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Quel nouveau monde ?

Quel nouveau monde ? | Think outside the Box | Scoop.it

Deux rapports importants ont récemment été remis à leurs commanditaires L’économie du nouveau monde à Ségolène Royal par Corinne Lepage et L’ambition numérique, pour une politique européenne et française de la transition numérique à Manuel Valls, coordonné par Benoît Thieulin, président du Conseil National du Numérique. Il est particulièrement frappant qu’ils adoptent un vocabulaire et des références intellectuelles proches. Références à l’économiste prospectiviste Jeremy Rifkin, au philosophe de l’éthique hacker Pekka Himanen par exemple. C’est-à-dire aux nouveaux maîtres à penser des alternatives ouvertes par les potentialités du web et plus largement des formes d'organisation pair à pair qui s'y sont fait jour. Les deux rapports insistent sur le fait que la transition d'une forme d'économie à une autre passe par une transformation  profonde de nos manières d'appréhender la société et notre place en son sein.

 

 

Produire une adhésion à des futurs désirables

Contre le pessimisme socio-économique ambiant, les deux rapports préfèrent proposer des utopies désirables. Ils souhaitent proposer l’image d’un monde nouveau dans le sillage d’un Michel Bauwens, théoricien du pair à pair qui a récemment publié un Sauver le monde, Vers une société post-capitaliste avec le pair à pair. Ce monde nouveau serait déjà là, à l’état de signaux faibles, comme disent les prospectivistes. Il s’agirait seulement de l’amplifier. C’est ce que souligne le rapport sur L’économie du nouveau monde : « Nous pouvons faire beaucoup mieux, c'est-à-dire changer d’échelle et faire de la transition vers cette nouvelle économie un projet de société à part entière, capable de réunir, bien au-delà des divisions partisanes, et dans le sillage de tous les pionniers, de très nombreux acteurs qui ne demandent qu’à le soutenir. »

Nous assistons à une transition : « la transition numérique au service de la transition écologique : réinventer le monde », titre le rapport sur Ambition numérique ; « déjà la transition s’installe dans le monde », propose le second rapport. Cette phase de transition est considérée par Michel Bauwens comme aussi importante sinon que celle engendrée par l’imprimerie ou par Rifkin comme au moins analogue aux deux précédentes révolutions industrielles.

Benoît Thieulin dans la préface du rapport Ambition numérique affirme clairement que la révolution numérique porte en elle une révolution sociétale large et profonde : « Les nouvelles formes d’organisation, les nouveaux moyens d’émancipation individuelle, les nouveaux modèles politiques et économiques ont largement irrigué le monde analogique. Pour ainsi dire, le numérique est sorti du numérique et c’est désormais le logiciel qui est appelé à dévorer le monde. Le mouvement des makers en est le symbole : cette nouvelle génération de hackers réinvente les manières de produire et de travailler en misant sur le partage de l’information, la mise à disposition des plans et des schémas techniques en open source ainsi que le travail collaboratif des contributeurs. »

 Il s’agit, de façon un peu idyllique et, peut-être, béate, de préparer une nouvelle humanité pour ce nouveau monde en train d’advenir. La citation de Saint-Exupéry en exergue du rapport sur l’économie du nouveau monde en témoigne : « Si tu veux construire un bateau fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer ».

 

 

Changement de paradigme : du droit de se séparer au devoir de partager

Dans ce cadre, il s'agirait de remettre le bien commun au centre des pratiques individuelles. Cela traduit la préférence pour le capital social plutôt que pour le capital financier dans de nouvelles communautés où se mélangeraient travail productif et partage humain. C’est le « co- » qui prendrait le pas sur l’individualisme égoïste propre à la société capitaliste. Le rapport Economie du nouveau monde appelle à renforcer les nouvelles formes de civisme déjà à l’œuvre, notamment dans le mouvement des makers, du financement collaboratif, de l’organisation coopérative à l’échelon local. Benoît Thieulin, en préface du rapport Ambition numérique insiste sur le nouveau civisme véhiculé par l’éthique hacker : « Pekka Himanen, dans l’Ethique hacker, analyse le changement de paradigme qui est à l’œuvre dans le monde du travail : à l’éthique protestante, fondée sur le devoir et la recherche du profit, s’oppose une éthique hacker, qui est construite autour d’un désir personnel d’agir et de travailler sans recherche première de gratification financière. Cette nouvelle éthique n’est pas confinée au domaine des hackers : elle envahit le reste de la société. » La recherche du profit personnel et la concurrence : c’est has been. Le modèle du partage et de l’inclusion dans des communautés à différents niveaux, la participation à l’intérêt commun, plutôt que la rivalité, apparaissent comme la vertu de l’homme de demain. 

En fait, le changement invoqué est autant un changement de paradigme qu’une transformation dans les têtes. Dans le sillage du mouvement makeril s’agit d’inventer une nouvelle manière de travailler, de produire, de distribuer, de consommer dont se font l'écho de nouveaux médias en ligne comme Makery.info. Cette nouvelle manière est à l’opposé d’une société qui, par son management, son économie et ses manières de vivre atomise les individus dans des espaces clos où l’idéal régulateur est le droit de se séparer des autres.

Du pavillon de banlieue au bureau individuel en passant par la voiture personnelle ou aux formes privatives et exclusives d’appropriation des ressources à petite ou grande échelle, c’est le même modèle de l’individu isolé qui s’exprime. Or il s’agirait de passer du droit de se séparer au devoir de partager comme en témoigne la vogue de la sharing economy, notamment à travers des Think Tanks comme Ouishare. C’est un point qu’avait bien vu l’écrivain Evgeny Morozov dans une tribune écrite pour Le Monde DiplomatiqueLui voit d’un œil critique le nouvel impératif de partage qui émerge avec ces nouvelles pratiques : « Tôt ou tard, on percevra les réfractaires au salut par l’« économie du partage » comme des saboteurs de l’économie, et la rétention de données comme un gaspillage injustifiable de ressources susceptibles de contribuer à la croissance. Ne pas « partager » sera aussi honteux que de refuser de travailler, d’économiser ou de rembourser ses dettes, la morale recouvrant là encore d’un vernis de légitimité une forme d’exploitation. »

Faire passer la sociabilité, la collaboration, le partage d’abord, cela doit se faire à travers des formes plus inclusives d’appropriation et de gouvernance : « un autre monde émerge, fondé sur la régénération des ressources, sur une organisation horizontale, sur la recherche de l’équité entre les êtres humains et sur la perception d’une espèce humaine intégrée à la communauté du vivant. Ce nouveau monde est tourné vers le paradigme de la symbiose, dans une nouvelle idée du progrès » (rapport Economie du nouveau monde). Celles-ci font appel à des formes moins économiques que civiques de motivation fondées sur l’appartenance de chacun à des écosystèmes sociaux et naturels. Chacun doit y collaborer afin de participer de façon responsable à l’enrichissement d’un monde commun sur le double registre de la responsabilité civique et de l’aspiration à la reconnaissance sociale.

 

 

De la propriété à l’accès

Ce nouvel idéal de vie se traduit par des formes institutionnelles alternatives. « Le XXIe siècle voit […] émerger une nouvelle économique qui repose sur un changement complet de paradigme dans lequel le numérique rend le marché plus productif, plus compétitif, davantage basé sur de nouvelles valeurs d’échange et de partage, de réappropriation de l’environnement et de l’économie locale. » (rapport Economie du nouveau monde)

Cette transformation avait déjà été indiquée par Jeremy Rifkin dans un de ses ouvrages, L’âge de l’accès et est encore accentuée dans une approche telle que celle de Michel Bauwens. On passerait d’unesociété structurée par la propriété et le marché à une société basée sur l’accès et le réseau. Cela paraît sans importance pourtant, la mutation est de taille. Même si le projet de société rendu possible et porté par le web est menacé de captation par les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), ses promesses restent : « ouverture, collaboration, communs, accroissement du pouvoir d’agir, de l’empouvoirement, autant de promesses annoncées par la mise en réseau de la société. » (rapport Ambition numérique, préface du rapport par Benoît Thieulin).

Au lieu de chercher à s’approprier les choses, les individus chercheraient seulement à jouir de leurs fonctionnalités selon une intuition développée par des économistes durant les années 1980 sous le label "économie de fonctionnalité". Ils achèteraient de plus en plus l’accès aux fonctionnalités dont ces choses seraient vectrices. L'homme de demain ne chercherait plus à s'approprier privativement les ressources. Par exemple, il ne chercherait plus à être propriétaire d’une voiture pour lui tout seul, mais il chercherait simplement à avoir accès à la mobilité individuelle qu’elle permet. Pour cela, il n’est plus nécessaire de produire une ressource utile pour chacun mais il devient possible de partager les ressources. Il faut donc les mettre en commun et trouver les moyens de les administrer de la manière la plus efficace pour tous. Et cette méthode a un nom : c’est le web. En témoignent toutes les applis de mise en partage pair-à-pair qu’elles soient ou non génératrices de profits : Uber, Airbnb, blablacar…

En parallèle, pour ceux qui produisent en commun des plans industriels, des méthodologies, des process, du code… comme cela se fait dans les communautés numériques en ligne ou dans le monde des fablabs en plein boom, il s’agirait de protéger ces productions communes contre la prédation marchande, par des licences inclusives comme les Creative Commons ou les licences pair àpair. Ces licences interdisent d’exclure quiconque en ouvrant à la plus vaste communauté d’usager et de producteur l’usage d’un bien protégé (dans certains cas) de la marchandisation par des clauses comme la clause NC (non-commercial) qui  le soustraient au profit marchand.

 

 

Internet comme pilier d’une nouvelle révolution

Dans ce cadre internet est essentiel car il permet d’organiser de façon optimale l’accès aux ressources. Ces approches sont assez technophiles d’où la convergence entre Economie du nouveau monde etAmbition numérique sur ce point. Pour Michel Bauwens, internet c’est un peu comme l’invention de l’imprimerie.

Internet, comme moyen de production réticulaire de codes et de datas par ses usagers, comme plateforme de projets post-industriels communs innovants (wikispeed) ou encore comme méthode pair à pair de mise en relation entre client et fournisseur apparaît comme la plaque tournante d’une nouvelle société post-industrielle et post-capitaliste où la connexion directe entre individus leur permet de se dispenser de structures massives localisées comme c’était le cas dans le monde des grandes entreprises et des intermédiations. Internet transforme notre monde en profondeur en multipliant les capacités d’action globales d’un côté tout en donnant un pouvoir local complètement nouveau à chacun d’entre nous.

Si l’on ajoute à cela l’existence d’instruments de production très performants à petite échelle, on obtient un empouvoirement colossal de petites unités de production (dont les fablabs et les hackerspaces sont des illustrations mais aussi les petites unités de production d’énergie individuelles) qui se trouvent en mesure de produire ce qui, auparavant, ne pouvait exister que dans de grandes structures industrielles. On observe des particuliers ouvrant des commerces lights, des fablabs, petites communautés de bricoleurs, qui produisent des voitures, vendant des prestations qui auparavant étaient faites in-house dans un système entrepreneurial intégré. De plus en plus de personnes formées vivent, hors du monde de l’entreprise, de missions ou de contrats de projet. Décrites par Patrick Cingolani dans son ouvrage Révolutions précaires, elles sont certes précarisées mais, en même temps, structurent un mode d’activité plus horizontal, multiforme et social au sein d’espaces de coworking qui mettent non la hiérarchie managériale mais la sociabilité en leur centre.

 

De l’économie du bien-être à l’art horizontal du réglage des relations sociales : la philosophie spinoziste de l’économie du nouveau monde.

Un point important dans tout cela est la prise de conscience du lien intrinsèque entre le bien-être individuel et la coopération. « L’économie du l’ancien monde a perdu son objectif primordial d’accompagner le développement du bien-être dans la société. Il s’agit, avec l’économie du nouveau monde, de redonner sens à l’économie, d’en retrouver les sens premier. Cette économie vise à la fois à améliorer le bien-être de l’ensemble des individus qui composent la société et à la fois à préserver la qualité des écosystèmes. Elle prend en compte les externalités sociales et environnementales, et veille à la conservation des actifs naturels et humains » (rapport Economie du nouveau monde). Pour le dire autrement, c’est l’idée selon laquelle le bien commun n’est pas contraire au bonheur individuel, mais que chacun est plus heureux quand il travaille à une œuvre commune et quand il perçoit les autres non comme concurrents qui diminuent son être mais comme des agents qui lui donnent accès à un plus haut degré d’accomplissement.

Or, cette concentration sur le bien-être et sur sa connexion avec des formes de collaborations sociales plus horizontales se trouve chez Spinoza. Il est d’ailleurs notable qu’un des groupes travaillant sur le bien-être auquel fait référence le rapport Economie du nouveau monde s’appelle « Fabrique Spinoza » en référence au philosophe hollandais du XVIIe siècle.

 Et voici ce qu’écrivait ce savant de l’âge classique dans son Traité politique : « si deux hommes s’accordent et mettent leurs forces en commun, ils ont ensemble plus de puissance et par conséquent plus de droit sur la nature que chacun pris séparément ; et plus nombreux ils auront été à mettre ainsi en commun tout ce qui les rapproche, plus de droit ils auront tous ensemble. » (Spinoza, Traité politique, Chap. 2, 13)

Alors, prêts pour ce nouveau monde ?

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Anticor dépose deux plaintes pour détournement de fonds publics au Sénat

Anticor dépose deux plaintes pour détournement de fonds publics au Sénat | Think outside the Box | Scoop.it

Pour que toute la lumière soit faite sur le fonctionnement du groupe UMP du Sénat, Anticor dépose deux plaintes contre X pour détournement de fonds publics.

La première plainte porte sur la pratique dite des « étrennes », révélée par Médiapart : le groupe UMP a versé à ses sénateurs, chaque année, entre 2003 et 2014, une somme d’un montant de 8 000 € par personne, soit environ 15 millions d’euros sur 12 ans. La cotisation en question était prélevée sur l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) qui sert à couvrir les frais inhérents à l’exercice des fonctions parlementaires. Comme l’a déjà expliqué Anticor, cette indemnité n’a donc pas vocation à être reversée aux sénateurs eux-mêmes, d’autant que ceux-ci perçoivent déjà une indemnité parlementaire.

La seconde plainte porte sur les 4 000 € qui ont été versés mensuellement, entre le 1er avril 2008 et le 1er mars 2011, par le groupe UMP à Henri de Raincourt, comme l’a révélé Médiapart. La rémunération indue qu’il percevait quand il était président du groupe a perduré lorsqu’il est devenu ministre, ce qui est encore plus inexcusable au regard du principe de la séparation des pouvoirs. Il est manifeste que la subvention de fonctionnement versée par le Sénat au groupe UMP, destinée à rémunérer les collaborateurs qui assistent les sénateurs dans leurs tâches, a été détournée de sa finalité.

Jacques Le Bris's insight:

En savoir + sur Médiapart :

8 000 euros à Noël: les discrètes « étrennes » des sénateurs UMP.

L’ex-ministre Raincourt reconnaît avoir été payé depuis un compte secret des sénateurs UMP

Détournements au Sénat: la tirelire secrète de plusieurs sénateurs UMP

« Etrennes » des sénateurs UMP : Anticor a déposé plainte

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Miroir, joli miroir.... Tais toi!

Miroir, joli miroir.... Tais toi! | Think outside the Box | Scoop.it
Nos voisins sont attristés de voir l’état déplorable de notre pays. Ils l’expriment quelque fois sans modération…

 

Nous évoquions récemment certains articles de presse de nos voisins suisses. (ICI ou encore ICI)

Il y a déjà quelques temps, nous évoquions les saillies « discourtoises » du Maire de Londres (ICI ou encore ICI) ou l’appel de David Cameron aux entreprises françaises (Souvenez vous) ou encore du Gouverneur du Mississipi (ICI) ou aussi l’article de Newsweek (ICI) et nous n’allons pas reprendre la longue litanie des articles de presses étrangers (russes, américains, allemands, danois, hollandais….) les interventions « musclées » d’officiels allemands ou chinois

Contentons nous de la dernière:

C’est dans le Timesmais repris dans l’ensemble de la presse britannique, que nous avons pu lire les déclarations dévastatrices tenues par Monsieur Andy Street, à Londres, lors de la remise des prix du concours John Lewis de start up entreprenantes. Andy Street y évoque son dernier séjour à Paris, où il reçu une récompense « en plastique, ce qui est révoltant ».

