Gerhard Richter, Panorama | Centre Pompidou | gerhard richter | Scoop.it

Les premiers nuages isolés de tout contexte datent également de 1968. À l’inverse des marines qui s’articulent de part et d’autre d’une horizontale, le nuage est un « informe », inconsistant, changeant. Également thème de prédilection de la peinture romantique, il n’est pas sans évoquer la peinture religieuse. Mais Richter ne laisse guère place à la dimension spirituelle. Ses nuages, visiblement peints d’après des photographies prises en contre-plongée, sont des arrêts sur image qui fixent des transformations aléatoires du motif et qui, multipliés, prennent un caractère quasi sériel et minimaliste (Wolke [Nuage], 1970).

 

Si les Nuages évoluent en courbes et tournoiements aléatoires, peints avec une précision quasi hyperréaliste, la série Détails, réalisée simultanément, fait penser à des plongées vers l’intérieur de ces masses pour en explorer toutes les circonvolutions (Detail (Rot, Blau), 1970). On songe ici à des paysages extra-planétaires agrandis, à des replis du corps, au défilement d’images grossies d’un voyage à grande vitesse qui conduira aux Abstractions.

 

Richter reviendra aux paysages dans les années quatre-vingt avec de grandes toiles panoramiques.

 

(extrait du Dossier pédagogique: Gerhard Richter, Panorama).


Via E. Legros Chapuis