Les concepts d'information overload ou d'infobésité sont à nuancer. De nombreuses sources (statistiques, infographies, etc.) pointent l'augmentation exponentielle de données en ligne, notamment. Cf par exemple http://fr.slideshare.net/bradfrostweb/death-to-bullshit pour des illustrations

Certains auteurs nuancent déjà la réflexion que cela suppose : la question n'est pas neuve (comme en général lorsque l'on postule que les "nouveaux" médias révolutionnent totalement le monde, cf. http://julien.lecomte.over-blog.com/article-nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution-100034519.html). Déjà "du temps des livres", on se posait la question du trop-plein d'informations : http://www.internetactu.net/2012/06/18/trop-de-livres-quelles-distinctions-de-valeurs-faisons-nous-entre-les-pratiques-et-les-technologies/ .

 

Le concept d'économie de l'attention date quant à lui de 1971, selon Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_l%27attention

 

Car c'est non pas d'information, mais d'attention dont il est réellement question. D'énormes quantités de données étaient également produites avant le numérique. Avant les blogs, certains tenaient un journal intime ou écrivaient des nouvelles et des poèmes, ou encore discutaient de certains sujets avec d'autres personnes. Avant Facebook, les gens appréciaient des contenus ("j'aime") et en parlaient à leurs pairs ("je partage", "je commente").

La différence aujourd'hui, c'est que ces interactions, comportements et opinions informels sont numérisés, "formalisés" et stockés.

En bref, cette masse d'information n'est pas vraiment nouvelle : elle prend juste une forme différente, qui la rend potentiellement accessible plus longtemps, éventuellement à une plus grande quantité d'individus, et ce d'une autre manière.

 

Il serait faux de croire que cela change radicalement la donne. En effet, il y a très peu de chances que je m'intéresse aux "likes" d'un inconnu à l'autre bout du monde, même si ceux-ci me sont accessibles. La vraie question au niveau des usages n'est pas celle de la masse d'information dans l'absolu, mais de la masse d'information à laquelle je m'expose, c'est-à-dire de celle qui est pertinente pour moi et qui m'est accessible.

 

Il demeure certain que de nombreux nouveaux contenus sont diffusés quotidiennement. A cela, on pourrait ajouter qu'il existe de nombreuses redondances et que la diversité est également un enjeu majeur, face à une uniformisation de la consommation (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/593409-pourquoi-les-nouveaux-medias-n-ont-pas-diversifie-l-info.html).

 

Il n'est pas question de dire que la problématique de la quantité de l'information disponible n'existe pas : effectivement, il y a de véritables enjeux à mener une réflexion sur l'optimisation de l'allocation de notre "temps de cerveau disponible". Cependant, il est faux de laisser croire que le bruit présent sur le web rend sourds tout le monde : en effet, celui-ci ne nous atteint que lorsque nous nous y exposons... Par ailleurs et pour prolonger la métaphore, il peut être dommage de ne s'exposer qu'à la même soupe de mélodies pop formatées...


Via Julien Lecomte