Le PDG de John Lewis, l’équivalent des Galeries Lafayette au Royaume Uni, s’est écrié « La France est finie! ». Il a décrit notre pays comme sclérosé, nos décideurs économiques comme irrémédiablement pessimistes et a appelé les entrepreneurs britanniques présents sur le marché français à s’en dégager avant la chute finale. Après avoir répété « La France est finie! », il a ajouté « Je n’ai jamais vu un pays malade à ce point…. rien ne fonctionne et tout le monde s’en fout! […] S’il me fallait la démonstration de ce qu’est un pays en déclin, je l’avais sous les yeux. A chaque instant que je voyais cela, je me disais « Dieu aide la France! »  » Vraiment, si vous avez investi dans du business en France, récupérez les rapidement. La croissance de la deuxième économie de la zone euro est scotchée sous la présidence de François Hollande … »

Revenant sur son récent voyage, il évoque la gare du Nord « que je peux seulement décrire comme la fosse aux immondices de l’Europe », alors que la gare de St Pancras est « moderne et tournée vers l’avenir ».

Soyons clair, aussi choquants que puissent être ces propos, il faut comprendre qu’ils sont prononcés par quelqu’un qui, comme David Cameron, comme Boris Johnson, aime la France, y séjourne régulièrement. Il ne s’agit pas d’un France bashing venant d’un francophobe comme il en existe tant et qui s’expriment si souvent dans des journaux comme les Daily Mirror, par exemple. Ce sont aussi des propos révélateurs, tout du moins dans leur partie « politique », d’une opinion partagée par de nombreux Britanniques concernant la situation alarmante de la France, seconde économie de l’Union, mais une économie qui, sans croissance, risque d’avoir du mal à rattraper son retard sur son voisin britannique.

Il y a, dans l’écho que ses propos ont eu outre atlantique, une dimension qui très probablement avait échappé à Andy Street. Ils ont été prononcés à trois jours de la visite du Premier Ministre français à Londres… et il est certain que bon nombre de journalistes de la presse « sérieuse » ont trouvé là le moyen de dire tout haut par la bouche d’un tiers ce qu’ils pensaient tout bas et auraient trouvé discourtois d’énoncer par eux même.

En tous cas, l’image de la France telle que la reflète la presse étrangère n’est pas flatteuse. Ce sont souvent les autres qui sont plus lucides sur nous même, n’est ce pas? Mais rassurez vous, la presse française fait taire le miroir et vous montre de jolis « Rafale » en train de bombarder les djihadistes…. qui vont entrer incessamment dans Bagdad!

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JADEIQUE: L'OLIGARCHIE REGNE EN FRANCE COMME AU TEMPS DE LA ROYAUTE...!

JADEIQUE: L'OLIGARCHIE REGNE EN FRANCE COMME AU TEMPS DE LA ROYAUTE...! | Think outside the Box | Scoop.it
Pendant que la précarité se fait plus présente de jour en jour en France...Le "non cumul des mandats" est remis à la fin du mandat de François HOLLANDE...Et quand on lit le fameux "MOI PRÉSIDENT, JE..." on ne peut s'empêcher de se dire que c'est une "jolie entourloupe politique"

 « Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée.

Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.

Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.

Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l'avis du Conseil supérieur de la magistrature n'a pas été dans ce sens.

Moi président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
Moi président de la République, j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances.
Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes.
Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.

Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d'un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.

Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.

Moi président de la République, j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie, et il est légitime qu'il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.
Moi président de la République, j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu'il est bon que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées.

Moi président de la République, j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m'occuperai pas de tout, et j'aurai toujours le souci de la proximité avec les Français. »



Les français vont si mal qu'ils ne réagissent plus aux nombreuses taxes, augmentations de la vie courante, impôts directs ou indirects...Tout leur tombe dessus. Ils se contentent de faire le dos rond et d'attendre le prochain coup...Ils sont abasourdis, sous le choc de leur déception. Ils ont voté pourtant pour la Gauche et les journalistes, peoples et autres disaient que c'était la solution. La Droite avec Nicolas SARKOZY en tête les avaient dupé ! 
D'autant qu'il n'y avait pas grand choix ; c'était l'UMP ou le PS ...Le CENTRE de BAYROU, plus modéré, disait tout de même la vérité aux français mais la vérité fait-elle partie de la vie politique ? N'a-t-on pas pris BAYROU pour un rigolo ? un empêcheur de tourner en rond ? 

Les français voulaient rêver, faisaient le déni de la dette abyssale de la France et préféraient croire que leurs lendemains seraient plus bleus comme le ciel d'été s'ils votaient pour le bipartisme que d'écouter les sombres prédictions du MODEM....DOMMAGE !!

Aujourd'hui, les français sont pris pour des vaches à lait qui ont, il faut bien le dire ; les mamelles bien vides. Pourtant, le gouvernement ne cesse de les traire chaque jour...Tout en les berçant de douces berceuses relayées par les médias.En ce moment c'est le questionnement sur le futur de Nicolas SARKOZY ; va-t-il se présenter en 2017 ? Y pense-t-il 

Ainsi le gouvernement ne parle pas de ce qu'il est incapable d'apporter aux français, à savoir ; des jobs, de quoi manger, la sécurité, la justice, l'éducation...Tout est dans un flou continuel.

L'OLIGARCHIE règne en FRANCE comme au temps de la royauté et les privilèges que se sont octroyés cette "caste" ne sont pas prêts de cesser ! A moins que les français se réveillent enfin de leur léthargie !!


« Le despotisme anonyme d'une oligarchie est quelquefois aussi effroyable et plus difficile à renverser que le pouvoir personnel aux mains d'un bandit. »de Arthur Arnould [+]
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Attentat déjoué : ce tout petit quelque chose d'illogique...

Attentat déjoué : ce tout petit quelque chose d'illogique... | Think outside the Box | Scoop.it

Si l'attentat déjoué, pour lequel quatre personnes ont été placées en garde à vue et trois mises en examen, était prévu pour la fin de l'année, voire le début de l'année 2016... pourquoi les policiers qui les avaient étroitement à l'oeil ont-ils choisi cette semaine de les arrêter et de faire connaître leur arrestation, alors qu'ils pouvaient se donner le temps de consolider un dossier actuellement fragile ? Le faire en plein examen du projet de loi Renseignement par le Conseil constitutionnel est-il une pure coïncidence ?
 

Comment savoir si l'annonce d'un projet d'attentat déjoué et la mise en examen de ses co-auteurs présumés répond à une véritable stratégie policière et judiciaire cohérente, ou s'il s'agit plus cyniquement de l'orchestration médiatique d'un projet de pieds nickelés, à des fins purement politiques ?

Etant donné qu'il se trouve réellement des hommes pour trancher la tête d'autres hommes en France, nous avions choisi de nous astreindre à un silence respectueux concernant le nouveau projet d'attentat déjoué par les services du renseignement français, qui pouvait correspondre à une réelle menace. Pas question de prêter le flanc à ceux qui accusent rapidement les opposants au projet de loi Renseignement de donner constamment dans l'interprétation paranoïaque des faits, même si le calendrier des arrestations médiatisées semblait particulièrement opportun, au moment où le Conseil constitutionnel rédige la décision qu'il rendra dans les prochains jours sur le projet de loi renforçant les pouvoirs des services de renseignement.

Certes, pensions-nous, il y a parfois des coïncidences dans le calendrier.

Comme ce projet d'attentat au musée du Louvre (par quelqu'un qui était en prison) révélé par le Parisien le 9 juillet 2014, le jour-même où le Gouvernement présentait en conseil des ministres le projet de loi de lutte contre le terrorisme.

Comme cette arrestation médiatisée d'un recruteur de djihadistes le 11 septembre 2014, alors que l'Assemblée débutait l'examen du texte le 15 septembre.

Comme cette note secrète de la DGSE concernant des attentats déjoués, qui fuite le 3 novembre 2014 alors que le 4 novembre, le Sénat devait adopter définitivement une loi anti-terrorisme.

Comme cette conférence de presse organisée par Bernard Cazeneuve le 22 avril 2015 pour annoncer des projets d'attentats déjoués par les services de renseignement, quinze jours avant le vote du projet de loi Renseignement à l'Assemblée nationale.

Comme ces attentats déjoués à Villejuif, annoncés le 8 juin 2015, la veille du vote du projet de loi Renseignement au Sénat.

Mais ce ne sont que des coïncidences.

Et même si Bernard Cazeneuve avait expliqué sur RTL qu'il ne fallait pas parler des projets d'attentats déjoués par ce qu'il "n'est pas nécessaire de parler de ce qui se fait et qui est de nature à protéger les Français", il a depuis justifié un changement de politique de communication. "Lorsqu'il y a des faits graves, il est du rôle du gouvernement d'en informer les Français. On ne peut pas cacher la vérité aux Français, c'est ce que souhaite le gouvernement, c'est ce que souhaitent le président de la République et le Premier ministre et nous le faisons, ce travail d'information, en très étroite relation avec l'autorité judiciaire et notamment le parquet", a ainsi expliqué cette semaine le ministre de l'intérieur. Dont acte.

Ce n'est donc pas du tout pour faire pression sur un Conseil constitutionnel submergé d'argumentaires de censure de la loi sur le Renseignement que le gouvernement a permis que soit communiqué des informations sur le projet d'attentat déjoué, qui devait viser une base militaire de Fort Béar. Et que ce soit communiqué, notamment, le fait qu'ils utilisaient abondamment les réseaux sociaux et même des "forums chiffrés" pour communiquer ensemble avec des membres de l'Etat Islamique.

Ce n'est encore qu'une coïncidence.

Mais il y a tout de même un petit détail curieux qui nous a incité à sortir de la réserve que nous nous étions imposée. Une logique judiciaire et policière qui nous échappe. Si l'on en croit les déclarations du procureur de la République François Molins, l'attentat imaginé par des jeunes hommes de 16 à 23 ans qui étaient sous étroite surveillance aurait été prévu pour décembre 2015 ou janvier 2016. L'on croit comprendre que pour le moment aucun élément matériel de préparation de l'attentat n'a été mis au dossier. Il y a bien des paroles, beaucoup de paroles, des projets... mais rien de concret. Pas la moindre arme achetée, par exemple.

Or pour être constituée pénalement, l'infraction de préparation d'un acte de terrorisme prévue par le code pénal demande que soit notamment démontré "le fait de détenir, de rechercher, de se procurer ou de fabriquer des objets ou des substances de nature à créer un danger pour autrui". Dès lors, pourquoi les services de renseignement qui avaient déjà ces individus sous étroite surveillance, et qui savaient visiblement qu'il n'y avait pas de menace immédiate puisque l'attentat était prévu dans six mois, ont-ils décidé de passer à l'action maintenant et de le faire savoir, plutôt que d'attendre le moment où les armes nécessaires à l'attentat seraient effectivement obtenues ou activement recherchées ?

Vraiment, un petit quelque chose dont la logique nous échappe. Une idée ?



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zkiekm's comment, September 30, 2015 9:35 AM
aussi voire plus >> http://goo.gl/jkyQsA
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Clip-Air, le "train volant" suisse

Clip-Air, le "train volant" suisse | Think outside the Box | Scoop.it

En vidéo : Une aile volante capable de transporter près de 500 passagers répartis dans des capsules autonomes qui roulent aussi sur les rais, c'est ça le projet Clip-Air.

 

Un train volant, c’est le projet un peu fou sur lequel travaille depuis 2009 la très sérieuse école polytechnique de Lausanne en Suisse. Baptisé Clip-Air, le projet consiste en fait en des wagons, sorte de capsules autonomes de 30 mètres de long. Elles peuvent à la fois circuler sur des rails et être accrochées sous une aile volante de 60 mètres d’envergure équipée de trois moteurs.

Un appareil modulaire qui pourrait bien révolutionner le transport de demain, enfin d’après-demain. Vers 2050, ce drôle d’engin pourrait apporter flexibilité à ses occupants mais aussi aux compagnies aériennes utilisatrices. Claudio Léonardi, chef de projet Clip-Air explique : « L’avantage c’est que vous pouvez composer votre propre avion avec que des premières classes, que des deuxièmes classes. En fait une compagnie peut composer son avion avant son départ. Pour le moyen-courrier, Clip-Air est extrêmement intéressant puisqu’il démontre qu’avec un avion modulaire on peut voler tout autant que l’on vole aujourd’hui mais avec moins d’avions. »

A raison de 150 passagers par capsule et de trois capsules par appareil, ce "train volant" pourrait en effet transporter autant de passagers que trois Boeing 737 par exemple mais avec deux fois moins de moteurs. Une économie de carburant non-négligeable à la clef et d’appareils sur les tarmacs des aéroports de plus en plus saturés. Clip-Air pourrait aussi transporter du fret et des voyageurs au cours d’un même vol.

La réalisation de simulations aérodynamiques et d’un démonstrateur à échelle réduite doté de mini-réacteurs permettra de démontrer la faisabilité du projet. En attendant, les universitaires suisses auront au moins eu un mérite, celui d’ouvrir des pistes de réflexion pour repenser les transports de demain.


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Solar Impulse 2 cloué au sol jusqu'en 2016

Solar Impulse 2 cloué au sol jusqu'en 2016 | Think outside the Box | Scoop.it

À mi-parcours, Solar Impluse 2 a dû arrêter son périple. L'avion expérimental à énergie solaire s'est posé ce mercredi à Hawaï, aux Etats-Unis, et ne redécollera qu'au printemps 2016. La raison à ce coup d'arrêt imprévu? Les batteries de l'appareil ont été endommagées lors de la dernière étape de l'appareil au-dessus du Pacifique Sud. Impossible donc de parcourir le reste des 35.000 kilomètres nécessaires pour relever le défi d'André Borschberg et de son compatriote Bertrand Piccard, qui prennent les commandes de l'appareil à tour de rôle depuis son départ d'Abu Dhabi le 9 mars dernier.

La précédente étape, cause du dégât des batteries, avait été une réussite pour l'équipe de Solar Impulse. L'avion avait battu un nouveau record en parcourant les 8.200 kilomètres entre Nagoya, au Japon, et Hawaï en seulement 5 jours et 5 nuits à une vitesse moyenne de 61,19 km/h. Un périple pendant lequel les batteries à énergie solaire ont subi des dommages «irréversibles», leur température ayant fortement augmenté sans pouvoir redescendre. André Borschberg est resté immobilisé aux commandes durant tout le vol et ne pouvait dormir que durant de courtes périodes de quelques minutes.

 

L'envergure d'un Boeing, le poids d'une fourgonette

Alors que l'avion devait redécoller de l'île d'Hawaï dans quelques semaines, le tour du monde s'est interrompu à près de la moitié de son parcours. Dans les mois à venir, les ingénieurs en charge du projet se pencheront sur les différentes options pour mieux refroidir ou chauffer les batteries durant de très longs vols. «La température des batteries lors d'ascensions et de descentes dans un climat tropical n'a pas été prévue correctement», écrit Solar Impulse.

Pour se recharger, les ailes du «Paper plane» sont couvertes de plus de 17.000 cellules photovoltaïques sur une envergure de 72 mètres, qui chargent ses batteries la journée. L'avion, d'une envergure plus grande que celle d'un Boeing 747, ne pèse pourtant que 2,3 tonnes, le poids d'une fourgonnette. Dans le minuscule cockpit, le pilote a volé jusqu'à 8.634 mètres d'altitude, utilisant des bouteilles d'oxygène pour respirer, supportant de grandes variations de températures.

Désormais cloué au sol, l'équipe doit revoir son programme initial, au départ organisé en douze étapes et 500 heures de vol pour promouvoir les énergies renouvelables. L'aventure, qui devait se terminer à août 2015, a donc quelque peu du plomb dans l'aile.

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Des trous découverts dans le grillage entourant le site de Berre l'Étang

Des trous découverts dans le grillage entourant le site de Berre l'Étang | Think outside the Box | Scoop.it
Deux explosions ont eu lieu de manière quasi-simultanée mardi 14 juillet sur le site pétrochimique de Berre-l'Étang, dans les Bouches-du-Rhône.


