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Mort d’Yves Bonnefoy, poète, traducteur et critique d’art

Mort d’Yves Bonnefoy, poète, traducteur et critique d’art | cinema | Scoop.it

Poète, traducteur, critique d’art, professeur au collège de France, plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, Yves Bonnefoy est mort le vendredi 1er juillet à Paris, à l’âge de 93 ans. Cet immense écrivain était un homme multiple. Malgré la diversité de ses activités, une même intuition semblait toujours guider sa démarche qu’il appelait « la vérité de parole », ou le souci de saisir « ce que la vie a d’immédiat ». Dans l’intensité poétique, manifestant aussi une curiosité insatiable pour toutes les formes artistiques (il a écrit des essais sur Picasso, Balthus, Giacometti, Mondrian, Alechinsky), Yves Bonnefoy a construit une œuvre ouverte, à multiples entrées, dans laquelle l’expression est toujours approfondie par une exigence de pensée. Le poète se méfiait cependant du concept qui, pensait-il, nous écarte de l’essentiel : voulant à tout prix identifier nos expériences, il les limite, et nous prive, de surcroît, de la présence du monde. « La tâche du poète est de montrer un arbre, avant que notre intellect nous dise que c’est arbre », écrivait-il. C’est à Tours qu’Yves Bonnefoy naît le 24 juin en 1923, au sein d’une famille modeste : son père est ouvrier ajusteur et sa mère institutrice. Au sujet de l’enfance, il a maintes fois expliqué que cette période de la vie correspondait pour lui à l’origine de l’expérience poétique. Au printemps 2010, évoquant ses « journées enfantes », il nous avait confié voir la poésie comme « la préservation de ce sentiment de présence de tout à tout », qui en faisait « le bonheur, et aussi l’angoisse ». Fervent admirateur de Rimbaud A ses parents, le petit Bonnefoy explique qu’il veut savoir lire pour « écrire des poèmes ». Vers 7 ou 8 ans, il manifeste déjà une vive curiosité pour la littérature. Sur la page d’un livre offert par sa tante, on peut lire cette dédicace éclairante : « A mon filleul et neveu, futur poète. » C’est lorsqu’il est boursier au lycée Descartes à Tours, en juillet 1940, que sa vocation littéraire se précise : conseillé par son professeur de philosophie, il découvre une Petite anthologie du surréalisme, du poète et cinéaste Georges Hugnet. Enchantements. « Je découvris là, d’un seul coup, les poèmes de Breton, de Péret, d’Eluard, les superbes masses verbales de Tzara aux temps dadaïstes (…), Giacometti, les collages de Max Ernst, Tanguy, les premiers Miro : tout un monde », raconte-t-il dans ses Entretiens sur la poésie (Mercure de France, 1990). Malgré l’attrait pour l’étrange provoqué par ces découvertes surréalistes, Bonnefoy choisit une discipline bien plus « raisonnable » : les mathématiques. C’est d’ailleurs le prétexte qu’il se donne pour venir à Paris, et préparer sa licence à la Sorbonne. Il habite alors dans une chambre d’arrière-cour, sur le quai Saint-Michel, gagne sa vie en donnant des cours de mathématiques et de sciences naturelles. Mais c’est désormais la littérature qui s’impose à lui, d’abord par la lecture. Il découvre Bataille, Artaud, Michaux, Eluard, Jouve, et fréquente désormais André Breton. En 1946, c’est d’ailleurs dans une revue surréaliste, La Révolution la nuit, qu’il publie son premier poème « Le cœur-espace ». Mais cette proximité avec ce groupe restera courte. Si Bonnefoy reconnaît que le surréalisme a pu libérer la pensée du carcan des lois et des dogmes, il reproche à Breton de s’écarter du réel au profit d’un certain « occultisme ». Ce qu’il rejette sans doute aussi, c’est la dimension grégaire et idéologique de ce mouvement qui oppose la chimère au réel et privilégie l’opacité à la lumière. En fervent admirateur de Rimbaud, à qui il consacrera plusieurs essais critiques, c’est bien la « réalité rugueuse » qu’il cherche à étreindre, comme le poète d’Une saison en enfer. Et non une improbable surréalité. En 1947, Yves Bonnefoy décide de rompre définitivement avec le surréalisme, peu de temps avant l’ouverture d’une exposition internationale consacrée à ce mouvement à la galerie Maeght, organisée par André Breton et Marcel Duchamp. S’il s’éloigne d’André Breton, il ne reniera cependant jamais son influence : l’ouverture au rêve, notamment, et l’accès aux « grandes images imprévisibles, sauvages ». C’est à 31 ans qu’Yves Bonnefoy fait sa véritable entrée en littérature. En 1954, il publie un recueil de poèmes, Du mouvement et de l’immobilité de Douve , immédiatement salué par Maurice Nadeau, le créateur des Lettres nouvelles, en des termes définitifs. « On ne se rappellera peut-être plus, écrit-il, qui a eu le prix Goncourt, mais il faudra se souvenir de ce que, cette année, a paru le premier recueil d’un grand poète. Il faut marquer d’une pierre blanche l’avènement d’Yves Bonnefoy et le nouveau départ qu’il a fait prendre à la poésie. » Poésie rêveuse, mais ancrée dans la chair du monde, ce recueil pose les bases d’une esthétique que Bonnefoy prolongera jusqu’à sa mort. Pour le poète, la tâche est complexe et paradoxale : s’il se méfie des mots, car ils sont « sans prise vraie sur les choses », il faut cependant passer par eux ; les détourner de leurs usages