L'Eau en Montagne
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Les zones de montagne sont les châteaux d’eau de la planète

Les zones de montagne sont les châteaux d’eau de la planète | L'Eau en Montagne | Scoop.it

Les zones de montagne sont les châteaux d’eau de la planète
Article de Jean Francois Donzier, le 20 avr, 2009
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Préserver, voire protéger l’eau, «or bleu du XXIème siècle» devient, à l’échelle de la planète, une nécessité. Si en pays de montagne l’environnement et l’écologie sont au cœur de tous les sujets, celui de l’eau est certainement un des plus emblématiques. Besoin fondamental pour la survie de l’homme, force parfois destructrice ou source d’énergie renouvelable, ce bien précieux exige une gestion concertée de la part de tous les acteurs d’un territoire, effectuée à l’échelle de bassins versants de taille adaptée à la problématique traitée, une échelle où devra s’exercer véritablement la solidarité amont aval.
C’est dans ce contexte que Jean-François Donzier, Directeur général de l’Office International de l’Eau – OIEau – et secrétaire général du Réseau International des Organismes de Bassin – RIOB – dresse un état des lieux, oppose enjeux et menaces, et propose quelques clefs de gestion.

LES ENJEUX

Sécheresses, inondations, érosion, pollution, développement … les montagnes jouent un rôle stratégique dans la gestion de l’eau.

Plusieurs raisons à cela. Elles concentrent une part importante des précipitations, dans les parties hautes des bassins versants. Tous les grands fleuves du monde et leurs principaux affluents prennent leur source en montagne.

L’aménagement, le développement et la protection des montagnes sont des enjeux considérables à l’échelle mondiale. Ainsi les zones de montagne couvrent 24 % de la surface terrestre des continents et 26 % de la population mondiale environ y habite si l’on inclut celle qui vit à proximité immédiate en piémont ou dans les basses vallées. Mais, une proportion bien plus importante de la population mondiale dépend des biens et services fournis par ces zones, en particulier l’eau, qui peut être vitale pour l’agriculture, les communautés et les industries situées à des centaines, voire à des milliers de kilomètres de ces montagnes. En Europe, les zones de montagne couvrent en moyenne 35,5 % du territoire total et plus de 90 % en Norvège ou en Suisse. 94,3 millions d’Européens vivent en montagne.

L’image la plus valorisante que revêtent les montagnes européennes est probablement celle de «châteaux d’eau», recevant les précipitations et les stockant sous forme de neige ou de glace, dans ses lacs, ses réservoirs artificiels, ainsi que dans ses zones humides ou ses aquifères. Au printemps et en été, avec la fonte des neiges puis des glaciers, l’eau qui s’écoule des rivières de montagne se substitue et supplée les gros débits d’automne et d’hiver des basses terres et des plaines. Par exemple, même si seulement 11 % du bassin du Rhin se trouve dans les Alpes, celles–ci assurent 31 % du débit annuel et, en été, lorsque l’eau est particulièrement demandée par les agriculteurs, 50 % du débit. Dans les zones plus arides de la Méditerranée, notamment dans la péninsule Ibérique, l’Italie du sud, la Grèce et les Balkans, ou la Côte d’Azur, l’eau de montagne est une ressource stratégique pour le développement, indispensable en particulier pour l’irrigation.

En France rappelons-nous que c’est l’eau de l’arrière pays montagnard de PACA, transférée par le Canal de Provence, qui sécurise la desserte en eau brute de Marseille et de toute la région côtière jusqu’à Toulon ! En période de sécheresse en plaine, ce serait une catastrophe pour des régions entières que le «robinet» des eaux de montagne se tarisse : L’eau du monde descend des montagnes !

LES MENACES

Les montagnes sont très sensibles aux changements climatiques.

Dans les zones de montagne, de faibles changements climatiques à l’échelle mondiale peuvent entraîner des bouleversements majeurs pour les conditions environnementales locales. Il est fort probable que ceux-ci auront des répercussions considérables sur l’agriculture et la sylviculture, mais aussi sur le régime des eaux. Les écosystèmes de montagne sont des indicateurs des changements climatiques.

Cette sensibilité aux changements climatiques peut très vite mettre à mal les protections, les espaces bâtis et les infrastructures, plus particulièrement les routes et les voies ferrées, et provoquer ou accentuer des catastrophes naturelles, telles que les inondations, les glissements de terrain et les avalanches.
L’augmentation probable de la fréquence d’événements climatiques extrêmes signifie que ces catastrophes naturelles vont, de même que les feux de forêts et de broussailles (ex. : le maquis méditerranéen), sans doute devenir de plus en plus courantes. Cela implique également qu’il va être de plus en plus difficile de prévenir ces catastrophes naturelles, qui sont toutes susceptibles d’avoir des impacts graves en aval.

