IranianStories 8 juin 2009 La chaîne verte
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Le 8 juin 2009, plusieurs dizaines de milliers de Téhéranais forment une gigantesque chaîne humaine le long des 20 kilomètres de la rue Vali-asr. Ils soutiennent Mir Hossein Moussavi, candidat officiel de l’opposition.
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Iran 2009 - Élection présidentielle - Les enjeux du scrutin

Iran 2009 - Élection présidentielle - Les enjeux du scrutin | IranianStories 8 juin 2009 La chaîne verte | Scoop.it
Mahmoud Ahmadinejad bataille pour être réélu vendredi à la présidence de la république iranienne, dans une campagne dure et âpre. Clément Therme, assistant de recherche à l'Ifri, revient sur les enjeux du scrutin.

A deux jours de l'élection présidentielle en Iran, la campagne bat son plein dans la république islamique. Injures, accusations de mensonge ou de corruption, les candidats ne s'épargnent pas. Clément Therme, assistant de recherche à l'Institut français des relations internationales (Ifri) et qui travaille sur l'Iran depuis plusieurs années, analyse les enjeux du vote.

Comment se déroule la campagne en Iran?
C'est une campagne de «tout sauf Ahmadinejad». La mobilisation des Iraniens montre une prise de conscience de l'intérêt de ce scrutin, notamment par rapport à la personnalité controversée du président sortant. En 2005, lors de la dernière campagne, les électeurs avaient le sentiment qu'il n'y avait pas de différence entre les candidats. Cette année, Ahmadinejad s'est même plaint d'une alliance des trois autres candidats contre lui. Quant à la campagne, les Iraniens sont plutôt créatifs. Moussavi, le principal adversaire du président sortant, est comparé par certains de ses supporters à Brad Pitt.

Peut-on parler d'élections libres et démocratiques?
Les quatre candidats en lice ont été choisis par le conseil des gardiens de la constitution. Cela résulte d'un processus de cooptation, avec un principe fondamental : être fidèle à l'Islam. On est dans une oligarchie compétitive. Mais une fois cette étape passée, on peut parler de tout. A part le bilan de la figure charismatique de l'imam Khomeiny, l'ensemble des questions sont abordées. Mais comme les candidats ont été choisis, on reste entre soi. Cela n'exclut pas quelques arrangements à la marge dans certains bureaux de vote.

Sur quels thèmes les électeurs se mobilisent-ils?
Pour la population de Téhéran, c'est celui des libertés individuelles, très restreintes depuis quatre ans. Les femmes, particulièrement concernées, s'impliquent beaucoup. Il y a aussi la question de la crise économique, avec des inégalités sociales qui se sont creusées. Enfin, au niveau extérieur, la politique d'alliance d'Ahmadinejad avec l'Afrique et l'Amérique latine est assez impopulaire et ses compétiteurs mettent en avant l'échec du Président à réduire l'isolement international du pays.

En quoi les adversaires d'Ahmadinejad sont-ils différents?
Ahmadinejad a une politique économique populiste, de redistribution de la rente pétrolière. Cela pose un problème à long terme pour l'économie du pays. Moussavi, son principal concurrent, pourrait avoir une politique plus pragmatique et rationnelle, notamment une plus grande ouverture vis-à-vis de l'étranger. Il représenterait une rupture symbolique, car cela serait aussi la première fois qu'un président n'est pas réélu pour un deuxième mandat. Mais Moussavi reste membre de l'oligarchie, et je pense que d'éventuelles attentes à son égard risquent d'être déçues. Quant aux deux autres candidats, Karoubi et Rezai, ils ne semblent pas avoir beaucoup de chances. Mais on n'est pas à l'abri d'une surprise, comme en 2005, lorsque Ahmadinejad s'était imposé.

Y-a-t-il consensus sur le dossier du programme nucléaire?
Tous les candidats s'accordent sur ce point : ils veulent faire de l'Iran un Etat du seuil nucléaire et maîtriser complètement le cycle de l'atome, un objectif qui était d'ailleurs déjà celui du Shah. Sur la méthode, Moussavi semble davantage partisan du dialogue avec l'Occident.

Quelle est l'implication d'Ali Kameinei, le plus haut représentant de l'Etat?
L'ayatollah Khamenei soutient plutôt Ahmadinejad. Mais il se soucie surtout de l'image que donne l'Iran dans le monde. Il veut une forte participation populaire afin de donner une apparence de démocratie. Par ailleurs, Rafsandjani [un des fondateurs de la République islamique, et qui a critiqué Ahmadinejad durant la campagne, ndlr] s'est inquiété, dans une lettre adressée au Guide suprême, du risque d'un ternissement de l'image de l'Iran dans le monde.

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