Afrique: Histoire , Art et Culture
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Promouvoir la culture et les arts africains, devoir de mémoire: mieux connaître son passé pour être maître de son destin, demain! http://www.voix-africaine.org
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Cameroun/Culture – Lydol, le slam au cœur «

Cameroun/Culture – Lydol, le slam au cœur « | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Le 3 août dernier, les amoureux et pratiquants du slam ont eu le bonheur de découvrir, pour beaucoup d’entre eux, le talent de la slameuse camerounaise Lydol qui porte cet art oratoire à un niveau de création qui épouse le talent, l’énergie et la passion qu’elle met à déclamer états d’âme. Lydol est passée, Dakar…
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Les transferts négatifs sont les causes des exils forcés

Les transferts négatifs sont les causes des exils forcés | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Intervention de Nicolas Sersiron du CADTM France, lors du module « Migrations : des causes et effets aux mobilisations citoyenne » - Jeudi 23 août.

Trois siècles et demi de transferts coloniaux - 1492 à l’après seconde guerre mondiale

Transférer veut dire porter au-delà. Le premier transfert est celui de la traite négrière africaine réalisée par les européens vers l’Amérique pendant trois siècles et demi. Des dizaines de millions de femmes et d’hommes jeunes sont réduits en esclavage, échangés contre des objets et transférés de l’autre côté de l’océan Atlantique. Le second est le transfert vers l’Europe du travail des esclaves transformé en argent, or, latex, bois précieux, café, cacao, coton, épices, etc. Le troisième est l’exportation des ressources naturelles issues de la dépossession forcée des peuples du continent américain vers l’Europe sans le moindre paiement. Le commerce triangulaire est donc un triple transfert/vol puisque rien ni personne n’est payé ou ne reçoit une compensation quelconque.


Cette colonisation de l’Amérique par les européens s’étendra jusqu’aux années 1 800. Au 19èS c’est l’Afrique et l’Asie qui ont été colonisées jusqu’en 1947-1970. Il y a eu transfert de souveraineté sur les habitants et leurs ressources au profit du colonisateur. C’est ainsi que les produits issus de l’extraction des énergies fossiles, minières et forestières, des monocultures agricoles réalisées par des travailleurs forcés ont été transférés vers l’Europe.


Inversement, le transfert culturel de l’Europe vers l’Amérique et l’Afrique, en particulier l’imposition de la langue, de la religion, de l’éducation est une forme d’ethnocide réalisé par les missionnaires, les instituteurs, les fonctionnaires métropolitains et les armées d’occupation. Il déstructurera et appauvrira « durablement » le continent. Pendant les deux guerres mondiales, des africains transférés en Europe serviront de chair à canon. Certains tirailleurs sénégalais revenus au pays ont été fusillés en 1944 par la France à Thiaroye pour avoir réclamé leurs indemnités. Des transferts toujours positifs pour le colonisateur, dans un sens ou dans l’autre, dramatiquement négatifs pour les colonisés.


Enfin, c’est bien le massacre de dizaine millions d’Amérindiens (voire 100 selon certains auteurs) au sud et au nord au cours des siècles passés qui a permis le transfert vers les Amériques de très nombreux colons européens. La création du Canada et des États-Unis résulte d’un transfert total des terres et de toutes les ressources naturelles des peuples natifs assassinés au profit des colons blancs.


Pour les populations actuelles de tous les continents colonisés, ces transferts ont grandement activé la disparition de la symbiose qu’elles entretenaient avec leur milieu. (...) Les puissants capitalistes de cette période ont ainsi immensément augmenté leur fortune par les ressources du Sud dont ils ont dépossédé le continent et les peuples soumis, cela grâce au travail de ces derniers.


(...) La phrase célèbre de Jomo Kenyatta résume tout « Lorsque les premiers missionnaires sont arrivés en Afrique, ils avaient la Bible et nous la terre. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Quand nous avons rouvert les yeux, nous avions la Bible et eux la terre. »


(...) Comment la société de consommation de plus en plus matérialiste, exportée par les EU d’Amérique et le plan Marshall dans les années 1950-70, aurait-elle pu se réaliser en Europe sans le pétrole, les ressources minières et agricoles africaines volées et transférées au Nord. Dans ce jeu politico-économique d’asservissement des pays nouvellement « indépendants », le FMI et la Banque mondiale par leurs prêts, leurs fortes incitations politiques et multiples chantages, ainsi que l’OMC, auront un rôle primordial. (...)


Le grand tournant de cette mainmise sur l’économie des pays faussement « dits en développement », en particulier de l’Afrique, a été la grande crise de la dette des années 1980. L’incapacité du remboursement des prêts, illégitimes car en partie détournés, fut l’occasion d’imposer les Plans d’ajustement structurels. Des plans d’austérité très semblables à ceux imposés à la Grèce depuis 2010 avec le résultat socialement et environnementalement dramatique que l’on connaît. Ainsi le libre-échange le plus total possible a été exigé : disparition des barrières douanières, privatisation des ressources minières, fossiles et des grandes entreprises publiques, suppression des dépenses d’éducation, de santé et des aides à l’agriculture. Selon l’idéologie ultra-libérale, le but était de dégager des fonds pour les remboursements.


(...) Dans le même temps les accaparements de terres africaines (beaucoup plus que la superficie agricole de la France) sont toujours accompagnés d’accaparement de l’eau. Les transferts financiers spéculatifs en provenance des pays industrialisés sont facilités par cet appauvrissement des peuples de la campagne. Ensuite ce sont les produits issus de la transformation des terres en machine à profits qui sont transférés du Sud vers le Nord comme par exemple les agrocarburants à base d’huile de palme produits par des entreprises transnationales. Transferts qui impliquent virtuellement, l’exportation de l’eau et de la fertilité des terres accaparées.