Le seuil de températures au-delà duquel les précipitations tombent sous forme de pluie, et non de neige, a une importance critique. L’augmentation des températures, et la transformation consécutive de précipitations neigeuses en pluies, va avoir une influence sensible sur le ruissellement et le stockage de l’eau en altitude, et donc sur les débits restitués en été. Ces modifications affecteront certes les montagnes elles-mêmes, mais auront des répercutions, tout autant et peut-être encore plus, pour les régions situées en aval.

Le tourisme hivernal fondé sur le ski pourrait devenir difficile à assurer en moyenne montagne, engendrant ainsi des pertes économiques pour les communes et les entrepreneurs et créant une demande encore plus forte de séjours dans les stations situées à de plus hautes altitudes.
Au cours des dernières années, l’enneigement sur l’ensemble des massifs montagneux a diminué de façon significative. Face à ce constat, les stations de ski ont dû investir dans des équipements de production de neige artificielle (46 millions d’euros en France en 2002). Ce déploiement de «canons à neige» assure potentiellement une fréquentation régulière pendant la saison touristique, mais a des impacts sur le milieu naturel montagnard. Utilisés autrefois seulement pour améliorer certains passages de pistes ou permettre aux touristes de regagner la station les skis aux pieds, les «canons à neige» assurent désormais l’enneigement de la plupart des pistes de la mi-décembre à avril.

Une preuve importante du changement climatique nous a déjà été fournie par la fonte des glaciers de la plupart des régions d’Europe, dont le recul est déjà très sensible, et par l’apparition de végétaux nouveaux sur de nombreux sommets des Alpes, notamment.
En aval, l’alternance des inondations et des sécheresses pourraient ainsi se faire de plus en plus fréquentes.

Les montagnes sont des zones de risques naturels.

Avec la pente et le relief, conjugués avec une végétation souvent rase et fragile du fait d’un climat plus rude, les montagnes sont des zones d’intense érosion et de concentration rapide des eaux, qui forment les crues et inondations qui pourront être ravageuses pour les parties basses des bassins et les plaines.

Ces phénomènes sont d’autant plus dangereux que les orages sont plus violents et que les bassins de concentration amont sont plus pentus et qu’ils débouchent directement sur des zones basses peuplées ou industrialisées, comme c’est le cas en zones méditerranéennes. Nous avons tous en mémoire les crues torrentielles cévenoles du Gard ou de l’Hérault ou celles de Vaison-la-Romaine.
Et l’effet est d’autant plus dévastateur que les zones plates de fonds de vallées sont étroites et encaissées entre les pentes des versants, et que s’y concentrent les infrastructures, les zones d’activités et les habitations, et que l’urbanisation n’y est pas suffisamment contrôlée … d’où l’importance des plans d’exposition aux risques naturels !

Ces situations peuvent être aggravées sous l’effet des activités humaines :
- Le surpâturage et la déforestation dans beaucoup de pays du sud, qui favorisent l’érosion et les glissements de terrain,
- L’imperméabilisation du sol par les constructions, les aires de stationnement et les routes, en particulier dans les zones de fort développement urbain et touristique, qui empêche l’infiltration de l’eau dans le sol et intensifie le ruissellement.
- La mise en culture des prairies dans certaines zones.

Mais aussi, à l’inverse, l’abandon des secteurs les plus difficiles par la population et les activités économiques traditionnelles, comme le pastoralisme, avec pour conséquences la destruction ou l’absence d’entretien des ouvrages hydrauliques collectifs, les terrasses et drainages en particulier, et le retour à la friche …

C’est aussi en montagne que se «produisent» les alluvions (débris de la montagne se déposant à l’aval), qui vont se sédimenter en plaine, pouvant entraîner des dommages au fonctionnement des milieux (colmatage des frayères, pollutions diffuses).

La compétition entre les usages de l’eau est de plus en plus vive.

L’augmentation des besoins en eau des hauts bassins oblige à s’interroger sur le partage de l’eau disponible en amont des bassins et sur la disponibilité des ressources pour l’aval.
Les stratégies des populations, voire des pays, peuvent être concurrentes : par exemple, l’Egypte en aval du Nil est entièrement dépendante du développement des pays d’amont, mais, à l’inverse, la Turquie, avec le «Grand Projet d’Anatolie», contrôle entièrement les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Il en est de même de la Chine en amont de plusieurs très grands fleuves transfrontaliers qui prennent leurs sources sur son territoire.

