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(le point) Fukushima

(le point) Fukushima | 40k | Scoop.it

Ça m’est tombé dessus comme ça, alors que je n’avais rien demandé. « Ah, il est absent cette semaine, il est parti à Fukushima », me dit-on il y a quelques jours d’un collègue militant écologiste. Enfin, « me dit-on », le mot est faible. Je devrais peut-être plutôt dire : me glisse-t-on avec gravité et avec une lueur respectueuse dans les yeux.


Via marcvasseur
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Si vous êtes pas­sion­nés de photo

Si vous êtes pas­sion­nés de photo | 40k | Scoop.it
Opinions Libres - Le Blog d'Olivier Ezratty

Lytro va-t-il révolutionner la photographie numérique ?

Post de Olivier Ezratty du 24 juin 2011 - Tags : Innovation,Photo numérique,Silicon Valley,Startups,Technologie,USA | 14 Comments

Si vous êtes pas­sion­nés de photo, vous n’avez pas pu pas­ser à côté du buzz de la semaine concer­nant la star­tup Lytro.

Le buzz autour de Lytro s’explique par l’innovation de cette star­tup qui pour­rait révo­lu­tion­ner le mar­ché de la pho­to­gra­phie numé­rique. Il s’agit d’un pro­cédé per­met­tant de prendre des pho­tos sans se sou­cier de la mise au point et de la pro­fon­deur de champs. Il per­met de régler ces para­mètres par logi­ciels après avoir pris la photo, par exemple pour choi­sir où la mise au point doit être faite comme dans l’exemple ci-dessous. On parle d’appareil photo “plénoptique”.

Lytro example

L’annonce du 21 juin 2011 était double :

Une levée de fonds qui tota­lise les inves­tis­se­ments dans cette société à $50m. Les inves­tis­seurs sont K9 Ven­tures (amor­çage), Grey­lock Part­ners (seed), NEA (série A) et Andree­seen Horo­vitz (der­nier tour de $37m). A ce jour, l’article le plus détaillé sur Lytro a été publié dans le New York Times.
Une annonce du lan­ce­ment du pre­mier appa­reil photo de Lytro d’ici la fin 2011. Ce qui veut dire que sa concep­tion est déjà bien avancée.

Je ne peux m’empêcher d’écrire un article sur ce sujet pas­sion­nant. Ce, pour au moins trois rai­sons en plus de ma pas­sion pour la pho­to­gra­phie numérique :

Nous sommes face à un cycle clas­sique “comme dans les livres” de l’innovation tech­no­lo­gique qui démarre avec une thèse de doc­to­rat réa­li­sée à Stan­ford et publiée en 2006, une publi­ca­tion scien­ti­fique, un pro­to­ty­page en labo­ra­toire, la créa­tion d’une star­tup, puis l’industrialisation du pro­cédé. Un pro­cédé “game chan­ger” qui peut poten­tiel­le­ment révo­lu­tion­ner toute une industrie.
Le pro­cédé est très inté­res­sant d’un point de vue tech­nique. Il faut par­cou­rir les 187 pages de la thèse du créa­teur de Lytro pour (ten­ter de) com­prendre les enjeux et la pra­ti­cité de cette inven­tion. Quand on y regarde de plus près, on com­mence à com­prendre com­ment cela fonc­tionne, la valeur d’usage du pro­cédé et quelques-unes de ses limitations.
La société a levé $50m auprès de VCs, en trois tours de finan­ce­ment. On est aux USA, pas en France ! Sky is the limit ! Et la stra­té­gie d’industrialisation de Lytro est intéressante.

Le pro­cédé tech­nique de l’appareil photo plénoptique

On se demande évidem­ment, “com­ment ça marche ?”. Après avoir lu la thèse, je pense avoir com­pris, mais… ne suis pas sûr à 100%. Cela demande des notions d’optique (restes de classe pré­pa­ra­toires…) et de mathé­ma­tiques (trans­for­mées de Four­rier et com­pa­gnie). Alors, il me faut reprendre par inté­rim ma cas­quette d’ingénieur généraliste.

Le prin­cipe repose sur le fait que les cap­teurs photo actuels n’enregistrent que la lumi­no­sité qui arrive sur leur plan. La lumière qui arrive sur le cap­teur com­prend bien plus d’informations que cela. Elle est com­po­sée de rayons qui arrivent sur le cap­teur avec plu­sieurs inci­dences. Selon l’incidence, le rayon ne pro­vient pas du même endroit et a par­couru un che­min dif­fé­rent qui dépend de la posi­tion des dif­fé­rents éléments optiques de l’objectif. Lorsqu’un point qui se situe dans le plan de focale - la zone où l’image va être nette – il émet un cône de lumière qui va entrer dans l’objectif et conver­ger sur un point dans le cap­teur. Un point (lumi­neux et visible de l’appareil photo) qui est hors de ce plan va géné­rer un cône de lumière conver­geant soit avant soit après le cap­teur dans l’appareil photo. Au lieu de géné­rer un point sur le cap­teur, il va géné­rer un cercle flou. D’où les flous d’arrière ou d’avant plan des images prises avec une grande ouver­ture, sur­tout sur les réflex.