Les sols sont le plus souvent vierge de pesticides et d’engrais. Les accaparements de terres aboutiront à la destruction des sols agricoles tropicaux, plus fragiles que ceux du Nord et une utilisation et pollution de l’eau, ressources naturelles de plus en plus rares, au détriment des populations locales et pour le plus grand profit des spéculateurs du Nord. D’immenses pertes pour les peuples dépossédés. Catastrophique pour le climat parce que souvent ces cultures se font sur des déforestations. Et surtout parce que les agro-diesel produits avec cette huile ou à partir du soja sont considérés comme trois fois plus réchauffant pour le premier, et deux fois plus pour le second, que le diesel fossile.


Parmi ces transferts négatifs pour les africains, il ne faut pas oublier celui des semences brevetées et des OGM, qu’avec la bénédiction de Bill Gates, il faut racheter chaque année aux multinationales des semences. Et celui des engrais chimiques et des pesticides indispensables pour ces plantes industrielles. Cela menant nécessairement à la destruction de l’agriculture familiale et de la vie paysanne de ces pays.


(...) Autre horreur sémantique, quand l’administration française refuse l’accueil à des migrants sous le prétexte qu’ils sont venus pour des raisons économiques, plutôt que de parler d’expulsion, elle dit qu’elle les transfère dans le premier pays où ils ont laissé les empreintes de leurs doigts. Application zélée de la directive Dublin. Les afghans, les darfouriens, et les soudanais du Sud « dublinisés » dans les pays scandinaves, souvent leur pays de première entrée, risquent d’être tués quand ils sont renvoyés dans le pays qu’ils ont fui.


L’ensemble des transferts négatifs du « Sud Global » et de l’Afrique en particulier, vers le « Nord Global », eau, fertilité, ressources fossiles, minières, forestières, agricoles, génétiques, humaines (dans le sens d’exploitation du travail), financières (remboursements des prêts illégitimes), évasion fiscale et sommes issues de la corruption, ne peut que créer un appauvrissement généralisé d’un côté et un enrichissement phénoménal de l’autre.


(...) L’Europe en imposant des accords de libre-échange à l’Afrique accentue encore l’inégalité de ces transferts. Les exils forcés augmenteront. En fermant la soupape de l’immigration, symptôme de la pauvreté, du réchauffement climatique et des inégalités croissantes, par des stratégies d’enfermement toujours plus dures, l’Europe croit-elle pouvoir faire de l’Afrique une prison à ciel ouvert comme les décideurs israéliens le font à Gaza depuis 10 ans ? Alors que c’est l’ouverture des frontières avec des échanges égalitaires qui permettraient de créer un monde vivable pour tous et ferait disparaître les crimes et les vies brisées ou disparues, conséquences de ces exils forcés.


Nicolas Sersiron Ex-président du CADTM France, auteur du livre « Dette et extractivisme »


Via Katell Rochard
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Dossier : Nelson Mandela, l'Africain du XXe siècle –

Dossier : Nelson Mandela, l'Africain du XXe siècle – | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Nelson Mandela est la seule grande figure historique contemporaine qui ait pris les dimensions d’un mythe au fond d’une prison. Qui, une fois au pouvoir, a su faire d’un pays déchiré une démocratie stable et passer le témoin en toute légalité et sérénité à une personnalité incontestée. Il n’a pas seulement été un libérateur comme Bolivar, il s’est révélé un grand homme d’État. Il ne fait aucun doute que par son génie politique, sa rigueur intellectuelle et sa force morale, par sa stature, par la leçon de démocratie et de générosité qu’il a donnée au continent et au monde, Mandela est l’Africain du XXe siècle.
Retiré de la vie publique depuis le milieu des années 2000, il est décédé le 5 décembre 2013.
Retour, chapitre par chapitre, sur la vie exceptionnelle d’un homme hors du commun.
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Le « Discours Sur La Dette » du Président Thomas Sankara, le 29 juillet 1987 à Addis-Abeba

Le « Discours Sur La Dette » du Président Thomas Sankara, le 29 juillet 1987 à Addis-Abeba | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

«La dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également.»


Thomas Sankara (1949-1987) fut président du Burkina Faso (autrefois connu sous le nom de Haute-Volta), de 1983 à 1987. C’est lui qui changea en 1984 le nom du pays pour Burkina Faso, qui signifie «le pays des hommes intègres». Pour ne pas subir les dictats des financiers internationaux, il refusa toute aide du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale. Son pays semi-désertique, affamé, endetté, avec une mortalité infantile des plus élevée du monde, ne pouvait compter que sur lui-même. «Deux repas et 10 litres d’eau pour tous et tous les jours» devint son slogan et son programme; et en quatre ans, ce programme devint réalité: il avait en effet réussi à rendre son pays auto-suffisant dans le domaine alimentaire.


Le 29 juillet 1987, Sankara prononçait le discours suivant à la 25e Conférence au sommet des pays membres de l’OUA (Organisation de l’Union Africaine) à Addis-Abeba, en Éthiopie, appelant à un front uni tous les pays africains contre la dette, et déclarant, entre autres: «Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence!»

Il fut assassiné le 15 octobre 1987, trois mois après ce discours, avec douze membres du gouvernement.


> Thomas Sankara - Discours Sur La Dette [Sommet OUA, Addis Abeba] Partie 1/2

https://www.youtube.com/watch?v=FhkqN6KTtJI


Extraits:

Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés, ce sont les mêmes qui géraient nos États et nos économies, ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins. Nous étions étrangers à cette dette, nous ne pouvons donc pas la payer.


