Ryuichi Hirokawa a tout vu à Fukushima  | Télérama.fr | Japon : séisme, tsunami & conséquences | Scoop.it
LE MONDE BOUGE - En septembre 1982, ses photos des massacres de Sabra et Chatila font le tour du monde. Le 13 mars 2011, bravant les interdits, Ryuichi Hirokawa est l'un des premiers journalistes à se rendre sur les lieux de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Itinéraire d'un photographe pacifiste devenu reporter de guerre, en colère contre l'horreur et le mensonge.
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Fukushima est son nouveau combat. Il ne cesse de faire des allers-retours, vient d'y consacrer un brûlot (Centrales nucléaires : un marché violent et sans fin) et multiplie les prises de parole publiques pour tancer l'immobilisme des autorités et leur gestion calamiteuse de la crise. Sur le terrain, il travaille avec la Criirad (organisme de recherche sur l'énergie nucléaire, français et indépendant) à l'installation de centres de mesure de la radioactivité destinés aux habitants de la région de Fukushima. Il lève aussi des fonds pour assainir les cours de récréation et les terrains de jeu ; par crainte de la contamination, les élèves doivent en effet rester confinés dans leurs classes... « Nous sommes bien obligés de faire ce que le gouvernement n'a toujours pas fait. » Quand on évoque sa santé, Hirokawa hausse les épaules : « Vous savez, la peur n'évite pas le danger, je suis allé plus de cinquante fois à Tchernobyl, j'ai 67 ans, à mon âge, radiations ou pas, j'ai toutes les chances de développer une maladie dans les années qui viennent, alors... »