L’appareil photo plé­nop­tique capte les rayons lumi­neux qui arrivent sur le cap­teur (et pour chaque cou­leur pri­maire) mais en plus de leur lumi­no­sité, l’angle d’incidence des rayons. Ainsi, un point hors du plan de focale va-t-il géné­rer une tâche de lumière dont chaque point pré­sen­tera une inci­dence repré­sen­tant le cône de lumière entrant dans le cap­teur. La cap­ta­tion des rayons lumi­neux et de leur inci­dence sert à enre­gis­trer un champ lumi­neux dans son ensemble et pas seule­ment la lumi­nance arri­vant sur le plan du capteur.

Le pro­cédé exploite un masque de micro­len­tilles qui est placé devant un cap­teur pho­to­sen­sible CMOS ou CCD clas­sique. Chaque micro­len­tille couvre un carré de plu­sieurs pixels. Elle va per­mettre d’enregistrer sur une zone non pas plu­sieurs pixels, mais la mesure de la lumière sous plu­sieurs inci­dences qui arrive à cet endroit là. Une trans­for­mée de Four­rier logi­cielle est ensuite appli­quée aux pixels enre­gis­trés pour recons­truire l’image cor­recte et modi­fier ses para­mètres pour contrô­ler la pro­fon­deur de champ et la net­teté. Il faut donc un logi­ciel spé­ci­fique pour trai­ter l’image. Notons que les appa­reils pho­tos uti­lisent déjà des micro­len­tilles, mais une seule par pixel, pour mieux concen­trer la lumière des­sus et gagner en sen­si­bi­lité (schéma ci-dessous).

Microlentilles capteur Canon 5D II

Le logi­ciel de recons­truc­tion des images uti­lise un algo­rithme de “ray tra­cing” simi­laire à ceux que l’on emploie dans la géné­ra­tion d’images de syn­thèses. On part du plan du cap­teur, on lance (vir­tuel­le­ment) des rayons à l’incidence choi­sie (qui va déter­mi­ner ce qui est net et flou dans la photo) et on obtient une lumi­no­sité cor­res­pon­dante (et pour chaque cou­leur primaire).

Lytro process explained 1

Les pho­tos doivent être prises avec une ouver­ture autour de f/4 pour béné­fi­cier du maxi­mum de rayons lumi­neux qui arrivent sur le cap­teur dans plu­sieurs direc­tions. Avec une trop petite ouver­ture, les rayons sont trop direc­tion­nels (schéma ci-dessous, à droite) et avec une trop grande ouver­ture (ci-dessous à gauche), les rayons débordent sur les zones adja­centes. Mais l’ouverture opti­male dépend de la focale de l’optique et donc du fac­teur d’agrandissement dans le cas d’un zoom. Ceci pou­vant être cal­culé auto­ma­ti­que­ment sans inter­ven­tion de l’utilisateur. Les pho­tos seront théo­ri­que­ment plus rapides à prendre car il n’y a pas besoin de faire la mise au point. La mise au point sera peut-être rem­pla­cée par un cal­cul d’ouverture auto­ma­tique qui va opti­mi­ser l’éclairage des lentilles.

L’absence de besoin de mise au point est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant pour les appa­reils com­pacts qui sont assez lents dans ce domaine. Tout devrait être auto­ma­tique. Et en mode “manuel”, l’utilisateur ne tou­chera visi­ble­ment pas à l’ouverture. Il pourra donc modi­fier les deux autres para­mètres clés que sont la sen­si­bi­lité (de 100 à 3200 ISO en géné­ral) et le temps de pose. Avec une ouver­ture de 4 en moyenne, on sera sou­vent un peu juste en basse lumière. Il fau­dra mon­ter à 3200 ISO et avoir un temps de pose infé­rieur à 1/60s sus­cep­tible de géné­rer un flou de bou­ger (de l’appareil ou des per­sonnes à pho­to­gra­phier) qui n’est pas facile à trai­ter par logi­ciel. Pour­tant, dans sa lit­té­ra­ture, la société indique que l’appareil plé­nop­tique est très per­for­mant en basse lumière.