La dette, c’est encore le néo-colonialisme où les colonisateurs se sont transformés en assistants techniques (...) Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés; on nous a présenté des montages financiers alléchants, des dossiers; nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans, même plus, c’est-à-dire que l’on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.


On nous dit de rembourser la dette: ce n’est pas une question morale, ce n’est point une question de ce prétendu honneur de rembourser ou de ne pas rembourser. Monsieur le président, nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même, elle a dit, elle qui est Européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée.


Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme dans un casino; quand ils gagnaient, il n’y avait point de débat, maintenant qu’ils ont perdu au jeu, ils nous exigent le remboursement, et l’on parle de crise. Non! Monsieur le Président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue!


Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer; nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette; nous ne pouvons pas payer la dette parce que, au contraire, les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé! On parle du plan Marshall qui a refait l’Europe économique mais on ne parle jamais du plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leur économie était menacée, leur stabilité était menacée.


Qui a sauvé l’Europe? C’est l’Afrique! On en parle très peu, on en parle si peu que nous ne pouvons pas nous être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.


La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements et lorsque l’on nous parle aujourd’hui de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite, la crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leur droit face aux exploiteurs.


Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus; il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique; (...)


Monsieur le président, nous entendons parler de club, club de Rome, club de Paris, club de partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, du groupe des sept, du groupe des dix peut être du groupe des cent et que sais-je encore. Il est normal que nous créions notre club et notre groupe faisant en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’où partira le souffle nouveau: le club d’Addis-Abeba.


Nous avons le devoir aujourd’hui de créer le front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pouvons dire aux autres qu’en refusant de payer la dette nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse, au contraire, c’est dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est.


Du reste, les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique mais ceux qui veulent exploiter l’Afrique, ce sont les mêmes qui exploitent l’Europe; Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saurait être payée. (...)

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Au Rwanda, des hommes enseignent la « masculinité positive »

Au Rwanda, des hommes enseignent la « masculinité positive » | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Pour combattre les violences basées sur le genre, une ONG intervient dans les villages de ce pays qui, sur le papier, figure parmi les plus égalitaires du monde.


Serrés sur des bancs à l’intérieur de la petite salle communale de Gashenyi, une quarantaine d’adultes de tous âges, venus en couple, chantent des chansons à la gloire de l’unité entre les peuples au Rwanda. Ils terminent sur ce refrain : « Ensemble, nous devons combattre la violence de genre. » Dans ce village du district de Gisibo, une région rurale à environ 150 km de Kigali, ils ont été choisis au hasard pour suivre un cours sur l’égalité entre hommes et femmes.


Cette formation, financée par le ministère rwandais du genre, est donnée par le Rwamrec (Rwanda Men’s Resource Center), une ONG composée principalement d’hommes. Sa mission : « éradiquer » les violences à l’égard des femmes et enseigner la « masculinité positive ». « Les garçons grandissent dans l’idée qu’ils sont supérieurs. Nous voulons renverser cette conception et faire comprendre aux hommes que les femmes sont leurs égales », explique Calvin Mugabo, 50 ans, collaborateur de Rwamrec. (...)


Dans le Rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes, ce pays d’Afrique de l’Est de 12 millions d’habitants figure en quatrième position des plus égalitaires, juste derrière l’Islande, la Norvège et la Finlande. Ce classement, dressé tous les ans par le World Economic Forum, examine quatre indicateurs : santé, accès à l’éducation et à la politique, espérance de vie et opportunités économiques. En matière de représentation, le Rwanda arrive loin devant la Suisse (21e), la France (11e) et les États-Unis (49e).


Le Parlement compte 64 % de femmes. Un pouvoir relatif dans cet État autoritaire qui ne laisse pas de place à l’opposition, mais d’où est sorti un arsenal de lois améliorant la situation des Rwandaises : pénalisation de la violence, congé maternité, droit à l’avortement. Dans les rues de Kigali, l’empowerment féminin se décline en slogans publicitaires. Le pays n’est pas pour autant devenu un lieu sûr pour les femmes. (...)


Peace Tumwesigire peine à contenir sa rage lorsqu’elle relate ce crime. « Au Rwanda, les lois sont bonnes, mais trop de monde les ignore », souligne cette militante, qui tient une émission hebdomadaire à la télévision locale, Family Magazine.

A ses yeux, la violence se perpétue dans les foyers comme une forme de résistance à l’ascension des femmes. « Certains, beaucoup de femmes aussi, refusent le changement. Ils préfèrent l’image des rôles traditionnels, où l’homme décide et la femme lui est soumise. »


C’est cette conception que Rwamrec compte bousculer. « Qu’est-ce que le genre ? », demande Amon Mwumvaneza devant la classe. « C’est la liberté pour chacun », répond Olivia, une jeune participante. Le formateur continue à questionner : pourquoi les filles doivent-elles rester à la maison tandis que leurs frères apprennent à élever les chèvres et à gagner de l’argent ? Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas conduire une moto ou un taxi ? « Les filles doivent comprendre qu’elles ont les mêmes possibilités que les garçons. Êtes-vous pour l’éducation du passé ? » « Non », répond l’assemblée.


(...) L’un des participants, un homme d’âge moyen, se lève : « Avant, je cachais l’argent hors de la vue de ma femme et je le dépensais dans la boisson, raconte-t-il. Mais j’ai compris maintenant que ce qui est bon pour elle est bon pour toute ma famille. Depuis, nous ne manquons plus de savon ni de sucre. » (...)


L’ONG Rwamrec reflète la révolution lente qui travaille le Rwanda depuis plusieurs années. Le tournant a lieu en 1994, après le génocide qui a fait 800 000 morts et 3,5 millions de déplacés. Au lendemain des massacres, la population est composée de près de 70 % de femmes. Beaucoup d’entre elles ont la vie sauve, mais brisée par les viols et le traumatisme. Le génocide sera suivi d’un séisme sociétal. Avant 1994, les femmes n’avaient pas le droit d’hériter, de prendre un emploi ou d’ouvrir un compte bancaire sans l’accord de leur époux. Souvent illettrées, elles étaient cantonnées aux tâches domestiques.