Jusqu’à quand pourra-t-on en même temps :

en été, notamment les années sèches :
- Sécuriser l’adduction d’eau potable des villes, des villages et des zones touristiques ?
- Stocker de l’eau dans les barrages en attente pour produire de l’électricité «renouvelable» quand on en aura besoin, c’est-à-dire en hiver, pendant la pointe de consommation électrique.
- Maintenir un «débit réservé» d’étiage pour préserver la faune et la flore aquatiques (débit écologique) et permettre la libre remontée des poissons migrateurs (saumon, …).
- Donner de plus en plus d’eau aux agriculteurs pour irriguer leurs cultures.
- Assurer suffisamment d’eau dans les torrents pour la pratique des «sports d’eau vive», canoë-kayak, rafting, nage en eau vive, «canyoning», … pour développer le tourisme estival,
- Le cas échéant, transférer de l’eau depuis des bassins «riches en eau» vers des bassins déjà déficitaires et à quelles conditions (cf. le Plan National Hydrologique espagnol !).

et en hiver, concilier les «canons à neige» et les besoins en eau potable des touristes, quand l’étiage est le plus souvent observé, en janvier ou février ?

Pour illustrer ce sujet, une étude de l’Agence de l’Eau a recensé 162 stations de sports d’hiver dans le bassin Rhône-Méditerranée et Corse – RM&C – essentiellement réparties dans 7 départements : Isère, Savoie, Haute-Savoie, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Pyrénées-Orientales.
Il y aurait 85 % de ces stations du bassin RM&C qui posséderaient de telles infrastructures d’enneigement artificiel. Les surfaces enneigées représentent en moyenne 15 % des surfaces skiables, avec des variations de 5 à 60 % selon les stations.
Les canons sont installés surtout en dessous de 2000 mètres. Cela correspond à l’altitude des petites stations, au «pied des pistes» ou au «retour station» des grandes stations. Pourtant, la part des équipements située à haute altitude n’est pas négligeable et on peut penser qu’à terme, ce ne seront plus seulement les bas de stations qui seront équipés mais la totalité des surfaces.

La consommation «théorique» est de 1 m3 d’eau pour 2 m3 de neige fabriquée. La consommation d’eau observée sur la saison 1999-2000, pour les 119 stations équipées de RM&C, est de 10 millions de m3. Ce volume représente 19 % du volume annuel prélevé par les collectivités correspondantes, pour leur usage d’eau potable. C’est ainsi l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 170 000 habitants.

Par ailleurs, si on s’intéresse à la consommation d’eau rapportée à l’hectare enneigé, les données disponibles conduisent à un ratio de 4 000 m3 à l’hectare. On peut alors la comparer à ce qui est constaté pour d’autres usages, l’irrigation par exemple, à titre de référence, on citera le ratio observé pour l’irrigation du maïs en Isère : environ 1700 m3 à l’hectare. L’activité de production de neige de culture se caractérise par une consommation d’eau concentrée sur une période de 3 à 4 mois dans l’année (de décembre à avril).
L’hiver, les populations des communes touristiques de montagne peuvent être multipliées jusqu’à dix pendant certaines périodes de vacances de haute saison. Les besoins en eau sont donc considérables et parfois critiques en raison de la rareté de la ressource à cette époque. Les résultats de l’enquête de l’Agence de l’Eau RM&C mettent en évidence que plus du tiers des communes étudiées sont confrontées à des problèmes d’alimentation en eau en saison hivernale. Les raisons invoquées sont diverses : ressources insuffisantes du fait de l’étiage, faibles rendements des réseaux, neige de culture. Cette dernière cause est tout de même assez rare. Les volumes annuels prélevés restent généralement compatibles avec les besoins des milieux naturels sollicités. Cependant, la situation peut être différente si on raisonne sur les 4 mois que dure la saison (période d’étiage) ou encore si on étudie les répercussions sur un rythme journalier, voire horaire.

La qualité des eaux et des milieux aquatiques se détériore.

Ce n’est pas parce que l’eau est bouillonnante qu’elle est propre : les sources et les torrents d’altitude peuvent aussi être pollués par les alluvions, par la faune sauvage, l’élevage ou l’activité humaine ! Dans les décennies passées, on s’est surtout préoccupé, des «points noirs» en aval des grands fleuves, des grosses pollutions industrielles ou urbaines des plaines, mais sur les petites «rivières à truites» d’altitude, qui sont encore, Dieu merci, en assez bon état, l’effet des aménagements, de l’industrie, du tourisme ou de l’élevage est proportionnellement plus dégradant, du fait de débit généralement faible, surtout en période d’étiage.

