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En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l'Etat islamique

En Syrie, une expérience de démocratie directe, égalitaire et multiconfessionnelle tient tête à l'Etat islamique | Think outside the Box | Scoop.it

Photo : © Michalis Karagiannis

 

Les médias occidentaux relaient abondamment les décapitations, les appels au meurtre et les exactions perpétrés par Daech, le pseudo « Etat islamique ». Pourtant, face à cette barbarie, les populations kurdes, arabes ou yézidis de la région de Rojava, au nord de la Syrie, mettent en oeuvre un autre modèle de société, émancipateur, égalitaire, multiconfessionnel, et très démocratique. Une expérience qui pourrait même servir d’inspiration pour ramener la paix dans la région. En attendant, les Kurdes et leurs voisins combattent pour défendre cette utopie concrète, sans véritable soutien international. Entretien avec des chercheurs et activistes qui en reviennent.

Les raisons d’espérer sont rares en provenance de Syrie. Mais en janvier 2015, le monde découvre, ébahi, les images de femmes kurdes en treillis qui participent à la résistance puis à la libération de la ville syrienne de Kobané. Un mouvement démocratique et anti-patriarcal vient de défaire les forces ultra-réactionnaires de l’État islamique, victorieuses ailleurs. Deux modèles de société radicalement différents se font face. Car le Kurdistan syrien fait l’expérience depuis 2011 d’une révolution démocratique inédite.

Assez vite débarrassé des forces du régime de Bachar el-Assad, le mouvement de libération kurde y a développé une organisation politique basée sur la démocratie directe, l’organisation en communes et la libération des femmes. Malgré la guerre, les attaques de l’État islamique (EI), l’embargo turc, sur fond d’indifférence de la communauté internationale, la région poursuit la mise en pratique de ce confédéralisme démocratique, un modèle de société multiconfessionnelle et multi-ethnique, sans État, pour l’émancipation de tous. Entretien avec Ercan Ayboğa et Michael Knapp, co-auteurs de Revolution in Rojava, ouvrage d’enquête militante sur cette révolution en cours au milieu du chaos syrien.

 

Basta ! : Ce qui se passe depuis 2011 dans la région syrienne de Rojava (au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie), représente-t-il le contre-modèle absolu de la violence de l’État islamique ?

Ercan Ayboğa [1] : L’État islamique représente la ligne la plus réactionnaire qui existe aujourd’hui et en Syrie et au Moyen Orient, plus réactionnaire encore qu’Al-Qaïda, et le pôle le plus opposé au mouvement de Rojava. Il y a d’un côté le modèle de société de Rojava, une démarche démocratique et émancipatrice, et de l’autre, l’EI, extrêmement réactionnaire, hiérarchique, misogyne, absolument anti-démocratique, violent, et qui exploite les populations.

Michael Knapp : Rojava ressemble évidemment à une antithèse de l’EI. Mais c’est beaucoup plus profond. L’EI est aussi l’expression du jeu des forces présentes au Moyen Orient. Rétrospectivement, vu de l’Occident, on peut avoir l’impression que le mouvement de Rojava est né en opposition à l’EI. Mais en fait, c’est plutôt l’EI qui a été renforcé par des puissances comme la Turquie, entre autres pour détruire ce projet de Rojava.

 

Comment le projet démocratique du mouvement kurde s’est-il mis en place en Syrie, malgré la guerre civile ? Un compromis a-t-il dû être passé avec le régime de Bachar el-Assad ?

Michael Knapp : Quand la guerre civile a commencé en Syrie, le mouvement kurde n’a pas voulu s’allier à l’opposition. Il soutenait bien évidemment l’opposition démocratique, celle qui misait sur une sortie de crise politique et pas sur une escalade de la violence. Mais il voyait aussi que les forces d’opposition étaient soutenues par la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar et les pays occidentaux. C’est pour ça que le mouvement kurde a décidé de prendre une troisième voie.

Du point de vue militaire, les forces combattantes d’autodéfense kurdes sont allées encercler les casernes du régime et leur ont dit : soit vous partez, soit on vous combat. Souvent, les soldats du régime se sont retirés relativement pacifiquement, pensant que les forces kurdes n’allaient pas combattre aux côtés de l’Armée syrienne libre. Le régime a donc préféré poster ses soldats ailleurs. Même s’il y a eu des combats autour des puits de pétrole. C’est dans ce vacuum que le modèle de Rojava a pu prendre naissance.

Les membres de la coalition nationale syrienne et de l’armée syrienne libre reprochent parfois aux structures d’auto-organisation de la région de collaborer avec le régime. Mais il faut comprendre que le mouvement kurde suit un principe d’autodéfense légitime et de primat de la politique civile. Cela veut dire qu’aussi longtemps qu’on n’est pas attaqué, il faut tout résoudre politiquement. C’est aussi la politique suivie par la guérilla du Nord-Kurdistan (Kurdistan turc).

 

Comment s’organise maintenant la vie politique dans la région ?

Michael Knapp : C’est complexe et dynamique à la fois. L’organisation s’adapte aux besoins. Les assemblées des conseils sont le moteur de tout. Il y a plusieurs niveaux de conseils : de rue, de quartier, de la ville… Chaque niveau envoie ensuite des représentants dans les structures du niveau supérieur : des conseils de rue aux conseil de quartiers, des conseils de quartiers aux conseils des villes, puis vers les conseils des cantons et jusqu’au conseil populaire de Rojava. Les communautés s’organisent aussi en commissions à ces différentes niveaux, pour la sécurité, l’économie, la justice…

Les commissions forment comme des ministères au niveau de la région. Les conseils sont toujours doubles, avec un conseil mixte et un conseil des femmes. Le conseil des femmes a droit de veto. Et dans tous les conseils mixtes, il y a une règle de parité, un quota de 40 % au moins pour chaque genre, et le principe d’une double direction, élue, avec une femme et un homme. Si dans une ville, il y a une communauté yézidie ou des communautés arabes, par exemple, ils ont aussi droit à une co-présidence dans les conseils. On a donc souvent une présidence de conseil triple voire quadruple.

Parallèlement aux conseils, il existe un parlement, parce qu’il y a encore des gens qui sont membres de partis et qui doivent aussi pouvoir s’organiser et être représentés. Dans ce parlement, il y a les partis, mais une partie des sièges sont réservés à des organisations de la société civile, associations de défense des droits de l’homme, de la communauté yézidie… Malheureusement, il n’a pas encore été possible de tenir des élections au niveau de toute la région pour désigner par le vote les membres de ce Parlement, à cause de la guerre.

