Voix Africaine: Afrique Infos
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Au Sahara, voyager devient un crime

Au Sahara, voyager devient un crime | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Tous celles et ceux qui n’ont aucune intention de venir en Europe, mais qui sont néanmoins victimes des nouvelles politiques migratoires européennes et africaines mises en œuvre à l’abri des regards, à l’intérieur même du continent africain.

Les migrations vers et à travers le Sahara ne constituent certes pas un phénomène nouveau. Mais à partir du début des années 2000, la focalisation des médias et des pouvoirs publics sur la seule minorité d’individus qui, après avoir traversé le Sahara, traversent également la Méditerranée, a favorisé l’assimilation de l’ensemble de ces circulations intra-africaines à des migrations économiques à destination de l’Europe.

Ce point de vue, qui repose sur des représentations partielles et partiales des faits, éloignées des réalités de terrain observées par les chercheurs, sert depuis lors de base de légitimation à la mise en œuvre de politiques migratoires restrictives en Afrique.

L’Europe (Union européenne et certains États), des organisations internationales (notamment l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)) et des structures ad hoc (Frontex, EUCAP Sahel Niger), avec la coopération plus ou moins volontariste des autorités nationales des pays concernés, participent ainsi au durcissement législatif mis en place dans les pays du Maghreb au cours des années 2000, puis en Afrique de l’Ouest la décennie suivante, ainsi qu’au renforcement de la surveillance et du contrôle des espaces désertiques et des populations mobiles.

Le Sahara est ainsi transformé en une vaste « zone-frontière » où les migrants peuvent partout et en permanence être contrôlés, catégorisés, triés, incités à faire demi-tour voire être arrêtés.

Cette nouvelle manière de « gérer » les circulations migratoires dans la région pose de nombreux problèmes, y compris juridiques. Ainsi, les ressortissants des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui ont officiellement le droit de circuler librement au sein de l’espace communautaire, se font régulièrement arrêter lorsqu’ils se dirigent vers les frontières septentrionales du Mali ou du Niger.


Dans ce pays, les migrations internationales n’étaient jusqu’à récemment pas considérées comme un problème à résoudre et ne faisaient pas l’objet d’une politique spécifique. (...)


La migration criminalisée:

La mission européenne EUCAP Sahel Niger, lancée en 2012 et qui a ouvert une antenne permanente à Agadez en 2017, apparaît comme un des outils clés de la politique migratoire et sécuritaire européenne dans ce pays. Cette mission vise à « assister les autorités nigériennes locales et nationales, ainsi que les forces de sécurité, dans le développement de politiques, de techniques et de procédures permettant d’améliorer le contrôle et la lutte contre les migrations irrégulières », et d’articuler cela avec la « lutte anti-terroriste » et contre « les activités criminelles associées ».


Outre cette imbrication officialisée des préoccupations migratoires et sécuritaires, EUCAP Sahel Niger et le nouveau Cadre de partenariat pour les migrations, mis en place par l’UE en juin 2016 en collaboration avec le gouvernement nigérien, visent directement à mettre en application la loi nigérienne n°2015-36 de mai 2015 sur le trafic de migrants, elle-même faite sur mesure pour s’accorder aux attentes européennes en la matière.


Cette loi, qui vise à « prévenir et combattre le trafic illicite de migrants » dans le pays, définit comme trafiquant de migrants « toute personne qui, intentionnellement et pour en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel, assure l’entrée ou la sortie illégale au Niger » d’un ressortissant étranger.


Dans la région d’Agadez, frontalière de la Libye et de l’Algérie, les gens qui organisent les transports des passagers, tels les chauffeurs-guides en possession de véhicules pick-up tout-terrain leur permettant de transporter une trentaine de voyageurs, sont dorénavant accusés de participer à un « trafic illicite de migrants », et peuvent être arrêtés et condamnés.


Transporter ou même simplement loger, dans le nord du Niger, des ressortissants étrangers (en situation irrégulière ou non) fait ainsi encourir des amendes allant jusqu’à 30 millions de francs CFA (45 000 euros) et des peines pouvant s’élever à 30 ans de prison.


Et, cerise sur le gâteau de la répression aveugle, il est précisé que « la tentative des infractions prévue par la présente loi est punie des mêmes peines. » Nul besoin donc de franchir irrégulièrement une frontière internationale pour être incriminé.


Résultat, à plusieurs centaines de kilomètres des frontières, des transporteurs, « passeurs » avérés ou supposés, requalifiés en « trafiquants », jugés sur leurs intentions et non leurs actes, peuvent dorénavant être arrêtés. Pour les autorités nationales, comme pour leurs homologues européens, il s’agit ainsi d’organiser le plus efficacement possible une lutte préventive contre « l’émigration irrégulière » à destination de l’Europe.


Cette aberration juridique permet d’arrêter et de condamner des individus dans leur propre pays sur la seule base d’intentions supposées : c’est-à-dire sans qu’aucune infraction n’ait été commise, sur la simple supposition de l’intention d’entrer illégalement dans un autre pays. (...)


(Illustration: Couverture de 'Migrations transsahariennes' de Julien Brachet, éd. du croquant)

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Erri De Luca : « Porter secours n’est pas un choix mais un devoir »

Erri De Luca : « Porter secours n’est pas un choix mais un devoir » | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Selon Erri De Luca, quand la fraternité est illégale, il faut désobéir. L’écrivain italien a lancé un appel en soutien aux « trois de Briançon », une Italienne et deux Suisses qui encourent dix ans de prison pour avoir aidé des migrants à passer la frontière.


(...) Une Italienne de 26 ans, Eleonora, et deux Suisses, Bastien et Théo, 22 et 23 ans, qui ont été placés en détention provisoire avant d’être libérés sous contrôle judiciaire et qui encourent dix ans de prison et 750 000 euros d’amende pour avoir aidé « en réunion » des migrants à passer de l’Italie en France à travers le col de l’Échelle, le 21 avril dernier.


Ce jour-là, des membres du groupe d’extrême droite Génération identitaire ont organisé côté français une opération de communication anti-migrants pour « défendre les frontières européennes » (1). Aussitôt le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dépêché des renforts, validant la thèse de Génération identitaire et criminalisant les défenseurs des migrants, qui ont subi six interpellations. De quoi rompre avec le réflexe le plus élémentaire, selon Erri De Luca, en mer et en montagne pour le moins : porter secours.


- Est-ce la solidarité des montagnards au col de l’Échelle qui vous a frappé ?


Erri De Luca : Ce qui me frappe, c’est à quel point on peut être aveugle face à la montagne. Le pouvoir politique s’imagine que les montagnes sont des barrières, des murailles. Mais les montagnes sont le plus grand éventail de passages possibles. Entre des versants et à travers un réseau immense de sentiers non contrôlables empruntés par toute l’histoire humaine. Les montagnes sont une voie de communication. Les Hautes Alpes n’ont jamais empêché une armée… Les pouvoirs s’imaginent qu’on peut bloquer les montagnes. Mais si on peut passer par un endroit aussi inconfortable que le sommet du mont Blanc, on peut passer partout !


- Plus encore qu’en mer ?


- (...) Tout est venu par la mer : l’architecture, la poésie, le système numéral, l’astronomie, la philosophie, même le monothéisme. La ville de Naples a été fondée par les Grecs, Rome avait emprunté une première vigie qui était Énée, rescapé de Troie. Aujourd’hui, nous avons fait de la Méditerranée la pire des fosses communes.


Personne n’a voyagé dans des conditions aussi dramatiques que les migrants actuels dans leurs canots de fortune. Pour ceux qui pensent que l’on peut régler ou repousser les flux migratoires, j’ai conçu un photogramme, jamais filmé jamais réalisé : sur un rivage libyen, dans un canot déjà surchargé de personnes monte une mère avec son fils. Si cette mère fait ce geste, cela veut dire qu’on ne pourra l’empêcher de monter pour rien au monde !


On croit que c’est l’espoir qui la pousse. Mais non, c’est le désespoir, la plus puissante force motrice de ces voyages. On peut tout faire pour se rendre complice de naufrages. On peut tout faire pour devenir pire nous-mêmes, car la possibilité du pire est immense. Mais même ce pire ne l’empêchera pas de monter. C’est le drame qui se joue aujourd’hui à la surface de la mer.


- Vous avez utilisé le terme « Vagility » dans votre texte de soutien. Que signifie-t-il ?


- « Vagility » désigne la disponibilité à se déplacer. Sur un bateau de Médecins sans frontières, j’ai vu la différence qui réside entre l’espoir et le désespoir. Le désespoir, c’est ce qui faisait tenir 150 personnes sur un canot de 10 mètres poussé par un petit moteur de 40 chevaux incapable de surmonter la moindre vague. Chargé, faible, il partait la nuit pour arriver au petit jour. Si quelqu’un mourrait, tombait à l’eau, le désespoir tenait les autres vivants.


L’espoir, c’était le moment très dangereux où ils voyaient arriver un bateau de sauvetage. Celui-ci s’arrêtait loin et envoyait des zodiacs avec des gilets de sauvetage. Mais même avec les gilets de sauvetage et le bateau qui se rapprochait, la panique les prenait. L’espoir peut être catastrophique.


La force majeure qui les avait emmenés jusque-là, c’était bien le désespoir. Et contre le désespoir, il n’y a rien d’autre à faire que de porter secours. Il faut sauver les désespérés, les gens perdus en mer comme ceux perdus en montagne. C’est un devoir, ni un choix ni une option.


- Pourtant, les « trois de Briançons sont accusés d’avoir commis un délit en aidant des migrants à traverser…


- Quantité de lois en Italie et en France incitent à l’omission de secours [non-assistance à personne en danger, NDLR]. Si les montagnes ne sont pas des forteresses, ce sont des labyrinthes. On peut se perdre en montagne. Moi aussi je me suis perdu en montagne. Mais j’étais équipé. Les migrants ne le sont pas.


