Chroniques inédites (Philosophie, médias et société)
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Chroniques inédites (Philosophie, médias et société)
Chroniques personnelles non publiées sur http://philomedia.be : prises de position, études de cas, analyses critiques... Thèmes : philosophie (épistémologie et éthique), médias, enseignement et société
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Guerre nucléaire

Il est fort probable que les USA ne garderont pas éternellement la triste exclusivité de l'usage de l'arme nucléaire.

Pourvu cependant que les actes de propagande et de menace que l'on peut voir et craindre ne débouchent pas sur de telles conséquences.

 

Les réflexions philo sur la "finitude" ou encore l'(in)humanité sont malheureusement loin d'être déconnectées du réel : http://www.philomedia.be

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De service anti-populiste pour le réveillon

Réponse à une proche qui relaie du FdeSouche / LesObservateurs.ch et autres...

Cf. mon dossier http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/

La personne relayait notamment une photo d'un brave homme, visiblement sans abri, avec son chien, avec pour commentaire que l'on devait s'occuper de lui avant de s'occuper des migrants (cf . https://twitter.com/BlogPhilo/status/815874790925987840 ). Je lui ai d'abord répondu ceci : "La photo touchante du chien et de son maître circule depuis bien avant 2012 (cf. mon article ici http://www.philomedia.be/retro-des-chiffres-qui-donnent-envie-de-passer-en/ ). Avant la vague migratoire actuelle, et certainement pas en France ou en Belgique. Il se pourrait d'ailleurs qu'il s'agisse d'une mise en scène de sensibilisation. Cela reste touchant et très choquant de se dire qu'il y a en effet beaucoup trop de sans abris...
A part ça, je lis que tu relaies parfois des sites comme FdeSouche, Lesobservateurs.ch, etc. Ces sites diffusent très très souvent des intox, des rumeurs et des désinformations. En fait ils s'en fichent de ce qui est vrai ou non tant que ça va dans leur sens (climat anxiogène, etc.). Ils disent donc parfois des choses vraies, mais globalement ce ne sont pas des sources très fiables. Ce montage, en l'occurrence, n'a rien de factuel. Cette famille n'est probablement pas une famille de migrants, de même que ce brave homme et son chien ne sont pas des SDF français. A ces sujets : http://www.philomedia.be/julienlecomte/comment-je-minforme-sur-le-web/ - http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/ "

Elle m'a répondu ceci : "Ce n est que de photos et j en suis consciente... mais il suffit de se promener dans la rue et se rendre compte de la réalité des faits. Quel l on accueille des réfugiés je suis d accord mais que l on laisse des gens mourir de froid dans la rue en parallèle je ne le suis pas. Quant aux informations relayees par certains medias je les partage parce que de un c est mon droit d expression..et de deux cela relaye une verite qu il ne faut pas ignorer meme s il elle peut etre tronquee ou manipulee..mais les rouges ne le font ils pas ???"

Je lui ai donc répondu plus en profondeur :

"Je ne nie pas les faits non plus, c'est une réalité qu'il y a bien trop de sans abris et c'est une injustice atroce. Il y a aussi 10% de gens qui ne savent ni lire ni écrire en Belgique, ça ne devrait pas exister dans un pays qui se dit "civilisé"...

Ce qui me gêne dans cette photo c'est qu'on laisse entendre que c'est à cause des migrants qu'on ne s'occupe pas des belges... Mais la pauvreté existe depuis bien avant les migrants, de même que le chômage ou les emplois de merde alors que certains (de gauche, de droite et d'autres bords) s'engraissent et s'enrichissent de plus en plus...

Que des politicards ne fassent pas correctement leur job n'est pas nouveau et c'est facile pour des populistes de rejeter la faute sur ceux qui ne savent pas se défendre. C'est mieux de liguer les "petits" les uns contre les autres pour défendre leurs intérêts et s'assurer le vote des révoltés.

Bref, on est bien d'accord toi et moi que l'on ne devrait pas laisser mourir de froid des gens, et que certains dirigeants soi-disant de gauche n'aident pas assez le "petit peuple". Pour moi ce n'est juste pas incompatible.

On pointe du doigt les migrants comme la cause mais ça c'est un mensonge. De nombreux faits montrent qu'à moyen et à long termes les migrants ont un apport positif pour l'économie (cf. mon article http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre-contredire-avec-les-faits-et-la-logique/ )

Quant aux médias que tu relaies, par contre, au sens strict du terme, la liberté d'expression ne permet pas de dire tout ce qu'on veut. Ainsi en est-il de l'incitation à la haine, ce que font notamment FdeSouche ou lesobservateurs.ch. La liberté d'expression consiste à pouvoir exprimer et revendiquer toute opinion politique, morale, religieuse... sans être censuré par l'Etat, ce qui ne veut pas dire qu'aucun propos n'est faux ou condamnable (cf. ce dossier qui m'a beaucoup appris : https://jeunes.amnesty.be/jeunes/le-coin-des-profs/nos-dossiers-pedagogiques/article/dossier-pedagogique-2011 ).

Oui, les gens sont autorisés à partager des contenus de FdeS ou LesObs.ch sans être censurés en amont, cela n'empêche pas que ce faisant ils partagent souvent des trucs faux et parfois même condamnables. Et ça empêche encore moins que ces propos puissent être critiqués, débattus et discutés ! Non seulement au nom de la liberté d'expression, mais aussi de la véracité des faits.

