Alerte sur les ouvrages parus
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Guy Le Boterf : "la coopération, clé de la compétence collective et individuelle"

Guy Le Boterf : "la coopération, clé de la compétence collective et individuelle" | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Avec la sortie de son dernier ouvrage « Construire les compétences collectives » aux Editions Eyrolles, Guy Le Boterf, expert en management des compétences internationalement reconnu, remet l’église au milieu du village !
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Etude annuelle 2018 du Conseil d'Etat - La citoyenneté. Etre (un) citoyen aujourd'hui - Rapports publics - La Documentation française

Etude annuelle 2018 du Conseil d'Etat - La citoyenneté. Etre (un) citoyen aujourd'hui - Rapports publics - La Documentation française | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Cette étude du Conseil d'Etat analyse l'ensemble des ressorts contemporains de la citoyenneté, dans son champ national mais aussi local et européen.Elle...
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Editions Wildproject

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« Notre santé se détériore – créant ainsi des maladies et des dépendances fort rentables –, parce que nous sommes incapables de percevoir les liens directs qui unissent la vie à l’alimentation, l’alimentation au travail, et le travail à l’amour. C’est seulement en rénovant les liens qui ont été rompus que nous pourrons guérir. La santé, ce sont les liens. » La terre en tant que communauté vivante : Berry a placé cette réalité au centre de sa vie de paysan et d’écrivain. Articulant les questions de nourriture et de sexualité, de vie familiale et de racisme structurel, de critique de la religion et d’économie, l’œuvre de Berry tourne autour de la question de la « santé de la terre ». Ancré dans Homère, Dante et Shakespeare, dialoguant avec Ivan Illich, Masanobu Fukuoka, Sir Albert Howard, William Blake, Wes Jackson, John Ruskin…, Wendell Berry est, parmi les fondateurs de la pensée écologiste, l’un des rares qui soit un agriculteur.   Tous ceux qui prennent aujourd’hui part à cette nouvelle conversation sur l’agriculture – que ce soit sur les marchés paysans ou à la Maison-Blanche – doivent énormément à Wendell Berry. MICHAEL POLLAN (préface) L’articulation nouvelle qui est en train d’avoir lieu entre l’écologie et l’agriculture : c’est précisément ce sur quoi travaille Wendell Berry depuis plus d’un demi-siècle. FRÉDÉRIC DUFOING (postface) Tout à la fois philosophe, poète et essayiste – dans la tradition d’Emerson et de Thoreau. SAN FRANCISCO CHRONICLE Berry a posé les bases d’une réflexion sérieuse sur les lieux, la nature et la communauté. GARY SNYDER Le meilleur essayiste actuellement à l’œuvre aux États-Unis. EDWARD ABBEY
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Irène Pereira : Un bréviaire contre l'Evidence Based...

Irène Pereira : Un bréviaire contre l'Evidence Based... | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
"L'éducation a pour objectif de faire advenir ce qui est proprement humain... La réduction de l'enseignement à des processus techniques... n'est pas en mesure de réaliser cette finalité". Alors que l'on nous promet enfin une éducation "fondée par les preuves" et que l'on met en avant des méthodes pédagogiques que les enseignants doivent suivre pas à pas à la lettre, Irène Pereira publie avec son "Bréviaire des enseignant-e-s" (Editions du Croquant) un ouvrage qui conteste la légitimité éducative des démarches "scientifiques" au nom de l'éthique enseignante.   Formatrice en Espe, Irène Pereira est aussi chercheure au laboratoire "Lettres, idées, savoirs" de l'Université Paris Est Créteil. Son livre puise largement dans les idées de Paulo Freire et Theodor Adorno. Il fait réfléchir à ce qu'est le métier enseignant, ses finalités et son éthique.   Votre livre s'élève contre ce que vous appelez "le  credo de l'Evidence Based Policy" en éducation. Pourtant ces démarches proposent des solutions apparemment scientifiques aux difficultés scolaires.   Ce n'est pas un livre contre la science ou qui discute de la légitimité des approches scientifiques. C'est un point de vue philosophique qui s'appuie sur des auteurs qui se situent dans cette tradition des rapports entre sciences et pouvoir politique. L'éducation ne met pas en oeuvre que des questions scientifiques. Elle pose aussi des questions de valeurs.   En effet, tout le monde n'a pas la même conception de ce qu'est l'éducation. Pour certains sa finalité c'est l'épanouissement individuel, pour d'autres trouver un emploi ou former un citoyen. C'est pour cela que la question éducative ne peut pas se réduire à une question de méthode efficace. Efficace en vue de quoi ? Quand on dit qu'on a des réponses scientifiques aux questions éducatives je ne suis pas d'accord. Cela voudrait dire que la science a une réponse aux questions d'ordre moral.   Vous écrivez : "considérer que telle méthode d'enseignement est prouvée scientifiquement comme efficace ne suffit pas à justifier qu'elle doive être appliquée". L'enseignement efficace ce n'est pas bien ?   L'efficacité est une valeur. Mais imaginons que ce soit efficace de taper les élèves pour les faire apprendre. Le ferions nous ? Il y a d'autres paramètres qui entrent en ligne de compte. Quand on me dit "on a des preuves de l'efficacité", je réponds dans quel but ?   Prenons l'exemple de l'enseignement de la lecture.  On a des éléments qui disent comment être plus efficace sur le déchiffrage. Mais lire c'est aussi comprendre et pas seulement déchiffrer. Pour Paula Freire c'est même lire de manière critique. La vraie question c'est "qu'est ce que lire".   Si la libération est la finalité de l'éducation, rendre la lecture efficace n'est-ce pas un élément nécessaire à cette libération ?   C'est un élément et on peut considérer qu'une approche inefficace est contre productive. Mais on ne peut réduire cela à la question de l'efficacité. Dans le débat sur la lecture il faut s'interroger sur ce que c'est que lire correctement. Je m'interroge par exemple en lisant les instructions récentes : la compréhension est elle suffisamment prise en compte ?   L'enseignant ne transmet donc pas que des savoirs ?   C'est un aspect du métier enseignant. Mais il y a un ministère de l'éducation nationale. Si la mission d'un enseignant est d'éduquer alors cela ne se limite pas à de la transmission.   Vous craignez une perte de sens du métier enseignant ?   Je crains qu'une réforme de ce métier aille vers une vision uniquement techniciste de la pratique enseignante qui me paraitrait contradictoire avec l'injonction de transmettre des valeurs. Pour Paulo Freire la question du sens est fondamentale. C'est elle qui nous définit comme humains. Nous avons cette capacité à nous interroger sur le monde. Former des êtres humains ne peut faire abstraction de cette dimension.   La prolétarisation des enseignants serait en marche ?   Henry Giroux a utilisé cette notion au début des années 1980. Il opposait deux conceptions. D'un coté l'enseignant vu comme un intellectuel qui conçoit son cours et de l'autre l'enseignant qui applique des techniques venues des sciences. Dans ce cas l'enseignant devient un simple technicien. Si enseigner devient simplement appliquer on peut parler de prolétarisation.   La multiplication des tests dans l'éducation nationale va dans ce sens ?   Il faut s'interroger sur ce qu'évaluent ces tests. Dans le livre on se demande par exemple si on peut évaluer la capacité à comprendre un jugement moral. L'évaluation quantitative a son utilité mais peut-elle vraiment dire ce qu'est éduquer une personne ? Si on imagine que tout est quantifiable on va se trouver face à de sérieux problème moraux. Le problème de ces tests c'est aussi qu'ils reposent sur une vision de ce qui est évalué. Ce qui n'y rentre pas n'existe pas. Il ne fait pas laisser croire aux enseignants et aux élèves que tout pourrait se réduire à ce type de normes.   Du coup une formation éthique des enseignants est indispensable ?   L'éthique est nécessaire car la question de la moralité dépasse celle de la légalité. La formation professionnelle des enseignants ne peut pas se passer de cette dimension éthique.   Votre livre s'appelle un "bréviaire". Pourquoi ce nom ?   Je veux dire que c'est un ouvrage qu'on peut garder sous la main et sortir quand on en a besoin pour se rappeler l'importance des valeurs. Véronique Decker raconte dans un de ses livres que quand elle était institutrice stagiaire une formatrice leur a fait passer une année sur les Minima Moralia d'Adorno. 20 ans plus tard elle le relisait encore...   Propos recueillis par François Jarraud Pereira Irène, Bréviaire des enseignant-e-s. Science, éthique et pratique professionnelle. Editions du croquant, 2018, ISBN-13: 9782365121729.   Sur le site des éditions du croquant
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Libérer le travail par Thomas Coutrot #ParcoursDeLecture