 

D’où vient ce modèle de l’auto-organisation et de confédération démocratique ?

Ercan Ayboğa : Des structures d’auto-organisation communalistes sont nées au Nord-Kurdistan, en Turquie, en 2007-2008. Ces expériences se sont ensuite transmises à Rojava à partir de 2011. Le projet de confédération lui-même vient du KCK (Union des communautés du Kurdistan), une branche du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) créée en 2005. L’idée était de démocratiser le mouvement de libération kurde, de s’éloigner d’une structure de parti pour aller vers un mouvement porté par la société toute entière. Le mouvement a profité des héritages historiques comme la Commune de Paris (1871), mais surtout du mouvement zapatiste au Mexique. Avant, le PKK avait une démarche marxiste-léniniste. Le parti a lancé des discussions sur le « confédéralisme » démocratique au début des années 2000.

 

L’écologie joue-t-elle un rôle dans ce mouvement ?

Michael Knapp : L’écologie en est un point central. Pour développer le projet du confédéralisme démocratique, Öcalan (le leader du PKK, emprisonné en Turquie depuis 1999) s’est saisi du principe de l’écologie sociale du militant américain Murray Bookchin. Avec l’idée que le capitalisme est un système qui conduit à la destruction de la planète, et qu’il faut donc construire une économie basée sur une production régionale, écologique et décentralisée.

 

Quelles sont les structures d’émancipation des femmes à Rojava, à côté des conseils de femmes et des brigades féminines des forces d’auto-défense ?

Ercan Ayboğa : Dans chaque ville, il y a une maison des femmes. C’est un centre politique, mais aussi un centre de conseil, avec des séminaires, des cours, du soutien. Il y a aussi de nombreuses coopératives de femmes, des boulangeries, des coopératives textiles, de produits laitiers…

Michael Knapp : Le mouvement de libération des femmes profite aussi aux autres communautés, par exemple aux communautés suryoyes (chrétiens) et arabes. Sur la zone près de la frontière irakienne, il y avait des groupes arabes très conservateurs mais qui sont entrés en conflit avec l’EI et ont demandé aux unités kurdes des les aider à s’en libérer. Du coup, beaucoup se sont joints au mouvement. J’ai vu des unités de formations de ces hommes. Il ne s’agissait pas seulement de savoir-faire militaire, mais aussi de discussions sur les droits des femmes et sur la démocratie directe.

Nous avons aussi rencontré des jeunes femmes des communautés arabes qui ont rallié les forces combattantes d’autodéfense [2]. Elles nous ont dit qu’il y a deux ans, elles ne sortaient pas de leur maison, et maintenant, elles protègent la frontière les armes à la main. Ce modèle de confédéralisme démocratique n’est pas identitaire. C’est pour ça qu’on peut espérer qu’à plus grande échelle, il puisse aussi représenter un modèle de résolution des conflits ailleurs au Moyen Orient.

 

Comment s’organise l’économie ?

Michael Knapp : C’est très difficile notamment à cause de l’embargo imposé par la Turquie. Dans le canton de Jazirah par exemple [La région de Rojava a été découpée en trois cantons : Kobané, Jazirah et Afrin, ndlr] il y a, comme ressources, du pétrole et des céréales. Mais il n’y a pas de raffinerie et presque pas de moulins. Nous avons vu des silos assez pleins pour nourrir toute la Syrie pendant dix ans. Mais les céréales ne peuvent pas être transformés sur place. Une économie collectivisée se développe pourtant, avec des coopératives, qui raffinent, comme elles peuvent, le pétrole, des coopératives agricoles…

Ercan Ayboğa : Les coopératives jouent un rôle toujours plus important à Rojava. Elles sont soutenues par les conseils. Mais l’économie privée est aussi possible, ce n’est pas interdit.

 

Le mouvement reçoit-il des soutiens de l’étranger, du Kurdistan turc, irakien, ou de la communauté internationale ?

Ercan Ayboğa : Il y a quelques médicaments et des outils qui arrivent du Nord-Kurdistan, en Turquie. Mais la Turquie ne laisse passer que peu de choses. Le soutien du Nord-Kurdistan reste néanmoins très important. Les administrations auto-organisées du Nord-Kurdistan soutiennent vraiment Rojava. La ville de Diyarbakir a par exemple envoyé à Kobané des machines de construction, des ingénieurs, un soutien technique. Mais pas officiellement. Sinon, de l’aide arrive d’ailleurs, d’ONG, mais c’est très peu. La communauté internationale dit qu’elle a besoin de l’autorisation du gouvernement syrien pour envoyer de l’aide vers Rojava. Mais les gens à Rojava attendent évidemment plus de soutien international parce qu’ils considèrent qu’ils combattent pour l’ensemble du monde démocratique.

Michael Knapp : Rojava n’a presque pas de moyens financiers, et ne reçoit pas d’aide humanitaire. La communauté internationale dit que le problème, c’est que ce n’est pas un État. Manifestement, aux yeux de la communauté internationale, le système d’auto-organisation de Rojava n’a pas à être soutenu.

 

Pourtant, les forces combattantes kurdes d’autodéfense ont à leur actifs plusieurs succès militaires contre le pseudo État islamique...

Michael Knapp : Dans ces forces d’autodéfense, les gens combattent pour survivre, pour des convictions, et pour un projet de société. Certains ont longtemps combattu au Nord-Kurdistan auparavant. Ils ont déjà beaucoup d’expérience militaire. Mais leur armement est vraiment modeste, en comparaison à celui de l’EI par exemple.

 

Recueilli par Rachel Knaebel

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Le jeune Anonymous arrêté répond par un poème à l’État français

Le jeune Anonymous arrêté répond par un poème à l’État français | Think outside the Box | Scoop.it

Le 8 avril dernier, à 06h00 du matin, un jeune français de 19 ans était arrêté à son domicile. Son crime, être soupçonné d’avoir participé à des attaques informatiques contre des sites institutionnels dans le but de dénoncer la politique d’enfouissement des déchets nucléaires et le meurtre de Rémi Fraisse. Acculé, il nous dévoile sa personnalité cachée derrière le masque à travers un poème rédigé peu après son arrestation.

 

Connu sous le pseudonyme de journaliste liberty ou de Boby sur IRC, administrateur de la chaîne Youtube Anonymous France et auteur de nombreuses vidéos contre Monsanto, TAFTA, le génocide au Congo ou encore le barrage de Sivens, ce jeune garçon risque aujourd’hui 10 ans de prison et/ou 150 000 euros d’amende. Un jugement particulièrement attendu car la privation de liberté du jeune homme symboliserait une fois de plus la dérive sécuritaire observée en France, notamment par la criminalisation des mouvements sociaux alternatifs sur internet.

