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Deuxième guerre mondiale - Suisse
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Ne pas voir qu’une facette dans la politique d’asile en Suisse

Depuis la Première Guerre mondiale, les autorités ont développé une politique discriminatoire pour limiter la présence juive en Suisse, considérée depuis 1933 comme un pays de transit qui ne peut pas accueillir les victimes juives des nazis. Sur cette base, l’accord avec l’Allemagne fut négocié et approuvé, tandis que les nazis forçaient leurs victimes juives à émigrer. A partir de l’hiver 1941-1942, ils s’engagent dans l’extermination des Juifs. Des informations assez précises parviennent aux autorités suisses. Des photographies de cadavres extraits de wagons sont envoyées à Berne en mai 1942 (dodis.ch/dds/8). Néanmoins, la politique gouvernementale reste celle qui est confirmée par la circulaire du 13 août 1942: «Ceux qui n’ont pris la fuite qu’en raison de leur race, les juifs par exemple, ne doivent pas être considérés comme réfugiés politiques» (dodis.ch/35326).

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Ruth Fivaz-Silbermann : "La Suisse n'a pas le don du travail de mémoire"

[Ruth Fivaz-Silbermann :] "Je suis revenu[e] de ce préjugé négatif vis-à-vis de Heinrich Rothmund [le directeur de la division de la police du Département de justice et police]. Il est vrai qu’il a pratiqué, dès 1938, une politique xénophobe, de fermeture. Mais il n’était pas antisémite. N’importe quel fonctionnaire, à sa place, aurait probablement agi de la même façon. A la mi-août 1942, lorsqu’il ordonne aux cantons de fermer les frontières, l’heure est à la panique générale et l’on craint un afflux de réfugiés incontrôlable."

 

http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/3d77427c-7542-11e2-a44e-8092e9fddb69/La_Suisse_na_pas_le_don_du_travail_de_m%C3%A9moire

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Wolfe and Sand's curator insight, February 28, 2013 1:47 PM

 

La nature tout de même particulière de cette prétendue "panique générale" qui précède la décision Présidentielle du 4 août 1942 (fermeture des frontières,document dodis.ch/11986) est explicitée dans une lettre de Rothmund, qui accompagne le rapport de Jetzler du 30 juillet 1942, adressée à son chef de Département, soit le Conseiller fédéral von Steiger. Cette "panique générale" (sic) anticipe une arrivée massive de personnes fuyant les vagues de persécutions en France, la situation en France faisant craindre - c'est la panique de Rothmund - que les Juifs français ne tentent bientôt de se réfugier en Suisse "pour échapper à la menace d'une déportation". Rothmund se demande alors s'il faut refouler seulement les juifs (ou envisager un refoulement géneral) : "Devons-nous nous borner à refouler les juifs ?" (courrier de Rothmund à von Steiger, dodis.ch/11987 ; cf. Ludwig, La politique pratiquée à l'égard des réfugiés de 1933 à nos jours, rapport officiel, Berne 1957, document dodis.ch/17417, p. 189).

 

Cette représentation (interprétation) des faits, celle de Madame Ruth Fivaz-Silbermann, selon laquelle (à l'époque) "n'importe quel fonctionnaire, à sa place, aurait agi de la même façon" - à savoir, aurait adopté des mesures telles que celles prises en août 1942 visant expréssement le refoulement de ceux "qui n'ont pris la fuite qu'en raison de leur race, les juifs par exemple" - est encore aujourd'hui, ou aujourd'hui plus encore, tout à fait inquiétante....   

 

De telles mesures étaient en effet objectivement propres à contribuer à la réalisation des objectifs du régime national-socialiste.

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e-Dossier: Die Schweiz, die Flüchtlinge und die Shoah | dodis.ch

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Wolfe and Sand's insight:

Site de référence pour les documents diplomatiques, mais il manque ici encore quelques documents (de base) importants s'agissant de la politique de la Suisse à l'égard des réfugiés (notamment les instructions de Rothmund aux postes-frontière et aux chefs des polices cantonales, etc., du 13 août 1942). 

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Monsieur le Président, n’oubliez pas la rafle du 26 août 1942

Monsieur le Président,
j’ai grandement apprécié qu’à la suite de Jacques Chirac vous ayez, en présidant à la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv de juillet...
Wolfe and Sand's insight:

 

Le pasteur Charles L'Eplattenier rappelle que "la France n’était pas seulement à Londres, mais aussi dans le pays occupé, la France collaboratrice et la France attentiste y étant alors bien présentes !". 