Au lendemain de la guerre, la reconstruction du pays repose sur elles. Elles se rassemblent en coopératives, forment des groupes d’entraide pour les veuves et s’emparent peu à peu de métiers jusqu’ici réservés à leurs époux. « Les femmes sont devenues les hommes de la maison. Elles n’avaient pas le choix : elles ont dû se débarrasser des tabous et du poids de la culture traditionnelle, selon laquelle la femme se tient en retrait. Quant au gouvernement, il n’avait pas le luxe de reconstruire un pays sans la majorité de sa population » (...)


Retour au village de Gashenyi. Les esprits s’échauffent dans la petite salle de classe. « Nous allons aux champs comme les hommes le matin. Pourquoi alors peuvent-ils aller boire des bières et se reposer toute l’après-midi, tandis que nous devons rentrer à maison pour faire le ménage ? », lance une femme, provoquant un brouhaha dans la salle. « Je ne peux pas laver les bébés, c’est impossible ! », s’exclame un homme. Son voisin résume ainsi le problème : « Ce sont les femmes qui vont chercher de l’eau au puits. Si je le fais moi-même, je serai la risée de mes voisins. Les autres hommes me diront que ma femme m’a jeté un sort pour me rendre obéissant. » (...)

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Internet : avec le lancement de Canalbox, la concurrence s’emballe au Togo –

Internet : avec le lancement de Canalbox, la concurrence s’emballe au Togo – | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
De deux il y a encore quelques mois, les fournisseurs d'accès internet au Togo sont passés à quatre, le 22 mars. C'est le résultat de la politique d'ouverture du marché décidée par le gouvernement avec pour objectif affiché d'améliorer l'accès à internet et faire baisser les prix pour les consommateurs.

Via Mathieu Deffontaines
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L’Ethiopien Eskinder Nega, « coupable de journalisme, pas de terrorisme »

L’Ethiopien Eskinder Nega, « coupable de journalisme, pas de terrorisme » | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Quand le journaliste Eskinder Nega et d’autres prisonniers ont été relâchés, le 14 février, une foule enthousiaste les attendait à la sortie de la prison de Kaliti, en périphérie de la capitale Addis-Abeba. La veille, à Adama, à 90 km, des milliers de jeunes célébraient la libération de leur « héros » Bekele Gerba, une figure de l’opposition éthiopienne. « On ne méritait pas un tel accueil. Mais les gens ne nous célébraient pas. Ils exprimaient leur espoir de changement. Nous étions juste un symbole », raconte, ému, Eskinder Nega. Depuis sa sortie de prison après plus de six ans de détention, un ballet discontinu de supporteurs égaye sa résidence d’Addis-Abeba.

Alors que ses geôliers ont bien tenté de lui arracher de fausses confessions, Eskinder Nega a été relâché, comme des milliers de prisonniers depuis janvier, dans le cadre d’une amnistie gouvernementale. « Je ne m’y attendais pas du tout », reconnaît cet homme long et mince, flanqué d’une veste de costume trop grande. Eskinder Nega, 48 ans, est un habitué des prisons éthiopiennes. Il y a été enfermé « huit ou neuf fois ». En 2012, il avait été condamné à une peine de dix-huit années d’emprisonnement pour « haute trahison et infractions liées au terrorisme ».

Juste avant sa condamnation, il avait dénoncé dans un article en ligne l’absence de liberté d’expression dans son pays. Sa carte de presse lui avait été retirée quelques années plus tôt. « J’étais coupable de journalisme, pas de terrorisme. Le gouvernement éthiopien utilise ce mot pour museler les dissidents », déplore-t-il. Les Etats-Unis s’étaient alors dits « profondément déçus. » Amnesty International l’avait qualifié de « prisonnier d’opinion ». « Je n’ai jamais choisi d’être défenseur des droits humains. J’ai été forcé d’agir ainsi car je ne pouvais pas pratiquer le journalisme dans mon pays en raison de l’absence de démocratie », poursuit-il.

Aujourd’hui, il est prêt à reprendre la plume. Pendant plusieurs années, il n’en a pas eu le droit. Il ne pouvait écrire que sur des emballages en carton. De lessive, de biscuits, de tout ce qu’il pouvait trouver en prison. C’était sa punition quand certains de ses articles fuitaient, notamment sa « Lettre du goulag de l’Ethiopie » publiée dans le New York Times en 2013. « Ils ont confisqué mes livres. Je n’avais pas de papier, on faisait entrer des stylos clandestinement », explique-t-il. (...)

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Démographie : l’Afrique pourrait devenir la locomotive économique du monde, si…

Démographie : l’Afrique pourrait devenir la locomotive économique du monde, si… | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Un Terrien sur six vit aujourd’hui sur le continent africain. En 2050, ce sera 1 sur 4, et plus de 1 sur 3 en 2100. Ce raz-de-marée humain pourrait
Voix Africaine's insight:
Le boom démographique africain favorisera, en outre, la croissance des classes moyennes et, par conséquent, un décollage de la consommation qui placera le continent sur les radars des investisseurs internationaux et accréditera le scénario d’une solide croissance économique au cours du 21è siècle.
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Les médias camerounais surveillés de près par le CNC | Afrique | DW | 15.03.2018

Les médias camerounais surveillés de près par le CNC | Afrique | DW | 15.03.2018 | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Le Cameroun traverse une période électorale avec les élections sénatoriales et les émissions diffusées sur les médias font l'objet d'un contrôle plus étroit que d'habitude.

