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Référendum du PS sur "l'unité de la gauche", mode d'emploi

Référendum du PS sur "l'unité de la gauche", mode d'emploi | Think outside the Box | Scoop.it

Qui peut voter, où et quand, avec quels justificatifs, dans quel but politique? Autant de questions sur le "référendum" du PS sur l'unité de la gauche, voulu par Jean-Christophe Cambadélis, moins de deux mois avant les élections régionales.

 

Le "référendum" du PS sur l'unité de la gauche aux élections régionales est lancé, ce vendredi matin. Pari risqué pour Jean-Christophe Cambadélis, à l'origine de cette consultation. Si les résultats ne font guère de doute, les bénéfices politiques restent incertains. Les "partenaires" des socialistes voient d'un mauvais oeil ce "référendum" qui pourrait permettre au PS de leur faire porter le chapeau d'une débâcle annoncée... La gauche de la gauche organise même son "contre-référendum" pour renvoyer la balle au PS! Reste à savoir si la participation sera au rendez-vous dans les points de vote et sur Internet, jusqu'à dimanche soir. 

 

Où, quand, comment participer?

Le vote débute ce vendredi à 8h pour se clore dimanche à 20h. Les électeurs devront répondre à une seule question: "Face à la droite et à l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales?" Ils pourront voter sur Internet ou dans quelque 2500 points de vote répartis sur la majeure partie du territoire... bien que treize fédérations départementales n'aient toujours pas fait connaître la liste de leurs points de vote mercredi soir.  

 

Qui peut voter?

Tous les sympathisants de gauche peuvent voter, qu'ils soient militants ou non, qu'ils soient inscrits ou non sur les listes électorales. Il suffit de fournir nom, prénom, adresse mail, adresse postale et/ou date de naissance. Et de signer une charte d'engagement indiquant qu'ils se "retrouvent dans les valeurs de gauche". Des modalités qui rapprochent davantage ce scrutin d'une "votation citoyenne" que d'un référendum, convient une porte-parole du PS. 

 

Avec quelle participation?

"C'est une manière de faire campagne, cela va créer une dynamique" avant les élections régionales en décembre, veut croire un cadre du parti. Mais pour peser sur les appareils partisans, encore faut-il mobiliser les électeurs... alors que les élus et militants PS ne s'enthousiasment pas pour l'initiative de leur premier secrétaire! Jean-Christophe Cambadélis a d'ailleurs revu à la baisse lundi son objectif de participation, passant de 300 000 à 200 000 votants.

 

 

Quel enjeu politique pour le PS?

L'objectif affiché de l'opération, organisée par le PS avec la myriade de partis écologistes qui soutiennent le gouvernement (Front démocrate, Génération écologie, Union des démocrates et écologistes, Ecologistes!) est de lutter contre la division de la gauche, alors qu'EELV est allié dans quatre régions sur treize avec un Parti de gauche en guerre contre le PS, au risque de laisser le FN l'emporter en PACA et Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Mais beaucoup soupçonnent le premier secrétaire du PS de nourrir d'autres objectifs: affaiblir EELV et la gauche de la gauche, leur faire porter le poids d'une probable déroute aux élections régionales.  

 

Et c'est bien parti pour "l'union de la gauche"?

Pas vraiment.Emmanuelle Cosse, chef de file d'EELV a répliqué que "le chantage au rassemblement crée (...) de la division", dans une lettre ouverte à Jean-Christophe Cambadélis. Elle n'ira pas voter au "référendum" qu'elle a qualifié de "politicaillerie". "C'est pas un divorce, ça s'appelle la démocratie. (...) C'est des élections qui se jouent à plusieurs tours et la capacité à présenter des listes. (...) A chaque élection régionale, on a la même ritournelle des socialistes". 

Quant à la gauche de la gauche, elle organise carrément son "contre-référendum", avec une question qui renvoie clairement la balle aux socialistes : "Face à la droite et à l'extrême droite, souhaitez-vous que le gouvernement tienne ses engagements et mène une politique de gauche ?" Il s'ouvre ce vendredi à 8h également sur Internet et pourrait mobiliser quelque 5000 personnes pré-inscrites. Mais ses résultats seront annoncés dimanche dès 18h, grillant la politesse au PS. 

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Affaire Bygmalion : Jérôme Lavrilleux n'a pas envie de finir "comme Robert Boulin"

Affaire Bygmalion : Jérôme Lavrilleux n'a pas envie de finir "comme Robert Boulin" | Think outside the Box | Scoop.it

Pour Jérôme Lavrilleux, "Il ne faudrait plus appeler cette affaire Bygmalion, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy".© 

AFP FREDERICK FLORIN


L'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé se lâche dans une interview à L'Obs. Il l'assure : "Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé"

Jérôme Lavrilleux, acteur clé de l'affaire Bygmalion et ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé, accuse Nicolas Sarkozy de "se défausser" et de ne pas "assumer" ses responsabilités dans ce système de fausses factures durant sa campagne présidentielle de 2012, dans un entretien à L'Obs à paraître jeudi.

"Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit, et dont j'ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd'hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire Bygmalion, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy."

 "Nicolas Sarkozy ment"

"Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n'y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne... C'est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : 'c'est pas moi, c'est l'autre'. Dans Bygmalion, il dit 'c'est pas moi, c'est Copé'. Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L'ingratitude est la marque des faibles", assène Jérôme Lavrilleux, mis en examen dans cette affaire.

"Nicolas Sarkozy ment", accuse-t-il encore en réponse aux affirmations de l'ancien chef de l'Etat pour qui Lavrilleux était bel et bien au courant de l'état financier de sa campagne présidentielle.

  

Une longue confrontation chez les juges d'instruction

Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l'existence d'un système de fausses factures mais à d'autres fins, entre l'UMP alors dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches. Des accusations qui ont rendu furieux le camp Copé et fortement tendu les relations Sarkozy-Copé ces dernières semaines.

Cinq figures de l'affaire Bygmalion se sont retrouvées chez les juges d'instruction vendredi pour une longue confrontation, la plus importante depuis le début de cette enquête.
Parmi les cinq mis en examen arrivés au pôle financier dans la matinée, Franck Attal, le patron d'Event and Cie, filiale de Bygmalion et société prestataire des meetings, et Jérôme Lavrilleux, qui avaient révélé ce système frauduleux au printemps 2014.

S'il se dit personnellement "serein et confiant", il lui arrive "d'avoir peur"

Etaient également présents le directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, l'ancien directeur général de l'UMP, Eric Cesari, et l'ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, qui nient avoir participé à une fraude.

Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d'imputer à l'UMP environ 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. But de cette "ventilation",dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 millions).

"L'erreur majeure de Nicolas Sarkozy", poursuit Jérôme Lavrilleux, "est d'avoir pris pour mener sa campagne des gens qui le traitaient en fait comme un président de la République, dont les désirs étaient des ordres".

  

Copé, "quelqu'un qui ne lâche pas les gens"

S'il se dit personnellement "serein et confiant", il lui arrive "d'avoir peur". "Je n'ai pas envie d'apprendre à nager dans 20 centimètres d'eau comme Robert Boulin. J'ai dit à mes proches que si un jour j'avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C'était de l'humour noir... quoique", lâche-t-il.

Jérôme Lavrilleux assure voir "une ou deux fois par mois", pour "une conversation amicale", son ancien patron, Jean-François Copé, "quelqu'un qui ne lâche pas les gens". Le député-maire de Meaux se lancera-t-il dans la primaire pour 2017 ? A la rentrée, "il a très exactement réuni 45 parlementaires (...) Or, je remarque qu'il faut le soutien de 20 parlementaires pour la primaire de l'UMP", prévient-il.

  

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Cartographie des affaires de corruption — Transparency International France

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Cartographie des affaires de corruption en France, par Transparency International France
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A qui profiterait (ou pas) la mort du diesel ?

A qui profiterait (ou pas) la mort du diesel ? | Think outside the Box | Scoop.it

Contrôle pollution diesel - Crédits Jean-François Préveraud 
   

L’affaire Volkswagen va peut-être précipiter la fin du diesel en Europe, du moins en France. Quelles seraient les conséquences d’un alignement du prix du gazole sur celui de l’essence, envisagée notamment par Ségolène Royal ?  

  

Le diesel vit-il ses dernières années ? "Intrinsèquement, la part du diesel pour les véhicules particuliers va baisser, prédit un industriel de la filière automobile française. L’offre de diesel issue des raffineries n’est pas extensible, or le transport de marchandises, terrestre et maritime, augmente et son carburant est par définition le diesel"

Le récent scandale Volkswagen et le débat sur la nocivité de ce carburant pour la santé, à quelques semaines de la COP 21, semblent accélérer sa déchéance dans le monde automobile. La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal l’a affirmé le 4 octobre sur France 5 : "La discussion [sur l’augmentation des taxes sur le diesel, ndlr] est sur la table". Mais quelles seront les conséquences de ce rééquilibrage ?

L'IMPACT SUR LES CONSTRUCTEURS ET ÉQUIPEMENTIERS.

De 64,6% sur les neuf premiers mois de 2014, la part des ventes de véhicules diesel en France a baissé à 58,2%. Ce recul des ventes remet directement en cause une partie de la filière automobile. Selon des chiffres de la FIEV et du CCFA, 10 000 emplois portent directement sur le diesel (recherche et développement, production).

L’année dernière, les constructeurs français ont produit 1,8 million de véhicules diesel dans le monde. Si les usines d’assemblage peuvent invariablement produire des modèles essence ou diesel, il n’en est pas de même pour les usines de mécanique, dont les lignes sont dédiées à l’une ou l’autre motorisation.

Un basculement de la production de moteurs essence à diesel sur le site Renault de Cléon (Seine-Maritime) demanderait par exemple une adaptation de l’usine. A qui s’adressera la facture de la reconversion des "diesélistes" ?

L'IMPACT SUR LA FILIÈRE AUTOMOBILE DANS SON ENSEMBLE.

Au total, ce sont 200 000 emplois qui dépendent indirectement du diesel, notamment dans les garages pour la réparation et l’entretien. Par ailleurs, plusieurs sous-traitants étrangers, comme Delphi qui dispose d’activités R&D spécialisées dans le diesel, sont implantés en France. Pourraient-ils alors revoir leur implantation dans l’Hexagone ?

L'IMPACT SUR LES COMPTES DE L’ETAT.

Le simple réalignement de la fiscalité du diesel au niveau de l’essence se chiffrerait à une recette de 800 millions d’euros par an. D’autres recettes pourraient également s’ajouter, par exemple concernant les véhicules de flottes d’entreprise. Aujourd’hui, 100% de la TVA est remboursé sur l’achat d’un véhicule diesel, contre 80% pour un véhicule essence. Cette exonération de TVA va-t-elle perdurer ? L’équilibre du bonus-malus pourrait aussi basculer définitivement dans le positif, beaucoup de véhicules bonusés, donc faiblement émetteurs de CO2, sont des diesel. Cependant, l'Etat pourra-t-il s'exonérer d'un plan de reconversion des salariés du diesel? 

Pauline Ducamp


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Stop-Djihadisme - Véronique raconte le départ de son fils

Véronique est la mère de Quentin, 22 ans. Elle se refuse à condamner son fils qui, au travers de sa conversion, recherche une nouvelle identité, sa « Terre Promise » comme elle le dit. Pour en savoir plus, rendez-vous sur stop-djihadisme.gouv.fr #StopDjihadisme
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Anticor ouvre sa charte au FN puisque le "parti a suffisamment changé" avec "l’exclusion de Jean-Marie Le Pen"

Anticor ouvre sa charte au FN puisque le "parti a suffisamment changé" avec "l’exclusion de Jean-Marie Le Pen" | Think outside the Box | Scoop.it

Les temps changent. Et, selon les mots du président d’Anticor Jean-Christophe Picard, "les digues ont sauté" entre le FN et la droite républicaine. Alors qu’avant les élections municipales de 2014, l’association anticorruption estimait que "faire signer sa charte éthique aux candidats FN ne serait pas une bonne chose", le prisme a changé. Avant chaque élection, Anticor propose aux candidats de s’engager sur leur charte éthique dont le point le plus important est le non-cumul des mandats. Pour mettre en avant cette charte, les candidats doivent la cosigner avec l’association qui "s’autorise à ne pas cosigner" (voir le suivi des signataires).