Deux explosions quasi-simultanées ont touché deux cuves d'un site pétrochimique de Berre-l'Étang, dans les Bouches-du-Rhône. Une enquête a été ouverte par le parquet d'Aix-en-Provence pour "destruction par incendie", alors que les premiers éléments laissent penser à un acte de malveillance.

Les enquêteurs ont découvert des trous dans le grillage entourant le site de 1.000 hectares. Mais selon les informations de RTL, plusieurs trous ont été faits ces derniers mois, notamment pour des vols de câbles, en différents endroits de ce grillage qui s'étend sur 18km. Les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Marseille doivent désormais déterminer si des trous ont été faits récemment et s'ils sont directement reliés à ces explosions. Le site étant classé Seveso, les procédures de sécurité sont particulières. C'est également à la section de recherche de déterminer si la surveillance du site a été correctement assurée par la société privée qui s'en charge.

Les causes de ces incendies encore indéterminées

De leur côté, les spécialistes de l'institut de recherche criminelle vont devoir découvrir les raisons de ces deux incendies. Ils ne se sont pas déclenchés tout seul. Reste à savoir s'ils sont dus à des courts-circuits ou à des charges explosives. Les enquêteurs s'intéressent également au possible lien avec les vols sur un site militaire le 7 juillet à une vingtaine de kilomètres du site. 176 détonateurs, dix pains de plastique de 250 grammes chacun, 66 bouchons-allumeurs de grenades et 40 "corps de grenades" avaient en effet été dérobés au dépôt de munitions de armées de Miramas.

 

par Etienne Baudu , Valentin Chatelier

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La Chine évite un vrai krach boursier mais va en payer le prix

La Chine évite un vrai krach boursier mais va en payer le prix | Think outside the Box | Scoop.it

Le pouvoir communiste chinois a évité un vrai krach boursier, au moins temporairement, mais il va falloir du temps à la deuxième économie mondiale pour rétablir la confiance des investisseurs et la crédibilité des réformes, sérieusement écornées par le récent interventionnisme gouvernemental.

Afin d'enrayer la déroute des Bourses de Shenzhen et de Shanghai, cette dernière ayant plongé d'environ 30% en trois semaines, les autorités ont en effet déployé une batterie d'annonces choc, censées rassurer mais qui ont également renforcé l'impression de panique générale.

Les régulateurs ont ainsi interdit aux actionnaires possédant plus de 5% dans une entreprise cotée de vendre leur participation au cours des six prochains mois.

Une centaine de grands groupes étatiques chinois se sont par ailleurs vu interdire de vendre les actions de leurs filiales cotées.

De son côté, la banque centrale chinoise (PBOC) a assuré qu'elle fournirait des liquidités abondantes pour stabiliser les Bourses, via le financement des «opérations sur marge» (achats d'actions par endettement).

En outre, les 21 principales maisons de courtage chinoises se sont engagées à investir au moins 19 milliards de dollars supplémentaires sur les marchés.

Autant de signaux, concernant des places boursières où l'écrasante majorité des investisseurs sont des particuliers au comportement jugé imprévisible, qui ont encore davantage troublé les esprits car jugées aller dans le sens opposé de l'ambitieux programme de réformes du secteur financier engagé par Pékin.

Avant de se stabiliser, les marchés ont connu plusieurs journées en montagnes russes. La correction avait elle-même suivi une envolée de 150% de la Bourse de Shanghai en douze mois, en déconnexion flagrante avec l'économie réelle en douloureux ralentissement.

«Les mouvements giratoires des marchés d'actions soulèvent des interrogations sur la direction que veulent prendre l'économie et les politiques (chinoises)», a résumé la banque Goldman Sachs dans une note d'analyse.

«Les dommages causés à la confiance des investisseurs sont graves et il faudra du temps pour les réparer», a-t-elle ajouté.

Un diagnostic partagé par Chen Xingyu, un analyste basé à Shanghai pour la firme Phillip Securities.

-Investisseurs échaudés-

«De telles embardées témoignent d'un marché en proie à la spéculation, similaire à un casino», a-t-il jugé.

Les boursicoteurs en sortent de toute façon échaudés.

«Les importants hauts et bas récents m'ont plongé dans la confusion», a ainsi confié à l'AFP Wang Yu, un employé de banque de Chongqing qui a calculé avoir perdu 180.000 yuans (26.000 euros) en quelques jours.

«Le marché en actions chinois est opaque et il est difficile d'y connaître la vérité», a-t-il ajouté.

Mais la défiance touche aussi l'action du gouvernement, qui a semblé renier sa promesse d'accorder une liberté accrue aux marchés et au secteur privé.

«Il est assuré que le processus de réforme du marché va souffrir de retard», a estimé Chen Xingyu.

D'autres experts tempèrent toutefois les conséquences de la récente correction boursière, finalement limitée si l'on considère l'essor des bourses chinoises sur un an, voire sur six mois.

«Comparativement au début d'année, le marché boursier est encore haut, donc il fait sens de parler de redistribution de richesse plutôt que de destruction de richesse», a ainsi estimé la banque britannique Barclays.

Toutefois, dans le domaine monétaire, la récente volatilité des marchés chinois pourrait selon Barclays pousser le gouvernement à revenir sur sa promesse d'accroître la flexibilité du yuan, par crainte de vente massive de la devise chinoise.

Reste à savoir quand le calme durable s'installera vraiment. Mardi, la Bourse de Shanghai a clôturé en baisse de 1,16% dans une ambiance toujours volatile, après avoir bondi de 13% au cours des trois dernières séances, alors que les investisseurs attendent pour mercredi les chiffres de la croissance chinoise au deuxième trimestre. Shenzhen a elle terminé en hausse de 1,38%.

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Le lobbying des milieux d’affaires sur le traité transatlantique dénoncé par des ONG

Le lobbying des milieux d’affaires sur le traité transatlantique dénoncé par des ONG | Think outside the Box | Scoop.it

Des négociations secrètes menées à huis clos dans le seul intérêt des multinationales : la sombre étiquette qui colle au projet de traité transatlantique entre l'Europe et les Etats-Unis ne devrait pas sortir blanchie du rapport publié mardi 14 juillet par les ONG Corporate Europe Observatory (CEO) et SumOfUs.

Compilant diverses sources de données, le rapport estime que 88 % des « parties prenantes » consultées par la Commission européenne en marge des négociations de l'accord étaient des lobbys d'affaires – quand les groupes d'intérêts publics, comme les ONG ou les associations de consommateurs, ne représentaient que 9 % de ces rencontres.

Pour établir ces statistiques, CEO et SumOfUs se sont appuyés sur une liste de 597 réunions organisées entre janvier 2012 et février 2014 par la direction générale du commerce (« DG Trade ») de l'institution bruxelloise, qui pilote les négociations du Tafta/TTIP côté européen. La liste a été dévoilée par la Commission après des requêtes formulées par diverses ONG au titre du droit à l'information européen.

Cliquez ici pour accéder à l'ensemble des données du rapport au format tableur

528 des 597 réunions ont impliqué des acteurs du monde des affaires, au premier rang desquels les grands lobbys Business Europe (dont le Medef français est membre) et Transatlantic Business Council (qui représente notamment Audi, le cigarettier Philip Morris et la Deutsche Bank). Les secteurs automobile, chimique et pharmaceutique ont rencontré chacun plus de 10 fois les services de la Commission européenne.

Les ONG et organisations de consommateurs (comme l'UFC-Que Choisir, le bureau environnemental européen ou les Amis de la Terre) n'ont quant à elles été consultées que 53 fois en deux ans – signe, selon CEO, qu'il y a un « biais dramatique en faveur du "big business" dans l'approche des accords commerciaux par la Commission européenne », alors que les « groupes d'intérêt public sont laissés de côté ».

« Le problème n'est pas quantitatif »

Ces résultats sont dans la lignée d'une étude précédente publiée l'an dernier sur la base d'une période bien plus courte. Les tendances sont sensiblement les mêmes depuis l'arrivée de la nouvelle commissaire européenne au commerce Cecilia Malström, réputée plus à l'écoute de la société civile que son prédécesseur Karel de Gucht. Elles confirment ce que la Commission européenne assume depuis longtemps : le Tafta/TTIP est pensé en premier lieu pour faciliter la vie des entreprises afin de dynamiser le commerce transatlantique, en harmonisant les normes et en abattant les « barrières » au commerce.

Ils confirment les craintes formulées par une bonne partie de la société civile que les enjeux environnementaux, sociaux et sanitaires passent au second plan et soit sacrifiés. Mais le seul décompte des interlocuteurs de la « DG Trade » ne suffit pas à tirer des conclusions sur l'aboutissement des négociations, dont nous n'aurons une idée que quand l'accord sera finalisé et publié.

En effet, comme nous le déclarait l'an dernier Monique Goyens, la directrice du bureau européen des consommateurs (BEUC), qui a obtenu sept rendez-vous avec la Commission en deux ans, « le problème n'est pas quantitatif. Si l'on demande un rendez-vous avec les négociateurs, on peut l'obtenir sans problème. L'ennui, c'est qu'ils nous écoutent moins que les lobbys d'affaires. » Elle nous avait ainsi décrit avec étonnement le silence des représentants de l'industrie lors des réunions du groupe consultatif du TTIP, qui rassemble une quinzaine de parties prenantes européennes : « Ils disent qu'ils sont satisfaits des textes que la Commission nous présente. C'est bizarre, non ? »

Maxime Vaudano

Deux autres trouvailles du rapport
  • Un lobbying pas vraiment transparent. Un cinquième des entreprises ou lobbys d'affaires consultés par la Commission européenne ne figure par dans le registre européen de transparence, qui liste l'ensemble des lobbys intervenants auprès des institutions européennes. Ce fichier mis en place en 2011, décrit par Bruxelles comme essentiel pour que « le processus décisionnel de l'UE [...] soit aussi transparent et ouvert que possible », permet notamment d'estimer les budgets mis sur la table pour le lobbying par chaque organisation. La plupart des absents sont des acteurs américains, comme le fabriquant de jeans Levi's ou le lobby pharmaceutique américain PhrMA.
  • Les petits pays européens oubliés. L'immense majorité des « parties prenantes » consultées provenaient des Etats-Unis et de l'Europe occidentale. La plupart des pays du Sud (Grèce, Chypre, Malte, Portugal) et de l'Est (Pologne, Bulgarie, Hongrie, Bulgarie, Hongrie, République tchèque, Slovénie, Estonie, Lituanie, Lettonie) ne comptaient aucun représentant lors de ces discussions.
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Ce n’est pas un mythe, les robots vont détruire des emplois dans tous les secteurs

Ce n’est pas un mythe, les robots vont détruire des emplois dans tous les secteurs | Think outside the Box | Scoop.it

La fin du travail tel que nous le connaissons est pour demain. Il faut s'y préparer.

Grâce aux robots et à l’intelligence artificielle, l’industrie revient s'installer aux Etats-Unis et le fera peut-être demain en France. Les robots faisant le travail des ouvriers chinois, les constructeurs automobiles pourront produire en masse des voitures autonomes électriques, les groupes de technologies pourront fabriquer des organes artificiels qui augmenteront considérablement la santé et l’espérance de vie, nous aurons accès à une énergie non polluante en grande quantité et les imprimantes 3D répondront à nos besoins presque immédiatement. Le coût de ces machines ne va cesser de baisser et cela rendra possible d’assurer les besoins de base de chaque être humain sur terre. Ces technologies existent aujourd’hui et commencerons à devenir commune dans les années 2020.

Voilà pour le scénario idéal de l’avenir de l’humanité décrit par le site spécialisé dans la technologie et qui annonce la fusion homme-machine Singularityhub.

Toutes les activités seront touchées

Mais il y a une autre facette à cette réalité que les politiques et les sociétés vont avoir rapidement à gérer: la disparition du travail humain. Non seulement il y aura de moins en moins d’emplois manuels, mais les emplois dits intellectuels seront aussi remplacés par des machines. Presque toute les activités et les professions seront touchées et cela va créer une série de problèmes sociaux parce que de nombreuses personnes ne pourront pas s’adapter à un changement aussi dramatique.

Il est possible de développer et créer des structures économiques pour redistribuer la richesse créée puisque la plupart des personnes n’auront plus besoin de travailler pour subvenir à leurs besoins. Elles seront libres de poursuivre d’autres occupations créatives. Le problème, toutefois, est que sans travail, les personnes n’auront pas la dignité, l’engagement social et le sens d’une vie remplie et accomplie qui vient aujourd'hui qu'on le veuille ou non du travail. Si notre vie, notre liberté et la poursuite du bonheur ne peuvent plus se construire à travers le travail, il faudra bien les construire autrement. Il s’agit de changements d’une ampleur considérable et il faudra en contrôler les effets.

Une révolution en quelques années

L’élite technologique qui mène cette révolution nous promet qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter parce que nous allons créer d’autres emplois comme nous l’avons fait dans les siècles passés quand l’économie est passée de l’agriculture à l’industrie puis de l'industrie au savoir. Mais ces arguments négligent une dimension essentielle: le temps pendant lequel se fait la transition. La révolution industrielle s’est produite sur plus d’un siècle. Aujourd’hui les révolutions technologiques se mettent en place en quelques années.

La première grande vague de chômage sera liée aux voitures, camionnettes et camions autonomes. Elle aura d’immenses avantages en éliminant les accidents de la route et les embouteillages, en rendant le transport quotidien plus productif et en réduisant la consommation d’énergie. Mais elle va faire disparaître des millions d’emplois.

Avec les progrès rapides de l’intelligence artificielle, les tâches qui nécessitent une analyse d’informations pourront être tenues par des machines. Cela comprend des emplois de médecins, de juristes, de comptables, de traders et de journalistes. Et les machines auront besoin de peu d’hommes pour les aider.

Il y autant de raisons d’être excité et d’avoir peur de cet avenir. Si nous sommes suffisamment intelligents pour développer des technologies qui régleront les problèmes de maladie, de faim, d’énergie et d’éducation de l’humanité, nous pourrons trouver une solution à notre nouveau problème social. Mais il faut comprendre le changement à venir et s’y préparer. Sinon…

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Au-delà du PIB, 10 indicateurs pour mesurer autrement le progrès

Au-delà du PIB, 10 indicateurs pour mesurer autrement le progrès | Think outside the Box | Scoop.it

Taux d'emploi, dette mais aussi espérance de vie en bonne santé, empreinte carbone ou encore satisfaction à l'égard de la vie font partie des indicateurs suggérés pour compléter le PIB.
 

Partiel, incomplet, trop centré sur l’économie : le produit intérieur brut (PIB) est depuis longtemps accusé de ne refléter que partiellement la situation d’un pays, écartant des domaines primordiaux comme la qualité de vie ou le développement durable.

La croissance de la France en berne par rapport à ses voisins

Evolution du produit intérieur brut (%).-6 -4 -2 0 2 4 6 FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE200420062008201020122014

Source : Eurostat


Début avril, le Parlement français a adopté une proposition de loi écologiste préconisant l’examen de nouvelles mesures avant les discussions budgétaires de l’automne. Près de trois mois après, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), organisme consultatif composé de représentants sociaux (patronat, syndicats, associations), et France Stratégie, un organisme rattaché au premier ministre et formulant des recommandations au gouvernement, ont proposé dix indicateurs complémentaires au PIB pour « prendre en compte toutes les dimensions du développement, tant économiques, sociales qu’environnementales ».

Ces indicateurs « sont destinés à servir de support au rapport que devra annexer chaque année le gouvernement au projet de loi de finances », précise l’étude. Une soixantaine de personnes y ont contribué, dont des représentants des partenaires sociaux, de la société civile, des administrations, des organisations internationales, des experts et des universitaires. Un panel de citoyens a ensuite été consulté pour « tester leur compréhension des thèmes et des indicateurs choisis, et vérifier l’adéquation de ces indicateurs avec leurs préoccupations ».

Dans sa synthèse, France Stratégie se dit conscient des « critiques et insatisfactions » qui ne manqueront pas d’être soulevées par ces propositions, dans la mesure où « tout indicateur statistique donne une vision forcément restrictive de la réalité qu’il prétend traduire ». Mais estime nécessaire de « se limiter à un petit nombre d’indicateurs pertinents et facilement compréhensibles » pour « influencer les choix de politique publique ».