Libérer le travail par Thomas Coutrot #ParcoursDeLecture | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Excellent livre de l’économiste proche d’Attac Thomas Coutrot. La thèse principale du livre tient à l’importance d' »instituer le travail concret ». Voici un parcours de lecture.…...
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« Changer de système ne passera pas par votre caddie »

« Changer de système ne passera pas par votre caddie » | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
L'universitaire et activiste américain Raj Patel appelle à sortir du capitalisme qui détruit la nature et rend nos vies « cheap ».
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Écotopia : bienvenue dans le futur désirable

Écotopia : bienvenue dans le futur désirable | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Le roman culte d'Ernest Callenbach vient d'être traduit en français aux éditions Rue de l'échiquier. Une utopie incroyablement actuelle et nécessaire.
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Enseigner sans exclure - ESF Sciences Humaines

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La pédagogie du colibri...
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Une synthèse inédite des connaissances actuelles sur la conscience animale

Une synthèse inédite des connaissances actuelles sur la conscience animale | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Les animaux ont-ils conscience d’eux-mêmes ? Se souviennent-ils événements particuliers ? Modifient-ils leur comportement selon leur environnement ? La réponse à toutes ces questions est oui.
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L’Hypothèse collaborative | Les Éditions Hyperville

L’Hypothèse collaborative | Les Éditions Hyperville | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Description du produit L’Hypothèse collaborative Conversation avec les collectifs d’architectes français   Deux ans d’enquêtes menées par l’atelier georges et Mathias Rollot chez ces « collectifs d’architectes », augmentées de points de vue critique par des chercheurs aguerris et parsemées des regards de divers témoins proches de ces pratiques ———– Depuis plus d’une dizaine d’années, des « collectifs d’architectes » essaiment et sont maintenant identifiés tant par les médias que par les institutions. C’est à cette nébuleuse informelle qui recouvre une large diversité de pratiques regroupées sous le thème « faire la ville autrement » que cet ouvrage cherche à rendre compte. Par la mise en avant de méthodes implicatives ou la pratique de chantiers ouverts et vivants, ce nouveau métier invite incidemment nombre d’acteurs, institutionnels et autres, à se questionner sur leurs façons de faire. Ce projet éditorial vise à établir une cartographie problématisée des savoir-faire inventifs, expérimentations heureuses ou malheureuses des “collectifs” français. Les nouveaux enjeux écologiques, possibilités technologiques et données économiques posent questions, et poussent architectes, urbanistes et paysagistes à se tourner vers d’autres voies, méthodologies et finalités alternatives. Comment penser le devenir des territoires dans l’optique d’intégrer l’imprévu, le spontané, l’autonomie habitante? Sur quelles bases et énergies s’appuyer pour concevoir des dynamiques urbaines et rurales plus cohérentes et soutenables ? Notre hypothèse est celle de la collaboration. C’est à un travail de cartographie et d’interrogation de ces nouvelles capacités collaboratives que tente de se livrer ce projet : une éloge de la collaboration, mais aussi une tentative d’en cerner les potentialités latentes, limites, dangers et dérives. À l’heure où une certaine reconnaissance par les pouvoirs publics se fait sentir et où la crise sociale et économique bouleverse nos équilibres, il est plus que jamais nécessaire d’ouvrir des espaces de réflexions collectifs, critiques et constructifs : c’est bien l’objet et la méthode que cet ouvrage propose. Il dresse un panorama non-exhaustif mais convaincant sur une pratique en pleine ébullition, construit tant sur des paroles récoltées que des points de vue critique. ———– Dirigé par georges et Mathias Rollot, mis en forme par les graphistes de PierrePierre et édité par Hyperville. ———– Sommaire et contributeurs : Introduction par georges et Mathias Rollot Point de vue par Julien Boidot, Enrico Chapel, Elise Macaire – Faire sur le terrain pour savoir comment faire, où la parole est donnée aux constructeurs, qui revendiquent que pour être architecte, il faut savoir construire, bricoler sur place et avec les gens Edith Hallauer, Encore Heureux, Aurore Boutry-Jacob, Bellastock, David Blondeau, Quatorze, Delphine Négrier, MIT, Collectif Etc, Alice Frémeaux, Parenthèse, Fil, Frédéric Bonnet. – Faire sur le moment pour faire avec, qui propose de donner la parole aux incrémentalistes, qui font de façon empirique : sans approche « a priori », en préservant une part d’improvisation, décidant sur le moment qui ils sont et ce qu’ils proposent Cécile Diguet, Bruit du Frigo, Pascal Allançon, Saprophytes, Alexandre Labasse, Cochenko, Carton Plein, Edouard Letailleur, YA+K, Marion Waller, Yes We Camp, Approches, Paul Citron. – Faire sans, faire autrement, avec ceux qui revendiquent qu’il ne faut pas forcément construire, aménager l’espace – que ce n’est pas le sujet, pas leur compétence. Nous donnerons la parole à ceux qui ne sont pas architectes ou qui ont cessé de l’être mais qui utilisent l’architecture comme un moyen Mathias Rollot, Echelle Inconnue, Flavien Menu, ANPU, AAA, Paul Jarquin, Bergers Urbains, 2M26, Olivier Caro, Philippe Rizzotti Ouverture, Julia Tournaire. Note de l’éditeur, Hyperville.
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Parution de l'ouvrage "Éloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD" coordonné par Jade Lindgaard

Parution de l'ouvrage "Éloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD" coordonné par Jade Lindgaard | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Le 13 juin 2018 est paru l’ouvrage Éloge des mauvaises herbes. Ce que nous devons à la ZAD, coordonné par Jade Lindgaard.Ont contribué à cet ouvrage : Olivier Abel, Christophe Bonneuil, Patrick Bouchain, Alain Damasio, Virginie Despentes, Amandine Gay, John Jordan, Bruno Latour, Wilfried Lupano, ...
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Comment évaluer les apprentissages dans l’enseignement supérieur professionnalisant ?

Comment évaluer les apprentissages dans l’enseignement supérieur professionnalisant ? | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Un ouvrage pragmatique qui présente les pratiques évaluatives actuelles et innovantes réalisées en formation supérieure professionnalisante.
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Gilbert Rist la tragedie de la croissance

Gilbert Rist la tragedie de la croissance | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Comment sortir de l';impasse ? Paru en mai 2018 aux Presses de Science-Po....
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Education à la citoyenneté numérique (ECN) - 10 thématiques

Education à la citoyenneté numérique (ECN) - 10 thématiques | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
168717FRA, Internet-, , Council of Europe, Conseil de l'Europe...
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Le comportement des oiseaux d’Europe par Andrea Ambrogio et Armando Gariboldi – Journalistes Écrivains

Le comportement des oiseaux d’Europe par Andrea Ambrogio et Armando Gariboldi – Journalistes Écrivains | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
Il est bien difficile de ne pas faire l’éloge de cet ouvrage-monument, véritable référence sur le comportement des oiseaux d’Europe. Unique en ce genre, ce livre grand format, est magnifiquement illustré par plus de 1 800 dessins (en couleurs et en N & B) de grande qualité, réalisés la plupart du temps sur le terrain et sur le vif. Leur précision et leur caractère didactique sont remarquables. Un texte concis mais très précis enrichit les illustrations. En tout, 427 espèces sont traitées de manière détaillée : parades nuptiales, comportements territoriaux, attitudes alimentaires, stratégies de chasse, techniques de vol, etc. L’ouvrage forme un ensemble exceptionnel de connaissances et de beauté. Son prix, de surcroît, est très raisonnable pour la qualité, le volume et le format. Un vrai cadeau d’anniversaire pour les 35 ans de La Salamandre, à laquelle nous souhaitons longue vie pour l’intérêt et le plaisir de tous ! Andrea Ambrogio et Armando Gariboldi … Éditions Salamandre, 575 pages, 49 € – www.salamandre.net Contacts presse : Emmanuel Amar. tel : 06 18 06 42 71 – amar.emmanuel@sfr.fr (Gabriel Ullmann) …
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Bertrand Jarry : Commençons l'année en cultivant l'empathie à l'école...