Dans un mail qu’a pu consulté le Lab, le président d’Anticor explique que le Conseil d’administration de l’association a décidé de ne plus exclure les candidats FN aux régionales (cela ne concerne que les têtes de liste) des signataires de leur charte éthique. Sous condition que le candidat en question respecte un stricte non-cumul des mandats. Jean-Christophe Picard écrit :

Le CA a considéré qu’il n’était pas possible d’écarter une tête de liste signataire au seul motif qu’elle appartiendrait au FN.

Et d’ajouter que cette évolution est justifiée par l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du FN :

Le CA a notamment considéré que ce parti avait suffisamment changé, comme en témoigne la récente exclusion de Jean-Marie Le Pen.

Contacté par le Lab, Jean-Christophe Picard explicite ce changement de pied par rapport au parti d’extrême droite, évoquant sans le dire la dernière polémique autour de Nadine Morano et ses propos sur la France, "pays de race blanche" :

Notre position est simple : on ne peut pas faire semblant que le parti de Marine Le Pen n’est plus le même. L’exclusion de Jean-Marie Le Pen montre des progrès. Surtout, on entend maintenant dans d'autres partis des propos bien pires. Il faut arrêter de penser qu’il n’y a qu’au FN qu’il y a des propos excessifs. Il faut arrêter de diaboliser le FN. C’est une stratégie qui n’est pas efficace et qui n’a jamais marché.

"On verra s'ils peuvent, ou veulent, signer notre charte éthique. Et s’ils la respectent", poursuit le président qui note déjà "qu’ils étaient contre le cumul des mandats mais ils l’ont fait et ont maintenant des sénateurs-maires". Et de poursuivre :

Ils ne sont pas aussi sincères qu’ils le disent. Ce sera l’occasion de confronter leurs propos à la réalité du pouvoir.

Banaliser le parti frontiste serait ainsi une manière "de le confronter à la réalité". Et Jean-Christophe Picard de souligner qu’une ligne sur le respect "des valeurs républicaines" a été ajoutée dans la charte et que l’association se réserve la possibilité de ne pas accepter les signatures de candidats frontistes ou non qui seraient, selon eux, hors champ républicain. Tout comme ils n’accepteraient pas de cosigner la charte avec "Robert Ménard ou Nadine Morano". 

En 2012, l’association avait écrit à tous les candidats à l’élection présidentielle sauf Marine Le Pen. Le FN l’avait mal pris et récupéré à son compte, publiant alors un communiqué intitulé "Anti-corruption ou alibi du système ?". 

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Cazeneuve annonce la déchéance de nationalité de 5 personnes condamnées pour terrorisme

Cazeneuve annonce la déchéance de nationalité de 5 personnes condamnées pour terrorisme | Think outside the Box | Scoop.it

Le ministre de l’intérieur a proposé au premier ministre de déchoir de leur nationalité cinq personnes impliquées dans les attentats de Casablanca.

  

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, mardi 6 octobre, avoir proposé au premier ministre, Manuel Valls, la déchéance de nationalité française de cinq personnes condamnées pour terrorisme.

Ces cinq individus, quatre Franco-Marocains et un Franco-Turc, ont été condamnés dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Casablanca qui ont fait 45 morts, dont 12 kamikazes, et une centaine de blessés, le 16 mai 2003 au Maroc. Tous ont purgé leur peine et sont désormais libres, a précisé l’entourage du ministre. Les décrets de déchéance de nationalité les concernant pourraient être signés dans la semaine.

La dernière déchéance de nationalité française a été prononcée en mai 2014. La personne visée par cette mesure a été expulsée de France le 22 septembre, « au terme de l’épuisement de tous les recours », a précisé M. Cazeneuve lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Avant 2014, la précédente déchéance de nationalité remontait à 2007. Le code civil permet de déchoir de sa nationalité toute personne qui a acquis la nationalité française et a été condamnée pour certains crimes, notamment ceux considérés comme portant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.


 

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Eolas : « Il ne me semble pas que l’on puisse se torcher avec un institut »

Eolas : « Il ne me semble pas que l’on puisse se torcher avec un institut » | Think outside the Box | Scoop.it


Nanterre, le 7 juillet. Une bande de robes noires est venue acclamer Maître Eolas, qui se lève de sa chaise et file droit vers la barre où il est appelé. Il a 44 ans, une cravate noire en laine, le costume assorti, large d’épaule et dégarni de crâne. C’est un blogueur de droit, historique et renommé. Ses analyses se prolongent par des saillies en 140 signes sur Twitter, ce qui lui vaut 186 000 followers.

Maître Eolas, qui est avocat, est prévenu d’injure et de diffamation à l’égard de l’Institut pour la justice (IPJ). Il est défendu par Me Jean-Yves Moyard, avocat lillois et gloire d'internet sous le pseudonyme de Maître Mô.

L’association se présente comme un « think tank et une association de citoyens, de victimes et d’experts mobilisés pour promouvoir une justice plus protectrice des citoyens et plus équitable vis-à-vis des victimes ». Le discours, en substance, fustige un laxisme généralisé et dangereux de la justice, qui protégerait mieux les délinquants que les victimes.

À l’audience, l’IPJ est incarnée par son secrétaire général Xavier Bébin et représentée par Me Gilles William Goldnadel, qui fustige à peu près sur le même ton et dans maints hebdomadaires glacés (dont Valeurs actuelles) la bienveillance de l’institution à l’égard des criminels. Eolas n’aime pas l’IPJ et brocarde très souvent son populisme, qui conduit à l’excitation des sentiments grégaires de la foule du web autour de faits divers sordides.

« Il y a eu un mouvement citoyen, les personnes se transmettaient le pacte via les réseaux sociaux »

La présidente Magali Tabareau entame l’audition de Xavier Bébin, qui situe le contexte. En novembre 2011, l’IPJ enclenche une opération de lobbying en vue de l’élection présidentielle de 2012. Un « pacte 2012 » contenant un chapelet de propositions à destination des candidats. Il s’appuyait sur une vidéo de Joël Censier, père de Jérémy Censier – jeune homme tué à coups de couteaux par une bande dans le sud de la France. M. Censier raconte son histoire et l’attitude de la justice à son égard qui a fini par libérer sous contrôle judiciaire le principal mis en cause, après deux ans de détention provisoire. Il y détaille ses péripéties et donne l’apparence d’une justice coupable d’un laxisme sidérant. Au bord des larmes, visiblement indigné par ce qu’il nomme le mépris de la justice, il invite à signer le « pacte 2012 ». (Depuis, l’accusé a été reconnu coupable du meurtre de Jérémy, et condamné à 15 ans de réclusion criminelle par une cour d’assises des mineurs.)

Sur les réseaux sociaux, le pacte se répand comme une rumeur. Xavier Bébin résume : « Il y a eu un mouvement citoyen, les personnes se transmettaient le pacte via les réseaux sociaux. » Près d’un 1,8 million de signatures, c’est considérable, unique à l’échelle de la France. La communication de l’IPJ est un triomphe, c’est la position idéale pour faire briller ses idées dans le débat présidentiel qui se profil.

Sur Facebook, c’est l’euphorie et l’hystérie. Un million de like. Twitter frétille et s’emballe, prêt à propulser l’événement en TT, quand Maître Eolas écrit :« Compteur bidon des signatures de l’IPJ, preuve : voici la courbe de signatures en ce jour entre 18 h 42 et 19 h 06 ». Le scandale naît.

« Je me torcherais bien avec l’IPJ si je n’avais pas peur de salir mon caca »

La courbe est linéaire et rectiligne, elle décrit la progression des signatures.« Ce sont des personnes sur Twitter qui ont signalé que ce compteur de signatures avait une progression très rapide. Il fallait voir la progression : ça tournait jour et nuit et le serveur n’a jamais crashé », relate le prévenu. La pétition ne vérifie pas l’authenticité des adresse e-mail : « Des gens mon appelé pour me dire qu’ils ont signé la pétition sous le nom de Napoléon Ier », rapporte-t-il.

Xavier Bébin le concède, la réalité des adresses e-mail n’est pas vérifiée.« Comme Change.org et d’autres spécialistes de la pétition », assure-t-il. Et puis les chiffres correspondent avec ceux que Google Analytics a recensé pour le site de l’IPJ. Il a fait citer un expert qui a le trac et s’emmêle un peu dans un exposé confus, après lequel le doute, hélas, demeure.

Second volet : l’injure. Un tweet, écrit à 4 h du matin : « Je me torcherais bien avec l’IPJ si je n’avais pas peur de salir mon caca ». L’avocat sourit : « Si je dois laisser une trace dans l’histoire, je ne pense pas que ce sont ces écrits là qui seront retenus. » Il était en garde à vue – pour le travail – épuisé, et répondait à la question d’un twitto sur ce qu’il fallait penser de « toute cette histoire ». Maître Eolas dégonfle l’offense et plaide l’hommage au Torchecul de Rabelais (Gargantua, chapitre XIII). Et puis, ajoute-t-il, il parlait du tract :« Il ne me semble pas que l’on puisse se torcher avec un institut. »

« Vous avez quelqu’un qui éructe, (...) roule dans la fange »

Me Goldnadel rend à l’audience sa dignité grave. Il déclame : « Vous avez quelqu’un qui éructe, qui prête à son contradicteur la pire mauvaise foi, la malhonnêteté la plus totale et à la fin le roule dans la fange. Si vous tapez "IPJ" sur internet, c’est une tâche, c’est le cas de le dire. Il existe un mensonge quasi officiel qui laisse à penser que c’est par la malhonnêteté que l’IPJ a obtenu son plus grand succès populaire. » Pour lui, la sincérité du compteur est établie. Il demande la condamnation de Maître Eolas et la publication du jugement dans les médias. Le procureur s’en remet à la sagesse du tribunal et trois avocats plaident en défense des médias qui ont relayé l’information, ainsi que la journaliste Julie Brafman.

« Moi je dis que ce compteur est bidon »

Il est un peu tard et, enfin, Me Moyart plaide. Moins solennel que son confrère, pas railleur comme son client, il plaide une relaxe totale, dont la délicate excuse de provocation sur le chef d'injure. « Il n’y a rien de vérifiable sur ce site, rien. Si demain j’ai envie d’aller la signer 1 000 fois, je peux. À l’époque, j’avais signé "ministère de la Justice". » Les bancs se gondolent discrètement. Me Moyart s'étrangle : « 1,8 million de signature, entre 120 et 142 par minute, même la nuit, vous trouvez ça normal ? Moi je dis que ce compteur est bidon, il n’est pas contrôlable. Bidon, pas bidonné. » Ceci est grave, plaide-t-il, quand on a l’ambition de peser dans le débat politique.

Il hausse le ton : « Venons-en aux injures, la rédaction de la plainte est un scandale, on ajoute des propos qu’il n’a pas tenu, on en rajoute un couche ! » Il ajoute que le tweet injurieux de son client, publié à l’aube et en réponse à un inconnu, n’a pu avoir qu’une très faible audience. Il rappelle qu’à l’époque, tous les juristes recevaient la vidéo et la demande de signer la pétition. Puis il brandit un papier : c'est la profession de foi de l'IPJ, qu'il lit vite. Le ton s'emballe : « Qu’est-ce que vous en pensez Madame la présidente, y'a au moins la moitié de ces propos qui sont diffamatoires envers la justice. C’est pas de la provocation, ça ? »

Maître Eolas a été condamné pour diffamation et injure à 2 000 euros d'amende avec sursis et 5 000 euros de dommages-intérêts. En outre, il devra verser 3 000 euros au titre de l'article 475-1.

