Europe & écologie
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Europe & écologie
Imaginer une politique écologique en s'appuyant si besoin sur l'Europe
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«La vitesse réduit le monde à rien»

«La vitesse réduit le monde à rien» | Europe & écologie | Scoop.it
Le philosophe Paul Virilio, fasciné par l’accélération du monde, met en garde sur les dangers d’une écologie totalitaire, qu’il nomme «globalitarisme».

Via Luis Manuel
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Serge Moscovici, figure de la psychologie sociale, est mort

Serge Moscovici, figure de la psychologie sociale, est mort | Europe & écologie | Scoop.it
Philosophe des sciences, anthropologue, l’auteur de « L’Age des foules » est mort à l’âge de 89 ans. Il joua un rôle essentiel dans la naissance de l’écologie politique.

Via philippe liotard
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Jeremy Rifkin : “Le capitalisme va laisser place à une économie de l ... - Les Inrocks

Jeremy Rifkin : “Le capitalisme va laisser place à une économie de l ... - Les Inrocks | Europe & écologie | Scoop.it
Jeremy Rifkin est de retour avec La Nouvelle société du coût marginal zéro. Dans ce livre, l’essayiste américain prédit un changement de paradigme de notre époque.
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Écologie : les raisons d’espérer… ou pas invité @N_Hulot - 28 minutes - ARTE


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Mobilisation européenne contre la course au brevetage des plantes

Mobilisation européenne contre la course au brevetage des plantes | Europe & écologie | Scoop.it
Les grandes entreprises de semences déposent des centaines de demandes de brevets sur leurs produits. A ce rythme, le patrimoine génétique des plantes pourrait rapidement devenir la propriété d’une poignée d’industriels. Ces dernières semaines, de plus en plus de voix s’élèvent en Europe pour dénoncer ces pratiques.

Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter, Daniel Denninger
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Les perturbateurs endocriniens, cas d’école de la «manufacture du doute»

Les perturbateurs endocriniens, cas d’école de la «manufacture du doute» | Europe & écologie | Scoop.it

Depuis le rapport Kortenkamp publié en janvier 2012, le dossier des perturbateurs endocriniens au niveau européen accuse un retard étonnant.


Via L'Info Autrement
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Nicolas Hulot : « Les moyens ne sont pas à la hauteur pour la transition énergétique »

Nicolas Hulot : « Les moyens ne sont pas à la hauteur pour la transition énergétique » | Europe & écologie | Scoop.it
Pour le militant écologiste, la loi présentée le 30 juillet par Ségolène Royal va « dans le bon sens », mais les financements sont insuffisants. Il faut aussi sortir de « l'ambiguïté » sur le nucléaire.

Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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« Il nous faudrait une bonne guerre » - Le Monde

« Il nous faudrait une bonne guerre » -  Le Monde | Europe & écologie | Scoop.it

"Et si l’écologie était née pendant la seconde guerre mondiale ? Si curieuse puisse-t-elle paraître, cette supposition sur laquelle débute le documentaire de Laurence Serfaty révèle, en tout cas, une facette insoupçonnée du conflit. En 1941, l’Amérique emmenée par sa politique du « Win the War », devient le théâtre d’initiatives écologiques et citoyennes. Culture de légumes partout en ville pour faire face aux pénuries, covoiturage, lutte contre le gaspillage, entraide… La mobilisation nécessaire à l’effort de guerre resserre les liens locaux, est bénéfique pour la santé et l’environnement. Le constat est similaire en Grande-Bretagne."

 

 


Via Laurence Serfaty
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Stephane Bilodeau's curator insight, July 20, 2014 8:49 PM

"Aujourd’hui, de petits groupes tentent de reproduire ces démarches écologiques et communautaires. C’est le cas des « incroyables comestibles », un concept simple né en Angleterre – et aujourd’hui présent partout dans le monde : il s’agit de planter des fruits et légumes partout où cela est possible, puis de les partager, à l’instar des Américains en temps de guerre. A l’origine, le mouvement souhaitait uniquement sensibiliser les citoyens. Aujourd’hui, il a pour ambition de parvenirà l’autosuffisance alimentaire."