Il y a des bénévoles qui aident les gens perdus. Tous ceux qui s’opposent au fait de sauver des vies sont des « malévoles ». Les lois qui les encouragent sont peut-être légales, mais elles sont injustes. En Italie, une loi votée par le Parlement incriminait les pêcheurs sauvant des gens en mer. Les pêcheurs de Lampedusa ont continué à le faire. En ville, il existe des réseaux de secours. En mer et en montagne, ce sont des personnes qui font œuvre de fraternité. Les lois qui vont à l’encontre de la fraternité, il faut leur désobéir.


- Vous écrivez aussi qu’il n’y a pas de « clandestins », seulement des « hôtes de passage ».


- Le terme clandestin est abusif. Je suis lecteur de la Bible : le terme clandestin n’existe pas dans ce texte. Le terme « étranger » y figure, associé avec « veuve » et « orphelin » dans un système de soutien et de protection. « Clandestin » désignerait quelqu’un qui monterait sur un moyen de transport sans payer de ticket. Mais les migrants ont payé tous les tickets possibles. Ils ont payé cher chaque passage, chaque étape de leur voyage. Ils sont le contraire absolu des clandestins.


Sans compter que, s’ils étaient voyageurs jusqu’en Libye, ils y deviennent des esclaves. Ils y sont forcés à travailler et torturés pour que leurs proches paient leur rachat. Et nous permettons aux gardes-côtes libyens, qui n’ont aucun droit d’intervenir dans les eaux internationales, de rattraper ces « esclaves » quand ils s’enfuient !


« Clandestin » n’existe pas plus dans ce contexte que le terme « invasion », qui s’applique à des forces armées traversant les frontières d’un pays pour l’occuper. Il ne peut s’appliquer à des personnes désarmées qui arrivent en petit nombre et éparpillées.


- Qu’en est-il des expressions « appel d’air », brandie par des responsables politiques, et « délinquants solidaires », nom du collectif actif à la frontière franco-italienne ? Ont-elles des équivalents en Italie ?


- Nous procurons des conditions de voyage et d’accueil très défavorables, ce qui n’empêche pas le photogramme que j’ai évoqué. « Délinquants solidaires », c’est donner du crédit aux lois injustes envers les migrants. C’est la loi qui est délinquante. Mais les lois sont de passage. On peut les changer, les contourner. Le sentiment de justice n’est pas de passage. La fraternité n’est pas de passage, ni sujette à variation.


- Comment les Italiens réagissent-ils aux accusations qui pèsent contre les « trois de Briançon » ?


- On se préoccupe peu de leur sort en Italie. On considère que c’est un problème français. Tous ces naufrages, tous ces barrages ont abimé la sensibilité civile de la population. Nous avons expérimenté déjà le pire du délit de solidarité en Italie. Des bateaux de sauvetage en mission officielle ont été bloqués en mer. Quant aux ONG accusées de trafics, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée. Il s’agissait de calomnie pour discréditer le sauvetage. Quand je suis monté sur le bateau de MSF il y a un an, il y en avait dix de ce type. Aujourd’hui ils ne sont plus que trois. Les calomnies ont fait du beau travail.


- Sur quel bateau étiez-vous ?


- Le Prudence, qui a réussi à embarquer 1 500 personnes sauvées. Je suis resté deux semaines. J’ai pu contribuer au sauvetage de plus de 800 personnes. Un quart étaient des mineurs. On les appelait des « hôtes ». Ils étaient bienvenus à bord. Puis malvenus à terre. Mais ils avaient échappé au point le plus bas de leur vie : le niveau zéro de la mer, avec déjà les pieds dans les profondeurs.


(...) - L’appel que vous avez lancé a-t-il été signé par d’autres écrivains, artistes, personnalités italiennes qui vous accompagnent dans ce combat ?


- Il y en a sûrement mais je ne les ai pas notées. Je préfère ne pas vérifier les présents car la majorité des absents m’irrite. Pour moi, il ne s’agit pas d’un combat marginal. C’est l’argument principal de mon actualité. Peut-être parce que je suis quelqu’un de la mer et de la montagne : ce qui se passe sur ces surfaces me regarde.


- Le nouveau gouvernement italien, porté par le Mouvement 5-étoiles (M5S) et la Ligue, prévoit de durcir le droit d’asile, de réduire le budget de l’accueil réservé aux migrants, de vider les rues une par une, d’expulser 500 000 personnes…


- C’est de la communication, un abus de crédulité. Ces ambitions sont intenables. En plus d’être très coûteuses, elles n’auront aucun effet : les expulsés peuvent toujours revenir. Comme on ne peut expulser massivement, on expulse en petit nombre. La police italienne s’y livre déjà.


L’alliance entre M5S et la Ligue n’est même pas une coalition : c’est un accrochage de circonstance. Ces partis ont fait des campagnes opposées, leurs différences sont inconciliables. Ils n’iront nulle part. Sur la question des migrants, ils peuvent trouver un terrain d’entente, mais ils ne pourront pas faire pire que ce qui est déjà à l’œuvre.


Reste qu’en Italie, il n’y a pas de malévoles aussi actifs qu’en France, comme Génération identitaire, qui a avait aussi tenté l’an dernier de surveiller les côtes à bord d’un bateau. Mais l’obscénité n’est pas tant dans ces groupes. Elle est dans les régimes de lois qui incriminent la fraternité. Si les « trois de Briançon » ont commis un crime, alors je suis leur complice.


- À voir dans l'article: trois extraits de l'entretien en vidéo

- ou sur Youtube: https://www.youtube.com/watch?time_continue=73&v=Ji0R3Mb8EQQ

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Au Burundi, Pierre Nkurunziza veut rester quatorze ans de plus au pouvoir

Au Burundi, Pierre Nkurunziza veut rester quatorze ans de plus au pouvoir | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Les électeurs se sont prononcés jeudi sur une réforme de la Constitution. Les partisans du non sont accusés d’être des « ennemis » par le parti au pouvoir.
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[LE CHIFFRE] 140 millions de déplacés climatiques d’ici 2050, soit plus de deux fois la population française

[LE CHIFFRE] 140 millions de déplacés climatiques d’ici 2050, soit plus de deux fois la population française | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Pénurie d’eau, hausse du niveau de la mer ou baisse des récoltes agricoles, voici ce qui va pousser plus de 140 millions de personnes à quitter leur lieu de vie d’ici la moitié du siècle. Ils seront issus de trois régions :  l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine. En cause, le réchauffement climatique, qui est devenu le principal facteur de migrations.


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Migrants africains en Algérie : «recrudescence de déportations en plein désert»

Migrants africains en Algérie : «recrudescence de déportations en plein désert» | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Des vagues d’arrestations au faciès, de nombreuses rétentions dans le pays... La Fédération Internationale des droits de l’Homme dénonce une recrudescence des rafles et des déportations en plein désert de migrants subsahariens en Algérie et appelle à l’arrêt de cette pratique contraire aux droits humains.
(...)

Via malik berkati
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Au Sénégal, une étude révèle les stratégies salafistes sur Internet

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En février, l’Observatoire des radicalismes et des conflits religieux en Afrique a publié une étude qui alerte sur les discours des prédicateurs salafistes su

Via Michel Philippart
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Syrie : Témoignage d’une médecin dans la Ghouta orientale

Syrie : Témoignage d’une médecin dans la Ghouta orientale | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Une femme médecin qui dirige un hôpital de campagne soutenu par Médecins sans Frontières dans la Ghouta orientale a enregistré ses pensées sur la situation cauchemardesque actuelle à laquelle elle et ses collègues font face. Elle a demandé à garder l’anonymat pour sa sécurité et à ne pas divulguer l’emplacement précis de son établissement. Voici la retranscription de cet enregistrement du dimanche 25 février 2018.


« Nous recevons des blessés de guerre presque tous les jours. Les blessés viennent de toutes les classes sociales ; la grande majorité des blessés que nous recevons sont des civils : enfants, femmes et hommes. Notre travail principal est de secourir ces blessés, au mieux de nos capacités car, comme je l’ai dit, nous sommes assiégés depuis plus de 5 ans et nos capacités sont très limitées. Malgré cela, nous sauvons beaucoup de vies, autant que nous pouvons.


Les bombardements et les attaques constantes sont le principal défi auquel nous sommes confrontés ; cela augmente le nombre de blessés et épuise le personnel médical, amenuise le stock de matériel médical et médicaments disponibles. Il est difficile de bouger, les mouvements des ambulances sont entravés, tout comme celui des personnes. En outre, le siège imposé limite l’entrée d’articles médicaux dans la Ghouta orientale. Plusieurs d’entre eux manquent dans nos stocks, et nous ne pouvons pas les fournir. Ce sont là deux des principaux défis auxquels nous sommes confrontés en tant que personnel médical. »


(...) « Le personnel médical est épuisé. Nous n’avons dormi que quelques heures au cours des derniers jours et, bien sûr, par roulement ; la majorité du personnel a dû rester éveillé en raison de l’afflux continu de blessés. Il ne reste presque plus rien à manger pour le personnel médical. La vie quotidienne dans la Ghouta orientale est totalement paralysée ; pas de marchés, pas de magasins, pas d’endroits où acheter de la nourriture.


Par exemple, à l’hôpital où je travaille, le personnel prend un petit repas toutes les 24 heures. Un jour, des gens qui avaient trouvé refuge à proximité sont venus nous voir ; ils n’avaient pas mangé depuis des jours. Notre personnel leur a donné le peu qu’ils pouvaient, et ils n’avaient plus rien à manger ce jour-là. Le personnel médical est épuisé et affamé, sans parler du stress psychologique et des choses auxquelles il est confronté, les cadavres, les enfants et les bébés morts, les parties du corps, les amputations et autres terribles blessures. » (...)


Communiqué par Médecins sans Frontières


via @Isabelle clere Escouteloup

      https://www.scoop.it/t/art-naif

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Burkina Faso : plusieurs morts dans des attaques terroristes à Ouagadougou

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Selon le gouvernement burkinabé, au moins huit assaillants et huit membres des forces de l’ordre ont été tués.
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Syrie. Cinq questions sur les habitants et les combattants de la Ghouta

Syrie. Cinq questions sur les habitants et les combattants de la Ghouta | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

(Photo: Un enfant secouru ce week-end après un probable bombardement au chlore du régime sur le village de Shifunieh, dans la Ghouta.)