Tour d’horizon de ces dix nouveaux outils. Pour chacun, nous avons indiqué par une couleur si la France était dans la moyenne (jaune), bien placée (vert) ou mauvaise élève (rouge).

 
Travail : le taux d’emploi

L’accès à l’emploi est l’élément le plus pertinent à prendre en compte pour refléter au mieux la situation de la France, ont jugé une majorité des Français sondés dans le cadre de l’étude. Le groupe de travail a ainsi sélectionné le taux d’emploi, qui mesure la part des personnes possédant un emploi entre 15 ou 20 ans (selon les mesures) et 64 ans.

« En tenant compte des individus qui ont pu cesser la recherche d’emploi par découragement, il permet de valoriser les politiques qui créent effectivement de l’emploi, plutôt que celles qui incitent aux sorties du marché du travail pour faire baisser le chômage. »

En 2014, le taux d’emploi en France était de 64,2 %, tout proche de la moyenne dans l’Union européenne (64,9 %), selon les données d’Eurostat. L’Allemagne et le Royaume-Uni sont, sur cet indicateur, en tête parmi nos voisins (respectivement 73,8 % et 71,9 %). Des nombres flatteurs qui masquent toutefois un développement de l’emploi précaire, symbolisé par les « mini-jobs » outre-Rhin voire les « contrats zéro heure » outre-Manche.


Lire aussi : Droit du travail : des « mini-jobs » allemands au « contrat zéro heure » britannique


L'Allemagne et le Royaume-Uni champions du taux d'emploiTaux d'emploi des 15-64 ans.20 %30 %40 %50 %60 %70 %80 %90 %100 %UEFranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-Uni20062008201020122014Source : Eurostat 
 


Stabilité financière : la dette de l’économie

Lorsqu’on parle de la dette, on désigne en général la dette publique, à savoir l’endettement des administrations publiques (locales et nationales). Le groupe de travail estime que cela n’est pas suffisant et qu’il faut aussi tenir compte de la dette de l’ensemble de l’économie du pays, « c’est-à-dire la somme des crédits contractés à la fois par les entreprises, les particuliers et l’Etat » – l’endettement de l’ensemble des « agents économiques non financiers », dans le jargon des économistes.

En France, si la dette publique a largement augmenté depuis 2008, passant de 67,8 % du PIB à 92,2 % en 2013, les dettes des entreprises et des ménages ont elles aussi enflé, mais dans une moindre proportion selon les chiffres de l’Insee, passant respectivement de 57 % à 63,3 % et de 47,7 à 54,8 % durant la même période.

La dette publique française a augmenté à un rythme plus élevé que le reste de l'économie

Dette des administrations publique, sociétés non financières, ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLM), en % du PIB.0 %20 %40 %60 %80 %100 %Ménages et ISBLMSociétés non financièresAdministrations publiques20042006200820102012Source : Insee 
Investissement : le patrimoine productif

Autre indicateur économique, plus complexe celui-là : le patrimoine productif, qui mesure « l’accumulation des moyens de production transmis d’une génération à l’autre ». Concrètement, il étudie les actifs physiques (machines, équipements, infrastructures, cheptel, forêts, etc.) ainsi qu’immatériels (brevets, œuvres artistiques et littéraires, logiciels, recherche et développement, etc.) et les rapporte ensuite au produit intérieur net (PIN, constitué du PIB moins le capital fixe consommé pendant la même période).

En 2013, le patrimoine productif français était de 403,2 %, en progression quasi constante depuis dix ans (356,9 % en 2004). Cet indicateur n’est pour le moment pas disponible au niveau européen et n’a pas permis de comparaison.

Le "patrimoine productif" de la France a progressé de 46 points en dix ansLe patrimoine productif est obtenu en rapportant les actifs fixes (biens matériels ou immatériels utilisés dans la production) au produit intérieur net (PIB moins le "capital fixe" consommé pendant la même période).0 %50 %100 %150 %200 %250 %300 %350 %400 %20042006200820102012Source : France Stratégie 
Santé : l’espérance de vie en bonne santé

Désigné « premier thème social » par les Français interrogés dans le cadre de l’étude, la santé serait représentée par l’indicateur d’espérance de vie en bonne santé. A ne pas confondre avec l’espérance de vie totale, il mesure l’âge le nombre d’années qu’une personne à la naissance peut s’attendre à vivre en bonne santé, à savoir dans « l’absence de limitations d’activités ou d’incapacités ».

Au niveau européen, on constate que les champions de l’espérance de vie ne sont pas forcément ceux de l’espérance de vie en bonne santé. Si l’Espagne (83,2 ans en moyenne en 2013, hommes et femmes confondus) et l’Italie (82,8 ans) sont en tête avec le premier indicateur parmi nos voisins, le Royaume-Uni (64,6 ans) l’est avec le second, suivi de la France (63,7 ans) et de l’Italie (61,35 ans).

Les champions de l'espérance de vie en bonne santé ne sont pas forcément ceux de l'espérance de vie totaleIndicateur "années de vie en bonne santé" (AVBS), qui mesure le nombre d'années qu'une personne à la naissance peut s'attendre à vivre en bonne santé.0 ans20 ans40 ans60 ans80 ans63 ans57.8 ans64.7 ans61.8 ans64.4 ans61.4 ans64.4 ans57 ans57 ans60.9 ans64.8 ans61.5 ansBonne santé (hommes)Espérance de vie (hommes)Bonne santé (femmes)Espérance de vie (femmes)FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUESource : Eurostat  
Qualité de vie : la satisfaction à l’égard de la vie

Comment quantifier la qualité de vie ? L’indicateur de la satisfaction à l’égard de la vie se démarque des autres par le fait que celui-ci est subjectif, basé sur des déclarations lors d’études d’opinion. L’OCDE utilise déjà les données collectées par le Gallup World Poll, sondage mondial interrogeant des milliers de personnes dans de nombreux pays et décrit par l’étude comme « le meilleur candidat en raison de ses caractéristiques statistiques, de son ancienneté et de la possibilité qu’il offre de faire des comparaisons internationales ». Les sondés doivent répondre à la question suivante :

« Imaginez une échelle de onze échelons où la valeur la plus basse (0) représente la pire vie possible pour vous et la valeur la plus haute (10) représente la meilleure vie possible pour vous. Sur quel échelon vous sentez-vous personnellement à l’heure actuelle ? »

A ce jeu-là, les Français se situent globalement dans la moyenne des pays de l’OCDE (6,5 contre 6,6), tandis que les Allemands se déclarent les plus heureux, en moyenne, parmi nos voisins (7).

Satisfaction de la vie : la France dans la moyenne de l'OCDEIndice de satisfaction de la vie, sur une échelle de 1 à 10.4 5 6 7 8 FranceAllemagneItalieEspagneRoyaume-UniOCDE201220132014Source : Gallup World Poll 

 
Inégalités : les écarts de revenus

Pour mesurer les inégalités – et tenter de les réduire –, c’est l’écart de revenus qui a été privilégié. Il peut être mesuré par le rapport entre le revenu des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres (le « rapport interdécile » de l’Insee), bien qu’il présente l’inconvénient d’être « très fortement influencé par les revenus des quelques centaines de personnes les plus fortunées, sans traduire réellement l’évolution du revenu de la majeure partie de la population constituant le décile supérieur », note l’étude. Une autre possibilité était de considérer le taux de pauvreté comme indicateur.

Au niveau européen, les comparaisons sont réalisées avec le coefficient de Gini, dont le but est précisément de montrer les inégalités de revenus. Constitué sur une échelle de 0 à 100, plus il est important, plus les inégalités sont fortes. Parmi nos voisins, l’Espagne (33,7 en 2013) et l’Italie (32,5) sont les plus inégalitaires, tandis que la France (30,1), le Royaume-Uni (30,2) et l’Allemagne (29,7) sont légèrement en dessous à la moyenne européenne (30,5).

Ecarts de revenus : la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni dans la moyenne européenneCoefficient de Gini du revenu disponible équivalent. Plus il est important, plus les inégalités sont fortes.15 20 25 30 35 40 FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE2006200820102012Source : Eurostat

 
Education : la part des diplômés

Le progrès d’un pays se mesure également à l’aune de la qualité de son système éducatif. Le groupe de travail regrette la « périodicité insuffisante (triennale) » des indicateurs PISA, qui permettent l’évaluation des systèmes d’éducation au sein de l’OCDE. Bien que partiel, la part des diplômés de l’enseignement supérieur dans la population des 25-34 ans est l’indicateur qui a finalement été jugé le plus pertinent par le groupe de travail. Au niveau européen, c’est une tranche d’âge plus resserrée (30-34 ans) qui est étudiée. Le Royaume-Uni est le plus avancé parmi nos voisins (47,7 %), devant la France (44,1 %). A contrario, l’Allemagne (31,4 %) et surtout l’Italie (23,9 %) apparaissent les plus en retard dans cette catégorie.

La part des diplômés en faible progression en FrancePart des diplômés de l'enseignement supérieur parmi les 30-34 ans.0 %10 %20 %30 %40 %50 %FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE2005200620072008200920102011201220132014Source : Eurostat 

 
Climat : la consommation carbone

Alors que la France souhaite apparaître en pointe dans la lutte contre le changement climatique, intégrer les problématiques environnementales dans la mesure du progrès est nécessaire. Plus que le seul comptage des émissions nationales de gaz à effet de serre (au cœur des négociations climatiques), c’est l’empreinte carbone qui a été jugée la plus pertinente car elle mesure « la quantité de gaz à effet de serre nécessaire à la satisfaction des besoins des personnes vivant en France, sur une année ». Le groupe de travail lui préfère toutefois le terme de « consommation carbone », jugé « plus parlant ». Autrement dit, c’est l’évolution du comportement de chaque Français (et des entreprises, des administrations…) qui peut ainsi être étudié.

Au niveau international, la comparaison est peu aisée car cet indicateur n’est pour le moment pris en compte par aucun organe officiel. Le site Carbon Footprint of Nations, réalisé par le Centre pour le climat et la recherche environnemental d’Oslo et une université norvégienne, comptabilise l’empreinte écologique de chaque pays en 2004. La France y apparaît en avance par rapport à ses voisins, avec environ 12 tonnes d’équivalent CO2 par personne et par an, contre 13 pour l’Espagne et l’Italie, 15 pour l’Allemagne et même 17 pour le Royaume-Uni.

La France a une empreinte carbone plus faible que ses voisinsEn tonnes équivalent CO2 par habitant, en 2004.0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 tonnes équivalent CO2 par habitantFranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniEmpreinte carboneSource : Carbon Footprint of Nations

Dans l’Hexagone, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) calcule régulièrement l’empreinte carbone des Français et donne un résultat similaire à celui de Carbon Footprint of Nations. Selon l’Ademe, elle était de 11,6 tonnes équivalent CO2 en 1990, a connu une hausse en 2007 (12,1) avant de diminuer en 2010 (11,6).

 
Ressources naturelles : le recyclage des déchets

Une des manières de faire baisser l’empreinte carbone est de recycler un maximum de ses déchets, signe, selon le groupe de travail, de la « responsabilité collective dans le gaspillage actuel des ressources naturelles ». Le taux de recyclage des déchets municipaux (matière, comme le papier ou le verre, mais aussi organique, avec le compostage) a été choisi comme indicateur pertinent.

Sur ce point, la France est très en retard avec 37,6 % des déchets municipaux recyclés en 2013. Parmi ses voisins les plus riches, seule l’Espagne fait pire (30 %), alors que l’Allemagne est largement en avance (64,5 %), devant le Royaume-Uni (43,5 %) et au-dessus de la moyenne européenne (41,8 %).

L'Allemagne, très en avance dans le recyclage des déchets municipauxPart des déchets municipaux recyclés (%).0 %10 %20 %30 %40 %50 %60 %70 %FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE2004200520062007200820092010201120122013Source : Eurostat 

 


Biodiversité : l’abondance des oiseaux

C’est peut-être le plus surprenant des indicateurs proposés. Pour mesurer l’évolution de la biodiversité, le groupe de travail a hésité entre l’indicateur d’artificialisation des sols, qui mesure la diminution des habitats naturels, et l’évolution du nombre de spécimens d’espèces vivantes sensibles à l’évolution de l’habitat naturel.

En attendant un éventuel indicateur rassemblant les deux – ce que le groupe de travail appelle de ses vœux –, c’est le dernier paramètre qui a été finalement choisi, par le biais de l’évolution de la population d’oiseaux d’un certain nombre d’espèces communes. Pourquoi les oiseaux ? Parce qu’ils « sont en fin de chaîne alimentaire et la raréfaction ou la disparition d’autres espèces a un impact sur leurs populations », explique l’étude.

Le détail par pays de l’indice d’abondance des oiseaux n’est pas disponible, Eurostat ne disposant que d’un agrégat total pour l’Union européenne. En France, cette donnée est recueillie par l’Observatoire national de la biodiversité, qui mesure les taux de variations des populations de 60 espèces communes échantillonnées annuellement. En prenant 1989 comme base 100, l’indice est progressivement tombé à 67 en 2014.

Une biodiversité en baisse en FranceIndice d'abondance des oiseaux communs (milieux agricoles, forestiers et bâtis), avec l'année 1989 comme base 100.0 20 40 60 80 100 19901995200020052010Source : Observatoire national de la biodiversité

Ces indicateurs seront transmis au gouvernement et au Parlement chaque année, avant la loi de finances. Le défi sera ensuite d’harmoniser ces indicateurs au niveau européen et de tenter de les rendre incontournables pour mesurer la croissance de chaque pays.



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Jocelyn Stoller's curator insight, July 15, 2015 4:38 AM

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La Journée mondiale des femmes sans voiles a du mal à passer auprès des musulmanes

La Journée mondiale des femmes sans voiles a du mal à passer auprès des musulmanes | Think outside the Box | Scoop.it

Des défenseurs du foulard islamique ou de leurs opposants, difficile de dire qui se «voile» le plus la face. L'initiative lancée par trois militantes laisse surtout l’impression d’un véritable dialogue de sourds, une tragédie à la Beckett de l’incommunicabilité.

 

Elles le reconnaissent elles-mêmes: lorsqu’elles vont sur les marchés pour tracter, elles sont en général fraîchement reçues. La Journée mondiale des femmes sans voiles qu’elles essaient d’organiser, et qui se déroule ce vendredi 10 juillet, passe mal, la plupart des femmes voilées et non voilées que nous avons rencontrées à Aubervilliers trouvant au mieux inutile, au pire stigmatisante, cette initiative.

Mais elles ne se découragent pas. Pour ces trois femmes, deux de «culture musulmane» (Nadia Ould-Kaci et Nadia Benmissi) et une de culture catholique (Josiane Doan), il faudra «du temps» avant qu’on les écoute, mais leur mission est nécessaire. Elles ont adressé le 1er juin dernier un appel à se rassembler place de la République à Paris, et une lettre aux «néo-communautaristes» pour, disent-elles, refuser de «disparaître sous le voile, ce symbole patriarcal de siècles révolus, devenu le porte-drapeau de l’islamisme radical».

 

Faut-il interdire le port du voile aux fillettes?

Pour elles, il y a danger. Les femmes subiraient de plus en plus de pression à se voiler. «Une amie qui portait un débardeur dans la rue s’est fait traiter de "pourriture" qui fait "honte à Dieu"» , explique Nadia Ould-Kaci. Une autre personne qui mangeait dans la rue en plein ramadan s’est fait remonter les bretelles, simplement parce qu’elle était noire, ajoute-t-elle. Josiane Doan affirme, pour sa part, avoir vu une fille se faire tabasser dans la rue par son frère parce qu’elle était «dehors». Et Nadia Benmissi a raconté à Slate ainsi qu’à d’autres médias cette anecdote, selon laquelle une élève aurait menacé de la tuer le jour où elle lui a dit que le voile était anté-islamique, antérieur de plus d’un millénaire au prophète Mohammed. Sans compter ces «regards», selon elles, et ces reproches lui intimant de se «couvrir pour être une bonne musulmane».