Jamais je n'ai voulu t'empêcher de publier ou partager quoi que ce soit, bien sûr... Je ne me permettrais avec personne et encore moins avec une personne proche ! Mais comme tu partages cela publiquement, que tu t'exprimes pour ton audience dont je fais partie, moi aussi je prends part à ta réflexion et à l'échange. Des médias qui mentent, manipulent ou se trompent, il y en a de tous les bords. Mais certains assument, corrigent, voire s'excusent. Ce n'est pas le cas de FdeS ou LesObs.ch. La vérité n'est pas un critère pour eux. Ferais-tu confiance à un type qui te ment une fois sur deux et qui ne reconnait même pas quand il ment ?

Bref, critiquer certains politiques sur base de leurs (in)actions, je suis 100% pour... M'indigner des injustices, clairement. Je te sens révoltée, et je partage ta révolte. Je ne supporte pas les injustices et je me sens impuissant par rapport à cela, parce que c'est insuffisant d'agir à mon niveau (il faut que les décideurs se bougent aussi...). Mais par contre, ce n'est pas parce que des socialistes, des journalistes ou des extrêmes ou n'importe qui d'autre "manipulent" que l'on doit relayer d'aussi gros menteurs, manipulateurs et surtout commencer à désigner des boucs émissaires... ! C'est comme ça que sont nées les pires dictatures (cf. http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/#comment-148https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_propagande_de_guerre - http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/ - http://www.slate.fr/story/114945/permier-article-new-york-times-hitler ).

Je suis certain que tu ne veux pas de cela, je te connais et je sais que ce qui t'énerve ce sont les injustices ! C'est dégueulasse et on est bien d'accord. Je trouve simplement qu'il ne faut pas se tromper de cible et pas ajouter de la haine au drame... Je ne voudrais pas être à leur place, et j'imagine ceux qui en profitent réellement, dont certains doivent peut-être bien rigoler qu'on s'en prenne les uns aux autres plutôt que de s'occuper des vrais problèmes..."

Advienne que pourra...
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Ces derniers jours, j'ai vu pas mal de #bullshit sur mon fil d'actualités.

Ces derniers jours, j'ai vu pas mal de #bullshit sur mon fil d'actualités.

Je crois que l'indignation et la dénonciation ne suffisent pas face au racisme sous ses formes multiples et à la haine.

Je pense qu'il y a un travail de fond à faire pour que les gens discutent plutôt que d'apposer leurs opinions sans jamais se rencontrer, et que c'est aux modérés à montrer l'exemple.

Je suis plus dur avec ceux avec qui je suis d'accord, parce que sur le coup j'ai envie qu'ils aient raison des haines et des violences. On ne veut voir s'améliorer que ceux que l'on veut voir gagner.

C'est aux modérés à apprendre aux autres que l'on peut dire que l'on ressent de l'injustice. Dans une démocratie, on peut dire que l'on n'a pas confiance dans un système qui semble inéquitable et qui soumet à l'austérité. On peut témoigner également d'une peur face à des groupuscules guerriers, face à des actes barbares et sanguinaires, face à la violence en tant que telle. Mais aucune forme de haine qui pourrait en découler ne peut être tolérée.
En plus, bien sûr, la plupart des propos haineux ou racistes sont logiquement faux ( http://www.philomedia.be/la-logique-face-aux-mauvais-arguments/ ).

C'est aussi selon moi en faisant la part des choses que l'on peut peut-être parvenir à faire nuancer les propos de ceux qui expriment à mon avis avant tout des préoccupations personnelles.

Il y a donc évidemment un travail d'argumentation, de présentation des faits et de déconstruction des idées fausses (deux ressources utiles actuellement, parmi d'autres : http://unodieuxconnard.com/2014/01/02/commencer-lannee-du-bon-pied-au-cul/ - http://www.amnesty.be/doc/agir-2099/nos-campagnes/migrants-et-refugies/asile-et-migration-en-europe/s-o-s-europe/article/10-prejuges-sur-les-migrants-et ), mais il ne faut pas se perdre non plus dans le jeu des querelles sémantiques, là où les extrémistes et radicaux de tous poils jouent très bien le jeu de la langue de bois.
C'est donc aussi un travail d'écoute et de "traduction" de ce qui est intolérable, de "compréhension" du ressenti de l'autre, au-delà des propos inacceptables. Le travail est sur les deux plans, car je pense que si on ne leur donne pas l'impression d'être entendus, ils continueront à vomir leur haine.

Arrêtons de donner aux racistes l'opportunité de se présenter en victimes. On clarifie aussi la liberté d'expression si on arrive à leur montrer qu'il est autorisé d'extérioriser et de communiquer leurs émotions, leurs sentiments ou opinions politiques, et que ce qui est interdit et/ou faux, ce sont les amalgames, la haine et la violence. Cela fait partie du travail.

Par ailleurs, c'est un travail éducatif de fond qui semble nécessaire. J'ai vu des gens partager des trucs faux de Fdesouche.fr ou de Lesobservateurs.ch sous prétexte que "les médias nous manipulent". Quelle ironie.

Il y a deux semaines, j'étais impliqué contre mon gré dans des querelles entre athées intégristes et religieux intégristes. J'ai bien sûr vu passer d'autres querelles sur le conflit israélo palestinien, voire sur des questions de genres. L'impression d'être prisonnier devant des dialogues de sourds. Une non-entente parfaite, totale. Des lectures dogmatiques purement identitaires de la réalité. Bien sûr, il y avait aussi des intervenants qui adoptaient un comportement plus humble, nuancé, faisant droit à la complexité des choses, à la réalité, et à une manière de communiquer constructive et respectueuse. Trop peu nombreux ?