Maître Eolas a fermé son compte Twitter.


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Le Salaire à Vie (Bernard Friot)

Ajoutée le 29 sept. 2015

Alors que l'idée d'un revenu de base commence à faire son chemin, et si on en profitait pour essayer d'aller encore plus loin dans la critique du marché du travail? Et si on essayait carrément de penser contre le capitalisme? D'ailleurs, si on sortait du capitalisme, on mettrait quoi à la place? 

Si vous voulez soutenir l'émission et son indépendance, voici sa page tipeee : https://www.tipeee.com/usul-mes-chers...

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Aux États-Unis, un gangster-jardinier plante illégalement des légumes bio pour manger local

Aux États-Unis, un gangster-jardinier plante illégalement des légumes bio pour manger local | Think outside the Box | Scoop.it

Dans le quartier de South Los Angeles, les rues sont envahies par les fasts-foods et l’obésité ne cesse de croître. Pour changer cela, Ron Finley a décidé de faire pousser illégalement des légumes bio dans toute la ville et retrouver son autonomie alimentaire.

A South Los Angeles, on trouve des magasins de vins, une multitude de fast-food et des soi-disant gangsters. Mais là-bas on ne meurt pas à cause des balles mais de la malbouffe. 

  

Comme 26,5 millions d’américains, les habitants du quartier vivent dans un désert alimentaire où ils n’ont pas accès aux aliments sains. Pour bénéficier de produits sans pesticides, ils doivent s’armer de courage et parcourir plusieurs kilomètres en voiture.

  

« Le potager, c’est mon graffiti. Je fais pousser mon art. »

Face à ce constat accablant, Ron Finley a décidé d’agir en devenant un “gangster-jardinier”. Avec son association L.A Green Grounds, ce dernier s’est mis à planter des potagers illégaux un peu partout dans la ville, aussi bien sur des terrains vagues que sur le bord des trottoirs. Une initiative qui donne l’opportunité à tous de manger sainement. C’est aussi une occasion pour cet enfant du quartier d’embellir le paysage urbain à sa manière : “Comme un artiste de graffiti qui embellit les murs, moi j’embellis les pelouses et les côtés des routes”.

- See more at: http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/29887/aux-etats-unis-gangster-jardinier-plante-illegalement-des-legumes-bio-manger#sthash.kbwlJuPb.dpuf

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Perdre son statut de capitale régionale, le début de la fin?

Perdre son statut de capitale régionale, le début de la fin? | Think outside the Box | Scoop.it

Pour neuf grandes villes, la réforme territoriale sonne comme un ultime avertissement. Tel est l’enseignement d’un classement réalisé par Global Conseil, dont Franck Gintrand est le président.

Elles sont neuf villes à perdre leur statut de capitale régionale. Des grandes villes sanctionnées pour leurs moindres performances économiques et qui voient, avec raison, leur rétrogradation comme un signal inquiétant. Pourtant, le pire est à venir. Avec la disparation annoncée des conseils départementaux, ces anciennes capitales pourraient bien décrocher définitivement. C’est le principal enseignement qui ressort du classement sur l’attractivité des futures et anciennes capitales régionales réalisé par Global Conseil[1]: la fracture est profonde entre d’un côté les villes-métropoles, qui ont su prendre le train de la mondialisation, et de l’autre des villes en perte de vitesse, qui ont peu de temps pour inverser la tendance.

1.Les recaléesDes villes en perte de vitesse

Parmi les grandes villes les moins attractives, figurent la quasi-totalité des anciennes capitales de région: Limoges, Châlons-en-Champagne, Caen, Besançon, Amiens, Metz, Poitiers et Clermont-Ferrand. Pour toutes ces villes, la situation est sensiblement identique: d’années en années, les actifs partent et les emplois baissent. Les cadres et professions intermédiaires sont sous-représentés. Les entreprises ne s’implantent plus. Jusqu’à présent, il leur restait la fonction publique pour faire tourner l’économie locale. Mais avec la perte du statut de capitale, le cercle vicieux risque de se boucler définitivement.


Montpellier semble être la seule ancienne capitale à s’en sortir bon gré mal gré. Mais c’est en grande partie une illusion: compte tenu de son poids démographique, la ville devrait être beaucoup plus attractive. À l’heure actuelle, son économie repose sur un secteur tertiaire particulièrement précaire. D’où un fort taux de chômage et une faible proportion de CSP+, très étonnante pour la 8eville de France.

2.Les futures capitales de régionUn bilan contrasté

Les anciennes capitales ne sont pas les seules à être en perte de vitesse. Quelques rescapées de la réforme sont aussi en difficulté: Orléans, Marseille, Strasbourg et Lille. Si ce résultat était attendu pour Marseille, Lille et Orléans, qui souffrent toutes les trois de problèmes économiques structurels, Strasbourg constitue une vraie surprise. Malgré sa proximité avec l’Allemagne et la présence du Parlement européen, la ville est confrontée à un phénomène de paupérisation qu’elle n’arrive pas à enrayer.

Plus haut dans le classement, trois villes occupent une position de challengers: Rennes, Rouen et Dijon. Des villes dynamiques, avec une forte proportion d’actifs et de CSP+, mais dont la bonne santé économique dépend avant tout de la fonction publique, surreprésentée par rapport aux autres nouvelles capitales régionales.

3.Quatre villes leadersLyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux

Enfin, loin devant les autres, quatre villes figurent en tête de peloton: Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux. Pour ces quatre futures capitales de région, tous les indicateurs sont au vert: une population qui ne cesse d’augmenter, une proportion d’actifs et de CSP+ largement supérieure à la moyenne, une économie qui repose davantage sur l’industrie que sur la fonction publique... Ce sont les grands vainqueurs du processus de métropolisation en cours. La décentralisation leur a permis de s’émanciper et d’affirmer leur place à part entière dans l’économie française.

Face à ce mouvement de fond séparant villes-métropoles et villes moyennes, villes mondialisées et villes paupérisées, certains élus tentent d’obtenir des «compensations». Certaines, bien réelles, consistent à obtenir le maintien d’administrations. D’autres relèvent de la symbolique. Ainsi, la proposition de loi d’Alain Gest, président d’Amiens-Métropole, pour créer des vice-capitales de région. Mais ces revendications semblent surtout une façon de gagner du temps. La disparition programmée des conseils départementaux est dans tous les esprits. Et les élus le savent, ce coup-là risque bien d’être fatal…

1 — Le classement sur l’attractivité des capitales régionales françaises a été établi par le cabinet Global Conseil Corporate sur la base de six indicateurs socio-économiques de l’Insee: le poids démographique en 2012 (Insee), la proportion de CSP+ dans la population en 2012, le taux de chômage en 2012, l’évolution du nombre d’actifs résidant et travaillant dans la ville entre 2007 et 2012, l’évolution de la part d’emplois dans la fonction publique entre 2007 et 2012 et l’évolution de l’emploi entre 2007 et 2012.  Retourner à l'article

Franck Gintrand

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Coupe du monde de rugby : la presse britannique décrète "la fin du monde"

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Les Anglais pourront au moins se vanter d'avoir été le premier pays organisateur d'un Mondial à être éliminé avant les quarts de finale. Revue de presse


"Le crash", "l'humiliation",...

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Longévité : peut-on réparer l'être humain pour le faire vivre 150 ans ?

Longévité : peut-on réparer l'être humain pour le faire vivre 150 ans ? | Think outside the Box | Scoop.it

Article extrait du dossier "Défier le mort" du mensuel Sciences et Avenir n°823 disponible en kiosque jusqu'au 1er octobre 2015. En savoir plus via l'encadré en bas de page >>

 

LONGÉVITÉ. Qu’il serait commode de fantasmer sur une pilule magique capable de nous faire rajeunir en une bouchée ! Malheureusement, il y a fort à parier que les stratégies de demain pour accroître notre durée de vie s’apparenteront davantage à celles en vigueur dans un garage automobile. Pièce après pièce, notre corps sera entretenu, les parties les plus usées et les plus sensibles étant changées en priorité. Car si le vieillissement est un processus général qui affecte l’intégralité de l’organisme, il le fait à des degrés variables en fonction du potentiel génétique de l’individu et surtout des atteintes environnementales. Ainsi, nous ne vieillissons pas tous de la même façon, ni aux mêmes endroits, ni à la même cadence. Surtout, il ne faut pas confondre espérance de vie et longévité ! La première ne cesse de croître depuis un siècle dans les pays industrialisés. Elle a ainsi augmenté de trois mois par an, grâce notamment à l’amélioration de l’hygiène et à l’invention des vaccins et des antibiotiques. Résultat : le Français de 2015 (lire p. 33) vit trois décennies de plus que son compatriote d’avant-guerre !

Permettre à l'organisme de durer le plus longtemps possible

La longévité, en revanche, ne fluctue pas. Elle reste un facteur sur lequel il est peu probable que l’être humain ait un jour la main. C'est en effet une donnée infiniment complexe et mosaïque, constitutive d’une espèce donnée, soit de l’ordre de 120 ans pour l’être humain. Tenter de "jouer avec" pour atteindre 150 ans ? Voilà qui ne serait pas sans conséquences ! Ainsi, des travaux sur l’animal et certaines études épidémiologiques ont montré que, pour vivre plus vieux que la moyenne de son espèce, un individu doit être petit, manger très peu et repousser au maximum l’âge de la reproduction. Une vie longue, donc, mais pas forcément très réjouissante... Aussi, pour vivre longtemps, les scientifiques tablent plutôt sur des modifications "à façon" destinées à permettre à un organisme de durer le plus longtemps possible.

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Quand la route devient centrale photovoltaïque, une première mondiale française

Quand la route devient centrale photovoltaïque, une première mondiale française | Think outside the Box | Scoop.it

Le revêtement est composé de cellules photovoltaïques recouvertes d’un alliage transparent afin de résister au passage des poids lourds

  

Colas, la filiale routière de Bouygues, a conçu un revêtement pour routes et parkings avec des cellules photovoltaïques. En couvrir 2,5% des surfaces routières assurerait 10% des besoins énergétiques de la France.

On connaissait l’autoroute du soleil, voici maintenant la route solaire. Ou plutôt la route (ou le parking) photovoltaïque, véritable centrale qui produira de l’électricité par la simple exposition de son revêtement au soleil. Colas, la filiale de travaux routiers du groupe Bouygues, a procédé ce mardi au lancement commercial de cette première mondiale, sous le nom de « Wattway ». En phase d’industrialisation, le revêtement composé de cellules photovoltaïques sera vendu à compter de janvier, au terme de cinq ans de recherche avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines).

« Il n’y a pas besoin de refaire les infrastructures, explique le PDG de Colas, Hervé Le Bouc. Il s’agit d’un revêtement routier commercialisé sous forme de dalles qui s’appliquent sur les routes ou parkings ». Ces dalles­ (comprenant chacune une cellule photovoltaïque classique de 15 centimètres de côté) sont collées à la route existante et recouvertes d’un substrat de résines supportant la circulation des véhicules, y compris les poids lourds. Un véritable millefeuille, étanche et conçu pour ne pas être plus abrasif ou glissant qu’un revêtement routier normal. « A Chambéry et Grenoble, on a testé Wattway avec succès sur un cycle d’un million de véhicules, soit vingt ans de trafic normal d’une route, et la surface ne bouge pas », assure Hervé Le Bouc. C’est un tour de force car, précise t-il, « les panneaux photovoltaïques, en tant que tels, sont fragiles et s’écraseraient comme des biscottes. Tout le savoir-faire de Colas, protégé par deux brevets, réside dans la nature du revêtement transparent qui les protège ».