Bertrand Jarry : Commençons l'année en cultivant l'empathie à l'école... | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
"Etre plus accessible et plus à l'écoute des élèves sans pour autant renoncer à transmettre. Conforter une école bienveillante et exigeante... Voilà clairement établie un lien entre conditions d'enseignement et transmission des savoirs". Omar Zanna (Iniversité Le Mans) et Bertrand Jarry (formateur académique) signent un ouvrage qui montre l'intérêt d'un enseignement de l'empathie dans le système scolaire parce que "la qualité même de l'apprentissage d'une discipline ne peut pas s'affranchir du rapport émotionnel entretenu avec elle". L'ouvrage montre, fiches pédagogiques à l'appui, particulièrement dans l'enseignement secondaire,  comment mettre en oeuvre concrètement une éducation aux émotions et à l'empathie. Il montre aussi les retombées en terme de réussite scolaire. Yoganimo, chaise des émotions, messages clairs, tout cela est évalué. Bertrand Jarry revient sur ces expériences et montre la nécessité de l'empathie dans un système éducatif qui reste inégalitaire.   Vous êtes CPE. En quoi cela appuie votre ouvrage sur l'empathie ?   Comme CPE on est confronté aux difficultés d'ordre relationnelle et aux problèmes de violence. Cela m'a amené à réfléchir sur la prise en charge des adolescents. Cela m'a amené à réfléchir au passage de la responsabilité juridique à la responsabilité morale avec Omar Zanna.   Dans les collèges on a des profils d'élèves similaires à ceux des jeunes délinquants. On voit ces enjeux se mettre en place dans la cour de récréation. On est amené à réfléchir sur ce passage et comment s'en saisir dans les heures de vie de classe. Non plus rappeler la loi et la responsabilité juridique : ils les connaissent et ça ne suffit pas. Mais travailler sur la responsabilité morale : je n'agresse pas parce que la loi l'interdit mais parce que l'autre est un prolongement de moi.   Comment pourrait on définir ce qu'est l'empathie ?   C'est la capacité à se mettre à la place de l'autre sans s'y confondre. Il y a deux formes d'empathie : cognitive et émotionnelle. L'empathie cognitive c'est ce que font les enseignants quand ils préparent un cours : ils se mettent à la place des élèves pour imaginer leurs difficultés. L'empathie émotionnelle c'est la réception émotionnelle d'autrui. Les deux formes sont différentes et complémentaires. C'est le dialogue entre les deux qui permet d'accéder à une empathie mature. L'empathie peut aussi faire le pire : exercer une perversion ou souffrir de contagion émotionnelle si je suis trop en résonance. L'empathie mature articule les deux formes d'empathie et let à distance l'empathie émotionnelle.   L'empathie est un sentiment mais dans le livre il est aussi question du corps...   L'empathie émotionnelle passe par le corps. C'est lui qui la met en route. En EMC par exemple l'activité scolaire reste exclusivement cognitive. Rarement on utilise dans l'école l'activité corporelle comme support d'apprentissage. Yves Reuter  s'est intéressé à cette question en interrogeant les élèves sur leur souvenir lié aux disciplines. Or ce qui ressort en premier ce sont des situations d'apprentissage où les élèves sont mobilisés par l'émotion. On se souvient du passage au tableau ou d'une rencontre avec une pièce de théâtre par exemple.   Vous écrivez que pour un enseignant se penser en simple passeur de connaissances c'est terminé. Le rapport aux apprentissages a changé ?   Imaginer qu'aujourd'hui l'activité unique de l'enseignant c'est transmettre sans réfléchir à la façon dont on transmet et dont on incarne ce contenu me parait en effet obsolète pour peu qu'un jour enseigner n'ait été que cela. Il faut accueillir des jeunes avec des parcours tellement différents que c'est de plus en plus pressant. La scolarité s'adresse à tous les enfants, même ceux qui n'ont pas les codes de l'école. Et on est souvent interpelé maintenant en lycée avec ces questions.   Vous donnez des exemples d'apprentissage, de l'orthographe par exemple,  par le corps. Ca semble marcher. Mais pourquoi ?   Il faudrait explorer plus loin pour le savoir. Ca marche car on permet aux élèves de mobiliser leur corps et pas seulement d'imaginer l'apprentissage comme cognitif. On sait que si les apprentissages mobilisent le terreau corporel ou émotionnel ils s'ancrent mieux dans la mémoire. C'est d'ailleurs mis en lumière par les neurosciences même si des pédagogues l'ont soupçonné sans le prouver. L'activité corporelle permet un meilleur ancrage dans la mémoire.   Plus la recherche avance plus on s'aperçoit que le corps est mobilisé avant la cognition. L'activité cognitive est produite par l'activité corporelle et émotionnelle. L'émotion n'est pas la conséquence de la pensée mais l'activité cognitive est la conséquence de l'émotion. C'est ce qu'on trouvait dans les apprentissages vicariants. On disait que tous les élèves doivent être en activité pour apprendre. On s'aperçoit que des enfants peuvent réussir une tâche juste en l'ayant observé sans manipuler. Il y a un apprentissage par l'observation, le mimétisme. C'est ainsi qu'apprennent les tout petits. L'apprentissage vicariant est efficace.   N'est ce pas un parcours trop long en terme d'efficacité ?   Au départ ça peut paraitre compliqué et demander un fort investissement personnel. Ca amène à se mettre dans des situations inconfortables. Mais je suis certain que c'est utile car aucun enseignant qui s'est lancé dans cette approche ne l'a abandonné. C'est utile au quotidien. Les enseignants qui se sont lancés sont persuadés de mieux faire leur travail quotidien.   Quels conseils donner aux enseignants qui voudraient cultiver l'empathie dans leur classe ?   Il faut d'abord qu'ils cherchent à comprendre pourquoi ils le font. Si je ne le fais que pour un bénéfice immédiat en terme de climat scolaire il va y avoir une déception. C'est une activité systémique où leur investissement personnel sera primordial dans les bénéfices reçus. Le second conseil c'est de s'engager collectivement et pas isolément. Cette mise en place doit être le fruit d'échanges entre collègues.   Enfin il faut bien comprendre qu'on n'a pas de boite à outils mais un fond de sauce. Certains vont travailler le passage au tableau , d'autres la récitation à plusieurs voix, d'autres le champ artistique par exemple. Il faut s'autoriser à modifier ce qui est proposé.   Peut-on développer l'empathie dans un système éducatif inégalitaire  ?   Développer l'empathie ce n'est pas que pour les élèves. Ca marche dans les deux sens. Il faut cultiver l'empathie dans ses pratiques et pas seulement dans les activités de classe. C'est aussi une façon d'être avec les élèves au quotidien. L'Ecole doit pouvoir repenser ses missions. Si elle se cantonne à former les esprits elle reproduira les élites. Il faut cultiver l'empathie pour que demain on ait des adultes éclairés responsables et à même de vivre ensemble. L'empathie, la responsabilité morale sont au coeur de nos questions de société. On rêve d'ailleurs de faire nos formations à l'empathie dans les quartiers favorisés...   Propos recueillis par François Jarraud   Omar Zanna, Bertrand Jarry, Cultiver l'empathie à l'école, Dunod, 2018, ISBN 978-2-10-077899-7   Un extrait sur le site de l'éditeur Au 8eme FEI
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Catalogue en ligne Base documentaire du Pôle-Relais Mares, Zones Humides Intérieures et Vallées Alluviales