Par Patrick Angevin


La trêve humanitaire annoncée lundi par la Russie, sous la pression internationale, n’y change rien. Les bombardements du régime syrien et les combats au sol se poursuivent ce mercredi dans l’enclave rebelle de la Ghouta. Pour les 300 000 à 400 000 habitants entassés sur 100 km2, l’enfer continue. Cela fait six ans que la Ghouta résiste au pouvoir de Bachar al-Assad. Pourquoi et comment ?


En théorie, un cessez-le-feu de cinq heures est désormais en vigueur le matin sur la ligne de front de la Ghouta orientale, en Syrie, pour permettre l’évacuation de civils et l’entrée d’aide humanitaire. Ce mercredi matin, comme hier, la trêve n’a pas été respectée. Les deux camps s’accusent mutuellement de l’avoir violée. L’aviation du régime a de nouveau bombardé ce mercredi matin plusieurs localités de l’enclave rebelle où près de 600 civils sont morts depuis le 18 février, dont un quart d’enfants.


Cela fait maintenant six ans que les 300 000 à 400 000 habitants de la Ghouta subissent la barbarie du régime de Bachar al-Assad. Et que 10 000 à 20 000 combattants résistent toujours. Pourquoi et comment ? Pourquoi la Ghouta est-elle un foyer de rébellion contre Bachar al-Assad ?


Ironie de l’histoire, le régime Assad, qui noie aujourd’hui la Ghouta sous les bombes, a longtemps célébré ses habitants comme des héros de la Syrie. Dans les années 1920, au temps de l’instauration du mandat français, la région était déjà un foyer de rébellion contre le pouvoir central. Les hommes de la Ghouta, héros de la résistance à l’occupant français, ont donc été régulièrement célébrés sous le règne de Hafez al-Assad (1971-2000), puis de son fils Bachar.


Située à seulement quelques kilomètres à l’est de la capitale Damas, irriguée par la rivière Barrada, la plaine de la Ghouta est depuis longtemps une région relativement prospère grâce à la culture des céréales, des légumes et des fruits. Elle est aussi le réservoir d’eau de Damas. Surtout, sa topographie, son chapelet de village, ses murets de pierre qui entourent les parcelles agricoles, ainsi que la présence d’une végétation sauvage, en font un terrain propice à la guérilla.


C’est donc tout naturellement que des rebelles armés ont, dès 2012, pris le contrôle de la zone. Un an plus tôt, comme dans les autres régions de Syrie, le soulèvement de la population contre la dictature avait pourtant démarré de façon pacifique. Comme ailleurs, la répression féroce du régime a entraîné une militarisation progressive de la rébellion, puis le basculement dans la guerre civile.


Qui sont les combattants rebelles de la Ghouta ?


Des terroristes, jure le régime syrien. Depuis le début de la guerre civile, et encore plus depuis les attentats en Europe perpétrés par l’État islamique, Bachar al-Assad joue à fond la carte de la diabolisation de l’opposition syrienne. La Ghouta n’a pourtant jamais abrité de djihadistes de l’État islamique. Les tentatives d’approche de la région par les soldats de Daech ont été violemment combattues par les autres factions. 


 Dans l’est de la Ghouta, on trouve certes des combattants djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (Organisation de libération du Levant), le nom qu’a choisi l’ex-Front al-Nosra, après sa rupture avec al-Qaida. L’Onu a classé Hayat Tahrir al-Cham comme organisation terroriste. Mais ces extrémistes n’alignent que quelques centaines de combattants, donc extrêmement minoritaires.


La faction rebelle la plus importante est Jaysh al-Islam (Armée de l’islam). Ces salafistes islamistes sunnites aligneraient selon les sources entre 9 000 et 20 000 combattants. Très hostiles au régime, à son allié iranien et aux chiites en général, Jaysh al-Islam fait partie du Haut comité de transition (HCN), qui représente l’opposition syrienne aux négociations menées à Genève sous la direction des Nations unies.


On trouve aussi Faylaq al-Rahmane (Légion du Miséricordieux), un groupe islamiste moins important qui alignerait 2 000 combattants, affilié à l’Armée syrienne libre. L’ASL est considérée comme l’opposition la plus « modérée » au régime. Mais, après sept ans de guerre civile et les horreurs perpétrées par le régime sur la population, la «modération» des différents groupes est toute relative.


Comment la Ghouta assiégée peut-elle résister depuis six ans ?


Parce que la guerre civile syrienne n’a rien à voir avec une guerre de tranchées, type Verdun. Ce siège n’est pas totalement hermétique. Même si c’est au compte-gouttes et irrégulier, des marchandises, de la nourriture mais aussi de l’armement, ont réussi à passer au fil des années, notamment grâce à un réseau de tunnels sous la ligne de front. Un trafic qui a enrichi grassement des profiteurs dans les deux camps.


Au plus fort de la révolte, en 2014, les rebelles ont contrôlé jusqu’à 10 000 km2 et la population pouvait profiter de la production agricole locale. Aujourd’hui, entre 300 000 et 400 000 habitants selon les sources s’entassent sur une centaine de km2 et la plupart des tunnels ne fonctionnent plus. D’où une progression de la malnutrition, notamment chez les enfants.


La population soutient-elle ou est-elle otage des combattants rebelles ?


L’accès à la Ghouta est totalement impossible pour des journalistes étrangers et indépendants. Les informations proviennent des organisations humanitaires, comme l’ONG médicale franco-syrienne UOSSM, ou encore du réseau de correspondants de l’Organisation syrienne des droits de l’homme. Basée à Londres et anti-Assad, l’OSDH est cependant considérée comme une source fiable.


Enfin, les habitants de la Ghouta s’expriment directement sur les réseaux sociaux, puisque la proximité de Damas permet l’accès au réseau de téléphonie mobile et à internet. Sans surprise, la quasi totalité des témoignages, souvent terribles, dénoncent « le boucher Assad » qui tue son peuple. Pas étonnant quand on voit le bilan humain des frappes aériennes, qui visent systématiquement les hôpitaux, ou encore l’utilisation d’obus chimiques, notamment au chlore.


Le régime crie à la manipulation et affirme que les 300 000 à 400 000 habitants sont otages des groupes armés. Sans apporter aucun élément probant. Avant le déluge de feu de ces dernières semaines, beaucoup d’habitants ont eu la possibilité de quitter l’enclave assiégée. Ils ne l’ont pas fait.


Pourquoi la majorité des habitants ne veulent pas partir ?


Parce qu’ils sont chez eux. Et surtout pour aller où ? Le scénario qui se joue à la Ghouta a déjà eu lieu ailleurs, notamment à Alep, en 2016. Outre le fait que traverser une ligne de front est extrêmement dangereux, rejoindre la zone tenue par le régime, c’est prendre le risque de représailles, d’être tués ou de « disparaître ». Pour les hommes jeunes, c’est au minimum l’assurance d’aller au combat sous l’uniforme de l’armée pour faire la preuve de leur loyauté au régime.


Patrick Angevin


> Lire aussi: Le Média sur la Syrie : naufrage du « journalisme alternatif » par Sarah Kilani et Thomas Moreau

Paru dans lundimatin#135, le 28 février 2018


https://lundi.am/Le-Media-sur-la-Syrie-naufrage-du-journalisme-alternatif


Il est des documents dont on sait très rapidement qu’ils sont d’ores et déjà porteurs d’une certaine valeur historique tant ils font cas. Il en est ainsi d’un extrait du journal du média TV dans lequel sont agglomérées toutes les ficelles d’un révisionnisme en temps réel bon teint, voire d’un conspirationnisme avéré, malgré ses efforts pour se cacher sous le masque de la neutralité.


(...) Selon le chroniqueur, la « propagande » en provenance de la Ghouta serait abondamment relayée par les médias des puissances occidentales dans le but de « renouer avec la rhétorique du dictateur sanguinaire qui massacre son peuple, peut-être en vue d’une éventuelle action militaire contre lui ».

Seulement voilà, viols, exécutions de masse, torture systématique des civils, bombardement des hôpitaux, usage des armes chimiques, siège, destruction de villes entières, déplacement de populations, tout ceci est abondamment documenté par les ONG, les journalistes de guerre, les chercheurs de terrain, les activistes et les dizaines de milliers de témoignages recueillis auprès des réfugiés syriens, faisant ainsi de ce conflit le plus documenté au monde.


Il semblerait que le qualificatif de « dictateur sanguinaire qui massacre son peuple » soit plus qu’une vue rhétorique pour Bachar el Assad qui, nous le rappelons, est responsable, selon plusieurs organismes, de plus de 90% des morts en Syrie depuis le début du conflit. [1] [2] Ce qui pourrait ressembler à de la négation de crimes de guerre est assumé dans l’économie d’un discours qui argue de l’éthique journalistique pour ne pas diffuser les images de la Ghouta.


(...) Concernant la véracité des images, il suffit de recouper, d’analyser, d’user de logiciels dédiés, de faire un travail de journaliste en somme.  (...) Quoiqu’il en soit, contrairement à ce que Le Média avance, les « photos neutres » sur ce sujet n’existent pas et la partialité même de celui qui rapporte les images ne disqualifie pas d’emblée ces dernières. Sinon, comme le souligne l’historien Tal Bruttman, nous devrions immédiatement jeter aux orties les photographies du reporter de guerre hongrois pro-républicain et anti-nazi Robert Capa, sur la guerre d’Espagne et la deuxième guerre mondiale.


Dans toute cette entreprise rhétorique, quand il s’agit de parler des forces en présence, M. El Khal nous plonge dans les eaux glacées du relativisme total et une reprise sans filtre de la rhétorique justement développée depuis le début de la révolution par Bachar el Assad.


En effet, tout le long de son exposé, « l’expert » place au même niveau les bombardements du régime et ceux perpétrés par les combattants de la Ghouta, sans jamais préciser de quelles proportions il est question. Il fait état, sans aller plus loin, des « pires horreurs d’un côté comme de l’autre ». Il compare ainsi la somme des aviations russes, syriennes et iraniennes au matériel d’artillerie permettant de bombarder Damas dont disposent les combattants : des mortiers. Il compare les très épisodiques tirs sur Damas en provenance de la Ghouta assiégée depuis 5 ans à des bombardements aériens, l’usage de gaz sarin [4] [5] et chloré, aux bombes thermobariques [6], aux bombes phosphorées [7] et aux barils de TNT qui s’abattent quasi-quotidiennement sur la banlieue de Damas.  (...)