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Paquet Economie circulaire: Bruxelles cible le recyclage, pas le gaspillage - Journal de l'environnement

Paquet Economie circulaire: Bruxelles cible le recyclage, pas le gaspillage - Journal de l'environnement | Europe & écologie | Scoop.it

Six ans après la publication de la première directive-cadre sur les déchets, le vocabulaire a changé. La Commission européenne présente en effet, ce 2 juillet, ses propositions pour faciliter «la transition vers une économie circulaire garante de nouveaux emplois et d’une croissance durable», amendant 6 directives[1]sur les déchets.


Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter, ARPE Midi-Pyrénées, CAP21
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Transition énergétique : par quoi va-t-on remplacer le nucléaire ?

Transition énergétique : par quoi va-t-on remplacer le nucléaire ? | Europe & écologie | Scoop.it
Un projet de loi en 80 points précis pour rendre la France plus économe en énergie et moins dépendante du pétrole, du gaz, du charbon et du nucléaire. Le texte sera débattu à l'automne à l'Assemblée.

Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter
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Catherine Bossis's curator insight, June 26, 2014 4:00 AM

Interview de Marc Jedliczka (Hespul, Energies Partagées, CLER…) à écouter et lien vers des web docu (dont un de l'AGEDEN mes anciens collègues).

Stéphane NEREAU's curator insight, June 26, 2014 10:06 AM

Il ne sera débattu qu'à l'automne à l'Assemblée nationale ; le projet de loi sur la transition énergétique a été présenté la semaine dernière par Ségolène Royal. Une loi en 80 points pour que la France devienne plus économe en énergie, et qu'elle arrive à se passer de plus en plus du pétrole, du gaz, du charbon et, sujet très épineux, du nucléaire.

S'agissant des centrales atomiques, qui fournissent actuellement 75 % de notre électricité (mais seulement 16 % de la totalité de l'énergie consommée en France), le premier objectif est de faire tomber cette proportion à 50 % d'ici dix ans (2025). Et donc de passer à 50 % d'électricité "propre".

Fabrice Van Borren's curator insight, June 27, 2014 3:54 AM

A faire écouter à tous ceux, en particulier les enfants, qui veulent comprendre ce que nous devons faire dans les années prochaines en matière de transition énergétique

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La crisi perpetua come strumento di potere - il lavoro culturale

Conversazione con Giorgio Agamben

Via Luis Manuel
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Le stupéfiant coup de force du gouvernement pour imposer l'enfouissement des déchets nucléaires

Le stupéfiant coup de force du gouvernement pour imposer l'enfouissement des déchets nucléaires | Europe & écologie | Scoop.it

Le gouvernement a inséré dans la loi de transition énergétique un article permettant d’accélérer l’enfouissement des déchets nucléaires. Cette mesure foule aux pieds les conclusions du débat public et les engagements de Mme Royal. Ecologistes et associations s’insurgent contre cette violation de la démocratie.


Via Flo @ddline2020 ✏
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Corinne Lepage : "le lobby du nucléaire a gagné sur toute la ligne"

Corinne Lepage, députée européenne pour Europe Citoyenne, s'exprime au sujet du plan de transition énergétique.

"Les objectifs sont bien, 40 % d'énergies renouvelables d'ci 2030, je dirais que c'est un rêve, sauf que pour l'atteindre, il faudrait des moyens extrêmement puissants, et il n'y a pas le début du commencement des moyens dans la loi."


Via Jacques Le Bris
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Serge Moscovici, père de l'écologie: «La plupart des changements sociaux sont l’œuvre des minorités»

Quelle nature créer ? Quelle nature du changement social ? Faut-il être une minorité active ou un “petit dans la cour des grands”? Quelle base sociale pour l’écologie ? En 2000 pour le n°1 de la revue Ecorev' que nous venions de créer, j'avais interviewé Serge Moscovici. Reprise ci-dessous de cette interview et à la suite d'un portrait que j'avais écrit également pour Ecorev'. Il y a quelques années, nous l'avions invité pour une rencontre publique avec l'association Révolutives. Il n'avait pu venir, trop malade, c'est Pascal Dibie, anthropopologue qui veille avec amitié sur sa personne et son oeuvre depuis des années qui était venu parler de son oeuvre.