Il y a une semaine, le président du Conseil national de la communication (CNC) a demandé aux médias d'éviter de diffuser les contenus qui à ses yeux manquent de neutralité. À la suite de cette déclaration, les médias publics ont arrêté la diffusion des débats politiques. Mais ce n'est pas la même chose du côté de la presse privée.


Nouvelle atteinte à la liberté d'expression

Sur la station de radio privée Magic FM, très écoutée dans la capitale camerounaise Yaounde, l'émission "Magic Attitude" passe comme d'habitude, même si l'épée de Damoclès du Conseil national de la communication (CNC) plane au-dessus.

A Galaxy FM et Sweet FM, stations partenaires de la Deutsche Welle, la diffusion des contenus sur la vie politique camerounaise continue, comme le confirme Abel Fotso, le directeur de radio Sweet FM, qui affirme continuer à diffuser "les informations concernant les élections et la situation dans les deux régions anglophones du Cameroun, sans problème."

Sur fond de crise sécessionniste dans les territoires anglophones, les électeurs camerounais sont attendus aux urnes la semaine prochaine pour des élections sénatoriales dont certains contestent l'opportunité.

C'est dans ce contexte que le président du Conseil national de la communication a demandé aux médias de cesser de diffuser les émissions de nature à susciter des troubles politiques. Selon Samson Websi, rédacteur en chef de la radio publique camerounaise, la décision est respectée.

La plupart des émissions étant "à caractère politique", la radio publique a "arrêté certaines d'entre elles en vue de [se] conformer aux instructions du Conseil national de la communication."

Pourtant, la radio nationale continue de couvrir la campagne électorale.

Finalement, plus de peur que de mal. Les stations privées ne sont pas obligées de respecter la décision du CNC à la lettre mais elles sont appelées à observer la neutralité dans leurs programmes sous peine de subir des sanctions.


Le contexte pré-électoral augmente les tensions

Menace de suspension

Jean Tobie Hond, Secrétaire général du CNC, attire l'attention des médias "sur la nécessité de refaire des équilibres afin que la campagne se déroule de la manière la plus démocratique possible.

Si un média n'entend pas raison, il est possible que le conseil prenne les mesures qui sont prévues par le decret du 23 janvier 2012, notamment la suspension d'un tel organe de presse."

Le président du CNC Peter Essoka explique que la mesure serait en vigueur à chaque élection et donc pas seulement pour les sénatoriales actuelles.

Le Cameroun compte une centaine de radios et de télévisions et plus de cinq cents organes de presse écrite. Cette pluralité médiatique n'est toutefois pas forcément une preuve de liberté d'expression, déplorent certains professionnels du secteur.
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Au Musée du quai Branly, l'étonnante peinture du temps des colonies

Au Musée du quai Branly, l'étonnante peinture du temps des colonies | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Courageusement tirée des réserves, la collection constituée en 1931, à l'époque de l'expansionnisme européen triomphant, révèle au Quai Branly sa puissance performative. Une séduction jamais exempte de propagande.

Via MSRakotonirainy
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Seun Kuti : « Nos politiciens et nos élites économiques cannibalisent les peuples africains »

Seun Kuti : « Nos politiciens et nos élites économiques cannibalisent les peuples africains » | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Le chanteur et saxophoniste nigérian, fils du grand « Fela », sort l’opus « Black Times » et poursuit sa lutte pour une révolution africaine, tant artistique que politique.


A 35 ans, le saxophoniste et chanteur nigérian Seun Kuti est déjà une légende. Il est aussi l’un des plus talentueux héritiers de l’afrobeat, ce style musical créé par son père, le génial Fela Anikulapo Kuti, qu’il accompagnait sur scène dès l’âge de 8 ans et qui s’est éteint en août 1997. Seun a poursuivi le processus créatif en reprenant l’orchestre de « Fela », le fameux groupe Egypt 80, successeur de l’Africa 70, tout en continuant de lutter, saxophone alto à la main, pour une Afrique plus juste, plus puissante, plus fière et indépendante.


Car Seun Kuti est un militant radical, comme le fut sa grand-mère, Funmilayo Ransome-Kuti, qui s’est battue pour les droits des femmes, et son père, plusieurs fois emprisonné pour avoir dénoncé la brutalité et la corruption des pouvoirs militaires dans les années 1970 et 1980.  (...)


Avec ce nouvel album, vous célébrez les penseurs et acteurs des indépendances africaines. Redoutez-vous qu’ils soient oubliés par la jeune génération ?


Seun Kuti:  L’histoire, la pensée et les acteurs des mouvements de libération me semblent largement oubliés. Que reste-t-il des idéologies libératrices de l’Afrique dans nos livres scolaires, dans nos médias, dans nos films ? La libération de l’Afrique a été une longue lutte et une période féconde sur le plan intellectuel, dont nous devons nous inspirer aujourd’hui.


Ces grands intellectuels ont été trahis par la plupart des dirigeants post-indépendance, qui ont saboté notre héritage. J’ai souhaité rappeler ce pan de notre histoire en musique. A ma manière, je souhaite interpeller les consciences des jeunes Africains et contrer le récit de cette nouvelle élite africaine responsable, selon moi, de notre appauvrissement intellectuel et qui ne veut surtout pas comprendre et diffuser le vrai message de la libération africaine.


Vous chantez « Lift up to be free », « se soulever pour être libre ». A quel soulèvement faites-vous allusion ?


