Aéroport Toulouse Francazal : une concession pour 45 ans et 10 M€ d'investissement | Toulouse La Ville Rose | Scoop.it


Youssef Sabeh (vice-président SNC Lavalin Opération & Maintenance), Bernard Bourjade (ajoint au maire de Portet-sur-Garonne), Bernard Keller (vice-président de Toulouse Métropole), Bertrand Bilger (président de la Sefta), Patrice Cohade (vice-président de la CCIT) et Jean-Michel Vernhes (président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac)


Le 4 juin, la Setfa SAS, société qui regroupe SNC Lavalin, l’Aéroport Toulouse-Blagnac et la CCIT, a obtenu la concession pour 45 ans de l'aéroport de Toulouse-Francazal. Le chapitre "Hollywood-sur-Garonne" est définitivement fermé, la Sefta va miser sur l’aviation d’affaires et la défense. Les trois actionnaires vont investir dès maintenant 10 millions d’euros pour la réhabilitation du site, et misent sur la création de 1 000 emplois.

Sefta SAS (société d'exploitation Toulouse Francazal Aéroport) a obtenu il y a quelques jours un contrat de délégation de service public par l’État pour la gestion, sur les 45 prochaines années, de 170 hectares sur le site de l’ancienne base militaire Toulouse-Francazal. Un contrat de 220 millions d’euros. Les trois actionnaires de la société sont l’entreprise d’ingénierie canadienne SNC Lavalin (51%), l’Aéroport Toulouse-Blagnac (36%) et la CCI de Toulouse (10%).
Objectif : "développer l’aviation d ‘affaires, la Défense et les activités aéro-industrielles, afin de conforter Toulouse dans sa position de capitale mondiale de l’aéronautique" a exposé ce mardi Bertrand Bilger, président de la Sefta et vice-président de SNC-Lavalin Aéroports. La gouvernance de la société se veut " équilibrée et collégiale" : si la présidence est assurée par Bertrand Bilger, le conseil de surveillance est quant à lui présidé par Jean-Michel Vernhes, président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac.

Objectif : aéronautique

"La vocation de notre projet sur Francazal est d’en faire un outil au service du développement de Toulouse et sa région" affirme Bertrand Bilger. Pour cela, 3 axes de développement ont été définis : tout d’abord, le maintien des activités de Défense, "une priorité" qui représente 2 500 mouvements aériens par an, avec, notamment, l’accueil de l’A400M. Ensuite, l’aviation d'affaires. "Nous sommes complémentaires avec l’Aéroport de Toulouse-Blagnac. Les clients pourront choisir leur aéroport afin d’être au plus près de leur destination". Aujourd’hui c’est la société Jet Corporate qui opère ces vols d’affaires. "L’aviation d’affaires n’est pas très développée à Toulouse par rapport à Lyon ou Nice, le but est de la rendre plus importante. Les clients affaires veulent le moins de contraintes possible : en embarquant à Francazal, ils gagnent du temps, notamment en termes de procédures de sécurité" précise Jean-Michel Vernhes, qui voit en Francazal "un aéroport plus convivial et plus agréable".
Enfin, la Sefta souhaite développer les industries liées à l’aéronautique (maintenance, peinture, construction, livraison, formation) et revendique déjà l’implantation de 19 entreprises parmi lesquelles Atlantic Industries (qui occupe trois des sept hangars), Safire, Tisseo, Jet Corporate, et Airbome Concept. "À terme, 1 000 emplois seront créés" affirme Patrice Cohade, vice-président de la CCI de Toulouse.

10 M€ d’investissement
Les trois partenaires vont investir 10 M€ sur les 5 premières années de cette concession pour assurer la rénovation du site de 170 hectares : rénovation des infrastructures aéronautiques (pistes, voies de circulation), balisage, réhabilitation des hangars, mise en conformité, etc. 400 000€ seront également investis dans de nouveaux équipements. "Nous prévoyons des retombées économiques et sociales importantes" confie Patrice Cohade, pour qui "la CCI et son président Alain Di Crescenzo ont toujours soutenu que Francazal devait garder sa vocation aéronautique". L’épisode "Hollywood-sur-Garonne" est donc bel et bien terminé, "cela aura eu le mérite de nous donner plus de temps pour la réflexion et de proposer aujourd’hui un projet plus mûr" ajoute le vice-président de la CCI. "Nous nous sommes battus pour maintenir une activité aéronautique sur le site de Francazal alors que personne n’y croyait" ajoute de son côté Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l’Aéronautique. La diversification de l'activité sur le site n'est donc pas d'actualité.

Et le reste du site ?
La Sefta gère 170 hectares du site, mais il reste toujours 2 parcelles de l’ancienne base militaire (une de 25 hectares et l’autre de 10 hectares) qui n’ont pas trouvé de gestionnaire, le dernier appel d’offres de l’État n’ayant donné aucun résultat. "Nous avons proposé une vision globale, sur la totalité du site" précise Bertrand Bilger, "reste à l’Etat à définir ses objectifs pour ces deux terrains. Nous pensons que ces deux terrains ont vocation à accueillir des activités complémentaires au secteur aéronautique".

La Sefta a choisi l'agence toulousaine Taillandier Architectes Associés pour mener à bien les travaux de réhabilitation du site.

Sophie Arutunian