Des problèmes ponctuels mais persistants d’assainissement, liés ou non à l’activité touristique, ou des pollutions diffuses (nutriments, bactériologie), liées aux élevages (bâtiments, gestion des effluents, abreuvage) ou à la filière laitière (fromageries, porcheries) s’exercent sur de petits cours d’eau avec une incidence aggravée par les étiages naturellement faibles, pénalisant les usages les plus exigeants (alimentation en eau potable – AEP – et loisirs nautiques).

Du fait le plus souvent de l’absence de zones classées comme «vulnérables» et de la petite taille des élevages, le Programme de Maîtrise des Pollutions d’Origine Agricole n’a pas eu de développement significatif en zone de montagne. Pourtant les besoins de stockage des effluents d’élevage sont importants du fait de la durée réduite de la fenêtre climatique pendant laquelle les épandages sont possibles, et de la relative rareté des terrains épandables. Il faut signaler l’existence de pollutions métalliques, surtout liées à la géochimie naturelle des roches, mais pouvant être localement aggravées dans les anciens secteurs miniers.

L’impact, dans certaines vallées, des activités d’industrie lourde traditionnelle, métallurgie, aciers spéciaux, chimie du carbone, explosifs… peut être significatif. L’Arc alpin et les autres massifs touristiques connaissent des problèmes de pollution principalement dus à leur forte fréquentation de masse et à la concentration des touristes dans les stations et sur de courtes périodes. En outre, 15 % des stations touristiques rejettent encore leurs eaux usées sans traitement, et 60 % des installations d’épuration n’ont pas un fonctionnement satisfaisant.

Par ailleurs, même si les milieux aquatiques et les zones humides montagnards sont caractérisés par leur richesse et leur densité, on constate leur recul ou la détérioration de leurs fonctionnalités sur de vastes territoires, du fait d’atteintes diffuses (drainage, re-calibrage de petits, voire très petits cours d’eau…).

La montagne se distingue également par un grand nombre de plans d’eau. Un inventaire, réalisé par l’Agence de l’eau RM&C, sur tous les plans d’eau de superficie supérieure à 10 ha, recense 60 lacs ou «Masses d’Eau» naturelles, au sens de la Directive-Cadre sur l’Eau – DCE. Les plans d’eau artificiels (anthropiques) sont au nombre de 70 dans le District du Rhône : ce sont des cours d’eau transformés en plans d’eau par une retenue ou une digue, des gravières, des retenues collinaires, des étangs ou certains réservoirs, qui peuvent être soumis à des pressions environnementales plus ou moins fortes.

LA GESTION

L’eau est également une richesse économique en montagne.

Créateur de développement (hydroélectricité, eaux minérales, nouveaux sports et loisirs en eaux vives, …), une meilleure valorisation de ce potentiel permettra de contribuer à l’aménagement du territoire et à l’économie des zones de montagne. L’eau en montagne, au-delà des dangers qu’elle a fait courir depuis des siècles aux populations, est en effet aussi une «source» de richesse et de développement.

Dès le Moyen Age en Europe, les moulins à eau ont permis l’installation dans les hautes vallées de l’industrie, notamment des métaux, renforcée dès le début du XXème siècle par la proximité de l’hydroélectricité (aciers spéciaux, aluminium, chimie du carbone, …). Traditionnellement, les activités manufacturières dans les zones de montagne se sont localisées à proximité des sources d’énergie et des ressources minières, ou bien s’appuient sur un savoir-faire local développé grâce à la pluriactivité agricole.

L’eau de montagne constitue également une source d’énergie hydroélectrique pour de nombreuses régions d’Europe. Dans les Alpes, un grand nombre de sites se sont déjà implantés depuis un siècle ; ils produisent de l’électricité utilisée dans les pays alpins, mais également exportée au-delà du réseau européen. La «Chaine de la Durance» permet par exemple de mobiliser 2000 MW en quinze minutes environ, soit l’équivalent de 1,5 à 2 tranches nucléaires !

Cependant, bien que les coûts économiques de production puissent être relativement faibles, les coûts environnementaux sont souvent très élevés. Parmi les conséquences répertoriées, on peut citer les effets sur les quantités de sédiments charriés ou sur le renforcement de l’érosion ou la dégradation de la biodiversité le long des berges, ou encore des modifications du microclimat et des phénomènes d’eutrophication au sein des réservoirs. Pour ces raisons, selon une étude du Ministère de l’Industrie, en France, un accroissement seulement 13,4 TWh, soit 19 %, des capacités de production d’électricité hydraulique, serait possible dans l’avenir, y compris avec l’amélioration des sites existants déjà.