Lytro process explained 2

Au pas­sage, la thèse indique que le logi­ciel de trai­te­ment de l’image des appa­reils plé­nop­tiques per­met­tra de mieux cor­ri­ger les aber­ra­tions des optiques, ce phé­no­mène qui créé des franges de cou­leurs sur le bord des objets dans cer­taines conditions.

Il sem­ble­rait qu’il faille dyna­mi­que­ment régler la dis­tance entre le cap­teur et le réseau len­ti­cu­laire. Donc un réglage en rem­place un autre. S’il est auto­ma­tique, cela ne posera pas de pro­blème à l’utilisateur.

Est-ce qu’il y aura un impact sur les objec­tifs ? A priori non car le sys­tème sem­bler fonc­tion­ner avec toutes les optiques : télé, grand angle et macro. Par contre, les para­mètres pré­cis de chaque optique devront être inté­grés au logi­ciel pour le trai­te­ment des pho­tos. Un peu comme le font des logi­ciels tels que ceux de DxO ou bien Ligh­troom et Pho­to­shop chez Adobe pour cor­ri­ger les défor­ma­tions et aber­ra­tions connues des optiques des appa­reils réflex.

Où est le lézard ?

L’inconvénient prin­ci­pal de cette tech­no­lo­gie semble être la faible réso­lu­tion des images pro­duites. Plu­sieurs pixels du cap­teur sont néces­saires pour cap­ter un pixel d’image final. Cette dimi­nu­tion de réso­lu­tion est envi­sa­geable grâce à l’augmentation constante – et par­fois absurde – du nombre de pixels des cap­teurs photo.

Le pre­mier pro­to­type a été réa­lisé en 2006 avec un appa­reil photo à grand cap­teur Kodak de 16 Mpixels, ce qui était le top à ce moment-là. Le test uti­li­sait des micro­len­tilles qui cou­vraient des car­rés de 14 pixels de côté, ce qui donne une réso­lu­tion de 7 angles dif­fé­rents dans toutes les direc­tions pour la mesure de l’incidence des rayons lumi­neux. Cela donne 196 pho­to­sites par micro­len­tille, ce qui rédui­sait la réso­lu­tion de la photo à 87K pixels ce qui est très faible. La thèse évoque le besoin d’avoir des cap­teurs de 100 mpixels, ce qui don­ne­rait au final 500K pixels, ce qui est assez faible. En pas­sant à 8 pixels de côté pour la taille des len­tilles, on abou­ti­rait à une image résul­tante de 1,5 mpixels ce qui com­men­ce­rait à être accep­table. Sachant qu’il faut au mini­mum 1 mpixels pour impri­mer une photo au for­mat A5 et 2 mpixels pour la A4.

Mais on est loin d’avoir 100 mpixels sous la main ! On voit là une limite claire du pro­cédé avec l’état de l’art actuel des cap­teurs pho­to­gra­phiques ! Les appa­reils haut de gamme de stu­dio type Has­sel­blad grand for­mat ont des cap­teurs Kodak qui montent à 50mpixels voire 80 mpixels. Canon a aussi annoncé avoir pro­to­typé un cap­teur de réflex APS-H de 120 mpixels en août 2010, mais sans pou­voir indi­quer de date de com­mer­cia­li­sa­tion. Quand à avoir 100 mpixels dans un cap­teur d’appareil com­pact, beau­coup plus petit, cela don­ne­rait des pho­to­sites très petits et donc très peu sensibles.

Ter­mi­nons cette des­crip­tion tech­nique sur une ana­lo­gie avec le pro­cédé des réseaux len­ti­cu­laires pour affi­cher des images 3D sans lunettes, comme chez Alio­scopy. C’est en exa­gé­rant un peu le même type de pro­cédé mais à l’envers, pour l’affichage au lieu de la cap­ture d’image. Et le réseau len­ti­cu­laire des écrans 3D autos­té­réo­sco­piques (ne néces­si­tant pas de lunettes) est consti­tué de len­tilles ver­ti­cales fai­sant la hau­teur de l’écran, et pas de len­tilles cir­cu­laires, plus nombreuses.

L’analogie ne s’arrête pas là puisqu’en théo­rie, la tech­no­lo­gie de Lytro devrait théo­ri­que­ment per­mettre de recons­truire une vue 3D de la scène puisque chaque rayon peut remon­ter à sa source en pro­fon­deur (Z).

La valeur d’usage et les appli­ca­tions de l’appareil plénoptique

Alors, main­te­nant que vous avez tout com­pris sur son fonc­tion­ne­ment (heuh…), revenons-en aux basiques : cette tech­no­lo­gie est-elle “Nice to have” ou “must have” et pour qui ?

