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Sécurité à Toulouse, le préfet Mailhos pour un "rééquilibrage entre répression et prévention". Interview

Sécurité à Toulouse, le préfet Mailhos pour un "rééquilibrage entre répression et prévention". Interview | Toulouse La Ville Rose | Scoop.it


Pascal Mailhos


Deux mois après son installation à Toulouse, le préfet de Région, Pascal Mailhos évoque les questions qui font l’actualité de cette rentrée 2014 : la hausse du chômage, les difficultés des entreprises et les questions de sécurité qui inquiètent les Toulousains. Il propose un "rééquilibrage entre répression et prévention".
 

La situation économique et le chômage vous inquiètent-ils ? En Midi-Pyrénées le taux de chômage a augmenté de 5,4% en un an. +0,9% en juillet, contre 0,8% au niveau national.
Les chiffres du chômage sont préoccupants et c’est un des combats de l’État, le Premier ministre l’a rappelé hier devant l’Université d’été du Medef. Ce sera l’une de mes actions prioritaires. Midi-Pyrénées est une région paradoxale : c’est la seule à créer de l’emploi industriel mais le chômage progresse. Chaque année, 20 000 nouveaux habitants s’installent dans l’aire urbaine toulousaine et 32 000 en région. C’est un des facteurs d’explication mais ce n’est pas le seul. Il y a un problème d’adéquation entre la demande et l’offre.

Quelle initiative envisagez-vous contre le chômage ?

Dans les prochains jours, je vais relancer une action pour voir directement avec les entreprises quels sont leurs besoins. Il faut accompagner de façon plus soutenue que par le passé les entreprises, jusqu’à ce qu’elles aient embauché les gens qu’elles cherchent. Cette opération va se faire avec tous les acteurs : Pôle Emploi, les missions locales, la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, NDLR).

L’État peut-il encore jouer un rôle dans l’économie ?
Oui, l’État peut jouer un rôle dans les périodes de croissance des entreprises, quand elles ont besoin de fonds. Je pense au Crédit impôt recherche par exemple qui représente 200 M€ par an en Midi-Pyrénées avec 600 entreprises concernées. Je pense aussi à notre réseau d’ambassades qui peut aider une entreprise à s’installer à l’étranger pour conquérir des marchés internationaux. L’État peut jouer un rôle aussi quand l’entreprise va mal. Les commissaires au redressement productif sont chargés d’accompagner les entreprises. Pour le reste, j’espère que les entreprises n’ont pas besoin de l’État.

Que pensez-vous de la comparaison faite par le procureur de la république entre Toulouse et Marseille ?
Le procureur m’a indiqué qu’il n’avait pas comparé Toulouse et Marseille. On ne peut d’ailleurs pas comparer les deux villes même si en matière de sécurité, les inquiétudes sont réelles. Il faut mettre fin aux dérives de délinquance, à une économie souterraine préoccupante et au commerce d’armes.

Toulouse est-elle concernée plus que d’autres villes ?

Il y a certes une progression de cette économie souterraine mais c’est un phénomène que l’observe dans toutes les villes de cette taille. Il y a cela dit à Toulouse une conjonction de phénomènes qui justifie une attention particulière et un engagement de tous les acteurs : l’importance des quartiers en zone de sécurité prioritaire (deux, NDLR), l’économie souterraine, la délinquance, le trafic de stupéfiants, le trafic d’armes et les phénomènes de radicalisation en matière d’islam. Un phénomène préoccupant avec ces jeunes parfois très jeunes qui, en quelques semaines, s’engagent pour des combats extrêmement violents. Ce sujet est suivi de très près par les services.

Quelle action allez-vous mener pour la sécurité ?
Je pense qu’il faut un rééquilibrage entre répression et prévention avec l’usage de caméras vidéo, la multiplication de médiateurs et le soutien aux personnes en difficulté. La semaine prochaine, je recevrai le maire de Toulouse quelques jours avant sa rencontre avec le ministre de l’Intérieur à qui il a écrit et à qui il a dit qu’il est très désireux d’engager une coopération avec l’État. J’ai senti dans ma discussion avec les partenaires (élus et forces de sécurité) qu’il y avait une forte attente en matière de prévention. Je ne juge pas la situation. J’écoute, je regarde et je vois les attentes des uns et des autres pour rééquilibrer. C’est un combat que nous gagnerons tous ensemble : forces de sécurité, Conseil général, rectorat, il faut mobiliser tous les partenaires.

Quelle action concrète pourrait être mise en place ?
Comme je l’ai fait en Bourgogne, j’aimerais présider tous les 15 jours une réunion d’une quinzaine de personnes identifiées pour les aider à se rapprocher de l’emploi : des jeunes méritants et qui n’arrivent pas à l’emploi. Il faut montrer que l’État soutient ceux qui se donnent du mal, qui se forment et qui travaillent.

L’inquiétude au sujet de la réforme territoriale est réelle…

La réforme est encore en discussion, la loi n’est pas votée. J’écoute ce que disent les élus qui sont, pour la plupart, très enclins à s’engager dans cette réforme et notamment dans le rapprochement avec Languedoc-Roussillon. Beaucoup de choses nous unissent : la géographie (le Massif central, le Canal du midi et des deux mers, les Pyrénées), l’histoire et l’économie. Nous avons beaucoup de complémentarités : le monde du vivant et de la santé, l’électronique, l’informatique, les éco-filières.

Quels départements pourraient conserver un conseil général ?
Nous ne le savons pas encore. Un certains nombre de départements ruraux sont inquiets car ils n’ont pas d’intercommunalité assez puissante pour reprendre des missions du conseil général. J’ai perçu des interrogations et je m’en suis fait l’écho.

Combien de départements sont dans ce cas là en Midi-Pyrénées ?

Je ne peux pas vous le dire. Vous connaissez les caractéristiques de Midi-Pyrénées, le nombre de départements ruraux est important.

Le maire de Toulouse vous a-t-il demandé d’inscrire le projet de deuxième rocade au futur plan État-région ?

Non, pas à ce stade. C’est un sujet dont nous avons parlé mais je n’ai pas eu, depuis mon arrivée, de lettre me le demandant.

Le financement des 25 M€ restant pour le prolongement de la ligne B du métro est-il débloqué ?

Je n’ai pas de réponse.

Comment concevez-vous votre rôle ?
Tous nos interlocuteurs, chefs d’entreprise, gens en difficulté, personnes au chômage, attendent de l’État une écoute particulière. Avec les élus et les forces économiques, je voudrais créer ce lien de fraternité qui manque. On n’insiste pas assez sur la troisième partie de notre devise républicaine, "fraternité". Comme je l’ai fait auparavant dans le Finistère et en Bourgogne, je m’attacherai à restaurer cette notion. Je veux mettre en place des actions très pratiques à destination des jeunes "décrocheurs" qui n’ont plus de repères, ou les jeunes qui ont besoin de parrainage pour rentrer dans une entreprise. Je pense qu’il faut faire en sorte que tous ceux qui ont reçu, donnent un peu de leur temps, de leur carnet d’adresses, de leurs conseils. Il faut créer du lien et c’est le rôle de l’État. L’exclusion peut aboutir à des comportements déviants. C’est cette chaîne qu’il faut casser. J’ai donné un mot d’ordre à mes services : "soyez proches, modestes, réactifs et n’oubliez pas que vous êtes là pour créer du lien et être les acteurs de la fraternité".

Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez

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