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1000 jours pour préparer la transition totale de la pub vers le mobile - Les Échos

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1000 jours pour préparer la transition totale de la pub vers le mobile
Les Échos
L'audience digitale de médias comme Eurosport, l'Équipe ou encore le Figaro basculait définitivement vers les terminaux mobiles entre fin 2013 et début 2014.

Via Sébastien Inghels
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La télévision publique doit cultiver la qualité qui fera sa différence, par Bernard Stiegler, philosophe

La télévision publique doit cultiver la qualité qui fera sa différence, par Bernard Stiegler, philosophe | Veille informationnelle | Scoop.it

A l'heure des profondes mutations des technologies éditoriales, elle doit même la conforter, l'intensifier et la repenser, comme l'a fait Radio France 

Comme le disait Cécile Méadel au cours d’un débat avec des grévistes de Radio France auquel j’ai moi-même participé, l’audiovisuel public tel que le conçoit la radio publique depuis des décennies s’est défini en affirmant et en revendiquant clairement sa différenciation d’avec les radios commerciales. Le slogan de France Inter était et est encore (dans son esprit sinon à la lettre des slogans actuels) : « Ecoutez la différence ». Toutes les radios du service public s’y sont inscrites avec plus ou moins de succès.

 

Cette politique a été singulièrement efficace. Les publics aussi bien que les personnels de Radio France tiennent à cette qualité qui fait la différence, en effet. Les téléspectateurs de France Télévisions attendent sans aucun doute une telle différence eux-mêmes. Or, après la longue grève qui laisse Radio France dans une impasse, le CSA vient de nommer Delphine Ernotte-Cunci présidente de France Télévisions. Au moment où l’ensemble de l’audiovisuel – public aussi bien que privé – est profondément affecté par les effets des industries et médias numériques, le service public de l’audiovisuel, et en particulier la télévision, doit conforter, intensifier et repenser cette différence, ce qui signifie aussi pour France Télévisions lutter contre son indifférence relative en assumant de nouvelles missions lui permettant de faire à nouveau la différence.

 

Dans le contexte hautement « disruptif » qui caractérise l’industrie éditoriale contemporaine sous toutes ses formes, et en particulier l’industrie audiovisuelle qui configure très largement le débat public aussi bien que les modes de vie des Français, la requalification de ce qui fait la spécificité de l’audiovisuel public en général ne saurait être la seule affaire d’un président qui, si rien n’est spécifié et prescrit par l’autorité publique, ne pourra que bricoler plus ou moins malheureusement un compromis boiteux et insatisfaisant pour tout le monde en tentant de répondre à un cahier des charges défini à l’époque de François Mitterrand créant la Haute Autorité.

 

Lorsque le pouvoir socialiste décida de privatiser l’audiovisuel après avoir libéralisé les radios dites locales de la bande dite FM (morceau d’histoire contemporaine qui mériterait que l’on en tire les douloureuses leçons à présent que le « PAF » est entré en désintégration digitale), bien peu de personnes imaginaient les conséquences colossales qu’allait avoir la convergence de l’audiovisuel et des télécommunications avec le numérique – bien au-delà de l’audiovisuel et des télécommunications : dans toutes les dimensions de la vie sociale.

 

A travers l’immense transformation que provoque la numérisation dans les industries éditoriales au sens très large, ce sont tous les auteurs et tous les acteurs de la production de savoirs qui sont menacés bien au-delà des artistes, des universitaires et des savants – qui ne sauraient vivre et exister en France sans vecteurs français de publication : cela concerne aussi médecins, avocats, architectes, ingénieurs et tous ceux qui produisent du savoir sous toutes ses formes, s’il est vrai que l’édition multimédia audiovisuelle et multisupports conditionnera de plus en plus fondamentalement toutes activités de production et de transmission de savoirs.

“Les technologies d’information et de communication ne sont en aucune façon vouées à la démoralisation du monde.”