En début d'année, j'écrivais "Guerre(s) et philosophie" ( http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/ ). Il y a deux ans, j'écrivais "Pour une éthique de la discussion" ( http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ ). Depuis des années, je cherche à outiller les gens pour distinguer le vrai du faux (épistémologie, critique des médias, activités d'éducation aux médias). Tout cela est à la croisée de ces chemins. Et il y a encore un boulot colossal à réaliser.

Je n'abandonnerai pas, et à la fois je me sens dépassé par le flot de merdes que j'ai pu lire ou entendre récemment...

Julien Lecomte's insight:

Sur des questions similaires :

- http://www.philomedia.be/ideologies-communautarismes-et-arrogance/

- http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/

- http://www.philomedia.be/la-problematique-de-l-identite/

- http://www.philomedia.be/category/verite-et-epistemologie/

- http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/

- http://www.mediaculture.fr/2011/06/10/pourquoi-linfo-politique-grand-public-est-elle-si-pauvre/

- http://www.philomedia.be/enjeux-epistemologiques-et-ethiques-des-medias-et-de-leducation-aux-medias/

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Nature, culture, genre, sexualité et normes sociales

Nature, culture, genre, sexualité et normes sociales | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

Extraits d’un échange entre moi-même et deux autres intervenants (x et y) à propos des liens entre ce qui est “naturel” ou “culturel” et en quoi cela doit ou non influencer nos règles sociales...

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Critique de l'image "Just because you are right does not mean I am wrong"

Critique de l'image "Just because you are right does not mean I am wrong" | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it
Cette image est hautement discutable.

C'est un sujet très complexe, voici ce sur quoi je me base pour dire ça :
- http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/
- http://www.philomedia.be/concepts-et-tensions-en-epistemologie/ + http://www.philomedia.be/presupposes-epistemologiques-en-journalisme-et-en-education/
- http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/
- http://www.philomedia.be/la-logique-face-aux-mauvais-arguments/

En gros, je suis aussi en désaccord avec le genre d'image qui est ici critiquée. C'est un relativisme naïf et intenable, pour différentes raisons (ici http://www.philomedia.be/doctrines-et-courants-en-epistemologie/ ).

Effectivement cela pose problème quand par exemple on met des propos haineux, extrémistes, climatosceptiques ou encore pseudoscientifiques sur le même pied que des propos scientifiques, par exemple.
Cf. combien je "combats" cela, y compris au niveau moral :
- http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/
- http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre-contredire-avec-les-faits-et-la-logique/
- http://www.philomedia.be/des-criteres-de-validite-en-sciences-humaines-et-sociales/
- http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/
Depuis mon mémoire en 2009, la plupart de mes écrits ou interventions traitent de cette question de la vérité et de notre rapport avec elle (cf. http://www.philomedia.be et @Julien Lecomte ).

Mais ici l'exemple est mal choisi. Comme si l'intention de l'auteur définissait ce qu'une chose était factuellement et avait de ce fait plus d'importance que la lecture des récepteurs.

Il n'y a pas de discours sur le réel en dehors de langages (signes), de communautés et de réappropriations humaines. L'objectivité factuelle existe (et ceci est un postulat discutable), mais c'est une caractéristiques des faits et des objets, et non des représentations.

Un meilleur exemple pour illustrer le propos de l'image : http://www.universitedepaix.org/wp-content/uploads/2017/01/Dualite-article-creativite-768x614.jpg > dans ce cas, on peut "voir" un carré ou un rond, alors qu'il s'agit d'un cylindre.
Dans ce cas, il y a "une" vérité qui prévaut sur les "points de vue", et en même temps les points de vue disent bien quelque chose sur le réel.

Un autre exemple déjà plus pertinent en illustration : https://scontent-bru2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-0/p75x225/15871816_10208004280401368_4561095302609437194_n.jpg?oh=dab59919acfc225852b30e85cb873123&oe=591E7AAE

Bref, tous les points de vue ne se valent pas. Ce n'est pas pour autant qu'il n'y en a qu'un qui a plus de valeur que tous les autres... Et surtout pas dans des cas où justement la marge de subjectivité est aussi présente, y compris dans le chef de l'auteur d'un signe...

On pourrait en discuter longuement (mon propos reste caricatural, mais l'enjeu est de montrer que c'est loin d'être indiscutable, surtout dans ce "mauvais" exemple)...
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Réponse à Tito Dupret quant à son article sur la conférence « Les réseaux sociaux : de vrais réseaux pour les jeunes ? »

Réponse à Tito Dupret quant à son article sur la conférence « Les réseaux sociaux : de vrais réseaux pour les jeunes ? »

Monsieur Dupret,

Je découvre avec quelques mois de retard votre article suite à mon intervention à Houyet ( http://www.iteco.be/antipodes/la-faute-aux-medias/article/question-a-houyet-au-coeur-de-la-wallonie-les-reseaux-sociaux-rendent-ils ).

Je me souviens très bien de votre présence à cette conférence. Je me souviens aussi que je vous avais demandé de m’envoyer votre article, une fois écrit. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi vous ne l’avez pas fait. Dommage, pour quelqu’un qui semble prôner l’interactivité.