L’objectif de Lytro est de fabri­quer un appa­reil photo très grand public, plu­tôt for­mat “compact”.

Et l’on est face à quelques contra­dic­tions de ce point de vue là.

La pre­mière est que les notions de pro­fon­deurs de champs sont géné­ra­le­ment igno­rées par les pho­to­graphes ama­teurs équi­pées de com­pact. Pour­quoi donc ? Parce que la pro­fon­deur de champs est très grande dans les pho­tos prises sur mobiles et com­pacts (cf exemple ci-dessous à gauche où tout est net dans la photo). Elle n’est contrô­lable qu’avec les appa­reils réflex et les optiques à grande ouver­ture (cf exemple ci-dessous à droite, avec réflex plein for­mat). C’est une ques­tion de phy­sique et de taille de cap­teurs et d’optiques. Plus le cap­teur et l’optique sont petits, plus la pro­fon­deur de champs est grande. Ce qui donne des pho­tos où tout est net de l’avant à l’arrière-plan. Avec les réflex et une grande ouver­ture, on peut réduire la pro­fon­deur de champs, ce qui pré­sente deux avan­tages : l’un qui est artis­tique et qui valo­rise ce que l’on pho­to­gra­phie en ren­dant flou l’arrière-plan, et l’autre, pra­tique, car avec une grande ouver­ture on peut faire une “bonne” photo sans flash dans des condi­tions de basse lumière.

Photo nettePortrait avec profondeur de champs

La seconde est que les pho­tos devront être enre­gis­trées dans le for­mat RAW du cap­teur (et pas le JPEG) puisque le post-traitement de l’image requiert d’avoir une bonne pré­ci­sion dans l’éclairage de chaque pixel. En RAW, on stocke la lumi­no­sité de chaque pixel sur 12 à 14 bits selon les appa­reils alors qu’en JPEG, elle est de 8 bits et que l’image subit un trai­te­ment de com­pres­sion spa­tiale. Cela va alour­dir les trai­te­ments, néces­si­ter de la puis­sance machine sur ordi­na­teur per­son­nel et de l’espace de sto­ckage. Alors que les uti­li­sa­teurs d’appareils pho­tos com­pacts sont habi­tués à récu­pé­rer direc­te­ment leurs pho­tos JPEG en sor­tie d’appareils. Quand ce n’est pas pour les publier direc­te­ment sur Inter­net lorsqu’elles sont prises avec leur smartphone !

J’ai donc l’impression que le pro­cédé de Lytro fonc­tionne en fait mieux avec un réflex voire avec des appa­reils grand for­mat de stu­dio (et qui valent la peau des fesses) qu’avec des com­pacts. C’est d’ailleurs la seule manière à moyen terme d’employer des cap­teurs avec la très haute réso­lu­tion requise par le procédé.

Je ne serais pas étonné que l’appareil qui sor­tira en fin d’année fasse aux alen­tours de 20-24 mpixels avec un cap­teur assez grand que l’on trouve dans les appa­reils hybrides et plu­tôt carré vus les exemples four­nis sur leur site (à moins que ce ne soit un leurre). Et avec des micro­len­tilles de 6 à 8 pixels de côté, per­met­tant d’impressionner la gale­rie avec le pro­cédé mais sans pou­voir le gérer avec une grande finesse pour le contrôle de la pro­fon­deur de champs. Il y aura en tout cas sans doutes des com­pro­mis que nous décou­vri­rons à la sor­tie de l’appareil.

Signa­lons au pas­sage que ce pro­cédé ne peut pas fonc­tion­ner en mode vidéo. Pour­quoi donc ? Parce que les appa­reils pho­tos qui enre­gistrent de la vidéo font au mieux du 1080p (1920x1080 pixels), soit 2 mpixels, ce qui est bien insuf­fi­sant pour la mise en œuvre du pro­cédé. La super-haute défi­ni­tion du futur de la NHK dite 16K néces­site des cap­teurs de 32K pixels. Et elle génère des débits numé­riques mons­trueux impos­sibles de trai­ter dans un appa­reil photo avec l’état de l’art actuel des semi-conducteurs. Mais bon, le contrôle de la pro­fon­deur de champs empêche moins de vidéastes que de pho­to­graphes de dormir.

L’approche indus­trielle de Lytro

Bonne nou­velle : il ne s’agit pas de l’invention d’un nou­veau type de cap­teur, donc les pro­ces­sus exis­tants peuvent être conser­vés. A ceci près nous avons vu que le pro­cédé néces­site tout de même des cap­teurs de très très haute résolution.

