Entre Bruxelles et Strasbourg, la réalité du Parlement racontée par des députés européens | Europe | Scoop.it
«Ruche multiculturelle», «anticorps complet au chauvinisme» ou au contraire «machine à broyer les peuples», le Parlement européen est avant tout un lieu où se bâtit le compromis, racontent des eurodéputés qui l’ont vécu quotidiennement, au rythme de leurs aller-retour entre Bruxelles et Strasbourg.Trois semaines dans la capitale belge, pour discuter des lois en commission, «où se fait l’essentiel du travail», puis une semaine à Strasbourg --«du lundi soir au jeudi midi», précise Philippe Juvin (UMP) -- et enfin la cinquième semaine en circonscription: être eurodéputé, c’est «avoir une bonne valise», résume l’eurodéputé et président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon.Mais c’est surtout avoir le sens du compromis: du fait du scrutin de liste, «nous sommes obligés, sur chaque texte, de créer une majorité», explique Sophie Auconie (UDI).- Une culture du compromis -«Le compromis est au coeur de la machine parlementaire européenne» alors que «le clivage et la posture» font tourner le Palais Bourbon, compare Gilles Savary, un ancien de Strasbourg, aujourd’hui député PS à l’Assemblée nationale.Une culture de compromis de la «IVe République» que dénonce le député européen FN Bruno Gollnisch: «il n’y a pas de débat politique dans cette assemblée où c’est parfaitement conformiste!»Car si les débats en commission, à Bruxelles, sont «libres et ouverts», sans limite de temps, les séances plénières à Strasbourg sont formelles: on y vote «à la chaîne», déplore Jean-Luc Mélenchon, souvent selon des feuilles de vote déjà discutées en groupe, les textes ayant été largement débattus en amont, en commission.“”