Bonnes pratiques en documentation
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Vient de paraître : "Rechercher l'information stratégique sur le web" par V. Mesguich | ADBS

From www.adbs.fr

Après le succès de Net recherche, le nouvel ouvrage de Véronique Mesguich "Rechercher l'information stratégique sur le web", préfacé par Anne-Marie Libmann, est disponible sur le site des Editions De Boeck Supérieur.
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Markdown et Zotero –

From zotero.hypotheses.org

Bricks, bricks, and bricks – auteur: speredenn (CC BY) – source: https://www.flickr.com/photos/jbcarre/5613681702/ La rédaction a sollicité pour ce billet un rédacteur invité, Vincent Carlino. Merci Vincent pour ta contribution et tes éclairages concernant Zotpick!
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Les jeunes, les réseaux sociaux et la bibliothèque

From www.slideshare.net

Support de la formation donnée à la Bibliothèque départementale de l'Eure-et-Loir le 25 septembre 2018.
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White Paper (Draft): “ARL, Wikimedia, and Linked Open Data”; Open for Comments Through November 30

From www.infodocket.com

From Judy Ruttenberg at the Association of Research Libraries (ARL): In June 2018, the Association of Research Libraries (ARL) charged a task force to look at Wikidata.
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International Archives, Records and Information Management: Audivisual Archivist. ICRC, Geneva. Open until 25 November 2018 @gustavocastaner

From goinginternationalinarchives.blogspot.com

Career Opportunities: ARCHIVISTE AUDIOVISUEL - 90% (9262) Requisition ID  9262  - Posted  31/10/2018  -  Communications / Infor...
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Veritas Predictive Insights Uses AI to Predict and Prevent Unplanned Service

From www.dataversity.net

According to a recent press release, “Veritas Technologies, the worldwide leader in enterprise data protection and the software-defined storage market, today announced the launch of Veritas Predictive Insights, a new solution that utilizes artificial intelligence (AI) and machine learning (ML)...
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Monetizing Information? Show Me Your Data Model

From www.dataversity.net

Frisendal’s law: No data model, no asset – it is as simple as that. If you want to “manufacture” valuable information, you must have a good (potentially patentable or protectable) data model.
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Les DSI face à l’enjeu de la fragmentation

From www.informatiquenews.fr

Près de 9 DSI sur 10 en France estiment qu’il est important de régler le problème de la fragmentation massive des données avec comme risque une explosion...
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4 Free Windows 10 Thesaurus Apps

From www.ilovefreesoftware.com

In this article we are covering 4 free Windows 10 Thesaurus apps which show group of same words which have similar meaning. Check them out.
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Hcéres : Du bon usage des critères d’évaluation de la recherche –

From lalist.inist.fr

« Dans un contexte marqué par une volonté de la communauté scientifique d’adopter de meilleures pratiques pour une évaluation davantage qualitative de la recherche, le Hcéres témoigne de son soutie…...
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Now Available: New Release of OpenCitations Index of Crossref, Contains Almost 450 Million DOI-to-DOI Citation Links

From www.infodocket.com

From the Open Citations Blog: As introduced in a previous blog post, COCI is the OpenCitations Index of Crossref open DOI-to-DOI references, all released as CC0 material.
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How to Convert Markdown Docs to WordPress Post

From www.ilovefreesoftware.com

Learn how to how to convert markdown docs to WordPress post.Use the tools here to create markdown doc from scratch or use existing to convert to HTML...
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Vous avez du mal à appliquer l’intelligence artificielle à votre business ? Ne vous découragez pas, vous n’êtes pas seul(e) dans ce cas !

From www.globalsecuritymag.fr

L’intelligence artificielle (IA) évolue rapidement, et avec elle la promesse de tirer profit d’une puissance de traitement des données sans (...)...
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Free URL Shortener Tool to Shorten URLs using Bitly, Yon, PLink, Atrab

From www.ilovefreesoftware.com

Here is a free URL shortener tool to shorten URLs using Bitly, Yon, PLink, Atrab.Use it to bulk shorten URLs in Windows without any API key or account...
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Journal Article: “A Data Citation Roadmap for Scientific Publishers”

From www.infodocket.com

The following full text article was published today by Scientific Data. Title A Data Citation Roadmap for Scientific Publishers Authors Helena Cousijn Elsevier Amye Kenall Springer Nature Emma Ganley Public Library of Science Melissa Harrison eLife Sciences David Kernohan JISC Thomas Lemberger...
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Évolution de la diversité consommée sur le marché du livre, 2007-2016

