Mécontent du virage qu’a pris Google dans sa stratégie, un employé de la firme de Moutain View a décidé de quitter l’entreprise. Sur son blog, il explique son geste et analyse l’évolution de Google. D’après lui, il a commencé à travailler dans une entreprise de high tech qui poussait ses employés à innover. Mais aujourd’hui, il quitte une entreprise de publicité focalisée sur cet unique marché.

Face à la montée en puissance de Facebook, « le social est devenu un sujet d’État pour l’entreprise et Google+ a bénéficié de toute les attentions. C’était un nom sinistre qui sous-entendait que Google seul ne suffisait pas. La recherche devait devenir sociale. Android devait devenir social. YouTube, auparavant heureux de son indépendance, devait devenir… vous comprenez le principe. [...]

Officiellement, Google a déclaré que « le partage sur le Web est cassé » et qu’on ne pouvait le réparer qu’en nous rassemblant autour de Google+. On doit tout de même admirer une entreprise capable de sacrifier ce qui a fait son succès et de concentrer ses talents sur la résolution d’une menace pour son activité. Si Google avait raison, l’effort aurait été héroïque et beaucoup d’entre nous voulaient y participer.

Il s’est avéré que le partage fonctionnait très bien sur le web, Google n’était seulement pas intégré à cet écosystème. Les gens partageaient tout autour de nous et semblaient assez contents. L’exode attendu des utilisateurs de Facebook vers Google+ n’a jamais eu lieu. Je ne parvenais même pas convaincre ma propre fille de donner une chance à Google+. « Le social n’est pas un produit » m’a-t-elle répondu après que je lui ai fait une démonstration, « le social, ce sont les gens et les gens sont sur Facebook ». Google était l’enfant riche qui, après avoir découvert qu’il n’était pas invité aux fêtes, organisait sa propre fête pour se venger. Le fait que personne ne soit venu sur Google+ est devenu ce sujet embarrassant, dont tout le monde a conscience mais personne n’ose parler. »