Via Luis Manuel
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Delphine Batho : "Il ne peut y avoir de transition énergétique sans ... - l'Humanité

Delphine Batho : "Il ne peut y avoir de transition énergétique sans ... - l'Humanité | Europe & écologie | Scoop.it
Dans l'Humanité Dimanche. Limogée sans ménagement en 2013 pour avoir critiqué le budget de son ministère, Delphine Batho, ancienne ministre de l’Écologie et de l’Énergie, publie « Insoumise » (1), ouvrage dans lequel elle tente d’analyser la...
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Découragé », le président du comité de la fiscalité verte démissionne

Découragé », le président du comité de la fiscalité verte démissionne | Europe & écologie | Scoop.it
Le président du comité pour la fiscalité écologique, Christian de Perthuis, a annoncé lundi à l'AFP avoir présenté sa démission, se disant "découragé" par le manque d'impulsion du gouvernement pour qui, selon l'économiste, "le verdissement de la...

Via L'Info Autrement, Daniel Denninger
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69 personnalités se mobilisent pour demander une vraie protection ... - MesOpinions

69 personnalités se mobilisent pour demander une vraie protection ... - MesOpinions | Europe & écologie | Scoop.it
MesOpinions
69 personnalités se mobilisent pour demander une vraie protection ...
MesOpinions
À l'attention : de Monsieur le Président de la République.
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Qui financera le démantèlement des centrales françaises?

Qui financera le démantèlement des centrales françaises? | Europe & écologie | Scoop.it
Des coûts sous-estimés, des provisions peu sécurisées: les contribuables risquent fort d'assumer les impairs d'EDF.
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Luc Oursel - Corinne Lepage: le nucléaire a-t-il encore un avenir?

Luc Oursel - Corinne Lepage: le nucléaire a-t-il encore un avenir? | Europe & écologie | Scoop.it

Le nucléaire, "une énergie transitoire" pour Corinne Lepage. Luc Oursel estime, pour sa part, que les atouts du nucléaire sont toujours d'actualité.

 

REUTERS/Regis Duvignau



Pour Luc Oursel, patron d'Areva, l'atome a toute sa place dans le "mix" énergétique futur, aux côtés du gaz de schiste et des énergies renouvelables. Pas d'accord, répond la présidente de Cap21, Corinne Lepage, qui dénonce une filière vieillissante et de plus en plus coûteuse.

 

Les protagonistes

Corinne Lepage. Avocate - elle a fait ses premières armes dans l'affaire de l'Amoco Cadiz -, ancienne ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé, députée européenne, elle est présidente du parti écologiste Cap21 et du Rassemblement citoyen. Elle a publié La Vérité sur le nucléaire (Albin Michel, 2011). 

 

Luc Oursel. Cet ingénieur du corps des Mines est président du directoire d'Areva. Après avoir travaillé au début des années 90 au cabinet du ministre de la Défense Pierre Joxe, il a rejoint Schneider Electric, puis le Groupe Sidel et Geodis avant d'arriver à Areva, en 2007. 

 

Alors que le gouvernement vient de présenter les grandes lignes de son projet de loi sur la transition énergétique et que François Hollande a réaffirmé sa volonté de ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 à 50% d'ici à 2025, l'atome est-il encore une énergie pour le monde de demain?

 

Corinne Lepage. Evidemment non ! Le nucléaire est devenu une énergie transitoire, mais certainement pas une énergie pour le XXIe siècle. Sa part dans le mix énergétique mondial ne cesse d'ailleurs de reculer, et il ne représente plus que 5% de la production d'énergie globale. L'avenir est aux renouvelables, et j'observe l'essor incroyable du photovoltaïque aux Etats-Unis, en Chine, en Corée ou en Inde, où les capacités ont progressé entre 10 et 35% l'an passé par zone géographique.  