pour trouver ce qu’il appelle « le second degré de la parole ». Dans son premier recueil, le nom de Douve désigne à la fois une femme, une rivière, une lande. Les poèmes d’Yves Bonnefoy, comme l’analyse l’écrivain suisse Jean Starobinski, sont « entre deux mondes ». Ils recherchent la dimension la plus littérale du réel (qui est sans doute la plus énigmatique), mais ils se nourrissent aussi de « récits en rêve ». Car c’est la quête de la présence – « l’évidence mystérieuse » pour Bonnefoy – qui anime l’écriture dans ses chemins de traverse. Avec cette espérance revendiquée sans cesse : refonder enfin l’unité de l’être. De réputation parfois complexe, les poèmes d’Yves Bonnefoy sont pourtant simples. Ils désignent un monde possible, et enfin accessible, sans discours qui leur préexisterait : « Le poème n’est pas une activité didactique, il n’a pas à expliquer l’expérience du monde qu’il cherche à approfondir », assurait-il. Désireux de ne pas séparer les expériences humaines, Yves Bonnefoy a écrit, à côté de sa recherche poétique, de nombreux textes sur l’histoire des formes artistiques. La création et la pensée, pour l’écrivain, sont des actes de parole qui participent d’un même élan. En 1954, il entre au CNRS, avec un sujet d’étude consacré au « signe et la signification de la forme chez Piero Della Francesca », sous la direction d’André Chastel et de Jean Wahl. Son œuvre comprendra de nombreux essais critiques consacrés aux peintures murales de la France gothique et à l’art baroque (Rome, 1630, Flammarion, 1970). Cet héritage artistique, c’est dans L’Arrière-Pays (Gallimard, 1972), qu’Yves Bonnefoy lui rendra son plus profond hommage. Ce livre oscille entre l’autobiographie et la réflexion philosophique. Yves Bonnefoy y éclaire le cheminement de sa vie à la lueur de l’art et dans la recherche du « vrai » lieu, dont il retrouve l’essence dans la peinture de la Renaissance. Un monde enfin possible, dont il pense que « personne n’y marcherait comme sur une terre étrangère ». Fasciné par le temps Ce souci du dialogue constant avec toutes les formes d’art, il le vit dans d’autres aventures fécondes, mêlant le travail et l’amitié. En 1967, avec le poète Jacques Dupin, le critique Gaétan Picon, et l’écrivain Louis-René des Forêts, il fonde L’Ephémère. Cette revue, qui constitue un pont entre la parole et les arts, fait se rencontrer hommes d’écriture et d’images. Elle a « pour origine le sentiment qu’il y a une approche poétique du réel dont l’œuvre est le moyen non la fin », écrivait-il. Malgré sa courte vie (cinq numéros), cette revue marque son époque et voit naître des voix de nouveaux écrivains, comme Pascal Quignard ou Alain Veinstein. Pour Bonnefoy, le texte est une rencontre vers ce qui est proche, mais aussi étranger – son activité de traducteur en témoignera. En 1960, il traduit Jules César, de Shakespeare. La pièce est jouée à l’Odéon, avec des décors crées par son ami Balthus, et une mise en scène de Jean-Louis Barrault. Il traduira par la suite une dizaine de pièces de Shakespeare, mais aussi Yeats, Pétrarque, Leopardi… Il consacrera aussi de nombreux essais à la traduction qu’il considérait proche de la création poétique, parce qu’elle est aussi un acte de transformation du langage. Accueillant le journaliste du Monde, en 2010, dans son bureau de la rue Lepic, à Montmartre, qu’il occupait depuis les années 1950, Yves Bonnefoy avait seulement voulu « parler ». Il refusait la formule de l’entretien oral enregistré, par crainte de ne pouvoir revenir sur ce qu’il aurait pu dire. Il évoqua son œuvre, sans laisser entendre qu’elle était terminée. Il parla de son « bibliographe » occupé à rassembler ses multiples publications éparpillées depuis des dizaines d’années en revues, journaux, actes de colloque… Il voulut aussi revenir sur certains êtres qui avaient particulièrement compté pour lui, comme son ami le photographe Henri-Cartier Bresson – « son Leica était un instrument aussi rapide que son esprit », avait-il dit – qu’il admirait pour son immense disponibilité à « la beauté de ce qui est ». Car Yves Bonnefoy était un poète du réel ; fasciné par le temps, peu par l’époque. A propos du monde contemporain, il se méfiait de toutes sortes d’idéologies, autant de menaces pour la poésie, qui doit, pensait-il, se déployer loin des systèmes de pensée. « Le XXIe siècle, avait-il confié au Magazine littéraire en avril 2008, c’est bien possiblement celui qui verra la poésie périr, étouffée sous les ruines dont il couvre le monde naturel autant que la société. » 24  juin 1923 Naissance à Tours 1945-1946 Fréquente les milieux surréalistes. Visites à André Breton à son retour d’Amérique 1947 Peu avant l’Exposition internationale du surréalisme, rupture avec André Breton 1950 Publication des premiers poèmes de « Du mouvement et de l’immobilité de Douve » 1959 « L’Improbable », recueil d’essais sur l’art et la poésie 1970 « Rome, 1630 : l’horizon du premier baroque ». A l’automne, enseignement à l’université de Genève (en remplacement de Jean Rousset) 1981 Election au Collège de France (chaire d’études comparées de la fonction poétique) 1990 « Entretiens sur la poésie (1972-1990) » 2016 : Publication de «L’Echarpe rouge » 1er juillet 2016 Mort à Paris