Paradoxal cet organe qu’est Le Média dont un de ses journalistes met à égalité la version de l’agence Sana — quand on sait à quel point tout ce qui se fait en Syrie en terme d’information est contrôlé par le régime — et les images fournies par l’opposition. Comment imaginer un trait d’équivalence entre des sources tenues quotidiennement par les habitants et une source passée sous les stylos et les fourches caudines du pouvoir en place qui ne veut pas être déstabilisé ? La naïveté n’excuse pas tout, surtout quand elle se veut moralisatrice et œuvre de facto pour réduire au silence ceux qui endurent des bombardements. (...)


Revenons sur l’idée avancée selon laquelle l’Occident chercherait à renouer avec un récit acculant Bachar el Assad dans le but de préparer une intervention militaire. Monsieur el Khal peut-il nous donner son avis d’expert sur cette question : si la diffusion de ces images sert à préparer les esprits en vue d’une attaque, pourquoi l’Occident n’est-il pas intervenu militairement quand il en a eu l’occasion, à l’été 2013, lorsque le régime syrien a bombardé la population de la Ghouta au gaz sarin ? Pourquoi les USA, les Anglais et les Français n’ont-ils pas saisi l’opportunité en or de cette intervention offerte par le régime ayant dépassé la ligne rouge fixée par Barack Obama — intervention qui se serait faite avec l’approbation de toute l’opinion internationale à ce moment ? (...)


> La vidéo est dans l'article: Syrie : Claude El Khal fait le point sur La Ghouta  https://www.youtube.com/watch?v=XzUohwku8wc

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Le combat pour la paix avec une héroïne syrienne : Yusra Mardini

Le combat pour la paix avec une héroïne syrienne : Yusra Mardini | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

On l’espérait et c’est maintenant chose faite : l’odyssée extraordinaire de Yusra Mardini va être portée à l’écran.
Ce sera par le talentueux réalisateur Stephen Daldry à qui l’on doit Billy Elliot, le film qui a su conquérir tous les publics et qui a d’indéniables accointances avec l’histoire de Yusra, cette jeune réfugiée syrienne qui est parvenue à se qualifier aux Jeux Olympiques de Rio après s’être enfuie de Syrie dans les pires conditions.

« Yusra nous rappelle le coût humain de la tragédie (des réfugiés), déclare le réalisateur, et le courage incroyable, la persévérance et l’espoir d’une jeune femme qui lutte pour un avenir. Le rêve de Yusra de vivre en paix est l’histoire de notre temps. »


Gageons que Stephen Daldry saura rendre hommage à la grandeur d’âme et à l’héroïsme de cette toute jeune femme, et qu’à travers elle il touchera le cœur du monde entier sur le sort trop ignoré et désespéré des réfugiés, mais aussi sur la nécessité vitale de trouver une issue au développement actuel des guerres qui en sont la première cause.


Comme 5 millions de ses compatriotes à ce jour, Yusra Mardini s’est enfuie de Syrie, non pour profiter des richesses de l’occident et de ses allocations, pas davantage parce qu’elle serait une délinquante ou une dangereuse criminelle venue menacer notre vie confortable, mais seulement pour échapper aux ravages de la guerre, à sa terreur et ses destructions dans le frêle espoir de trouver ailleurs un asile de paix.


(...) Partie avec sa sœur Sarah, elles ont fini par rejoindre un flot d’autres réfugiés aux abords d’une plage turque. Là, elles se sont cachées dans une forêt avec d’autres où elles ont attendu 4 jours sans manger jusqu’à ce que les passeurs leur donnent le signal d’embarquer dans un bateau pneumatique en direction de l’île grecque de Lesbos.


Elles sont parties à la tombée de la nuit avec 18 autres passagers sur un bateau prévu pour 6 personnes. Le voyage devait durer 45 minutes, mais le moteur s’est arrêté au bout de 20, et c’est là que le bateau surchargé a commencé à prendre l’eau. La noyade les attendait, annonçant la répétition d’un scénario tragique devenu pourtant toujours plus banalisé qui a déjà emporté 10.000 migrants tentant de traverser la Méditerranée.


Sauf que Yusra et sa sœur Sarah sont deux nageuses de compétition. Elles se sont aussitôt jetées à l’eau, et durant 3h et demie elles ont poussé le bateau à la nage dans une mer froide et agitée. Bientôt sommairement aidées par deux autres personnes qui les ont imitées, elles ont fini par atteindre la rive grecque où tous les passagers s’en sont sortis sains et saufs. (...)


Mais s’ils ont échappé à la mort, ce qui les attendait sur l’île n’avait rien d’hospitalier. « Là il n’y avait littéralement rien pour nous. Les gens étaient soupçonneux à notre égard et ne nous laissaient même pas acheter de nourriture dans les restaurants », se rappelle Yusra.


Ensuite, sa sœur et elle ont entamé un long périple de 25 jours à pied et en bus jusqu’à atteindre la Hongrie. Et de là un train les a finalement menées à Berlin où elles ont passé 6 mois dans un camp.

Puis le destin a voulu que les deux soeurs soient acceptées dans le plus prestigieux club de natation de Berlin où Yusra, qui pourtant ne s’était plus entraînée depuis deux ans en raison de la guerre, a réussi à se qualifier pour les JO de Rio.


Si elle n’a pas rapporté de médaille, elle a créé l’événement en faisant partie de la toute première équipe de réfugiés de l’histoire des Jeux Olympiques où elle aura tout de même gagné la compétition préliminaire, sans préparation et après toutes les épreuves qu’elle a traversées. A tout juste 18 ans, elle a montré au monde entier une capacité de résilience impressionnante, une force de détermination et un optimisme à toute épreuve, de sorte qu’elle est devenue un symbole de courage, d’espoir et de fierté pour tous les réfugiés.


Depuis, elle plaide la cause des réfugiés. Elle s’est exprimée aux Nations Unies ainsi qu’au forum économique de Davos. Mais le plus important pour elle, c’est de préparer les JO de Tokyo de 2020 où elle veut gagner une médaille d’or. Ce n’est pas un désir de gloire personnelle qui la motive, mais seulement la volonté de gagner pour l’équipe des réfugiés afin de faire entendre leur voix.


Elle veut monter sur le podium pour qu’à travers elle les caméras du monde se rappellent le sort oublié des réfugiés victimes de la tragédie des guerres, elle veut par une victoire leur rendre leur dignité perdue, ainsi que leur foi en l’accomplissement d’une vie meilleure par-delà toute adversité.


 1- (...) Face à ce drame des migrants générateur de toujours plus de tension et de souffrance, la seule solution réaliste consisterait à réduire ses deux causes principales que sont les inégalités planétaires et les guerres, mais on sait plus encore que c’est tout le contraire qui se profile à l’horizon.


D’une part les inégalités planétaires vont continuer d’augmenter, les riches s’enrichissant toujours plus au détriment des pauvres qu’ils appauvrissent toujours plus, et d’autre part les guerres en tant que sources de profits vont elles aussi invariablement continuer de se répandre.


Elles vont se répandre parce que notre économie productiviste mondialisée est incapable de penser d’issue en dehors de la croissance infinie et que cette croissance est en berne, cela essentiellement en raison des matières premières nécessaires à son alimentation qui elles ne sont pas infinies. Dès lors elles deviennent de plus en plus rares et chères, poussant les États prédateurs qui en sont les plus dépendants pour leur survie économique à les convoiter avec toujours plus de violence à grands coups de guerres soi-disant humanitaires ou libératrices pour s’assurer leur contrôle.


Les guerres vont également se répandre parce que face à une économie positive productrice de biens bénéfiques en saturation, l’économie négative de guerre et de surveillance est elle-même utilisée en relais pour soutenir artificiellement la croissance. Depuis 2001 elle prend toujours plus de poids dans la balance avec un budget d’armement mondial qui a atteint le record de 1650 milliards de dollars en 2016. Quant au budget de surveillance, plus difficile à chiffrer en raison de données tenues secrètes, il suit le même développement astronomique. Des dépenses gigantesques qui poussent le reste du monde à les imiter, et auxquelles on peut encore ajouter l’édification de forteresses en plein essor pour contrer l’invasion des migrants et réfugiés.


Et enfin les guerres vont se répandre parce que l’élite richissime des 1% de l’humanité possédant la moitié des richesses planétaires reste la seule gagnante de cette situation mortifère, de sorte qu’elle a tout intérêt à la perpétuer pour préserver ses privilèges et son pouvoir.


2- (...) Si on ne peut prédire aujourd’hui quelle forme va prendre le développement de l’état de guerre planétaire perpétuel auquel notre système économique dans l’impasse nous accule, s’il continuera de se répandre en tant que guerre larvaire contre le terrorisme international de façon à alimenter indéfiniment le marché de la guerre et de la surveillance tout en conservant un certain contrôle, ou bien s’il finira par déborder sur les grandes puissances en échappant à tout contrôle pour déboucher sur une 3ème Guerre mondiale plus explicite et dévastatrice, ce qui est certain et incontestable, c’est qu’il entraîne d’ores et déjà l’ensemble de l’humanité sur le chemin de l’enfer où en dehors d’une toute petite élite richissime, personne n’en sortira gagnant.


Ce qui veut dire que la crise des réfugiés n’en est qu’à son commencement, une crise dont on sait qu’aucune frontière, aussi dure et imperméable soit-elle, ne nous en protégera, car notre monde est devenu ce grand village global où tout est désormais interdépendant.


Ce qui veut dire que nous n’allons plus pouvoir indéfiniment afficher ce cynisme et cette inconscience qui consiste à nous réjouir de nos ventes d’armes dans des pays lointains comme facteur de croissance et d’emploi à l’intérieur de nos frontières, pour ensuite nous plaindre du déferlement de réfugiés frappant à nos portes pour échapper aux massacres que ces mêmes armes que nous vendons provoquent.