Catalogue en ligne Base documentaire du Pôle-Relais Mares, Zones Humides Intérieures et Vallées Alluviales | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
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Tous porteurs de solutions | Réseau Ecole et Nature

Type de parution Ouvrage Auteur Réseau Ecole et Nature Editeur Réseau Ecole et Nature Code ISBN ou ISSN 978-2-910062-36-1 Thèmes Partenariat Education à l'environnement Accompagnement Guide méthodologique pour favoriser la participation des citoyens en éducation à l’environnement Notre époque est marquée par une volonté de plus en plus forte d’accélérer une transition écologique, économique et sociale encore à peine enclenchée. Cette transition ne doit pas être l’affaire de quelques-uns mais bien celle de tous. Pour cela, il est indispensable que chacun, adultes, jeunes ou enfants, puisse s’emparer des enjeux écologiques afin de comprendre l’impact de son mode de vie sur le monde qui l’entoure, et ainsi identifier les changements nécessaires au niveau individuel, comme au niveau collectif. C’est ensemble, par l’intelligence collective, que chaque citoyen peut être porteur de solutions. Les projets d’éducation à l’environnement et les méthodes participatives utilisées favorisent la prise en compte des impacts sociaux, environnementaux et économiques de ses propres actions. Elle favorise l’implication des uns et des autres en s’appuyant sur des démarches actives. Elle vise à progresser vers une démarche respectueuse de l’humain, de la nature et du cadre de vie qui favorisera la transformation nécessaire pour dépasser la crise sociale et écologique. La question du changement et de l’éducation à la transition écologique est au coeur de l’éducation à l’environnement parce que cette éducation est un projet de changement pour la personne et pour la société. Pour que ce changement puisse s’opérer, la pratique de la participation citoyenne doit impérativement être mobilisée pour impliquer les personnes dans l’action, dans des projets communs, partout et à tous les âges de la vie et permettre à un grand nombre d’acteurs diversifiés d’être force de propositions et d’initiatives innovantes autour d’objectifs communs. Fichiers joints Télécharger le guide 4.92 Mo
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Pierre Merle : Que sait-on des pratiques d'évaluation scolaires ?