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Création d’un label national pour les arts de la marionnette - Ministère de la Culture et de la Communication

Création d’un label national pour les arts de la marionnette - Ministère de la Culture et de la Communication | cinema | Scoop.it

COMMUNIQUÉ DE PRESSE A l’occasion d’une visite à Charleville-Mézières le 3 février 2017 sur le chantier des futurs locaux de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (ESNAM), Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, a annoncé uyla création d’un label national pour les arts de la marionnette. Cette décision, souhaitée par l’ensemble de la profession, consacrera cette discipline artistique dans l’organisation des labels nationaux attribués par l’État. Ce label permettra de conforter juridiquement et financièrement les structures dans la durée. Elle a par ailleurs présenté les avancées en matière de politique de soutien aux arts de la marionnette qui vient achever un plan de plus de 800 000 € supplémentaires, hors investissements, en 2016-2017 (en hausse de 15% sur un apport global de l’État au secteur de 5 M€). Ce plan permet un soutien accru : - Aux compagnies et aux équipes artistiques conventionnées (+ 200 000 €) ; - Aux structures dédiées à la marionnette et notamment : les lieux de compagnonnages dirigés par des artistes (+ 195 000 €) ; les scènes conventionnées et autres lieux (+ 185 000 €) ; - A l’École Nationale Supérieure des arts de la marionnette. Pour la première fois et avec le soutien de l’État (+ 149 000 €), l’école accueille dès cette année deux promotions simultanément ; - Au Festival mondial des théâtres de marionnettes (+ 80 000 € pour la Biennale). L’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette, une école unique au monde Les arts de la marionnette sont une discipline millénaire et pratiquée dans le monde entier. Ils représentent un registre d’excellence pour la France, appuyé sur une formation supérieure de très haut niveau. L'École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette (ESNAM)et l’Institut International de la Marionnette constituent un établissement unique de formation initiale, de recherche et d’accompagnement de la création contemporaine. Dès cette année, la promotion sortante bénéficiera de la délivrance du nouveau diplôme national supérieur professionnel de comédien, spécialité marionnettiste. Cette avancée vient en parallèle de la reconnaissance du métier de marionnettiste par la loi relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine du 7 juillet 2016. Conçu par le cabinet d’architectes Blond et Roux et financé pour moitié par l’État, le nouveau bâtiment ouvrira en septembre prochain pendant le Festival mondial des théâtres de marionnettes.

Photo : Audrey Azoulay entourée des élèves de l'école supérieure des arts de la marionnette. © Radio France - Sophie Constanzer


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Bernard Friot : « Le management capitaliste entrave notre désir de participer au bien commun »

Bernard Friot : « Le management capitaliste entrave notre désir de participer au bien commun » | cinema | Scoop.it
A l'heure où le gouvernement envisage une remise à plat de la fiscalité, l'économiste Bernard Friot propose de revoir entièrement le fonctionnement du (...)
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Et le théâtre vainquit sa peur du vert grâce à Grüber

Et le théâtre vainquit sa peur du vert grâce à Grüber | cinema | Scoop.it

LE MONDE | 16.08.2016 | Par Brigitte Salino C’était un soir de septembre 1989, au Théâtre Nanterre-Amandiers, où l’on jouait La Mort de Danton, de Büchner. Le rideau de fer s’est levé, et l’on a vu, sur l’immense plateau baigné de noir, un fauteuil vert, d’un vert à faire pâlir l’espérance. Ce soir-là, une superstition est morte : jusqu’alors banni des théâtres, le vert a repris ses droits, par la grâce d’un metteur en scène, Klaus Michael Grüber (1941-2008). Etait-ce parce qu’il était allemand, et qu’en son pays le vert ne pose aucun problème ? Pas sûr. Grüber avait déjà travaillé en France, où il avait livré trois spectacles d’anthologie, Faust dans la chapelle de la Salpêtrière, Le Récit de la servante Zerline aux Bouffes du Nord, et Bérénice à la Comédie-Française. Il connaissait donc les usages, et, ne les eût-il pas connus, il y aurait toujours eu quelqu’un pour les lui rappeler… En matière de superstition, on ne plaisante pas dans les théâtres. Cordes et œillets Aujourd’hui encore, il ne faut jamais offrir d’œillets à une comédienne, sous peine de la blesser. Ces fleurs populaires étaient autrefois données aux actrices dont les contrats n’étaient pas reconduits, ou à celles tenant de petits rôles. Les autres avaient droit à des roses. Il ne faut jamais non plus prononcer les mots corde, ni ficelle. Pour corde, on dit guinde ou bout. Pour ficelle, fil ou drisse. Qui a le malheur de se tromper se fait maudire par les plus fétichistes, pour qui le mot corde appelle la mort. Mais le plus souvent, il se fait seulement tancer et doit payer un verre à tous ceux qui sont présents sur le plateau. Cette superstition a une belle histoire. Elle remonte à la fin du XIXe siècle, quand furent construits des théâtres sophistiqués. Il a fallu trouver des machinistes qui n’aient pas peur de grimper sur les passerelles situées à des hauteurs impressionnantes. La marine marchande à voile étant à son déclin, d’anciens marins privés de travail se sont reconvertis dans le théâtre, où ils ont importé un de leurs interdits.

Tous les fantasmes Pour le vert, l’affaire est plus compliquée. Certains font remonter l’origine de la superstition à l’Antiquité grecque, où les comédiens jouaient avec des masques en cuivre qui coloraient leur visage de vert et les rendaient reconnaissables par tous quand ils quittaient la scène. Considérés pendant des siècles comme des parias, excommuniés par l’Eglise qui les interdisait de sépulture, les comédiens auraient fait une fixation sur le vert, symbole de leur exclusion. Deuxième hypothèse, elle aussi liée à la teinture : les vêtements étaient jadis passés à l’oxyde de cuivre ou au cyanure pour leur donner une couleur verte, ce qui était évidemment dangereux pour la santé, et aurait causé de fatales intoxications. Une troisième hypothèse avance que le vert passait mal avec les éclairages sommaires du XIXe siècle. Et puis, il y a une légende, liée à Molière, qui aurait porté un costume vert la dernière fois où il a joué Le Malade imaginaire, juste avant sa mort, le 17 février 1763. C’est faux, il n’y avait pas de vert dans son costume, mais la superstition est ainsi faite qu’elle se nourrit de tous les fantasmes. Molière a écrit Le Misanthrope, « l’homme aux rubans verts », et il avait tendu de tissus verts les murs de son théâtre de l’Ancienne Comédie, qui n’était pas une exception. En effet, aux XVIIe et XVIIIe siècle, les théâtres étaient verts ou bleus. Ils ne sont devenus rouges qu’à la fin du XIXe siècle.