Soyons clair d’emblée : vous soulevez plusieurs points extrêmement pertinents dans votre article. Je vois la remise en question comme quelque chose de nécessaire. A la sortie de cette conférence, j’étais moi-même très insatisfait. Elle était bien trop longue. La place à l’interactivité était bien trop faible. J’ai bâclé certains points et tout cela était très « transmissif » au niveau pédagogique. Nous sommes d’accord. D’autant plus que comme vous le faites remarquer, non sans ironie, le public n’était pas très nombreux ce soir-là (ce que je n’ai su que le jour-même).

J’ai d’ailleurs pris en compte cette expérience pour refondre totalement la conférence, depuis lors.

Ce qui me gêne un peu plus dans votre article à charge (charge qui n’est pas assumée, cf. votre dernier paragraphe), c’est que d’autres critiques sont infondées, voire fallacieuses.

Bon, tout d’abord, il est déplorable à mon avis de la part d’un journaliste de ne pas citer ses sources, de ne pas renvoyer à ce dont il parle, surtout lorsque ledit journaliste émet une opinion quant à son sujet. Et d’autant plus lorsqu’à plusieurs reprises, ce même journaliste questionne les sources du document qui lui a été présenté. En l’occurrence, le powerpoint de la présentation ( http://fr.slideshare.net/JulienRyuk/conference-relations-numeriques-42523109 ) et la page y faisant référence sur le site de l’Université de Paix ( http://www.universitedepaix.org/les-relations-2-0-relations-connectees-ppt ) vous étaient aisément accessibles. De même que les nombreuses sources dont vous semblez remettre en cause l’existence.

Quant au dispositif, ensuite, vous écrivez « La situation est exactement celle que n’encourage ni la pédagogie actuelle, ni ITECO qui publie ce magazine, ni Alain Gerlache dans un article ici connexe. Au lieu d’échanger, observer, reculer, analyser et synthétiser, nous allons assister à un spectacle, très sympathique, et survoler autant que zapper entre chiffres et diapositives, sans discontinuer ». Je vous ai donné raison en grande partie. Toutefois, il me semble pertinent aussi de vous rappeler que j’étais tenu à un certain mandat par le commanditaire, ainsi que par un contrat « tacite » avec l’assemblée. Ce mandat tient au mot « conférence ». Une conférence m’a été demandée, et c’est ce qui était attendu. J’ai à cœur d’animer des ateliers, des temps de réflexion ou autres, et de partager le temps de parole. Encore une fois, à refaire, je le ferais davantage. Par contre, je trouve cela un peu malhonnête de pointer du doigt un dispositif « classique » pour cette conférence, plus que pour n’importe quelle autre intervention du même type. Je donne des formations, des ateliers, des cafés philo ou des cours sur des sujets semblables ou différents. Simplement, le format, les objectifs, le contexte, l’audience (attendue) et le contrat sont différents.

Passons sur le fait que vous parlez de « la pédagogie actuelle » comme s’il s’agissait d’un tout homogène et ce, sans donner de référence à vos propos. J’imagine que vous faites référence à un parti pris pédagogique à ce sujet (parti pris que je peux partager dans une certaine mesure). Sur les réflexions autour des dispositifs pédagogiques, là encore, je vous renvoie à mes sources ou écrits, puisque vous dites ne pas en avoir eu assez lors de la présentation : http://www.philomedia.be/les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias-6-contenus-methodes/ - https://communicationsetinternet.wordpress.com/2014/02/26/cours-magistral-apprendre-a-disparaitre-et-a-ne-rien-faire-a-lere-de-la-technique/ - http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-faut-il-revolutionner-la-pedagogie/ - http://www.philomedia.be/faut-il-imposer-le-numerique-en-education/

Vous trouverez dans ces articles un certain nombre de liens hypertextes. Il s’agit de sources, probablement moins visibles sur la présentation powerpoint.

Je ne vous fais pas l’insulte de répéter une fois encore ma propre frustration quant au manque d’interactivité et à la lourdeur du dispositif (oui, c'est bien une prétérition). Je regrette par contre assez amèrement de lire des passages aussi tranchés quant au contenu, surtout de la part d’une personne avec un point de vue aussi instruit que le vôtre.

A certains endroits, vous faites preuve de votre connaissance du monde médiatique. Vous écrivez notamment : « C’est bien sûr impressionnant, mais que faut-il en conclure ? Cette réalité est valable depuis l’avènement du livre, de la radio, de la télévision ». Bien évidemment. J’ai écrit un article à ce sujet en 2012 ( http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution/ ) et un autre en 2013 (http://www.philomedia.be/infobese-toi-meme/ ). Ai-je prétendu le contraire, lors de la conférence ? J'ai l'impression désagréable que vous me faites tenir un discours que je n’ai pas tenu. Vous ajoutez : « Quant à la source de cette image, c’est une société commerciale d’analyse de données en ligne. Il s’agit d’une publicité pour ses activités, pas d’une étude. Et les sources qu’elle cite elle-même sont une liste de marques de grandes compagnies du web, sans détail ni contexte ni protocole ». Comme si la prétention de la présentation avait été autre ! C’est bien pour cela que l’on cite ses sources, non ? Vous avez peut-être d’autres sources, plus fiables. Dans ce cas, cela m’intéresse. Je n’ai rien dit de plus que "selon cette entreprise, les chiffres sont tels". Peut-être supposez-vous que les membres de l’audience manquent du discernement dont vous faites preuve pour relativiser ces données ?