Hacktiviste dans l’âme (contraction des mots hacker et activiste), il voulait donner un sens positif et engagé à sa vie et à ses actes. Ne pas se limiter aux paroles mais passer à l’action concrète. À ses yeux, à tort ou à raison, quand Anonymous attaque un site internet d’une institution, c’est dans le but de revendiquer une volonté collective de justice écologique et/ou sociale. Alors que tant d’autres hackers bien plus organisés veulent nuire à autrui, voler des informations bancaires ou avoir accès à des données personnelles, eux cherchent à mobiliser et faire réagir les pouvoirs, par exemple, en rendant un site momentanément inaccessible.

Mais derrière le masque de cet Anonymous, que certains tentent d’assimiler grossièrement à de cyber-terroristes, il y a un jeune garçon sortant à peine de l’adolescence, plein de rêves et d’idéaux en tête, amoureux d’écriture et de poésie.

 

L’opération #OpGPII tourne mal

C'’est son implication dans l’#OpGPII contre les Grands Projets Inutiles Imposés (vidéo ci-dessous) qui a motivé son arrestation par 7 agents de la DGSI ainsi que celle d’un autre Anonymous âgé de 40ans et d’une autre personne à Nantes plus tard (source). L’opération d’Anonymous visait plusieurs projets industriels portés par le gouvernement français (Notre-Dame-Des-Landes, Sivens, Roybon, Bure…), largement contestés en raison de leurs déficits démocratiques, de l’utilisation massive de fonds publics, ainsi que pour leurs impacts environnementaux, souvent négligés ou tout simplement ignorés en dépit des rapports de spécialistes.

Mais les accusations contre le jeune garçon portent plus essentiellement sur les attaques informatiques réalisées pour protester contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure. Attaques qui ont touché plusieurs sites de L’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs), ainsi que le conseil général de la Meuse et le conseil régional de la Lorraine en décembre dernier.

La motivation des Anonymous à s’engager sur le sujet de Bure est avant tout citoyenne, à en juger par leurs communiqués et revendications postés avant et aprèq leurs attaques. Ils mettent notamment en avant une initiative citoyenne des habitants meusiens qui demandaient, à travers une pétition en 2006 qui avait réuni près de 60 000 signatures (sortirdunucleaire.org), la réalisation d’un référendum local autour de ce projet. Pétition que Christian Namy (le président du conseil général de la Meuse) avait ignoré à l’époque.

La liberté d’expression sur internet, jusqu’où ?

Les attaques informatiques menées contre ce projet d’enfouissement de déchets nucléaires ont été réalisées sous la forme de DDOS  (Attaque par Déni de Service). Cette attaque consiste à envoyer un grand nombre de requêtes à un serveur internet pour le saturer temporairement (un peu comme une manifestation dans la rue, ou un blocus dans une université). Un moyen d’action relativement « soft » malgré tout réprimé par l’art 323-1 du code pénal.

Plus surprenant, l’Anonymous de 19 ans n’est pas accusé d’avoir réalisé ces attaques mais d’avoir participé à l’organisation de l’opération, fait réprimé par l’art 323-4 du code pénal. En outre, le parquet a retenu la circonstance aggravante car les faits auraient été commis en « bande organisée », ce qui double la peine encourue. Elle se totaliserait donc à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende pour de la « simple » communication sur internet (et réalisation de vidéos). Dès lors une question se pose : les sites qui parlent des opérations d’Anonymous sont-ils sujets à des poursuites ? Par corolaire, doit-on s’auto-censurer en tant qu’utilisateurs, blogueurs et journalistes ?

Le jugement initialement prévu le 9 juin à la cité judiciaire de Nancy a fait l’objet d’un renvoi par l’avocat du jeune anonyme. Pour le moment, la nouvelle date du jugement est inconnue. Le collectif BureStop organisera très probablement une manifestation de soutien devant la cité judiciaire. Nous vous tiendrons informé de toute information relative à cette mobilisation de soutien.

 

Nota :

Le jugement a été reporté au 9 novembre à 9 h à la cité judiciaire de Nancy. À 4 jours près, on manquait une date très symbolique… On s’attend à une forte mobilisation pour défendre le jeune homme.

Fidèle lecteur de Mr Mondialisation, Boby nous a fait livrer deux de ses poèmes qui révèlent son humanité et sa simplicité.

Avec son accord, nous les partageons avec vous.

Jacques Le Bris's insight:

La nuit de l’attente

Dans la nuit de l’attente, qui s’étend sur mes jours,
L’insomnie y enfante, la souffrance au séjour.
Ces minutes, ces semaines, où l’unique pensée,
Est la chute, et la peine, qui seront prononcées.

C’est peut-être la peur, qui effrite mon âme,
Cette crainte qu’en ma fleur, mes pétales ne se fanent.
Est-ce déjà le moment, de libérer mes graines,
Si prématurément, pour que d’autres les reprennent.

Qu’ils attisent ce combat, de garder allumé,
En chacun de nos pas, le flambeau des idées;
Pour éclairer nos ombres, d’où s’élèvent ces grands rois,
Tyrans de la pénombre, qui éteignent notre voix.

Oui, gardons le courage, même si quand on l’éclaire,
Le tyran met en cage, il faut voir la lumière.
Celle qui brille en chacun, à travers les barreaux,
Pour qu’envers son prochain, on ne soit un bourreau.

 

Je m’efface en l’attente

Sensation si étrange, je me vois disparaître,
Invisible comme l’ange, sans sa joie, sans mon être.
Il n’y a plus la vie, on m’enlève mon combat,
Le futur s’assombrit, oui je crève loin de moi.

Et l’on a pris mes armes, dois-je attendre jugement,
Qui condamnera l’âme, à s’éteindre pour longtemps ?
Restera-t-il des braises, en dessous de mes cendres,
C’est au bord des falaises, que l’on ose se descendre.

Car ici c’est l’argent, qui est roi des justices,
Je ne chante plus ce chant, qui attise les supplices;
Sur ces autres qu’on ignore, comme chacun d’entre nous,
Nous n’avons qu’un seul tort, celui d’être à genoux.

Consommant son prochain, se consume en nous même,
L’espérance d’un destin, sans l’enclume des peines.
Marteau de l’ignorance, vient enfoncer le clou,
De nos fausses connaissances, qui nous rendent aussi fous.

Fous de croire que l’on est, plus important que lui,
Lui qui marche à côté, que l’on croise dans la nuit.
Nuit qui gagne nos cœurs, sur l’ardoise de nos vies,
Où s’efface l’ardeur, d’y laisser notre écrit.