Ce qui veut dire que nous n’allons plus pouvoir continuer de bâtir et d’assurer notre prospérité sur l’exploitation des misérables et le malheur d’autrui dans des pays lointains : nous sommes déjà arrivés au point de rupture où la violence économique et guerrière intolérable que nous imposons hors de chez nous commence à nous revenir pour nous exploser à la figure.


Parce que si nous persistons dans cette voie égocentrique qui ne regarde que nos seuls intérêts limités, les guerres vont continuer de se répandre inexorablement, et tôt ou tard elles nous affecteront directement, tôt ou tard le sort tragique du peuple syrien et de ses 5 millions de réfugiés qui lui paraissait inimaginable il y a encore quelques années deviendra le nôtre également.


Pendant que la puissance d’envoûtement des médias oligarchiques omniprésents nous fait croire que » la guerre c’est la paix « , autrement dit qu’il faut faire toujours plus de guerres aux méchants désignés pour aboutir à la sécurité et à la paix, les résultats depuis 2001 sont une augmentation constante de la menace et du nombre de ces méchants désignés. Alors comment se fait-il qu’en 2017 nous en sommes encore à poursuivre aveuglément la même erreur stratégique qui aboutit au contraire de ce qui est officiellement attendu ?


La seule réponse qui doit finir par s’imposer est que ce n’est pas une erreur mais bien le but recherché afin de développer le marché de la guerre et de la surveillance qui est devenu le soutien incontournable d’une croissance économique mondialisée à bout de souffle. Et pourtant ce but et ce soutien relèvent d’un processus suicidaire qui loin de nous mener à la prospérité, la sécurité et la paix promises, prépare l’enfer sur Terre pour le grand village global interdépendant que nous sommes désormais en nous entraînant tous dans la ruine et l’auto-destruction.


(...) 3- LA SEULE ISSUE A LA GUERRE : CHANGER DE PARADIGME

L’humanité du 21ème siècle va devoir mettre fin à la guerre sur Terre. Ce n’est pas une option mais une nécessité vitale dont dépend désormais notre survie. Et nous n’y parviendrons qu’en mettant fin à l’économie négative de l’armement et de la surveillance qui sert de support à la croissance, ce que seule une nouvelle voie économique génératrice de prospérité partagée sans croissance pourra accomplir.


Notre suicide collectif annoncé nous lance l’immense défi de sortir du vieux paradigme de la croissance infinie qui a toujours prospéré sur la guerre, pour entrer dans un nouveau paradigme sans croissance qui doit trouver dans la paix le moteur de sa prospérité. Car autant le développement de la guerre perpétuelle marque le point terminal du vieux paradigme en tant que son ultime recours pour retarder son effondrement final, autant la conquête de la paix inaugurera l’entrée dans le nouveau paradigme.


(...) 4- CRÉER LA PAIX SUR TERRE EST L’AFFAIRE DES CITOYENS

Mais soyons plus encore conscients que rien de tout cela n’adviendra si nous ne faisons pas du combat pour la paix la priorité des priorités. Et un combat qui ne peut être mené d’en haut, par les institutions internationales situées au sommet de la pyramide de pouvoir, mais uniquement d’en bas, depuis la base de la pyramide par les 99% de l’humanité qui n’ont rien à gagner à la guerre.


Car n’oublions pas qu’aujourd’hui plus que jamais la haute finance veut la guerre, les multinationales veulent la guerre, les puissances d’en haut veulent la guerre, et les institutions internationales suivent le mouvement parce qu’elles sont toutes gouvernées d’en haut. A commencer par l’ONU où malgré les bonnes volontés de paix qui la constituent indéniablement, c’est l’impératif de guerre qui l’emporte largement depuis sa création et qui l’emportera toujours, tant que ses membres permanents seront les cinq plus grands marchands d’armes de la planète.


Rappelons-nous que ce n’est pas l’ONU qui a mis fin à la guerre du Vietnam, mais uniquement une mobilisation citoyenne massive sans précédent. (...)

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Nigeria : 111 lycéennes portées disparues à la suite d’une attaque de Boko Haram

Nigeria : 111 lycéennes portées disparues à la suite d’une attaque de Boko Haram | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Les lycéennes sont manquantes depuis l’attaque d’une école, lundi, par Boko Haram.
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Afrique du Sud: le président Jacob Zuma annonce sa démission

Afrique du Sud: le président Jacob Zuma annonce sa démission | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Lors d'une allocution télévisée, le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé sa démission avec «effet immédiat».
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Le scandale Oxfam, ce géant de l'humanitaire

Le scandale Oxfam, ce géant de l'humanitaire | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

C'est l'une des plus importantes ONG au monde qui est plongée dans la tourmente après la révélation du recours de certains de ses employés à des prostituées lors de missions à Haïti. Portrait et coulisses de ces missions humanitaires qui jouissent d'une relative impunité.


Son nom vient d'une contraction de "Oxford Committee for Relief Famine" (Comité d'Oxford pour la lutte contre la famine), un comité constitué par des étudiants, en 1942, en Angleterre pour venir en aide à la Grèce qui souffre, à cette époque, d'une terrible famine. Elle se spécialisera par la suite dans des missions d'urgences dans les pays qui souffrent de famines ou de catastrophe naturelles. Elle sera aussi l'une des premières à impliquer les citoyens et des personnalités pour que ceux-ci fassent pression sur les décideurs publics. 


Aujourd'hui, pas moins de 20 ONG sont affiliées sous son nom et elle a 3500 organisations partenaires dans le monde. Elle agit dans 90 pays et emploie pas moins de 10.000 salariées et 50.000 bénévoles. Son siège central se trouve toujours à Oxford, mais possède des postes de lobbying (bureaux de plaidoyer) à New York, Washington, Bruxelles, Genève et Addis-Abeba. L'ONG possède aussi 1200 boutiques de seconde main dans huit pays, dont la Belgique. Celles-ci rapportent 180 millions d'euros par an. 


(...) Selon l'enquête du Times, des groupes de jeunes prostituées étaient invitées dans des maisons et des hôtels payés par Oxfam au cours d'une mission consécutive au séisme qui a fait plus de 200.000 morts en Haïti en 2010.Une source citée par le quotidien dit avoir vu une vidéo d'une orgie avec des prostituées portant des T-shirts d'Oxfam.


En outre, le quotidien affirme qu'Oxfam n'a pas prévenu d'autres ONG du comportement des employés impliqués dans ce scandale, ce qui a permis à ces employés d'obtenir par la suite des missions auprès de personnes vulnérables dans d'autres zones de catastrophes naturelles. Ainsi, le Belge Roland van Hauwermeiren, 68 ans, contraint de démissionner, comme l'a confirmé Oxfam, de son poste de directeur pour Haïti de l'organisation après avoir admis avoir engagé des prostituées, est devenu chef de mission pour Action contre la faim (ACF) au Bangladesh de 2012 à 2014.


Roland van Hauwermeiren est le seul Belge impliqué dans les accusations d'orgies a assuré vendredi la porte-parole d'Oxfam-Solidarité en Belgique, Esther Favre-Félix. (...) Les employés impliqués dans ce scandale sont issus de la branche britannique d'Oxfam.


(...) L'organisation s'est défendue d'avoir voulu dissimuler les faits afin de protéger sa réputation. L'ONG a condamné le comportement "totalement inacceptable" des employés visés et indiqué que "les accusations selon lesquelles de jeunes filles mineures étaient impliquées ne sont pas prouvées".


Le scandale interpelle la communauté humanitaire mondiale. En Haïti, les employés étrangers sont partagés entre la crainte d'un amalgame et le désir d'assainir les relations. "Les politiques de protection (des bénéficiaires de l'aide humanitaire) existent depuis longtemps au sein des Nations unies et de la majorité des ONG, mais, en cas d'exploitation et d'abus sexuels, reste le problème de pouvoir lancer l'alerte sans subir ensuite personnellement un retour de flammes", témoigne une responsable d'organisation humanitaire en Haïti.


L'idée qu'un responsable de l'organisation, soupçonné de crimes sexuels, ait pu continuer sa carrière est ce qui choque aujourd'hui le plus au sein de la communauté humanitaire. (...)


Le scandale met aussi en lumière la relative impunité de ces organismes face à un Etat faible et l'extrême pauvreté de la population. Santé, éducation, urbanisme, gestion de l'eau... En Haïti, les ONG travaillent depuis des décennies dans de multiples secteurs, au point de se substituer parfois à l'Etat qui a du coup aussi perdu le contrôle d'une partie de l'aide au développement.


(...) Cette prépondérance s'accentue d'autant plus que ces financements sont effectués en dollars américains, créant de facto un fossé entre les employés de ces organisations et le reste de la population. "Ceux qui détiennent des revenus en dollars américains ont des privilèges énormes dans la société haïtienne: les niveaux de vie sont différents", constate M. Chalmers.


Face à un chômage de masse, près de 60% des Haïtiens survivent avec l'équivalent de moins de deux dollars par jour en effectuant de petits travaux informels. Pour l'économiste, des "mondes parallèles" coexistent avec des ONG qui "fonctionnent dans une logique d'extraterritorialité. Elles construisent leur propre territoire, leur fief, avec une logique différente du reste du pays".


Une distanciation qui est aujourd'hui dénoncée avec encore plus de vigueur, au regard du scandale qui secoue l'organisation britannique Oxfam, car elle a pu contribuer à un sentiment d'impunité chez certains humanitaires. 


"Oxfam aurait pu mieux réagir. La lacune de leur démarche réside dans le fait de ne pas avoir prévenu la police, car il s'agit d'actes qui violent la loi", déplore l'avocat Mario Joseph. "Cela aurait permis une enquête et aurait amené les personnes impliquées devant la justice, mais ils font toujours des soi-disant enquêtes en interne, des répressions internes", regrette-t-il.


Selon l'avocat, le poids économique des ONG et leur assistance vitale biaisent leur relation avec les autorités et les forces de l'ordre. (...) "Elles viennent pour soutenir les droits des femmes, des enfants et ce sont elles-mêmes qui, avec le pouvoir économique, profitent des faiblesses du pays pour commettre des abus, des viols, en sachant qu'il y a cette impunité, car l'Etat ne demande pas de comptes".