Malchance et malédiction Symbole de chance et d’espérance, la couleur la plus répandue dans la nature a viré de bord à ce moment-là. Malchance et malédiction, tels ont été ses attributs, que chacun, quelle que soit sa place dans un théâtre, traitait avec la plus extrême prudence, pour ne pas dire peur. Et cela pouvait aller loin. Pierre Dux (1908-1990), qui fut un grand administrateur de la Comédie-Française, ne tolérait pas de dossiers verts sur son bureau, et, bien qu’il s’en défendît, il faisait teindre en marron les rubans du Misanthrope, qu’il a souvent joué. Il avait un contemporain, directeur d’un théâtre privé parisien important, qui ne mangeait pas de légumes verts, et souffrait que vous en mangiez en sa présence. Ainsi vont les superstitions. Semblables à de vieilles coquettes, elles rôdent dans les théâtres où elles conjurent l’angoisse d’entrer en scène Cette hantise du vert est une spécificité française, mais il est intéressant de noter que dans de nombreux pays d’Europe perdure la superstition liée à une couleur. En Italie, c’est le violet, symbole de l’Eglise, qui est banni. En Espagne, c’est le jaune, parce que, dit-on, le torero voit sa mort quand sa cape rouge se retourne sur sa doublure jaune, s’il est encorné par le taureau. En Allemagne, allez savoir pourquoi, aucune couleur ne porte malheur, mais il est formellement interdit de siffler dans un théâtre. Cette superstition a eu cours en France, mais aujourd’hui, seuls les vieux de la vieille font remarquer que cela ne se fait pas. Ainsi vont les superstitions. Fantasques et obstinées, semblables à de vieilles coquettes dont nul ne saurait dire la date de naissance ni la vraie histoire, elles rôdent dans les théâtres où elles conjurent l’angoisse chaque soir renouvelée d’entrer en scène, de perdre son texte ou de faire un « flop ». Et puis, un jour, elles s’en vont comme elles étaient venues. Qui peut dire si, en Espagne, la superstition du jaune résistera aux attaques contre la corrida ? Celle du vert, en France, n’a pas survécu au fauteuil vert de La Mort de Danton. Deux ans plus tard, en 1991, Jacques Lassalle mettait en scène Un mari, d’Italo Svevo, dans un décor entièrement vert. Ainsi, sans que personne ne sache pourquoi, une superstition, une « survivante », selon l’étymologie, a vécu.

Brigitte Salino

Photographie : Julie (Dominique Reymond), en robe noire et ceinture rouge, dans « La Mort de Danton », de Georg Büchner, que Klaus Michael Grüber avait mis en scène au Théâtre Nanterre-Amandiers, en 1989.


Via Le spectateur de Belleville
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Quelle éthique pour les ciseaux génétiques ?

Quelle éthique pour les ciseaux génétiques ? | cinema | Scoop.it
En permettant de modifier l’ADN avec une facilité déconcertante, les outils d’ingénierie génomique comme CRISPR-Cas9 ouvrent la voie à des questionnements éthiques et législatifs complexes.
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L’INSEE chiffre le mensonge de la décentralisation

L’INSEE chiffre le mensonge de la décentralisation | cinema | Scoop.it

"L'étude (très attendue) de l’INSEE sur les PIB régionaux et leur évolution depuis 1990 a très largement été lue à partir de la question : quelles sont les régions qui ont le plus souffert durant le quart de siècle qui vient de s’écouler (le Nord et la Lorraine), et quelles sont les régions qui ont le plus profité de la situation (la Corse, les DOM-TOM et le Sud-Ouest). Cette lecture est tentante, mais elle passe à côté de la question fondamentale : la décentralisation dont les bases furent achevées en 1986 a-t-elle atteint ses objectifs ?"


Via La Rédaction, Uston News
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Next time someone says, "But Africans sold themselves into slavery!", send this article to them

Next time someone says, "But Africans sold themselves into slavery!", send this article to them | cinema | Scoop.it
“ The statement that “Africans enslaved their own people” is a statement of imperialism’s historic need to mobilize public opinion against African people.”
Via V Wrice
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habiter les espaces creux de notre histoire commune : notre humanité blessée
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Les littératures caribéennes - Sélection thématique Educasources

Les littératures caribéennes - Sélection thématique Educasources | cinema | Scoop.it
“Sélection thématique sur les littératures caribéennes qui ont offert au monde des prix Nobel et pourtant elles sont méconnues : barrière des langues, médiatisation insuffisante, absence de traductions, minoration face aux littérature du centre. Pourtant, elles sont nées dans le creuset de la société de Plantation qui préfigure l'organisation des sociétés modernes. Elles partagent des problématiques et des thèmes communs générés par la mise en contact de cultures hétérogènes dans la violence coloniale. D'elles émergent une richesse et une créativité, marque de leur construction identitaire.”
Via Réseau Canopé
Derek's insight:
Tout-Monde
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Les élections présidentielles africaines sont-elles crédibles ?

Les élections présidentielles africaines sont-elles crédibles ? | cinema | Scoop.it

Analyse de Christian Bouquet, professeur de géographie émérite de l'Université Bordeaux Montaigne.

Au cours de l’année 2016, près d’une vingtaine d’élections présidentielles auront lieu sur le continent africain. Est-ce un bon indicateur des progrès de la démocratie ? Ce n’est pas si sûr.

Derek's insight:
cinq minutes ....sur la longueur des siècles.....l'homme africain génère déjà sa propre démocratie......malgré tout
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Le renouveau pédagogique passe par des espaces inspirants

Le renouveau pédagogique passe par des espaces inspirants | cinema | Scoop.it
En quelques années la France a transformé son écosystème pour devenir le pays où il faut aller pour inventer de nouvelles pédagogies.  Cette mutation provient moins d'une politique centralisée de l’état mais plus de la démultiplication d’espaces et de démarches d’acteurs privés ou publics qui à force de foisonner modifient en profondeur les possibilités des pédagogues pour déployer leurs idées. L'innovation se matérialise aussi en éducation. Un vision 360° de l'effervescence pédagogique de Paris.
Derek's insight:
une réalité nouvelle en marche
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Cinéma : les acteurs les plus arrosés par les subventions

Cinéma : les acteurs les plus arrosés par les subventions | cinema | Scoop.it
Réservées aux petites productions d'art et d'essai, les aides publiques au cinéma ? En théorie oui. Mais dans les faits, les grosses cylindrées du septième art en profitent aussi.
Derek's insight:
le sens du mouvement perpétuel allo maman bobo....
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[INTERVIEW] Christine Lorimy (Imagerie d'Epinal): "L’immersif est une expérience incroyable, forte, et qui laisse de durables sensations"

