Nucléaire : près d'un réacteur EDF sur trois à l'arrêt | # Uzac chien  indigné | Scoop.it

Si l'incendie qui s'est déclaré, lundi, à la centrale du Bugey (Ain) a rapidement été maîtrisé, l'indisponibilité du réacteur, comme celle à Cattenom, début juin, pour un autre incendie, a été soulignée par les antinucléaires. Au-delà de la question de la sécurité des centrales, ils ironisent sur le caractère « intermittent » du nucléaire, une critique toujours adressée aux énergies éolienne et solaire. Ces indisponibilités mettent en tout cas la lumière sur la faible disponibilité du parc. Hier, dix-huit réacteurs parmi les cinquante-huit du parc nucléaire d'EDF (dans dix-neuf centrales) étaient indisponibles à la production. Aux arrêts « fortuits » s'ajoutent en effet ceux liés à la maintenance et aux arrêts pour recharger le combustible.

 

La faible demande d'électricité pèse aussi sur la production. Après le dimanche 16 juin, où les prix de l'électricité négociés sur le marché ont été négatifs (« Les Echos » du 19 juin) , EDF a mis à l'arrêt cinq réacteurs le week-end dernier, à Gravelines, Nogent-sur-Seine ou Saint-Alban et a baissé la puissance de dix autres, pour éviter que les prix ne basculent encore dans le rouge. Au total, vingt-quatre réacteurs étaient arrêtés. Un chiffre qui n'est pas un record mais parmi les plus hauts, reconnaît EDF. Et en dépit de ces ajustements de production, les prix de marché sont tombés à 8 euros du mégawattheure (MWh) dimanche, un niveau très bas.

 

Cette baisse des prix de marché, liée pour partie à l'arrivée sur le réseau des énergies renouvelables, commence à susciter des réactions. « Au regard des surcapacités de production électrique [...], la réforme du dispositif de soutien à certaines filières (cogénération, éolien, solaire...) devient un enjeu majeur et urgent », a plaidé hier l'Afieg. L'association, qui regroupe des opérateurs alternatifs, propose notamment « de remplacer les contrats d'obligation d'achat par une prime fixe de capacité ».

Impact sur la consommation

Car cette déprime des prix sur le marché de l'électricité a aussi un impact sur les prix payés par le consommateur : La contribution au service public de l'électricité (CSPE), collectée sous forme de taxe sur la facture d'électricité, finance l'écart entre le tarif de rachat de l'électricité et les prix de marché. Plus ceux-ci sont bas, plus la CSPE sera élevée... Et si l'évolution de cette taxe est aujourd'hui plafonnée (à 3 euros par mégawattheure), le montant devra néanmoins être apuré.

 

Sur les cinq premiers mois de l'année, la production nucléaire d'EDF s'est inscrite en recul de 1,5 %, en dépit d'un mois de mai qui a battu les records de froid. Après un recul de la production nucléaire de 3,8 % l'an dernier, EDF table toujours sur une légère hausse cette année (entre + 1,2 % et + 2,5 %). Après avoir renoncé à atteindre un taux de disponibilité des centrales de 85 % (il est repassé sous la barre des 80 % l'an dernier), le PDG d'EDF, Henri Proglio, s'est fixé un objectif « à 82-83 % » sur les années 2013 et 2014, « en moyenne ».

Véronique Le Billon

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0202851561408-nucleaire-pres-d-un-reacteur-edf-sur-trois-a-l-arret-579603.php

 

[Depuis le sccop-it du collectif des Irradiés]

 

 

 


Via Résistances & Alternatives