Ce qui les inquiète le plus, leur combat, ce sont les fillettes voilées. Elles affirment en avoir vu de nombreuses fois, notamment des jeunes filles se rendant à l’une des deux écoles coraniques de la ville (l’école primaire Fort school). Elles veulent obtenir le vote d’une loi interdisant le port du foulard en dessous d’un certain âge. Elles auraient déjà contacté la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin à ce sujet. Plus tard, sur le marché d’Aubervilliers, une jeune femme nous confirmera avoir vu des fillettes «de 7 ans» voilées, un phénomène qui semble cependant marginal à première vue.

 

«Avant, il n’y avait aucune élève voilée dans mon collège»

La société vivrait donc une véritable régression, affirment-elles en coeur. Josiane Doan a l’impression d’avoir déjà vécu ces injonctions. C’était dans les années 1960, elle habitait, dit-elle, un «patelin» de Provence, où il y avait «deux générations de retard»: «On intimait alors aux femmes de se mettre des couvre-chefs, on vérifiait leurs ourlets, on les fliquait». Elle qui a combattu cette «aliénation» ne veut plus revoir ça. Le foulard, porté à l’époque par les pieuses catholiques, a changé de communauté. «Dans les années 1960, il n’y avait pas de voile chez les maghrébins!», affirme Nadia Ould-Kaci. «Le nombre de personnes voilées a augmenté comme un raz-de-marée, ce qui leur donne le droit de codifier les comportements», s’inquiète Nadia Benmissi, qui dit n’avoir «aucun chiffre» mais évoque un «ressenti, pas une statistique».

Les femmes qui portent le voile sont libres. Libres de gérer leur argent. Libres vis-à-vis de leur mari

Nora, 42 ans

 

S’il n’y a pas de chiffres très précis sur le phénomène, des sociologues estiment en effet que le port du voile intégral et du simple foulard s’est «répandu» en France au milieu des années 2000, comme l’explique sur le site du Figaro Madame Raphaël Liogier, auteur du Mythe de l’islamisation. «Avant, il n’y avait aucune élève voilée dans mon collège, aujourd’hui, elles sont environ trente ou quarante, je pense. Cela s’est multiplié au moins par dix» à Aubervilliers, estime Nadia Benmissi.

C’est d’ailleurs à Aubervilliers qu’a commencé en 2003 l’une des affaires qui devaient conduire, entre autres, au vote de la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires. Alma et Lila Lévy-Omari avaient été exclues du lycée Henri-Wallon de cette même ville, pour avoir refusé d’enlever leur foulard. Depuis, plus de dix ans se sont écoulés, pendant lesquelles, selon le trio de femmes engagées, la peur s’est installée, et les femmes se sont recouverte la tête à cause des pressions subies.

 

«La femme voilée n’est pas un monstre!»

Problème: il n’est pas sûr que cette impression de «subir des pressions» soit partagée par la majorité des habitants, et surtout des habitantes, d’Aubervilliers. Sortant du café à côté de la Poste, on rejoint par le boulevard en travaux le marché. Entre les étals, des hommes et des femmes, dont bon nombre, il est vrai, sont voilées, sans qu’elles soient, de visu, majoritaires. On aperçoit des voiles fleuris–surtout, semble-t-il, sur les épaules des femmes les plus âgées– des voiles sombres, et tout un ballet d’étoffes qui s’éloigne souvent craintivement dès que la journaliste s’annonce.

Au milieu des robes en ceintres et des piles de vêtements apparaît Nora, 42 ans, un voile bleu sur la tête. Elle fronce les sourcils lorsqu’on prononce le fameux mot de la discorde, signe que ce thème lui a sûrement souvent causé beaucoup de tracas. Comprenant ensuite qu’elle a là l’occasion de s’exprimer pour rétablir ce qu’elle croit être la vérité, elle se fait soudain volubile, s’empresse d’égrainer les arguments: «Les femmes qui portent le voile sont libres. Libres de gérer leur argent. Libres vis-à-vis de leur mari», avance-t-elle. Non, elle ne ressent pas de «pression» autour du voile, ses sœurs, d’ailleurs, n’en portent pas. 

Si elles ont choisi de porter le voile, qu’elles le portent, elles sont libres! Mais qu’on ne fasse pas croire que c’est obligatoire

Nadia Benmissi

 

Une journée mondiale sans voile? Le concept ne lui parle pas. Il l’étonne. Elle ne le comprend pas. Quand on lui explique ensuite le but de cette journée, qu’on lui lit le manifeste qui l’accompagne, son étonnement se change en réprobation. «Cela me touche, dit-elle avec ses mots, cette journée sans voile». «On ne parle pas autant des hommes qui obligent les femmes à travailler comme prostituées. Ou d’autres problèmes», juge-t-elle. «La femme voilée n’est pas un monstre!», tient-elle à préciser à notre encontre avant qu’on ne s’engouffre à nouveau dans le dédale de clients.

Plus loin dans la ruelle, cheveux bruns et bouclées au vent, poussette en mains, voici Ouafae, 39 ans. De «culture musulmane», mais sans «hijab». La Journée sans voiles, elle n’y voit pas d’intérêt, car elle ne voit pas de pression des hommes autour d’elle. Dans les personnes que nous avons rencontrées ce jour-là, il n’y aura guère que Fadila, 56 ans, «issue d’un milieu intellectuel», selon ses mots, pour apporter du soutien à cette initiative, tout en concédant n’avoir jamais vécu de pression: «Ce qui peut favoriser l’éloignement de l’obscurantisme est une bonne initiative», affirme-t-elle cependant.  

 

Le voile leur semble «obligatoire»

Libres physiquement de refuser de porter le voile, donc, ces femmes le sont, semble-t-il. En revanche, il est intéressant de noter que les lectures alternatives du Coran sur le voile, outre la version dominante selon laquelle il serait «obligatoire», semblent peu répandues, rendant peut-être utile un des aspects de la «mission» que s’est fixée le collectif pro-laïcité d’Aubervilliers: déconnecter Islam et voile. «Le voile est obligatoire… à partir de 13 ans, je dirai», avance timidement Rabeb, 21 ans, vêtue d’une tenue blanc crème de la tête aux pieds, et son petit garçon, tout juste né, lové dans ses bras. «Obligatoire» aussi selon Nora, qui affirme que la beauté de la femme doit «être réservée à son mari», et même pour Ouafae, qui n’en porte pas, mais estime que c’est «obligatoire après la puberté, c’est écrit dans le Coran», même si selon elle, «Dieu laisse les hommes libres de faire ce qu’ils veulent» et qu’on peut «porter le voile et n’être pas un bon musulman».

«Si elles ont choisi de porter le voile, qu’elles le portent, elles sont libres! Mais qu’on ne fasse pas croire que c’est obligatoire», s’exclame au contraire Nadia Benmissi. Le voile, explique cette professeure de collège, n’est pas un choix spirituel, c’est une «interprétation radicale» du Coran, qui doit être lu différemment en fonction des époques et du contexte. S’il est «écrit dans le Coran» que les croyantes doivent «rabattre leur voiles sur leur poitrine» (Sourate XXIV, verset 31), il n’est pas plus «obligatoire» de porter le voile que d’être polygame pour être un bon musulman, justifie-t-elle. «La polygamie, elle est aussi écrite!», s’énerve Nadia Ould-Kaci. 

Le CFCM lui-même a indiqué en juin 2014 dans sa «Convention citoyenne» que selon lui le voile était une «prescription religieuse»

Interrogé par le Figaro, l’imam Tariq Oubrou estime lui aussi qu’il n’y a pas de «fondement univoque dans les textes» au port du voile. Mais l’argument est plus complexe qu’une simple ligne dans le Coran. Les théologiens français ne sont pas unanimes sur le sujet, et ont parfois changé d’avis, rendant les choses peu claires pour les femmes musulmanes. Le CFCM lui-même a indiqué en juin 2014 dans sa «Convention citoyenne» que selon lui le voile était une «prescription religieuse». Les arguments nuançant l’obligation de porter le voile semblent de fait méconnus ou rejetées des femmes interrogées au marché d’Aubervilliers...

 

Des femmes voilées qu’on entend peu

À entendre ce trio de militantes, c’est tout le discours dominant qui serait «pro-voile». «Les médias ont mis le voile à la Une», déplore Nadia Ould-Kaci. «On est passifs: le voile intégral s’impose et on ne fait rien», regrette Nadia Ould-Kaci. «Quand j’ai montré à Faïza Zerouala (journaliste, auteur du livre de témoignages de femmes voilées Des voix derrière le voile) une photo de petite fille voilée, elle m’a reproché de l’avoir truquée», s’insurge la militante (contactée, la journaliste affirme leur avoir dit «qu'une photo non sourcée n’était pas une preuve». «Et quand bien même un cas de fillette voilée n'est pas une généralité», ajoute-t-elle).

Des médias et des politiques majoritairement pro-voile? Une interprétation difficile à entendre. D’une part parce que les attaques contre le voile se sont multipliées dans la classe politique, à droite comme à gauche, notamment lorsque la secrétaire d’État aux droits des femmes, Pascale Boistard, a déclaré n’être «pas sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur». D’autre part, parce qu’il est rare d’entendre des femmes voilées s’exprimer dans les médias (vous souvenez-vous d’avoir vu récemment une femme voilée en plateau télévision?), ce qui explique l’intérêt porté au livre de Faïza Zerouala, qui a souhaité «écouter les silencieuses», «celles dont on entend jamais la voix».

 La militante afro-féministe Ndella Paye a raconté son épuisement face aux injonctions  permanentes qu’elle devait subir à cause de son voile

 Contre-productif?

Le trio semble aussi parfois mélanger les contextes. Comme lorsqu’on leur fait part de récits de femmes voilées françaises, à l'image de celui de la militante afro-féministe Ndella Paye, qui a raconté sur son blog Médiapart son épuisement face aux injonctions et demandes de justification permanentes qu’elle devait subir à cause de son voile. Nadia Benmissi, qui faisait état quelques minutes plus tôt des multiple «pressions» subies par les femmes, met alors en avant la «situation plutôt confortable» des femmes voilées en France, notamment par rapport aux femmes afghanes.

Au final, le collectif des Femmes sans voile donne parfois l’impression d’accentuer le formidable dialogue de sourds qui préside en France sur le sujet. Entendent-elles le ras-le-bol des musulmans, lassés d’être au centre des débats? Se posent-elles la question de savoir si leur démarche n’est pas contreproductive? «Et alors il ne faudrait rien dire?», bottent-elles en touche, peu soucieuses de remettre en question leurs méthodes, et de s’interroger sur leur efficacité. A l’image, finalement, de dix ans de lois et de débat pour limiter le port du voile, qui n’ont fait que renforcer son usage dans l’espace public.

Aude Lorriaux

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Comment l'Etat islamique est né, dans un camp de prisonniers américain

Comment l'Etat islamique est né, dans un camp de prisonniers américain | Think outside the Box | Scoop.it

Des prisonniers dans le camp irakien de Bucca, le 20 avril 2008. 

 

Un camp de prisonniers américain en Irak a-t-il contribué à la création de l'Etat islamique (EI) ? C'est ce qui ressort de la lecture d'un long format du "Guardian" (en anglais donc) intitulé "Isis : the inside story" ("EI : l'histoire vue de l'intérieur") et publié jeudi sur le site du quotidien britannique.

Un article qui s'appuie principalement sur le très fort témoignage de Abu Ahmed, jeune djihadiste incarcéré à l'été 2004 à Bucca, au sud-est de l'Irak, et devenu, comme beaucoup de prisonniers détenus en même temps que lui, un des leaders du groupe EI dix ans plus tard.

Abu Ahmed a largement participé au lancement de l'EI, dont il était un des maillons essentiels à ses débuts, écrit en introduction Martin Chulov, grand reporter au Moyen-Orient pour le "Guardian" depuis 2005. Chulov aura eu besoin de deux ans pour finir par convaincre l'homme de s'exprimer publiquement, sans doute motivé par l'évolution inquiétante de l'organisation terroriste et son emprise grandissante sur la région.

Bucca, c'est l'un de ces fameux camps américains (comme Guantanamo ou Abou Ghraib) – décrits parfois comme des camps de concentration – situé près de la frontière koweitiennequi a abrité jusqu'à 28.000 détenus privés de tous droits, avant sa fermeture en septembre 2009. Une forteresse en plein désert.

Voici quelques extraits de ce remarquable récit au long cours du "Guardian". De l'arrivée d'Abu Ahmed – son nom de guerre - à Bucca jusqu'à l'évolution de l'EI aujourd'hui, en passant par Abou Bakr al-Baghdadi, nouveau chef de l'Etat islamique, considéré actuellement comme le plus dangereux leader terroriste sur la planète.


A propos de l'arrivée au camp de Bucca, Abu Ahmed raconte à Martin Chulov :

J'avais peur de Bucca pendant tout le trajet jusqu'à ma descente d'avion. Mais quand je suis arrivé là-bas, c'était bien mieux que ce que je m'étais imaginé. A tout point de vue."

Les premiers contacts entre détenus :

"Nous n'aurions jamais pu nous retrouver tous ensemble comme ça à Bagdad ou n'importe où ailleurs. Ca aurait été incroyablement dangereux. Ici (à Bucca), nous n'étions pas seulement en sécurité, mais nous étions également à quelques centaines de mètres de tout l'état-major d'Al-Qaïda."

Sa première rencontre, en 2004, avec Abu Bakr al-Baghdadi, dans le camp de Bucca :

"A l'époque déjà, c'était Abu Bakr. Mais personne n'a jamais pensé qu'il deviendrait un leader", raconte Abu Ahmed. Pourtant, alors que Baghdadi se montre distant avec les autres détenus, les geôliers américains vont en faire un de leurs interlocuteurs privilégiés pour régler les conflits du quotidien entre prisonniers. "Ca faisait partie de son action", se souvient Ahmed. "Mais j'avais l'impression qu'il cachait quelque chose, un côté obscur qu'il ne voulait pas montrer aux autres. Il était à l'opposé des autres princes qui étaient beaucoup plus accessibles."

Chulov dresse ensuite un portrait de Baghdadi, descendant d'une grande lignée et jeune leader d'un petit groupe d'insurgés sunnites – qui se sont dressés contre les forces américaines et la majorité chiite en Irak après la chute de Saddam Hussein. L'homme a fini par gravir les échelons dans l'ombre de l'ancien ennemi public numéro un, Abu Musab al-Zarqaoui, jusqu’à devenir le chef de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), rebaptisé aujourd'hui Etat islamique. Un homme qui en juin dernier s'est autoproclamé "calife" de l'EI, appelant les musulmans du monde entier à lui prêter allégeance.

"Baghdadi était quelqu'un de très calme. Il a du charisme. Vous pouviez sentir qu'il était quelqu'un d'important. Mais il y en avait d'autres qui l'étaient encore davantage", poursuit Abu Ahmed. Sauf qu'après s'être mis les Américains dans la poche, il a commencé à poser problème. "Plus le temps a passé, plus il s'est retrouvé au centre des problèmes du camp. Il voulait être le leader de la prison. Et quand j'y repense, il a beaucoup appliqué la doctrine 'diviser pour mieux régner' pour obtenir ce qu'il voulait, c'est-à-dire un statut. Et ça a fonctionné."


aucun risque, les Américains l'ont libéré. Abu Ahmed :

Il était très respecté par l'armée américaine. S'il voulait rendre visite à quelqu'un dans un autre camp, il pouvait, mais pas nous. Et pendant ce temps-là, une nouvelle stratégie, qu'il menait, était en train d'émerger juste sous leur nez. Et c'était de bâtir l'Etat islamique. S'il n'y avait pas eu de prison américaine en Irak, il n'y aurait pas d'EI aujourd'hui. Bucca était une usine. Elle nous a fabriqués. Elle a construit notre idéologie".

Les liens entre détenus et l'émergence de l'EI :

"En prison, tous les princes se rencontraient régulièrement. Nous sommes devenus très proches entre codétenus. Nous connaissions les capacités de chacun. Nous savions ce que chacun pouvait ou ne pouvait pas faire et comment les utiliser, quelle que soit la raison… Nous avions tellement de temps pour nous asseoir et tout planifier", explique Abu Ahmed.

