Émile Benveniste: de la linguistique à la sémiologie | Translation Studies, Corpus Linguistics, Academia | Scoop.it
Un linguiste maître de l’enquête étymologique.

LINGUISTIQUE-SCIENCES DU LANGAGE

DERNIÈRES LEÇONS. COLLÈGE DE FRANCE 1968 ET 1969
Émile Benveniste, Julia Kristeva (préface), Jean-Claude Coquet et Irène Fenoglio (introduction)
Éditeur : EHESS/GALLIMARD/SEUIL
206 pages / 18,52 € sur
Résumé : Un linguiste maître de l’enquête étymologique.
Thierry PAQUOT

Quel amoureux de la langue française n’ouvre pas quotidiennement un des ouvrages d’Émile Benveniste, accessibles au néophyte, comme Le Vocabulaire des institutions indo-européennes ou Problèmes de linguistique générale ? À chaque plongée, le lecteur ressort avec un trésor ! Ce savant est aussi l’auteur d’une Ĺ“uvre plus technique, réservée aux spécialistes, mais il a toujours privilégié une écriture simple. Né à Alep (à présent ville martyre) en 1902, il arrive à Paris en 1913 pour étudier au “petit séminaire” de l’école rabbinique de la rue Vauquelin, obtient son baccalauréat en 1918, sa mère meurt en 1919, son père et son frère et sa soeur emménagent avec lui à Montmorency en 1922, pendant ce temps, Émile obtient une licence ès lettres, un diplôme d’études supérieures, l’agrégation de grammaire, la nationalité française (en 1924), le poste de précepteur des enfants de la famille Tata (industriels milliardaires) à Poona (Inde)…
En 1925, il cosigne trois articles dans L’Humanité et la pétition des intellectuels contre la guerre du Rif. Après son service militaire au Maroc, il est nommé, en 1927, directeur à l’École pratique des hautes études où il succède à Antoine Meillet. En 1935, il est docteur (Origines de la formation des noms en indo-européen), en 1937, il est élu au Collège de France, où il restera jusqu’à son attaque cérébrale de 1969. Prisonnier de guerre, il s’évade en Suisse et devient bibliothécaire à l’université cantonale de Fribourg. Son frère est déporté lors de la rafle du Vel’ d’Hiv’ et mourra à Auschwitz. De retour en France, il ne se ménage guère (malgré un infarctus en 1956) et déborde d’activités académiques (secrétaire de la Société linguistique de Paris, membre de l’Institut, directeur de la Revue d’études arméniennes, premier président de l’Association internationale de sémiotique). Il effectue plusieurs missions, en 1949 en Iran et en Afghanistan (il recueille des données sur cinq langues pamiriennes : suyni, iskami, sangleci, waxi et munji) et en 1952 en Alaska (où il s’initie à deux langues de la famille athapaske, le haïda et le tlingit). Une attaque cérébrale le paralyse et le prive de parole, il meurt en 1976, après avoir scandaleusement erré d’une institution médicale à une autre.


Via Charles Tiayon