Je ne pense pas à des manifestations. Je pense que nous, Africains du peuple, devons nous organiser, nous stimuler pour agir. Il nous faut relire nos aînés, comme l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop, qui a démontré scientifiquement combien l’Afrique subsaharienne a contribué à la civilisation mondiale. Il faut relire les panafricanistes tels que l’Afro-Américain Amos N. Wilson, le Ghanéen Kwame Nkrumah [premier président du Ghana], tirer des leçons de la vie de Patrice Lumumba [premier chef de gouvernement du Congo-Kinshasa, assassiné le 17 janvier 1961] et d’autres pionniers.


(...) Quelles personnalités politiques contemporaines du continent vous inspirent ?


Julius Malema, le leader des Combattants pour la liberté économique (EFF), en Afrique du Sud. Son combat me semble le bon. Il m’intéresse plus que le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa, adulé par l’élite africaine, car il est l’un des leurs, un homme d’affaires prospère et individualiste. Il y a beaucoup d’autres Julius Malema qu’on ne connaît pas en Afrique, car ils n’ont pas d’exposition médiatique. Mais j’ai envie de croire à une nouvelle génération d’acteurs politiques au service de leur peuple.


Vous êtes très critique, mais ne pensez-vous pas que le succès de votre compatriote Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, inspire une partie de la jeunesse et fait plus rêver que Kwame Nkrumah ?


C’est en effet une tendance urbaine. L’agenda ultralibéral qui est mis en œuvre en Afrique ne rencontre pas beaucoup de résistance, alors il avance. Et l’élite africaine accumule des richesses, s’offre des jets privés, des palais à Londres, à Dubaï, à Paris ou au Cap. Ce qui peut faire rêver sur un continent où la grande majorité des jeunes survivent.


On retrouve ces nantis parlant au nom de l’Afrique lors de sommets et conférences. Mais que font-ils vraiment pour les Africains ? Aliko Dangote et ses amis milliardaires sont validés, autorisés, encouragés par les différentes institutions d’influence politique, économique, religieuse… Mais ces oligarques africains, portés au pinacle par la presse occidentale, ne construisent pas grand-chose pour leur pays. Ils défendent d’abord leurs intérêts et s’assurent du soutien de leurs chefs d’Etat respectifs, qui les aident et leur donnent le droit de s’enrichir en exploitant des ressources naturelles.


Aliko Dangote a une fortune estimée à 14 milliards de dollars [plus de 11 milliards d’euros], mais à quoi cela sert-il si son peuple vit dans la misère ? Lorsqu’il daigne partager des miettes de sa fortune pour des œuvres philanthropiques, tout le monde le remercie et le félicite. Mais la grande majorité des Nigérians souffre. (...)


Cette élite présentée comme la réussite de l’Afrique est, pour moi, l’incarnation de l’échec, de l’égoïsme et de la perte d’identité africaine. Car elle a démontré son incapacité à transformer les sociétés. On a besoin d’éducation, de centres de soins, de logements… Ils ont des milliards et les gardent pour eux. (...)


Vous avez composé votre album à Lagos. Votre ville natale est parfois réduite au statut de capitale de l’afro-capitalisme, où l’étalage de la richesse dans des quartiers comme Victoria Island est la norme. Quel est votre rapport à Lagos ?


 Je ne vais que très rarement à Victoria Island, car ce que vous décrivez est tout ce que je déteste et dénonce. Il y a comme un mur mental créé et rehaussé par une élite souvent corrompue. Lagos est ma ville, ma maison. Je vis toujours au milieu des miens, à cinq minutes de là où j’ai grandi, dans le quartier populaire d’Ikeja. Je ne crois pas dans le luxe, je n’ai pas besoin de Gucci, de palais, de yachts et de jets privés. Au matérialisme, je préfère la simplicité des gens de mon quartier dont je m’entoure car ils m’aident à capter l’énergie nécessaire à ma création. (...)

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À Dakar, les Soninkés rappellent leur passé glorieux et la richesse de leurs cultures

À Dakar, les Soninkés rappellent leur passé glorieux et la richesse de leurs cultures | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Dakar s’est transformé, du 21 au 25 février, en capitale de la culture soninké. Cette ethnie à l’âme voyageuse a vu sa diaspora régionale, continentale et même mondiale rallier la presqu’île du Cap-Vert pour la 5e édition du Festival international soninké (FISO). La liste – non exhaustive – des pays représentés lors de ce FISO parle d’elle-même : Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau et Conakry, Côte d’Ivoire, RDC, Angola, Égypte, France, Espagne, États-Unis…

Pour les initiateurs de l’événement, il s’agissait de rappeler la grande histoire, si souvent méconnue, de cette communauté qui a fondé et dirigé les premiers empires ouest-africains, du Wagadou, l’autre nom de l’Empire du Ghana.


C’était d’ailleurs le thème central de cette édition : « Le Wagadou, premier empire africain, hier, aujourd’hui, demain ». Les conférenciers ont mis en évidence le rayonnement de ces organisations politiques sur une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que l’héritage culturel qui a imprégné toute les sociétés ouest-africaines, tels que l’apparition des corps de métier, l’organisation militaire ou encore le cousinage à plaisanterie.


La préservation de la langue soninké a également été au centre d’ateliers qui ont ponctué les trois journées du festival. Un aspect « extrêmement important pour nous », insiste Idrissa Diabira, président du Wagadou Jiida (« Renaissance du Wagadou »), l’Association de la communauté soninké au Sénégal créée en 1985 et maître d’œuvre du FISO 2018. « Chaque année, selon l’Unesco, une dizaine de langues disparaissent. Or, la langue est la colonne vertébrale de la culture », martèle-t-il. La manifestation culturelle a d’ailleurs coïncidé avec la Journée internationale des langues maternelles instituée par l’Unesco.


