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"Le monde est défini, ontologiquement, par l’altérité : tout est autre et saturé de mondes obscurs que les rencontres déplient et agencent avec le monde impliqué par le narrateur – rencontres, dépliements parallèles, mobiles, selon un processus sans fin. Loin de donner l’idée que ce processus devrait aboutir à une forme arrêtée et achevée du monde, ce livre semble montrer les signes de son nécessaire inachèvement, le narrateur et chacun se caractérisant par les séries qu’il parcourt et agence, les mondes qu’il développe et traverse – essentiellement mobile, voyageur de temps et espaces multiples, explorateur de mondes instables, proliférants, comme le narrateur qui semble défini par les multiples trajets transversaux qu’il construit entre le présent et le passé, l’Allemagne actuelle et l’Allemagne nazie, sa maison de calcaire en France et des appartements temporaires à Berlin, le corps de ses amants et d’autres encore, les églises napolitaines et les boîtes de cruising berlinoises, les corps des jeunes errants et ceux des peintures du Caravage, etc. : « il faut parfois du temps pour mettre deux choses en rapport l’une avec l’autre, […] pour voir à peu près clair dans une série d’événements souvent confus, énigmatiques, bouleversants qui sur le moment forment une séquence parfaitement impénétrable ».
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« Ce que nous touchons dans l’amour en pénétrant le corps : le lieu où la pensée bascule, que submerge l’obscur »."
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Via Martine Cros



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