Les Wisigoths habitaient à Saint-Pierre | Toulouse La Ville Rose | Scoop.it

Les fondations d'un édifice wisigoth (sur la droite) mises au jour au pied de la cité universitaire de l'Arsenal, à Toulouse./Photo DDM Frédéric Charmeux

 

- La Dépêche :

 

Les Wisigoths sont les lointains ancêtres des Toulousains. Au Ve siècle, ces « Goths sages » ou « vaillants », venus d'Europe centrale, ont apparemment trouvé du charme à la future Ville rose puisqu'ils en ont fait leur capitale. À cette époque, c'était même la seule ville capitale d'un empire.

Ce pan de l'histoire toulousaine est en train de resurgir grâce aux archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Sur l'ancien parking de la cité universitaire de l'Arsenal, là où pousseront l'an prochain les murs de l'école d'économie de l'université des sciences sociales, ils fouillent le sous-sol depuis trois semaines et jusqu'à la fin de l'année.

LE PALAIS DES GOTHS
Le site est stratégique. Jean Catalo, qui dirige le chantier pour l'INRAP, sait que ce secteur, de La Daurade au Bazacle était prisé des Wisigoths. Lors de précédentes fouilles en 1988-1989 sur le site de l'ancien hôpital Larrey, il avait retrouvé les vestiges du palais des Goths. Ici, sur l'ancien parking des étudiants, les fondations d'un bâtiment monumental ont déjà été mises au jour. « On peut imaginer ses dimensions : 40 mètres par 50. Mais on ignore tout de sa fonction », observe Jean Catalo. Mais que faisaient donc nos ancêtres vers Saint-Pierre ? Ce mystérieux édifice a en tout cas conditionné toute la physionomie du quartier jusqu'à aujourd'hui.

Sur le chantier, en lisière des fondations wisigothes, devrait bientôt apparaître le fossé du XIIe siècle. L'enceinte de ce qui est devenu ensuite le bourg médiéval existe toujours : c'est le mur de briques du boulevard Armand-Duportal, boulevard qui a d'abord été un fossé. Au XVIe et XVIIe siècle, le couvent des Chartreux occupe l'emplacement de l'actuelle université. L'Arsenal voit, lui, le jour à la Révolution. Ses fondations affleurent elles aussi depuis peu grâce aux fouilles. Quant à l'université, elle a vu le jour en 1967.

Les archéologues ont déjà prévu de dévoiler leurs découvertes lors de portes ouvertes le 17 septembre.

« Ce n'était pas des barbares »
Contrairement à l'image populaire, les Wisigoths n'étaient pas des barbares sanguinaires. Jean Catalo l'explique simplement : « Les Romains ont voulu remplacer leurs Légionnaires. Et ils ont eu l'idée de payer ceux qui les attaquaient pour qu'ils défendent leurs frontières. Rome les a fait venir puis ne les a peut-être plus payés ou ils ont décidé de se servir… » En tout cas, ces envahisseurs n'étaient pas des destructeurs : « Ils se sont coulés dans le moule à l'inverse des Francs », précise l'archéologue qui a dirigé, avec Quitterie Cazes, l'ouvrage « Toulouse au Moyen Âge. Mille ans d'histoire urbaine », paru fin 2010 aux éditions Loubatières.