From www.cairn.info

1La singularité du marché du livre par rapport à ceux de la musique enregistrée ou de la vidéo réside dans le fait que la révolution numérique ne s’est pas traduite par un recul spectaculaire du marché physique au profit des consommations dématérialisées, qu’elles soient payantes ou non : les conditions de production et de diffusion des livres ont profondément évolué sans toutefois que les manières de lire s’en trouvent réellement modifiées. Les Français, en effet, quand ils lisent, continuent dans leur très grande majorité à privilégier le livre imprimé : si 21 % d’entre eux déclarent avoir déjà lu partiellement ou en totalité un livre numérique [5], la part dématérialisée du marché de l’édition demeure, dans notre pays, à un niveau modeste, sans commune mesure avec l’importance qui est aujourd’hui la sienne dans les autres industries culturelles [6]. Un marché qui résiste à la révolution numérique 2Cette relative bonne résistance du livre imprimé peut surprendre en regard des évolutions constatées sur les marchés de la musique enregistrée et de la vidéo. Certains l’expliquent par les qualités intrinsèques de l’objet-livre qui lui confèrent une telle perfection qu’aucune innovation technologique ne peut réellement le menacer [7]. D’autres mettent l’accent sur certaines spécificités du marché de l’édition : la langue, notamment, y joue un rôle plus important que dans les autres industries culturelles, ce qui a limité les effets de la mondialisation, d’autant plus que les entreprises nationales bénéficient d’une politique active de soutien de la part des pouvoirs publics (loi sur le prix unique du livre, dispositifs de soutien aux acteurs traditionnels de la filière) ; par ailleurs, une partie des achats de livres s’inscrivent dans un cadre contraint et sont à, ce titre, moins soumis que les autres consommations culturelles aux variations des préférences individuelles : les manuels scolaires ou les ouvrages parascolaires ainsi que de nombreux livres de littérature générale (les classiques) ou de sciences humaines et techniques sont en effet achetés dans le cadre des études ou en lien direct avec l’activité professionnelle. 3Enfin, si le marché physique du livre ne s’est pas effondré, c’est aussi parce que les effets de la révolution numérique ne lui ont pas été systématiquement défavorables. Il a bien entendu subi la concurrence des nouvelles manières de s’informer, de s’instruire et de se distraire qui se sont développées sur les écrans, mais a également bénéficié des opportunités offertes par le format numérique (réduction des coûts de (re)production des ouvrages, rationalisation de leur distribution, impression à la demande, etc.) et la vente en ligne, notamment pour accéder à des ouvrages peu ou pas disponibles sur les autres circuits de distribution. Par ailleurs, si certaines personnes ont pu transférer une partie de leurs lectures dans le monde numérique, ces mêmes personnes ont pu aussi découvrir certains auteurs ou certaines œuvres sur les réseaux sociaux, les sites spécialisés ou par l’intermédiaire des nombreux dispositifs de recommandation à l’œuvre sur les plateformes en ligne. 4Les impacts de la révolution numérique sont loin, par conséquent, d’avoir été univoques. Le caractère divergent des évolutions qu’ont connues les différents secteurs du marché de l’édition au cours de la dernière décennie en témoigne : si certains d’entre eux ont subi un recul spectaculaire du volume des ventes, d’autres ont au contraire connu une réelle croissance (graphique 1). Graphique 1 Indices d’évolution du volume des ventes des principaux secteurs de l’édition 2007-2016 5Le choc a été brutal pour les secteurs ayant subi une concurrence frontale sur le terrain des contenus. Cela a été le cas pour les dictionnaires, les cartes et les atlas dont le volume des ventes a diminué de plus d’un tiers en dix ans et, dans une moindre mesure, pour les livres de sciences humaines et techniques qui sont, avec les romans sentimentaux, le seul domaine où le livre numérique a réalisé une percée significative [8]. 6Dans les autres cas, il est difficile de parler de cannibalisation du marché physique car la concurrence s’est moins exercée sur le terrain des contenus que sur celui de l’affectation du temps libre. Ainsi, la littérature générale, les livres d’histoire ou les bandes dessinées ont vu le volume de leurs ventes relativement peu évoluer au cours de la décennie, tandis que deux secteurs ont même connu une réelle croissance : les livres pour la jeunesse (+ 15 %) et les livres du rayon « loisirs et vie pratique » (+ 16 %). 7Au final, le niveau général des ventes de livres imprimés n’a que légèrement diminué au cours de la dernière décennie, avec une baisse des quantités vendues (– 4 %) un peu plus marquée que celle du chiffre d’affaires (– 1 %) [9]. Une progression régulière de la variété consommée 8En dépit de ce léger recul du volume global des ventes, le nombre de livres différents ayant fait l’objet d’au moins une vente dans l’année [10] a régulièrement progressé au cours de la décennie, de même que celui des auteurs : le premier a augmenté d’environ 50 % et le second de 36 %, ce qui s’est traduit par une diminution de l’ordre d’un tiers du nombre moyen d’exemplaires vendus par livre ou par auteur (graphique 2). Graphique 2 Indices d’évolution des principaux indicateurs du marché du livre, 2007-2016 9La progression de la variété consommée est donc plus marquée pour les références actives que pour les auteurs, ce qui s’explique notamment par la mise sur le marché au cours de la décennie d’une quantité croissante de réimpressions [11] et de ce qu’on est tenté de qualifier de « produits dérivés » (publications d’entretiens, recueils d’articles publiés dans la presse, biographie, etc.) signés par des auteurs à forte notoriété ou sous les feux de l’actualité en raison de l’obtention d’un prix ou d’un succès en librairie. Une augmentation particulièrement marquée pour les bandes dessinées et les livres pour la jeunesse 10L’augmentation de la variété consommée apparaît assez largement corrélée à la dynamique des différents segments du marché du livre : elle est logiquement plus forte dans les secteurs ayant connu une croissance des ventes et, sauf exception, plutôt faible dans les secteurs les plus touchés par la concurrence des contenus dématérialisés. 11Le haut du quadrant supérieur droit du graphique 3 réunit les deux seuls secteurs ayant connu une progression des ventes au cours de la décennie : les livres pour la jeunesse et les livres de loisirs et vie pratique. Pour ces derniers, l’extension du marché s’est accompagnée d’une forte progression de la variété consommée, mais les exemples des bandes dessinées et des dictionnaires attestent de la complexité de la relation qu’entretiennent ces deux dimensions. Graphique 3 Taux d’évolution de la variété consommée et du volume des ventes selon les secteurs, comparaison années 2016 et 2007 Note de lecture : entre 2007 et 2016, les livres pour la jeunesse ont connu une augmentation de 70 % du nombre de références actives et de 15 % du volume des ventes ; dans le secteur des cartes et atlas, le nombre de références actives n’a progressé que de 3 % et le volume des ventes a reculé de 31 %. NB : le croisement des axes correspond aux valeurs moyennes du marché du livre, soit 49 % pour le taux d’évolution du nombre de références et – 4 % pour le taux d’évolution du volume des ventes. 