que le système Aristophil s’appuie, à des degrés divers sur le Tout-Paris qui fait sa promotion, mais aussi sur les plus prestigieux experts et libraires. Parmi eux, une «troïka» selon l’expression de la profession, rassemble justement Jean-Claude Vrain, Thierry Bodin et Alain Nicolas. Tous trois sont très honorablement reconnus pour leur expertise et propriétaires de prestigieuses librairies spécialisées dans le livre ancien et les manuscrits rares, au cœur du quartier latin. Leur rôle est déterminant. Car c’est avec leur caution qu’Aristophil estime la valeur des manuscrits ou lettres autographes qu’il vend ensuite, sous forme de certificats, aux épargnants auquel il fait miroiter des rendements annuels de 7% à 8% (même s’il a la prudence de ne pas s’y engager par écrit).


Un système proche des pyramides de Ponzi Mais la valeur des lots est dès le départ tellement surestimée par rapport aux prix des ventes constatées sur des pièces comparables dans les grands maison de ventes comme Drouot, Artcurial, Christies ou Sothebys, que les acquéreurs n’ont aucune chance de réaliser de retour sur leur investissement. Par exemple, un lot comprenant un manuscrit d’Albert Einstein et une correspondance de sa main, acheté à New York pour un demi-million de dollars, sera valorisé par un des experts de la Troïka à plus de 10 millions d’euros et finalement vendu 20 millions d’euros aux clients d’Aristophil. Le 1er septembre 2015, le Tribunal de commerce de Paris met le holà en prononçant la liquidation judiciaire de la société. Pour les 18 000 épargnants trompés, c’est la fin du rêve. La cessation de l’activité d’Arsitophil réduit à néant non seulement l’espoir de percevoir les bénéfices escomptés, mais aussi de simplement récupérer leur mise. L’Est Républicain a enquêté sur cette escroquerie – un grand nombre des acquéreurs des contrats Aristophil vivant dans sa région. Il a livré des témoignages édifiants. Dans un article paru en 2015, il raconte comment un chef d’entreprise à Metz a perdu les 17 000 € qu’il avait épargnés pour les études de sa fille en faisant confiance à Aristophil. Il faudra de 10 à 20 ans pour que les épargnants récupèrent moins de 20% de leur investissement Tout au plus, les ventes de la fabuleuse collection de manuscrits aux enchères qui commenceront le 20 décembre permettront aux épargnants d’obtenir une indemnisation partielle. Mais il leur faudra être patients et s’apprêter à subir une décote de 80% sinon plus.


En effet, le commissaire-priseur Claude Aguttes ne devrait assurer les ventes que de 10% du total (environ 13 000 manuscrits). Or, on ignore encore comment et à quel rythme se fera la suite de la dispersion. Frédéric Castaing, président de la Compagnie nationale des experts (CNE) a une idée sur la question. Cité par le Quotidien de l’art, il croit que cela pourrait durer «de 10 à 20 ans». Par ailleurs, selon son estimation la plus optimiste, la collection pour laquelle les 18 000 clients d’Aristophil ont déboursé 850 millions d’euros pourrait ne trouver preneurs que pour un montant de 150 millions, à peine plus de 20% de le cet investissement collectif mal avisé. La profession guette la vente du manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome


Une seule certitude : même s’il n’existe pas encore d’inventaire complet de la collection créée par Gérard Lhéritier, sa vente va faire ressortir de nombreuses pièces exceptionnelles et inestimables. Parmi elles se trouve le sombre mais fascinant manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome écrit par le marquis de Sade à la Bastille. Vendu à la famille de Noailles, descendante du sulfureux Marquis, il avait été dérobé puis a voyagé avant d’aboutir en Suisse chez Gérard Nordman un célèbre collectionneur de curiosa, autrement dit de littérature érotique. Mais il est finalement rentré en France, grâce au fondateur d’Arsitophil (et c'est là son moindre mérite) qui l’a acquis, dit-on, pour 7 millions d’euros. Ce catalogue de perversions sexuelles, rédigé dans le plus somptueux français du XVIIIe siècle, mériterait de rejoindre les collections de la Bibliothèque nationale…

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Vente Camille Claudel : résultat triplé par rapport à l'estimation, 12 préemptions - LeJournaldesArts.fr - 28 novembre 2017

Vente Camille Claudel : résultat triplé par rapport à l'estimation, 12 préemptions - LeJournaldesArts.fr - 28 novembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

PARIS [27.11.17] - Un résultat triple par rapport à l'estimation, douze préemptions et 1,2 million d'euros pour un bronze célèbre : Camille Claudel a fait tourner les têtes lundi soir à Paris lors de la vente par Artcurial de 17 de ses oeuvres Lot phare de cette dispersion des dernières pièces encore en possession de la famille de l'artiste, L'Abandon (1886) est parti à 1,187 million d'euros, doublant son estimation basse. Fondu entre 1905 et 1922 du vivant de l'artiste, c'est le dernier bronze, dans sa version grand format (62 cm de haut), d'une série de 18 exemplaires. Inspiré des retrouvailles de Sakountala et de son époux au Nirvana, l'oeuvre avait été acquise auprès du fondeur [...]


