[Eng] La catastrophe de Fukushima : ce n'est pas fini | Le Guardian | Japon : séisme, tsunami & conséquences | Scoop.it

(traduction) C'est un courriel d'un vieil ami qui m'a conduit vers les champs de tournesol irradiés de Fukushima. Je n'avais pas entendu parler de Reiko-san, depuis 2003, quand j'ai quitté mon poste en tant que correspondant du Guardian à Tokyo. Avant cela, l'éditeur de magazine avait été la source de nombreux commentaires sur les tendances sociales astucieuses au Japon. En avril, elle m'a contacté à l'improviste. J'ai été content sur le coup, puis inquiet.

 

Le message de Reiko a commencé dans le style traditionnel japonais avec une référence à la saison et son état d'esprit. L'éloquence est typique. Le ton inhabituellement inquiétant: «C’est désormais le temps du printemps à Tokyo et les cerisiers sont en fleurs. Sur ma petite terrasse qui fait office de jarin, les plantes – des tulipes, des roses et des fraises - me disent que la nouvelle saison est arrivée. Mais de toutes les façons, ils me rendent tristes, car je sais qu'ils ne sont pas les mêmes que l'année dernière. Ils sont tous contaminés. "

 

Reiko a poursuivi en décrivant comment tout avait changé dans la foulée de l'accident nucléaire de Fukushima le mois précédent. La vie quotidienne ressemblait à de la science-fiction. Elle portait toujours un masque et un parapluie pour se protéger contre la pluie noire. Chaque conversation était au sujet de l'état des réacteurs. Dans le supermarché, où elle avait l’habitude de se rendre pour acheter des produits frais, à présent elle recherchait de la nourriture cuite – « le plus vieux, le plus sûr à présent ». Elle a exprimé des craintes pour son fils, de la colère contre le gouvernement et de la méfiance profonde pour les discours rassurants entendus dans les media traditionnels. «Nous sommes mal informés. Nous sommes mal informés,» at-elle répété. «Notre problème est dans la société. Nous devons nous battre contre elle. Et cela semble aussi difficile que la lutte contre ces réacteurs."

 

Elle m'a demandé de revenir et de rendre compte de cette histoire. Cinq mois plus tard, c'est ce que j'ai essayé de faire. A conduire près des villes contaminées de Fukushima, des côtes dévastées d'Iwate et à parler à des personnes évacuées à Tokyo, j'ai rarement ressenti une telle responsabilité dans l'écriture d'une histoire. Reiko et d'autres amis japonais semblaient attendre non seulement après une couverture journalistique, mais également le jugement d'un étranger sur la grande question qui pèse sur leur esprit: le Japon est encore un pays sûr ?

 

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Photographie: Jeremie Souteyrat

Sachiko Masuyama, 29 ans, dans son nouvel appartement à Tokyo au 29ème étage. Ella a quitté sa maison de Minami-Soma (Fukushima prefecture), à 25km de la centrale nucléaire en Mai. (...)