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L’État islamique assure être en mesure d’acquérir l’arme nucléaire

L’État islamique assure être en mesure d’acquérir l’arme nucléaire | Think outside the Box | Scoop.it

L’État islamique serait-il en mesure d’acquérir l’arme nucléaire ? C’est en tout cas ce qu’il assure dans Dabiq, l’un de ses magazines de propagande. Libération, qui relaye l’information, explique que la personne désignée comme étant l’auteur de l’article, l’otage britannique John Cantlie, reconnaît que le scénario est « tiré par les cheveux » mais qu’il est « infiniment plus possible aujourd’hui qu’il ne l’était il y a tout juste un an ».

 

« L’État islamique a des milliards de dollars dans ses caisses donc il peut appeler ses filières au Pakistan pour acheter une bombe nucléaire grâce à des revendeurs liés à des officiels corrompus de la région. Et s’il ne s’agit pas d’une bombe, pourquoi pas quelques milliers de tonnes d’explosifs au nitrate d’ammonium ? C’est assez simple à fabriquer », écrit l’auteur de l’article.

 

Les différents médias qui ont relayé cette information soulignent que Daech aurait énormément de mal à mettre son projet à exécution. Conflict-News considère même ses chances comme « ridiculement basses ». Selon Joe Cirincione, un spécialiste du nucléaire, auteur d’une tribune dans pour le Huffington Post, le risque n’est toutefois pas nul et il est nécessaire de renforcer la protection des sites nucléaires.

 

L’auteur supposé de cet article, John Cantlie, est l’un des plus anciens otages de l’État islamique. Journaliste, il est apparu dans plusieurs vidéos et « reportages », a priori contraint et forcé, pour le compte de l’organisation terroriste.

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La Poste suisse teste l'envoi de paquets par drones

La Poste suisse teste l'envoi de paquets par drones | Think outside the Box | Scoop.it
La Poste suisse s’est associée au fabricant californien de drones Matternet et à Swiss World Cargo pour développer la livraison par drones
 
D'abord destiné aux situations d'urgence, le service pourrait être élargi d'ici cinq ans.

D’abord le train, ensuite la calèche, puis la voiture, le bateau ou la luge, et demain les drones ?

Depuis le printemps dernier, La Poste suisse s’est associée au fabricant de drones Matternet et à Swiss World Cargo, la branche de fret aérien de la compagnie nationale Swiss International Air Line, pour tester la livraison par drones.

Des vols d'essai ont récemment eu lieu dans le canton de Berne, et d'ici cinq ans, les premiers « coursiers volants » pourraient voir le jour. «  Différentes conditions préalables doivent d’abord être clarifiées, notamment en ce qui concerne le cadre juridique ou les possibilités techniques », précise La Poste. Actuellement, un utilisateur de drone doit pouvoir garder à tout moment un contact visuel avec son appareil, ce qui serait rendu compliqué dans le cas d’une utilisation commerciale de l’objet. Autre défi : la coexistence avec les avions. Les drones doivent en effet rester à bonne distance des aéroports : un périmètre de 5 kilomètres a été défini. Un cadre juridique spécifique aux drones commerciaux est donc indispensable à leur développement. Surtout, il faut encore étudier l’autonomie des batteries des appareils, encore relativement faibles. Pour l’heure, la Suisse envisage donc d’utiliser ses drones dans des situations bien spécifiques : pour approvisionner des zones reculées et difficiles d’accès, pour acheminer des marchandises dans des endroits sinistrés, ou encore pour transporter des échantillons de tests ou d’autres contenus fragiles.

 

Le postier ne disparaîtra pas

Le modèle utilisé, un Matternet One, pèse 3 kilos mais pourra transporter une charge de un kilo (soit 75 % des colis, selon l’entreprise) sur une distance de 10 km, sans nécessité de recharger la batterie. Non téléguidé, il suivra un itinéraire programmé et sécurisé en amont du vol par Matternet. Pour la société californienne, c’est aussi le moyen de faire voler ses drones en Europe pour la première fois. L’entreprise avait déjà expérimenté ses appareils en Haïti, pour y acheminer des médicaments.



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Energie solaire : mais pourquoi EDF et l’Etat laissent-ils tomber une invention prometteuse ?

Energie solaire : mais pourquoi EDF et l’Etat laissent-ils tomber une invention prometteuse ? | Think outside the Box | Scoop.it

C’est une innovation prometteuse : équiper les fenêtres des bâtiments d’un filtre photovoltaïque aux allures de vitres fumées, qui permet de produire de l’électricité. De quoi rendre les bâtiments plus autonomes et favoriser l’essor des énergies renouvelables. Problème : EDF a décidé de cesser l’activité de sa filiale, Nexcis, qui a mis au point le procédé. Abasourdis par la décision, les salariés, menacés par un plan social, proposent de reprendre l’entreprise, avec le soutien de syndicats. Mais dans l’indifférence, pour l’instant, du gouvernement.

L’été s’annonce long et angoissant pour les 77 salariés de Nexcis, une filiale d’EDF spécialisée dans la recherche en énergie photovoltaïque, implantée près d’Aix-en-Provence. Ils sont menacés de licenciements après qu’EDF a annoncé la liquidation de la société. Une annonce d’autant plus surprenante que les ingénieurs et techniciens de Nexcis ont mis au point un procédé digne d’intérêt : de minces panneaux photovoltaïques intégrés dans le double vitrage des bâtiments, maisons comme immeubles. Ces fenêtres appelées BIPV (pour « Building integrated photovoltaïc ») permettent à la fois de moduler la luminosité et de produire l’électricité.

« Des ouvrages avec des vitres orientées à l’est, à l’ouest et au sud pourraient être autosuffisants en énergie le jour », assure Bertrand Bertrand, responsable design et fiabilité de la filiale. « Nexcis a développé une technologie très prometteuse avec des rendements très satisfaisants », confirme un observateur extérieur, Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (ENR). La technologie BIPV a été finalisée en novembre 2014. Pour ses recherches, Nexcis, lancée conjointement en 2009 par EDF et l’Institut de recherche et développement pour l’énergie photovoltaïque (Irdep) [1] a bénéficié d’un investissement de 75 millions d’euros, dont un tiers d’aides publiques. 17 brevets ont été déposés. L’invention n’attend plus qu’à être commercialisée, avec la perspective d’améliorer la sobriété et l’autonomie énergétique des bâtiments qui en seront équipés.