Dans ce contexte mondial, le cas français est bien sûr très particulier. Cela étant, le parc nucléaire est là, les déchets aussi, donc toute une série de mesures doivent être prises très rapidement, même si la sortie du nucléaire ne peut être immédiate. Là où la filière nucléaire française a un avenir, c'est dans la gestion d'aval du cycle, c'est-à-dire dans la gestion des déchets et du démantèlement des centrales.  

Corinne Lepage et Luc Oursel confrontent leurs points de vue.

© Jérôme Chatin/L'Expansion

Luc Oursel. Cela ne vous étonnera guère : je ne partage pas votre analyse. Le nucléaire est évidemment une énergie d'avenir. Les atouts qui ont favorisé son développement au cours des décennies passées, à savoir des prix bas de l'électricité, la sécurité d'approvisionnement et, plus récemment, la réduction des émissions de CO2, sont toujours d'actualité. Trois ans après l'accident de Fukushima, ces arguments ont repris le dessus et se traduisent par une série de nouveaux projets partout dans le monde.  

Fait marquant, plusieurs grands producteurs d'hydrocarbures, comme l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Kazakhstan ou la Malaisie, envisagent de recourir au nucléaire pour faire face à l'augmentation de leurs besoins en électricité. La production d'électricité va donc considérablement augmenter au niveau mondial dans les années à venir, et la capacité nucléaire installée va croître de l'ordre de 50% d'ici à 2035, d'après les estimations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Contrairement à ce que certains peuvent penser, le nucléaire ne progresse pas au détriment des autres énergies. Et Areva participe au développement des renouvelables. Mais ces technologies vertes ne sont pas pour l'instant compétitives au regard du nucléaire.  

Corinne Lepage. Quand vous parlez de renouveau de la filière nucléaire, votre discours ressemble bien davantage à la méthode Coué qu'à une vérité statistique. D'une part, la consommation d'électricité baisse en Europe (0,5% en dix ans) et progresse faiblement dans le monde. C'est vrai que l'AIE a fait beaucoup d'efforts pour développer du nucléaire dans des pays très ensoleillés, ce qui est un non-sens absolu. D'autant que certains de ces pays sont politiquement très instables.  

Sur ce point, je voudrais rendre hommage à Anne Lauvergeon qui, il y a quelques années, s'est opposée à la vente de centrales nucléaires en Libye. Heureusement, vu la dérive actuelle du pays ! Installer des centrales nucléaires au Kazakhstan ne me semble pas être la meilleure idée du moment. Il est vrai qu'un petit nombre de réacteurs sont en construction actuellement (principalement en Russie et en Asie) ; cela n'assure cependant pas le maintien de la part de l'atome dans le mix énergétique mondial.  

Luc Oursel. Soixante-douze réacteurs sont en construction dans le monde. Rien qu'aux Etats-Unis, quatre chantiers de centrales nucléaires viennent de démarrer, et cela montre bien que, en complément d'autres énergies comme le gaz de schiste ou le renouvelable, le nucléaire a sa place. Vous oubliez aussi que le nucléaire apporte aux opérateurs la prédictibilité des coûts et la sécurité d'un approvisionnement local.  

Quant au photovoltaïque, il atteint en effet des niveaux de rentabilité satisfaisants dans les pays très ensoleillés, mais ce n'est pas le cas ailleurs, où son développement se fait à coups de subventions fort onéreuses. Si l'on calcule le coût de la tonne de CO2 évitée en investissant uniquement dans le solaire, on aboutit à des montants exorbitants !  

Justement, un débat enfle actuellement sur les coûts de production d'un mégawattheure d'électricité entre les différentes sources d'énergies : l'hydraulique, le nucléaire, le solaire ou l'éolien... Le nucléaire est-il encore vraiment l'énergie la moins chère à produire?