Pierre Merle : Que sait-on des pratiques d'évaluation scolaires ? | Alerte sur les ouvrages parus | Scoop.it
"Il existe des principes d'évaluation des compétences scolaires plus favorables aux apprentissages que ceux trop souvent en vigueur dans l'école française". Avec ce nouveau livre (Les pratiques d'évaluation scolaire, PUF), Pierre Merle propose une véritable synthèse sur l'histoire et les différents types d'évaluation. Il montre aussi que l'évaluation évolue dans l'école française au bénéfice d'une évaluation formative plus adaptée aux besoins des élèves. Surtout il nous fait découvrir beaucoup de choses sur les différents types d'évaluation et leurs effets sur les élèves et les correcteurs. Des effets qui posent notamment la question de la "note juste".  S'il y a bien une activité qui définit le métier enseignant , c'est bien l'évaluation. Au point que les professeurs ont l'impression de passer leur temps à cela et vivent l'année comme une suite de devoirs à corriger. Et il est vrai qu'ils passent beaucoup de temps sur cette seule forme d'évaluation. Si l'on en croit la Depp, les professeurs des écoles consacrent 3h36 par semaine aux corrections. Dans le second degré, les professeurs de lettres et de maths consacrent 6h33 et 6h34 à corriger, contre 7h31 aux professeurs de langues et encore 1h49 pour le professeur d'EPS. Si l'évaluation est emblématique du métier enseignant, pour autant la lecture du livre de Pierre Merle montre qu'elle est encore très méconnue. Pierre Merle nous fait découvrir l'invention de la note, depuis les collèges jésuites jusqu'à la découverte de la notation sur 20 par Polytechnique. Il montre que l'invention de la note relève d'un processus scolaire mais aussi économique et politique. Autre point fort de l'ouvrage, l'état des connaissances en docimologie. Alors que chaque professeur pense noter avec rigueur et justesse, l'ouvrage montre tous les biais qui influent sur la notation : modes d'évaluation, effets d'ordre et de contraste, mais aussi biais liés aux caractéristiques scolaire et sociales des élèves. Cela lui permet d'être sévère pour l'évaluation prévue du le futur bac. Il analyse aussi les comportements des élèves face à l'évaluation, de la séduction à la contestation, et ce n'est pas le chapitre qui en apprend le moins... Les deux derniers chapitres font un bilan et ouvrent une prospective. Pour P. Merle, l'évaluation traditionnelle est un obstacle aux apprentissages. Et il explique pourquoi. Il pose les principes d'une évaluation plus équitable et plus efficace. En se basant sur des études, il montre que les nouvelles pratiques , comme les classes sans notes, font progresser les élèves. Cette partie fera probablement polémique , même si elle est bien étayée. Pourtant tout enseignant a pu constater d'énormes écarts d'un correcteur à un autre et a découvert que son évaluation finale n'est pas exempte de biais plus ou moins conscients, ne serait ce que le désir d'aider tel ou tel élève, ou la prise en compte de ses progrès.  Il y a une dernière raison pour réfléchir sur sa pratique de l'évaluation. C'est que, comme le montre C Terrier, celle ci influe beaucoup sur les résultats des élèves. Au point que c'est peut-être l'élément le plus facile à changer pour faire progresser l'école. François Jarraud Pierre Merle, Les pratiques d'évaluation scolaire. Historique, difficultés, perspectives, PUF 2018, ISBN 978-2-13-080412-3,  25€. Pierre Merle : "La notation traditionnelle est un problème pour les élèves en difficulté scolaire" Pourquoi tant d'ignorance sur l'évaluation ? Pierre Merle répond à 6 questions du Café pédagogique. A commencer par l'impossible notation juste... Vous dites que la note juste est impossible. Pourquoi ? Sur cette question, il existe des centaines de recherches. Les premières ont été menées sur les épreuves du Certificat d’Etudes Primaires par Alfred Binet au début du XXe siècle, peu après l’invention des notes ! Dans les années 1930, ces recherches ont même fait l’objet d’une discipline nouvelle  - la docimologie - centrée sur l’analyse statistique des notes et des examens. Toutes les recherches sont concordantes. Même avec un barème, y compris en mathématiques, la subjectivité des correcteurs est considérable. A titre d’exemple, l’ordre de correction des copies est un facteur important et souvent méconnu d’incertitude de la notation car le correcteur est inévitablement influencé par la correction de la copie précédente. Évaluer est un exercice de comparaison. Après une excellente copie, le professeur note plus sévèrement. Après une copie très faible, la notation est plus indulgente. Laugier et Weinberg ont calculé que, pour obtenir une « note vraie » aux épreuves du baccalauréat de 1930 (la « note vraie » correspond à la valeur scolaire d’une copie avec une marge d’erreur statistique faible), il faudrait recourir à la moyenne des notes de 13 correcteurs en mathématiques, 78 en composition française et 127 en philosophie. Ce calcul a l’intérêt de montrer que, compte tenu des aléas importants d’évaluation de chaque copie, la recherche d’une « note vraie » constitue une utopie scolaire. Les recherches ultérieures ont confirmé ce résultat. Si l'évaluation traditionnelle est injuste, elle est injuste pour qui ? La notation traditionnelle est injuste car, outre l’aléa de la note, il existe des « biais » de notation, c’est-à-dire des erreurs systématiques d’appréciation liées notamment aux effets d’attente et stéréotypes inconscients des correcteurs. Ainsi, les élèves redoublants et/ou plus âgés sont notés plus sévèrement que les élèves « à l’heure ». Un autre biais de notation concerne les enfants des catégories aisées. A compétences égales mesurées par des tests de compétences standardisés, ils sont systématiquement notés de façon plus indulgente que les autres élèves. Ce biais spécifique d’évaluation, présent dans toutes les recherches, est statistiquement très robuste. Il existe aussi des biais d’évaluation selon le genre. Ce biais est variable selon la discipline et le niveau scolaire. Par exemple, en classe de sixième, les filles sont mieux notées que les garçons à compétences égales. Mais ce biais est inversé en classe de seconde. Ce sont les garçons qui sont sur-notés en mathématiques. La notation traditionnelle est injuste aussi