 

Cette évolution « disruptive » ne transforme pas seulement l’appareillage éditorial à travers les éditeurs et les acteurs de la diffusion des savoirs, des informations, de l’art, aussi bien que les grandes institutions de savoir, les académies, les métiers, la vie politique et la vie économique dans leur ensemble : elle est aussi et d’abord celle du savoir dans son ensemble, précisément en tant que cet ensemble constitue uneépistémè – où les industries de la publication sont la condition de possibilité de l’existence des savoirs et leur valorisation, cependant que les savoirs sont devenus le principal facteur économique.

 

Nous affirmons avec Ars Industrialis depuis dix ans que les technologies d’information et de communication ne sont en aucune façon vouées à la production de « temps de cerveau disponible », c’est à dire à la démoralisation du monde. C’est pourquoi l’Institut de recherche et d'innovation (IRI) et Ars Industrialis développent depuis trois ans le « digital studies network » qui s’est assigné pour mission d’étudier théoriquement les conséquences épistémologiques de la technologie numérique sur l’évolution de l’ensemble des savoirs tout aussi bien que de développer des instruments nouveaux de production et de diffusion des savoirs.

 

Dans cette perspective, nous coopérons avec France Télévisions et Médiapart au développement de nouvelles plateformes de contribution scientifique et de nouveaux protocoles de recherche et d’enseignement avec le CEA en astrophysique, et avec le CNRS et la Sorbonne en histoire contemporaine dans le cadre d’un programme de l’Agence Nationale de la Recherche.

 

Pour projeter ces initiatives à l’échelle des plateformes, des architectures de réseaux et des protocoles de communication, nous organiserons les 14 et 15 décembre prochains au Centre Pompidou des Entretiens du nouveau monde industriel consacrés à « La toile que nous voulons » – dans le sillage de « The web we want », une initiative lancée par Tim Berners Lee à Londres en 2014.

 

“Il faut redéfinir et concrétiser de nouvelles missions de l’audiovisuel public”

 

De telles actions restent cependant microscopiques au regard des immenses enjeux que la mutation des technologies éditoriales constituent pour la France et l’Europe. Dans les années qui viennent, le travail va profondément évoluer sous la pression de l’automatisation intégrale et généralisée résultant de la numérisation, ce qui va évidemment modifier très en profondeur l’organisation du travail, la coopération, l’économie, l’éducation et la recherche. Dans ce contexte, c’est la valorisation des capacités telles que les conçoit Amartya Sen et telles que la réticulation numérique en permet le développement à très grande échelle qui constituera l’enjeu économique primordial. La question de l’avenir du travail se lie ainsi étroitement à celle de l’avenir du savoir, qui dépend lui-même pour sa production comme pour sa diffusion de ses supports de publication.

Il est temps d’ouvrir un large débat sur le rôle du service public de l’audiovisuel – ce qui pourrait éviter que la nouvelle présidente de France Télévisions ne se trouve paralysée par la tétanisation de Radio France avant même d’avoir pris ses fonctions, tout en ouvrant des perspectives intéressantes pour le grand débat qui se prépare à l’occasion des élections présidentielles quant à l’avenir de la nation.

Dans le contexte d’une transition dans tous les domaines où les médias, la presse et l’édition ne sont pas un domaine parmi d’autres, il faut redéfinir et concrétiser de nouvelles missions de l’audiovisuel public au moment où la technologie numérique est appelée à transformer très en profondeur les activités de recherche aussi bien que d’enseignement. Cela suppose une très grande transformation des structures éditoriales pour laquelle les risques incontournables que fait encourir une telle mutation doivent s’inscrire dans le cadre d’une grande politique nationale et européenne, et face auxquels le secteur non concurrentiel de l’audiovisuel devrait être investi d’une mission claire.

 

Bernard Stiegler est philosophe et ancien directeur général adjoint de l’INA. Il publie La société automatique 1. L’avenir du travail aux éditions Fayard et L’emploi est mort. Vive le travail, entretien avec Ariel Kyrou aux éditions Mille et une nuits.

 

A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? Alors que Delphine Ernotte-Cunci vient d'être nommée à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons choisis volontairement très différents. 


Via Virginie Colnel
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