Corinne Lepage. Plus vraiment : au contraire, elle pourrait devenir l'énergie la plus chère du monde ! Prenons l'exemple américain avec les prix publiés par la revue Observ'ER. Le coût de production d'un mégawattheure d'électricité est de l'ordre de 130 dollars pour le nucléaire, de 100 dollars pour le charbon, de 70 dollars pour le gaz de schiste et d'environ 74 dollars (sans l'aide d'Etat) pour le solaire dans la fameuse centrale hypermoderne d'Austin.  

Si je prends le cas allemand, les prix de production pour le photovoltaïque dans le sud du pays sont compris entre 79 et 98 euros le mégawattheure. En France, selon la Cour des comptes, le coût va de 63 à 85 euros le mégawattheure pour l'éolien, selon l'amortissement, à comparer au nucléaire historique réévalué à 59,80 euros le mégawattheure. Certes, le photovoltaïque est encore cher face au prix du nucléaire historique, mais ce coût ne cesse de baisser. Les nouvelles générations permettront de faire beaucoup mieux.  

"L'évaluation du coût du démantèlement du parc existant faite parles opérateurs français est totalement fantaisiste. Il en est de mêmepour le chiffrage du stockage des déchets." Corinne Lepage

© Jérôme Chatin/L'Expansion

Luc Oursel. Je ne suis pas d'accord avec ces statistiques. Prenons un autre cas, celui de l'Espagne, un pays très ensoleillé qui a beaucoup développé le photovoltaïque au moyen de subventions publiques et de tarifs de rachats très généreux. Cela se traduit par une dette de plusieurs dizaines de milliards d'euros pour les compagnies électriques. Et par un mégawattheure photovoltaïque proche de 100 euros, si les conditions de raccordement et d'ensoleillement sont bonnes. Nous sommes donc très loin des coûts de production des énergies classiques et des chiffres que vous avancez.  

 

Le développement des énergies renouvelables ne coûte-t-il pas finalement trop cher à la collectivité?

Luc Oursel. Oui, quand il est mené frénétiquement, sans objectif de compétitivité. Pour 2013, l'estimation du montant des subventions publiques versées aux énergies renouvelables en Europe est de l'ordre de 60 milliards d'euros. On peut certes accepter des subventions pendant un certain temps et pour un certain niveau, mais on ne peut fonder l'équilibre de notre futur système énergétique sur des aides publiques aussi massives.  

Corinne Lepage. Mais vous oubliez le montant des aides publiques versées au nucléaire ! J'ai regardé de près les sommes dégagées sur les budgets communautaires pour les différents types d'énergies. Et je peux vous dire qu'en Europe, pour la production d'électricité, 35 milliards d'euros d'aides publiques sont versées au nucléaire et que 54 % du budget communautaire de recherche en matière énergétique vont au nucléaire. Le projet Iter coûte très cher aux contribuables européens !  

Luc Oursel. Les montants dont vous parlez ne sont absolument pas affectés à la production d'énergie ! Ce sont des programmes de R&D.  

Une des pistes souvent évoquées pour accompagner la transition énergétique, c'est l'accroissement de l'efficacité énergétique, et donc la diminution de la consommation. N'est-ce pas là aussi une piste qui conduit à réduire la prédominance de l'énergie nucléaire?

Luc Oursel. Tout le monde est d'accord pour faire des économies d'énergie. Mais ces programmes sont, d'une part, longs à mettre en oeuvre et, d'autre part, chers à mettre en place. Par ailleurs, il faut faire la différence entre énergie et électricité. A l'avenir, on peut très bien assister à une baisse de la consommation d'énergie - en particulier celle d'hydrocarbures, car les moyens de transport seront plus économes - tout en observant une hausse des besoins en électricité.  

L'essor des technologies de l'information, l'avancée de la voiture électrique, le développement des villes intelligentes et connectées, le vieillissement de la population : tous ces éléments vont dans le sens d'une progression de la consommation d'électricité par habitant ! L'important est que cette électricité soit produite localement avec des moyens de production propres, c'est-à-dire peu émetteurs de CO2 .  

