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textes d'intention «littéraire» épinglés au fil du web
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Avis

Ce topic est tranquille, je sais. C'est que sa raison d'être est trop mince — distinguer des textes d'«écriture» (par opposition à quoi? je ne retiens jamais ce qui n'est pas écrit) n'est pas un geste qui m'est naturel. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'épingler des choses écrites ici précisément. Il se dissoudra probablement bientôt.

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Martin Winckler | Est-ce qu’on peut apprendre à écrire?

Martin Winckler | Est-ce qu’on peut apprendre à écrire? | écritures | Scoop.it
Parce que justement, ce qui est inné, personne n’a besoin de s’en occuper. C’est là. Dans le cerveau. C’est là comme l’oreille absolue, la mémoire photographique, l’odorat sans pareil. C’est une mutation, un don, un talent, on l’appellera comme on veut, mais c’est là. On ne peut rien y faire. On ne peut pas le créer ni le faire disparaître – à moins de détruire celui ou celle qui le porte.

Ce qui peut se cultiver, se développer, en revanche, a besoin de soutien, d’encouragements, de stimuli. Je ne connais pas de grand musicien qui ne répète pas sans cesse les pièces de son répertoire ; je ne connais pas de grand peintre qui ne fait jamais d’esquisses ou ne jette jamais un tableau ; je ne connais pas d’écrivain, fût-il génial, qui n’a jamais raturé une page, recommencé un chapitre ou révisé entièrement ses livres.

Apprendre (ou enseigner) à écrire, c’est apprendre/enseigner à lire, à relire, à se mettre à sa table et écrire, tracer des grands I et des petits a, transformer une bouillie informe en un texte qui ressemblera à quelque chose, se relire, trouver ça plus ou moins bon, soupirer, sourire et recommencer.

Et qui peut enseigner ça, sinon ceux qui le font chaque jour, parce qu’ils passent leur vie à ça ?

Je n’ai pas honte d’enseigner – aujourd’hui à des étudiants de l’Université de Montréal, la semaine prochaine à l’Université François-Rabelais à Tours, le mois prochain aux personnes inscrites à l’atelier du festival Métropolis Bleu et depuis janvier, une fois par mois, bénévolement, à une douzaine de chercheurs en bioéthique – ce que j’ai appris en écrivant. Je ne le fais pas parce que je suis un meilleur écrivant qu’eux. Je ne le fais pas parce que j’en sais plus qu’eux. Je le fais parce que je suis passé par là, j’ai longtemps tâtonné et beaucoup désespéré avant d’arriver à faire d’une bouillie informe quelque chose qui ressemble à un texte, et parce que si personne n’échappe au désespoir par l’écriture, si personne n’est à l’abri de ces moments où on n’avance pas et où on se fait chier, il y a aussi des moments de plaisir, des moments de découverte, des moments de jeu, des moments de joie lorsque, après s’être fixé une tâche, parfois toute simple, parfois très compliquée, on regarde le texte achevé et on se dit qu’on ne s’en est pas trop mal tiré.

Je n’ai pas de génie à transmettre. Mais les moments de joie, de bonheur à l’écriture, je fais de mon mieux pour les susciter, les provoquer, les partager.
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Charles Pennequin | Trou type (Ateliers P.O.L)

Nous avons eu raison de vivre dans cette époque. Heureusement que nous y sommes. Car mon petit doigt me dit que nous allons avoir du travail. L’époque tourne au vinaigre. Il y a trop de mysticité autour de l’époque. Et la mysticité, c’est la manière de rendre aveugle. Se rendre aveugle face à l’époque. Mais aussi aveugler toute l’époque. Il ne faut surtout pas verser dans la mysticité. Ceux qui y sont tombés ont fini par prendre des vessies pour des lanternes. Il ne faut pas lanterner avec l’époque. Ni larmoyer. Ni inventer. Il n’y a pas à inventer l’époque. Nous y sommes. Et nous sommes heureux d’y être. Il va falloir retrousser ses manches et ne pas la manquer.
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Michaël Trahan | un visage là est (choses tombées, 1)

un visage là est un visage qui est le mien est là visage que je ne verrai jamais reste là derrière moi visage mien noir toucher ne pas paisible porcelaine visage dormeur que terrible guette grimace obscure arraché à nuit poil peau coquille et feu parlant de langues de billes perdu de peur que jeu arrête gravité au coeur d'un bois de dé roulant de déferlante marée de hasard les jeux sont faits d'un peu beaucoup de poudre l'avance promise au désespoir l'absence la lutte litanie froide ouverture de l'oeil coque fendue sables mouvants grave note du haut portée devant deux yeux une bouche un nez des oreilles nombre grandit ne fait jamais cercle visage là même quand tout tombe

terre molle et
noeud de plus en
plus coulant

un corps s'approche d'un corps s'approche d'un corps jamais ne s'éloigne ne s'approche que d'ailleurs s'éloigne donc perspective problème de gravité peur de crime de homme chasse désir de sexe ouvert et lame tranchante la lune filée tissu morbide coulant de noeuds de sang de honte et l'air de l'homme gravité de nature sans foi pourtant tomber loi seule causant scène fondement à le monde
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Mélikah Abdelmoumen | L’étoile de Serge

Je rentre tout juste de Paris, où j’allais entre autres choses interviewer Serge Doubrovsky. Je suis arrivée chez lui vendredi à 17 heures, et en suis partie à 21 heures ou presque. Pendant trois heures et plus, nous avons généreusement et copieusement discuté. De son dernier roman, bien sûr, mais aussi de mon propre manuscrit sur l’ensemble de son œuvre romanesque. L’auteur devenu lecteur de sa lectrice devenue auteure sur sa lecture. Complexité des rapports bien doubrovskienne, sans doute, et qui n’était pas pour me déplaire.
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Oeuvres ouvertes : Impossible

Oeuvres ouvertes : Impossible | écritures | Scoop.it
Impossible de revenir à ce point. Impossible de revenir à ce point où personne ne t’accompagnait. Impossible de revenir à cet endroit où tu étais seul, livré à ta voix. Impossible de revenir à cette pensée matinale qui était aussi une sensation, un complexe de mots. Impossible d’y revenir et pourtant y penser comme à une source vive – impossible ça aussi. Impossible de percevoir un seul élément de cette vision fugace disparue à tout jamais. Impossible de tracer quoi que ce soit qui correspondrait à cet instant-là, ne serait-ce qu’une esquisse. Impossible d’aller à contre-courant, de revenir en arrière. Impossible aussi d’avancer, de s’en séparer. Impossible de ne pas tendre malgré tout vers ce qui s’est évanoui. Impossible de ne pas partir en quête de ce point. Et de quoi te mêles-tu ? lance en plus la voix matinale.
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Véronique Hudon | une boîte vide

La ville fumait de tous ses interstices. Le brouillard éteignait les lumières brûlantes qui étouffaient la nuit. Dieu fumait un gros cigare. Il avait décidé de m’épargner. Je sentais...
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