Si celles-ci sont très probablement à prendre avec des pincettes, ce qui m’ennuie est que vous utilisez ces éléments comme des remises en cause du bienfondé des contenus de la présentation en général. En sortant ces éléments de leur contexte, vous jetez l’opprobre sur tout le travail effectué, alors que le propos était simplement de donner un aperçu (partiel et partial, et ce avec transparence) de ce que peut représenter le web aujourd’hui. Vous me prêtez des prétentions de manière hâtive. Vous omettez le nombre de fois où j'ai répété combien la présentation powerpoint relevait elle aussi de la caricature.

Plus loin, vous écrivez encore : « Mais la démonstration est univoque, trop courte, hyper cadrée, sans contextualisation et surtout non-sourcée ». De nouveau, vous présentez deux caricatures comme s’il s’agissait de propos qui se veulent experts. Vous faites la même chose avec l’extrait humoristique de Gad Elmaleh (bon sang, où avez-vous lu ou entendu des prétentions à la scientificité relatives à ces images ?). Vous avez vous-même déploré les lacunes du dispositif. Clairement, je le répète, j’ai été trop gourmand en voulant présenter un panorama aussi large en aussi peu de temps. C'est peu propice à une analyse en profondeur. Je concède aussi que je n'ai pas pu retracer la provenance de tous les "mèmes" qui circulent abondamment sur le web, et que j'utilise comme supports illustratifs - et uniquement à cette fin.
Toutefois, une fois encore, il s’agissait justement dans les passages "incriminés" de montrer le côté caricatural de positions se limitant à l’angle « pour » ou « contre » les nouvelles technologies ! Quand vous dites que ceci est non-sourcé, encore une fois, vous jetez la suspicion sur tout un travail qui dépasse de loin cette présentation (cf. http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution/ - http://www.philomedia.be/les-reseaux-sociaux-et-les-selfies-nous-rendent-ils-plus-narcissiques/ - http://www.philomedia.be/analyse-des-chaines-youtube-les-plus-populaires-en-france/ - etc.) alors que les sources se trouvent dans une bibliographie fournie en fin de présentation (je vous remets le lien pour être sûr que vous ne le manquiez pas, cette fois : http://fr.slideshare.net/JulienRyuk/conference-relations-numeriques-42523109 ).

Point de détail - mais qui en dit peut-être long -, votre mise en récit n’honore pas vraiment votre métier : « Nous sommes plusieurs à nous être levé pour circuler dans la salle et exercer nos jambes ». Je me souviens que deux personnes l’ont fait, vous et un enfant. Oui, cela fait "plusieurs". Mais comme moi, vous n'ignorez pas le poids des mots. Deux et plusieurs, ça ne sonne pas pareil (on retrouve d'autres inexactitudes ou formulations fallacieuses lorsque dans votre texte vous parlez de "10 secondes de vidéo", évoquez le terme "paralangage" alors que je ne l'ai pas utilisé, ou encore quand vous dites "le tout sans définitions"). Je concède néanmoins une dernière fois que la présentation "magistrale" était trop longue pour tout le monde, ce que j’ai largement pris en compte suite à cette intervention. Je vous suggérerais bien de vérifier mes dires auprès des publics auxquels j’ai donné une intervention similaire - mais améliorée - ultérieurement, à Charleroi au salon de l’éducation ou encore à Arlon à la maison de la culture, comme vous n’êtes pas quelqu’un qui croit autrui sur parole ;-).

Enfin, vous écrivez : « Aussitôt, la question la plus sensible du jour est lancée : le cyber-harcèlement pour ensuite conclure sans plus tarder avec ceci : attention, les jeunes ne savent pas comment chercher l’information, ils n’ont pas d’esprit critique et ne questionnent pas les informations qui leur parviennent. Cette fois, je suis KO ».

J’avoue avoir dû vous relire, estomaqué. Vous me prêtez une fois encore des propos que non seulement je n’ai pas tenus ce jour-là, mais que je n’ai jamais tenus du tout. Bon, d’abord, la question du cyber-harcèlement est la question « commanditaire » par excellence. Concrètement, dans ce contexte et à l'Université de Paix, "on ne peut pas ne pas l’aborder" (c'est difficile, en tout cas, de ne pas en dire un mot, ne serait-ce que justement en termes de démystification du phénomène).
Vous présentez cela comme si je faisais partie de ceux qui adoptent une posture anxiogène quant aux réseaux sociaux, quand justement j’ai traité cette question en lien avec le harcèlement de manière générale, et ce en une poignée de minutes. De plus, vous déformez totalement mes propos quant à la recherche d’information sur le web.
Je suis en effet d’avis que le développement de l’esprit critique par rapport à la fiabilité des sources sur le web (et ailleurs !) est un enjeu majeur de l’éducation aux médias. C’était le thème de mon mémoire en 2009 ( http://www.philomedia.be/memoire-education-aux-medias/ ), de mon article scientifique en 2010 ( http://sites.uclouvain.be/rec/index.php/rec/article/view/21 ), en grande partie de mon premier livre sur la fiabilité des médias, et j’ai imaginé et testé des activités pédagogiques à ce sujet ( pédagogies qui sont loin de se limiter à de la transmission de contenus http://www.philomedia.be/activites-pedagogiques-education-aux-medias/ ) ou en collaboration avec des experts de terrain (cf. mon second ouvrage avec ACMJ asbl).
Je ne dis nulle part que les jeunes « n’ont pas » « d’esprit critique » (d’ailleurs, comme si l’esprit critique pouvait s’acquérir une fois pour toutes). J’ai par contre pu observer à plusieurs reprises des jeunes qui se déclaraient démunis ou ne mettaient pas en place des outils pour rechercher ou évaluer l'info sur le web (ce qui ne les rend pas idiots ou crédules pour autant). De même que des adultes et de même par rapport à d'autres types de sources que numériques. Bref, je ne sais par quel biais de confirmation d’hypothèse vous êtes arrivé à cette « conclusion », mais celle-ci me fait sérieusement m’interroger quant à la clarté de mes propos ! Cela a au moins le mérite d’appuyer votre propos selon lequel « ma » pédagogie était lacunaire ce jour-là… Là où mon objectif didactique était de "voyager" entre différents points de vue pour percevoir la complexité d'un phénomène, vous m'attribuez une thèse simpliste, et j'en suis fort triste.