Corinne Lepage. Mais quand va-t-on sortir de ce discours qui pousse à faire consommer aux Français toujours plus d'électricité ? Toute la politique énergétique française est fondée sur ce schéma-là. Nous avons 58 réacteurs, c'est-à-dire globalement 8 de trop. Cette électricité en surplus, il fallait bien la consommer. Alors, on a exporté, mais on a aussi poussé à la consommation en développant massivement le chauffage électrique. Maintenant, le parc immobilier est là, le surcoût est supporté par les utilisateurs.  

Le montant des dépenses liées à l'isolation des bâtiments et au changement des modes de chauffage est prohibitif ! Or le lobby nucléaire veille au grain. Il a fallu attendre quinze ans pour que le décret d'application d'une disposition que j'avais fait voter dans la loi sur l'air, en 1996, obligeant toutes les nouvelles constructions à disposer d'un conduit de cheminée, soit entériné.  

 

Faut-il aujourd'hui arrêter des centrales qui fonctionnent ou alors prolonger la durée de vie du parc nucléaire français, un parc rentable et a priori sûr, si l'on en croit l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)?

Corinne Lepage. On ne peut pas dissocier le débat sur la transition énergétique de la question de l'avenir du nucléaire. Il nous faut répondre urgemment à deux questions. Va-t-on au-delà de quarante ans de vie pour nos centrales actuelles ? Va-t-on renouveler le parc nucléaire avec une série d'EPR ? Sur ces deux questions essentielles, les gouvernements successifs n'ont rien décidé. On tâtonne, on reste dans le vague... Et là, c'est criminel. Qu'on soit pour ou contre le nucléaire, le fait d'être en lévitation, de n'avoir aucune stratégie industrielle réelle, est catastrophique.  

"Prix bas de l'électricité, sécurité d'approvisionnement et réductiondes émissions de CO2 : ces atouts qui ont joué en faveur dudéveloppement du nucléaire sont toujours d'actualité." Luc Oursel

© Jérôme Chatin/L'Expansion

Luc Oursel. La prolongation de la durée de vie des centrales n'est pas seulement un choix économique. C'en est d'abord un en matière de sûreté et de contrôle. Nous avons le cas très intéressant des Etats-Unis. Les trois quarts des réacteurs du parc nucléaire américain ont d'ores et déjà été autorisés à fonctionner jusqu'à soixante ans. La très sérieuse Autorité de sûreté nucléaire américaine a démontré que, sur le plan technique, l'extension de durée de vie est possible.  

En France, l'ASN devra prendre des décisions réacteur par réacteur. Vient ensuite un choix économique. Pour allonger la durée de vie des centrales, il est normal de changer un certain nombre de composants. La Cour des comptes montre que, même en tenant compte de ces investissements, le coût de production du mégawattheure nucléaire reste compétitif puisqu'il atteindrait 60 euros à peine.  

Corinne Lepage. Le rapport de la Cour des comptes dont vous parlez évalue à 90 milliards d'euros pour la période 2011-2033 l'extension à quarante ans de la durée de vie des centrales. Une autre étude publiée récemment par le cabinet Wise évalue, elle, le coût de la prolongation à 1,4 milliard d'euros, dans le cas d'un scénario médian de sécurité préservée. Nous ne pouvons donc pas parler d'investissements dédiés au renforcement de la sécurité : il s'agit juste de la maintenir en l'état ! Ensuite, et compte tenu de ces investissements, le coût du mégawattheure produit se rapproche de celui de l'éolien, et bientôt du solaire. Par ailleurs, si l'on remplace le parc existant par une série d'EPR, le coût de production de l'électricité nucléaire se rapprochera alors sensiblement de 100-110 euros. A ce niveau-là, l'atome ne sera plus du tout compétitif.  

 

Evalue-t-on aujourd'hui correctement le coût du démantèlement des centrales existantes?

Corinne Lepage. L'évaluation du coût du démantèlement du parc existant faite par les différents opérateurs - EDF, Areva et le CEA - est totalement ridicule et fantaisiste. Elle est très inférieure à celle faite dans la plupart des pays, et notamment en Grande-Bretagne. Ce qui implique que les provisions réalisées par les opérateurs sont également insuffisantes. S'ajoute à la question du démantèlement celle du coût du stockage des déchets où, là aussi, les chiffrages varient du simple au double en ce qui concerne le programme Cigéo. La Cour des comptes l'a d'ailleurs pointé.  