En Europe, 96 grandes centrales électriques, sur un parc total de 362 (soit 26,5 %), sont implantées en montagne. C’est le cas de la majorité des centrales hydrauliques, en raison des conditions topographiques nécessaires (hauteurs de chutes). Les autres formes de production d’énergie (centrales thermiques ou nucléaires) sont aussi souvent implantées en zone de montagne en raison notamment de la disponibilité en eau de refroidissement.

Manifestement, l’approvisionnement en électricité est un des rôles majeurs des zones de montagne à travers l’Europe. Il n’est plus nécessaire de parler du marché désormais mondial des eaux minérales et thermales, dont la plupart des sources sont en montagne ou à leur piémont immédiat. Et aujourd’hui, les «eaux-vives» deviennent aussi un nouveau «gisement» pour l’économie des sports et des loisirs – rafting, canyoning, canoë-kayak, nage en eau-vive, … – qui sont autant de créneaux pour les stations touristiques de montagne, comme à Megève, où un projet ambitieux de revalorisation va permettre de développer la fréquentation d’été.

En France, la montagne accueille chaque année 20,8 millions de touristes français et 2,9 millions de touristes étrangers, représentant 175 millions de nuitées, soit un potentiel économique considérable.

Mais la «solidarité amont-aval» reste très faible.

Il est important de mieux reconnaitre le rôle des montagnes pour la collectivité dans son ensemble et mieux aider les montagnards, dans le cadre de politiques intégrées des bassins, pour qu’ils puissent assurer la gestion des territoires, des écosystèmes et des ressources en eau des massifs, et réaliser les équipements intégrés nécessaires en amont, pour continuer à protéger l’aval contre les risques et à fournir aux plaines de l’eau abondante et de qualité, dont elles auront de plus en plus absolument besoin.

La «Loi montagne» de 1985 avait ouvert timidement la voie, notamment en ce qui concerne les quotas d’énergie réservée aux zones de montagne et en renforçant la politique de massifs. Le système français des Agences de l’Eau ouvre aussi une possibilité de solidarité entre l’amont et l’aval de leurs bassins.

La Directive–Cadre européenne sur l’Eau.

La DCE de 2000 vise d’ici à 2015 la protection des ressources en eau et des écosystèmes aquatiques, voire à leur restauration dans leur état naturel, … (toutes les eaux et les écosystèmes aquatiques liés, hors dérogation pour les «Masses d’Eau Fortement Modifiées» ou « Artificielles »). Ces «Masses d’Eau de montagne européennes» (éco-hydro-systèmes montagnards) atteindront-elles le bon état écologique en 2015 ?

En montagne métropolitaine, il y aurait 609 «Masses d’Eau de Rivières» identifiées, dont 99 Fortement Modifiées, et 106 plans d’eau de plus de 50 ha, dont 52 Fortement Modifiés ou Artificiels.
Sur les cours d’eau du bassin RM&C, le risque de non atteinte du «bon état» des Masses d’Eau se présente de la façon suivante :
- pour 1/3, le risque est faible,
- pour 1/3, il y a doute sur le risque ou le risque est fort,
- pour 1/3 les «Masses d’Eau» sont Fortement Modifiées, et donc, à priori, seulement assujetties à un objectif de «bon potentiel écologique», au lieu de «bon état écologique».

Les montagnes jouent incontestablement un rôle stratégique dans la gestion de l’eau douce des continents : il est important d’analyser l’impact du changement climatique sur le fonctionnement hydraulique des massifs montagneux. C’est l’ambition des conférences internationales qui se sont déjà tenues à Megève en 2002 et 2006 et qui ont permis des progrès substantiels dans la connaissance des évolutions prévisibles dans les prochaines décennies. Avec les travaux du GIEC et ceux de la Convention alpine sur l’eau, la prochaine conférence sur l’eau en montagne prévue à Megève en septembre 2010 devrait permettre d’avancer vers des recommandations sur les actions indispensables à mettre en œuvre pour prévenir les phénomènes en cours.

Texte et photos © : mentions légales, tous droits réservés - Crédit OIEAU

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Chacun a conscience que la disponibilité de cette ressource, en qualité et quantité ne va plus de soi. Le réchauffement climatique, une météorologie souvent marquée par des extrêmes limitent de plus en plus sa disponibilité au moment même où les besoins de l’humanité s’accroissent : les hommes sont plus nombreux et plus consommateurs. Les pollutions, souvent consubstantielles à nos activités économiques, viennent au surplus fréquemment compromettre l’accès à une eau de bonne qualité.

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