(...) Au Sénégal, les principaux foyers de peuplement soninkés sont notamment situés dans la vallée du fleuve Sénégal, à Bakel (correspondant à la province du Gadiaga), au Fouta (le Haïré), dans le Boundou (entre Tambacounda et la Gambie) et à Vélingara, en Casamance. Ils sont essentiellement établis dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali. Cette région constitue, avec une petite partie du sud-ouest mauritanien, le Guidimakha.


Ces différents foyers alimentent depuis la fin de la première moitié du vingtième siècle les dynamiques d’émigration soninkés en direction de l’Afrique centrale (vers les deux Congo) et, surtout, vers la France, à partir des années 1950.


Réputés pour leur attachement aux valeurs fondatrices de leur culture – discrétion, solidarité, respect des anciens, etc. -, les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires, souvent laissées pour compte par les pouvoirs centraux.


Par Amadou Oury Diallo


> Lire aussi: L’histoire de Wagadou ou Empire du Ghana: Premier Empire de l’Afrique Noire

http://www.soninkara.org/histoire-soninke/lhistoire-de-wagadou-ou-empire-du-ghana-premier-empire-de-lafrique-noire-883.html

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Ndate Yalla Mbodj, la reine Wolof qui s'opposa à l'invasion coloniale

Ndate Yalla Mbodj, la reine Wolof qui s'opposa à l'invasion coloniale | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Au 19e siècle, cette femme forte refusa de se soumettre à la présence française et demeure une figure … Lire l'article
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The Humans magazine's curator insight, March 5, 9:53 AM
Parce qu'on ne nous a pas appris cette version là de l'histoire... Et que ça nous change de ce qu'on entend sur "la femme africaine" 
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Un coup d’œil par-dessus l’épaule des espions français en Afrique | Le Monde

Un coup d’œil par-dessus l’épaule des espions français en Afrique | Le Monde | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Les ex-puissances coloniales adorent se convaincre qu’elles pèsent encore sur leur ancien empire. La France n’y échappe pas. C’est la principale leçon de Nos chers espions en Afrique, un petit livre, vif et éclairant, sur l’activité des renseignements français sur le continent. Coécrit par un journaliste expérimenté, Antoine Glaser, qui observe depuis longtemps la Françafrique, et son confrère Thomas Hofnung (chroniqueur du Monde Afrique) dont l’intérêt pour le continent africain a croisé celui pour les questions de défense, cet ouvrage brosse avec prudence le portrait d’un monde qui n’aime guère la lumière.

S’il ne manque pas d’évoquer le rôle fondateur de Jacques Foccart, l’homme de l’ombre du général de Gaulle, dans la création de cette fameuse Françafrique qui a structuré les relations entre ce continent et la France, le livre n’a pas l’ambition de brosser l’histoire des relations secrètes entre Paris et ses anciennes colonies, ce qui pourra décevoir certains lecteurs. Le travail des deux auteurs tend plutôt à livrer la photographie la plus contemporaine de l’action clandestine de la France en Afrique...[VIDEO]


Via musée du quai Branly - Jacques Chirac
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Musée de Grenoble : des mois de préparation pour une exposition inédite sur l'Egypte antique

Musée de Grenoble : des mois de préparation pour une exposition inédite sur l'Egypte antique | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Le musée de Grenoble proposera à partir de la fin du mois d’octobre 2018 une exposition événement consacrée à l’Egypte antique. Une exposition qui se prépare depuis des mois car il faut tenir compte de la fragilité des objets qui seront présentés.

Via Francis Fiesinger Pro
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Francis Fiesinger Pro's curator insight, August 31, 5:21 AM

musée de Grenoble bientôt a l'ère égyptienne

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Kofi Annan et l’Afrique : la cicatrice du génocide, les succès d’un diplomate –

Kofi Annan et l’Afrique : la cicatrice du génocide, les succès d’un diplomate – | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Premier secrétaire général des Nations unies originaire d'Afrique sub-saharienne, le Ghanéen Kofi Annan, décédé le 18 août à 80 ans, aura connu sur le continent l'un des pires moments de sa carrière avec le génocide des Tutsis au Rwanda et plusieurs de ses plus belles réussites de diplomate.
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« En nous taisant sur l’homophobie au Sénégal, nous entérinons l’idée que toutes les vies ne se valent pas »

« En nous taisant sur l’homophobie au Sénégal, nous entérinons l’idée que toutes les vies ne se valent pas » | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Pour la première fois, notre chroniqueur aborde un sujet qu’il a toujours soigneusement évité, car « socialement risqué ».


Lauréat du Prix littérature-monde qui lui sera remis dimanche 20 mai au festival Etonnants Voyageurs, à Saint-Malo, l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, 28 ans, vient de publier son troisième roman, De purs hommes, aux éditions Philippe Rey et Jimsaan. Un livre particulièrement courageux puisqu’il traite de l’homosexualité au Sénégal et interpelle sur l’homophobie qui gangrène notre société.


De fait, au « pays de la teranga » (l’hospitalité, en wolof), il n’y a pas d’un côté des conservateurs homophobes et de l’autre des progressistes qui défendent la libre orientation sexuelle de tout homme. Même chez les intellectuels, artistes et militants de la démocratie existe une homophobie assumée. Certains n’hésitent pas à prôner le meurtre des gays, le prétexte pouvant être la religion ou une illusoire pureté nationale à conserver face aux assauts culturels de l’Occident qui voudrait « nous imposer ses règles ».


Ici, on peut détourner les deniers publics, violer une femme et garder toute sa place dans l’espace public. Mais il suffit qu’un politique, journaliste ou intellectuel soit accusé d’homosexualité pour que soit signé son arrêt de mort sociale. Dire de quelqu’un qu’il est homosexuel est pire qu’une insulte, c’est un appel au meurtre social. Feu le journaliste Tamsir Jupiter Ndiaye, dont l’homosexualité avait été révélée, n’avait jamais pu se relever du lynchage médiatique dont il fut victime. Sa mort sociale avait précédé de peu sa disparition physique. (...)