C'était l'environnement idéal. Nous avons convenu de nous rassembler une fois dehors. Et c'était simple de garder le contact. Nous avons tous écrit des infos sur l'élastique de nos boxers (caleçons). Quand nous sommes sortis, nous avons repris contact. Tous ceux qui étaient importants pour moi étaient notés sur l'élastique blanc. J'avais leurs numéros de téléphone, le nom de leurs villages. C'était vraiment simple. A partir de 2009, beaucoup d'entre nous ont repris leur activité. Sauf que cette fois, nous le faisions mieux. Les boxers nous ont permis de gagner la guerre."

Selon le gouvernement irakien, 17 des 25 principaux leaders de l'Etat islamique qui mènent la guerre en Irak et en Syrie ont passé du temps dans les prisons américaines entre 2004 et 2011, écrit le "Guardian". Certains, transférés des Etats-Unis, ont même bénéficié de spectaculaires évasions, comme celle d'Abu Ghraib en 2013, lors de laquelle 500 détenus se sont évadés, dont de nombreux djihadistes aguerris. De quoi bâtir une armée, renforcée par le recrutement de nouveaux insurgés, motivés à l'idée de combattre les forces américaines, coupables d'abus à tous les niveaux (arrestations, détention, torture…).

En 2010, Martin Chulov expliquait déjà que, selon un général irakien, Ahmed Obeidi al-Saedi, 80% des anciens prisonniers du camp de Bucca rejoignent les rangs des différents groupes terroristes à leur sortie.

A propos de la guerre menée par l'EI en Irak :

Abu Ahmed : "Il y avait une raison pour débuter cette guerre. Ce n'était pas parce qu'ils sont chiites mais parce que les chiites ont poussé pour cette guerre. Les Américains leur ont facilité la reprise en main de l'Irak et leur ont donné le pays. Il y avait une coopération entre eux."


A propos d'Al Zarqaoui et de l'évolution toujours plus meurtrière de l'EI :

Zarqaoui était très intelligent. Il était le meilleur stratège que l'Etat islamique ait eu. Al-Baghdadi était sans pitié. Il est le plus sanguinaire de tous. Après que Zarqaoui ait été tué (dans un raid américain en avril 2010), tous ceux qui aimaient tuer encore plus que lui sont devenus plus importants au sein de l'organisation. Leur compréhension de la charia et de l'humanité était très médiocre."

Le rôle grandissant de Baghdadi et l'extension du conflit à la Syrie :

"Quand la guerre civile en Syrie est devenue sérieuse, ce n'était pas compliqué de transférer toute cette expertise à une autre zone de conflit", explique Abu Ahmed. "Les Irakiens sont les plus nombreux parmi les militaires ou les chouras de l'EI maintenant. Et c'est à cause de toutes ces années passées à se préparer pour un tel événement. J'ai sous-estimé Baghdadi. Et les Etats-Unis ont sous-estimé le rôle qu'ils ont joué dans ce qu'il est devenu."


 

Abu Ahmed évoque son propre engagement au sein de l'EI :

Martin Chulov raconte qu'à travers ses nombreux entretiens avec Abu Ahmed, celui-ci a exprimé le désir de quitter le groupe. Mais il n'a pour l'instant pas osé prendre le risque de franchir le pas.

"La plus grosse erreur que j'ai commise, ça a été de les rejoindre. Ce n'est pas que je ne crois pas au djihad. J'y crois. Mais quelles sont mes autres options ? Si je pars, je suis mort."

Et sa famille avec lui, probablement. Comme d'autres dirigeants au sein du groupe terroriste le plus dangereux du monde, Abu Ahmed a été pris dans un engrenage, un cercle vicieux, explique Chulov. D'abord la lutte contre une armée d'occupation, et maintenant une guerre qui s'étale sur deux pays.

"Il y en a d'autres qui ne sont pas des idéologues. Des gens qui ont démarré comme moi, à Bucca. Et puis tout ça nous a dépassés. On ne peut plus l'arrêter maintenant. C'est hors de contrôle. Même pour Baghdadi ou l'un de ses proches."

 

Nicolas Buzdugan

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Comment être heureux et le rester

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Sonja Lyubomirski dirige le département de psychologie positive de l’Université de Californie. Elle est l’auteur de « Comment être heureux et le rester ». Elle nous confie les clés d’un bonheur durable dans cet article de Cerveau&Psycho.

 

Notez que la prospérité, la santé et la beauté influent peu sur le bien-être et que nous avons des prédispositions au bonheur. Certaines personnes sont naturellement heureuses.

Ceci s’explique par le fait que le bonheur est à 50% génétique.

10% sont liés aux conditions de vie : riche/pauvre, marié/divorcé, …

Il reste 40% qui dépendent uniquement de nous !

Afin de déterminer le type d’actions possible pour être heureux, Sonja et ses équipes ont étudié la vie et les habitudes des personnes heureuses.

 

  • Elles consacrent beaucoup de temps à leur famille et à leurs amis
  • Elles expriment souvent leur gratitude
  • Elles font preuve d’altruisme
  • Elles ont une vision optimiste de leur avenir


Mais nous avons tendance à nous habituer au bonheur. On évoque l’adaptation hédonique. C’est ainsi que les gagnants du Loto retombent à leur niveau de bonheur initial 18 mois après avoir remporté une grosse somme.

Pour endiguer les effets de l’adaptation hédonique, il est indispensable de diversifier les expériences positives et de se surprendre. Le principe est donc de lutter contre la routine.

 

Conclusion : une vie sociale et familiale développées, de l’altruisme, de la gratitude et un effort constant pour casser la routine sont les ingrédients indispensables au bien-être !

 

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Juppé-Sarkozy: et si le match de la primaire était en train de basculer?

Juppé-Sarkozy: et si le match de la primaire était en train de basculer? | Think outside the Box | Scoop.it

POLITIQUE - Ils ne doivent pas être mécontents que l'on tourne la page grecque. Car c'est peu dire que ni Alain Juppé ni Nicolas Sarkozy n'ont particulièrement brillé au cours de cette séquence ouverte par l'annonce du référendum à Athènes. Durant quinze jours, les deux rivaux potentiels pour la primaire de 2016 ont multiplié les changements de discours, ce qui a considérablement nui à la lisibilité de leur position.

Au lendemain du "non" grec, Alain Juppé s'empresse de réagir. Sur son blog, le maire de Bordeaux estime qu'il faut aider la Grèce à sortir "sans drame" de la zone euro "si c'est son souhait", alors qu'il disait quelques jours plus tôt son espérance que "la Grèce reste avec nous". Et après la signature de l'accord à Bruxelles, il se félicite du dénouement de la crise, donnant l'impression de ne pas avoir de conviction forte.

Si l'on attend toujours la réaction officielle de Nicolas Sarkozy à l'accord, lui non plus n'a pas été exempt de tout revirement. La semaine précédant le scrutin, il use d'un ton très dur au cours d'une interview au Monde pour dénoncer Alexis Tsipras et considérer que la Grèce s'est auto-suspendue de la zone euro. Puis après la victoire du non, il appelle à une nouvelle recherche de compromis, rejoignant ainsi la position de François Hollande et Manuel Valls.

 

Pour ne rien arranger à la situation de Nicolas Sarkozy, son parti s'est largement divisé lors du vote au Parlement français; plus de 70 députés se sont abstenus ou ont voté contre. Le sujet européen apportait une nouvelle confirmation que l'ancien chef de l'Etat ne parvenait pas à faire taire les divergences dans son propre camp; dans le même temps des critiques ont suivi son soutien à une pétition très conservatrice sur les églises de France. Résultat, il ne fait plus l'unanimité, y compris au coeur de son électorat de mai 2012.

 

En duel, Juppé n'a jamais été aussi proche de Sarkozy

Cette semaine, un nouveau sondage est venu confirmer une tendance à l'oeuvre depuis que Nicolas Sarkozy a replongé dans l'arène. Sa popularité s'érode au profit de son ancien ministre des Affaires étrangères. Dans le baromètre Ifop pour Paris Match et Sud Radio, Alain Juppé est, comme depuis longtemps, la personnalité politique préférée des Français. Il recueille 70% d'opinions positives quand l'ancien chef de l'Etat n'est qu'à 40%. "C'est le reflet de sa popularité supérieur au centre et dans une partie de l'électorat de gauche", précise au HuffPost Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop.

Mais le principal enseignement est que l'ex-Premier ministre creuse particulièrement l'écart auprès des sympathisants Les Républicains avec 87% de bonnes opinions contre 81% à Nicolas Sarkozy. Résultat, en duel, l'écart n'a jamais été aussi maigre en faveur de l'ex-Président. Alors qu'il était largement le préféré en février (62% contre 38), le voilà désormais à 52/48. Ce résultat qui est dans la marge d'erreur démontre que Nicolas Sarkozy est désormais "challengé" dans le coeur de cible de la primaire. "Cela ne fait que confirmer que son retour est raté", raille un élu de l'opposition.

 

De là à considérer qu'une bascule s'est opérée est qu'Alain Juppé est désormais le mieux placé pour être le candidat de la droite en 2017, il y a néanmoins un énorme fossé qu'aucun observateur avisé n'ose franchir. Tous gardent en mémoire les sondages du printemps 2011 quand François Hollande faisait de moins bons score que Dominique Strauss-Khan et même Martine Aubry. "Il faut être d'une absolue prudence, il est impossible de dire que l'un ou l'autre est le favori", insiste ainsi Frédéric Dabi.

 

Encore 15 mois de campagne

C'est qu'en 15 mois, il peut s'en passer des choses. En se déclarant candidat à l'été 2014 soit deux ans avant la primaire, Alain Juppé s'est lancé dans un marathon qui peut s'avérer périlleux. Surtout si son statut change et qu'il devient progressivement le favori car conserver cette position sans trébucher n'est pas garanti. Son équipe pour l'instant encore sous-dimensionné va devoir rapidement s'étoffer pour lui permettre de réagir vite aux sujets d'actualité sans se prendre les pieds dans le tapis. S'il ne veut pas entamer sa crédibilité qui est -avec sa stature d'homme d'Etat- son principal atout, il ne pourra guère se permettre de nouveaux impairs comme il vient d'en commettre sur la Grèce.

Quant à Nicolas Sarkozy qui a a fait main basse sur le parti, il espère en tirer profit dans les mois à venir. Non seulement avec l'organisation de la primaire elle-même mais aussi avec les régionales qui pourraient lui servir de rampe de lancement. Si Les Républicains réalisent une très belle performance, il pourra s'enorgueillir d'un très bon bilan à la tête de son parti après la nette victoire lors des départementales du printemps dernier. A l'inverse une victoire en demi-teinte le fragiliserait assurément, au même titre que de nouveaux démêlés judiciaires; la menace d'un procès dans l'affaire des écoutes est toujours réelle.

"Et imaginez que Xavier Bertrand batte Marine Le Pen (aux régionales dans la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ndlr). Il n'a pas exclu d'être candidat à la primaire et pourrait se présenter avec une belle victoire à son tableau de chasse", illustre Frédéric Dabi. Tout cela pour dire aussi que l'offre politique sera également cruciale au moment d'aborder la primaire. La présence de Bruno Le Maire troublerait ainsi considérablement le rapport de forces entre les deux favoris.

D'autant que depuis 2011 et le précédent socialiste, la primaire est vue comme un tour de chauffe de la présidentielle avec des votants qui ont comme envie commune de se débarrasser de l'exécutif sortant. D'où une prime qui sera donnée au candidat le mieux placé pour battre le candidat socialiste. Pour le moment, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé battraient François Hollande tous les deux largement.

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Les fonctionnaires pourront bientôt télé-travailler

Les fonctionnaires pourront bientôt télé-travailler | Think outside the Box | Scoop.it
Le décret encadrant le dispositif est en cours de finalisation. Le télétravail sera limité à trois jours par semaine pour un public ciblé, de quelques dizaines de milliers d’agents sur 5,4 millions de fonctionnaires.

 

Trois ans après la loi Sauvadet autorisant les fonctionnaires à télétravailler, le décret d’application est en cours de finalisation. « Il sera présenté devant le Conseil commun de la fonction publique en septembre pour une entrée en vigueur espérée fin 2015 », indique l’entourage de Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique.

Les grandes lignes du dispositif font désormais consensus. « Point clef » pour les syndicats : le volontariat des agents. Pour maintenir un lien avec le collectif de travail, il sera plafonné à trois jours maximum par semaine et, sur une base mensuelle, à 50 % de la durée de service. Le supérieur de l’agent pourra s’y opposer s’il le juge incompatible « avec la nature des fonctions exercées et l’intérêt du service », précise le projet de décret - en cas de refus, un recours sera possible. L’autorisation sera d’un an maximum, renouvelable trois fois, et« réversible » : à sa demande, ou à celle de l’administration pour nécessité de service, l’agent retrouvera son bureau.

 

Petite révolution culturelle

Autre point sur lequel les syndicats ont été vigilants : l’employeur « prend en charge les coûts », comme les « matériels » ou « abonnements » nécessaires, indique le futur décret. Outre les domiciles des fonctionnaires, des télé-centres seront éventuellement mis à disposition par l’administration. Ces garde-fous rassurent les syndicats. « Cela doit être un moyen de mieux concilier vies professionnelle et privée, pas un outil qui dégraderait les conditions de travail », insiste Dominique Thoby, secrétaire national de l’Unsa-Fonction publique.

Si c’est une petite révolution culturelle, elle sera en réalité limitée, beaucoup de postes n’étant pas jugés compatibles avec le travail à distance. « Pour énormément de fonctionnaires, leur métier est quand même avant tout d’être au contact du public », rappelle le ministère. La liste des postes éligibles est en cours d’élaboration. En 2011, un rapport du Conseil général de l’Industrie, de l’énergie et des technologies (Cgiet) a estimé que le dispositif devait être réservé aux agents « très autonomes et dont l’activité est facilement quantifiable », soit, mesure-t-il, de 3.000 à 50.000 agents à l’Etat, de 600 à 8.000 dans les hôpitaux et de 1.200 à 12.000 dans les collectivités. Au final, seulement quelques dizaines de milliers d’agents, maximum, pourraient être concernés, sur les quelque 5,4 millions du pays.

 

« Un treizième mois »

Si des pratiques informelles de travail occasionnel à domicile existent déjà de longue date, le télétravail encadré reste limité à des initiatives locales, dans des administrations de Bercy ou des conseils généraux ou régionaux (Aquitaine, Finistère...). Un rapport publié en 2013 par le Centre national de la fonction publique territoriale en dresse un bilan positif : le niveau de satisfaction des agents est « élevé », très peu font machine arrière et tous signalent des « gains économiques » (transports, crèches, etc.) représentant souvent « un treizième mois ». Pour les managers, parfois inquiets de ne pas avoir leurs agents sous la main, le rapport souligne que le télétravail oblige « à se focaliser sur les résultats » des agents, en dépassant ainsi la seule culture du « présentiel ». Ce qui, au final, contribue aussi à moderniser la fonction publique.

 

Philippine Robert


 

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« Charlie Hebdo » devient la première « entreprise solidaire de presse »

« Charlie Hebdo » devient la première « entreprise solidaire de presse » | Think outside the Box | Scoop.it

L'édition du 25 février de « Charlie Hebdo », seconde édition de l'hebdomadaire après l'attentat du 7 janvier. 

 

Le statut a été créé par une loi du 17 avril, dans le sillage de l’attaque djihadiste du 7 janvier contre la rédaction.


Charlie Hebdo va devenir le premier journal à adopter le nouveau statut d’« entreprise solidaire de presse », qui impose de réinvestir dans l’entreprise au moins 70 % des bénéfices annuels, a annoncé vendredi 17 juillet son directeur, Riss. L’adoption de ce nouveau statut « devrait rassurer certains collaborateurs sur l’utilisation des fonds et des dividendes », a-t-il expliqué, alors qu’il était interrogé sur les tensions au sein de l’équipe ces derniers mois.

Une partie des salariés réclame une nouvelle répartition de l’actionnariat ainsi que des garanties sur l’utilisation des millions d’euros recueillis par le journal en aides, dons et abonnements. Les actionnaires ont aussi décidé de bloquer les 30 % restants sans se verser aucun dividende. Le statut d’« entreprise solidaire de presse » a été créé par une loi du 17 avril, dans le sillage de l’attaque djihadiste du 7 janvier contre la rédaction.