pour une autre raison : elle exerce des effets défavorables aux apprentissages des élèves en difficulté scolaire. Des notes faibles provoquent un processus psychologique de « résignation apprise ». Les élèves sont découragés, développent un sentiment d’incompétence scolaire qui réduit sensiblement leur « ressources attentionnelles ». Cette résignation apprise bloque le processus d’apprentissage. Elle est notamment liée « aux comparaisons sociales forcées » produites par le recours aux notes. Pour les élèves en difficulté, la comparaison systématique à des élèves meilleurs provoque une baisse du sentiment de compétence scolaire, source de décrochage et de déviance, notamment d’absentéisme, de dégradation de matériel, de violences verbales et physiques. L'évaluation est aussi au coeur des projets ministériels. On se rappelle les projets de Najat Vallaud Belkacem pour la changer. Que penser de ceux-ci ? Sur les pratiques d’évaluation, la réforme des pratiques d’évaluation souhaitée par Najat Vallaud Belkacem a prolongé une réflexion menée depuis 2005 sur « l’évaluation par compétences ». Depuis les années 2000, à l’école élémentaire, une évaluation par compétences a progressivement remplacé l’évaluation par note. Avec cette nouvelle pratique d’évaluation, pour une même copie, le professeur précise, par exemple par un code couleur (vert compétences acquises, jaune pour compétences presque acquises, orange pour compétences en cours d’acquisition, rouge pour compétences non acquises), le niveau de maîtrise des différentes compétences évaluées lors de chaque contrôle. Cette pratique d’évaluation revient à donner à chaque élève des indications beaucoup plus précises qu’une note globale. Il s’agit d’une « évaluation pour les apprentissages » qui a pour objet de guider l’élève alors qu’une note, mesure synthétique mais imprécise, constitue une modalité d’évaluation des apprentissages. L’évaluation par compétences est une évaluation dite « formative » sa finalité première est d’aider, alors que la notation est une évaluation dite « sommative » dont la finalité première, historiquement, explicitement ou implicitement, est de classer les élèves. Les évaluations formative et sommative ne sont certes pas exhaustives l’une de l’autre mais, dans les faits, elles se concurrencent. Lorsqu’une note est présente sur une copie, les élèves, tout comme les parents, se focalisent sur celle-ci, sont enthousiastes ou déçus et, le plus souvent, peu attentifs aux commentaires pourtant essentiels du professeur. Un autre avantage du remplacement de la notation traditionnelle par une évaluation par compétences est de réduire en partie les « comparaisons sociales forcées » (cf. ci-dessus). Il n’est pas facile de faire des moyennes et des classements avec des verts, des jaunes, des oranges et des rouges. Outre son inutilité pour les apprentissages, le classement des élèves favorise l’individualisme, voire même la tricherie. Notes et classements détournent les élèves du travail en commun alors qu’il faudrait renforcer l’enseignement de cette compétence essentielle à la vie professionnelle. Dans la réforme du collège de 2016, les niveaux de maîtrise retenus pour évaluer les compétences des élèves (Très bonne maîtrise, maîtrise satisfaisante, maîtrise fragile, maîtrise insuffisante) pose toutefois problème. Dans les faits, une grande partie des élèves sont « en cours d’apprentissage ». Ils ont un niveau scolaire « moyen », niveau non envisagé dans cette échelle d’évaluation. Dès la fin du XIXe siècle, l’inspecteur général Pécaut préconisait une échelle d’évaluation de quatre niveaux (Mal, Passable, Assez bien, Bien). Il s’agit d’une échelle asymétrique (une seule évaluation est négative), plus pertinente pour évaluer de façon efficace les compétences scolaires des élèves que celle actuellement en vigueur (Merle, 2014). Peut-on utiliser l'évaluation pour faire progresser ses élèves ? Une partie des professeurs ont une connaissance variable des effets des modalités d’évaluation sur le niveau de progression de leurs élèves. À titre d’exemple, certains professeurs de mathématiques ont tendance à surévaluer les compétences scolaires des filles en classe de sixième. Concrètement, à compétences égales avec les garçons, mesurées par des tests standardisés, ces professeurs mettent des notes plus élevées aux copies rédigées par des filles. Camille Terrier (2014) a montré qu’une telle pratique évaluative favorise les progrès scolaires des filles dont les copies sont sur-notées. Ce n’est évidemment pas la note qui, en soi, permet des progressions scolaires plus rapides mais la suppression de notes très faibles qui réduit la motivation des élèves quel que soit le genre.  Dans le chapitre 8 de mon ouvrage consacré aux « Principes d’une évaluation scolaire équitable et efficace », outre l’effet positif des notes indulgentes par rapport aux notes sévères, je mentionne aussi la nécessité, autant que possible, de préserver l’anonymat social et scolaire des élèves pour réduire les biais d’évaluation (cf. question précédente). Il faut aussi avoir à l’esprit que l’usage des notes est largement majoritaire au collège, et encore plus au lycée, et que cet usage constitue une source importante de stress et d’anxiété scolaires défavorables aux processus d’apprentissage. La peur du mauvais résultat, du déclassement scolaire, des moqueries des camarades et des remontrances parentales produit des « pensées distractives » qui affectent les capacités de concentration et la réussite des élèves. Dans le cadre de la réforme du collège, Najat Vallaud Belkacem avait raison de promouvoir la bienveillance comme principe pédagogique central. Certains professeurs se sont offusqués de ce slogan considérant que cette bienveillance était déjà présente. Ils ont certes raison. Toutefois, la recherche de Guimart (2015) montre que 75 % des collégiens ont « peur d’avoir de mauvaises notes ». Moins de mauvaises notes et plus de bienveillance seraient favorables à un meilleur climat scolaire et à des apprentissages plus rapides. En 2016, une recherche de la World Health Organisation montre aussi que les collégiens français âgés de quinze ans ont un sentiment de compétence, mesuré par la déclaration d’un bon ou très bon niveau scolaire, sensiblement plus bas que celui des élèves