12Les bandes dessinées sont, en effet, le secteur ayant enregistré la plus forte progression de la variété consommée au cours de la décennie (+ 90 %) en dépit d’un marché en léger recul (– 3 %). Le profond renouvellement de l’offre, notamment dans les domaines de la bande dessinée pour adultes, des mangas et des comics, a eu un impact positif sur les ventes au tournant des années 2010, sans parvenir toutefois à générer une croissance durable de la demande, car il s’est fait au détriment d’autres segments, la bande dessinée d’humour notamment [12]. Quant à la forte augmentation des références actives observée sur le segment des dictionnaires et encyclopédies, qui peut paraître encore plus surprenante compte tenu du déclin marqué de ce secteur, elle trouve son explication dans la diversification des méthodes d’apprentissage des langues étrangères en lien avec internet, qui s’est traduite par la commercialisation d’un nombre considérable de manuels. 13Dans le quadrant inférieur gauche figurent les secteurs associant un recul du volume des ventes et une augmentation de la variété consommée inférieure à la moyenne : les cartes et atlas et, dans une position plus proche de la moyenne, les livres de tourisme et de voyages et ceux de sciences humaines et techniques. Les secteurs de la littérature générale, des livres d’histoire et des beaux-arts se situent pour leur part à proximité du croisement des axes, leurs évolutions ayant été conformes à celles de l’ensemble du marché : la variété y a augmenté d’environ 50 %, avec un niveau de ventes légèrement en recul. 14L’augmentation de la variété consommée se vérifie par conséquent à des degrés divers pour la totalité des secteurs et apparaît comme une tendance lourde du marché qui fait écho à celle enregistrée en termes de production de livres. Cela fait en effet plusieurs décennies que le nombre d’ouvrages déposés à la bnf au titre du dépôt légal [13] ou commercialisés par les éditeurs [14] augmente à un rythme nettement supérieur à celui de la demande et que la plupart des observateurs font état d’une forme structurelle de surproduction [15]. Un marché à saturation ? 15La comparaison des flux des ouvrages qui, année après année, arrivent et disparaissent du marché [16] témoigne effectivement de la faible élasticité de la demande face à une offre toujours plus abondante. 16Le flux des « nouveaux venus » n’a pas faibli tout au long de la décennie (graphique 4) : il a crû jusqu’en 2010 pour demeurer ensuite relativement stable, représentant chaque année environ un quart de l’ensemble des références actives. Quant aux « sortants », leur nombre a été multiplié par 1,7 en raison notamment d’une augmentation soutenue les deux dernières années [17]. Ainsi, en 2016, plus de 140 000 références actives de 2015 ont disparu du marché alors que le nombre des références « sortantes » était de l’ordre de 80 000 dans les années 2007-2010. Chaque année, l’arrivée sur le marché d’un volume important de « nouveaux venus » s’est par conséquent traduite, en fin de période, par une augmentation du flux des « sortants », ce qui peut être interprété comme le signe d’une saturation du marché et des limites atteintes par la politique d’offre menée de longue date par les éditeurs. Graphique 4 Indices d’évolution du nombre de références « nouvelles » et « sortantes », 2008-2016 17Reste néanmoins à comprendre comment la variété consommée a pu augmenter de près de 50 % au cours de la dernière décennie alors que le volume global des ventes baissait de 4 %. Un premier constat éclaire cet apparent paradoxe : l’augmentation de la variété consommée tient en premier lieu à la présence de plus en plus massive sur le marché de livres à très faibles ventes, issus le plus souvent de la micro-édition. De plus en plus de livres vendus à très peu d’exemplaires… 18Les livres dont les ventes annuelles sont inférieures à cent exemplaires expliquent en effet plus de 90 % de la progression du nombre de références vendues sur le marché de l’édition au cours de la dernière décennie, et ceux dont les ventes ne dépassent pas le seuil des dix ventes expliquent, à eux seuls, plus des deux tiers (68 %) de cette même progression. 19Le nombre de références actives a en effet presque doublé en dix ans pour les ouvrages vendus à moins de dix exemplaires une année et a été multiplié par 1,4 pour ceux dont les ventes annuelles se situent dans la catégorie immédiatement supérieure (10 à 99 exemplaires vendus) [18], tandis qu’il augmentait à un rythme nettement inférieur pour les livres connaissant des ventes supérieures, et diminuait même d’environ 15 % pour ceux dont les ventes annuelles se situent entre 10 000 et 99 999 exemplaires (graphique 5). Graphique 5 Indices d’évolution du nombre de références différentes vendues par catégories de livres, 2007-2016 20Ce déclin de la partie intermédiaire du marché accentue le contraste entre la minorité d’ouvrages qui dépassent 100 000 exemplaires vendus, dont le nombre varie tout au long de la décennie entre 120 et 130 titres, et la multitude de livres au lectorat très réduit qui n’a cessé de croître au fil du temps [19]. 21Les progrès techniques et méthodologiques apportés au recueil des données du panel [20] ont sans conteste joué un rôle dans l’augmentation de la prise en compte des faibles ventes et ont ainsi rendu visible ce qui était auparavant en partie ignoré ou, pour le moins, sous-estimé. Pour autant, ils ne peuvent à eux seuls tenir lieu d’explication à un phénomène qui apparaît en réalité étroitement associé à l’extension du domaine des petits éditeurs. …et de plus en plus d’éditeurs 22Le lien entre l’augmentation des ouvrages à faibles ventes et celle des petits éditeurs apparaît manifeste : le nombre d’éditeurs présents dans les données du panel GfK a augmenté d’environ 50 % au cours de la décennie [21], selon un rythme très proche de celui des références actives, et les années où le flux des « nouveaux éditeurs », qui pour la plupart relèvent de la micro-édition, est le plus important sont aussi celles où la variété consommée augmente le plus. 23L’augmentation du nombre des petits éditeurs est loin de constituer un phénomène inédit puisque les années 1970-1980 avaient déjà vu une forte expansion du monde de l’édition avec l’arrivée de nombreux acteurs de petite et très petite taille, au point qu’on a pu alors parler de « printemps des éditeurs » [22]. Toutefois, si l’extension du domaine de la micro-édition est un phénomène désormais ancien, l’analyse de la composition de la liste des entités répertoriées comme « éditeurs » dans la base du panel témoigne non seulement de son accélération ces dernières années, mais aussi de son caractère de plus en plus hétérogène. 