 

Les critères d'exemption "officiellement énoncés" concernant les personnes internées dans les camps d’internement provisoires en zone dite "non occupée" tels que décrits par le pasteur L'Eplattenier (enfants de moins de 16 ans non accompagnés, personnes de plus de 60 ans, malades ou infirmes intransportables, femmes en état de grossesse apparente) ont contribué à permettre de libérer quelques uns des internés en août 1942. Les critères dérogatoires décrétés par le DFJP qui, à tout le moins théoriquement, auraient permis aux Juifs d'échapper à une expulsion à la frontière Suisse semblent constituer une réplique des critères de Vichy (personnes de plus de 65 ans, malades, femmes en état de grossesse, enfants de  moins de 16 ans, cf. à ce sujet Claudia Curio, Were Unaccompanied Child Refugees a Privileged Class of Refugees in the Liberal States of Europe ? in Refugees from Nazi Germany and the liberal European States, ed Caestecker and Moore, 2010, p. 178-179 et les références). 

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13.08.1942 Instructions DFJP.pdf

Wolfe and Sand's insight:

Heinrich Rothmund déclare dans les instructions du 13 août 1942 aux postes-frontières, commandements des polices des cantons et section de police du commandement de l'armée  "ceux qui n’ont pris la fuite qu’en raison de leur race, les juifs par exemple, ne doivent pas être considérés comme réfugiés politiques" (et il signe).

 

Ruth Fivaz-Silbermann a récemment expliqué qu'elle revenait sur un "préjugé" négatif au sujet de l'auteur de ces instructions : "je suis revenue de ce préjugé négatif vis-à-vis de Heinrich Rothmund" [le directeur de la division de la police du Département de justice et police].  Il est vrai qu’il a pratiqué, dès 1938, une politique xénophobe, de fermeture. Mais il n’était pas antisémite" (cf. Emmanuel Gehrig, "La Suisse n’a pas le don du travail de mémoire", in Le Temps du mercredi 13 février 2013). Il faudra attendre l'illustration de cette assertion par examen de "cas bien choisis" (comme si une "simple règle de calcul" pouvait suffire à détruire les préjugés...).

 

La fermeture des frontières, au début du mois d'août 1942, pour éviter le danger qui réside dans le "problème juif" (sic), ne reflèterait aucun antisémitisme. C'est ce qu'affirme Rothmund, en personne, devant les chefs des polices cantonales des étrangers réunis à Montreux le 26 septembre 1942 : aujourd’hui, déclarait-il, l'afflux des réfugiés compromet l'essentiel de l'œuvre des autorités suisses visant à diminuer le nombre des étrangers et "le danger principal de ce renversement réside dans le problème juif. Ce danger n'est pas à considérer du point de vue de l’antisémitisme, doctrine qui est étrangère à nos institutions comme à nos mœurs, mais du point de vue de l’israélisation du pays, de l’augmentation disproportionnée d’une seule catégorie d’étranger. La question se complique du fait que le juif est difficilement assimilable. Si elle [la Suisse] n’a pas été israélisée, c’est à la santé de son peuple qu’elle le doit. Dans toutes les couches de la population, le juif a toujours été considéré, chez nous, comme un étranger et il n’a été admis que pour autant qu’il consente à s’adapter à nos coutumes, à adopter les mœurs et les méthodes de travail du milieu dans lequel il voulait vivre (…)" (Conférence annuelle des chefs des polices cantonales des étrangers des 25 et 26 septembre 1942, document dodis.ch/14255, principales questions d'actualité en matière de police des étrangers, p. 16 sv.).

 

Dans son rapport de 1957, le Professeur Carl Ludwig rapporte les quelques perplexités d'Heinrich Rothmund, qui précèdent la décision Présidentielle du 4 août 1942 et les instructions du 13 août 1942 : la situation en France faisant craindre que les Juifs français ne tentent bientôt de se réfugier en Suisse "pour échapper à la menace d'une déportation", quelle solution adopter ?  "Devons-nous nous borner à refouler les juifs ?" (autrement dit : refouler seulement les Juifs) ou "envisager un refoulement général ?". Il se réfère au courrier de Rothmund du 30 juillet 1942 (document dodis.ch/11987). Ainsi, selon Carl Ludwig :

 