[INTERVIEW] Christine Lorimy (Imagerie d'Epinal): "L’immersif est une expérience incroyable, forte, et qui laisse de durables sensations" | cinema | Scoop.it
“Le 4 juillet 206, l’atelier historique de l’Imagerie d’Épinal lancera officiellement sa nouvelle scénographie, entièrement rénovée, inédite et numérique à l’aide de l’HistoPad, un système immersif et géolocalisé. Munis de tablettes tactiles et d’écouteurs, les visiteurs découvriront l’histoire de la plus populaire des imageries au monde, les différents espaces de production, les machines anciennes, […]”
Derek's insight:
pendant ce temps...
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Mort d’Yves Bonnefoy, poète, traducteur et critique d’art

Mort d’Yves Bonnefoy, poète, traducteur et critique d’art | cinema | Scoop.it

Poète, traducteur, critique d’art, professeur au collège de France, plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, Yves Bonnefoy est mort le vendredi 1er juillet à Paris, à l’âge de 93 ans. Cet immense écrivain était un homme multiple. Malgré la diversité de ses activités, une même intuition semblait toujours guider sa démarche qu’il appelait « la vérité de parole », ou le souci de saisir « ce que la vie a d’immédiat ». Dans l’intensité poétique, manifestant aussi une curiosité insatiable pour toutes les formes artistiques (il a écrit des essais sur Picasso, Balthus, Giacometti, Mondrian, Alechinsky), Yves Bonnefoy a construit une œuvre ouverte, à multiples entrées, dans laquelle l’expression est toujours approfondie par une exigence de pensée. Le poète se méfiait cependant du concept qui, pensait-il, nous écarte de l’essentiel : voulant à tout prix identifier nos expériences, il les limite, et nous prive, de surcroît, de la présence du monde. « La tâche du poète est de montrer un arbre, avant que notre intellect nous dise que c’est arbre », écrivait-il. C’est à Tours qu’Yves Bonnefoy naît le 24 juin en 1923, au sein d’une famille modeste : son père est ouvrier ajusteur et sa mère institutrice. Au sujet de l’enfance, il a maintes fois expliqué que cette période de la vie correspondait pour lui à l’origine de l’expérience poétique. Au printemps 2010, évoquant ses « journées enfantes », il nous avait confié voir la poésie comme « la préservation de ce sentiment de présence de tout à tout », qui en faisait « le bonheur, et aussi l’angoisse ». Fervent admirateur de Rimbaud A ses parents, le petit Bonnefoy explique qu’il veut savoir lire pour « écrire des poèmes ». Vers 7 ou 8 ans, il manifeste déjà une vive curiosité pour la littérature. Sur la page d’un livre offert par sa tante, on peut lire cette dédicace éclairante : « A mon filleul et neveu, futur poète. » C’est lorsqu’il est boursier au lycée Descartes à Tours, en juillet 1940, que sa vocation littéraire se précise : conseillé par son professeur de philosophie, il découvre une Petite anthologie du surréalisme, du poète et cinéaste Georges Hugnet. Enchantements. « Je découvris là, d’un seul coup, les poèmes de Breton, de Péret, d’Eluard, les superbes masses verbales de Tzara aux temps dadaïstes (…), Giacometti, les collages de Max Ernst, Tanguy, les premiers Miro : tout un monde », raconte-t-il dans ses Entretiens sur la poésie (Mercure de France, 1990). Malgré l’attrait pour l’étrange provoqué par ces découvertes surréalistes, Bonnefoy choisit une discipline bien plus « raisonnable » : les mathématiques. C’est d’ailleurs le prétexte qu’il se donne pour venir à Paris, et préparer sa licence à la Sorbonne. Il habite alors dans une chambre d’arrière-cour, sur le quai Saint-Michel, gagne sa vie en donnant des cours de mathématiques et de sciences naturelles. Mais c’est désormais la littérature qui s’impose à lui, d’abord par la lecture. Il découvre Bataille, Artaud, Michaux, Eluard, Jouve, et fréquente désormais André Breton. En 1946, c’est d’ailleurs dans une revue surréaliste, La Révolution la nuit, qu’il publie son premier poème « Le cœur-espace ». Mais cette proximité avec ce groupe restera courte. Si Bonnefoy reconnaît que le surréalisme a pu libérer la pensée du carcan des lois et des dogmes, il reproche à Breton de s’écarter du réel au profit d’un certain « occultisme ». Ce qu’il rejette sans doute aussi, c’est la dimension grégaire et idéologique de ce mouvement qui oppose la chimère au réel et privilégie l’opacité à la lumière. En fervent admirateur de Rimbaud, à qui il consacrera plusieurs essais critiques, c’est bien la « réalité rugueuse » qu’il cherche à étreindre, comme le poète d’Une saison en enfer. Et non une improbable surréalité. En 1947, Yves Bonnefoy décide de rompre définitivement avec le surréalisme, peu de temps avant l’ouverture d’une exposition internationale consacrée à ce mouvement à la galerie Maeght, organisée par André Breton et Marcel Duchamp. S’il s’éloigne d’André Breton, il ne reniera cependant jamais son influence : l’ouverture au rêve, notamment, et l’accès aux « grandes images imprévisibles, sauvages ». C’est à 31 ans qu’Yves Bonnefoy fait sa véritable entrée en littérature. En 1954, il publie un recueil de poèmes, Du mouvement et de l’immobilité de Douve , immédiatement salué par Maurice Nadeau, le créateur des Lettres nouvelles, en des termes définitifs. « On ne se rappellera peut-être plus, écrit-il, qui a eu le prix Goncourt, mais il faudra se souvenir de ce que, cette année, a paru le premier recueil d’un grand poète. Il faut marquer d’une pierre blanche l’avènement d’Yves Bonnefoy et le nouveau départ qu’il a fait prendre à la poésie. » Poésie rêveuse, mais ancrée dans la chair du monde, ce recueil pose les bases d’une esthétique que Bonnefoy prolongera jusqu’à sa mort. Pour le poète, la tâche est complexe et paradoxale : s’il se méfie des mots, car ils sont « sans prise vraie sur les choses », il faut cependant passer par eux ; les détourner de leurs usages pour trouver ce qu’il appelle « le second degré de la parole ». Dans son premier recueil, le nom de Douve désigne à la fois une femme, une rivière, une lande. Les poèmes d’Yves Bonnefoy, comme l’analyse l’écrivain suisse Jean Starobinski, sont « entre deux mondes ». Ils recherchent