Développement et de financement pour les porteurs de projets culturels
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Développement et de financement pour les porteurs de projets culturels
Une veille pour les porteurs de projets en quête de conseil pour leur stratégie de développement et de financement
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Secteur musical, la prise de pouvoir de l'artiste

Secteur musical, la prise de pouvoir de l'artiste | Développement et de financement pour les porteurs de projets culturels | Scoop.it

Ces dernières années, l’industrie musicale, comme les autres industries culturelles, ont été bouleversées par l’apparition des nouvelles technologies, et notamment internet, qui transforment et diversifient les accès aux contenus et modifient les schémas de production, d’édition ou de communication autour d’une œuvre artistique. Pour les artistes musicaux, les revenus issus des ventes de disques sont en constante diminution, et les ventes légales de musique en numérique ne compensent toujours pas les baisses engrangées sur le marché physique. Dans ce contexte, la place centrale des maisons de disques dans la filière musicale est fortement remise en cause.
Il est de plus en plus difficile pour un artiste de vivre de son activité, en particulier pour les artistes émergents. De nouvelles opportunités pour les artistes ont vu le jour, notamment grâce aux multiples possibilités offertes par internet en termes de distribution, de promotion, de communication. Les artistes, dans leur stratégie de développement, misent de plus en plus sur la création de valeur autour de leur musique (produits dérivés, proximité entretenue avec les fans par la méthode du « direct to fans », utilisation des outils web pour communiquer et promouvoir, etc.), mais également sur la « valeur refuge » que semble constituer la scène (live). Ces modifications ont deux grandes conséquences sur le modèle économique de la création musicale. Tout d’abord un retour à une organisation économique proche de l’artisanat avec des artistes à la fois producteur/créateur et diffuseur en relation direct avec leur client/public. Ensuite une transformation progressive de la création musicale d’une économie de produits autour de l’édition phonographique et des maisons de disques à une économie de service autour du live et de la relation artiste-fan.


Production et diffusion de la création musicale à l’heure du numérique


La numérisation est un progrès technique qui a modifié la fonction de production de la musique et rendu plus autonome l’artiste. L’utilisation d’un home studio, par exemple, réduit les coûts de l’enregistrement d’une musique et permet de tester plus facilement et de manière moins coûteuse de nouvelles formes musicales (à travers des masters ou des maquettes). La présence du musicien sur Internet diminue les coûts de distribution. La présence sur le web (site propre ou réseaux sociaux) augmente la notoriété de l’artiste auprès des professionnels comme du public. Les outils numériques ont donc un impact sur l’ensemble des activités des artistes : la production (c’est le cas des home studios, des logiciels de mixage et de sons), l’interprétation et la création (via les nouveaux instruments électroniques), la musique sur scène (via la qualité sonore ou la qualité du spectacle visuel) mais également la distribution (via le web). Ces outils numériques ont augmenté les possibilités pour un musicien de devenir autoproducteur de ses œuvres.
Phénomène en plein essor, l’autoproduction touché désormais aussi bien des artistes en émergences que des artistes confirmés. Limité initialement dans les années 90 à la seule production de l’album, l’autoproduction s’étend aujourd’hui souvent à la promotion et au marketing. En effet en terme de diffusion, pour les artistes en développement, un retour a une relation directe ans la commercialisation est pour la plupart une nécessité avant d’être une conviction. Sans label et distributeur, une des options est de vendre de la musique sur les concerts, les magasins de disques indépendants ou les fans clubs. Aujourd’hui, avec l’avancée des technologies, la musique peut être vendue aux fans à travers de nombreux canaux : ainsi, les produits dérivés et l’activité de merchandising tend à se détourner des canaux classiques maitrisée par les maisons de disque pour investir les réseaux internet.

Le direct to fan : la monétisation du rapport fan artiste plutôt que de sa création


Le marketing direct to fans – ensemble d’actions marketing se concentrant principalement sur la monétisation de la relation artiste et fan – est en plein développement. Ce business model ne dépend plus uniquement de l’air play radio ou les diffusions de clips en TV jusque là gérés par les maisons de disques. Il dépend principalement de la relation entretenue entre les artistes et leurs fans. Mike Masnick (rédacteur en chef de Techdirt) l’a théorisé avec cette formule :
Connecting with Fans (CwF) + Providing a Reason to Buy (RtB) = $$$
Pour résumer en trouvant des (vrais) fans, en les fidélisant, et en leur donnant une raison d’acheter, l’artiste se met en bonnes conditions pour « gagner de l’argent ». De nombreux artistes, mainstream ou indépendants, ont radicalement changé de modèle marketing pour utiliser principalement le marketing direct to fan avec succès. Cette forme de marketing n’est pas étrangère à l’utilisation croissante de produits dérivés personnalisés pour fidéliser le public et lui donner envie d’intégrer « l’univers » de l’artiste, et non plus seulement consommer sa musique.
Le direct to fans permet donc de donner un maximum de visibilité aux contenus d’un artiste et de les monétiser en s’appuyant sur une base de fans. L’artiste a un rôle prépondérant majeur, incontournable dans la mise en place de cette stratégie de développement. Il est l’origine et le moteur de sa relation à son public qui est directe et sans intermédiaire. Comme l’artisan qui vend lui-même son produit, l’artiste présente de plus en plus directement le fruit de son travail à son public.

 

Vers une économie de service

 

De plus en plus d’artistes vendent des produits dérivés personnalisés sur les lieux de concerts ou tentent d’établir une relation de proximité « dérivée » avec leurs fans (autre que la relation entre l’artiste sur scène et ses fans dans la salle) en proposant par exemple de les rencontrer après le concert, d’aller dîner avec eux, de les prendre en photo et de les filmer lors de leur prestation. De nombreux artistes tentent donc de monétiser la relation qu’ils entretiennent avec leurs fans, en proposant des prestations ou des services novateurs.
Nous l’avons vu précédemment, grâce à Internet, il est désormais possible de s’adresser beaucoup plus facilement à ses fans, engager la discussion et échanger. Cela donne aussi la possibilité de mieux comprendre ce qu’ils attendent et donc de leur proposer des contenus personnalisés et diversifiés, qui peuvent éventuellement être monétisés. En développant des relations directes onlines avec les fans, on peut créer et développer un business model, mais également récupérer des données concernant le public: qu’achètent-ils ? Quelles sont leurs préférences ? Leurs intérêts ? Leurs comportements ? Ces donnés sont primordiales pour pouvoir développer une base fan et un revenu.

 

 

Le rôle des maisons de disques dans la création musicale parait ainsi devoir diminuer naturellement dans les années à venir. Si leur rôle de producteur et leur poids dans l’industrie du disque restent prépondérants, leur rôle d‘accompagnement et de découvreur de talent va se retrouver réduit au profits de structures plus légères et adaptées. Du fait de l’importance prise par la relation artistes-fans et l’accessibilité des outils de diffusions proposé par internet, on peut envisager que la création musicale va devenir avant tout le métier de labels ou de managers d’artistes, proche d’agences de conseil ou de coaching pour artiste. Ces structures auront pour rôle de maximiser la relation de l’artiste à ses fans, dès ses premiers pas jusqu’au haut de l’affiche, sans pour autant perdre la flexibilité et la réactivité devenue la norme à l’ère de l’artiste numérique et connecté.

 

Benjamin ROLLAND, le 15 juin 2012

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