Chroniques inédites (Philosophie, médias et société)
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Chroniques inédites (Philosophie, médias et société)
Chroniques personnelles publiées également sur Tumblr (http://julien-lecomte.tumblr.com), mais pas sur http://www.philomedia.be : prises de position, études de cas, analyses critiques... Thèmes : philosophie (épistémologie et éthique), médias, enseignement et société
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Critique des médias : critique logique ou critique sociale ?

La critique des médias est-elle une critique logique, rationnelle, ou bien une critique sociale ?

 

BHL, Onfray, LaDH, TF1, M6, Direct8, Paris Match, RTL, SudPresse en Belgique ou encore Nabilla sont des exemples parmi d'autres de cette problématique.

En effet, ils sont les objets d'une critique plus ou moins légitime et parfois très grave (selon les cas), mais aussi - voire surtout - le faire-valoir favori de certains qui les dénigrent...

 

De manière générale, la fonction de socialisation du média permet d'en comprendre de nombreux phénomènes.

 

En effet, de nombreuses personnes regardent la téléréalité, tout en critiquant cette dernière. Autrement dit, même majoritairement - voire unanimement critiqués -, certains contenus sont massivement consommés, partagés et commentés. La raison est qu'il y a tout un jeu social autour de cela : si on ne connait pas Nabilla, on ne peut pas participer à une conversation qui parle de Nabilla. Au travail ou dans la cour de récré, il y a ceux qui ont ce sujet de conversation, alors que les autres ne l'ont pas.

 

Les contenus massivement consommés ou partagés sont en général ceux qui ont le plus de "valeur ajoutée de socialisation". Cela explique le succès des émissions de "zapping" ou qui "parlent des médias", voire de l'info : ils reprennent les principaux sujets de conversation potentiels.

 

Pour moi, la critique émanant de certains milieux dits "lettrés", "cultivés" par rapport à des contenus dits plus "populaires" répond également à ce principe, au moins dans une certaine mesure.

 

Si elle est basée sur plusieurs critères rationnels (qui ne sont pas nécessairement les critères de consommation de ces contenus, indice d'une dissonance culturelle : par exemple, on oppose implicitement "connaissance" et "politesse" à "plaisir" et "divertissement"), elle dépend également d'un positionnement socioaffectif, culturel.

 

Autrement dit, prendre la peine de dénigrer ces personnages et ces contenus, c'est se positionner socialement, c'est dire quelque chose de soi, en versant parfois dans les biais cognitifs (biais de confirmation d'hypothèse, par exemple) ; les erreurs de perceptions et de jugements.

 

En conséquence, critiquer les médias, selon moi, c'est savoir aussi se remettre en cause dans notre propre approche des médias. C'est adopter une approche réflexive par rapport aux valeurs, opinions (confiance, méfiance...), croyances, discours, usages, pratiques et comportements à leur égard.

 

Voir aussi :

- http://www.philomedia.be

- https://ed.stanford.edu/sites/default/files/party_over_policy.pdf

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Twitter / BlogPhilo: Les enjeux de l'éducation aux médias

Selon moi, les enjeux de la critique et de l'éducation aux médias renvoient à des pratiques qui transcendent largement la question des (nouvelles) technologies. Faut-il d'ailleurs se focaliser sur les médias ou sur leurs enjeux éthiques, relationnels, épistémologiques et techniques? A mon avis, il est question de problématiques plus larges.

 

Concrètement, ce que je signifie par là, c'est que l'analyse des médias, de leur fiabilité et de leurs usages efficaces et critiques n'est pas une fin en soi. Elle est subordonnée en réalité à la question de l'esprit critique en général, qui renvoie à une autonomie de jugement, tant sur le plan épistémologique (fiabilité de l'information, processus et biais de perception et cognition, question de la foi, de l'adhésion, des idéologies et des croyances, etc.) que technique (maîtrise efficace des langages, des codes, des outils de production de savoirs et de pratiques, y compris au plan esthétique) et éthique (question de la vie en communauté, du relationnel, des valeurs, de la responsabilité et de la liberté, etc.)

 

En fait, les compétences pointées comme fondamentales par rapport à l'éducation aux médias sont d'ordre bien plus générique : ce ne sont pas les enjeux de pensée critique, citoyenne et ouverte qui se subordonnent à la question médiatique, mais le contraire.

 

Autrement dit, les enjeux de l'éducation aux médias invitent à aller au-delà de l'éduc. aux médias : info-doc / cognition et fiabilité, socioaffectif... L'éducation aux médias en tant qu'ensemble de contenus et méthodes est à subordonner aux enjeux qu'elle soulève.

 

Pour participer à la réflexion et découvrir des ressources au sujet de la philosophie, des médias et en sciences humaines et sociales, suivez-moi sur Twitter : https://twitter.com/BlogPhilo

 

http://www.philomedia.be

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Julien Lecomte's curator insight, February 11, 2015 3:24 AM

Et si les domaines de compétences de l'EMI/EAM délimitaient 3 disciplines distinctes qui à la fois les dépassent et sont "incluses" en elles (Information-documentation / épistémologie, Socio-relationnel / communicationnel / éthique, Technique / esthétique) ?