la dimension la plus littérale du réel (qui est sans doute la plus énigmatique), mais ils se nourrissent aussi de « récits en rêve ». Car c’est la quête de la présence – « l’évidence mystérieuse » pour Bonnefoy – qui anime l’écriture dans ses chemins de traverse. Avec cette espérance revendiquée sans cesse : refonder enfin l’unité de l’être. De réputation parfois complexe, les poèmes d’Yves Bonnefoy sont pourtant simples. Ils désignent un monde possible, et enfin accessible, sans discours qui leur préexisterait : « Le poème n’est pas une activité didactique, il n’a pas à expliquer l’expérience du monde qu’il cherche à approfondir », assurait-il. Désireux de ne pas séparer les expériences humaines, Yves Bonnefoy a écrit, à côté de sa recherche poétique, de nombreux textes sur l’histoire des formes artistiques. La création et la pensée, pour l’écrivain, sont des actes de parole qui participent d’un même élan. En 1954, il entre au CNRS, avec un sujet d’étude consacré au « signe et la signification de la forme chez Piero Della Francesca », sous la direction d’André Chastel et de Jean Wahl. Son œuvre comprendra de nombreux essais critiques consacrés aux peintures murales de la France gothique et à l’art baroque (Rome, 1630, Flammarion, 1970). Cet héritage artistique, c’est dans L’Arrière-Pays (Gallimard, 1972), qu’Yves Bonnefoy lui rendra son plus profond hommage. Ce livre oscille entre l’autobiographie et la réflexion philosophique. Yves Bonnefoy y éclaire le cheminement de sa vie à la lueur de l’art et dans la recherche du « vrai » lieu, dont il retrouve l’essence dans la peinture de la Renaissance. Un monde enfin possible, dont il pense que « personne n’y marcherait comme sur une terre étrangère ». Fasciné par le temps Ce souci du dialogue constant avec toutes les formes d’art, il le vit dans d’autres aventures fécondes, mêlant le travail et l’amitié. En 1967, avec le poète Jacques Dupin, le critique Gaétan Picon, et l’écrivain Louis-René des Forêts, il fonde L’Ephémère. Cette revue, qui constitue un pont entre la parole et les arts, fait se rencontrer hommes d’écriture et d’images. Elle a « pour origine le sentiment qu’il y a une approche poétique du réel dont l’œuvre est le moyen non la fin », écrivait-il. Malgré sa courte vie (cinq numéros), cette revue marque son époque et voit naître des voix de nouveaux écrivains, comme Pascal Quignard ou Alain Veinstein. Pour Bonnefoy, le texte est une rencontre vers ce qui est proche, mais aussi étranger – son activité de traducteur en témoignera. En 1960, il traduit Jules César, de Shakespeare. La pièce est jouée à l’Odéon, avec des décors crées par son ami Balthus, et une mise en scène de Jean-Louis Barrault. Il traduira par la suite une dizaine de pièces de Shakespeare, mais aussi Yeats, Pétrarque, Leopardi… Il consacrera aussi de nombreux essais à la traduction qu’il considérait proche de la création poétique, parce qu’elle est aussi un acte de transformation du langage. Accueillant le journaliste du Monde, en 2010, dans son bureau de la rue Lepic, à Montmartre, qu’il occupait depuis les années 1950, Yves Bonnefoy avait seulement voulu « parler ». Il refusait la formule de l’entretien oral enregistré, par crainte de ne pouvoir revenir sur ce qu’il aurait pu dire. Il évoqua son œuvre, sans laisser entendre qu’elle était terminée. Il parla de son « bibliographe » occupé à rassembler ses multiples publications éparpillées depuis des dizaines d’années en revues, journaux, actes de colloque… Il voulut aussi revenir sur certains êtres qui avaient particulièrement compté pour lui, comme son ami le photographe Henri-Cartier Bresson – « son Leica était un instrument aussi rapide que son esprit », avait-il dit – qu’il admirait pour son immense disponibilité à « la beauté de ce qui est ». Car Yves Bonnefoy était un poète du réel ; fasciné par le temps, peu par l’époque. A propos du monde contemporain, il se méfiait de toutes sortes d’idéologies, autant de menaces pour la poésie, qui doit, pensait-il, se déployer loin des systèmes de pensée. « Le XXIe siècle, avait-il confié au Magazine littéraire en avril 2008, c’est bien possiblement celui qui verra la poésie périr, étouffée sous les ruines dont il couvre le monde naturel autant que la société. » 24  juin 1923 Naissance à Tours 1945-1946 Fréquente les milieux surréalistes. Visites à André Breton à son retour d’Amérique 1947 Peu avant l’Exposition internationale du surréalisme, rupture avec André Breton 1950 Publication des premiers poèmes de « Du mouvement et de l’immobilité de Douve » 1959 « L’Improbable », recueil d’essais sur l’art et la poésie 1970 « Rome, 1630 : l’horizon du premier baroque ». A l’automne, enseignement à l’université de Genève (en remplacement de Jean Rousset) 1981 Election au Collège de France (chaire d’études comparées de la fonction poétique) 1990 « Entretiens sur la poésie (1972-1990) » 2016 : Publication de «L’Echarpe rouge » 1er juillet 2016 Mort à Paris


Via Le spectateur de Belleville
Derek's insight:
révélateur
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Aline Pailler : « France Debout, soulève-toi ! » - Chroniques du Yéti

Aline Pailler : « France Debout, soulève-toi ! » - Chroniques du Yéti | cinema | Scoop.it
Il y a un petit mois, j’avais relayé ici le coup de gueule d’Aline Pailler, journaliste à France Culture, contre la pensée unique abondamment diffusée par les médias mainstream.
Via Uston News
Derek's insight:
le fait est que : la peur ( de sa propre liberté, de sa propre force ? ) paralyse encore beaucoup trop :(
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The trial of Lady Chatterley's Lover

The trial of Lady Chatterley's Lover | cinema | Scoop.it
“ No other jury verdict has had such a profound social impact as the acquittal of Penguin Books in the Lady Chatterley trial. Fifty years on, Geoffrey Robertson QC looks at how it changed Britain's cultural landscape”
Via Luis Manuel
Derek's insight:
un livre interdit si longtemps en Angleterre.....le pouvoir des mots... un immense écrivain
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Mes retrouvailles avec Christiane F.