Il faut “juste” insé­rer un filtre devant le cap­teur, l’histoire ne disant pas s’il faut conser­ver l’habituel filtre anti­alia­sing qui équipe les appa­reils pho­tos, sauf excep­tions comme dans le LEICA M9. Il semble cepen­dant qu’il fau­dra pou­voir contrô­ler méca­ni­que­ment et avec pré­ci­sion la posi­tion du filtre lenticulaire.

Of course, l’ensemble va néces­si­ter du logi­ciel pour récu­pé­rer les images et défi­nir mise au point et pro­fon­deur de champs !

Lytro explained

Pour dif­fu­ser la tech­no­lo­gie, la société avait en gros deux options devant elle :

Créer une tech­no­lo­gie ven­due sous licence aux fabri­cants d’appareils pho­tos, et aussi la par­tie logi­cielle sous licence aux Adobe, Google et autres éditeurs de logiciels.
Conce­voir ses propres appa­reils pho­tos et aussi les logi­ciels qui vont avec. Choix cornélien.

Le pre­mier choix est per­ti­nent si la tech­no­lo­gie est ame­née à se géné­ra­li­ser et devient un “must have”. Mais avant qu’elle le soit, il faut qu’elle soit éprou­vée. Le second choix, qui semble a été retenu par la société, consis­tera à com­mer­cia­li­ser un appa­reil photo com­pact uti­li­sant le pro­cédé. Et pro­ba­ble­ment avec une optique zoom fixe et non pas inter­chan­geable. L’appareil sera fabri­qué en sous-traitance à Taï­wan. Les limites théo­riques du pro­cédé can­ton­ne­ront pro­ba­ble­ment l’usage de l’appareil à quelques domaines au début de sa car­rière. Si l’usage peut être géné­ra­lisé, les grands de la photo vou­dront sans doutes s’approprier le pro­cédé pour l’intégrer à leurs appa­reils. Sur­tout dans la mesure où cela ne semble pas remettre sérieu­se­ment en cause les pro­ces­sus habi­tuels de fabri­ca­tion d’appareils photos.

Cette aven­ture inté­res­sante ne semble pos­sible qu’aux USA tel­le­ment les moyens néces­saires (et la prise de risque) sont impor­tants ! Ce, d’autant plus que l’industrie amé­ri­caine est qua­si­ment inexis­tante dans la photo numé­rique, domi­née par les japo­nais. Sauf quelques rares excep­tions comme avec les cap­teurs de Kodak.

Ima­gi­nez un cher­cheur de SupOp­tique qui pon­drait la thèse de Ren Ng et qui cher­che­rait à révo­lu­tion­ner la pho­to­gra­phie numé­rique. Il obtien­drait 30K€ d’Oséo pour son pro­to­type, un prêt d’honneur de 60K€ chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive ou dans le Réseau Entre­prendre (avec deux asso­ciés), puis une avance rem­bour­sable de 200K€ et/ou une sub­ven­tion de 450K€ gagnée au concours de l’entreprise inno­vante toutes deux condi­tion­nées par des fonds propres équi­va­lents. Il irait voir des busi­ness angels qui met­traient 300K€ pour voir, et ensuite des VCs qui iraient jusqu’à 5m€ dans un pre­mier temps. Cela ne serait pas impos­sible d’obtenir les moyens de Lytro, mais cela serait bien plus dif­fi­cile qu’aux USA.

L’équipe de Lytro

Ter­mi­nons avec quelques mots sur l’équipe de cette star­tup. Son fon­da­teur est Ren Hg, 31 ans, qui est l’auteur de la thèse de Stan­ford de 2006 décri­vant le pro­cédé. Cela veut dire que le gars cra­vache depuis cinq ans pour avan­cer et pro­to­ty­per son appa­reil photo révolutionnaire.

La société compte déjà plus de 40 per­sonnes. Son CTO est Kurt Ake­ley, un ancien de Sili­con Gra­phics et de Micro­soft Research. L’équipe diri­geante est mixte avec 4 femmes sur 9 personnes.

Lytro team

Petits détails, la société a deux prix Nobel dans son Advi­sory Board et son Board com­prend un cofon­da­teur de TiVO.

Le siège de la société ? Moun­tain View, à deux pas de Google, Palo Alto et sa pompe à finan­ce­ment de Sand­hill Road, Stan­ford et tout le toutim !

Lien du blog Opinions Libres : http://www.oezratty.net/wordpress

Lien de l'article : http://www.oezratty.net/wordpress/2011/lytro-revolution-photographie-numerique/

(cc) Olivier Ezratty - http://www.oezratty.net
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Défiscalisation des "heures sup" : quel bilan ?