"Dans une lettre accompagnant le rapport de son adjoint du 30 juillet 1942, le chef de la division de la police exposa au chef du département — c'était alors le conseiller fédéral von Steiger — que l'évolution de la situation en France faisait craindre que les Juifs français vivant en zone occupée ne tentent bientôt de se réfugier en Suisse pour échapper à la menace d'une déportation. La lettre continuait en ces termes : « Que devons-nous faire ? Nous accueillons les déserteurs. Nous en faisons grosso modo de même pour les prisonniers de guerre évadés aussi longtemps que le nombre de ceux qui ne peuvent quitter le pays ne sera pas trop élevé. Nous ne refoulons pas non plus les étrangers qui doivent être considérés comme réfugiés politiques au sens de l'arrêté du Conseil fédéral de 1933. Mais cet arrêté n'est plus guère pris en sérieux, chaque réfugié étant considéré comme en danger de mort du seul fait de sa fuite. Très rares sont les réfugiés qui ont exercé une activité politique au sens primitif de l'arrêté. Devons-nous nous borner à refouler les Juifs ? Cela s'impose presque. Mais les Juifs hollandais et belges ne sont pas reniés par leur Etat comme le sont les Juifs d'Allemagne et d'autres pays. Les légations des Pays-Bas et de Belgique doivent s'occuper d'eux comme des ressortissants non juifs. La possibilité de rentrer un jour au pays est pour eux plus certaine que pour les Polonais. Faut-il envisager un refoulement général ? Mais nous manquerions à notre tradition si nous refoulions par exemple un officier hollandais qui n'a pris le chemin de la Suisse qu'en vue de gagner de là un théâtre d'opérations où il pourrait combattre pour sa reine et son pays. L'article 9 de l'arrêté du Conseil fédéral du 17 octobre 1939 est encore en vigueur. Néanmoins, nous n'avons, depuis quelque temps, plus guère refoulé de réfugiés. Nous ne vous avons pas consulté. Je ne crains pas d'en prendre aujourd'hui la responsabilité. Le Conseil fédéral ne pourra guère désavouer cette pratique s'il lit le rapport de M. Jezler. Mais le moment me paraît venu d'appliquer cet article»" (Ludwig, La politique pratiquée par la Suisse à l’égard des réfugiés de 1933 à nos jours, rapport officiel, Berne 1957, document dodis.ch/17417-fr.pdf, p. 189).

 

La solution finalement adoptée était, aux termes des instructions de Rothmund, de refouler toutes les personnes qui ne tombent pas sous la catégorie des "déserteurs, prisonniers de guerre évadés et autres militaires", celle des "réfugiés politiques", ou celle des "français se rendant en zone non-occupée". Les personnes considérées comme persecutées : "ceux qui n’ont pris la fuite qu’en raison de leur race, les juifs par exemple" (et ce pouvait être notamment par le fait des nazis ou des autorités des pays occupés) étaient exclues de la catégorie des "réfugiés politiques" au sens de l'arrêté du Conseil fédéral de 1933 - par conséquent, elles devaient être refoulées (art. 9 de l'arrêté du Conseil fédéral du 17 octobre 1939). 

 

Le conseiller fédéral von Steiger expliquera, le 30 août 1942, que l'embarcation est (déjà) trop lourdement chargée ("das Boot ist voll"):

 

"Wer ein schon stark besetztes kleines Rettungsboot mit beschränktem Fassungsvermögen und ebenso schränkten Vorräten zu kommandieren hat, indessen Tausende von Opfern einer Schiffskatastrophe nach Rettung schreien, muss hart scheinen, wenn er nicht alle aufnehmen kann. Und doch ist es noch menschlich, wenn er beizeiten vor falschen Hoffnungen warnt und wenigstens die schon Aufgenommen zu retten sucht" (document dodis.ch/14256, p. 22).

 

Soit :

 

"Lorsqu’on a le commandement d’une embarcation de sauvetage déjà lourdement chargée, ayant une faible capacité et pourvue d’une quantité limitée de provisions et que des milliers de victimes d’une catastrophe maritime crient à l’aide, il faut savoir se montrer dur si l’on ne peut pas prendre tout le monde à bord. Et cependant c’est encore se montrer humain que de mettre en garde contre de fausses espérances et d’essayer de sauver au moins ceux que l’on a accueillis".

 

(cf. néanmoins également les Remarques de von Steiger, annexées au rapport Ludwig, document dodis.ch/17417-fr.pdf., p. 369/377).

 

En automne 1942, le nombre de réfugiés en Suisse n'atteignait cependant qu'un chiffre oscillant entre 10'000 et 12'000 réfugiés, soit un chiffre bien largement inférieur aux capacités effectives (cf. rapport Ludwig précité, p. 189).

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