Mes retrouvailles avec Christiane F. | cinema | Scoop.it
“ Le photographe Brad Elterman a retrouvé son modèle, l'adolescente héroïnomane la plus connue au monde, 34 ans après leur premier shooting. ”

Via Les Médias en Chantier www.lmc.today
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Les Médias en Chantier www.lmc.today's curator insight, August 15, 2016 10:44 AM
Voilà qui ne signifie peut-être rien pour les nouvelles générations, je ne sais pas. Mais pour nous, ce livre et ce film auront été LE choc de notre génération. Je pense qu'il a dû en sauver quelques-uns d'entre nous. 

Génial... merci Vice... j'avais vu le film au cinéma de La Neuveville, dans le Bernerseeland, qui n'existe plus aujourd'hui, un de ces petits cinémas de petites villes, en 1983 ou 84. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Moi,_Christiane_F.,_13_ans,_drogu%C3%A9e,_prostitu%C3%A9e%E2%80%A6
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Découvrez le "graphique éléphant" qui résume TOUT

Découvrez le "graphique éléphant" qui résume TOUT | cinema | Scoop.it
Très commenté par les économistes, il raconte l'explosion de la Chine, l'enrichissement des plus fortunés et la stagnation des classes moyennes inférieures de
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L'OCDE pointe les carences de la politique environnementale française

L'OCDE pointe les carences de la politique environnementale française | cinema | Scoop.it
“ Dans son dernier bilan, tout en saluant la politique environnementale française jugée « ambitieuse », l’OCDE pointe de nombreux manquements dans plusieurs domaines. ”
Via Les Médias en Chantier www.lmc.today
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Is Selfie Culture Making Our Kids Selfish? - NYTimes.com

Is Selfie Culture Making Our Kids Selfish? - NYTimes.com | cinema | Scoop.it
The psychologist and parenting expert Michele Borba says society’s fixation with the selfie is having some unintended consequences. She sees children mimicking not-so-nice behavior in adults and fewer grown-ups calling them out.

Via Tiago
Derek's insight:
reprendre pied dans le regard intelligent : celui qui vient du coeur , dès la maternelle ...afin de développer une société ancrée dans la réalité ....et la vérité : à la base du respect nécessaire pour des relations libres et heureuses entre tous ; rien d'utopique dans cela , juste un peu de courage et de volonté
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Les Audiolivres (tous supports): 30 langues, les littératures de tous pays |

Les Audiolivres (tous supports): 30 langues, les littératures de tous pays | | cinema | Scoop.it

vec Livres Audio, vous avez accès à plus de 15 000 audiolivres. Chacun peut être obtenu en streaming sur Internet ou téléchargé pour être écouté ultérieurement sans frais. L'application Livres Audio comprend une liste des nouveaux enregistrements disponibles, dont des best-sellers et des trésors épuisés. Grâce à l'implication de centaines de bénévoles enthousiastes, les audiolivres sont gratuits. Les nouveaux enregistrements sont préparés en plus de 30 langues et le catalogue complet embrasse les littératures de tous pays : romans, récits historiques, biographies, nouvelles, poèmes, etc.


Via Canopé Beauvais
Derek's insight:
cosmopolites, intelligence collective et solutions adéquates :)
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QPV d'outre-mer : la misère française n'est pas plus belle au soleil 

“ Le commissariat général à l'égalité des territoires publie un 4 pages sur les quartiers prioritaires dans les outre-mer”
Via Réseau national des centres de ressources Politique de la ville
Derek's insight:
périphéries ?
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Firefox for Qwant : une version de Firefox pour surfer tranquille ! - Geek Junior -

Firefox for Qwant : une version de Firefox pour surfer tranquille ! - Geek Junior - | cinema | Scoop.it
Pour son quatrième anniversaire, le moteur de recherche Qwant vient d'annoncer Firefox for Qwant et pleins d'autres nouveautés pour surfer tranquille.
Derek's insight:
dans les étages.....j'errre. ... ; c'est bien
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Décès de Bill Cunningham, le photographe inventeur du street style

Décès de Bill Cunningham, le photographe inventeur du street style | cinema | Scoop.it
Bill Cunningham, le photographe de mode du New York Times, est décédé samedi.
Derek's insight:
sweet
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Wheel life and fiction: bicycling in literature

Wheel life and fiction: bicycling in literature | cinema | Scoop.it
“ From Simone De Beauvoir’s two-wheeled image of emancipation to HG Wells’s mapping of Martian landing sites, there are many fascinating cycle paths through books”
Via Luis Manuel
Derek's insight:
à l'aventure....des aventures :)
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Bientôt un Brexit culturel