 

« Quand EDF nous a annoncé la fin, nous n’avions rien vu venir »

La direction d’EDF en a décidé autrement, en annonçant en février dernier la cessation d’activités de la filiale et un « plan de sauvegarde de l’emploi ». Les salariés en ont été les premiers surpris. « Nous étions tranquillement en train de travailler à ces recherches. Pas d’ouvriers, pas de culture syndicale, et quand EDF nous a annoncé la fin, nous n’avions rien vu venir », confie Stephan Dainotti, représentant du personnel qui s’est depuis syndiqué à la CGT quand il s’est aperçu que « la CFDT signait tout, tout de suite ».

Pourquoi risquer de ruiner ainsi six années de fructueuses innovations ? Le mystère demeure. « Jean-Bernard Lévy [le nouveau PDG d’EDF] est arrivé en octobre dernier. Il est là pour rendre EDF le plus rentable possible. Nexcis étant un centre de recherche avec un coût, il coupe la branche », avance le représentant syndical. D’autant que l’invention, si elle est mise en œuvre à grande échelle, pourrait contribuer à réduire la consommation d’électricité produite par EDF et, à terme, entraver ses bénéfices. On sait le peu de cas que l’électricien réserve, pour l’instant, au développement des énergies renouvelables : elles ne pèsent que 0,1% de sa production d’électricité en France (hors barrages qui pèsent 9,8%, le nucléaire représentant 88%, voir notre document sur le sujet). Ce qui n’a pas empêché l’entreprise publique a être choisie par le gouvernement comme sponsor de la conférence sur le climat, fin 2015 à Paris.

 

« Pépite technologique »

Pour Stephan Dainotti, les actionnaires de Nexcis, au premier rang desquels EDF, « se sont dit qu’il y avait quelque chose à tirer de ces recherches, qu’il fallait juste mettre les brevets au chaud pour les récupérer plus tard » [2]. Et les revendre à bon prix, sans s’embarrasser de 77 salariés. Cette hypothèse s’appuie sur le sort réservé par EDF au rapport demandé à la banque Rothschild. Entre mai et novembre 2014, la banque est mandatée par EDF pour trouver de nouveaux investisseurs potentiels à Nexcis. Selon, Stephan Dainotti, si la banque n’a pas identifié de nouveaux partenaires, elle a conseillé à EDF de préserver sa filiale. « Au regard des premiers résultats sur le BIPV tombés mi-novembre, la banque a malgré tout défendu le scénario d’une poursuite de l’activité de Nexcis sur deux ou trois ans pour tenter d’exploiter au mieux cette pépite technologique », commente le syndicaliste.

EDF en a décidé autrement, peut-être aussi à cause de la rude concurrence sur le marché du photovoltaïque, déstabilisé par l’arrivée d’entreprises chinoises. Egalement à cause des aléas du soutien public à la filière. « Je n’ai pas suffisamment d’éléments pour analyser les raisons du lâchage de Nexcis par EDF, prévient le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jean-Louis Bal. Mais je peux dire que l’état actuel du développement de la filière photovoltaïque en France, très dépendante d’appels d’offres toujours repoussés, ne favorise pas l’investissement industriel. L’extrême irrégularité du marché crée une situation difficile, y compris pour des entreprises françaises telles que Photowatt [reprise en 2012 par EDF], Voltec Solar ou Fonroche. »

 

Projet de reprise par des salariés

En avril, treize chercheurs du CNRS, spécialisés dans le photovoltaïque, appelaient à « sortir Nexcis de la vallée de la mort » et à « explorer, avant qu’il ne soit trop tard, toutes les solutions susceptibles de préserver les acquis uniques portés par Nexcis dans le domaine du photovoltaïque en France ». (à lire sur Mediapart). Contactée, la direction d’EDF n’a pas souhaité commenter sa décision. Le nouveau directeur général de Nexcis, Michel Rubino, nommé en avril à la place de son prédécesseur, en congé maladie depuis le mois de mars, attend, lui, que des repreneurs se manifestent.

Car l’histoire de Nexcis et de son procédé n’est pas terminée. Trois dossiers de reprise devraient être déposés d’ici le 15 juillet, dont un porté par des salariés. Une quarantaine d’entre eux se sont associés à une start-up de sept personnes, créée en 2011 et installée à Gardanne, Crosslux. La TPE a développé une technique qui ajoute de la valeur esthétique au vitrage en lui conférant un aspect vitre fumée. Utilisant la technologie CIGS (pour « cuivre indium gallium et sélénium ») d’élaboration de cellules photovoltaïques en couche mince, ce procédé est considéré comme performant d’un point de vue économique et énergétique par la plupart des acteurs du secteur. « Nexcis a un produit mais pas de marché. Crosslux a un marché mais pas encore de produit », résume Pierre Yves Thoulon, directeur technique de la petite entreprise, pour expliquer leur projet de « mariage ». Deux entreprises du bâtiment, Bouygues Construction et TCE Solar, une entreprise de BTP spécialisée dans les bâtiments à « énergie positive », seraient intéressées. A terme, la nouvelle activité pourrait créer 150 à 200 emplois.

 

Le gouvernement aux abonnés absents

Des soutiens politiques commencent à se manifester. Des élus locaux du Front de gauche, l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, ou la maire d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains (UMP), sont intervenues (une pétition de soutien a été lancée mi avril). Mais le soutien de l’Etat, propriétaire à 84% d’EDF, se fait attendre. « Dans cette affaire, il ne joue pas son rôle et cet abandon nous désole, commente Laurent Langlard, porte-parole de la Fédération mines et énergies de la CGT, qui défend la mise en place de vraies filières industrielles sur les énergies renouvelables. »

Les salariés de Nexcis ont été reçus fin mars par Elisabeth Borne, alors directrice de cabinet de Ségolène Royal [3] : « Ils nous ont écoutés, nous ont dit qu’ils nous comprenaient, mais on attend toujours leur retour », relate, dépité, un salarié de Nexcis. « On soutient leur projet de reprise à 200%, d’autant que potentiellement il devrait créer de l’emploi. Alors que l’Etat parle beaucoup de transition énergétique, ce choix de lâcher Nexcis le renvoie à ses propres contradictions ! », s’agace Gilbert Benhamou, de la CGT des Bouches-du- Rhône. Le silence va-t-il se rompre ? « On attend la loi sur la transition énergétique censée donner plus de visibilité aux énergies renouvelables et notamment au photovoltaïque, souligne Jean-Louis Bal. Le gouvernement sera contraint d’y allouer des moyens, filière par filière. On verra alors quelle est la réelle volonté de l’Etat. En attendant, la fermeture de Nexcis par EDF est bien révélatrice d’une contradiction majeure de l’Etat. » Une de plus en matière de créations d’emplois associée à l’enjeu de la transition énergétique.