des autres pays. En France, seulement 45 % des filles et 43 % des garçons se déclarent « bons » ou « très bons ». Ces proportions sont respectivement de 62 % et 58 % pour la moyenne des 42 pays enquêtés. De surcroît, ce sentiment de compétence baisse sensiblement de la classe de sixième à celle de troisième. Réduire le recours aux notes en substituant une évaluation formative à une évaluation sommative a notamment pour objet d’améliorer le sentiment de compétence des élèves, indispensable à leur motivation et à leurs progressions. Vous prenez parti pour les classes sans notes. Leurs effets sont-ils vraiment positifs et durables ? Les classes sans note ont été expérimentées à l’initiative de Luc Chatel, ministre de l’Education nationale sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Beaucoup de personnalités politiques de premier plan, généralement situées à droite, se sont opposées à cette expérimentation. En 2012, Luc Ferry déclarait « Ce n’est pas une bonne idée de supprimer les notes […]. C’est absolument indispensable d’avoir des points de repère […]. Casser le thermomètre ne sert absolument à rien. » (…) « Je ne comprends pas que des gens intelligents cèdent à l’idéologie gentillette selon laquelle les notes chiffrées seraient “traumatisantes” pour les enfants ». Le propos de l’ancien ministre manifeste une méconnaissance certaine des centaines de recherches relatives aux notes. Les notes chiffrées peuvent sans aucun doute être « traumatisantes » pour les élèves dont les notes sont régulièrement basses. Et elles ne constituent nullement un repère indispensable pour les apprentissages. Pendant des siècles, les professeurs ont d’ailleurs enseigné sans y avoir recours… Outre que l’expérience des classes sans note fait l’objet d’une évaluation positive par une large majorité d’élèves, de professeurs et de parents, cette expérimentation a fait récemment l’objet d’une évaluation de type scientifique nettement positive en mathématiques. La comparaison des progressions des élèves de niveau comparable scolarisés dans des classes sans notes et des classes avec notes montre des progressions moyennes scolaires plus fortes dans la première situation par rapport à la seconde. Cette élévation du niveau moyen résulte d’une progression plus rapide des élèves de niveau scolaire faible sans altérer les progressions scolaires des bons élèves. Ce résultat est logique puisque ce sont les élèves faibles, ceux qui font l’objet de notes basses, qui sont pénalisés par la notation traditionnelle. Les classes sans note constituent donc un moyen de corriger une des caractéristiques centrales de l’école française : des écarts de compétences très importants entre les élèves. L'évaluation est au cœur du métier enseignant. Et pourtant tout cela reste mal connu et objet de débats. Pourquoi ? Cette question est centrale. La notation traditionnelle est un problème essentiellement pour les élèves en difficulté scolaire, ceux qui font l’objet, souvent dès le début de leur scolarité, de notes faibles dans plusieurs, voire la totalité des disciplines. Progressivement, ces élèves ont un sentiment de nullité scolaire qui débouche sur de la « résignation apprise » et une grande passivité en classe. La récurrence des mauvaises notes a détruit la motivation de ces élèves, parfois atteints d’apathie chronique, de burn out et de phobie scolaires. À l’inverse, pour les bons élèves, la note traditionnelle renforce leur sentiment de compétence, leur motivation et leur désir de réussite. Après des études supérieures réussies, cette élite scolaire compose une partie des élites économiques et politiques. Leur expérience subjective de l’école, fortement positive, les conduit à une vision conservatrice de celle-ci, surtout à l’égard des notes qui ont consacré leur réussite scolaire. Seule la connaissance scientifique leur permettrait d’objectiver leur expérience personnelle, de comprendre sa singularité en tant que membre de l’élite scolaire et sociale, et la nécessité de promouvoir une autre façon d’évaluer les compétences des élèves pour réduire l’échec scolaire. Cette connaissance est trop souvent absente. Lorsque J.-M. Huart, directeur général de l’enseignement scolaire, le numéro deux du ministère après le ministre, déclare que « L’intérêt de la note, c'est la clarté dans le cadre d'un dialogue avec les familles  », il contribue à la désinformation des parents et des professeurs sur la question centrale des pratiques d’évaluation des élèves. Cette défense de la note traditionnelle, tout à fait contraire à la connaissance scientifique dont le ministère prétend pourtant s’inspirer, participe à la perpétuation d’une des lacunes majeures de l’école française, le nombre très élevé, presque 100 000, des jeunes sortant chaque année sans diplôme. Le coût économique et humain de cet échec scolaire est considérable. Envers les professeurs, les parents et l’ensemble des citoyens, un devoir moral de vérité et de connaissances devrait, quelles que soient les responsabilités exercées, toujours primer sur l’opportunité politique et la défense d’une tradition scolaire source d’injustice et d’inégalités scolaires. Par ignorance ou par cynisme, consciemment ou pas, les élites économiques et politiques privilégient trop souvent leurs intérêts particuliers à ceux de la nation. Propos recueillis par François Jarraud Pierre Merle, Les pratiques d'évaluation scolaire. Historique, difficultés, perspectives , PUF 2018, ISBN 978-2-13-080412-3,  25€. Références Guimart Philippe et al. (2015), « Le bien-être des élèves à l’école et au collège », Éducation et formations, n° 88-89, p. 163-184. France Culture, La Rue des écoles, « L'école abuse-t-elle thèse des notes ? », 20 mai 2018,  https://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/lecole-abuse-t-elle-des-notes Merle Pierre (2014), « L’échelle de notation des élèves : un faux problème ? », Le Café pédagogique. Terrier Camille (2014), « Un coup de pouce pour les filles ? Les biais de genre dans les notes des enseignants et leur effet sur le progrès des élèves », Les Notes de l’IPP, n° 14. Dans le Café : C Terrier : quand les études de genre révolutionnent l'évaluation
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L'apprentissage collaboratif | Office Central de la Coopération à l'École