Bientôt un Brexit culturel | cinema | Scoop.it

Par Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde » Donc le pays le plus libéral d’Europe se referme comme une huître. Depuis, c’est le choc, qui est aussi culturel. Et se vérifie ailleurs. Qui est contre les frontières ? Les jeunes, les citadins, ceux qui voyagent, font la nuit, vont au spectacle, courent les expositions, aiment découvrir d’autres cultures et façons de vivre. Qui est pour ? Les retraités, les inactifs, les pauvres, ceux qui ont fait peu d’études, les rurbains qui vivent dans un désert culturel, voyagent à travers la télévision plutôt qu’avec Erasmus, rejettent la création cosmopolite. Ils ne profitent pas de l’Europe et veulent casser le jouet des autres. Or ce sont les mêmes qui ne profitent en rien de la culture. En France, par exemple. Culture « confisquée » Il y a quelques semaines, nous avons publié une chronique intitulée « On ne cultive que les riches ». La France est championne pour construire des théâtres, musées, salles de concert, mais la France des barres de banlieues comme des pavillons n’y va pas. Elle estime que cette culture n’est pas pour elle, qu’elle est faite pour les classes moyennes et aisées du cœur des villes. Cette fracture, c’est celle du Brexit. Lire la chronique : On ne cultive que les riches Pourquoi payer pour une Europe qui n’est pas pour nous ? Pourquoi payer pour une culture qui n’est pas pour nous ? Allez voir à la périphérie des villes ce que l’on pense des intermittents. Et ce que l’on pense des filles et fils de chanteurs, d’acteurs, d’artistes, dont la réussite évoque une caste. Le Front national (FN) est ravi du Brexit. Tous les populistes le sont. Et tous dénoncent une culture « confisquée par les élites ». Quand on évoque cette fracture, les patrons de musées, de théâtres ou de festivals opposent les dizaines d’actions en faveur des plus défavorisés. Ils ne voient pas qu’il faut changer de logiciel. Il y en a un qui l’a compris, c’est Bernard Foccroulle, le directeur du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), qui, le 25 janvier, écrit dans Le Monde : « L’art et la culture pourraient créer davantage de liens. Trop souvent, ils ne font que renforcer les clivages sociaux. » Inventer autre chose Notre logiciel date de 1959, autrement dit une éternité, quand André Malraux crée un ministère de la culture autour d’une idée généreuse : donnons à voir, à lire, à écouter les grandes œuvres, et chacun aura la « révélation » de la culture. Il n’avait tort que sur un point : un Shakespeare à 10 euros n’est pas suffisant pour que les gens modestes y aillent ; la gratuité non plus. Construire un théâtre dans une « banlieue sensible » ne fait pas accourir les riverains. Le livre de poche ne fait pas lire ceux qui ne lisent pas. Dire « regardez, c’est magnifique » ne marche pas. Cela ne signifie pas qu’il faut casser ce qui existe, même s’il y aurait beaucoup à dire. Ce n’est pas parce que le public du Festival d’Avignon n’est pas aussi « populaire » que le voulait Jean Vilar qu’il faut supprimer Avignon. Non, il faut inventer autre chose, mais en plus, pour récupérer les naufragés de la culture. Il faut que ce soit un jeune homme de 85 ans, Michel Rocard, qui le dise dans Le Point du 23 juin : « Le véritable socialisme, c’est l’accès pour tous aux activités de l’esprit, donner à l’homme plus de temps libre pour la culture. Pour le moment, on est loin de tout ça. » « Absence d’envie » On en est loin parce que depuis Jack Lang, on ne sent plus de ferveur culturelle – surtout pas avec François Hollande. On en est loin à cause du fiasco des arts à l’école. C’est lassant de le rappeler : si on ne donne pas aux enfants le goût de la culture, ils ont très peu de chance de s’y intéresser à l’âge adulte. Depuis trente ans, on pourrait citer des centaines d’initiatives à l’école, mais jamais une politique structurée, massive, sur une longue durée n’a vu le jour. Ajoutons ce constat : pourquoi l’art, la musique et la lecture sont des plaisirs au primaire, des pensums au collège, et pire au lycée ? Dans les années 1960, à côté de la « haute culture » prônée par Malraux, on a développé en France un riche réseau associatif qui a défendu les pratiques amateurs et l’animation de proximité. Les maisons de la jeunesse et de la culture, les fameuses MJC, étaient les emblèmes de ce qu’on appelait, parfois avec mépris, le « sociocu ». Les jeunes allaient à la MJC pour apprendre à danser, faire du théâtre ou voir un spectacle. Le public n’était pas seulement spectateur mais acteur. La culture n’est pas la chasse gardée de professionnels qui décident du beau, mais un imaginaire dont chacun doit s’emparer. C’est ce qui manque cruellement aujourd’hui, explique Hugues de Varine, auteur de La Culture des autres (Seuil, 1976) : « L’éducation populaire et les pratiques amateurs ont presque totalement disparu au profit d’une culture institutionnelle dont les codes sont peu ou pas du tout compréhensibles par la majorité des Français, ce qui explique l’absence d’envie de cette culture. » « Découragement » Il y a pourtant sur le terrain des centaines de soutiers de la culture qui se battent pour renouer les liens. Mais ils flanchent. Les communes, leur premier employeur, manquent d’argent et les fait trinquer. L’Etat les snobe. William Benedetto anime le cinéma municipal l’Alhambra, dans les quartiers nord de Marseille. Il y a un an, il a envoyé une lettre ouverte au ministère de la culture pour dire combien des dizaines d’acteurs de terrain sont gagnés par « le découragement ». Lettre restée sans réponse. Bref, c’est le moment de lancer un plan massif pour faire entrer la culture à l’école, multiplier les actions dans les quartiers, développer les pratiques amateurs, mais on n’en prend pas le chemin. D’autant que les résultats ne seraient visibles que dans dix ou quinze ans. Michel Rocard, toujours au Point : « Les politiques sont harcelés par la pression du temps. Ni soirée ni week-end tranquilles, pas un moment pour lire, or la lecture est la clé de la réflexion. Ils n’inventent donc plus rien. » Michel Guerrin Journaliste au Monde


Via Le spectateur de Belleville
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sous les regards...le malaise
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Hôpitaux. La refonte cassera bien plus que des vitres

Hôpitaux. La refonte cassera bien plus que des vitres | cinema | Scoop.it
Des jours durant, le gouvernement a instrumentalisé la détresse des familles d’enfants malades après les dégradations des vitres de l’hôpital Necker en marge des manifs contre la loi travail.
Via Uston News
Derek's insight:
à qui profite le crime, dit-on....
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