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En Serbie et Bosnie, les «Femmes en noir» pourchassent les haines nationalistes | Mediapart

En Serbie et Bosnie, les «Femmes en noir» pourchassent les haines nationalistes | Mediapart | 40k | Scoop.it
Dimanche 10 juillet au soir, à la veille des commémorations annuelles du massacre de Srebrenica, les Femmes en noir se sont rassemblées place de la République, dans le centre de Belgrade. Les Femmes en noir (leur site internet est ici), c'est un réseau de féministes et de pacifistes serbes, qui s'est créé il y a vingt ans, en septembre 1991. La guerre commençait alors à ravager l'ancienne Yougoslavie.

Une centaine de militant(e)s ont formé un immense cercle sur la place, portant sur de grandes banderoles blanches le nom des quelque 5.000 victimes déjà identifiées du génocide de Srebrenica. Trois femmes se sont relayées pour lire le nom des 614 nouvelles victimes identifiées qui ont été ensevelies le lendemain, au mémorial de Potočari. Puis, les unes après les autres, les femmes en noir ont déposé des roses blanches sur le sol. La foule passait, relativement indifférente.

Rassemblement des Femmes en noir à Belgrade pour la commémoration de juillet 2010.

Des adolescents ont demandé: «C'est quoi, c'truc? Chais pas»... Dans les programmes scolaires serbes, le massacre du 11 juillet 1995 n'est presque jamais évoqué et, selon de récentes enquêtes, plus de la moitié des Serbes mettraient toujours en doute sa réalité. Seule une vieille dame qui passait a insulté les militantes: «Honte à vous! Avez-vous la liste des victimes serbes?»

Les militantes ont mis le cap sur Srebrenica à 4 heures le lendemain matin, 11 juillet. Deux voitures de police ont escorté l'autocar jusqu'à la frontière de Bosnie, gyrophares et sirènes hurlant dans tous les villages traversés: les Femmes en noir sont toujours considérées par certains comme une «cinquième colonne» infiltrée en Serbie et on aurait pu craindre des provocations de l'extrême droite radicale. Lors de leur première tentative de participation aux cérémonies de 2002, les Femmes en noir de Belgrade avaient été bloquées après leur passage de la frontière par la police de la Republika Srpska, «l'entité serbe» de Bosnie-Herzégovine.

Cette année, le voyage s'est passé sans encombre. Dans le bus, la quarantaine de militantes plaisantent, en évoquant les actions passées et présentes du réseau: la solidarité avec la Palestine, la dénonciation des guerres d'Irak ou de Libye. «Nous sommes des femmes antifascistes et antimilitaristes», dit Ljilja, militante de la première heure.

Selma est originaire de Sarajevo et a épousé un Serbe de Belgrade, où elle vit toujours. Elle explique que les Femmes en noir étaient, quand elle a rejoint ce mouvement en 1994, le seul endroit où elle pouvait exprimer sa révolte contre la guerre. Ana est venue avec sept autres femmes de Leskovac, dans le sud de la Serbie, où les Femmes en noir disposent d'un groupe très actif, par ailleurs très engagé dans la lutte contre les violences domestiques...

À l'arrivée aux abords du mémorial de Potočari, l'autocar est bloqué dans un embouteillage géant. Comme chaque année, des dizaines de milliers de personnes convergent vers Srebrenica. Dans la foule, les Femmes en noir sont des stars. Des Bosniaques veulent être pris en photo avec elles.

On retrouve Sabina, une Bosniaque du nord du Monténégro, qui a longtemps été la seule Femme en noir du petit pays, mais qui est venue, cette année, avec une délégation d'une dizaine de personnes. Elle milite pour la reconnaissance des crimes commis par la police monténégrine, quand le régime de Milo Djukanović était totalement aligné sur la politique de Belgrade. Dans le Monténégro d'aujourd'hui, indépendant et «démocratique», ces épisodes demeurent couverts par un lourd silence.

Les Femmes en noir disposent d'un ultime privilège: c'est la seule organisation qui puisse déployer ses banderoles à l'intérieur du complexe du mémorial. Cette année, aucun représentant du gouvernement serbe n'a fait le déplacement. En visite à Sarajevo quelques jours plus tôt, le président serbe Boris Tadić avait pourtant tenu un discours − très attendu par l'Union européenne − sur la nécessaire «réconciliation régionale».

Lorsque la Yougoslavie s'est disloquée dans le sang, le pays comportait déjà une société civile singulièrement plus développée que dans les autres pays socialistes. La réelle ouverture du régime titiste avait permis la multiplication des échanges intellectuels avec le reste du monde. On lisait les mêmes livres, on discutait des mêmes sujets à Belgrade qu'à Paris ou à Londres.