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Mukwege: "J'appelle le peuple congolais à se mettre debout"

Mukwege: "J'appelle le peuple congolais à se mettre debout" | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Le docteur Mukwege était ce lundi à Bruxelles pour appeler les Congolais à se dresser contre le président Kabila pour mettre en place une "transition citoyenne". "L'homme qui répare les femmes" sort de son silence, à six mois d'élections auxquelles ils ne croit pas.

Le visage buriné par la fatigue, mais les yeux brillants et l’esprit vif, le docteur Denis Mukwege était lundi à Bruxelles pour appeler le peuple Congolais à imposer "une transition sans Kabila". Il ne croit pas en l’organisation d’élections, prévues par le pouvoir d’ici la fin de l’année, alors que la RDC s’enfonce dans une crise humanitaire et politique majeure.


" Par quel miracle ce gouvernement qui a spolié son peuple et bradé ses terres à des prédateurs va-t-il organiser des élections en six mois?", a-t-il dit lors d'une conférence de presse au Press Club Brussels, "nous avons besoin d’élections libres et transparentes. Il est nécessaire d’avoir des élections citoyennes sans Kabila. J’appelle le peuple congolais à se mettre debout comme un seul homme". 


Sa visite en Belgique s’est faite sous protection. Le docteur, qui a échappé à une tentative d’assassinat en 2012, reçoit régulièrement des menaces de mort. "Mieux vaut mourir debout que mourir à genoux. C’est tout les jours que les Congolais se font massacrer", dit-il.


En vingt ans de pouvoir du "clan Kabila", "je constate que la situation humanitaire n’a jamais été pire au Congo", dénonce le Dr Mukwege. Près de huit millions de Congolais souffrent de malnutrition, selon les données de l’ONU, alors que les massacres se poursuivent, dans les provinces du Kivu et du Kasaï, dans l’indifférence de l’Occident.


Le gynécologue, connu comme "l’homme qui répare les femmes", est sorti de son hôpital de Panzi, où il vit retranché sous la protection de la police des Nations unies, pour mobiliser les Congolais. Il a vu assez d’atrocités et sort de sa réserve. "Au Sud Kivu, des femmes sont violées chaque jour. Au Nord Kivu, on torture, on viole, on décapite dans un silence total", dit-il, "en 30 ans, la crise humanitaire n’a jamais été aussi grave".


Le Dr Mukwege, détenteur du prix Sakharov, se rend en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays d’Afrique accompagné de professeurs d’université pour dénoncer le caractère "illégitime" du pouvoir congolais, qui reporte depuis 2 ans les élections présidentielles. (...)


La cause de la crise est dans le nom de la République démocratique du Congo. La RDC n’est pas démocratique", affirme le professeur de droit constitutionnel André Mbata, "depuis l’indépendance, des individus ont capturé l’État (…) Ce régime n’aurait pas survécu s’il n’avait pas la complicité de certaines puissances et de sociétés multinationales".


Cet intellectuel engagé, qui dénonce la "monarchisation" du pouvoir, invoque comme remède la Constitution congolaise qui justifie un "soulèvement populaire" en cas de nécessité. "Tout est dans l’article 64, qui autorise le peuple congolais à s’opposer à celui ou ceux qui prennent le pouvoir illégalement", lâche-t-il.


André Mbata a, lui aussi, échappé à une tentative d’assassinat. Cela ne l’empêche en rien de contester la légitimé des autorités de la RDC chargées d’organiser les élections. "La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) fait partie de la majorité présidentielle. Elle n’est pas indépendante", dénonce-t-il, "la Cour constitutionnelle chargée de valider les élections n’est pas, non plus, indépendante".


Alphonse Maindo, professeur en sciences politiques, estime que "les élections prévues pour le 23 décembre de cette année sont improbables car les conditions ne sont pas réunies".


"Ce que je vois aujourd’hui date de cent ans. Je vois des jeunes traverser chaque jour le désert pour partie en esclavage et cela me fait mal", dit-il, "des jeunes qui viennent mourir dans les océans, préférant l’esclavage au lieu de mourir dans la médiocrité". Lui aussi appelle les Congolais à réagir. "Si le peuple se lève, rien ne peut l'arrêter."


Pour le docteur Mukwege, "seules des élections libres et transparentes peuvent commencer à mettre fin à la crise politique en cours ainsi qu’à la violence et à la crise humanitaire".

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L'ONU décide l'envoi à Gaza d'une mission d'enquête internationale spécialisée dans les crimes de guerre

L'ONU décide l'envoi à Gaza d'une mission d'enquête internationale spécialisée dans les crimes de guerre | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a adopté vendredi une résolution pour envoyer une équipe internationale spécialisée dans les crimes de guerre enquêter sur les événements à Gaza.


Seuls deux des membres du Conseil, les Etats-Unis et l'Australie, ont voté contre la résolution, adoptée par 29 des 47 membres, 14 s'abstenant, parmi lesquels la Suisse, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La résolution adoptée appelle à "envoyer de toute urgence une commission internationale indépendante", le niveau le plus élevé d'enquête prévu par le Conseil. L'équipe doit "enquêter sur les violations et mauvais traitements présumés (...) dans le contexte des assauts militaires menés lors des grandes manifestations civiles qui ont commencé le 30 mars 2018", y compris ceux qui "pourraient relever de crimes de guerre". 


Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi aussitôt, rejettant ce vote d'un "organe à majorité automatique anti-israélienne dominé par l'hypocrisie et l'absurdité".  (...) Selon le ministère israélien, les résultats de la commission d'enquête décidée par le Conseil des droits de l'Homme sont "connus d'avance et dictés par la résolution elle-même". "Il est clair pour tous que le but du Conseil n'est pas d'enquêter sur la vérité mais de violer le droit d'Israël à la légitime défense et de diaboliser l'Etat juif", ajoute-t-il. 


Quelque 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes alors qu'ils manifestaient dans la bande de Gaza contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Il s'agit de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014. Depuis le 30 mars, les Palestiniens manifestent le long de la frontière avec Israël pour le droit des réfugiés à revenir sur les terres de 1948, date de la création d'Israël. La mobilisation vise aussi le blocus israélien de la bande de Gaza. Elle a été amplifiée lundi par le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, qui ulcère les Palestiniens. Israël n'a cessé de proclamer que cette protestation massive était orchestrée par le Hamas, mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza et auquel il a livré trois guerres depuis 2008. 


En ouvrant la session extraordinaire du Conseil vendredi, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein a jugé "totalement disproportionnée" la réponse d'Israël aux manifestations palestiniennes. "Les morts résultent d'un usage illégal de la force", a-t-il affirmé, soutenant "les appels de nombreux Etats et observateurs en faveur d'une enquête qui soit internationale, indépendante et impartiale". Selon lui, les actes des manifestants palestiniens ne semblaient "pas constituer une menace imminente de mort ou de blessure mortelle pouvant justifier l'usage d'une force meurtrière".


En réponse, Aviva Raz Shechter, la représentante permanente d'Israël au Palais des Nations, siège de l'ONU à Genève, a déploré qu'"une fois de plus", le Conseil des droits de l'homme verse dans "une obsession anti-Israël" et se laisse duper par "l'utilisation cynique que fait le Hamas de son propre peuple".


> Lire aussi: Gaza : Nétanyahou capitalise sur les déclarations du Hamas, le Caire fait baisser la tension


http://www.liberation.fr/planete/2018/05/18/gaza-netanyahou-capitalise-sur-les-declarations-du-hamas-le-caire-fait-baisser-la-tension_1651170?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot


La déclaration d'un porte-parole du Hamas, selon lequel «50 des 60 tués» lundi à Gaza étaient membres de l'organisation sert de justification à la répression sanglante des Israéliens. L'Egypte a ouvert sa frontière pour soulager la population.

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Du Niger à la France : l'expulsion des Soudanais

Du Niger à la France : l'expulsion des Soudanais | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Alors que le Niger expulse 135 Soudanais vers la Libye, quatre Soudanais sont en rétention en France et risquent l'expulsion vers le Soudan : selon les politiques européennes, les réfugié-e-s ne sont les bienvenu-e-s nulle part.


L'essentiel des migrations africaines se fait à l'intérieur du continent africain. Il y existe des zones de liberté de circulation, comme la CEDEAO (Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest), dont fait partie le Niger. Mais l'Union européenne, et certains de ses États membres, en particulier la France, font pression sur ces pays pour qu'ils fassent obstacle à la mobilité des Africain-e-s supposé-e-s remonter vers l'Europe. C'est ainsi que le Niger a adopté une législation répressive et s'est couvert de check-points sur les routes conduisant vers le nord.


Pour dissuader les exilé-e-s de continuer leur route vers l'Europe, l'Union européenne a aussi installé au Niger un centre de tri. Un faible nombre de personnes y sont reconnues comme réfugiées et sont reçues en Europe, la grande majorité se voient proposer par l'Organisation Internationale des Migrations le retour vers leur pays d'origine. Arrivent dans ce contexte près deux mille Soudanais-es fuyant la situation en Libye. Le gouvernement nigérien en fait arrêter cent quarante et expulse environ cent trente-cinq (quelques personnes ont réussi à s'enfuir, d'autres ont tenté de s'opposer à leur expulsion et ont été hospitalisées suite à la violence de la police).


> EXCLUSIVE: Niger sends Sudanese refugees back to Libya

The unprecedented deportation comes after more than 1,700 people fled the other way since December

https://www.irinnews.org/news/2018/05/10/exclusive-niger-sends-sudanese-refugees-back-libya


> http://www.rfi.fr/afrique/20180510-niger-expulse-140-soudanais-libye-agadez


En France, quatre Soudanais sont enfermés au centre de rétention d'Oissel, près de Rouen, et risquent d'être expulsés au Soudan, dans le cadre de la coopération mise en place entre les autorités françaises et soudanaises pour faciliter les expulsions. Une pétition circule, merci de la signer.