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Des réfugiés à Cannes avec le "Robin des bois" des migrants Cédric Herrou

Des réfugiés à Cannes avec le "Robin des bois" des migrants Cédric Herrou | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Venus du Soudan, du Mali, une poignée de réfugiés ont monté jeudi les marches du Festival de Cannes avec l'agriculteur défenseur des migrants Cédric Herrou, dont le combat est retracé dans le documentaire "Libre" projeté en soirée.

Ce producteur d'olives bio de la vallée de la Roya, installé sur les pentes rocailleuses à la frontière franco-italienne, s'est fait connaître en accueillant des réfugiés et en les aidant à déposer des demandes d'asile en France. Il a été condamné l'été dernier à quatre mois de prison avec sursis pour aide à l'immigration clandestine, mais il continue à accueillir des migrants.

Le documentaire "Libre", réalisé par Michel Toesca, suit le trentenaire barbu à lunettes au fil des mois. (...) Ce film d'1h40, en salles le 26 septembre, était présenté hors compétition dans une édition cannoise où les thématiques sociales et politiques ont tenu le haut du pavé, cinquante ans après mai 68. Pour continuer à médiatiser ce "combat pour la vie", Cédric Herrou et Michel Toesca étaient accompagnés de demandeurs d'asile.


(...) "Pour ces personnes migrantes, la Roya est devenue une terre d'asile, c'est l'endroit où on est soigné, protégé, considéré. Ce sont des personnes qui ont envie de se déclarer en préfecture, qui ont envie de sortir de la clandestinité", ajoute Céédric Herrou.


"J'ai fait des erreurs, j'ai agi impulsivement, je ne regrette pas ce que j'ai fait, mais j'aurais dû faire les choses différemment. Aujourd'hui je fais les mêmes choses, mais légalement", assure l'agriculteur qui, après quelques mois d'accalmie, voit de nouveau arriver des migrants chez lui: "Il y en a eu quinze cette nuit, il y en a une cinquantaine par semaine, venus du Soudan, d'Erythrée, un peu du Tchad... Beaucoup de gens très fatigués".


Cédric Herrou, en les accueillant, "se substitue à l’État", estime pour sa part Michel Toesca.


Pour le cinéaste, lui-même installé dans la vallée de la Roya, ce documentaire "n'est pas un film militant". "Il y a quelque chose qui me dérange dans le militantisme, c'est le mot d'ordre. Pour moi, c'est un film politique (...). Cédric n'a jamais été un militant, moi non plus, c'est simplement une réaction humaine".


> Lire aussi: https://www.politis.fr/blogs/2018/05/libre-de-michel-toesca-selection-officielle-seances-speciales-34246/

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Migrants et esclaves : ces Européens qui se ruaient vers les côtes africaines

Migrants et esclaves : ces Européens qui se ruaient vers les côtes africaines | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Des témoignages du XIXᵉ siècle révèlent que le Maghreb attirait de nombreux sujets italiens, français, espagnols ou grecs qui fuyaient la misère.
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Album jeunesse : un drôle d’oiseau à Porto-Novo

Album jeunesse : un drôle d’oiseau à Porto-Novo | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
La chronique BD de Kidi Bebey. Deux garçons cherchent un oiseau qu’ils croient avoir blessé… et découvrent une vieille femme. Une aventure à la fois réaliste et pleine de mystère.
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 Cameroun examine le modèle suisse de bilinguisme

Le Cameroun a recu une delegation Suisse pour échanger sur la gestion du bilinguisme et du multiculturalisme de la

Via CCI International Normandie , Mathieu Deffontaines
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Vandana Shiva : " Les femmes sont les ultimes combattantes pour la Terre"

Vandana Shiva : " Les femmes sont les ultimes combattantes pour la Terre" | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Dans cet entretien vidéo exclusif, l’écologiste et féministe indienne Vandana Shiva revient sur la nécessite de donner plus de pouvoirs et de responsabilités aux femmes. Car, soucieuses des autres, de leurs familles et de l’avenir, ce sont souvent elles qui sont en première ligne des combats et des mobilisations sociales et écologiques. 

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La signification des noms des pays Africains

La signification des noms des pays Africains | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
Algérie Le nom vient du nom de la ville d’Alger (via le catalan Aldjère), du mot arabe الجزائر (al-gaza’ir), signifiant « les îles » et se référant aux quatre îles au large de la ville jusqu’à ce q…

Via Mathieu Deffontaines
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Mathieu Deffontaines's curator insight, March 9, 2:29 AM
Parcourons l'Afrique pour (re)découvrir l'origine du nom de tous les pays du continent...
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Restitution des biens culturels pillés par la France : les dirigeants africains sont-ils prêts ? | Courrier International

Restitution des biens culturels pillés par la France : les dirigeants africains sont-ils prêts ? | Courrier International | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it

Lors d’une rencontre avec le président béninois lundi 5 mars à Paris, Emmanuel Macron a lancé une mission pour la restitution aux pays africains d’œuvres pillées par la France. Saluant cette volonté du chef d’État, cet éditorialiste burkinabé se demande toutefois si les dirigeants africains sont soucieux de préserver et de valoriser ces biens...


Via musée du quai Branly - Jacques Chirac
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A-t-on reconstitué le véritable visage de Néfertiti ?

A-t-on reconstitué le véritable visage de Néfertiti ? | Afrique: Histoire , Art et Culture | Scoop.it
La reconstitution faciale de la momie Younger Lady ressemble effectivement au buste original de Néfertiti. Peut-elle être la mère de Toutankhamon ?

Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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