 

Depuis, l’hebdomadaire est devenu un symbole mondial de la liberté d’expression. Le nouveau statut interdira par ailleurs toute prise de participations par un tiers : seuls les collaborateurs de Charlie Hebdo pourront détenir des actions. Le journal est actuellement détenu à 70 % par Riss et 30 % par le directeur financier, Eric Portheault, qui ont ensemble racheté les 40 % que détenait la famille de Charb, assassiné le 7 janvier en même temps que les dessinateurs Cabu, Wolinski, Honoré, Tignous, l’économiste Bernard Maris, la psychanalyste Elsa Cayat, le correcteur Mustapha Ourrad, le journaliste Michel Renaud et le policier Franck Brinsolaro.

 

« Nous ne pouvons pas abandonner ce journal »

« Avec 100 000 exemplaires vendus et 210 000 abonnés, le journal vend suffisamment pour avoir une trésorerie positive, mais nous allons avoir de nouveaux coûts de sécurité », a expliqué le dessinateur. En octobre, Charlie Hebdo déménagera dans de nouveaux locaux sécurisés. Riss, à plein temps au journal satirique depuis 1992, estime que le nombre d’actionnaires pourrait aller « jusqu’à 5 ou 6 personnes », mais écarte l’idée que tous les collaborateurs soient actionnaires.

« Etre rédacteur est une chose, être actionnaire en est une autre, a-t-il relevé. Le vrai enjeu est de consolider le journal, de trouver de nouveaux dessinateurs avec l’esprit Charlie Hebdo et un ton original pour recréer un travail collectif, une bande, une ambiance. » Mais, s’est-il interrogé, « cet humour est-il celui d’une époque, d’une génération ? »« Charlie Hebdo a reçu beaucoup de dessins, mais pas toujours ce qu’on voulait. Certains dessinateurs ont peur, ils demandent à signer sous pseudo, m’interrogent sur les mesures de sécurité. Je dois les rassurer », a raconté Riss, grièvement blessé à l’épaule dans l’attentat.

« Quand nous vendions moins, nous étions plus tranquilles. Maintenant tout le monde nous regarde, tant de gens attendent de nous un rôle, et tout peut toujours se reproduire. Mais nous ne pouvons pas abandonner ce journal. S’il s’arrêtait, ce serait une catastrophe pour la démocratie », a-t-il conclu.


Jacques Le Bris's insight:



Lire aussi : « Charlie Hebdo » face à un afflux d’argent inédit

 

Lire aussi : « La vie à “Charlie” n’a jamais été un fleuve tranquille »
 

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Le système fonctionne à merveille...
pour le 1% !

Etienne Chouard ce soir ou jamais csoj septembre 2014
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La Commission européenne passe 90% de son temps avec les lobbys industriels

La Commission européenne passe 90% de son temps avec les lobbys industriels | Think outside the Box | Scoop.it

Des négociations menées en toute opacité dans le seul intérêt des multinationales : ce sombre tableau entourant le Tafta – le projet de traité commercial entre l’Europe et les Etats-Unis – est étayé par de nouvelles données compilées par l’Observatoire européen des entreprises (CEO) et SumOfUs, une organisation mondiale de défense des consommateurs. Sur les 597 réunions organisées entre janvier 2012 et février 2014 par la direction générale du commerce (DG Trade) sur le Tafta, 528 se sont tenues avec des acteurs du monde des affaires contre seulement 53 réunions avec des groupes d’intérêt public.

« Ainsi, note CEO, pour chaque rencontre avec un syndicat ou groupe de consommateurs, dix réunions ont eu lieu avec des entreprises et fédérations industrielles ». Des chiffres qui confirment pour les ONG « le biais dramatique en faveur des multinationales dans l’approche des accords commerciaux par la Commission européenne ».

Cette tendance est sensiblement la même depuis l’arrivée en novembre 2014 de la nouvelle commissaire européenne au commerce, Cecilia Malström. Au cours de ses six premiers mois de mandat, 83 % des 121 réunions à huis clos autour du Tafta ont impliqué des lobbyistes d’affaires. Parmi eux, on retrouve en particulier la fédération Business Europe – qui regroupe 40 organisations patronales, dont le Medef –, le Transatlantic Business Council représentant plus de 70 multinationales européennes et états-unienne, l’association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), le conseil européen de l’industrie chimique (CEFIC), le syndicat européen de l’industrie pharmaceutique (EFPIA), Food and Drink Europe – le lobby de l’alimentation et des boissons en Europe –, la Chambre de commerce des États-Unis et Digital Europe – comprenant tous les grands noms de l’informatique comme Apple, Blackberry, IBM et Microsoft.

Un lobbying peu transparent

Autre fait marquant : un cinquième des lobbys d’affaires qui se sont entretenus avec la direction générale du commerce ne sont pas enregistrés auprès du registre européen de transparence, qui liste l’ensemble des lobbys intervenant auprès des institutions européennes. A noter que si l’immense majorité des lobbys d’affaire consultés proviennent des États-Unis et de l’Europe de l’Ouest, les entreprises grecques, portugaises, chypriotes, maltaises ou de l’Europe de l’Est ne comptent aucun représentant lors de ces discussions.

« Ces données justifient les préoccupations de millions de citoyens concernant les menaces posées par le Tafta, relève Pia Eberhardt de CEO. Alors que les lobbyistes des grandes entreprises sont maintenus fermement dans la boucle et exercent une puissante influence sur les négociations, les groupes d’intérêt publics sont tenus à distance ». Elles confirment que le Tafta vise en premier lieu à faciliter la vie des entreprises pour dynamiser le commerce transatlantique, au mépris des enjeux sociaux, environnementaux, sanitaires... et démocratiques.

Alors que 2,3 millions de citoyens européens ont signé l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) auto-organisée réclamant l’arrêt des négociations transatlantiques, le Parlement européen a avalisé le 8 juillet l’inclusion d’un mécanisme de règlement des différends Investisseurs-États qui donnera aux entreprises étrangères le droit exclusif d’attaquer des États.

@Sophie_Chapelle

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Le revenu de base pourrait être expérimenté en Aquitaine

Le revenu de base pourrait être expérimenté en Aquitaine | Think outside the Box | Scoop.it

Une motion présentée par le groupe des Verts visant à financer une étude de faisabilité de l’application du RSA inconditionnel a été votée lors de la séance plénière de ce lundi au Conseil régional d’Aquitaine. Une « petite avancée » mais une grande victoire pour les défenseurs du revenu de base.

« Nous sommes surpris qu’elle soit passée », avoue Martine Alcorta, vice-présidente du Conseil régional d’Aquitaine, au sujet de la motion présentée ce lundi à la séance plénière de la Région par le groupe d’Europe Écologie Les Verts.

L’élue EELV du Lot-et-Garonne ne cache cependant pas sa satisfaction avec cette « petite avancée » et espère mettre rapidement en place le groupe de travail qui se penchera sur la faisabilité de l’application du RSA inconditionnel sur un territoire aquitain :

« L’idée est que soit expérimentée la mise en place de ce revenu de base sur le “croissant de la pauvreté aquitain” allant de la Gironde, jusqu’à la Dordogne et le Lot-et-Garonne. »

Valoriser le travail non marchand

Le revenu de base connaît plusieurs détracteurs qui considèrent la démarche comme étant un frein pour accéder à l’emploi. Selon Martine Alcorta, le président de la Région Aquitaine est l’un de ceux-là :

« C’est une motion contre le travail avait dit Alain Rousset en réponse à ma présentation. Or, c’est tout le contraire, c’est une solution pour valoriser le travail non marchand et valoriser les activités humaines utiles socialement. Nos modèles ne semblent plus pouvoir répondre à des problèmes importants comme le plein emploi, car l’équation croissance égale emploi semble perdre sa pertinence. »

La motion est passée grâce à une forte abstention et à l’unanimité des votants. Seuls les groupes Aquitaine Région Citoyenne et EELV ont voté pour. S’ajoute également le vote d’Alexandra Siarri, faisant cavalier seul au sein du groupe Les Républicains/UDI :

« J’ai toujours été favorable à une réflexion sur le revenu de base, souligne l’adjointe au maire de Bordeaux en charge de la cohésion sociale. Beaucoup de gens n’arrivent pas à s’en sortir malgré les nombreuses aides sociales proposées. Il faut tout simplifier : simplifier le parcours d’une part, et le travail des travailleurs sociaux d’autre part.

Le revenu de base n’est pas une incitation à ne pas travailler, bien au contraire, il révèle les capacités des personnes une fois libérées des pressions. Il faut lancer de nouvelles expérimentations, dans un nouvel état d’esprit. Il faut de nouvelles propositions, d’autres modèles que ceux qui existent et réfléchir à un nouveau système. »

Une décision unique en France

Questionnée sur la durée et la teneur de l’étude, Martine Alcorta concède que tout cela reste à débattre. Ce qui est important est d’acter aujourd’hui le principe :

« C’est une décision unique en France. Avant nous, le groupe EELV de la région Rhône-Alpes avait présenté un amendement au budget qui avait été rejeté. Nous sommes sur un sujet où tout est à faire et à définir, notamment le montant du revenu de base lui-même. »

« C’est une grande victoire pour la France », a confié Marc Morisset, élu EELV à Saint-Médard-en-Jalles et ardent supporter du revenu de base.

Le revenu de solidarité active (RSA) connaît plusieurs imperfections en particulier liées aux règles d’attribution et leurs démarches lourdes. Plus des deux tiers des ménages qui auraient droit au RSA activité malgré leurs emplois n’en font pas la demande, aussi parce qu’ils ne savent pas qu’ils y ont droit. D’une autre manière, ceux qui le touchent se découragent à rechercher un emploi, de peur de perdre leur indemnité.

Depuis 2013, EELV propose ce revenu inconditionnel dans son programme national, avec le projet d’établir de nouvelles règles d’attribution du RSA de façon à perfectionner ce dispositif vers la mise en place du revenu de base.

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Près de 300 manifestants rassemblés à Paris par un groupe complotiste ont été interpellés

Près de 300 manifestants rassemblés à Paris par un groupe complotiste ont été interpellés | Think outside the Box | Scoop.it

Quelque 300 personnes qui affirmaient vouloir organiser un « coup d’Etat » ont manifesté mardi 14 juillet à Paris à l’appel du « Mouvement du 14-Juillet », avant d’être pour la plupart interpellées, ont fait savoir des sources policières.

Rassemblement hétéroclite qui diffuse des théories complotistes, le « Mouvement du 14-Juillet » avait appelé sur Internet à se rassembler place de la Concorde dans la matinée, pour rallier à lui l’armée qui y défilait, avant de manifester près de l’Assemblée nationale dans l’espoir de prendre le pouvoir. Quelque 300 sympathisants de ce mouvement, certains portant le masque des Anonymous, se sont rassemblés en début d’après-midi dans le calme derrière l’Assemblée nationale, a rapporté une source policière.

Lire nos explications : Le 14 juillet, nouveau grand soir des complotistes

Les manifestants étaient 500, selon le site Agence Info libre, qui relaie les actions du mouvement. Ils ont ensuite manifesté dans Paris à proximité de la gare du Nord puis de Beaubourg, où « près de 300 personnes ont été interpellées » dans le calme en fin d’après-midi, a ajouté une source policière. Cette source a précisé que ces interpellations avaient pour but de vérifier l’identité des participants sans pour autant mener à des mesures de garde à vue. Cette manifestation n’a pas été déclarée et est donc considérée comme illégale, selon cette source.

Sur son site Internet, le « Mouvement du 14-Juillet » appelait au « devoir d’insurrection » en France pour qu’un « nouveau gouvernement remplace l’ensemble des politiciens actuels dès le 14 juillet ». « On se rassemblera place de la Concorde où se terminent les défilés ce jour-là. (…) Les forces militaires auront un choix à faire, et on espère bien qu'elles vont nous rejoindre. Ensuite, on prendra le contrôle des bâtiments stratégiques : Elysée, Matignon, palais du Luxembourg et Assemblée nationale », avait déclaré Myriam Vouters, porte-parole du mouvement aux Inrockuptibles.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/07/14/pres-de-300-manifestants-rassembles-a-paris-par-un-groupe-complotiste-ont-ete-interpelles_4683073_3224.html#Leq79dFtPcCkcRw1.99
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14 juillet : échauffourés entre jeunes et policiers à Paris

14 juillet : échauffourés entre jeunes et policiers à Paris | Think outside the Box | Scoop.it


Des pompiers ont dû intervenir pour éteindre les incendies déclenchés par des jeunes du quartiers Pernety dans le XIVè arrondissements qui se sont heurtés aux forces de l'ordre. 

 

Le 13 juillet au soir, des échauffourés ont opposé la police et des jeunes qui tiraient des pétards dans le quartier de Pernety dans le XIVè arrondissement. D'autres incidents ont éclaté dans le Vè, le XVè et le XIXè arrondissement.

Ambiance tendue de 13 juillet dans le quartier Pernety (XIVe), derrière la gare Montparnasse. Des jeunes ont tiré des pétards et des mortiers à l’angle de la rue de l’Ouest et Pernety et dans les rues adjacentes.
 
Les policiers, appelés par les riverains, ont du intervenir. Les jeunes, qui courraient partout, ont alors lancé des cocktails molotovov en direction des fonctionnaires.

Pour finir, ils ont mis le feu à des poubelles en pleine rue.

Les pompiers ont été appelés pour éteindre le sinistre. Une dizaine de voitures de policiers et une trentaine de fonctionnaires en tenue ont été mobilisés. Il n’y a pas eu d’interpellations. D’’autres incidents, impliquant des jeunes et la police sont à déplorer dans le Vè, XVè et XIXè arrondissements.


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En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l'Etat islamique

En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l'Etat islamique | Think outside the Box | Scoop.it

Photo : © Michalis Karagiannis

 

Les médias occidentaux relaient abondamment les décapitations, les appels au meurtre et les exactions perpétrés par Daech, le pseudo « Etat islamique ». Pourtant, face à cette barbarie, les populations kurdes, arabes ou yézidis de la région de Rojava, au nord de la Syrie, mettent en oeuvre un autre modèle de société, émancipateur, égalitaire, multiconfessionnel, et très démocratique. Une expérience qui pourrait même servir d’inspiration pour ramener la paix dans la région. En attendant, les Kurdes et leurs voisins combattent pour défendre cette utopie concrète, sans véritable soutien international. Entretien avec des chercheurs et activistes qui en reviennent.

Les raisons d’espérer sont rares en provenance de Syrie. Mais en janvier 2015, le monde découvre, ébahi, les images de femmes kurdes en treillis qui participent à la résistance puis à la libération de la ville syrienne de Kobané. Un mouvement démocratique et anti-patriarcal vient de défaire les forces ultra-réactionnaires de l’État islamique, victorieuses ailleurs. Deux modèles de société radicalement différents se font face. Car le Kurdistan syrien fait l’expérience depuis 2011 d’une révolution démocratique inédite.

Assez vite débarrassé des forces du régime de Bachar el-Assad, le mouvement de libération kurde y a développé une organisation politique basée sur la démocratie directe, l’organisation en communes et la libération des femmes. Malgré la guerre, les attaques de l’État islamique (EI), l’embargo turc, sur fond d’indifférence de la communauté internationale, la région poursuit la mise en pratique de ce confédéralisme démocratique, un modèle de société multiconfessionnelle et multi-ethnique, sans État, pour l’émancipation de tous. Entretien avec Ercan Ayboğa et Michael Knapp, co-auteurs de Revolution in Rojava, ouvrage d’enquête militante sur cette révolution en cours au milieu du chaos syrien.

 

Basta ! : Ce qui se passe depuis 2011 dans la région syrienne de Rojava (au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie), représente-t-il le contre-modèle absolu de la violence de l’État islamique ?