Emmanuel Riondé

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Combat Monsanto - Pour que le monde de Monsanto ne devienne jamais le nôtre

Combat Monsanto - Pour que le monde de Monsanto ne devienne jamais le nôtre | Think outside the Box | Scoop.it

Une enquête inédite sur le blog Imposteurs.org et ses auteurs anonymes, Anton Suwalki et Wackes Seppi, qui depuis 2007 dénigrent méthodiquement journalistes, lanceurs d’alertes, et autres « ayatollah de l’écologisme », au point de porter atteinte à l’ e-réputation de ses cibles sur le web.

 

En vitrine, le site Imposteurs.org et ses deux auteurs, ayant pour pseudo Anton Suwalki et Wackes Seppi, aiment se voir comme les gardiens de la « Science, contre tous les charlatanismes et toutes les impostures ». Pourtant, sous la plume de ses rédacteurs anonymes, la page web est devenue une référence en matière de diatribe contre les « anti-OGM » et «  le lobby bio », dont les porte-paroles sont systématiquement associés aux « pires des obscurantistes », tous ces «  ayatollah de l’écologisme » et autres « fous du bio  ». Des termes qui rappellent les attaques récentes de Xavier Beulin, patron du syndicat agricole FNSEA, contre les « djihadistes verts ».

Dès son lancement, la ligne éditoriale de nos blogueurs est claire et assumée : dénoncer le «  génie de la com » des « Anti-OGM » et s’en prendre à la crédibilité de «  scientifiques de renom engagés contre les cultures d’OGM », tel Jacques Testart, Gilles-Eric Séralini, Vandana Shiva... Maître de conférence en génétique moléculaire, et grand pédagogue sur la vulgarisation des biotechnologies, Christian Vélot fait l’objet d’un acharnement tout particulier. Érigé en «  porte-parole de l’obscurantisme », Anton Suwalki brocarde son «  éthique de toc du lanceur d’alerte » et décerne régulièrement le prix du «  Vélot d’or » à tous ceux dont les propos auraient tendance à critiquer la science sauce industrielle. En novembre 2010, un nouvel acolyte anonyme, Wackes Seppi, présenté comme « un ingénieur agronome à la retraite » et « contributeur de blogs » rejoint Imposteurs.org, inclinant un peu plus encore la ligne éditoriale dans un anti-écologisme outrancier.

 

Les deux portes-flingues aiment aussi tirer sur tous ces «  journalistes militants » qui « pérorent » et viennent « alimenter le fond de commerce des prêcheurs d’apocalypse », accusés de tartuferies «  écolo bobo ». Leurs cibles préférées ? Marie-Monique Robin, qui est devenue leur bête noire depuis Le Monde selon Monsanto, prise à partie jusque sur ses pages personnelles par les blogueurs. Plus récemment, Paul Moreira (Premières Lignes Télévision) a fait l’objet d’un article injurieux après la diffusion de son documentaire OGM, bientôt dans nos assiettes en septembre 2014. La traque se poursuit jusque dans les pages de Sciences & Avenir accusé de « propagande pour le bio » ou contre Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde qui servirait du « militantisme en guise d’information ».

 

De l’artisanat à l’opération de propagande

Si lors de son lancement en 2007, le site relevait d’une entreprise artisanale dont les saillies laissaient de marbre les personnes ciblées, au fil des années il a pris une tournure plus inquiétante. A force d’acharnement répété dans de nombreux articles, ce blog en arrive à porter préjudice à l’«  e-réputation » de lanceurs d’alerte et de journalistes qui s’inquiètent désormais de cette nuisance.

En effet, une mauvaise réputation en ligne peut constituer une atteinte grave à la crédibilité d’une personne en déstabilisant son « image publique ». Plus prosaïquement, par divers stratagèmes informatiques de référencement, comme la dissémination d’hyperliens, les articles d’Imposteurs.org parviennent à se hisser parmi les premiers du classement des moteurs de recherche sur des requêtes concernant des lanceurs d’alertes, orientant ainsi prioritairement le lecteur vers des contenus dénigrants.

En 2011, une étape est franchie quand le site d’information en ligne Contrepoints.org, d’obédience néolibérale et libertarienne (façon Tea Party américain), invite nos deux blogueurs à s’épancher dans ses colonnes. Nouvelle maquette et audience élargie, mais dans la ligne rien ne change : on retrouve les mêmes attaques ad-hominem ! Tel un «  site miroir », tous les articles d’Imposteurs.org seront publiés en double sur le site de Contrepoints, une technique qui permet notamment de multiplier les sources et de contourner la censure.

 

Wikipédia, l’encyclopédie du greenwashing ?

Enfin, la dernière étape pour porter atteinte à l’e-réputation consiste à altérer les biographies de personnalités sur l’encyclopédie participative Wikipédia, en usant de ces blogs comme autant de « sources d’informations » reprise dans la fiche. Le procédé est redoutable car il transforme une simple note de blog, anecdotique et biaisée, en vérité encyclopédique à laquelle le grand public s’arrêtera s’il ne prend pas soin d’analyser la source indiquée.

Karg Sé, un autre « ingénieur agronome-halieutique » anonyme et habitué des blogs écolophobes comme alerte-environnement.fr, où il échange régulièrement avec Wackes Seppi et Anton Suwalki, s’est fait une spécialité des « guerres d’édition » sur les sujets touchant à l’écologie sur Wikipédia. Se vantant de «  faire la chasse aux perturbateurs endocriniens », Karg encourage ses camarades à « être présent sur Wikipedia, très utilisé par les élèves et les étudiants, et très important pour contrer la propagande médiatique », comprendre les alertes environnementales. Sur l’encyclopédie, il source régulièrement ses propos à partir du blog Imposteurs.org. Il se trouve que cette personne, de son vrai nom Alexandre Cessateur, est passé chez Monsanto et Syngenta entre 2009 et 2010 pour des petits boulots, désormais reconverti dans le charbon...

Mais comment donc, une poignée d’auteurs, couverts par l’anonymat, ont-ils réussi à monter durant sept longues années une telle campagne de dénigrement utilisant des techniques modernes de communication virale ?