24Parmi les petites structures à la durée de vie plus ou moins éphémère qui constituent le flux sans cesse renouvelé des « nouveaux éditeurs », figure en effet un nombre croissant, d’année en année, de maisons d’édition ou d’universités étrangères notamment anglo-saxonnes, d’institutions de toute sorte (archives, associations, centres régionaux de documentation pédagogique, musées, ministères, collectivités territoriales, etc.) qui commercialisent des ouvrages sans être à proprement parler éditeurs, et surtout de micro-structures avec divers statuts (tpe, auto-entrepreneurs, associations, etc.) au croisement du marché traditionnel de l’édition et du marché numérique de l’expressivité, de l’économie marchande et de l’économie collaborative [23]. 25La présence croissante de ces micro-structures témoigne aussi du développement, ces dernières années, de différentes formes d’auto-édition en lien avec l’émergence d’une offre de services en ligne à destination des écrivants en quête de publication ou simplement de diffusion de leurs productions : recours au financement participatif pour réaliser des projets d’ouvrages, aides à l’écriture, conseils en marketing, accès aux plateformes de diffusion des textes sous forme numérique et sous forme imprimée grâce à l’impression à la demande, etc. Avec l’essor de ce nouveau secteur d’activités, le domaine de la micro-édition, et plus largement celui de l’édition dite indépendante, [24] se sont étendus et diversifiés, ce qui s’est traduit par la mise sur le marché d’un nombre croissant d’ouvrages destinés à des lectorats parfois très réduits. Repères sur l’édition en France Les éditeurs (c’est-à-dire l’ensemble des structures ayant vendu au moins un livre dans l’année sur le territoire français) ont été réunis en quatre catégories, sur la base de leur chiffre d’affaires en 2007 [1] : le premier groupe rassemble les maisons d’édition appartenant à l’un des trois groupes dominant le marché français (Hachette, Editis, Gallimard/Flammarion devenus Madrigall en 2012) ; le second regroupe les maisons d’édition appartenant à l’un des quinze groupes situés immédiatement derrière dans le classement du chiffre d’affaires réalisé en 2007, soit Actes Sud, La Martinière, Bayard, Media Participation, Albin Michel, Glénat, Michelin, Delcourt, Soleil, Lefebvre Sarrut, Michel Lafon, L’école des loisirs, Relx, Eyrolles, Panini ; les autres maisons d’édition figurant dans le top 100 des éditeurs de 2007 (soit 81 maisons d’édition) ont été regroupées dans un troisième groupe désigné sous l’appellation « indépendantes + de 2007 », même si certaines d’entre elles sont en réalité elles-mêmes constituées de plusieurs maisons (c’est le cas par exemple de Tredaniel, Lavoisier ou Privat) ; toutes les autres structures présentes dans la base (c’est-à-dire toutes celles situées au-delà de la centième place dans le classement 2007) ont été regroupées, quel que soit leur statut, dans la catégorie « autres indépendants ». En 2007, la répartition des références actives publiées par les maisons d’édition était la suivante : Pour les années suivantes, le regroupement effectué a tenu compte des mouvements d’acquisition et de cession des différents groupes (fusion en 2012 de Gallimard et Flammarion en une seule entité, développement de certains groupes moyens comme Actes Sud, etc.) et les « nouveaux éditeurs » (ceux qui sont apparus dans la base après 2007) ont été affectés au groupe des « autres indépendants ». 26Des grands groupes à dimension internationale jusqu’aux différents acteurs de la fourmilière de la micro-édition, tous les acteurs de l’édition ont participé à l’augmentation de la variété consommée. Toutefois, c’est au sein de l’édition indépendante que l’augmentation du nombre de références actives a été la plus forte au cours de la décennie, plus précisément au sein du groupe des « autres indépendants » qui réunit les « petits éditeurs » (ceux situés au-delà de la centième place dans le classement des ventes 2007) et les « nouveaux venus ». Le nombre des références actives des maisons d’édition indépendantes dont le chiffre d’affaires était le plus important en 2007 (les « indépendantes + de 2007 ») a en effet progressé à un rythme très faible, inférieur même à celui des maisons plus importantes, qu’elles appartiennent à l’un des trois groupes dominant le marché français ou à un groupe de taille moyenne comme Actes Sud, Bayard ou Glénat (graphique 6). Graphique 6 Indices d’évolution du nombre de références différentes vendues selon le statut des maisons d’édition, 2007-2016 NB : le regroupement des maisons d’édition selon leur statut est expliqué p. 9, voir Repères sur l’édition en France. Une tendance de long terme renforcée par le numérique 27Il apparaît ainsi que les innovations apportées par le numérique, loin de contrarier la tendance structurelle à la surproduction à l’œuvre depuis de nombreuses décennies, l’ont plutôt renforcée en favorisant l’extension du domaine de la micro-édition. 28En abaissant les barrières d’accès au marché et en favorisant le désir de témoigner, de partager ses expériences ou simplement de se livrer au plaisir de l’écriture dont on observait la progression depuis plusieurs décennies [25], le numérique a profondément renouvelé les modèles de l’édition à compte d’auteur et de l’auto-publication [26]. Plus largement, il a rendu économiquement possible la mise sur le marché d’ouvrages au lectorat a priori très limité tout en contribuant à faire baisser le niveau d’exigence de certains éditeurs traditionnels. Il apparaît significatif à cet égard que les deux maisons d’édition ayant déposé le plus grand nombre de titres au dépôt légal sont Edilivre, plateforme de publication collaborative et L’Harmattan, maison d’édition ancienne reconvertie dans des formes de publication proches de l’édition à compte d’auteur [27]. 29Toutefois, les principales maisons d’édition ont également contribué à l’augmentation du nombre de références vendues, ce qui oblige à s’interroger sur les logiques qui ont pu les conduire à mettre sur le marché de plus en plus d’ouvrages dans un contexte plutôt défavorable, compte tenu de la baisse structurelle du nombre de forts lecteurs [28] et de la concurrence des écrans. 30De fait, les innovations numériques ont fourni aux principaux acteurs de la filière de nouvelles raisons de croire aux vertus de l’économie de l’offre qu’ils défendent depuis toujours : réduction des coûts de production des livres, rationalisation de la distribution et de la gestion des stocks, possibilité de valoriser les fonds et de répondre rapidement à la demande, fût-elle de quelques exemplaires, grâce à l’impression à la demande, et renforcement des logiques de marketing permises par l’exploitation des données massives sont autant d’éléments qui ont favorisé l’inflation éditoriale. Par ailleurs, l’essor des publications en ligne offre depuis quelques années aux maisons d’édition traditionnelles l’opportunité d’externaliser les coûts de prospection et de limiter la prise de risque financière au moment de publier un nouvel auteur en bénéficiant de la notoriété qu’il a pu acquérir sur le web mais aussi de diverses informations permettant d’évaluer son potentiel commercial (nombre de clics sur son site personnel, nombre d’amis, commentaires sur les réseaux sociaux, etc.). 