Rapprochement Takeda/Nycomed: suppression en vue de la moitié de l'effectif en France (APM INTERNATIONAL) | chrisdore | Scoop.it

(Par Sophie LABBE)

PARIS, 18 janvier 2012 (APM) - La réorganisation liée au rapprochement de Takeda et Nycomed en France devrait se traduire par le maintien de 250 emplois au final, soit la moitié de l'effectif actuel des deux filiales, a indiqué mercredi le président des deux entités en France, Emmanuel de Rivoire, dans un entretien à l'APM.

Le groupe japonais Takeda a annoncé mercredi le lancement d'un plan de restructuration dans le cadre de l'intégration de Nycomed, ce qui va le conduire à supprimer 2.800 postes en Europe et aux Etats-Unis d'ici à mars 2016 (cf APM SOPAI002).

Dans ce cadre, il est envisagé la suppression de 314 postes sur les 564 postes existant au sein des deux filiales en France. Certains postes étant vacants, les deux entités représentent environ 500 postes occupés, et la réorganisation devrait concerner la moitié d'entre eux.

Emmanuel de Rivoire a souligné que la première étape du processus d'intégration de Takeda et Nycomed consisterait dans leur rapprochement au sein d'une même structure juridique. Un processus d'information-consultation des représentants du personnel des deux filiales a été engagé mercredi dans ce but.

Le délai dans lequel ce rapprochement juridique sera réalisé dépendra des discussions avec les représentants du personnel.

Ce n'est qu'une fois ce rapprochement réalisé que la deuxième étape, celle de la réorganisation et de son plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), pourra être engagée.

Mercredi, lors de comités d'entreprise organisés dans les deux filiales, "nous avons mentionné que notre intention sera d'aller vers une structure cible de 250 collaborateurs en France", a indiqué Emmanuel de Rivoire.

Actuellement, Takeda France compte un peu plus de 300 collaborateurs et Nycomed France environ 200. Le premier réalise un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 170 millions d'euros et le second de 100 millions.

Emmanuel de Rivoire a noté qu'au niveau mondial, la fusion de Nycomed et Takeda était marquée par une grande complémentarité des activités. "Il y a un assez grand nombre de pays où il y a zéro chevauchement", a-t-il relevé.

Mais il y a "un petit nombre de pays où il existe une implantation significative des deux" laboratoires, dont la France mais aussi l'Allemagne, l'Italie, la Suisse et l'Autriche. "La France fait partie des pays où le rassemblement des deux structures pose le plus de questions en termes de stratégie", a-t-il noté.

En Allemagne, où contrairement à la France Takeda dispose de sites de production et de R&D, le groupe prévoit de supprimer 1.200 emplois, rappelle-t-on (cf APM SOPAI004).

Le dirigeant a indiqué que la réorganisation des activités en France devrait toucher l'ensemble des fonctions sans souhaiter préciser la répartition des suppressions de postes entre les fonctions siège et la visite médicale.

"Nous serons guidés par un souci d'accompagnement individualisé pour ceux qui vont quitter l'entreprise mais également pour ceux qui vont rester", a déclaré Emmanuel de Rivoire.

En effet, ces derniers seront confrontés à l'évolution de l'activité du laboratoire qui va faire face à la concurrence générique sur des médicaments majeurs comme l'antihypertenseur Kenzen*/Atacand* (candésartan) et à la suspension de commercialisation de l'antidiabétique Actos* (pioglitazone) en France.

Ils devront aussi s'adapter à une évolution du groupe vers la médecine spécialisée avec notamment le lancement prévu de médicaments issus de Nycomed dans le respiratoire comme le traitement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) Daxas* (roflumilast), anticipé en 2012.

Enfin, dans une troisième étape se posera la question de la localisation de la nouvelle entité France issue de Takeda et Nycomed.

Emmanuel de Rivoire a souligné que l'option qu'il "privilégi[ait] à titre personnel" serait celle de l'implantation de la nouvelle entité sur un troisième site distinct des implantations actuelles de Takeda France (à Puteaux, Hauts-de-Seine) et Nycomed France (dans le XIIIème arrondissement de Paris).

Si cela ne se faisait pas, les activités seraient sans doute regroupées à Puteaux. Cet élément fera aussi l'objet de consultations du personnel.

INQUIETUDE DES SYNDICATS

Interrogée par l'APM, une représentante syndicale au sein de Takeda s'est émue de "l'ampleur vraiment considérable" de ce plan de suppression de postes.

Elle a souligné que les salariés de Takeda sortaient tout juste d'un plan social important. Le groupe avait annoncé en mars 2011 une large restructuration avec la réduction de 40% de l'effectif, soit 195 postes, rappelle-t-on (cf APM CMOCV007).

Du côté de Nycomed, une représentante syndicale a également souligné que les salariés ne s'attendaient pas à un plan d'une telle ampleur. "Nous avons le sentiment d'être rachetés puis liquidés", a-t-elle relevé.

Elle a également estimé qu'au vu des annonces de la direction, la suppression de la moitié des emplois était presque "ce qu'on [pouvait] espérer de mieux", s'inquiétant des conséquences en cas de moindre succès du lancement des nouveaux produits à venir dans le respiratoire.

so/ab/APM
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SOPAI003 18/01/2012 18:54 PHARMA


Via Lionel Reichardt / le Pharmageek