 

L’imposture démasquée

Intéressons nous d’abord à l’initiateur du blog, le ci-nommé Anton Suwalki. Plusieurs des premiers posts de son blog font référence aux écrits de l’Association Française pour une Information Scientifique (AFIS), dont la publicité pour un «  hors-série OGM » de Sciences et pseudo-sciences, la revue de l’association. La liste des contributeurs de ce numéro compte entre autres, les chercheurs en biotechnlogie Marcel Kuntz et Louis Marie Houdebine, administrateurs de l’AFIS, ainsi que le lobbyiste, spécialiste en e-réputation et communication virale, Jean-Paul Oury, également rédacteur de tribunes pro-OGM avec ses camarades pour Contrepoints, Atlantico et l’Opinion en 2015.

Si l’AFIS semblait vouloir garder une distance sanitaire avec les propos d’Imposteurs.org, le site a bien été lancé par un membre de cette association. En effet, Anton Suwalki n’est autre que Stéphane Adrover qui occupa un siège au Conseil d’administration de l’association de 2008, soit un an après lancement de son blog, jusqu’en 2012.

Poursuivons nos révélations avec le cas du second comparse, le sulfureux Wackes Seppi, signifiant « Joseph le garnement » en alsacien, est sous son masque un fonctionnaire onusien retraité du nom de André Heitz, comme nous l’indique l’URL d’une fiche de l’Agence Science Presse (Canada). On le retrouve par ailleurs sur le même site dans un trilogue avec Anton Suwalki et Marcel Kuntz, ex-président de l’AFIS, échangeant sur «  l’absence de problème sanitaire lié à la consommation à long terme de nourriture dérivée d’OGM. ».

M. Heitz a fait la plupart de sa carrière (1975-2000) au sein de l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV), une organisation intergouvernementale, sous contrôle de l’ONU, qui a été fondée en 1961 pour coordonner la mise en œuvre au niveau international des droits de propriétés intellectuels des obtenteurs végétaux et des grands semenciers. Après la révision de 1991 dont Heitz a été l’un des acteur comme directeur-conseil de l’agence, l’UPOV se donne notamment pour mission «  d’examiner diverses possibilités de protection juridique des innovations dans les domaines du génie génétique et de la biotechnologie » au moment où les premières plantes génétiquement modifiées, et brevetés à ce titre, apparaissent sur le marché vers 1996.

Après une carrière saluée par ses pairs, il devient directeur de coordination du nouveau bureau de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle à Bruxelles en 2004. Sa mission est détaillée dans une feuille de route de l’OMPI : « renforcer ses contacts et ses liens de réseau avec la communauté internationale de la propriété intellectuelle,[...], les grandes entreprises et les ONG [...] en ciblant les principaux décideurs du secteur public et du secteur privé, les personnalités influentes et les commentateurs, ainsi que le grand public. » Bref, un travail de relations publiques à la hauteur des stratégies mises en place par les cabinets de lobbying qui pullulent à Bruxelles et qui prendra fin en 2010 avec son départ en retraite.

Par la profusion des échanges avec d’autres auteurs évoqués ici, et l’usage prolixe d’une langue verte et d’un verbe fleuri d’OGM, la figure de Wackes Seppi s’est propulsée au rang de personnage emblématique de cette galaxie d’amateurs de l’ « écolo-bashing » et pourfendeurs des «  obscurantistes anti-progrès ». Point n’est ici question d’un « grand complot », mais bien de l’œuvre d’une poignée de militants pro-biotechnologie, petites mains du lobby OGM, qui ont séquestré le rationalisme et la parole scientifique contre tous les lanceurs d’alerte.

 

Riposte juridique

«  Les chiens aboient, la caravane passe » dit un proverbe arabe. Longtemps ignorés par les personnes qu’ils ciblaient, ne souhaitant pas leur offrir le luxe d’une publicité à bon compte, Stéphane Adrover et André Heitz ont pu continuer sans entrave leur travail d’atteinte à la réputation de lanceurs d’alerte et de journalistes pendant toutes ces années.

La situation vient pourtant de changer avec le dépôt successif de deux plaintes en diffamation ces derniers mois. En septembre 2014, le généticien Christian Vélot déposait une plainte contre « Anton Suwalki » et le site Contrepoints.org pour un article intitulé « Faucheurs de porte-vigne transgéniques de Colmar : Christian Vélot, porte-parole de l’obscurantisme » depuis retiré du site libéral.

Le journaliste et réalisateur de documentaire Paul Moreira a lui aussi déposé en janvier 2015 une plainte contre X pour diffamation contre Imposteurs.org suite à un billet attaquant violemment son reportage OGM, bientôt dans vos assiettes (Canal +, sept 2014). Rédigé par Wackes Seppi, également visé par la plainte, le titre du post était « Patrick Moore dit de Paul Moreira : "un c... fini" », démontrant s’il en était encore besoin la ligne éditoriale insultante de ce blog.

 

Source : Cette enquête de Benjamin Sourice a été publiée initialement sur son blog Médiapart le 13 mai 2015. Elle est republiée par Combat Monsanto ce 6 juillet 2015.

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Europe Wins

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Tsipras and Syriza have won big in the referendum, strengthening their hand for whatever comes next. But they’re not the only winners: I would argue that Europe, and the European idea, just won big — at least in the sense of dodging a bullet.

I know that’s not how most people see it. But think of it this way: we have just witnessed Greece stand up to a truly vile campaign of bullying and intimidation, an attempt to scare the Greek public, not just into accepting creditor demands, but into getting rid of their government. It was a shameful moment in modern European history, and would have set a truly ugly precedent if it had succeeded.

 

But it didn’t. You don’t have to love Syriza, or believe that they know what they’re doing — it’s not clear that they do, although the troika has been even worse — to believe that European institutions have just been saved from their own worst instincts. If Greece had been forced into line by financial fear mongering, Europe would have sinned in a way that would sully its reputation for generations. Instead, it’s something we can, perhaps, eventually regard as an aberration.

And if Greece ends up exiting the euro? There’s actually a pretty good case for Grexit now — and in any case, democracy matters more than any currency arrangement.

 

Paul Krugman

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L'origine du désordre

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Toutes les sociétés humaines se sont interrogées sur la dette et ses détenteurs : nature, cosmos, ancêtres, dieux, démons, esprits.... Au cours des siècles, les créanciers ont pris figure humaine. Nous sommes à un moment de la civilisation où nous sommes confrontés à un narcissisme qui a toutes les caractéristiques du totalitarisme. Il est temps de revenir à l'origine du désordre, non pour l'exorciser mais pour le célébrer !

