Traces de films ...
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Pour ne pas oublier les films que j'ai beaucoup aimés... aimés ... un peu moins aimés ...
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« Cinq caméras brisées », du film amateur au docu israélo-palestinien - Rue89

« Cinq caméras brisées », du film amateur au docu israélo-palestinien - Rue89 | Traces de films ... | Scoop.it
Installés dans un café à deux pas du Centre Georges Pompidou, où est diffusé leur documentaire “Cinq caméras brisées”, dans le cadre du festival Cinéma du réel [qui leur a décerné le prix Louis-Marcorelles], Emad Burnat et Guy Davidi attendent que...
kiki's insight:

Raconté par Emad Burnat sur le mode d'un journal intime, le film nous montre cinq années de lutte. Ce n'est pas un film de propagande noyé dans un commentaire vindicatif. C'est une chronique tendre, grave, familiale. C'est aussi une réflexion sur le cinéma engagé, sa nécessité, et enfin par la bande une démonstration de la progression et de la transformation technique des petites caméras numériques.

Une voix française calme, jamais résignée rejoue le commentaire original qu'on aurait aimée entendre. Le grain de la voix de l'auteur manque à cette œuvre digne, précise et profondément militante.

L'équilibre du récit, entre la vie de famille de son auteur et les moments d'actions contre la construction du mur, fait de ce documentaire un moment de cinéma original tout à fait authentique. C'est un film qui vient - avec d'autres - démontrer que le cinéma pourrait être l'affaire de tous. Et il participe, à la marge, à la démonstration des thèses dusociologue Patrice Flichy qui annonce le sacre de l'amateur. Pourtant l'œuvre est bien plus complexe et moins naïve qu'il pourrait paraître: c'est surtout une habile mise en scène de l'amateurisme. Tout est monté, pesé, construit, le moindre flou joue et a un sens.

Le titre l'annonce bravement nous allons assisté à la destruction de cinq caméras les unes après les autres. Pourtant l'auteur raconte qu'il a acheté sa caméra vidéo, au départ, comme nimporte quelle père,  pour fixer les premières images de son dernier fils qui vient de naître. L'histoire palestinienne c'est celle d'un double apprentissage, celui de l'enfant et celle de son caméraman de père. Les anniversaires coïncident avec l'escalade de la violence, et montrent le besoin de plus en plus impératif de conserver une trace de la lutte. La croissance, et l'éveil de l'enfant donne l'échelle du film, son tempo, son humanité et ses enjeux. Si j'étais professeur à la FÉMIS, je pourrais assurer plusieurs leçons en analysant ce film.

Le récit commence par la confusion des images: la bande tourne pendant que le caméraman, courre pour éviter les balles et les grenades lacrymogènes. C'est le plan du désordre - qui ne serait utilisé dans un reportage d'actualité que pour fabriquer un effet- ici, flou, les images ne décrivent le résultat d'une course affolée: une métaphore - si je peux m'exprimer ainsi -  du martyr de la caméra à venir. C'est une image professionnellement exploitée pour montrer la difficulté, le risque du témoignage qui va suivre. Dés la première minute nous sommes face à la représentation d'une réalité arrachée à l'oppression de l'occupant. Le cinéma est une arme, filmer c'est résister! C'est ce que le narrateur découvre, tout au long de son  expérience de filmeur. Le documentaire ne cesse de s'interroger sur sa pratique, et sur la nécessité de filmer tel ou tel plan. L'auteur s'étonne même de voir ses parents s'opposer aux soldats, sans qu'il ne leur porte assistance, restant sagement derrière sa caméra. Sa femme lui demande plusieurs fois d'arrêter de filmer ce qui est un danger pour lui-même et pour ses enfants. Je ne rentre pas dans les détails pour ne pas me mettre à tout raconter ce que je reproche aux critiques. Il me semble que l'épouse joue à la demande de son marià ce moment-là, et que le filme est bien plus maîtrisé qu'il n'y paraît. Et même si les interrogations du cadet des enfants sont prise sur le vif, et parfaitement authentique, on comprend qu'elle aussi a été fabriquée. C'est une œuvre maîtrisée de bout en bout.  Plus loin le film montre très brièvement que ces images participent - lors d'une projection sur place - à la constitution d'une conscience et d'une mémoire du village.  Les militaires israéliens eux le savent parfaitement, tout de suite, puisque Emad Burnat devient une cible permanente.

