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La lettre mensuelle des écoles maternelles
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« Pour des activités graphiques tout au long de l’école maternelle »

Cette lettre met une focale sur le graphisme.

Madame Bouysse, inspectrice générale de l’éducation nationale, nous propose une réflexion sur les fonctions, les enjeux et les valeurs d’un enseignement réfléchi et volontariste du graphisme.

Des enseignantes des deux départements ont répondu à mon appel et ont accepté de partager leurs démarches et de nous donner à voir comment leurs élèves sont amenés à s’exercer, à tâtonner, à explorer mais aussi à s’entraîner, à affiner, à préciser leurs gestes vers des réalisations de plus en plus précises et exigeantes.

Une bibliographie pour accompagner vos propres recherches vous est aussi proposée.

 

Catherine Lavit

IEN Maternelle Gers et Hautes-Pyrénées

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Le dossier du mois

Pour des activités graphiques tout au long de l’école maternelle

Sans proposer un développement technique sur « le graphisme » à l’école maternelle que chacun peut trouver dans le document ministériel

Le langage à l’école maternelle

(annexes XVIII et XIX en particulier de la version 2011), ce court texte se veut un plaidoyer pour la revalorisation de ce que l’on a appelé longtemps « les activités décoratives à dominante graphique ». Leur pratique s’inscrit dans un contexte d’apprentissage qui vise la maîtrise de l’écriture mais elle ne doit pas être vue simplement comme une étape au service d’un objectif plus noble. Certes, comme le dit le document cité plus haut : « Les liens entre le graphisme et l’écriture se rapportent à des compétences perceptives majeures pour discriminer les formes et leur organisation (que ce soient des lignes, des motifs graphiques ou des lettres), à des compétences motrices spécifiques (tenir un crayon, diriger son geste volontairement, maîtriser le freinage, les rythmes et les proportions, tracer des formes non aléatoires, investir l’espace graphique), à des compétences cognitives (analyse, comparaison, classification, mémorisation, anticipation, régulation). Ces compétences sont à la source de l’activité grapho-motrice qui concerne aussi bien le graphisme que l’écriture. C’est en ce sens que le graphisme participe à l’apprentissage de l’écriture. »

Au-delà de ces vertus déjà nombreuses, la pratique des activités graphiques a en elle-même une valeur formatrice : elle apprend la concentration, l’application au travail, la patience qui soutient la lenteur d’une exécution appliquée pour aboutir à une production dont on puisse être fier. En donnant une finalité à cette production qui sera vue (par les camarades, par les autres classes, par les parents, etc.) si elle s‘inscrit dans le cadre d’activités décoratives, on met les enfants dans une situation bien plus riche qu’avec l’activité sur fiche qui n’a pas d’autre destin que celui d’être un exercice. Il ne s’agit pas ici de stigmatiser l’exercice surtout pour des apprentissages complexes dont on doit viser le perfectionnement ; il faut même au contraire lui redonner de la valeur : il n’y a pas de champion sans entraînement… et il n’y a pas d’entraînement sans effort. Mais le travail procure-t-il de la fierté s’il n’a pas coûté quelque effort ? C’est en ce sens qu’il y a aussi une portée éducative, voire éthique, dans ce domaine d’activité. La « main créatrice » acquiert sa dextérité par la discipline d’une pratique qui ne craint pas la répétition, nous dit Richard Sennett dans ce beau livre

Ce que sait la main, loin de l’école maternelle et pourtant si éloquent sur des questions fondamentales pour elle… (sous-titre La culture de l’artisanat

. A. Michel, 2010).

La valeur culturelle n’est pas à négliger non plus. Le répertoire des formes à travailler peut se nourrir à deux sources : l’environnement qui offre une variété de motifs intéressants à analyser et à reproduire, et d’abord à voir, et les répertoires culturels : tableaux des géants de la peinture explorés par ailleurs d’un double point de vue, sensible et esthétique et inventaires de formes propres à d’autres civilisations que la nôtre.

Si les activités graphiques permettent de s’ouvrir à des formes culturelles variées, de travailler la perception, la motricité (gestes et postures), la coordination oeil-main, la structuration de l’espace, elles requièrent aussi le langage : associé au décryptage des formes, à l’anticipation et à la réalisation des gestes, au maniement des outils et à la rencontre des matières sur lesquelles inscrire des traces, le langage est l’adjuvant indispensable des apprentissages maîtrisés.

Education de la main et du regard, éducation de l’intelligence du geste, éducation de la persévérance et de l’imagination, éveil au beau : il ne faut pas se priver des activités graphiques.

 

Viviane Bouysse,

Inspectrice générale de l’éducation nationale

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