31De plus, en mettant chaque année un nombre plus élevé de livres sur le marché, les principales maisons d’édition ont rendu plus âpre la concurrence pour les rendre visibles, ce qui a eu pour effet de les inciter à produire plus pour occuper les tables des libraires et accroître leurs chances d’attirer le regard des consommateurs, dans un contexte général de recomposition de l’économie de l’attention [29]. Parallèlement, l’arrivée d’un flux toujours plus imposant de nouveautés sur les lieux de vente physiques a pu inciter leurs responsables à retourner les invendus dans des délais de plus en plus rapides ou à commander par anticipation un nombre plus restreint d’exemplaires lors de la sortie d’un titre, accélérant ainsi la rotation des ouvrages et favorisant indirectement la variété des achats. 32Il apparaît par conséquent que les véritables ressorts de l’augmentation de la variété consommée se situent au cœur même des profondes mutations de la filière du livre liées à l’essor numérique. À cet égard, un dernier élément ne doit pas être oublié : le développement des ventes d’ouvrages en ligne. L’essor des ventes en ligne 33Il y a dix ans, à la fin des années 2000, Internet était, avec les grandes surfaces spécialisées, le circuit de distribution où la variété des livres achetés était la plus grande [30] et tout porte à croire, à lecture du graphique 7, qu’il en est toujours de même, même si les données disponibles ne permettent pas de l’établir avec certitude [31]. Graphique 7 Évolution de la part de l’ensemble des références vendues selon le circuit de distribution, 2007-2016 Note de lecture : en 2016, l’ensemble des ventes réalisées par les grandes surfaces alimentaires concernaient 31 % du total des références actives. 34La hiérarchie des circuits de distribution en termes de variété des livres achetés a peu évolué au cours de la décennie : le poste agrégeant les ventes en ligne à celles des librairies de rang 2 et de divers circuits marginaux arrive largement en tête avec une proportion supérieure à 87 % du total des références actives, devant les librairies de rang 1 qui se maintiennent autour de 60 % des références actives [32]. Les grandes surfaces spécialisées (gss), qui étaient en deuxième position en 2007, ont connu un recul significatif de la variété des livres vendus, en raison notamment du changement de stratégie opéré par les magasins Fnac dont l’offre en magasin a été considérablement réduite. Elles se situent désormais un peu en dessous des librairies de rang 1 en termes de variété des ouvrages vendus. Enfin, les grandes surfaces alimentaires (gsa) arrivent en dernière position, assez loin derrière, avec moins d’un tiers des références actives à leur actif. 35Les parts de marché des différents circuits de distribution du livre ont en revanche fortement évolué au cours de la décennie, du fait notamment de la progression spectaculaire des ventes en ligne. Si l’on en croit les résultats de l’enquête de référence dans ce domaine, celles-ci ont en effet gagné du terrain au détriment de tous les autres circuits, au point de totaliser 19 % du volume total des ventes en 2016 contre 9 % dix ans plus tôt [33]. 36Aussi paraît-il difficile, à la lecture de ces résultats, de contester le rôle joué par le développement du commerce en ligne dans la progression de la variété consommée, notamment celle des titres totalisant les plus faibles ventes. Un impact limité sur le volume des ventes 37Au final, la progression de la variété consommée apparaît comme un mouvement de long terme que les opportunités offertes par la technologie numérique ont amplifié : la démocratisation du désir d’écriture lié aux progrès de la scolarisation et aux incitations croissantes à l’expressivité, l’extension du domaine de la micro-édition liée à l’arrivée continue de nouveaux « petits éditeurs » et à la diversification des formes d’auto-publication, la croyance largement partagée dans les vertus d’une économie de l’offre pour répondre aux incertitudes d’une demande en déclin, sont autant de tendances qui se sont renforcées à l’ère numérique. Du côté de l’offre, il est devenu à la fois plus facile et moins risqué au plan économique de mettre sur le marché des livres a priori destinés à un lectorat très limité ; du côté de la demande, il est devenu plus facile pour les lecteurs d’accéder à des ouvrages auto-édités ou publiés par des maisons d’édition françaises ou étrangères peu présentes dans les circuits traditionnels de vente. 38Ces profondes transformations des conditions de production et d’accès aux livres ont toutefois eu un impact relativement limité sur le niveau global des ventes car l’augmentation de la variété consommée qu’elles ont rendu possible a concerné, pour l’essentiel, – comme cela a été montré précédemment – des livres qui génèrent très peu d’achats. 39Les livres dont les ventes sont inférieures à 100 exemplaires, s’ils sont beaucoup plus nombreux en 2016 que dix ans auparavant, continuent à ne représenter qu’une part minime des ventes (moins de 3 % aussi bien en volume qu’en valeur). Toutefois, si l’on agrège leurs ventes à celles de la catégorie immédiatement supérieure, l’effet de longue traîne devient plus manifeste puisque les livres vendus à moins de 1 000 exemplaires ont gagné 4 % de parts de marché en dix ans, passant de 14 % à 18 % du volume total des ventes (graphique 8). Graphique 8 Comparaison de la distribution des ventes en volume selon le succès des livres, années 2007 et 2016 40Cette progression des ouvrages à faibles ventes s’est faite au détriment exclusif des livres intermédiaires (vendus entre 10 000 et 100 000 exemplaires), dont le poids relatif a chuté de 35 % à 30 % en dix ans. Le poids des livres vendus à plus de 100 000 exemplaires est pour sa part resté inchangé (8 % du volume global des ventes). 41Ce premier constat conduit à s’interroger plus largement sur la seconde dimension de la diversité, celle de l’équilibre, en observant dans quelle mesure l’augmentation de la variété consommée s’est traduite par une distribution moins inégale entre les différents segments du marché. A-t-elle notamment contribué à réduire la part des best-sellers et des auteurs à succès dans les ventes ? Les grands équilibres préservés au niveau global 42Il est tentant en première instance de répondre par la négative tant la structure du marché semble avoir bien résisté aux profondes transformations des conditions de production et d’accès de la dernière décennie : la prédominance des trois principaux secteurs (la littérature générale, les bandes dessinées et les livres pour la jeunesse) s’est plutôt renforcée et, surtout, la part relative des meilleures ventes (les tops) n’a pas diminué de manière significative au plan global ; elle a même légèrement progressé dans le cas de la littérature générale. Une domination renforcée des trois principaux secteurs 43Le déclin des secteurs ayant subi le plus directement la concurrence des contenus en ligne (dictionnaires, manuels scolaires et guides de tourisme et de voyages) et la forte progression des ventes de livres pour la jeunesse (graphique 1) se sont conjugués pour renforcer la domination des trois secteurs majeurs du marché de l’édition qui concentrent, en 2016, 67 % du marché en volume et 60 % en valeur, contre respectivement 63 % et 53 % dix ans plus tôt (graphique 9). Graphique 9 Comparaison des parts de marché des trois principaux secteurs, années 2007 et 2016 44Le niveau des ventes en littérature générale a peu évolué au cours de la décennie car le recul observé pour les classiques (soit les ouvrages publiés avant le xxe siècle) ou les romans sentimentaux, dont la lecture s’est assez largement déplacée vers les écrans, a été compensé par le succès de certaines formes de romans contemporains, comme celle désormais désignée sous l’appellation « feel good books ». 