La zone équipée est reliée par une connectique souterraine à un système qui récupère l’énergie produite par l’exposition au soleil de ces panneaux. « Des onduleurs renvoient l’énergie sur le réseau ERDF. Ou alors les logements peuvent y être directement branchés », précise le PDG de Colas.

Un kilomètre de route peut éclairer une ville de 5.000 habitants

Les applications sont multiples : éclairage public, alimentation des affichages lumineux des abribus ou des feux rouges en zone urbaine, ou encore besoins des habitations en zones peu peuplées. Les dalles Wattway, dont le rendement énergétique est proche des panneaux photovoltaïques des fermes solaires, ont été testées avec succès par trois démonstrateurs, dont des entrées de parking, notamment. D’après les estimations de l’ADEME, 4 mètres linéaires de chaussée équipée (soit 20 m²) suffisent aux besoins d’un foyer en électricité (hors chauffage), 15 m2 alimentent les feux d’un carrefour et un kilomètre de route peut éclairer une ville de 5.000 habitants. Wattway peut aussi recharger les véhicules électriques par induction  : 100 m2 fournit l’énergie pour rouler 100.000 kilomètres par an, selon l’INES.

« Si on recouvrait un quart des routes, on assurerait l’indépendance énergétique de la France, souligne Hervé Le Bouc. En dotant 2,5% des surfaces d’un tel revêtement solaire, on couvrirait déjà 10% des besoins. Cela montre l’enjeu derrière ce projet ». Wattway va monter en puissance progressivement sur trois ou quatre ans. « Nous proposons dans un premier temps à des clients d’en équiper de petites surfaces : des parkings d’hypermarchés ou des tronçons de voies, par exemple sur une zone d’une centaine de m2, pour tester en conditions réelles le produit, ajoute-il. D’ici à quatre ans, en rythme de croisière, on pourra équiper des tronçons de plusieurs kilomètres».

  

Visite de François Hollande

Suite à la visite par François Hollande du troisième démonstrateur, fin août, « nous avons reçu des dizaines d’appels téléphoniques de collectivités locales, de gestionnaires de lignes de bus pour l’alimentation d’abribus, d’acteurs de la grande distribution pour leurs parkings, se félicite le PDG. Nous avons 1.000 agences commerciales dans 50 pays. D’ici fin juin nous aurons achevé la formation d’un commercial par agence. Nous allons commencer la commercialisation par nos 400 agences françaises, qui vendront Wattway à partir de janvier et nous n'aborderons les marchés étrangers, à commencer par l’Amérique du Nord, que dans un second temps. Mais des pays comme le Danemark, par exemple, ont aussi montré un intérêt fort ».

Evidemment, reste la question du coût. « Nous serons au même prix qu’une ferme solaire, de manière à constituer une alternative à ce mode de production d’électricité photovoltaïque », explique t-il. Ensuite, tout dépend de la réglementation fixant le tarif réglementé de rachat de cette énergie verte, qui déterminera l’envie des clients de s’en équiper car ils opteront probablement pour la revente sur le réseau d’ERDF, plus rentable que l’auto-consommation. Mais, note Hervé Le Bouc, « dans l’immédiat, la motivation des clients est ailleurs. Elle réside dans l’image du produit, le fait de faire passer un message vert ».



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TAFTA/TTIP : le traité transatlantique UE-USA est un danger pour notre santé. Refusons-le

TAFTA/TTIP : le traité transatlantique UE-USA est un danger pour notre santé. Refusons-le | Think outside the Box | Scoop.it

LE PLUS. Faut-il avoir peur du traité de libre-échange que l'Union européenne et les États-Unis sont en train de négocier ? Comme nombre d'ONG, Michèle Rivasi, députée européenne Europe Écologie - les Verts, craint des implications néfastes sur les plans social et environnemental, mais aussi et surtout dans le domaine sanitaire. Explications.

  

On l’appelle TAFTA (TransAtlantic Free Trade Agreement) ou TTIP (TransAtlantic Trade on Investment Partnership). Mais ces deux sigles signifient la même chose et désignent le traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne.

 

Encensé par la Commission européenne, les conservateurs et certains socialistes, le TAFTA fait aussi face à de vives critiques de la part de nombreuses ONG. Celles-ci ont largement montré toutes les implications néfastes qu’aurait la ratification de ce traité aussi bien sur les plans social, environnemental que sanitaire.

 

C’est ce dernier point que je veux développer ici pour bien montrer à chacun et à chacune, de la manière la plus pédagogique qui soit, quels risques fait peser le TAFTA sur notre santé et pourquoi les écologistes continueront à s’y opposer au parlement européen.

 

Une législation américaine souvent plus laxiste

 

Tout d’abord, ce traité transatlantique toujours en cours de négociations n’est pas un accord de libre-échange à l’ancienne qui consisterait à seulement abaisser les tarifs douaniers pour favoriser le commerce. Il s’agit en plus d’harmoniser la réglementation des deux côtés de l’Atlantique.

 

Ce qui pose d’innombrables problèmes tant la législation américaine est beaucoup plus laxiste dans bien des domaines que la législation européenne, comme le montre le graphique ci-dessous réalisé parFrance Nature Environnement.

 

Comme l’a mis en évidence une synthèse concise de l’Institut Jacques Delors, l’application du principe de précaution diverge entre les États-Unis et l’Europe.

 

Dans de nombreux domaines comme les organismes génétiquement modifiés (OGM), l’hormone dans la viande ou les produits chimiques toxiques, la réglementation européenne prend beaucoup plus en compte le principe de précaution et est bien plus stricte et protectrice de la santé des consommateurs qu’elle ne l’est outre-Atlantique.

 

Ainsi, c’est au nom de ce principe que 19 États membres de l’UE (dont la France) refusent de cultiver des OGM sur leur territoire. Une mesure qui risquerait d’être balayée si le TAFTA passait.

 

En outre, des rapports, comme celui publié en janvier 2015 par la London School of Economics, affirment clairement que "le traité transatlantique comporte le risque d’affecter négativement la capacité des gouvernements à réguler le secteur de la santé publique". Mais qu’est-ce qui permet concrètement de dire cela ?

 

Renouveler les brevets et en étendre la durée

 

Ces dernières années, les traités de libre-échange ont avant tout servi les intérêts de l’industrie pharmaceutique détentrice de brevets.

 

Le dernier traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA) prévoit d’étendre la durée des brevets au Canada, sur insistance des Européens. En effet, dans le cadre de cet accord, les Canadiens devront mettre en place un système de Certificat complémentaire de protection (CCP) qui permettra d’allonger la durée des brevets de deux ans et de renforcer le monopole des laboratoires pharmaceutiques sur leurs produits.

 

Dans le cadre de cet accord, la propriété intellectuelle a été incluse dans le mécanisme de règlement des différends investisseurs-États (ISDS, en anglais), un mécanisme qui permet à une entreprise de poursuivre en justice un État devant un tribunal arbitral privé et qui a fait parler de lui par la virulente opposition à laquelle il fait face.

 

Ce mécanisme est une occasion en or pour les industriels du médicament que la compagnie américaine Eli Lilly n’a pas manqué d’utiliser en septembre 2013 pour poursuivre le gouvernement canadien qui avait invalidé deux de ses brevets.

 

Dans le cadre de l’accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (NAFTA), Eli Lilly a pu attaquer le gouvernement canadien, et ce, alors même que la plus haute juridiction canadienne, la Cour suprême, avait confirmé auparavant l’invalidité des deux brevets détenus par Eli Lilly, qui n’hésite pas à demander 500 millions de dollars en dédommagement.

 

Un bénéfice surtout pour les industriels du médicament

 

Ainsi, le mécanisme de l’ISDS permet aux multinationales de passer au-dessus des décisions des plus hautes instances juridiques d’un pays pour ensuite les contester devant une instance privée. Une honte !

 

D’autant plus que, comme on a pu le découvrir dans la version du TAFTA qui a fuité en 2013, la propriété intellectuelle est considérée comme un investissement dans l’accord, et il est donc tout sauf fantaisiste de prédire que les industriels se feront un malin plaisir d’utiliser le mécanisme ISDS pour attaquer les États sur les questions qui tournent autour du brevetage de leurs médicaments.

 

Comme on le voit, le CETA, le TAFTA, ne sont que des outils qui servent à protéger davantage la propriété intellectuelle au bénéfice des industriels. Et ces deux accords ne sont pas une exception. Une version fuitée du traité de libre-échange transpacifique (États-Unis/Australie) a mis en lumière que l’industrie avait obtenu des facilités pour renouveler ses brevets et en étendre la durée.

 

Une simple modification mineure du médicament ou une demande d’extension d’indication pourra maintenant permettre à un laboratoire de renouveler son brevet. Cette pratique est plus connue sous le nom d’"evergreening" et assure un monopole toujours plus long des labos sur leurs médicaments sans avoir à faire preuve d’innovation. C’est le jackpot.

 

Comme on le voit, les traités de libre-échange récemment mis en place servent avant tout à renforcer la toute-puissance des multinationales du médicament et la version fuitée du TAFTA montre bien que ce traité n’échappera pas à la règle.

 

La logique économique prime sur la santé

 

Et le scandale que représente le TAFTA ne s’arrête pas là. En effet, les industriels ne se satisfont pas seulement de renforcer leur monopole sur le marché, ils tentent de profiter des négociations de cet accord pour saper toute régulation sur les perturbateurs endocriniens au niveau européen et remettre en cause la transparence sur les essais cliniques.

 

En effet, dans le cadre des négociations de ce traité transatlantique, la pression des industriels américains auprès de la Commission a été forte afin de repousser toute régulation sur les perturbateurs endocriniens dans la mesure où cela remettrait en cause le commerce entre les États-Unis et l’UE, selon ces braves gens bien intentionnés… à l’égard de leur portefeuille.

 

Ceci pourrait expliquer pourquoi la Commission européenne n’a toujours pas défini un cadre réglementaire sur les perturbateurs endocriniens alors qu’elle s’y était engagée pour 2013. Le commerce, toujours le commerce !

 

Mais si le diabète, l’obésité ou les troubles neurocomportementaux dus aux perturbateurs endocriniens n’intéressent pas en soi nos décideurs, faut-il alors leur rappeler dans leur langue, que de nombreux chercheurs américains et européens estiment le coût des perturbateurs endocriniens pour la santé des Européen à 157 milliards d’euros, soit 1,23% du PIB de l’UE ?

 

Les lobbies ont un accès privilégié à la Commission européenne

 

C’est le même cas de figure en ce qui concerne les essais cliniques. Les industriels du médicament font pression sur la Commission afin de remettre en cause le début de transparence qui a été décidé dans ce domaine par le Parlement européen en 2014.

 

Dans le cadre des négociations sur le TAFTA (et aussi de la directive sur les secrets d’affaires), l’industrie veut imposer l’idée que les essais cliniques sont des données commerciales confidentiellesqui ne devraient pas être mises à la portée du grand public. La transparence, dans toute sa splendeur.

 

En dehors du contenu proprement repoussant de cet accord de libre-échange, les modalités des négociations en cours sont tout aussi honteuses. Comme l’a mis en lumière le dernier rapport de Corporate Europe Observatory (CEO, l’Observatoire des lobbies européens, qui traque les moindre faits et gestes des industriels), entre janvier 2012 et février 2014, l’industrie pharmaceutique a eu un accès privilégié à la Commission européenne.

 

Le lobby européen des laboratoires pharmaceutiques, l’EFPIA (European Federation of Pharmaceutical Industries Association), et des industriels comme Pfizer, Eli Lilly ou GSK étaient souvent de la partie.