Il est réjouissant de savoir que France 5 puisse programmer un film pareil qui réussit à nous faire toucher du cœur une question profondément politique.

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"9 mois ferme" : grossesse à risque au Palais de justice

"9 mois ferme" : grossesse à risque au Palais de justice | Traces de films ... | Scoop.it
Albert Dupontel livre une comédie enlevée, où Sandrine Kiberlain excelle en juge enceinte d'un serial killer globophage.
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« Neuf mois ferme », le dernier film d’Albert Dupontel, sorti mercredi, s’ouvre sur la magistrale statue allégorique de la Justice : une femme de marbre blanc aux yeux bandés qui symbolise l’impartialité.

Le ton est donné : l’image de cet « aveuglement » frappe l’inconscient du spectateur. Quant au titre, il claque et provoque comme une sentence sans appel. On parlera donc d’un double enfermement : celui du repris de justice et celui de l’enfant en gestation. Le pitch déjanté s’annonce.

Le petit cambrioleur a-t-il mangé des yeux ?

Le juge d’instruction Ariane Felder est promise au plus bel avenir : s’appliquant à elle-même la devise selon laquelle « l’être humain est un irresponsable qu’on doit protéger de lui-même », elle met sa remarquable intelligence au service exclusif de sa carrière qui doit la mener tout droit à la présidence d’une Cour prestigieuse. Sans anicroche, son existence de quarantenaire célibataire est sans saveur, sans émotion.

Dès lors, la probabilité que cette femme tombe enceinte de Bob Nolan, initialement petit cambrioleur mais désormais présumé coupable d’un crime atroce qualifié de « globophagie » (anthropophagie des globes oculaires !) est évidemment infime. Pourtant, sous la caméra délirante d’Albert Dupontel, qui incarne Bob Nolan, l’impensable s’introduit dans cette vie jusqu’alors sans faille.

Si, comme Ariane Felder l’énonce, « pour échapper aux autres, il faut parfois faire comme les autres », elle va boire plus que de raison lors de la soirée du 31 décembre qui a lieu au Palais de justice. Mais elle a l’ivresse amnésique, et de cette soirée, elle ne conservera aucun souvenir… ou presque.

C’est ainsi que quelques mois plus tard, elle sera confrontée non seulement à un déni de grossesse aussi puissant que son ardeur carriériste, mais également aux questionnements éthiques du déni de justice et de l’erreur judiciaire potentielle au travers du dossier d’accusation très lourd de Bob Nolan. La magistrate sera totalement désemparée, d’une part, par ce bébé qui provoque une agitation intérieure vécue comme une agression, et d’autre part, par ce géniteur improvisé qui la sollicite étrangement dans le rétablissement de sa vérité.

Dupontel et son questionnement existentiel

La confrontation entre le criminel et la juge va donner vie à une comédie aussi loufoque que touchante où la coïncidence aura une saveur de rendez-vous halluciné. Alors, c’est une jolie utopie que de tendre ces deux êtres, perdus dans l’univers où aucun n’a vraiment sa place en dépit de celle qu’il semble maîtriser, vers un désir de justice qui n’a pas la même signification pour l’un et pour l’autre.

Si les deux héros peuvent se targuer de connaître « la loi et la réalité », chacun les appréhende dans un ordre différent, comme une manière de dire que la justice, ça n’est pas seulement le droit mais c’est aussi l’éthique de la réalité, le tout dans la complémentarité.

Jolie provocation également que de rendre le bébé en gestation prisonnier métaphorique d’une mère juge toute puissante, ayant potentiellement le droit de vie et de mort sur lui : le bébé est enfermé dedans, pour « neuf mois ferme » !

