La géographie a été bafouée par le traitement médiatique des événements qui ont suivi le séisme du 11 mars 2011 au Japon. Il ne s’agit pas là d’une réaction corporatiste, mais d’un constat qui s’interroge sur les différentes catastrophes. Car celles-ci ont des causes géographiques, non seulement telluriques (le séisme, ou plutôt les séismes, le tsunami...), mais aussi humaines (les succès et les échecs de l’aménagement du territoire au Japon), civilisationnelles (les choix énergétiques, le regard de l’Occident sur le Japon...). Elles impliquent des lieux, des espaces, des rapports à eux, des rapports de peuples à peuples.

2 Les auditeurs et les téléspectateurs des médias français ont d’abord été cantonnés à Tôkyô où il n’y a finalement eu que peu de victimes et peu de dégâts. Trois jours après, les médias ont commencé à balbutier les noms de Sendai et de Miyagi, régions où le tsunami a frappé. On a vu l’ennoiement de la plaine de Sendai, le tourbillon des voitures, les maisons baladées sur les flots, l’aéroport envahi par la vague tandis que ...