 

Eli Lilly a directement fait du chantage auprès de la DG Commerce de la Commission européenne en affirmant que si, dans le cadre des négociations sur le TAFTA, "la fixation du prix et le remboursement des médicaments ainsi que le régime de la propriété intellectuelle n’était pas favorable aux industriels, rien n’empêcheraient que les investissements futurs s’en aillent en dehors de l’UE". 

 

S'opposer avec virulence à un accord scandaleux

 

Comme à sa grande habitude, l’industrie nous ressort son chantage à l’emploi. Mais c’est aux autorités de leur tenir tête, la politique ne peut pas être menée en poursuivant seulement des objectifs économiques à court terme. Et la situation ne s’est pas arrangée depuis l’arrivée de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission en novembre 2014.

 

Comme l’a montré un autre rapport très instructif du CEO, dans les six mois suivant son entrée en fonction, la direction générale commerce de la Commission a "tenu 121 réunions à huis clos seul-à-seul avec des lobbys pour débattre du TTIP. 100 (83%) des réunions déclarées ont eu lieu avec des lobbyistes du secteur privé et seulement 20 (16,7 %) avec des groupes d’intérêts public".

 

L’EFPIA, encore elle, a été un des partenaires les plus récurrents de la Commission au cours de ces six mois écoulés. 

(Corporate Europe Observatory).

 

Voilà tout ce que nous promet le TAFTA s’il est ratifié :

 

1. Renforcement de la protection de la propriété intellectuelle, alors que celle-ci est déjà de plus en plus protégée depuis une vingtaine d’années, au profit des labos pharmaceutiques et au détriment des patients.

 

2. Fin de la transparence sur les essais cliniques, alors que celle-ci est essentielle pour espérer éviter de nouveaux scandales sanitaires à venir.

 

3. Absence de régulation sur les perturbateurs endocriniens quand ceux-ci ravagent déjà la santé des Européens et une libéralisation sans contrôle des OGM, comme cerise amère sur un gâteau déjà peu ragoutant.

 

Nous ne laisserons pas faire et nous continuerons à nous opposer avec virulence à cet accord scandaleux. Le Parlement européen aura son mot à dire concernant cette mascarade, et les écologistes ne manqueront pas de la contester et de voter contre le jour-J dans l’hémicycle.

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Une Syrie aux relents de guerre froide: une carte pour tout comprendre

Une Syrie aux relents de guerre froide: une carte pour tout comprendre | Think outside the Box | Scoop.it

La Russie mène des frappes aériennes en Syrie depuis ce 30 septembre 2015. C’est une nouvelle étape dans ce conflit qui cristallise les tensions politiques mondiales, spécialement entre les États-Unis et la Russie.

Comme le montre notre infographie ci-dessous, la Syrie est divisée en plusieurs zones d’occupation, avec quatre acteurs majeurs : le régime syrien de Bachar el-Assad; l’opposition "modérée", dont l’Armée syrienne libre (ASL); l’opposition extrémiste composée du groupe terroriste État islamique et d’autres groupuscules djihadistes; et, enfin, les rebelles kurdes, alliés du PKK (parti travailliste kurde).

Les frontières des zones d’occupation ne sont pas définitives et restent très floues, l’avancement d’un camp se faisant souvent à un niveau très local.

  

  

Du point de vue mondial

Si l’on change d’échelle et que l’on considère le conflit globalement, beaucoup de pays sont impliqués dans le conflit en Syrie. Les plus grands acteurs sont les États-Unis, sous le couvert d’une coalition arabo-occidentale (comprenant notamment la France et l’Arabie Saoudite), et la Russie.

Pourtant, leurs objectifs diffèrent radicalement, comme le montre la localisation des frappes aériennes en Syrie et dans le nord de l’Irak. Les Américains visent surtout les zones occupées par le groupe terroriste État islamique, alors que la majorité des frappes russes se concentrent dans une zone autour d’Alep occupée par des rebelles "modérés". D’autres frappes russes ont touché des zones contrôlées par l'État islamique, mais elles sont minoritaires par rapport aux autres interventions.

  

Tous sous le couvert de la lutte contre le terrorisme

Cette localisation des frappes s’explique par les soutiens de chacun : les Américains sont alliés avec l’Armée syrienne libre, tandis que la Russie soutient Bachar el-Assad. Les dernières interventions russes ont d’ailleurs permis, selon le général syrien Ali Abdallah Ayoub, à l’armée du régime syrien de lancer une offensive dans la province de Hama.

"Ils brandissent tous l’argument de la lutte anti-terroriste pour arriver à leurs fins, commente Didier Leroy, chercheur à l’École royale militaire et au Centre d’études de la coopération et du développement de l’ULB. Le problème est que l’opposition au régime syrien est très hétérogène, les différentes milices qui la composent n’arrivent pas à s’unir. Aucun des camps n’aura de victoire nette, éclatante. Il faudra de toute façon passer par une solution politique. Et chacun cherche à infléchir l’autre militairement, afin de placer ses pions pour les futures négociations."

  


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[Conference] Chômeurs, créateurs de valeur @ NUMA Paris [22/06/2015]

Ajoutée le 10 juil. 2015

Crise ou pas crise, environ 8% de la population active en France est au chômage depuis plus de 30 ans.

Alors qu’on nous parle depuis des années avec angoisse de l’augmentation du taux de chômeurs, qu’on nous présente le chômage comme une période d’inutilité sociale, qu’on nous rappelle le cout économique que ceux ci feraient peser sur la nation, ne peut on pas prendre le contre pied de cette vision et reconnaitre que les chômeurs créent de la valeur, de la valeur économique en montant leurs entreprises, de la valeur sociale en s’impliquant auprès d’associations, de la valeur humaine en profitant de ces temps pour se former à de nouveaux métiers et expertises.

Mais comment qualifier / rétribuer cette valeur ? Comment valoriser cette experience auprès des entreprises et de la société. 

Pour tenter de répondre à ces questions, NUMA en partenariat avec le Social Media Club invite :
- François Xavier Petit, conseiller numérique, innovation et prospective au cabinet du ministre du travail et de l'emploi
- Claude Emmanuel Triomphe, Délégué général à l'ASTREES (association travail emploi europe)
- Vincent Baholet, Délégué général de la Fondation Agir Contre L'exclusion
- Jérémy Clédat, CEO de la startup Welcome to the jungle
- Erwann Kezzar, Directeur associé de Simplon.co
Cette table-ronde sera modérée par Taoufik Vallipuram, membre de Oui Share

Jacques Le Bris's insight:


Chômage, uberisation, entreprenariat, robotisation, revenu de base, fin du salariat… Le travail subit une profonde mutation qui soulève de nombreuses interrogations : Quel impact la technologie a-t-elle sur nos modes d’organisations ? Comment adapter le code du travail à ces transformations sans pour autant remettre en cause les acquis sociaux ? Les robots vont-ils nous remplacer ? Est-ce la fin du travail comme le prédit de plus en plus de monde ? Doit-on nécessairement travailler pour créer du lien social ?

NUMA, au coeur de la transformation numérique de la société à tous les niveaux (nous accompagnons au quotidien grandes entreprises, PME, startup, associations, citoyens, communautés dans cette transformation…) a choisi, via une série d’événements, de se pencher sur ces questions. C’est dans cette optique que se tenait, le 22 juin dernier à NUMA, une table-ronde co-organisée avec le Social Media Club intitulée “Chômeurs, créateurs de valeur”.

Pour Marion Hislaire, son organisatrice avec Pierre-Olivier Cazenave, l’événement avait pour objectif de mieux préciser la porosité entre travail et chômage, dont les modèles ont été décloisonnés compte tenu de la mutation dans les modes d’organisation de l’entreprise. Il est ainsi possible d’être officiellement au chômage et simultanément de profiter pour construire son prochain emploi en créant une startup. Avec le statut d’auto-entrepreneur on voit des emplois traditionnels s’orienter vers des prestations de travailleur indépendant. Cependant, il ne faudrait pas avoir une vision trop angélique du travail dit collaboratif. Sur les grands réseaux de l’économie du partage, Uber, Airbnb, la nouvelle répartition des richesse n’est pas nécessairement plus parfaite. Un chauffeur Uber n’est pas mieux payé qu’avant mais il peut être dans une situation plus précaire. Finalement, la solution se trouverait probablement dans la mise en place du revenu de base : “Tout le monde participe, donc tout le monde est acteur.”

Erwann Kezzar est directeur associé de Simplon, une entreprise (agréée sociale et solidaire) qui met en place des actions de formation au code auprès d’un large public. Il lance le débat avec quelques déclarations bien senties : “ Tout le monde ne devient pas développeur, mais tout le monde peut bosser dans le numérique ”. D’après lui, il y a effectivement une fracture numérique, mais elle n’est pas exactement là où on l’imagine. A savoir, entre les jeunes et les plus âgés, les urbains ou non urbains, etc… Et finalement elle serait plus facile à résoudre qu’on ne le pense. Ainsi le numérique facilite et met à disposition de nombreux outils relativement simples qui peuvent être utilisés par tous. Par exemple des sites de e-commerce peuvent être mis en place en quelques heures, ou bien OpenClassRoom permet de se former de manière rapide et distribuée, sans blocage à l’entrée.

Jérémy Clédat est patron (CEO) d’une startup “ Welcome to the Jungle “ dont le moto est “Trouver la tribu qui vous convient — postulez en un clic”. Dans l’ancien monde, on aurait dit qu’elle propose des offres d’emplois, mais ici, l’expérience utilisateur est bien plus riche ! Jérémy pense qu’il y a le chômage choisi et le chômage voulu. Il avait un bon job dans une grande entreprise, et maintenant il est chef d’entreprise d’une startup. Il a remarqué sur sa plateforme que les trois quarts des entreprises sont créées par des chômeurs. Il constate que cela favorise une énorme capacité de création de jobs. “Le digital est en train de refaçonner le contrat qui lie l’entreprise à la personne qui va travailler. Et c’est souvent un contrat de free lance…” Ce qui permet de concilier une plus grande capacité d’adaptation et un haut niveau technique… et sans doute plus de précarité.

François-Xavier Petit est conseiller numérique, innovation et prospective au cabinet duMinistre du travail et de l’emploi. Il précise d’emblée : “Avant d’arriver au ministère, j’étais historien à la Sorbonne…” Il y a toujours eu une différence entre le travail et le non-travail. A l’origine, on enfermait les gens pour vagabondage. Puis dans les années 1910, il a fallu inscrire les travailleurs dans une durée plus stable afin de fournir de la main d’oeuvre à l’appareil productif et l’on s’est mis à distinguer l’emploi et le chômage par le biais du contrat de travail. C’est ainsi que derrière la dimension économique est apparue une dimension sociale. Tout se passait bien. Mais dans les années 70, cette organisation se craquelle. Aujourd’hui, on constate tout un volant de travailleurs que l’on est incapable de qualifier et qui ne “rentrent pas dans les cases”. Beaucoup de personnes ne travaillent pas suffisamment pour avoir les droits à la retraite. Il n’est pas rare de cumuler trois pensions de retraite pour une seule personne. Aujourd’hui, le chômage est généralement vécu comme une situation d’exclusion. Dans le monde des startups, la situation est assez différente. C’est une population avec un haut capital social et culturel et une forte employabilité. Le slogan “tous employeurs” n’est pas la solution pour tout le monde et cache une vraie disparité. Cependant, certains modèles restent très prisonniers du passé, et on peut imaginer de prévoir un compte personnel d’activité, avec des droits attachés à la personne et non à son contrat, afin de mieux sécuriser les parcours professionnels dans une individualisation de la protection sociale.