> https://secure.avaaz.org/fr/petition/Etat_francais_Liberation_immediate_des_Soudanais_emprisonnes_au_Centre_de_retention_dOis/


Ces deux faits témoignent d'une politique des États européens qui cible tout particulièrement les nationalités, qui du fait de la situation du pays qu'elles fuient et du régime qui y règne, ont le plus de chance d'obtenir l'asile. Rappelons qu'Omar el-Béchir, président du Soudan, est recherché par le Tribunal Pénal International pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et que plusieurs guerres civiles sont en cours dans ce pays et viennent s'ajouter à la répression qu'y subissent les opposant-e-s politiques.


Dans le même ordre d'idée, les autorités suisses viennent de découvrir que l'Érythrée était finalement un pays sûr pour les personnes ayant effectué leur service militaire, et qu'il était donc possible d'y renvoyer les demandeurs et demandeuses d'asile qui sont dans cette situation.


> «Les conditions sont réunies pour des renvois en Erythrée»

En tête des demandes d’asile en Suisse en 2017, les ressortissants érythréens étaient jusqu’alors protégés dans leur ensemble d’un renvoi dans leur pays. Cela devrait désormais changer, comme l’explique Mario Gattiker, secrétaire d’Etat aux migrations

https://www.letemps.ch/suisse/conditions-reunies-renvois-erythree


> https://asile.ch/2018/04/12/vivre-ensemble-erythree-suisse-devant-comite-de-lonu-contre-torture/


(Photo: Sudanese refugees waiting to be loaded into trucks to be deported to Libya rotate - www.irinnews.org)

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En Algérie, la vie cachée des travailleurs subsahariens

En Algérie, la vie cachée des travailleurs subsahariens | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
De nombreux clandestins, employés comme ouvriers, manœuvres ou femmes de ménage, se terrent alors que les autorités multiplient les arrestations.
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Ghana, le grand bond en avant

Ghana, le grand bond en avant | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
LE BILLET DE FRANCIS KPATINDÉ. La croissance record attendue en 2018 est une juste récompense pour le pays, hier « enfant malade », aujourd’hui admiré de ses voisins.
Voix Africaine's insight:
Un Ghana en marche ordonnée vers les sommets ! Qui l’eût cru ? Le boom pétrolier, récent, n’explique pas à lui seul ce formidable bond en avant. La production cacaoyère, une gestion mesurée de l’économie nationale, l’esprit d’entreprise de la population, la place de choix réservée dans le débat public aux chefs traditionnels et aux rois, la bonne gouvernance et plusieurs alternances démocratiques à la tête de l’Etat ont fait le reste, propulsant cette nation de 29 millions d’âmes en haut de l’affiche. Juste récompense pour l’ancienne Gold Coast, passée par une longue période d’instabilité, une série de coups d’Etat, des années d’austérité et plus d’une décennie de couvre-feu. En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/03/16/ghana-le-grand-bond-en-avant_5272299_3212.html#0URKxwBM2dQzzSof.99
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Un pisteur interpellé alors qu'il secourait une migrante sur le point d'accoucher en montagne

Un pisteur interpellé alors qu'il secourait une migrante sur le point d'accoucher en montagne | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
FAITS DIVERS - Pour être venu en aide à une femme, migrante, sur le point d'accoucher, un pisteur a été interpellé samedi soir.
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Burkina : le groupe terroriste du Malien Iyad Ag Ghali revendique l’attentat de Ouagadougou –

Burkina : le groupe terroriste du Malien Iyad Ag Ghali revendique l’attentat de Ouagadougou – | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
La coalition jihadiste Nusrat al-Islam Wal Muslimin (« Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans »), dirigée par Iyad Ag Ghali a revendiqué la double attaque de vendredi qui a fait huit morts parmi les militaires et 80 blessés. Une source proche de l'enquête ouverte par le procureur du Faso évoque quant à elle un « acte commandé et payé ».

Contrairement à celui d’août dernier contre le café Aziz Istanbul, qui avait fait 18 morts et n’a jamais été revendiqué, l’attentat meurtrier de Ouagadougou perpétré à deux endroits vendredi 2 mars, contre l’ambassade de France et l’état-major général des armées, a été revendiqué au lendemain de l’attaque.
Une attaque de « représailles » ?

C’est par un message adressé au site d’information mauritanien ANI que Nusrat al-Islam Wal Muslimin (« Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans »), la coalition jihadiste dirigée par le terroriste malien Iyad Ag Ghali, indique avoir agi « en représailles à la mort de ses leaders », tués dans des opérations menées par Barkhane.

Ce groupe jihadiste, qui rassemble Ansar Eddine, Al Mourabitoune ainsi que la Katiba Macina avait revendiqué l’attaque menée en juin 2017 contre l’écolodge Kangaba, près de Bamako au cours de laquelle trois militaires, deux civils et trois assaillants avaient péri.

Mi-février, l’état-major des armées françaises et les Forces armées maliennes (FAMA), ont en effet affirmé avoir tué ou capturé une vingtaine de combattants présumés d’Ansar Eddine lors d’une opération menée par les forces françaises dans la nuit du 13 au 14 février « entre Boughessa et Tinzaouatène », dans le nord-est du pays, près de la frontière entre le Mali et l’Algérie.

Parmi les victimes, Malick Ag Wanasnat, considéré comme l’un des bras droit d’Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Eddine et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. L’ex-colonel malien devenu un allié des groupes armés qui avait fait défection en 2006 en pillant un magasin d’armement à Ménaka, dans le nord-est du pays.

Autre proche de Iyad Ag Ghali tué dans un raid de l’opération française Barkhane : Mohamed Hacen al-Ançari.
L’enquête avance à Ouagadougou

La revendication intervient alors que l’enquête ouverte par le procureur du Faso sur les attaques contre l’ambassade de France et l’état major général des armées commence à rassembler les premiers éléments.

Les forces de sécurité burkinabè ont capturé au moins deux personnes soupçonnées d’être en lien avec le commando qui a attaqué l’état-major général des armées.

« Je peux vous confirmer qu’il y a eu des arrestations. Les investigations en cours permettront de savoir le rôle que ces personnes ont joué dans l’attaque ainsi que leur degré d’implication », a affirmé à Jeune Afrique Rémi Dandjinou, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.
La thèse de l’attaque « commanditée »

Une source proche de l’enquête évoque quant à elle la thèse d’une attaque « commanditée ».

« C’est un attentat commandé et payé. Recherchez les transactions financières des personnes en jugement et vous comprendrez », accuse cette source, sans fournir plus de détails, faisant allusion au procès des auteurs présumés du coup d’État manqué de septembre 2015.

Sur le banc des accusés, notamment, les généraux Gilbert Diendéré, ancien patron des renseignements, et Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères du président Blaise Compaoré renversé en octobre 2014 durant les « jours de colère » après 27 ans de règne. L’audience, qui s’est ouverte le 27 février a été suspendue après que les avocats ont quitté la salle, arguant d’irrégularités.

Les autorités burkinabè ont toujours pointé du doigt les accointances supposées entre les caciques de l’ancien régime et les groupes terroristes sévissant au nord du Mali.
Le mode opératoire du commando

Les attaques qui ont visé Ouagadougou vendredi ont fait au total 16 morts, dont huit dans les rangs de l’armée, et plus de 80 blessés. L’attaque qui a ciblé l’état-major général des armées a été la plus meurtrière.

Une source sécuritaire qui a requis l’anonymat décrit à Jeune Afrique le mode opératoire du commando qui a mené cette attaque. Selon elle, des hommes armés, vêtus de tenues militaires qui sont arrivés à bord d’un véhicule bourré d’explosifs, ont pu déjouer la vigilance de la garde et ont pénétré l’intérieur même de l’enceinte.

Au même moment, des membres du commando ont ouvert le feu à l’extérieur sur la sentinelle. « Ils ont abattu le garde puis ont balancé une grenade sur le poste de garde. Ils ont ensuite dirigé le véhicule vers la salle où devait se tenir une réunion du commandement de l’armée sur le G5 Sahel avant de le faire exploser », a affirmé cette source sécuritaire, ajoutant que c’est le commandement de l’armée qui était visé.

Via Romain
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Attaque chimique en Syrie. « La position française incompréhensible »

Attaque chimique en Syrie. « La position française incompréhensible » | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Emmanuel Macron a renouvelé ce vendredi ses mises en garde au régime syrien accusé d’utiliser des armes chimiques contre sa population. Emmanuel Macron a rappelé qu’une « réponse ferme serait apportée en cas d’utilisation avérée de moyens chimiques ». Une position incompréhensible pour Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques, qui souligne que leur utilisation par Bachar al-Assad est avérée et massive.

En mai 2017, juste après son élection à la présidence, Emmanuel Macron avait fixé « une ligne rouge » à ne pas franchir par le régime Assad, en Syrie, à savoir l’utilisation de l’arme chimique. Ce vendredi, il a renouvelé sa mise en garde dans un communiqué publié ce matin par l’Elysée.

Le texte exige également de la Russie qu’elle fasse pression sur Bachar al-Assad, pour que le cessez-le-feu voté par le conseil de sécurité de l’Onu soit respecté et que l’aide humanitaire parvienne enfin dans la Ghouta.

L’enclave proche de Damas, contrôlée par 10 000 à 20 000 combattants rebelles et où s’entassent 300 000 à 400 000 civils, est soumise depuis plusieurs semaines à un déluge de feu, mais aussi à des bombardements réguliers au chlore. Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste des armes chimiques, juge la position de la France incompréhensible.

Que vous inspire la ligne rouge d’Emmanuel Macron ?

Je ne comprends pas la logique que poursuit le président français. Ni pourquoi il s’entête à évoquer cette ligne rouge, sans rien faire par ailleurs. Quand Emmanuel Macron a évoqué pour la première fois la ligne rouge, c’était dans l’euphorie de sa campagne présidentielle victorieuse. Mais depuis, le régime a utilisé l’arme chimique à des dizaines de reprises. Et la France n’a pas réagi.

Dans la Ghouta, il y a une utilisation régulière du chlore. Même si c’est un produit beaucoup moins toxique que le sarin [83 morts au printemps 2017 à Khan Cheihkoun dans la région d’Idlib], cela reste une arme chimique. Or, son utilisation suscite très peu de réactions des chancelleries occidentales. À moins de considérer que le chlore n’est pas une arme chimique, ce qui n’est pas acceptable.