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Aristophil : vent de fronde avant la vente aux enchères

Aristophil : vent de fronde avant la vente aux enchères | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Béatrice de Rochebouët

L'association Cparti veut faire interdire la dispersion inaugurale, prévue le 20 décembre. Selon son président, elle a été préparée «à la va-vite» et en dehors des règles par Me Aguttes.


Va-t-on vers un nouveau scandale dans l'affaire Aristophil, déjà considérée comme la plus grande escroquerie sur le marché des autographes? Depuis mardi où sont exposés au rez-de-chaussée, en salle 9, à Drouot, une partie seulement des 190 lots de la vente inaugurale qui aura lieu le 20 décembre, sous le marteau de Me Aguttes, l'indignation monte. Et la colère a fini par éclater à la veille de cette première dispersion intervenant deux ans après la liquidation de la société de Gérard Lhéritier, ce Madoff des manuscrits qui a floué environ 18.000 personnes ayant investi (80 % en indivision) pour au moins 850 millions d'euros.


À moins d'un mois de la vente, le président de l'association Cparti, Alain Poncet, regroupant plus de 3300 victimes de la société Aristophil, monte au front: «Nous sommes déterminés. On ira jusqu'au bout. Il y a un loup dans cette première dispersion préparée à la va-vite alors que Me Aguttes n'a toujours pas reçu l'ordonnance du tribunal de grande instance pour procéder à la vente, qui compte entre autres 25 % des indivisions.» Très remonté par ce manque de professionnalisme, il renchérit: «À qui cela profite? Nous ferons tout pour interdire la vente, car ce n'est pas dans l'intérêt des indivisaires. Sans vouloir mettre de l'huile sur le feu, notre devoir est de leur dire ce qui se passe, car ils ont vraiment l'impression de s'être fait spolier. La vente risque d'être une grande braderie.»


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Vers une modification du Conseil des ventes volontaires ? - LeJournaldesArts.fr - 29 novembre 2017

Vers une modification du Conseil des ventes volontaires ? - LeJournaldesArts.fr - 29 novembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

par Alexis Fournol, avocat à la Cour

PARIS [29.11.17] - Le député Sylvain Maillard a annoncé, lors de la convention du Symev, à mots à peine couverts, une réflexion en cours sur une proposition de loi qui irait dans le sens d’une plus grande autorégulation des commissaires-priseurs. Jean-Pierre Osenat a été réélu à la présidence du syndicat.

« Ici nous sommes élus, nous ne sommes pas nommés ». Les propos de celui qui a reçu 73 suffrages sur les 77 votants de la dernière convention du Symev étaient annonciateurs de la tonalité que prendraient les discours de clôture de la grand-messe annuelle du syndicat des maisons de ventes volontaires. Dans la lignée des propositions de l’année passée, l’idée de suppléer l’autorité de régulation que constitue le Conseil des ventes volontaires a pris du poids. Rappelant que les commissaires-priseurs n’avaient « pas besoin de devenir des ultra-libéraux, des ultra-libertaires, des ultra-révolutionnaires, [car] ce n’est pas notre culture et ce n’est pas notre ambition », le président réélu a plaidé pour une voix médiane de régulation du secteur, « parfaitement en phase avec l’évolution de notre pays ». Face à tous les bouleversements de la profession, une nécessité de conquérir sans se renier s’imposerait. (...)


Lire l'article en intégralité sur le site du Journal des Arts en cliquant sur le titre

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Suisse : le marchand d'art Bouvier dans le collimateur du fisc - LeJournaldesArts.fr - 12 septembre 2017

Suisse : le marchand d'art Bouvier dans le collimateur du fisc - LeJournaldesArts.fr - 12 septembre 2017 | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

GENEVE (SUISSE) [12.09.17] - Le marchand d'art genevois Yves Bouvier, déjà inculpé par la justice monégasque, est également dans le collimateur du fisc suisse, qui le soupçonne de ne pas avoir déclaré des millions de francs suisses de revenus. Une enquête de l'administration fiscale fédérale à Berne a été ouverte contre lui en mars dernier et un de ses immeubles en Suisse a été placé sous séquestre à titre de précaution. Selon son avocat, l'enquête fiscale n'en est encore qu'à ses débuts.

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Biennale : des experts trop sévères ? | Connaissance des Arts

Biennale : des experts trop sévères ? | Connaissance des Arts | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

Article par Céline Lefranc

Lors des vernissages de la Biennale Paris, au Grand Palais, tout le monde ne parlait que de la sévérité des experts, qui a même poussé un exposant à fermer son stand. Les commissions d'expertises auraient-elles fait du zèle ? Dimanche, les invités de la Biennale ont eu la surprise de voir un stand fermé, (mal) occulté par un grand drap noir laissant apercevoir des lustres. Une première sous la verrière du Grand Palais ! Renseignements pris, il s’agissait de la galerie parisienne Lumières qui s’était vue refuser lors du « vetting » (passage de la commission d’expertise) la majorité des objets qu’elle avait apportés, et qui avait préféré fermer son stand. Ce matin, lors du vernissage presse, l’entrée dudit stand avait été fermée dans les règles de l’art par des tapissiers, si bien que les visiteurs non avertis ne pouvaient deviner qu’il y aurait dû avoir un exposant à cet emplacement.