Claude Emmanuel Triomphe est délégué général à l’associationASTREE. Il se présente comme un représentant du vieux monde et considère que le milieu des gens avec lequel il travaille est assez différent des gens d’ici (au NUMA). Il a été 15 ans inspecteur du travail en charge du contrôle des licenciements. Il devait statuer sur le fait de savoir si les gens font ou non des recherches d’emploi et donc s’il fallait leurs supprimer les indemnités. C’était terrible. Il se rappelle le cas d’une personne qui pendant son chômage se consacrait presque exclusivement à aider les autres aux Restos du coeur, et donc en contradiction avec le droit au chômage indemnisé. Que faire ? Il pense que la responsabilité sociale des entreprises, c’est du social washing. Selon son expérience associative au niveau européen, il constate la montée du travail économiquement dépendant, c’est à dire des personnes sans statut de salarié mais qui sont quand même avec un seul client. Il faut dire que nous ne savons pas traiter au niveau européen ce type de situation. L’Europe ne veut pas d’une tierce catégorie (entre le salariat et la pure relation commerciale). Il semble un peu désespéré et constate que finalement nous avons un chômage terrible des jeunes et que les diagnostics habituels se soldent par un échec cuisant. Pour lui, la question n’est pas celle de l’emploi mais celle du travail en général. Il reste à inventer une méthode,

Et finalement, Marion se demande :

“Si c’est la fin du travail, est-ce la fin du chômage également ?”
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Les médias français diffusent les clips anti-djihad du gouvernement

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Quatre clips anti-djihad seront diffusés gratuitement pendant un mois par une vingtaine de médias français....
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"Holocauste nucléaire" en Occident : le projet fou de l’Etat islamique

"Holocauste nucléaire" en Occident : le projet fou de l’Etat islamique | Think outside the Box | Scoop.it

Les djihadistes planifieraient l’extermination de 500 000 millions de personnes, selon un journaliste allemand qui a infiltré l'organisation terroriste.

  

L’Etat islamique (EI) est beaucoup plus "plus dangereux et organisé" que nous le pensons selon Jürgen Todenhöfer, un journaliste allemand qui a passé dix jours au sein de l’organisation terroriste en Syrie et en Irak. Selon celui-ci, les djihadistes voudraient créer un véritable "holocauste nucléaire" en Occident, comme le rapporte Atlantico.

Dans son livre, "A l’intérieur de l’EI, dix jours dans l’Etat islamique", le journaliste de 71 ans explique que l’Occident sous-estime les djihadistes et qu’il n’est pas en mesure de les vaincre militairement. Mais dans le livre de Jürgen Todenhöfer, une conclusion fait froid dans le dos : il affirme que les terroristes planifient de tuer plusieurs millions de personnes "non-croyantes" en visant les pays occidentaux.

Le journaliste pense que personne ne peut les arrêter

Pour cela, l’organisation terroriste aurait l’intention de déclencher un véritable tsunami nucléaire, aussi appelé "holocauste nucléaire", en éradiquant pas moins de 500 000 millions de personnes à l’Ouest. Selon Jürgen Todenhöfer, "tous les chiites, Yazidi, les hindous, les athées et les polythéistes doivent être tués".

A lire aussi État islamique : des engins explosifs testés sur des nouveau-nés ?

  

Pour ce journaliste aguerri, l’Etat islamique est l’ennemi "le plus brutal et le plus dangereux" qu’il ait rencontré. "Chaque jour, des centaines de combattants volontaires le rejoigne de partout dans le monde", explique-t-il encore. Pour l’instant, Jürgen Todenhöfer pense que personne ne peut les arrêter à part les pays arabes alentours. Mais cette hypothèse semble à celui qui est revenu pessimiste de son infiltration de moins en moins probable.


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Alpha, c’est déjà l’après-vélo électrique !

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Voici Alpha, le vélo à hydrogène qui pourrait bien ringardiser les vélos électriques "classiques". (Crédits : Pragma Industrie)


100 kilomètres d’autonomie, 5 minutes pour recharger… sans prise électrique. Le futur du vélo électrique s’appelle “Alpha” et il a été présenté ce mercredi matin à Biarritz en avant-première mondiale, avant le congrès ITS de Bordeaux, par la société basque Pragma Industries (Bidart).

D'abord connue pour avoir mis au point, en 2012, une machine unique au monde capable de bobiner les cellules de la pile à combustible et donc d'industrialiser le process de fabrication afin de faire baisser ses coûts de production de petites piles à combustibles, la société basque Pragma Industries vient de franchir un nouveau cap dans son histoire. 
Après avoir réalisé, en collaboration avec le groupe CyclEurope, quatre vélos à hydrogène, issus d'un démonstrateur, l'AlterBike, pour le compte d'Air Liquide, des vélos qui ont créé le buzz sur plusieurs salons internationaux, ce matin, la société Pragma Industries (siège à Bidart, 10 salariés) présentait en avant-première mondiale aux élus basques de l'Agglomération Côte basque Adour (ACBA), Alpha, la toute première version d'un vélo électrique révolutionnaire. 
Un vélo à hydrogène doté d'une autonomie électrique de 100 km qui, couplé à une borne, peut se recharger en 5 minutes.

Alpha, designé et produit en  trois mois seulement !

Baptisé Alpha après avoir eu pour nom de code "BikeBerri", Alpha a aussi pour particularité d'être né d'un projet réalisé dans un temps record de trois mois.

"Depuis 2014, nous sentions que le vélo à hydrogène avait un réel intérêt et même un avantage certain par rapport au vélo électrique dit classique", estime Pierre Forté, ingénieur en aéronautique, créateur (2004) et dirigeant de Pragma Industries . 
"Mais nous sentions aussi que nos partenaires historiques étaient un peu récalcitrants quant à passer de la mini série à la production en série de vélos à hydrogène. Après deux rencontres fructueuses avec la société Atawey (Savoie), qui a mis au point une station de production d'hydrogène, et avec Cédric Braconnot (Belfort), un constructeur de vélos haut de gamme, nous avons décidé de le produire ensemble !"

Un challenge compliqué à plus d'un titre. "D'abord il a été réalisé à partir d'une feuille blanche ou presque, explique  Pierre Forté, ensuite il a fallu trouver les moyens de le financer. A ce titre, les 25.000 euros obtenus dans le cadre de l'appel à projets Atelier de l'Innovation 2014 de l'ACBA ont constitué un signal de départ !"

L'ACBA est le vrai papa d'Alpha !

Un signal de départ donné au moment du versement de la somme en question... en mai 2015. "Cette aubaine financière a aussi été un problème car avant de percevoir cette somme nous ne pouvions que réfléchir à notre projet... pas avancer sur sa production."
La somme versée par l'ACBA déclenche donc véritablement le projet mais dès juin, une rencontre avec l'institut Vedecom de recherche et de promotion du véhicule électrique bouscule le calendrier.

"Ils nous ont demandé 10 Alpha pour le congrès ITS de Bordeaux (du 5 au 9 octobre)... Autant dire que l'été a été très court pour nous, pour Atawey qui a réalisé la borne de recharge en un temps record, et moyennant un investissement de 150.000 euros, et pour les PME de chaudronnerie, de soudure, d'usinages... que nous avons sollicité pour nous aider à réaliser ce vélo incluant le réservoir de stockage d'hydrogène et nos piles à combustible."

Trois mois plus tard et alors qu'il faut généralement un an pour créer, ex-nihilo, un nouveau cadre de vélo, le résultat de ce challenge un peu fou, construire de A à Z 12 exemplaires de "l'alpha et l'omega" du vélo à hydrogène, est relevé. Au total il aura fallu mobiliser 135.000 euros (notamment 25 K€ de l'ACBA, 82 K€ de Vedecom) pour réaliser les prototypes et 2.400 heures d'ingénieries assumées par Pragma et ses co-traitants.

Compétitif par rapport à l'électrique dès 1.000 unités produites

Le jeu en valait la chandelle car ce matin, la présentation en avant-première aux élus de Biarritz et de la communauté d'agglomération, "qui ont eu droit à cette primeur, car ils ont vraiment été, avec leur prix de 25.000 euros, les papas d'Alpha", plaisante Pierre Forté, semble avoir fait mouche.
Il ne reste plus qu'à convaincre le marché et à passer de l'étape mini série à celle de l'industrialisation.

"Pour le moment, Alpha n'est pas compétitif sur le marché mais, à partir de 100 vélos, le coût de production peut tomber à 5.000 euros. Dès que nous atteindrons une production de 1.000 vélos/an, nous atteindrons un coût de production de 2.500 euros... quand on sait qu'un vélo électrique haut de gamme est vendu 4.000 euros à l'heure actuelle, nous devenons, de fait, compétitifs."

Pragma Industries et Atawey, qui planchent actuellement sur la création d'une joint venture, espèrent commercialiser les Alpha et les solutions de recharge dès 2016.
"Disponibles immédiatement, dotés de jauges d'énergie fiables au % près, équipés d'une batterie qui a une durée de vie d'au moins 5 ans, réalisés en alu, métal recyclable facilement, les vélos Alpha ont des atouts considérables en matière de mobilité électrique en ville. Le déploiement de flottes dévolues au prêt me semble un excellent moyen d'imposer Alpha dans le paysage de la mobilité douce", estime Pierre Forté.

 

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Air France : sans chemises contre sans-culottes (ou la violence de l'oligarchie)

Air France : sans chemises contre sans-culottes (ou la violence de l'oligarchie) | Think outside the Box | Scoop.it

Ce lundi 5 octobre 2015, deux membres de la direction d’Air France ont été pris à partie par des manifestants : Pierre Plissonnier, directeur d’Air France à Orly et Xavier Broseta, directeur des ressources humaines. Les images des deux hommes escaladant des grilles et voyant leurs chemises se faire arracher par les manifestants ont fait le tour du net, des médias et même du monde.


Immédiatement, c’est la levée de bouclier contre cette « violence ». Toute la belle société économique, politique et médiatique « s’indigne » et « condamne ». L’oligarchie se dévoile en tant que telle : un groupe soudé qui défend les siens quand ils sont attaqués.

Ainsi, la direction d’Air France annonce qu’elle portera plainte « pour violences aggravées » ; Manuel Valls se dit « scandalisé » ; le MEDEF publie un communiquédénonçant des violences « inacceptables et scandaleuses » ; Emmanuel Macron publieun tweet dénonçant les « irresponsables » qui ont mené ces « violences » et ajoute, sans rire, que « rien ne remplace le dialogue social » ; toute la journée, les médiacrates redoublent de condamnations qu’il m’est ici impossible de lister. Les médias, les riches et les politiques main dans la main pour défendre l’ordre établi : voici l’oligarchie.

Mais qui parle de la violence que représentent les 2 900 suppressions de postes annoncées[1] par la direction ? Qui dit qu’au moins 45 000 personnes se suicident chaque année à cause du chômage ? Qui dit que, si on se base sur ces chiffres, le chômage est une cause de suicide dans environ 20% des cas ? Qui dit que le taux de suicide augmente avec le chômage ?

Qui dira que la violence qui est faite aux salariés qui vont perdre leur emploi est bien plus violente que l’acte d’arracher une chemise à un nanti ? Qui racontera l’histoire de celles et ceux dont le chômage sera synonyme d’un divorce ? Qui racontera l’histoire de celles et ceux qui ne pourront pas rembourser leur crédit et perdront leur voiture ou leur maison ? Qui racontera l’histoire de celles et ceux qui ne pourront plus s’acheter de nouveaux vêtements sans se priver sur la nourriture ?

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La violence que subit une personne mise au chômage n’est pas aussi cinématographique que la violence que subit l’homme propre sur lui dont on arrache la chemise. Elle n’est pas cinématographique, donc les médias ne la montreront pas et n’en parleront pas. Elle n’est pas visuelle donc pas visible, parce que le système médiatique fonctionne sur le mode du spectacle (et parce que sa pente naturelle est de défendre les intérêts de l’oligarchie, mais c’est une autre histoire).