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Plus qu'une méthode collective? Qu’est-ce que l’apprentissage collaboratif ?
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Le désenchantement de l'internet

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Le désenchantement de l'internet Désinformation, rumeur et propagande De Romain Badouard ISBN ISBN 978-2-36405-157-7 Parution le 15 septembre 2017 aux éditions FYP Internet est-il devenu l’ennemi de la démocratie ? Rumeur, fake news, harcèlement, propagande, surveillance généralisée…, le débat public en ligne s’est transformé en véritable champ de bataille. Pourtant, il y a encore une dizaine d’années, on louait l’exemplarité de l’internet comme étant l’outil d’un renouveau démocratique. Comment expliquer ce retournement ? Cet ouvrage propose une synthèse claire et pédagogique sur les enjeux politiques de l’internet. L’auteur montre que le pouvoir se loge au coeur même des technologies. Internet porte en lui un modèle communautariste qui favorise les clivages. Dans cet univers profondément conflictuel,l’enjeu n’est plus d’échanger, mais d’occuper l’espace. La dérégulation généralisée du marché de l’information fait peser de sérieuses menaces sur l’exercice de la liberté d’expression. C’est la défense de l’internet comme bien commun qui est en train de se jouer aujourd’hui. Et parce que le numérique est l’affaire de tous, c’est aussi l’avenir de nos démocrates dont il est question. Commandez le maintenant pour bénéficier du prix de lancement de 17 euros TTC. Offre valable jusqu’au  24 septembre : http://www.fypeditions.com/desenchantement-de-linternet-rumeur-propagande-desinformation/ Sommaire : Télécharger le fichier «Sommaire.pdf» (64.9 KB)
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Comment développer le conseil pédagogique dans l'enseignement supérieur ?

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Conseiller, former et évaluer sont généralement les trois missions principales des conseillers pédagogiques dans l'enseignement supérieur. Cet ouvrage propose des outils pour l'action et l'analyse de ces trois missions.
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