On l’aura compris : l’enfermement est le propos du film. Il représente sans équivoque le questionnement existentiel d’Albert Dupontel à en juger par son choix sémantique (l’un de ses précédents films s’intitule « Enfermés dehors »).

Kiberlain, Dujardin...

Voltairien un peu barré et très divertissant, Albert Dupontel semble défendre l’idée selon laquelle la liberté est notre bien le plus précieux. Pour y parvenir, il ne fait pas une leçon de choses et ne s’inspire que de très loin du très sérieux documentaire « La Dixième chambre » de Raymond Depardon.

La pédagogie d’Albert Dupontel, qu’on se rassure, est celle du rire. Pour autant, « 9 mois ferme » n’est pas une comédie jubilatoire. C’est autre chose et bien plus que ça. C’est un objet de cinéma qui intègre tout ce qu’il y a de meilleur dans la théâtralité des clowns, au sens noble du terme, celle dans laquelle un comédien seul en scène a la capacité de vous faire rire.

Albert Dupontel et sa clique d’acteurs formidables ne jouent pas. Ils sont. Ils font vibrer avec pertinence leurs vacarmes intérieurs sans artifice pour nous rendre les personnages sincères et attachants. Sandrine Kiberlain époustoufle par sa finesse tandis que Jean Dujardin déclenche naturellement et sans prétention l’hilarité dans le gag récurrent, même dans un rôle mineur. Le jeu de tous les comédiens sans exception sonne juste et atteint la cible là où ça fait écho, là où l’on est sensible. Le sourire éclot, le rire nous attrape au vol. On passe un bon moment.

Du petit cousin français des Monty Python

Aucun acteur n’en fait des tonnes et Albert Dupontel serre la bride au gag burlesque. Il distille la farce, la pousse vers l’absurde de manière parfaitement maîtrisée. Par une méticulosité inventive et inspirée, il s’arrête juste au bord du précipice du cliché et de la blague tonitruante, même s’il fait gicler un peu de sang. Mais après tout, c’est Albert Dupontel, fils spirituel de Terry Gilliam (qui apparait dans le film), et petit cousin français des Monty Python. Alors, ce sang qui gicle n’est pas le sang ordinaire de la violence, mais celui cathartique qui éloigne les démons de la peur, celle de mourir ou de souffrir. C’est le sang que se racontent les enfants pour le frisson, juste pour rire...

Et puis, en équilibriste, pour faire bonne mesure comme la Justice tenant sa balance, Dupontel le scénariste devient poétique et tendre quand il pose sa caméra sur la femme et l’enfant et qu’il dénonce la lâcheté des hommes. Observateur discret, il se promène entre les désirs des hommes et des femmes, explore sans les juger les pulsions sexuelles et de mort de ses personnages afin de nous livrer une petite bulle de tendresse humaniste. Enfin, l’esthétisme de ses tableaux ciselés de couleurs rouge et jaune nous absorbe. Le sang vif et la lumière solaire, la violence intérieure et l’énergie positive, ainsi va la vie du film, ainsi chemine l’esprit de Dupontel… Tout y est léger, attendrissant, drôle, juste, métaphorique et esthétique.

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drame

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"Barbara" : l'Allemagne du Mur saisie sur le vif

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Le film de Christian Petzold met en scène une femme-médecin tiraillée entre son désir de fuir et celui de résister.
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Tout en elle émeut, tout de suite. Sa beauté. Sa colère rentrée, sa tristesse mal dissimulée. Tout en elle intrigue, sitôt qu'elle apparaît. Barbara, chirurgien pédiatre, débarque dans un coin paumé de l'Allemagne de l'Est, en 1980. Nommée là parce qu'elle était soupçonnée, à Berlin, de vouloir passer à l'Ouest, elle ne lâche pas un sourire, rien. Elle est la belle captive d'un monde communiste désolé.