Ce 5 octobre, la violence était, pour une fois, des deux côtés. C’est assez rare pour que l’oligarchie toute entière s’en « inquiète », « dénonce », « condamne », etc. Dès qu’on rend les coups, ils tremblent. C’est qu’ils ont perdu l’habitude.

Mais vous savez quoi ? À choisir entre la violence des sans chemises et celle des sans-culottes, je suis du côté des sans-culottes. C’est à dire du côté de celles et ceux qui subissent tous les jours la violence des puissants, mais dont on ne parle jamais.

Suivez-moi sur Twitter :  @ALeaument


[1] Quand on est du côté de la direction, on a le droit d’« annoncer » sans dialogue social. C’est dans l’autre sens que c’est interdit de ne pas dialoguer. Mais le monologue antisocial est tout à fait admis quand on est un oligarque.

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France 2 célèbre les vertus du réchauffement climatique

France 2 célèbre les vertus du réchauffement climatique | Think outside the Box | Scoop.it

« Une question qui peut sembler un peu provocante,prévient David Pujadas : les changements climatiques sont-ils forcément une malédiction ? » On a vu que, pour Philippe Verdier, chef du service météo de France Télévisions, c’est plutôt une bénédiction. « Vous allez voir que le réchauffement ouvre des perspectives », confirme le présentateur le jour même de la sortie du livre Climat investigation, où le monsieur météo de France 2 énumère « les avantages considérables du réchauffement pour notre économie et notre société », faisant preuve d’un optimisme que j'estimais suspect…







« Qui l’eût cru ?, s’étonne David Pujadas lui-même. On commence à installer des fermes et à cultiver l’avoine au Groenland. » Sans déconner ? Je m’étais vraiment trompé.« C’est une nouvelle ère qui commence pour l’agriculture et pour l’économie. » J’étais trop perméable aux discours alarmistes matraqués par les lobbies du « réchauffisme » et ses représentants « politisés, manipulés », vautrés dans des « scandales sexuels ». Heureusement, le reportage de France 2 vient rétablir la vérité.





« Difficile à croire mais, par sa taille, 1 500 habitants, ce petit village de pêcheurs est la huitième ville du Groenland,attaque le reporter à Narsaq. Une ville où le réchauffement climatique se mesure jour après jour à vue d’œil. » Un habitant explique qu’il ne peut plus se déplacer en 4x4 sur la banquise hivernale et que désormais « tout se fait en bateau ». Trop cool ! Si, selon Philippe Verdier, la France bénéficiera bientôt d'« une ambiance de vacances » de janvier à décembre, le Groenland jouit déjà d’une ambiance « La croisière s’amuse »tout au long de l’année.





« Difficile à croire, répète le reporter incrédule, et pourtant la température augmente ici trois fois plus vite que sous nos latitudes : un degré plus en trente ans ! » Est-ce vraiment suffisant ? « Ce réchauffement n’est-il qu’une malédiction pour ce territoire ou pourrait-il devenir contre toute attente une opportunité ? » Et quand donc les Groenlandais pourront-ils bénéficier du « mode de vie ibérique »vanté par Philippe Verdier ? « Ceux qui en attendent le plus sont les agriculteurs, comme cette fermière d’origine française, rapporte l’envoyé spécial. Une fermière dont les poules ont de moins en moins froid. » C’est génial ! Le réchauffement contribue au bien-être animal ! Ce dont Philippe Verdier se félicitait pour les humains — « la chaleur contribue à notre épanouissement, augmente la convivialité » — vaut aussi pour les gallinacés.





« Surveiller la température ne sera peut-être bientôt plus un problème. » Sauf pour se prémunir des canicules. « Dans ses champs, le couple cultive déjà de l’avoine. » En attendant la vigne. « Et dans son potager, de plus en plus de légumes qu’il aurait été impensable de faire pousser il y a quelques années. » L’agricultrice détaille : « On peut faire des salades, des pommes de terre, des navets, des oignons, des brocolis, des choux… » Excellent ! Le Groenland est sur la voie de l’autosuffisance alimentaire, un des credo des écolos — qui vont bien être obligés de reconnaître les riches « opportunités » du réchauffement.





« L’arrivée de ces conditions plus clémentes favorise l’essor d’une toute autre activité », poursuit le reporter. « On a rénové cette petite maison pour accueillir des touristes l’été », montre l’agricultrice. « Avec la montée des températures estivales, les touristes sont chaque année plus nombreux. » Encore un formidable atout pour le développement économique du Cercle arctiquede la même manière que le réchauffement permet chez nous « le faramineux développement du marché de la piscine individuelle » loué par Philippe Verdier.

« Ce que les gens apprécient, c’est d’être dans une nature complètement vierge. »Et puis ce sera rafraîchissant d’y séjourner quelques journées quand Lille aura le climat de Séville. D’autant que, « dans cette région, le spectacle de la nature s’annonce de plus en plus majestueux » grâce à la prolifération des lauriers-roses et des bougainvilliers. Et il n’y a pas que dans cette région : quand les dunes auront remplacés les volcans, les touristes du monde entier viendront faire la majestueuse traversée du Massif central en méhari.





Le reporter accompagne des Groenlandais « au pied de cette montagne. Dans chacune des boîtes qu’ils transportent, une cinquantaine d’arbustes, comme ces épicéas qu’ils sont venus planter ». C’est parfait, ils n’auront même plus à importer de sapins de Noël ! « Ici, la forêt fait son grand retour. Des arbres qui avaient totalement disparu du Groenland lors de la dernière glaciation il y a 400 000 ans, auxquels le réchauffement climatique contre toute attente donne aujourd’hui une seconde chance. » Comme quoi le réchauffement favorise la biodiversité.

On est loin de la « sixième extinction » annoncée par les Khmers verts, comme on appelle les écolos dans Valeurs actuelles, qui publie cette semaine une interview de Philippe Verdier, dont le livre est publié par un éditeur (Geoffroy Lejeune) également rédacteur en chef à l’hebdomadaire. En revanche, c'est sur la seule qualité des arguments scientifiques du présentateur de la météo que s’est fondé Mariannepour publier un extrait de son enquête. On voit au passage combien son combat est fédérateur : il est capable d’y associer Marianne et Valeurs actuelles.

« La croissance des arbres a vraiment explosé, ils se portent de mieux en mieux », se réjouit le chef d’équipe des agents forestiers. Bientôt, les Groenlandais pourront boire le pastis sous des pins parasols en écoutant chanter les cigales.« Désormais, le rêve de voir cette végétation recouvrir tout le Sud du Groenland est presque à portée de main. » Ne reste plus qu’à ajouter quelques canons à neige pour pouvoir skier l’hiver. Et à attendre que la France se réchauffe pour qu’un autre rêve écolo soit à portée de main, celui de voir l’Hexagone se couvrir de palmiers à huile, ce qui évitera la déforestation de l’Indonésie et assurera la stabilité le prix du pot de Nutella, dont Philippe Verdier craint à juste titre qu’il souffre du réchauffement climatique.

« Le Groenland pourrait bientôt se heurter à d’autres ambitions beaucoup moins vertes, poursuit le reporter. Sur ce chemin montagneux, un homme veut nous parler d’un grand projet qui pourrait bientôt rapporter gros à l’économie locale. » En plus de l’agriculture et du tourisme ? Le Groenland va devenir plus attractif que le Qatar !« A quelques kilomètres de Narsaq, la disparition des glaces sur ces sommets a mis au jour des ressources gigantesques et, pour cet homme, il suffit désormais de se pencher pour les ramasser. » C’est trop facile.





« Ça, c’est le minerai du futur, assure le représentant d’une compagnie minière.Pour toutes les technologies vertes, on utilise les éléments rares qu’il contient : pour les voitures hybrides, les batteries, dans les ordinateurs, les téléphones… Tous les gens qui ont un smartphone dans leur poche ont besoin de ces éléments rares. » Or, nous sommes terriblement dépendants de la Chine, premier producteur au monde de « terres rares ». Ce gisement situé dans un pays de l’Union européenne (le Groenland appartient au Danemark) va nous permettre de sécuriser nos approvisionnements.

« Un gisement prometteur que cette compagnie minière espère exploiter avant l’année 2020. » « On va construire un nouveau port, là, montre le géologue. Avec le réchauffement climatique, avec toutes ces zones d’où la glace disparaît, ça va devenir beaucoup plus simple d’accéder aux minéraux qui sont encore sous la glace. » Encore une bonne nouvelle ! Imaginez tous les minerais que nous pourrons exploiter sans nous fatiguer quand les derniers glaciers des Pyrénées et des Alpes auront fondu : la France va devenir un nouvel Eldorado.

« Cette mine écrira-t-elle vraiment le futur de Narsaq ?, interroge le reporter.Certains [des Khmers verts, ndlr] redoutent son impact sur l’environnement. »Impossible, puisque la mine servira au développement de « technologies vertes » !

« Ils craignent que son arrivée remette en cause toutes les activités traditionnelles, la pêche et la chasse au phoque, qui deviendraient alors les grandes perdantes du réchauffement climatique du Sud du Groenland. » Ils ne vont quand même pas nous faire croire que les chasseurs-cueilleurs constituent l’avenir de l’humanité ! Ils n’ont pas lu le livre de Philippe Verdier ? Ou alors, ils n’ont pas encore la télé. Il faudra penser à leur vendre un EPR pour leur fournir de l’électricité« vertueuse » et même « exemplaire », comme le souligne judicieusement le monsieur météo de France 2.

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Des tentes high-tech pour loger les réfugiés • Néoplanète

Des tentes high-tech pour loger les réfugiés • Néoplanète | Think outside the Box | Scoop.it

On parle souvent du nombre grandissant de ces réfugiés, mais très peu des moyens conçus pour les aider. Des tentes high-tech qui ne sont pas encore commercialisées pourraient peut-être bien sauver des vies…

  

En pleine crise de migrants, un designeuse invente une tente high-tech pour loger des réfugiés, c’est-à-dire ?

Abeer Seikaly est canadienne d’origine jordanienne et son projet s’appelle Weaving a Home(tisser un foyer). L’idée est une tente amovible qui n’est pas juste un toit sordide mais un petit cocon où l’on peut satisfaire tout ce qui nous est nécessaire au quotidien, se protéger du froid bien sûr mais aussi pouvoir préparer un repas, trouver un peu d’intimité… Plus qu’un abri d’urgence comme il en existe déjà, il s’agit plutôt d’un véritable foyer pour des familles qui ont tout perdu. L’intelligence du projet c’est qu’elle s’est inspiré des huttes des tribus nomades qu’elle a allié aux technologies actuelles.

C’est-à-dire ?

Déjà pour être adaptable dans toutes les circonstances, la tente fonctionne qu’il fasse chaud ou froid, on peut y faire circuler l’air ou au contraire s’y calfeutrer. Le tissu est structuré de façon à être hyper léger et facile à monter. Et sa forme est conçue pour qu’elle soit flexible et étirable afin de la déplier et la replier le plus vite possible. Dans le toit, un réservoir à eau se transforme en douchesolaire. On s’éclaire grâce à un générateur qui fonctionne à partir de la convection de l’eau : l’eau chaude s’élève alors que la froide redescend. Des cellules photovoltaïques sur le tissu alimentent la tente en électricité et chaque alvéole à l’intérieur est un espace de rangement.

Cette idée est d’autant plus séduisante qu’hélas le marché est bien vaste !

C’est effrayant : en 2014, on comptait 60 millions de réfugiés selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, un niveau record, en hausse constante comme on le sait. Concluons par cette belle explication d’Abeer Seikaly : « Dans cet abri, les réfugiés trouveront un endroit pour faire une pause dans ce monde turbulent, un lieu pour nouer de nouveaux liens et reconstruire le tissu de leurs vies ».