Justement, c’est quoi une arme chimique ?

La définition est claire.

1) Il faut qu’il y ait une substance toxique, que ce soit un neurotoxique du type sarin ou un composant organo-fluoré comme le chlore.

2) Il faut un vecteur permettant la dissémination du produit.

Peu importe que le produit et le vecteur soient rudimentaires. Que tous les Français qui possèdent une piscine aient chez eux des bidons de chlore. C’est l’association du produit toxique avec le vecteur de dissémination que fait l’arme chimique.

Le communiqué de l’Elysée évoque une action ferme en cas d’utilisation avérée de moyens chimiques…

Jouer sur la notion de preuve avérée dans un contexte de guerre, cela ne tient pas. On ne peut pas envoyer des inspecteurs de l’Onu dans la Ghouta, c’est impossible. Mais on a suffisamment d’éléments cliniques recueillis sur les victimes, que ce soit avec le sarin à Khan Cheikhoun, au printemps 2017, ou dans la Ghouta.

On peut se retrancher derrière l’absence de preuve irréfutable, mais c’est moralement indéfendable.

Quel est l’intérêt pour le pouvoir d’utiliser l’arme chimique ?

L’objectif est de terroriser la population. L’intérêt militaire est quasi nul. L’arme chimique sert à punir ou faire fuir les civils. C’est aussi un message pour l’extérieur. Il ne faut pas prendre Bachar al-Assad pour un idiot. Il utilise le chlore pour dire aux Occidentaux, mais aussi à son allié russe, qu’il utilisera toutes les armes en sa possession, y compris le chimique, pour reconquérir les territoires qui lui résistent.

Quelle réponse possible ?

Si on estime que la ligne rouge est franchie, la seule réponse possible, ce sont des frappes ciblées qui visent des dignitaires du régime ou Bachar al-Assad lui-même. Viser des bases militaires dans le désert ne sert à rien. Cela a été fait par les Américains après l’attaque au sarin de Khan Cheikhoun, et cela n’a rien changé. Il faut que Bachar al-Assad comprenne que s’il utilise l’arme chimique contre des populations, il se met lui-même en danger.

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Au Cameroun, le travail de forçat des casseuses de pierres

Au Cameroun, le travail de forçat des casseuses de pierres | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Dans la région de l’Extrême-Nord, où sévissent les djihadistes de Boko Haram, des femmes réduisent des pierres en graviers pour pouvoir scolariser leurs enfants.


Des deux côtés de la route goudronnée où voitures et motos roulent à vive allure, des femmes, assises à même le sol, marteaux ou petites barres de fer entre les mains, visages suant parfois à grosses gouttes, concassent des pierres. Autour d’elles, des tas de graviers de tailles différentes ont été formés. Ils serviront à la construction ou à la réfection de routes, d’immeubles ou de maisons.


Chaque jour à Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord, au Cameroun, une trentaine de casseuses de pierres investissent, dès les premières heures de la matinée, cette place rocailleuse ceinturée par les montagnes. Elles s’écorchent les doigts, se brûlent au soleil et, disent-elles, risquent souvent « la mort », pour assurer l’avenir de leur progéniture. D’après l’Institut national des statistiques, l’Extrême-Nord est la région la plus pauvre du Cameroun. C’est aussi dans cette zone frontalière du Nigeria que sévissent les djihadistes de Boko Haram.


« Je casse des pierres pour que mes enfants aillent à l’école et n’intègrent pas Boko Haram. S’ils restent à la maison, ils deviendront oisifs et ne pourront pas avoir une bonne moralité. Ils seront tentés par n’importe quoi et n’importe qui », explique Jacqueline Djougoudoum.


Sous un abri de fortune fait de piquets plantés dans le sol, ouvert aux quatre vents et recouvert par de vieux vêtements, cette femme de 39 ans, mère de sept enfants, s’échine à cette tâche depuis cinq ans. « Avant, je ne faisais rien, chuchote-t-elle, honteuse. Mais mes enfants ont commencé le collège et je ne pouvais plus rester inactive, car mon mari ne s’en sortait plus. Avec cet argent, je paie leur transport pour l’école, j’assure leur repas et j’aide mon mari à payer leur scolarité. »


Chaque jour, Jacqueline effectue le même rituel : elle se lève aux environs de 5 heures et prépare ses enfants pour l’école. Puis elle ramasse rapidement ses outils de travail : une cuvette et un marteau ou une petite barre de fer. Elle se rend sur les chantiers et ne s’accorde qu’une pause de trois heures, le temps de retourner chez elle cuisiner un repas pour sa famille. Elle n’achèvera son travail qu’après 17 heures.


Combien ces femmes gagnent-elles ? Avant de répondre, la plupart d’entre elles montrent leurs doigts zébrés d’écorchures. « On souffre et on n’a pas grand-chose, soupire Jacqueline. Le prix minimum d’un tas de graviers est de 500 francs CFA [0,76 euro]. Il y a des jours où je peux gagner 6 000 francs CFA et des jours où je n’ai rien. »


Elles se ravitaillent auprès des hommes qui creusent les collines et les carrières environnantes. « Ils nous vendent le tas de grosses pierres 3 000 ou 4 000 francs CFA. Nous les cassons en petits morceaux pour la revente », détaille Ruth Doudja, la soixantaine et le visage marqué par de profondes rides.


Mais certaines, comme Djara, 32 ans et mère de deux enfants, vont elles-mêmes chercher les pierres sur la colline, au péril de leur vie. Car selon des témoignages, six femmes sont mortes au cours d’accidents sur la montagne. « Moi je n’ai pas le choix, explique Djara. Cette année, mes deux enfants n’ont pas pu aller à l’école, faute d’argent. Je dois me battre. Mon mari est maçon et ne trouve pas du travail. » (...)

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Les organismes d’aide humanitaire au cœur de la tempête

Les organismes d’aide humanitaire au cœur de la tempête | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Le scandale qui touche la puissante organisation caritative britannique Oxfam a rencontré un écho dans le monde entier.
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« La France doit rompre avec la rhétorique martiale qui prévaut au Sahel »

« La France doit rompre avec la rhétorique martiale qui prévaut au Sahel » | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it
Selon un collectif de chercheurs, « l’outil militaire français doit être subordonné à un projet politique réaliste défini par les sociétés sahéliennes ».
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Cinq années en enfer pour Mariam et sa famille - « Même mon pire ennemi je ne l’enverrais pas en Libye ! »

Cinq années en enfer pour Mariam et sa famille - « Même mon pire ennemi je ne l’enverrais pas en Libye ! » | Voix Africaine: Afrique Infos | Scoop.it

Mariam ne veut pas donner son vrai prénom. Elle a encore trop peur qu’on la reconnaisse, elle, ses deux enfants qui l’entourent, et son époux, à l’abri quelque part sur l’Aquarius, au milieu des 587 autres rescapés sauvés de la noyade en cette journée d’hiver. Si elle accepte de nous raconter leur histoire, elle ne réalise pas encore que leur cauchemar libyen a pris fin.


Pourtant, c’est là-bas que fin 2012, elle avait choisi de rejoindre son mari, parti peu avant pour la ville de Derna où il espérait gagner sa vie mieux qu’au Mali, leur pays d’origine. Elle avait alors 19 ans, et lui 18. « Il travaillait dans une usine de ciment, et moi j’étais vendeuse dans un magasin de vêtements ».


Sur l’Aquarius, leurs deux enfants, aujourd’hui âgés de 2 et 4 ans, ont récupéré des ballons qu’ils essayent de gonfler (...) Tous les deux sont nés en Libye. « Mais ils ne sont pas Libyens : les Noirs n’ont aucun droit dans ce pays ». La famille vivait modestement à Derna, en Libye, jusqu’au jour où l’usine a fermé, et la route a été barrée par les islamistes. « Tout est devenu beaucoup plus cher. Et pour faire manger nos enfants, c’était compliqué. Une petite bouteille de lait qui coûtait avant 12 dinars (environ 7 euros), est passée à 23 dinars (14 euros). Un paquet de couches coûtait 7 dinars (environ 4 euros), et c’est passé à 25 dinars (15 euros)… »

Nourriture, eau, gaz, électricité, tous les prix se sont envolés, et leur vie a changé. « Le travail ne servait plus à rien : soit on était payé la moitié, soit on n’était plus payé du tout. Pour une femme, sortir seule dans la rue était devenu impossible : on l’attrape, on l’enferme et on appelle son mari ou sa famille pour demander de l’argent… Tant que l’argent n’est pas versé, elle reste enfermée, et on la frappe, ou pire… Les Libyens regrettent Kadhafi, mais nous aussi ».

Leur départ pour l’Europe n’était pas prévu, mais il s’est peu à peu imposé comme la seule échappatoire pour tenter d’échapper à cette misère. Elle pensait d’abord à leurs enfants. Bloqués à Derna, ville côtière de l’est du pays, ils ont d’abord attendu une semaine entière avant de pouvoir s’échapper et entamer un périple d’une semaine pour rejoindre Benghazi, à environ 300 kilomètres à l’ouest. « Il y avait des ‘’bouabas’’ [sortes de barrages de police] qui nous renvoyaient en arrière ». Une fois arrivés, ils ont passé quelques jours chez une « connaissance » avant de partir pour Tripoli, à plus de 1000 kilomètres de route. « Nous avons mis deux semaines ».


« On avait de la chance, on avait quelqu’un chez qui rester là-bas. On s’est renseigné et assez vite, des gens nous ont expliqué comment faire pour partir. On s’est lancé, même si on connaissait le danger ». Mariam sait que sa famille a échappé à la mort, mais elle ne regrette pas le choix qu’elle et son mari ont fait. « Même mon pire ennemi, je ne l’enverrais pas en Libye », lâche-t-elle avant qu’on la quitte.

Photo : Fabian Mondi / SOS MEDITERRANEE
(dans le but de préserver l’identité des personnes, la photo ne correspond pas aux protagonistes de l’histoire.)

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