Avec cette femme, le réalisateur allemand Christian Petzold retrouve son actrice fétiche, la remarquable Nina Hoss, et sa plus chère obsession : le sen­timent que notre univers quotidien n'est peut-être qu'une illusion. L'Allemagne de l'Est finissante est le cadre idéal d'une irréalité ordinaire, société où tout est théorique, où ne reste que le décor. Tous les lieux que traverse Barbara distillent une atmosphère étouffante, menaçante. Christian Petzold y fait résonner une vacuité absurde, et aussi la peur que le moindre geste soit vu, dénoncé. Rien ne doit déranger l'ordre immobile, les apparences immuables. Tout ce que fait Barbara, dès lors, devient signe. Ses trajets à vélo. L'attention qu'elle refuse de porter à un collègue qui, lui, la regarde. Aux yeux de cet homme, beau personnage plein d'une générosité toujours retenue, Barbara devient fascinante. Comme elle l'est pour l'agent local de la Stasi. Et pour le réalisateur, et pour nous aussi bien. Son mystère habite le film, son secret guide le récit. A travers ce retour sur le passé de son pays, Christian Petzold soulève des questions qui dépassent les idéologies : la vraie vie est-elle toujours ailleurs ? Le présent est-il si vide et l'avenir si radieux ? Comme toutes les muses, cette Barbara a le pouvoir d'inspirer bien des pensées. — Frédéric Strauss

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"Journal de France" : Raymond Depardon dans le rétroviseur

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Un autoportrait à quatre mains, qui mêle archives et carnets de voyage.
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Il roule en camping-car, de petites routes en rocades mélancoliques, de l'Alsace à l'Atlantique. A l'arrière, un anachronique appareil photo à chambre noire attend d'être posé sur son trépied, face au ­hasard des lieux et des lumières. Raymond Depardon arpente une France silencieuse, où seul languit dans le paysage ce que Georges Perec appelait l'« infra-ordinaire » : signalétiques, enseignes, peintures effritées. Tout un cadre désuet, banal, insignifiant pour tous les regards, sauf celui du photographe. oeil bleu vif, grand ouvert.

Cette équipée provinciale, à laquelle le film doit son titre, n'est pourtant que le fil rouge d'un documentaire qui ne ressemble pas aux précédents. Ou, plutôt, qui cherche à les contenir tous. Avec Claudine Nougaret, sa complice et collaboratrice depuis vingt-cinq ans (elle au son, lui au cadre), Depardon y fait la somme de ses images, de ses expériences. Tout ce qui restait dans ses cartons d'une vie passée derrière l'objectif est ici rassemblé dans une sorte de « best of » biographique. Bouts de pellicule, rushs inédits, images d'archives, ce Journal de France déborde les frontières et remonte le temps pour former un étonnant collage. Sur un commentaire tendre, un brin hagiographique, de Claudine Nougaret elle-même, l'Histoire se mêle à l'intime. On voyage dans le regard de Depardon, depuis les années 1960, lorsque, jeune reporter, il filmait les convulsions du monde, en Centrafrique avec Bokassa, à Prague devant les chars soviétiques, et, plus tard, au Tchad avec les rebelles... Images mordorées de dunes, silhouettes d'hommes en armes, qui viennent rappeler la fascination du cinéaste pour l'Afrique, sa passion pour le désert...

Plus précieuses encore, sagement rangées dans l'ordre chronologique, sont les « chutes » de ses grands documentaires, d'une force et d'une acuité saisissantes : les soubresauts tragiques d'un malade mental, en noir et blanc, à l'hôpital psychiatrique italien de San Clemente. Mais aussi, par exemple, une réunion privée où le candidat et futur président Valéry Giscard d'Estaing donne une croustillante leçon de stratégie politique. Une scène formidable, prélevée dans les rushs de 1974, une partie de campagne, son premier long métrage documentaire. La politique, la justice, la santé publique, la police, le monde paysan... le portrait de l'artiste croise celui, multiple, changeant, toujours passionnant, de la société contemporaine. C'est la force de ce film-mosaïque, au-delà de l'alléchante collection de « bonus » qu'il représentera pour les amoureux de Depardon. — Cécile Mury Télérama

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