Je conclurais avec vous sur votre dernier paragraphe.

« Mais qu’on ne se méprenne pas sur ce texte. Je ne veux pas remettre en cause l’intervention du conférencier, encore moins l’utilité d’une telle initiative ». Sur ce point, je pense que vous n’assumez pas vos propos, et êtes en contradiction performative par ailleurs.
Quel dommage pour quelqu’un qui déplore un manque d’interactivité d’écrire son petit texte dans son coin, sans prendre la peine d’en discuter… Comme cela doit être frustrant de n'avoir pu vous exprimer en face à face lorsque vous en avez eu l'occasion. En effet, pour vos lecteurs, il aurait été honnête de rappeler que si le moment d'échange avec le public a été bien trop court proportionnellement, il y en a bel et bien eu un. Sans compter que j'ai d'emblée invité les personnes à m'interrompre s'ils souhaitaient réagir - droit qui a d'ailleurs été exercé par "plusieurs" participants. Je suis resté peu après la conférence avec les derniers participants, continuant la discussion. Je suis joignable par de multiples canaux dont vous avez connaissance. Bref, à ce moment-là ou plus tard, les opportunités de m'interpeller et de susciter l'échange n'ont pas manqué. Pourquoi ne pas m'avoir simplement interpellé ? Pourquoi ne pas avoir partagé votre opinion, en public ou en privé ?

« Dans la salle, la demande est bien réelle, les questions existent, l’intérêt est palpable ». Oui. Et j’ajouterais que tous les participants ne disposent pas de la même culture médiatique que le journaliste que vous êtes. Vous faites partie des spécialistes du sujet.

« Malheureusement ce moment d’éducation aux médias ressemble trop aux médias eux-mêmes. […] Julien Lecomte est manifestement à la fois le sujet et l’objet de ce qu’il étudie. Il est le fabriquant et le produit. Il est dedans et dehors. De sorte que la frontière entre l’acteur et l’observateur est devenue aussi indiscernable que celle entre le réel et le virtuel. Je reviens de cette conférence avec le sentiment que cette frontière est inopérante, obsolète. Nos vies et nos réseaux sociaux, réels et virtuels, sont un et un seul, de chair et d’os, avec ou sans écran ou interface ».

Amusant. C’est la seule thèse que vous avancez véritablement (le reste de l’article n’étant qu’une déconstruction pure et simple du contenu et du format de la conférence, mise à part la question de l’interactivité lacunaire du dispositif).
A sa lecture, je me demande quel était l’objectif de votre article. Si c’était de tenir ce propos, je pense que vous auriez pu vous dispenser de la charge qui précède. C’est une thèse qui mérite d’être étayée, discutée, enrichie. J’ai déjà lu des articles à ce sujet, d’ailleurs (cf. http://www.philomedia.be/stephane-vial-il-ny-a-pas-de-difference-entre-le-reel-et-le-virtuel/ - http://www.fadben.asso.fr/Sur-la-reflexivite-dans-les.html - http://www.philomedia.be/questions-philosophiques-d-education-aux-medias/ ). De fait, c'est une thèse à propos de laquelle j'ai écrit un peu plus que quelques envolées lyriques à la fin d'une chronique qui se veut culturelle.
Impressionnant, non ? Finalement, j’ai l’impression que peu de choses que vous semblez identifier comme des désaccords entre nous subsistent à la discussion. Nous nous rejoignons sur un certain nombre de points, mais encore aurait-il fallu prendre le temps d'en prendre conscience.
Par contre, je ne peux vous rejoindre quant au format de votre article. Non seulement il m’apparait comme peu informatif pour votre audience (qu’y apprend-on, à part que vous n’avez pas pris votre pied lors d’une conférence ?), mais en plus vous y reproduisez tout un ensemble de critiques que vous m’adressez (thèses non étayées ou non référencées, inexactitudes, interaction inexistante…).

Je ne dirais donc pas comme vous que je ne remets pas en cause votre intervention (votre texte), et encore moins l’utilité d’une telle initiative.
Franchement, je n’en perçois pas l’utilité. Elle m’a blessé.
Si elle était supposée me faire grandir, vous auriez pu me l’adresser directement.
Si elle était supposée étayer une thèse intéressante, vous auriez pu les argumenter positivement. Nul besoin de déconstruire ce que vous percevez du travail d'autrui pour ce faire (sur base d'une prestation "grand public" de 2h), ni de vous infliger des conférences si vous n'aimez pas ça.

