Agroalimentaire : des robots pour alléger la peine | Ouest France Entreprises | industrie agro-alimentaire | Scoop.it

C’est le nom de cette petite machine inventée par CEA List, une antenne du Centre d’études atomiques spécialisée dans les transferts de technologies vers l’industrie. Avec son bras oscillant équipée d’une ventouse, elle se colle à des courges et des gros radis et les soulève comme une fleur. Le prototype a été présenté, mardi, au CFIA, sur le stand de l’usine agroalimentaire du futur. « Nous présentons cette année des machines capables de soulager les salariés dans des tâches pénibles », explique Jean-Paul Simier, le directeur agroalimentaire de Bretagne Développement Innovation. L’agence régionale développe le concept d’usine high-tech avec le pôle de compétitivité Valorial. « Il ne s’agit pas de remplacer les humains par des robots, ajoute-t-il. Mais d’alléger leurs tâches pour prévenir les TMS, les troubles musculo-squelettiques. »

« Virtuose » est un « cobot ». C’est une machine dite collaborative qui accompagne le geste du salarié pour soulager son effort. Elle est une lointaine cousine des machines qui manipulent des substances sensibles dans les labos du CEA. « Notre rôle est de trouver des applications dans l’industrie, explique Frédéric Collédani, ingénieur recherche chez CEA List. Nous avons commencé à démarcher des entreprises agroalimentaires en juin 2012 surtout des abattoirs. »
 

La poigne d’Hercule

Au départ ce « cobot » musclé a été conçu par le CEA pour aider les membres des forces spéciales à porter au pas de charge des sacs jusqu’à 100 kg sur leur dos. La version civile a laissé tomber les jambes articulées et ne conserve que l’un des deux bras. « On peut manipuler des caisses ou des charges jusqu’à 20 kg, 30 kg sans effort, souligne Frédéric Collédani. Le bras peut être utilisé en début de chaîne pour alimenter la ligne de production ou à la fin pour mettre en palette. » La force de l’opérateur est décuplée grâce à un réducteur à très faible niveau de frottement mis au point par le CEA. La machine ne coûte que quelques milliers d’euros et se branche sur une prise 220 volts.

De la framboise sur les gâteaux. Autre engin exposé sur le stand : un robot articulé muni d’une pince capable de saisir des petits gâteaux et de leur ajouter un nappage à la framboise ou au chocolat. Elle a été conçue par l’Institut Maupertuis, implanté sur le campus de Kerlann à Bruz (Ille-et-Vilaine), spécialisé dans l’amélioration de la productivité des entreprises. « La machine peut être utilisée par un opérateur qui n’a aucune connaissance en robotique, indique Jean-Marc Thouélin, ingénieur à Maupertuis. On peut l’adapter à toutes sortes de produits. L’objectif est de remplacer l’intervention humaine pour des tâches répétitives et sans valeur ajoutée. » Ce robot coûte moins de 30 000 euros. Il peut se déplacer d’un bout à l’autre de l’usine en se branchant comme les « cobots » sur une simple prise de courant.


Via Paul-Jean Ricolfi