Si cet incident a été le plus marquant, de nombreux marchands, surtout dans le domaine du mobilier et des objets d’art, se sont plaints de l’intransigeance des experts. Tel marchand d’objets du XVIIIe nous a dit qu’en matière de bronze, les experts étaient « incompétents ». Tel antiquaire a dû enlever les sabots en bronze doré d’une importante commode mais les gardait à la main pour les montrer aux amateurs qui l’interrogeaient sur l’état du meuble. Un autre marchand, défendant une spécialité très pointue dans l’art asiatique, était furieux qu’on lui ait retiré une table dont il était parfaitement sûr. Nous ne sommes pas compétents pour trancher dans ces querelles d’experts, mais ce qui est certain, c’est qu’après les scandales des faux meubles qui ont éclaté l’an dernier, le mot d’ordre de la Biennale cette année, dans tous les domaines mais en particulier dans celui du mobilier, semble bien avoir été la sévérité. Et à nos yeux, c’est ce qu’il fallait faire pour redorer l’image de cette spécialité.

Michel Maket, président du SFEP, un des syndicats d’experts chargés du vetting cette année, nous disait ce matin : « Les marchands doivent comprendre qu’il vaut mieux enlever les objets en cas de doute, plutôt que de risquer d’avoir un procès trois ans plus tard ». L’avant-veille et la veille de l’ouverture de la Biennale, le peu de temps dont disposent les experts pour voir tous les objets dans leur spécialité, qui limite forcément le temps disponible pour discuter avec les marchands, explique sans doute l’incompréhension de ceux dont on retire des objets.

Comme le rappelle Frédéric Castaing, président de la CNE, l’autre compagnie d’experts en charge du vetting, « c’est pour éviter ces inconvénients que la Biennale avait mis sur pied pour la première fois un pré-vetting permettant aux marchands de présenter en amont, dans leur galerie ou sur dossier, une partie ou l’ensemble de leurs objets ». Dans le cas de la galerie Lumières, il semble qu’un seul expert se soit rendu en amont à la galerie, et qu’il n’ait pas émis d’avis tranché, préférant une décision collégiale. Ces mésaventures, qui rappelons-le, surviennent dans tous les salons, seraient limitées si tous les marchands et experts jouaient le jeu de ce pré-vetting. Espérons qu’ils s’y mettent massivement l’an prochain.

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La Biennale Paris en quête de renouveau

La Biennale Paris en quête de renouveau | La revue de presse de la Compagnie Nationale des Experts | Scoop.it

A lire sur le site de Challenges

Article par Par David Bensoussan le 08.09.2017


Ce salon d’élite, qui réunit les grands antiquaires, débute demain soir avec le dîner de gala, sur fonds de baisse de la fréquentation et d’affaires de faux meubles.


(...) Pour contribuer à restaurer la confiance sur le marché, le SNA et son avocat Christian Beer, ont décidé de revoir les règles du vetting commitee, la commission d'admission des oeuvres exposés à la Biennale. "Indépendamment des affaires, j’étais très attaché à ce que cette commission devienne parfaitement indépendante", assure Mathias Ary Jan. Elle sera désormais co-présidée par Frédéric Castaing, président de la Compagnie nationale des experts, et Michel Maket, président du syndicat français des experts professionnels. Les élus du SNA n’interviendront plus dans les décisions et les exposants ne pourront plus y siéger. Un progrès tardif mais bienvenu selon un collectionneur: "auparavant, c'était le règne des petits arrangements entre amis, tu me prends tel objet, je te prends celui-là. " 


Photo : AFP

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Le design de retour à la Fiac - LeJournaldesArts.fr - 13 juillet 2017

PARIS [13.07.17] - Jennifer Flay, sa directrice, a présenté hier à la presse la programmation de la 44e édition de la Foire internationale d’art contemporain qui se tiendra du 19 au 22 octobre, à Paris.

Nouveauté pour cette édition 2017, le design fait son grand retour dans les espaces du Grand Palais avec cinq galeries françaises reconnues pour leur expertise dans le domaine du design du XXe et XXIe siècle : Jousse Entreprise, kreo, LAFFANOUR-Galerie Dowtown, Eric Philippe et Patrick Seguin. Dès 2004, la Fiac a créé un secteur design, premier du genre dans une foire d’art contemporain. Un modèle largement repris depuis, jusqu’à occuper une place de plus en plus significative avec un haut niveau qualitatif international, tel qu’on a pu le constater lors de la dernière édition d’Art Basel. Cette année, 192 galeries, issues de 29 pays, spécialisées en art moderne et contemporain, seront présentées sous la Nef du Grand Palais, dans les Galeries Supérieures, le Salon d’honneur et le Salon Jean Perrin. Le plus important contingent des exposants est français (plus d’un quart) et européen (plus des deux tiers).(...)

Lire la suite sur le site du Journal des Arts : http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/146498/le-design-de-retour-a-la-fiac.php

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