Luc Oursel. Nous sommes totalement transparents dans le domaine de l'évaluation des coûts du démantèlement comme ailleurs. Areva est tenu par la loi de réajuster en permanence ses devis de démantèlement et de les transmettre aux autorités compétentes. Nous avons donc une bonne vision de ce que cela va nous coûter, doublée d'une véritable expérience industrielle : les activités de démantèlement emploient déjà 2 500 personnes chez Areva. Comme dans tous les projets industriels complexes, il peut arriver que les coûts évoluent entre le devis initial et la facture finale. Mais tout est rigoureusement évalué... et rigoureusement provisionné.




Via Jacques Le Bris
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Une civilisation se termine et nous devons en bâtir une nouvelle

Une civilisation se termine et nous devons en bâtir une nouvelle | Europe & écologie | Scoop.it

" Afin d’éviter le chaos et la barbarie vers lesquels nous nous dirigeons actuellement, nous avons besoin d’une profonde rupture politique avec l’hégémonie en vigueur et d’une économie qui soit destinée à satisfaire les besoins sociaux dans les limites imposées par la biosphère, et non pas l’augmentation du bénéfice privé."


Via PhotoSphEric
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Arts & Creators's curator insight, July 30, 2014 3:27 AM

Be part of the new coming world !

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Roland Cayrol : Quelle nature voulons-nous ?

Roland Cayrol : Quelle nature voulons-nous ? | Europe & écologie | Scoop.it
Roland Cayrol est directeur du Centre d’Etudes et d’Analyse (CETAN), conseil en stratégie, image et communication, directeur de Recherche associé à la Fondation Nationale des Sciences Politiques, fondateur de l’...

Via Baudouin de Menten, algrappe
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Rendons l’ Europe empathique et altruiste!

Rendons l’ Europe empathique et altruiste! | Europe & écologie | Scoop.it

L’Europe est un acquis institutionnel. Elle reste à devenir une réalité socioculturelle. Le philosophe Jürgen Habermas, dans son texte « Rendons l’Europe plus démocratique ! » publié dans Le Monde du 26 octobre, identifie deux obstacles majeurs à la construction européenne : la fragmentation politique, en particulier l’incapacité des politiciens à dépasser les modèles de gouvernance du 19es  ; et l’affirmation, par ces mêmes dirigeants, que l’Union politique ne peut se faire  car « il n’existerait pas de peuple européen ».

 

Pour Jürgen Habermas, la consolidation du fédéralisme semble être une nécessité, qui ne pourra cependant aboutir sans une solidarité citoyenne, dans une Europe plus démocratique. Il appelle à une intégration politique qui s’appuie sur « l’homogénéité des conditions de vie » et le « bien-être social », afin que la « richesse culturelle » et la « pluralité nationale » soient « protégées » des impacts de la globalisation. Dans son appel à davantage de démocratie, le philosophe allemand regrette aussi implicitement  l’indifférence, voire l’hostilité des citoyens à l’égard du projet européen.


Via JP Fourcade
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Stop Pollution Diesel | Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme

Pierre V. Laurent's insight:

Arrêtons le scandale sanitaire du diesel !

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Que l’Empire latin contre-attaque !

En 1947, Alexandre Kojève, un philosophe qui se trouvait aussi occuper des charges de haut fonctionnaire au sein de l’Etat français, publie un essai intitulé...
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Décryptage de la loi sur la transition énergétique par @corinnelepage

Décryptage de la loi sur la transition énergétique par  @corinnelepage | Europe & écologie | Scoop.it
ECOLOGIE - Le projet de loi présenté par Ségolène Royal comporte des objectifs ambitieux, sur le plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la promotion des énergies renouvel...

Via Hubert MESSMER @Zehub on Twitter, algrappe
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