Ercan Ayboğa [1] : L’État islamique représente la ligne la plus réactionnaire qui existe aujourd’hui et en Syrie et au Moyen Orient, plus réactionnaire encore qu’Al-Qaïda, et le pôle le plus opposé au mouvement de Rojava. Il y a d’un côté le modèle de société de Rojava, une démarche démocratique et émancipatrice, et de l’autre, l’EI, extrêmement réactionnaire, hiérarchique, misogyne, absolument anti-démocratique, violent, et qui exploite les populations.

Michael Knapp : Rojava ressemble évidemment à une antithèse de l’EI. Mais c’est beaucoup plus profond. L’EI est aussi l’expression du jeu des forces présentes au Moyen Orient. Rétrospectivement, vu de l’Occident, on peut avoir l’impression que le mouvement de Rojava est né en opposition à l’EI. Mais en fait, c’est plutôt l’EI qui a été renforcé par des puissances comme la Turquie, entre autres pour détruire ce projet de Rojava.

 

Comment le projet démocratique du mouvement kurde s’est-il mis en place en Syrie, malgré la guerre civile ? Un compromis a-t-il dû être passé avec le régime de Bachar el-Assad ?

Michael Knapp : Quand la guerre civile a commencé en Syrie, le mouvement kurde n’a pas voulu s’allier à l’opposition. Il soutenait bien évidemment l’opposition démocratique, celle qui misait sur une sortie de crise politique et pas sur une escalade de la violence. Mais il voyait aussi que les forces d’opposition étaient soutenues par la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar et les pays occidentaux. C’est pour ça que le mouvement kurde a décidé de prendre une troisième voie.

Du point de vue militaire, les forces combattantes d’autodéfense kurdes sont allées encercler les casernes du régime et leur ont dit : soit vous partez, soit on vous combat. Souvent, les soldats du régime se sont retirés relativement pacifiquement, pensant que les forces kurdes n’allaient pas combattre aux côtés de l’Armée syrienne libre. Le régime a donc préféré poster ses soldats ailleurs. Même s’il y a eu des combats autour des puits de pétrole. C’est dans ce vacuum que le modèle de Rojava a pu prendre naissance.

Les membres de la coalition nationale syrienne et de l’armée syrienne libre reprochent parfois aux structures d’auto-organisation de la région de collaborer avec le régime. Mais il faut comprendre que le mouvement kurde suit un principe d’autodéfense légitime et de primat de la politique civile. Cela veut dire qu’aussi longtemps qu’on n’est pas attaqué, il faut tout résoudre politiquement. C’est aussi la politique suivie par la guérilla du Nord-Kurdistan (Kurdistan turc).

 

Comment s’organise maintenant la vie politique dans la région ?

Michael Knapp : C’est complexe et dynamique à la fois. L’organisation s’adapte aux besoins. Les assemblées des conseils sont le moteur de tout. Il y a plusieurs niveaux de conseils : de rue, de quartier, de la ville… Chaque niveau envoie ensuite des représentants dans les structures du niveau supérieur : des conseils de rue aux conseil de quartiers, des conseils de quartiers aux conseils des villes, puis vers les conseils des cantons et jusqu’au conseil populaire de Rojava. Les communautés s’organisent aussi en commissions à ces différentes niveaux, pour la sécurité, l’économie, la justice…

Les commissions forment comme des ministères au niveau de la région. Les conseils sont toujours doubles, avec un conseil mixte et un conseil des femmes. Le conseil des femmes a droit de veto. Et dans tous les conseils mixtes, il y a une règle de parité, un quota de 40 % au moins pour chaque genre, et le principe d’une double direction, élue, avec une femme et un homme. Si dans une ville, il y a une communauté yézidie ou des communautés arabes, par exemple, ils ont aussi droit à une co-présidence dans les conseils. On a donc souvent une présidence de conseil triple voire quadruple.

Parallèlement aux conseils, il existe un parlement, parce qu’il y a encore des gens qui sont membres de partis et qui doivent aussi pouvoir s’organiser et être représentés. Dans ce parlement, il y a les partis, mais une partie des sièges sont réservés à des organisations de la société civile, associations de défense des droits de l’homme, de la communauté yézidie… Malheureusement, il n’a pas encore été possible de tenir des élections au niveau de toute la région pour désigner par le vote les membres de ce Parlement, à cause de la guerre.

 

D’où vient ce modèle de l’auto-organisation et de confédération démocratique ?

Ercan Ayboğa : Des structures d’auto-organisation communalistes sont nées au Nord-Kurdistan, en Turquie, en 2007-2008. Ces expériences se sont ensuite transmises à Rojava à partir de 2011. Le projet de confédération lui-même vient du KCK (Union des communautés du Kurdistan), une branche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) créée en 2005. L’idée était de démocratiser le mouvement de libération kurde, de s’éloigner d’une structure de parti pour aller vers un mouvement porté par la société toute entière. Le mouvement a profité des héritages historiques comme la Commune de Paris (1871), mais surtout du mouvement zapatiste au Mexique. Avant, le PKK avait une démarche marxiste-léniniste. Le parti a lancé des discussions sur le « confédéralisme » démocratique au début des années 2000.

 

L’écologie joue-t-elle un rôle dans ce mouvement ?

Michael Knapp : L’écologie en est un point central. Pour développer le projet du confédéralisme démocratique, Öcalan (le leader du PKK, emprisonné en Turquie depuis 1999) s’est saisi du principe de l’écologie sociale du militant américain Murray Bookchin. Avec l’idée que le capitalisme est un système qui conduit à la destruction de la planète, et qu’il faut donc construire une économie basée sur une production régionale, écologique et décentralisée.

 

Quelles sont les structures d’émancipation des femmes à Rojava, à côté des conseils de femmes et des brigades féminines des forces d’auto-défense ?

Ercan Ayboğa : Dans chaque ville, il y a une maison des femmes. C’est un centre politique, mais aussi un centre de conseil, avec des séminaires, des cours, du soutien. Il y a aussi de nombreuses coopératives de femmes, des boulangeries, des coopératives textiles, de produits laitiers…

Michael Knapp : Le mouvement de libération des femmes profite aussi aux autres communautés, par exemple aux communautés suryoyes (chrétiens) et arabes. Sur la zone près de la frontière irakienne, il y avait des groupes arabes très conservateurs mais qui sont entrés en conflit avec l’EI et ont demandé aux unités kurdes des les aider à s’en libérer. Du coup, beaucoup se sont joints au mouvement. J’ai vu des unités de formations de ces hommes. Il ne s’agissait pas seulement de savoir-faire militaire, mais aussi de discussions sur les droits des femmes et sur la démocratie directe.

Nous avons aussi rencontré des jeunes femmes des communautés arabes qui ont rallié les forces combattantes d’autodéfense [2]. Elles nous ont dit qu’il y a deux ans, elles ne sortaient pas de leur maison, et maintenant, elles protègent la frontière les armes à la main. Ce modèle de confédéralisme démocratique n’est pas identitaire. C’est pour ça qu’on peut espérer qu’à plus grande échelle, il puisse aussi représenter un modèle de résolution des conflits ailleurs au Moyen Orient.

 

Comment s’organise l’économie ?

Michael Knapp : C’est très difficile notamment à cause de l’embargo imposé par la Turquie. Dans le canton de Jazirah par exemple [La région de Rojava a été découpée en trois cantons : Kobané, Jazirah et Afrin, ndlr] il y a, comme ressources, du pétrole et des céréales. Mais il n’y a pas de raffinerie et presque pas de moulins. Nous avons vu des silos assez pleins pour nourrir toute la Syrie pendant dix ans. Mais les céréales ne peuvent pas être transformés sur place. Une économie collectivisée se développe pourtant, avec des coopératives, qui raffinent, comme elles peuvent, le pétrole, des coopératives agricoles…

Ercan Ayboğa : Les coopératives jouent un rôle toujours plus important à Rojava. Elles sont soutenues par les conseils. Mais l’économie privée est aussi possible, ce n’est pas interdit.

 

Le mouvement reçoit-il des soutiens de l’étranger, du Kurdistan turc, irakien, ou de la communauté internationale ?

Ercan Ayboğa : Il y a quelques médicaments et des outils qui arrivent du Nord-Kurdistan, en Turquie. Mais la Turquie ne laisse passer que peu de choses. Le soutien du Nord-Kurdistan reste néanmoins très important. Les administrations auto-organisées du Nord-Kurdistan soutiennent vraiment Rojava. La ville de Diyarbakir a par exemple envoyé à Kobané des machines de construction, des ingénieurs, un soutien technique. Mais pas officiellement. Sinon, de l’aide arrive d’ailleurs, d’ONG, mais c’est très peu. La communauté internationale dit qu’elle a besoin de l’autorisation du gouvernement syrien pour envoyer de l’aide vers Rojava. Mais les gens à Rojava attendent évidemment plus de soutien international parce qu’ils considèrent qu’ils combattent pour l’ensemble du monde démocratique.

Michael Knapp : Rojava n’a presque pas de moyens financiers, et ne reçoit pas d’aide humanitaire. La communauté internationale dit que le problème, c’est que ce n’est pas un État. Manifestement, aux yeux de la communauté internationale, le système d’auto-organisation de Rojava n’a pas à être soutenu.

 

Pourtant, les forces combattantes kurdes d’autodéfense ont à leur actifs plusieurs succès militaires contre le pseudo État islamique...

Michael Knapp : Dans ces forces d’autodéfense, les gens combattent pour survivre, pour des convictions, et pour un projet de société. Certains ont longtemps combattu au Nord-Kurdistan auparavant. Ils ont déjà beaucoup d’expérience militaire. Mais leur armement est vraiment modeste, en comparaison à celui de l’EI par exemple.

 

Recueilli par Rachel Knaebel

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Le jeune Anonymous arrêté répond par un poème à l’État français

Le jeune Anonymous arrêté répond par un poème à l’État français | Think outside the Box | Scoop.it

Le 8 avril dernier, à 06h00 du matin, un jeune français de 19 ans était arrêté à son domicile. Son crime, être soupçonné d’avoir participé à des attaques informatiques contre des sites institutionnels dans le but de dénoncer la politique d’enfouissement des déchets nucléaires et le meurtre de Rémi Fraisse. Acculé, il nous dévoile sa personnalité cachée derrière le masque à travers un poème rédigé peu après son arrestation.

 

Connu sous le pseudonyme de journaliste liberty ou de Boby sur IRC, administrateur de la chaîne Youtube Anonymous France et auteur de nombreuses vidéos contre Monsanto, TAFTA, le génocide au Congo ou encore le barrage de Sivens, ce jeune garçon risque aujourd’hui 10 ans de prison et/ou 150 000 euros d’amende. Un jugement particulièrement attendu car la privation de liberté du jeune homme symboliserait une fois de plus la dérive sécuritaire observée en France, notamment par la criminalisation des mouvements sociaux alternatifs sur internet.

Hacktiviste dans l’âme (contraction des mots hacker et activiste), il voulait donner un sens positif et engagé à sa vie et à ses actes. Ne pas se limiter aux paroles mais passer à l’action concrète. À ses yeux, à tort ou à raison, quand Anonymous attaque un site internet d’une institution, c’est dans le but de revendiquer une volonté collective de justice écologique et/ou sociale. Alors que tant d’autres hackers bien plus organisés veulent nuire à autrui, voler des informations bancaires ou avoir accès à des données personnelles, eux cherchent à mobiliser et faire réagir les pouvoirs, par exemple, en rendant un site momentanément inaccessible.

Mais derrière le masque de cet Anonymous, que certains tentent d’assimiler grossièrement à de cyber-terroristes, il y a un jeune garçon sortant à peine de l’adolescence, plein de rêves et d’idéaux en tête, amoureux d’écriture et de poésie.

 

L’opération #OpGPII tourne mal

C'’est son implication dans l’#OpGPII contre les Grands Projets Inutiles Imposés (vidéo ci-dessous) qui a motivé son arrestation par 7 agents de la DGSI ainsi que celle d’un autre Anonymous âgé de 40ans et d’une autre personne à Nantes plus tard (source). L’opération d’Anonymous visait plusieurs projets industriels portés par le gouvernement français (Notre-Dame-Des-Landes, Sivens, Roybon, Bure…), largement contestés en raison de leurs déficits démocratiques, de l’utilisation massive de fonds publics, ainsi que pour leurs impacts environnementaux, souvent négligés ou tout simplement ignorés en dépit des rapports de spécialistes.

Mais les accusations contre le jeune garçon portent plus essentiellement sur les attaques informatiques réalisées pour protester contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure. Attaques qui ont touché plusieurs sites de L’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs), ainsi que le conseil général de la Meuse et le conseil régional de la Lorraine en décembre dernier.

La motivation des Anonymous à s’engager sur le sujet de Bure est avant tout citoyenne, à en juger par leurs communiqués et revendications postés avant et aprèq leurs attaques. Ils mettent notamment en avant une initiative citoyenne des habitants meusiens qui demandaient, à travers une pétition en 2006 qui avait réuni près de 60 000 signatures (sortirdunucleaire.org), la réalisation d’un référendum local autour de ce projet. Pétition que Christian Namy (le président du conseil général de la Meuse) avait ignoré à l’époque.

La liberté d’expression sur internet, jusqu’où ?

Les attaques informatiques menées contre ce projet d’enfouissement de déchets nucléaires ont été réalisées sous la forme de DDOS  (Attaque par Déni de Service). Cette attaque consiste à envoyer un grand nombre de requêtes à un serveur internet pour le saturer temporairement (un peu comme une manifestation dans la rue, ou un blocus dans une université). Un moyen d’action relativement « soft » malgré tout réprimé par l’art 323-1 du code pénal.

Plus surprenant, l’Anonymous de 19 ans n’est pas accusé d’avoir réalisé ces attaques mais d’avoir participé à l’organisation de l’opération, fait réprimé par l’art 323-4 du code pénal. En outre, le parquet a retenu la circonstance aggravante car les faits auraient été commis en « bande organisée », ce qui double la peine encourue. Elle se totaliserait donc à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende pour de la « simple » communication sur internet (et réalisation de vidéos). Dès lors une question se pose : les sites qui parlent des opérations d’Anonymous sont-ils sujets à des poursuites ? Par corolaire, doit-on s’auto-censurer en tant qu’utilisateurs, blogueurs et journalistes ?

Le jugement initialement prévu le 9 juin à la cité judiciaire de Nancy a fait l’objet d’un renvoi par l’avocat du jeune anonyme. Pour le moment, la nouvelle date du jugement est inconnue. Le collectif BureStop organisera très probablement une manifestation de soutien devant la cité judiciaire. Nous vous tiendrons informé de toute information relative à cette mobilisation de soutien.

 

Nota :

Le jugement a été reporté au 9 novembre à 9 h à la cité judiciaire de Nancy. À 4 jours près, on manquait une date très symbolique… On s’attend à une forte mobilisation pour défendre le jeune homme.

Fidèle lecteur de Mr Mondialisation, Boby nous a fait livrer deux de ses poèmes qui révèlent son humanité et sa simplicité.

Avec son accord, nous les partageons avec vous.

Jacques Le Bris's insight:

La nuit de l’attente

Dans la nuit de l’attente, qui s’étend sur mes jours,
L’insomnie y enfante, la souffrance au séjour.
Ces minutes, ces semaines, où l’unique pensée,
Est la chute, et la peine, qui seront prononcées.

C’est peut-être la peur, qui effrite mon âme,
Cette crainte qu’en ma fleur, mes pétales ne se fanent.
Est-ce déjà le moment, de libérer mes graines,
Si prématurément, pour que d’autres les reprennent.

Qu’ils attisent ce combat, de garder allumé,
En chacun de nos pas, le flambeau des idées;
Pour éclairer nos ombres, d’où s’élèvent ces grands rois,
Tyrans de la pénombre, qui éteignent notre voix.

Oui, gardons le courage, même si quand on l’éclaire,
Le tyran met en cage, il faut voir la lumière.
Celle qui brille en chacun, à travers les barreaux,
Pour qu’envers son prochain, on ne soit un bourreau.

 

Je m’efface en l’attente

Sensation si étrange, je me vois disparaître,
Invisible comme l’ange, sans sa joie, sans mon être.
Il n’y a plus la vie, on m’enlève mon combat,
Le futur s’assombrit, oui je crève loin de moi.

Et l’on a pris mes armes, dois-je attendre jugement,
Qui condamnera l’â