  


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Corinne Lepage : « Un problème de fonctionnement général de l’Europe »

Corinne Lepage : « Un problème de fonctionnement général de l’Europe » | Think outside the Box | Scoop.it

Corinne Lepage entourée de Jean-Marie Cavada, président de Génération Citoyens et de Chantal Cutajar, présidente de Grasco.

 

Elle animait une table-ronde sur l'Europe ce matin à l'occasion du séminaire de rentrée de Cap21-Le Rassemblement citoyen, à Dijon, au Cellier de Clairvaux.

 

Corinne Lepage croit encore à l’Europe mais à une autre Europe. Avant d’animer la table ronde, ce matin, sur le thème « quel avenir pour l’Europe » à l’occasion du séminaire de rentrée de Cap21-Le Rassemblement citoyen, au Cellier de Clairvaux, la présidente du mouvement politique ne mâche pas ses mots sur l’Europe, telle qu’elle est aujourd’hui. Cette dernière l’a qualifie d’« insuffisamment démocratique. Quand vous voyez qu’on va avoir 2 millions de pétitions contre le TAFTA et que visiblement tout le monde sans fout. On a également une opposition massive aux OGM avec 16 Etats sur 28 qui viennent de les refuser. Mais la réglementation communautaire continue à les promouvoir », critique-t-elle. « On écoute pas l’opinion publique européenne. Cela conduit à un éloignement croissant des citoyens à l’égard de l’Europe qui ne répond pas aux attentes. » Corinne Lepage dénonce enfin l’absence de « politique commune sur les migrations », l’absence aussi de « politique étrangère, de défense et d’énergie commune. Il n’y a pas suffisamment d’esprit communautaire pour l’emporter sur des intérêts nationaux. On est donc face à un problème de fonctionnement général de l’Europe. »

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On a testé la voiture sans les mains

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PSA expérimente ses prototypes d’auto autonome sur route ouverte depuis cet été. Une révolution qui s’annonce pour 2020.

  

La voie de gauche est dégagée. Devant nous, le poids lourd est tanqué sur ses 90 km/h. Le C4 Picasso traînasse un peu avant d’enclencher finalement son clignotant. Tout seul. Il déboîte sur la voie de gauche, accélère jusqu’à pile 110 km/h, vitesse maximum autorisée sur cette portion de la N 104 en région parisienne, et double le camion. Devant, un autre poids lourd. Vincent Abadie, responsable du projet «Voiture autonome» chez PSA, fixe la voie de droite : «Regardons ce qu’elle va faire.» Se rabattre entre les deux camions, poursuivre le dépassement ? Elle continue. Futée, la bagnole (on aurait fait pareil). Devant, une camionnette, mais un peu plus loin, un peu plus rapide. Nouvelle interrogation, comment va-t-elle réagir ? Elle se rabat. Pas trop téméraire, le C4, et ça n’est pas plus mal. Derrière le volant, il n’y a pas de conducteur - ou presque.

Depuis trois quarts d’heure, le monospace suit un itinéraire programmé, entre le siège de PSA à Vélizy-Villacoublay (Yvelines) et Montlhéry (Essonne), 25 kilomètres plus loin. Il se débrouille comme un grand, plutôt bien au milieu d’un trafic dense. Il tient sa file, suit les courbes, freine quand ça bouchonne et accélère quand ça se fluidifie. Sans qu’aucun être humain ne mette les pieds sur les pédales ni les mains sur le volant. C’est une voiture autonome, un des très rares exemplaires à être autorisés à circuler sur route ouverte en France.

Voilà plus d’un an que PSA teste des voitures sans chauffeur. D’abord sur circuit, et sur la voirie depuis juillet. Un projet encore du domaine fictionnel il y a dix ans, mais qui prend corps rapidement et arrivera dans les concessions au tournant de 2020. Car si Google a médiatisé le concept avec sa voiture à Oui-Oui, tous les principaux constructeurs et équipementiers bossent sur le sujet.

Le marché du véhicule autonome est évalué, selon les expertises, à plusieurs centaines de milliards d’euros - 500 milliards en 2035, selon une étude récente du cabinet AT Kearney. «On parle de remplacer la conduite humaine par la conduite machine. Donc oui, c’est gigantesque», assure Guillaume Crunelle, associé responsable de l’industrie automobile chez Deloitte. Les implications en matière de déplacement et d’urbanisme, de l’aveu de Guillaume Devauchelle, responsable innovation chez Valeo, dépassent l’imaginable. «Tout est à inventer, expliquait-il lors d’une conférence, la veille. Quand le smartphone est sorti, qui pouvait imaginer qu’un jour il servirait de billet d’avion ?» Guillaume Crunelle voit les économies que ce véhicule va générer chez d’autres acteurs. «On va entrer dans une civilisation qui arrêtera d’être accidentogène. Une société sans morts et sans blessés sur la route, ce sont des économies de santé colossales.»

  

Terrain de jeu

A première vue, le C4 autonome ressemble pourtant à ses camarades de série. Encore que… Il y a cette plaque d’immatriculation : W 678 GX. Le «W» étant le signe distinctif d’une voiture sans chauffeur et le sésame obligatoire pour circuler en mode autonome. Sur le volant, un bouton l’active et le désactive - une personne occupe obligatoirement la place du conducteur et doit pouvoir reprendre le contrôle à n’importe quel moment. Sur l’écran du tableau de bord, la voiture est représentée par un rectangle blanc. Des rectangles noirs figurent les véhicules autour du C4, qui passent au rouge lorsqu’ils pénètrent dans la zone de sécurité de la Citroën. Blindée de capteurs, rien n’est censé lui échapper. Sur le toit, deux petits disques reliés à des câbles font office de «GPS différentiel», précise Fabien Gurret, le responsable conception de ce Picasso, qui travaille sur le projet depuis 2003. Un GPS de compétition, «précis à 5 centimètres près».

Collée sur le pare-brise panoramique, une caméra est tournée vers l’avant. Une autre est logée dans la calandre. De part et d’autre, trois lasers scanners. A côté, une boule sphérique : c’est le radar. Et derrière, encore une caméra, des lasers scanners et un radar. Autant d’outils chargés de repérer les marquages au sol, de lire et reconnaître les panneaux de signalisation, d’identifier tous les objets mobiles - voitures, camions, deux-roues, piétons -, de déterminer leur vitesse. Toutes les informations captées sont ensuite croisées, soupesées : chaque capteur, selon les situations, a ses points forts et ses points faibles. Puis elles sont fusionnées au sein du «cerveau» du véhicule, qui doit alors prendre la meilleure décision en une fraction de seconde.

Les équipes de PSA multiplient les sorties, l’objectif étant justement de confronter leurs prototypes à tous les cas de figure imaginables. Deux C4 sont actuellement testés, deux autres seront bientôt prêts. La flotte comptera entre 15 et 20 Picasso à la fin de l’année prochaine. «On était vraiment impatients de sortir, avoue Fabien Gurret. Sur le circuit, on créait des situations de circulation avec deux ou trois autres voitures, mais c’était vite insuffisant.» Les tronçons d’essai autour de l’usine sont un terrain de jeu idéal, assure Vincent Abadie. «Sur la N 118, vous devez gérer des sorties et des insertions extrêmement brutales, les voies de décélération sont très courtes. Les gens vont au travail, sont pressés, ils sortent et rentrent sur la nationale sans se poser de question, sans rien respecter. Ici, vous êtes dans le pire.»

Le C4 grimpe la côte de la N 118. Sur la droite, une voie de sortie avec le panneau de limitation de vitesse «70» et, dessous, la flèche indiquant que la signalisation s’adresse aux véhicules sortants. Mais le C4 poursuit sa montée à 90 km/h. «Ah oui, ce panneau avec la flèche, bien sûr qu’il sait le reconnaître», balaie Vincent Abadie. Plus loin, un panneau à 110 km/h. Cette fois, il accélère. Certains cas de figure sont plus complexes. Le C4 prend la sortie vers la N 104, la courbe est serrée, il oscille entre les deux lignes au sol. «Le contrôle latéral, c’est le plus dur à gérer, explique Vincent Abadie. Mais on a fait des progrès. Avant, il serrait trop à l’intérieur.»

Quelques minutes plus tard, sur le chemin du retour, un break marron arrive par une voie d’insertion, sur la droite. Le conducteur semble vouloir forcer le passage, sans y aller franchement. Sa voie se rétrécit, le break se colle au marquage au sol. Vincent Abadie guette. «Il fait quoi, là ?» Le C4, prioritaire, ignore sa voisine et garde son allure, les deux voitures sont désormais tôle contre tôle. Le responsable de PSA reprend alors le volant, fait un écart et accélère violemment. Fabien Gurret retiendra la séquence pour l’analyser plus tard. «Elle n’a pas su anticiper.» Vincent Abadie explique : «Si l’autre voiture avait mis le bout du nez sur notre voie, la nôtre aurait freiné.»

  

«Option cow-boy»

C’est une des questions que se posent les développeurs : la voiture autonome doit-elle être polie ? S’effacer quand un conducteur a décidé de s’asseoir sur le code de la route ? Doit-elle forcer le passage au risque de se retrouver bloquée et klaxonnée par une meute automobilisée ? Là encore, c’est une question de dosage, mais, globalement, le «mode sénateur» sera privilégié à «l’option cow-boy», pour des questions évidentes de sécurité et de responsabilité.

En fait, la voiture autonome s’insérera progressivement dans le paysage routier français. «Le mode autonome en ville, ce n’est pas avant 2030.»Trop d’impondérables à gérer : le camion qui masque le feu rouge ou le panneau «Stop», les absences de marquage au sol, le policier qui fait signe d’avancer et le piéton, objet mobile au comportement imprévisible.«A la manière dont il marche, à sa vitesse, au regard qu’il lance autour de lui, vous savez s’il va traverser ou pas, et vous anticipez. La voiture ne sait pas encore le faire.» La fonction «sans chauffeur» sera donc d’abord activable sur des voies à chaussées séparées, type autoroute ou deux fois deux-voies. «Pas d’intersections, pas de feux, des marquages bien identifiés… des situations faciles à gérer», explique le responsable de PSA. Les ingénieurs doivent cependant encore résoudre certaines situations problématiques : la pluie, le brouillard, la nuit, la neige qui recouvre la chaussée, la route en partie inondée, le soleil de face qui éblouit la caméra, etc.

Retour chez PSA, le C4 approche de son point d’arrivée. Un bip résonne, Vincent Abadie a dix secondes pour reprendre la main. Un minuteur s’affiche sur le tableau de bord… en temps normal. L’écran s’est figé quelques kilomètres auparavant - «Il a beaucoup donné depuis ce matin», s’excuse l’ingénieur.

Vendredi, un des deux C4 autonomes a fait le grand saut. Il est allé à Bordeaux, en partie en mode autonome, pour s’exposer au Congrès mondial des systèmes de transport intelligents, un rendez-vous annuel majeur de l’innovation où, à partir de lundi, ingénieurs et experts mondiaux débattront de la mobilité de demain. Une occasion pour la France de montrer son savoir-faire. Constructeurs, équipementiers ou instituts de recherche - sauf Renault - présenteront leur prototype et feront des démonstrations dans les rues de la capitale girondine.

Une des questions débattues concernera l’adhésion du public. Acceptera-t-on de se faire promener par sa voiture sans regarder la route, sans être tenté de reprendre les commandes ? Lors d’un débat sur la question, en mars, une spécialiste avança l’hypothèse inverse : «Le risque, c’est qu’on s’y habitue trop vite.» Que le conducteur perde sa vigilance. Après une heure de test, on penche pour cette seconde éventualité. Passé l’étonnement, on se familiarise très vite à l’idée de voir un volant tourner tout seul.

Richard POIROT

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