L'éditeur Ivan Čolović s'apprête ainsi, cet automne, à fêter les quarante ans de sa collection «Biblioteka XX veka» (Bibliothèque du XXe siècle), qui a traduit tous les grands titres de la sociologie, de l'anthropologie et de la philosophie contemporaine. Le régime titiste ne connaissait qu'un seul «tabou», les questions nationales. Il craignait avant toute chose la résurrection des deux «grands» nationalismes rivaux de la Fédération, le serbe et le croate.

Ci-dessous, vidéo de Ratko Mladic, le 11 juillet 1995 à Srebrenica, juste avant le massacre: «Nous venons donner cette ville aux Serbes (...). Le temps est venu de prendre notre revanche sur les musulmans.» Mladic a été arrêté en mai.

En Serbie, certains des intellectuels critiques des années 1960 et 1970 se sont ralliés au nouveau courant nationaliste, prôné dès la décennie suivante par Slobodan Milošević. Le philosophe Mihailo Marković, l'un des piliers des «rencontres de Korčula», haut lieu du marxisme critique des années 1970, fréquentées par Herbert Marcuse, Jürgen Habermas ou le trotskyste Ernest Mandel, est ainsi devenu vice-président du parti socialiste de Serbie.

Mais la plupart des intellectuels et des artistes critiques se sont engagés contre la guerre et le nationalisme. Une fracture béante est apparue entre la Serbie «officielle» et cette «autre Serbie», hostile au nationalisme comme au retour des valeurs religieuses et à la dérive mafieuse du pays. Certaines figures importantes du communisme serbe ont refusé Milošević et rejoint les rangs de cette nouvelle dissidence.

Cette «autre Serbie» avait ses lieux de retrouvailles, depuis la place de la République, épicentre de toutes les manifestations antiguerre, jusqu'au «Centre de décontamination culturelle», dirigé par Borka Pavičević, qui a officiellement ouvert ses portes le 1er janvier 1995, comme lieu de rencontre de toutes les initiatives antiguerre.

Ces militants de la société civile et l'opposition politique organisée ne se sont retrouvés qu'en de «grandes occasions», comme les manifestations démocratiques de l'hiver 1996/97, ou celles qui ont mené à la chute de Milošević, cinq ans plus tard. Seule l'Alliance civique de Serbie (GDS), longtemps dirigée par Vesna Pešić, tenait lieu de «passerelle» entre la société civile critique et l'opposition politique.

Cette méfiance n'a pas disparu après la chute du régime de Slobodan Milošević, le 5 octobre 2000, même si certaines figures importantes de la société civile ont été «aspirées» par les fonctions officielles ou les cabinets ministériels. Ces dernières années, l'ancienne Alliance civique a fusionné avec quelques transfuges du Parti démocratique (DS), la formation de l'actuel président Boris Tadić, pour former le Parti libéral-démocratique (LDP), crédité d'environ 7% des voix, qui campe dans l'opposition.

Dans les années 1990, les pays occidentaux avaient à cœur de financer le développement de cette «Serbie démocratique», et les aides se sont multipliées. Depuis, les fonds européens ont pris le relais, permettant à certaines ONG de conserver des moyens importants, comme le Fonds pour le droit humanitaire de Nataša Kandić, ou le Comité Helsinki de Serbie, dirigé par Sonja Biserko.

Les militants de la société civile n'ont pourtant rien perdu de leur radicalité. Ils dénoncent l'absence de véritable «catharsis» dans la société serbe d'après-2000. Ils pointent le blanc-seing donné à l'Église orthodoxe serbe, qui pèse d'un poids toujours plus lourd dans la société, malgré ses connivences passées avec le régime de Milošević. Ils soutiennent même l'indépendance proclamée par le Kosovo en 2008! Ils estiment surtout que la «réconciliation» prônée par le président Tadić n'est qu'une illusion visant à faciliter l'intégration européenne, sans qu'un véritable travail de mémoire n'ait été mené sur les guerres et les crimes des années 1990.

Fin juin, une vive polémique a éclaté, après la publication par le fonds Biljana Kovačević-Vučo − une juriste militante prématurément décédée − d'une étude intitulée «Le détournement des institutions. Qui était qui en Serbie, 1987-2000»[1]. Cet ouvrage recense 1.000 collaborateurs présumés du régime de Milošević, présentés avec de courtes biographies.