Bref, cette mise au point n’était peut-être qu’une catharsis de ma part. J’aurais largement préféré en parler avec vous, plutôt que de lire un article à charge me concernant sans source ni droit de réponse. A ce sujet, la porte est toujours ouverte, si vous le souhaitez. Il y a un formulaire de contact sur philomedia.be. Je vous avais donné ma carte de visite lors de notre rencontre. Si vous avez des remarques constructives à propos desquelles vous souhaitez échanger, n’hésitez pas. Il suffisait de demander.
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Il m'a fallu un peu de temps avant d'écrire #CharlieHebdo

Il m'a fallu un peu de temps avant d'écrire. Le temps que l'émotion redescende. Le temps d'une nuit, une nuit à repenser à tout ce que j'ai pu lire, voir ou entendre hier.

Le temps, puisqu'il en est question, est au recueillement et aux hommages aux victimes. Comme beaucoup, je me joins au soutien à leurs familles et à leurs proches. L'heure est à la tristesse et au respect des défunts et du deuil.

Plus tard viendra le temps de la réflexion. Il importe que cela soit plus tard. D'abord, comme je l'ai dit, par respect. L'heure n'est pas aux analyses ou aux stratégies politiciennes. Ce serait malsain. Ensuite, parce que l'émotion est grande, elle est forte, elle nous touche dans nos libertés individuelles et collectives. Il y a eu de la destruction. Il faudra prendre le temps de reconstruire (voire de construire quelque chose de neuf).

Grâce au courage de personnalités publiques et à celui de plusieurs de mes proches de tous milieux que je lis sur les réseaux sociaux, j'ai envie d'avoir espoir.

Je lis d'abord cette retenue, cette tristesse partagée, cette indignation, cette incompréhension. De la colère, aussi, légitime face à une telle folie, absurde, injuste. Je lis ce sentiment humain d'empathie avec les victimes et leurs proches.
Non, nous ne sommes pas tous des barbares. Non, nous n'acceptons pas ces actes criminels. En tant qu'individus, nous ne sommes pas d'accord avec cela. Je vois des rassemblements de foules, par milliers, par millions, debout dans la rue, pour signifier leur soutien à Charlie. Des millions de messages sur les réseaux sociaux également, derrière les hashtags #JeSuisCharlie #CharlieHebdo.

Je vois ensuite de la peur et de la raison. De la peur que ce tragique événement engendre ou renforce des amalgames ou des tensions.
Non, les musulmans ne sont pas tous comme cette poignée de terroristes qui ont une lecture particulière de leur religion. Je ne pense pas que les musulmans doivent s'excuser des crimes commis en leurs noms. Dois-je m'excuser si un homme tue sa femme au nom de la masculinité ? Cependant, je ne peux que saluer la prise de parole de tous ces musulmans qui prennent la peine de condamner ces actes. Parmi les personnalités publiques, il y a eu notamment Hassen Chalghoumi ( http://www.bfmtv.com/societe/la-communaute-musulmane-condamne-l-attentat-contre-charlie-hebdo-856227.html ), Tareq Oubrou ( http://www.sudouest.fr/2015/01/09/en-video-le-preche-sans-concession-de-tareq-oubrou-a-la-mosquee-de-bordeaux-1791654-2780.php ), Mohamed Ramousi ( http://www.lalibre.be/actu/international/apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-il-est-urgent-d-etre-lucides-54ad878c3570d587e32a2005 ), Muhammad Tahir-ul-Qadri ( http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/un-erudit-musulman-publie-une-fatwa-contre-le-terrorisme_1313557_3214.html ). A cela s'ajoutent des communiqués signés par des collectifs d'associations ( http://mrax.be/wp/charlie-hebdo-un-collectif-dassociations-reagit/ ) et autres messages publics ( http://www.europe1.fr/societe/musulmans-de-france-entre-peur-et-condamnation-2340445 ). Ils l'ont dit haut et fort : cela n'est pas la religion, c'est même le contraire de l'islam, tel qu'il est pratiqué en tout cas par une majorité de croyants. Parmi mes amis musulmans, plusieurs ont pris la parole également. Je pense que c'est important et je ne peux que saluer leur courage.
Je salue aussi le travail journalistique consistant à répéter - pour une fois, c'est un fait rare dans certains médias français ! - qu'il ne faut pas stigmatiser une population. Plusieurs de mes amis belges et français ont cette crainte que la communauté musulmane soit une victime collatérale, à l'heure où Le Pen, Zemmour ou encore récemment Houellebecq ont tribune libre dans l'espace public.
En outre, je lis des appels à la décence et à l'apaisement, ce qui encore une fois me semble la moindre des choses pendant cette période de deuil et d'émotion. Nos pensées vont également au policier Ahmed, lui aussi victime du carnage, et à sa famille.