45Quant aux secteurs des bandes dessinées et des livres de jeunesse, le profond renouvellement que l’un et l’autre ont connu au cours de la dernière décennie n’a pas eu le même impact sur le volume des ventes. 46Dans le cas des bandes dessinées, le renouvellement n’a pas permis une extension du marché car le succès remporté ces dernières années par certaines formes de mangas (seinen) et par les comics s’est fait assez largement au détriment d’autres genres, notamment la bande dessinée d’humour qui a fortement décliné. Le poids relatif du secteur est par conséquent resté inchangé en termes de volumes de ventes. Il a en revanche progressé en termes de chiffre d’affaires en raison de l’augmentation du prix moyen par exemplaire, liée notamment à la montée en gamme d’une partie de l’offre destinée aux adultes. 47Dans le cas des livres de jeunesse, la progression des ventes qui a accompagné le renouvellement de l’offre doit beaucoup au développement du marché des albums de coloriage et à l’immense succès des séries Harry Potter et Twilight qui ont joué un rôle moteur dans l’essor de ce secteur, que le contexte culturel a par ailleurs largement favorisé en mettant en avant la nécessité de développer le goût des livres chez les enfants dès le plus jeune âge pour contrecarrer l’emprise croissante des écrans. Une distribution des ventes globalement stable 48Si l’évolution de la diversité en termes d’équilibre est mesurée à l’aune de la proportion des références actives qui concentrent 90 % du volume total des ventes [34], il est difficile de ne pas conclure à un renforcement de la concentration : la part des références actives totalisant 90 % des ventes est de 12 % de l’ensemble des titres vendus en 2016 contre 15 % dix ans auparavant. La minorité d’ouvrages sur lesquels repose l’essentiel du marché est ainsi devenue de plus en plus… minoritaire au fil de la décennie, que ce soit dans le secteur de la littérature générale (8 % des titres concentrent 90 % des ventes en 2016 contre 11 % en 2007), dans celui des bandes dessinées (18 % en 2016 contre 22 % en 2007) ou dans celui des livres pour la jeunesse (19 % en 2016 contre 24 % en 2007). 49Les résultats relatifs à l’évolution du poids des tops dans les ventes conduisent toutefois à relativiser ce premier constat en mettant plutôt en évidence la forte inertie du marché du livre. 50L’impression qui domine en effet à la lecture du graphique 10 est celle d’une grande stabilité. Le poids de la plupart des tops tant sur les titres que sur les auteurs est presque identique à dix ans d’intervalle : ainsi, par exemple, les 100 titres ayant réalisé les meilleures ventes représentent, en 2016, 6,8 % du marché en volume contre 6,3 % en 2007, et les 100 auteurs les plus vendus concentrent le même niveau de ventes (17 %) ; de plus, aucune tendance significative ne se dégage des variations annuelles enregistrées d’une année à l’autre sur les tops 10 ou 100, car les pics renvoient en général à la présence de super best-sellers, telles la saga Twilight (quatre volumes dans le top 10 des meilleures ventes en 2009) ou la série Astérix dont la sortie du dernier album a coïncidé, en 2015, avec le succès du roman Cinquante nuances de Grey (trois volumes dans le top 10). La seule évolution susceptible d’être relevée concerne la très légère tendance à la baisse enregistrée au niveau des top 10 000 des titres et des auteurs, dans laquelle il est tentant de voir – encore que la faiblesse des écarts incite à la plus grande prudence – l’effet de longue traîne que pointait le graphique 8, à savoir une progression des faibles ventes au détriment des livres du centre de la distribution. Graphique 10 Évolution du poids des tops dans le volume global des ventes, 2007-2016 51Cette stabilité de la part des titres concentrant les meilleures ventes ne doit pas être interprétée comme le signe d’un statu quo général car elle résulte pour partie du caractère contradictoire de tendances à l’œuvre dans les différents segments qui composent le marché du livre. La comparaison des résultats relatifs à la littérature générale et aux bandes dessinées est éclairante à cet égard : dans le premier cas, l’allongement de la distribution des ventes s’est accompagné d’un renforcement du poids des auteurs à succès alors que, dans le second, celui-ci a au contraire décliné. Le poids des auteurs à succès augmente en littérature générale… 52Dans le secteur de la littérature générale, le mouvement de concentration des ventes est sensible au niveau des cent et, plus particulièrement encore, des mille premiers titres vendus, dont le poids dans le total des ventes est passé de 46 % à 50 % en dix ans, ainsi qu’au niveau des cent premiers auteurs, dont le cumul des ventes est également orienté à la hausse (de 35 % à 38 %), en dépit d’un certain tassement en 2015 et en 2016. Le poids des 1 000 premiers auteurs, en revanche, est resté presque inchangé, ce qui signifie que les auteurs situés dans la hiérarchie des ventes entre la centième et la millième place ont vu leur importance relative décliner au cours de la décennie (graphique 11). Graphique 11 Évolution du poids des tops dans le volume des ventes en littérature générale, 2007-2016 53Les ventes sur le marché de la littérature générale ont par conséquent évolué plutôt dans le sens d’une polarisation accrue, avec une accentuation de la best-sellerisation d’une part, et un allongement de la traîne d’autre part, qui s’est faite au détriment exclusif des livres du milieu de la distribution. …et diminue dans les secteurs des bandes dessinées 54Dans le cas des bandes dessinées, il est plus difficile encore que dans celui de la littérature de dégager de véritables tendances concernant le top 10 ou même le top 100 des titres les plus vendus, dans la mesure où l’un et l’autre sont largement tributaires des sorties des super stars du secteur, à commencer bien entendu par Astérix. De plus, il est beaucoup plus fréquent que dans les autres secteurs que les auteurs à succès parviennent à placer, une même année, plusieurs albums ou volumes d’une série parmi les meilleures ventes [35], ce qui explique que le niveau de concentration des ventes par auteur est nettement supérieur à celui du secteur de la littérature générale. 