Politiciens, mais aussi artistes, journalistes ou ecclésiastiques ont ainsi été «précipités sur le banc d'infamie», sans que leur réelle «collaboration» avec le régime ne soit toujours avérée. Il est vrai que la Serbie est probablement le seul pays post-communiste où aucune démarche de «lustration» n'a encore été engagée: beaucoup d'anciens cadres de l'époque communiste ont poursuivi leur carrière sous le régime de Milošević. Ils n'ont jamais fait l'objet d'un examen systématique de leurs responsabilités depuis la «révolution démocratique» de 2000.

Dans la Serbie démocratique de 2011, qui espère obtenir à l'automne prochain le statut de candidat à l'intégration européenne, cette mémoire du passé récent reste un immense problème.

Les «mauvais comptes» de la réconciliation

Ante Gotovina.
Ante Gotovina.© (dr)
Il en est de même dans les autres pays de l'ex-Yougoslavie. En témoigne le tollé provoqué par la condamnation, en avril, du général croate Ante Gotovina par le tribunal pénal international de La Haye (lire notre article ici et notre autre enquête ici sur la protection des services français dont il avait bénéficié durant des années). Début avril, une initiative visant à créer une commission Vérité et réconciliation régionale (REKOM), chargée d'établir les faits sur l'ensemble des guerres, a été lancée par un réseau d'ONG de toutes les républiques post-yougoslaves. Alors que le TPIY ou les tribunaux spéciaux chargés des crimes de guerre, dans les différents pays, doivent établir les responsabilités pénales personnelles des acteurs, le but de la commission serait de nature plus historique que juridique.

La campagne des ONG prévoyait la collecte d'un million de signatures. Fin juin, quand ces ONG se sont retrouvées à Sarajevo, l'objectif n'avait été atteint qu'à moitié: 500.000 signatures. Le petit Monténégro a «produit» pas moins de 30.057 signatures, le Kosovo a dépassé les objectifs qui lui avaient été assignés (100.559). Mais la Serbie et surtout la Bosnie-Herzégovine n'ont pas atteint leurs quotas avec, respectivement, 254.539 et 122.473 signatures, tandis que les résultats sont très mauvais en Croatie (19.668), et purement symboliques en Slovénie et en Macédoine[2].

Le sort de cette commission est désormais entre les mains des gouvernements de la région. C'est pour l'instant le président croate, le social-démocrate Ivo Josipovic, qui a manifesté le plus d'enthousiasme, mais il y a fort à craindre que le projet ne s'enlise, d'autant que les ONG qui le portent se sont écharpées sur le plus trivial des motifs: l'argent.

Plusieurs organisations ont reproché au Fonds du droit humanitaire de Belgrade d'avoir conservé la haute main sur tous les crédits accordés par les bailleurs internationaux pour soutenir la création de la REKOM. En Serbie, la polémique a rebondi dans la presse, certains dénonçant une «mafia des ONG». Il est vrai que ces fonds internationaux représentent, depuis des années, un énorme «marché» que contrôlent quelques ONG.

Les polémiques ont également porté sur le sens du projet. Le but de la REKOM est d'établir les faits, de recenser l'ensemble des crimes commis durant toutes les guerres yougoslaves, par tous les camps, sans grille de lecture préétablie. Le Comité Helsinki de Serbie avait au contraire réclamé, d'emblée, une approche plus «idéologique», définissant au départ «qui était l'agresseur» (soit, par un sous-entendu explicite, la Serbie de Milošević). Il a été rejoint par d'autres organisations, comme le Comité Helsinki de Croatie, le Centre d'information et de documentation de Sarajevo, dirigé par Mirsad Tokača, ou l'association des Mères de Srebrenica.

Certaines critiques venues de Croatie, de Bosnie ou de Serbie accusent même le projet REKOM de vouloir «recréer la Yougoslavie»! La Commission viserait à se placer «au-dessus» des lois et des institutions judiciaires des différents pays. Nataša Kandić, pilier de l'initiative REKOM, réfute ces critiques en rappelant que le but de la Commission n'est que d'établir les faits, laissant chaque pays libre d'en tirer des conséquences politiques ou judiciaires.

Cette indispensable «confrontation avec le passé» reste ainsi bien hypothétique. De surcroît, ces mouvements se trouvent de plus en plus en porte-à-faux par rapport à leurs sociétés, obnubilés par la perspective de l'intégration européenne, quitte à tourner un peu vite la page du passé et à se contenter de réconciliations de façade.

[1] Dušan Bogdanović, Zloupotrebljene institucije − Ko je bio ko u Srbiji 1987-2000, Fond Biljana Kovačević Vučo, Belgrade, juin 2011.

[2] Site de la coalition REKOM : http://www.zarekom.org
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