Je vois la peur et la raison, encore, dans le souci par rapport aux libertés fondamentales.
Les libertés individuelles, d'une part, que certains ont peur de voir rongées encore un peu plus par des dérives sécuritaires, par encore plus de surveillance et de suspicion ( lire par ex. http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/08/jean-pierre-dubois-lhysterie-securitaire-protege-256974 ).
La liberté de la presse, la liberté d'expression, d'autre part. Cet attentat a une charge symbolique très forte. En France en 2015, des individus, des dessinateurs et des journalistes, ont été tués pour leurs idées. La peur est légitime. De grands caricaturistes belges comme Geluck, Vadot, Kroll ou DuBus ( http://www.lalibre.be/actu/international/charlie-hebdo-geluck-effondre-dubus-par-terre-54ad50a03570b311404dd01b ) ont exprimé combien un tel drame les a horrifiés : quand on choisit les mots et les images, la plume ou le crayon, c'est peut-être justement parce que ce sont des outils qui ont plus de valeur que les armes, et que l'on ne veut pas devoir prendre les armes. Faire couler de l'encre plutôt que du sang.
(Des centaines de dessins, encore : http://www.lefigaro.fr/culture/2015/01/07/03004-20150107ARTFIG00465--charlie-hebdo-l-hommage-international-en-dessins.php - http://www.lesoir.be/751896/article/actualite/france/2015-01-07/charlie-hebdo-un-hommage-en-dessins - http://www.slate.fr/story/96551/charlie-hebdo-dessins )

J'ai envie d'avoir espoir parce que j'observe toutes ces femmes et tous ces hommes prendre la parole et (ré)affirmer ainsi que les mots (et par extension, je l'espère, le dialogue, la discussion) ont plus de sens que les armes. Il y a d'autres moyens pour exprimer un désaccord que la violence - car justement, on a le droit de ne pas être d'accord, d'être choqué, d'être en colère... Il faudra que justice soit faite, que les crimes soient punis, comme il se doit. En parallèle, j'ai le souhait que la paix, les valeurs et les libertés triomphent de l'absurde. Que le constructif triomphe de la destruction. Que les mots, les textes, les paroles et les dessins fassent plus de bruit que les canons. Non, nous ne laisserons pas la terreur triompher. Nous ne laisserons pas les armes prendre le pas. Cette nuit, les foules scandaient : "Charlie n'est pas mort", "Liberté d'expression"... Continuons à ne pas laisser gagner l'absurdité.

Julien Lecomte's insight:

Pour ceux que ça intéresse, j'ai pu lire aujourd'hui et hier des articles qui m'ont fait réfléchir. Je les partage ici.

Ceux-ci NE reflètent PAS nécessairement mon opinion, voire sont contraires à ce que je pense sur certains points, mais ils existent et ont ceci de commun qu'ils n'appellent pas à la violence ou à la haine (critère qui jette pour moi le discrédit sur l'article et son auteur) et qu'ils représentent souvent une mise en question "de l'intérieur" et pas dirigée envers "l'autre" (Ricoeur disait que "l'idéologie n'est jamais assumée en première personne : c'est toujours l'idéologie de quelqu'un d'autre").

Ce sont des appels à la raison, à l'analyse, au dialogue et/ou à la (re)construction.Dans l'optique dans laquelle je les partage, ils ne remettent en rien en cause la légitimité et l'importance du respect, du deuil et de l'émotion, de même qu'ils n'atténuent en rien la gravité des crimes commis.

Enfin, mon but n'est pas de débattre de ces articles (pas ici en tout cas), mais d'apposer des points de vue et de questionner (de manière non exhaustive) différents enjeux liés aux actes terroristes récents.Il convient donc de les lire en entier, à froid, et de se faire sa propre opinion :

- Street Press - Pourquoi l'attentat nous rend déjà cons : http://www.streetpress.com/sujet/1420713927-attentat-charlie-hebdo-edito

- Mathias Delori - Ces morts que nous n'allons pas pleurer http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori/080115/ces-morts-que-nous-n-allons-pas-pleurer

- Rue89 - Après Charlie Hebdo : "l'hystérie sécuritaire ne protège pas" http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/08/jean-pierre-dubois-lhysterie-securitaire-protege-256974

- Xavier De la Porte - Charlie Hebdo : la "force incroyable" du dessin http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/09/charlie-hebdo-force-incroyable-complexe-dessin-256987

- Slate.fr - Le blasphème, provocation inutile ou pratique essentielle à la démocratie ? Aux Etats-Unis, l'attentat contre Charlie Hebdo relance le débat http://www.slate.fr/story/96619/etats-unis-attentat-charlie-hebdo-debat-blaspheme

- Ruwen Ogien - Que reste-t-il de la liberté d'offenser ? http://liberationdephilo.blogs.liberation.fr/mon-blog/2015/01/que-reste-t-il-de-la-libert%C3%A9-doffenser-.html

- Abdennour Bidar - Lettre ouverte au monde musulman http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html (et une réponse aux thèses de A. Bidar par Adel Taamalli, qui est également dans un questionnement mais de l'ordre de la conciliation plutôt que de la réforme http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-1-4.html - http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-4-4.html )

- BC, sur Arret sur Images - Je ne suis pas Charlie. Et croyez moi, je suis aussi triste que vous http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366

- Christian Salmon - Nous sommes eux et ils sont nous http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-salmon/120115/nous-sommes-eux-et-ils-sont-nous
- Mon désarroi par rapport à une prof qui parle de Charlie à ses élèves http://www.scoop.it/t/didactique-education-pedagogie/p/4035097366/2015/01/12/mon-desarroi-par-rapport-a-une-prof-qui-parle-de-charlie-a-ses-eleves

- Frédéric Lordon - Charlie à tout prix ? http://blog.mondediplo.net/2015-01-13-Charlie-a-tout-prix

- Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie » - http://www.ujfp.org/spip.php?article3768

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