Le cœur qui tremble.

Lettre à un ami japonais.

Parmi ceux qui restent à Tokyo, certains revêtent leur armure de samouraï et comblent le vide psychologique laissé par l'incompétence de l'Etat japonais à grands coups de ressentiment, voire d'insultes, notamment envers les étrangers qui fuient.

Nous sommes de ces étrangers qui sommes partis.

Toi, cher Wataru, tu veux partir, mais tu n'as pas le passeport valide qui t'y autorise. Tu as fui Tokyo pour Kyoto où nous t'avons, ainsi qu'à d'autres amis de Tokyo, laissé notre lieu de vie, puisqu'il s'agit de vivre.

Là, on te demande de retourner dans ta zone de résidence afin de fournir les papiers nécessaires à l'établissement d'une demande de passeport en bonne et due forme. On t'assène que tu ne fais pas partie des victimes du Tôhoku, et que par conséquent, la procédure dérogatoire ne peut t'être appliquée. (...)