55Il apparaît néanmoins que cette propriété du secteur des bandes dessinées a eu tendance à s’atténuer au cours de la décennie du fait de l’érosion des ventes des auteurs les plus populaires de la bande dessinée (Goscinny, Hergé, Zep…) mais aussi des auteurs de manga, notamment Masashi Kishimoto qui dépassait les deux millions d’albums vendus en 2007 et en 2008. Le mouvement de déconcentration des ventes, qui est sensible au niveau du top 10 des auteurs, l’est encore plus au niveau des 1 000 premiers titres et des 100 premiers auteurs qui ne réalisent plus, en 2016, que 51 % des ventes, alors qu’ils en concentraient 63 % dix ans auparavant (graphique 12). Graphique 12 Évolution du poids des tops dans le volume des ventes de bandes dessinées, 2007-2016 56La baisse de la concentration enregistrée dans le top 1 000 des auteurs est moins accentuée, ce qui signifie que ceux et celles qui sont situés entre la centième et la millième place dans le classement des ventes ont gagné des parts de marché. Les auteurs de best-sellers sont, par conséquent, les seuls à avoir pâti de l’allongement de la distribution des ventes. 57Ainsi, l’allongement de la traîne, qui se vérifie sur l’ensemble du marché, n’a pas eu d’effets mécaniques sur le reste de la distribution : les livres à petites ventes ont gagné des parts de marché parfois au détriment des best-sellers, comme dans le cas des bandes dessinées, parfois au détriment exclusif des livres du milieu de la distribution, comme le montre celui de la littérature générale. Si, dans le premier cas, le mouvement de déconcentration est incontestable, il est plus difficile de conclure dans le second car l’allongement de la distribution s’est accompagné d’une concentration accrue sur les meilleures ventes. Comment mesurer l’évolution en termes de disparité ? 58La troisième dimension de la diversité, celle de la disparité, est celle qui résiste le plus à l’approche statistique (voir Mesure de la diversité et source de données, p. 23). Aussi, en l’absence d’indicateurs de mesure incontestables, il est proposé de l’aborder en s’intéressant dans un premier temps à l’évolution de la part des « nouveaux venus » [36] dans les ventes, considérant que tout ce qui est nouveau, qu’il s’agisse d’un ouvrage ou d’un auteur, est au moins potentiellement porteur d’originalité et, à ce titre, susceptible d’être interprété comme un signe positif en termes de disparité. Puis l’interrogation portera, dans un second temps, sur l’évolution de la place de la production indépendante, dont il est généralement admis qu’elle est plus innovante ou plus exigeante en termes de création littéraire et, par conséquent, plus porteuse de diversité sous l’angle de la disparité. Le questionnement sera donc double : les ouvrages qui renouvellent le marché du livre d’une année sur l’autre occupent-ils ou non une place croissante dans les ventes, et la production indépendante a-t-elle ou non gagné des parts de marché au cours de la décennie ? Le poids des « nouveaux venus » a peu évolué 59Chaque année, environ un tiers des ventes réalisées sur le marché du livre concernent des « nouveaux venus », c’est-à-dire des références n’ayant fait l’objet d’aucune vente l’année précédente. Cette proportion a peu évolué au cours de la décennie, ce qui n’est pas surprenant puisque l’augmentation de leur nombre est restée limitée au cours de la décennie (graphique 4) et, surtout, a concerné principalement des livres vendus à très peu d’exemplaires. 60Cette régularité du renouvellement des ventes d’une année sur l’autre se vérifie pour les trois principaux secteurs, dans des proportions toutefois très différentes : le poids des « nouveaux venus » est nettement plus important dans le cas des bandes dessinées que dans celui des livres pour la jeunesse dont les meilleures ventes sont réalisées, année après année, par les séries destinées aux jeunes enfants (Tchoupi, Petit Ours brun, etc.) et les ouvrages classiques liés à la prescription scolaire (depuis Homère jusqu’à Vendredi de Michel Tournier en passant par le Petit Prince) (graphique 13). La littérature générale, qui se situe dans une position intermédiaire, semble accuser depuis le début des années 2010 un recul sensible des « nouveaux venus » qui confirmerait l’hypothèse d’une saturation du marché évoquée à propos du marché global. Graphique 13 Évolution du poids des nouvelles références dans le volume des ventes, 2008-2016 61Le poids dans les ventes des « nouveaux auteurs » ou des « nouveaux éditeurs » (entendus comme l’ensemble des auteurs ou des entités ayant vendu au moins un livre une année donnée sans avoir réalisé aucune vente l’année précédente), qui est faible (environ 5 % du volume global des exemplaires vendus chaque année) [37], n’a pas non plus connu d’évolution significative au cours de la décennie. Un fort renouvellement de la production indépendante et une légère progression dans les ventes 62Tentons maintenant d’évaluer l’impact sur les ventes de l’extension de la micro-édition et plus largement de la production dite « indépendante » qui, nous l’avons vu, a alimenté l’essentiel de la progression de la variété des achats (graphique 6). 63L’édition dite « indépendante » dans son ensemble a vu ses ventes augmenter jusqu’en 2011, essentiellement au détriment des groupes d’édition de taille moyenne, avant de décliner pour retrouver, en 2016, un niveau très proche de celui de 2007 (graphique 14). Ce constat général ne rend pas compte de l’ampleur du renouvellement intervenu au sein de ce groupe hétérogène. En effet, les maisons les mieux installées en début de période (les « indépendantes + de 2007 ») ont vu leurs ventes décliner fortement au profit de celles dont le chiffre d’affaires était alors inférieur et de celles qui sont apparues les années suivantes, dont certaines ont connu une croissance spectaculaire [38]. Graphique 14 Indices d’évolution du volume des ventes selon le statut des maisons d’édition, 2007-2016 NB : le regroupement des maisons d’édition selon leur statut est expliqué p. 9, voir Repères sur l’édition en France. 64Les variations du volume des ventes des autres secteurs de l’édition apparaissent limitées : les maisons appartenant à l’un des trois grands groupes ont globalement conservé le même niveau de ventes tout au long de la décennie, et celles des groupes moyens, après avoir sensiblement diminué au début des années 2010, sont parvenues ensuite à maintenir leur niveau, grâce notamment au développement des éditions Actes Sud. 65La répartition des ventes entre les éditeurs appartenant aux trois principaux groupes d’édition, ceux des groupes de taille moyenne et ceux du secteur dit indépendant apparaît au final presque inchangée à dix ans d’intervalle : les premiers, s’ils participent moins qu’il y a dix ans à la variété des livres achetés, ont su préserver leurs parts de marché, totalisant toujours un peu plus de la moitié du volume global des ventes (53 %) tandis que les deuxièmes et les troisièmes se partagent, à part égale, le reste du marché, en 2016 comme en 2007 (graphique 15). Graphique 15 Comparaison de la distribution des ventes en volume selon le statut des maisons d’édition, années 2007 et 2016 NB : le regroupement des maisons d’édition selon leur statut est expliqué p. 9, voir Repères sur l’édition en France. 66Cette remarquable stabilité du marché du livre dans son ensemble ne doit pas faire croire que rien n’a changé en dix ans pour au moins deux raisons. 67D’une part, l’évolution de la distribution des ventes en volume ne rend pas compte du renouvellement qui a eu lieu à l’intérieur des trois grandes catégories retenues pour désigner le statut des maisons d’édition. Or, celui-ci a été particulièrement important ces dix dernières années au sein du secteur dit indépendant : les maisons indépendantes qui figuraient en 2007 parmi les cent premières maisons ou groupes en termes de chiffre d’affaires (les « indépendantes + de 2007 ») ont perdu 4 % de parts de marché au profit de celles dont le chiffre d’affaire était alors inférieur et de celles apparues les années suivantes. Une analyse plus précise menée sur les deux autres catégories révélerait également des transformations significatives des rapports de force internes entre les trois groupes d’édition qui dominent le marché français et, plus encore, entre les groupes de taille moyenne. 68D’autre part, la stabilité du marché du livre au niveau des grands équilibres économiques tient en partie au fait que les évolutions à l’œuvre dans les différents segments qui le composent ont été de nature contradictoire. Les résultats contrastés observés pour les secteurs de la littérature générale, des bandes dessinées et, dans une moindre mesure, des livres pour la jeunesse en témoignent. 69Le secteur de la littérature générale, dont le niveau de concentration est depuis longtemps très élevé, a vu en effet les trois principaux groupes perdre quelques parts de marché au tournant des années 2010 – en 2016, ils totalisaient 72 % du volume des ventes contre 75 % dix ans auparavant –, au profit de certains groupes de taille moyenne (Actes Sud notamment) mais aussi de maisons appartenant au secteur « indépendant » dont certaines ont connu une progression continue (Bragelonne [39]) ou des succès spectaculaires plus ponctuels [40]. 70En revanche, les trois principaux groupes, traditionnellement peu présents sur le marché des bandes dessinées, y ont plutôt renforcé leur position au cours de la dernière décennie, notamment Hachette avec le rachat des éditions Pika puis Albert-René. Leur part de marché a ainsi sensiblement progressé – elle varie autour de 20 % ces dernières années alors qu’elle était de 17 % en 2007 et en 2008 –, moins toutefois que celle de l’édition dite indépendante qui est passée, en dix ans, de 14 % à 21 % grâce au succès rapide de « nouveaux venus », notamment dans les domaines des mangas et des comics. En conséquence, les éditeurs spécialisés dans le secteur des bandes dessinées (Média-Participation, Glénat, Delcourt/Soleil, etc.), qui sont pour la plupart des groupes de taille moyenne, ont vu leur prépondérance sérieusement entamée : le poids des « groupes moyens » a chuté de 10 %, passant en dix ans de 70 % à 60 % du volume des ventes. 71Le mouvement a été analogue, quoique de moindre ampleur, pour les livres pour la jeunesse, avec un recul sensible de certaines maisons « historiques » de taille moyenne (Bayard, L’école des loisirs, Albin Michel) ou de taille plus petite, au profit d’un renforcement de la place des trois grands groupes (dont le poids est passé de 49 % à 52 %) et de « nouveaux venus » qui ont rapidement conquis des parts de marché en renouvelant l’offre. 72Au terme de cette première exploration des données de marché de ces dix dernières années, le contraste est saisissant entre la forte augmentation de la variété des livres achetés, qui fait écho à celle constatée en termes d’offre éditoriale, et la faible ampleur des évolutions observées sur les dimensions de l’équilibre et de la disparité au plan général. 73Au niveau global, l’allongement de la distribution des ventes s’est faite au détriment des livres du milieu de la distribution sans réduire le poids des best-sellers, de même que l’extension du domaine de la micro-édition n’a pas entamé la prédominance des grands groupes ni enrayé le mouvement de concentration à l’œuvre depuis de nombreuses décennies [41]. À bien des égards, la structure dite de l’oligopole à frange caractéristique des industries culturelles s’est même renforcée à l’ère numérique. 74Toutefois, ce premier constat doit être complété par un second : la préservation des grands équilibres, si elle traduit une certaine inertie du marché du livre dans son ensemble, est également le produit de dynamiques contradictoires à l’œuvre dans les différents segments qui le composent. L’allongement de la distribution des ventes s’est en effet accompagné de mouvements de sens contraire qui se sont mutuellement annulés : ainsi le renforcement du poids des auteurs à succès en littérature générale a-t-il été compensé par le recul des ventes des grands noms de la bande dessinée ; de même, les grands groupes ont plutôt renforcé leur position sur certains segments mais ont perdu des parts de marché sur d’autres, à commencer par celui de la littérature générale. 75Ce travail appelle par conséquent des prolongements à l’échelle des différents segments qui composent le marché du livre pour améliorer la compréhension de leurs dynamiques propres et contribuer ainsi à une connaissance plus fine des nombreuses logiques qui conduisent les consommateurs à profiter ou non de la diversité offerte [42]. Mesure de la diversité et source de données La polysémie de la notion de diversité constitue un réel défi pour quiconque entend en proposer une mesure objective, et la plupart des chercheurs français ayant abordé la question de la diversité produite ou consommée sur les marchés culturels se sont appuyés sur le modèle proposé par Andrew Stirling [1]. Le modèle de Stirling La principale vertu de ce modèle conçu initialement dans le cadre des réflexions sur l’évolution de la bio-diversité est de décomposer la notion de diversité en trois dimensions : celle de la variété correspond au nombre total de produits différents répertoriés, celle de l’équilibre à la répartition des groupes de produits et celle de la disparité au degré de différence entre ces différents groupes de produits. Plus la variété est grande, plus la répartition est équilibrée et plus le niveau général de disparité est important, plus la diversité sera considérée comme élevée. Chacune de ces trois dimensions représente une condition nécessaire mais non suffisante pour juger du niveau de diversité des produits offerts ou consommés sur un marché ou pour comparer deux situations dans le temps ou dans l’espace. Graphique Les trois dimensions de la diversité selon Stirling L’application du modèle de Stirling aux industries culturelles soulève toutefois des difficultés de définition et de mesure sur chacune des trois dimensions distinguées, notamment depuis la num&e
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