 

http://artofrandom.jimdo.com/

 

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Blog gaulliste libre: Krugman et Stiglitz votent non au plan irresponsable de la troïka

Blog gaulliste libre: Krugman et Stiglitz votent non au plan irresponsable de la troïka | Think outside the Box | Scoop.it

Les créanciers sont les irresponsables !
Quand un tel jugement est porté par deux prix Nobel d’économie* récents et modérés, cela doit amener à questionner l’histoire racontée par les euro austéritaires. Paul Krugman pense qu’il vaut mieux que la Grèce quitte l’euro plutôt que de continuer les politiques d’austérité entamées il y a 5 ans. Pour lui, « la dévaluation ne pourrait pas créer beaucoup plus de chaos que ce qui existe déjà et permettrait une éventuelle reprise, comme cela a eu souvent lieu dans bien des endroits », notant que l’histoire ne plaide pas pour un maintien dans la zone euro. Pour lui, « la troïka a sciemment fait à Tsipras une offre qu’il ne pouvait pas accepter. L’ultimatum était en fait un pas pour remplacer le gouvernement ».
Une condamnation sans appel de l’UE

Il se demande « pourquoi les dirigeants de l’UE résistent au référendum et refusent même d’étendre de quelques jours le délai du 30 juin pour le paiement au FMI. L’Europe n’est-elle un projet démocratique ? ». Cruel, il poursuit en soulignant que l’euro « n’a jamais été un projet très démocratique ». Franchissant un cap sur l’euro, il note que les Suédois « ont compris que le chômage monterait si la politique monétaire du pays était fixée par une banque centrale ne se préoccupant que d’inflation (et qu’il y aurait également une attention insuffisante sur la stabilité financière ». Joseph Stiglitz dénonce des comportements qui sont « l’antithèse de la démocratie », avant de conclure contre le « oui ».

Ce énième chapitre de la crise Grecque entamée il y a plus de cinq ans, démontre que cette construction monétaire est tellement dysfonctionnelle que cinq longues années de souffrance d’un pays et des milliards ne permettent pas d’en sortir. Ce faisant, cela pousse des économistes respectés et honorés à devenir de plus en plus critiques sur cette monnaie unique et la forme actuelle du projet européen. Dans son dernier livre, Paul Krugman avait été très critique sur l’euro, mais sans aller jusqu’à recommander d’en sortir, pas qu’il franchit aujourd’hui. Et Joseph Stiglitz tient également des propos de plus en plus dur à l’égard de l’UE, en soulignant notamment son caractère profondément antidémocratique.
Ce qui est intéressant ici, c’est qu’avec le soutien de ces deux prix Nobel d’économie*, cela montre que le camp de la raison est du côté du « non » pour le référendum de dimanche en Grèce. Le plan proposé par la troïka est aussi déraisonnable qu’irresponsable et il faut le refuser.
* : prix de la banque royale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel, seul « prix Nobel » qui ne vient pas du testament de ce dernier, mais qui est décerné selon les mêmes règles
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Ludwik Leibler sera-t-il l’inventeur de l’année ?

Ludwik Leibler sera-t-il l’inventeur de l’année ? | Think outside the Box | Scoop.it

Le physico-chimiste Ludwik Leibler est nommé pour le Prix de l’inventeur européen dont le palmarès doit être dévoilé jeudi 11 juin. En 2013, ce spécialiste des matériaux inédits­ nous avait parlé de ses recherches, alors qu’il venait de recevoir la médaille de l’innovation du CNRS.

 

(Ce témoignage de Ludwik Leibler est paru dans CNRS Le journal, n° 273, juillet-août 2013.)


« L’industrie peut être une source d’inspiration pour la recherche académique en orientant vers des questions scientifiques encore inexplorées. En essayant, par exemple, d’améliorer la résistance au choc des matériaux transparents, nous avons découvert un nouveau principe de la structuration, à l’échelle ­nanométrique, des polymères, des macromolécules formées à partir de l’enchaînement d’un motif simple comme les plastiques, résines et caoutchoucs. Inversement, de nouveaux concepts fondamentaux peuvent être source d’espoir pour une rupture technologique. C’est ainsi qu’avec François Tournilhac, directeur de recher­che au labo­ratoire Matière molle et chimie1, nous nous sommes mis au défi d’employer la chimie supramoléculaire, qui utilise les interactions entre les molécules plutôt que leurs liens chimiques per­manents, pour concevoir des matériaux aux propriétés inédites. L’idée, au départ, a fait sourire les industriels, car la chimie supra­moléculaire ne permettait de produire jusqu’alors que quelques grammes de matière.

 

Un caoutchouc qui s’auto-répare

En partenariat avec le groupe Arkema, nous avons ainsi conçu un caoutchouc capable de s’auto-­réparer une fois endommagé. Grâce à la chimie supramoléculaire, les associations intermolé­culaires rompues se reforment spontanément. La synthèse de ce caoutchouc est plutôt simple, et ses ingrédients, des acides gras et des résines époxy, sont disponibles, ce qui permet d’envisager une production industrielle si le marché des ­matériaux auto-réparants se développe.

Ce matériau, appelé vitrimère, est façonnable à chaud comme le verre.
C. FRESILLON/ESPCI/CNRS PHOTOTHEQUE

Nous avons aussi mis au point une nouvelle classe de matériaux insolubles et façonnables comme le verre : le vitrimère. Constitué d’un réseau moléculaire capable, sous l’action de la chaleur, de se réorganiser sans changer le nombre de liaisons entre les atomes, ce matériau inédit passe progressivement, comme le verre, de l’état liquide à l’état solide, et inversement. Il reste léger et incassable comme le plastique. La chimie mise en œuvre et les principes physiques sous-jacents paraissent très simples. La simplicité nous tient à cœur, car une inno­vation est d’autant plus séduisante qu’elle s’exprime et se réalise simplement. Elle montre aussi que nous sommes arrivés à un niveau de compréhension élevé de la matière, que nous en avons compris les règles essentielles.

 

Valoriser la liberté de créer

Le CNRS offre la possibilité réelle d’être libre dans ses recherches et de prendre des risques. C’est ce qui favo­rise, au sein d’une équipe de chercheurs, initiative et créativité. La recherche industrielle, souvent très pragmatique, permet paradoxalement la rencontre de différentes disciplines – physique, chimie ou mécanique. La création, en 1996, d’un laboratoire mixte de recherche CNRS-Elf-Atochem dans le domaine des polymères a permis d’avoir une ­approche scientifique globale dans le cadre d’une démarche qui n’était pas très courante à l’époque.

Le laboratoire Matière molle et chimie, qui a succédé à cette unité mixte en 2004, conserve la même dynamique. Les sept chercheurs permanents entourés d’une vingtaine de thésards et post-docs forment une équipe véritablement pluridisciplinaire et mettent ainsi leur créativité au service d’une recherche fondamentale ambitieuse, ouverte aux applications permettant de faire des découvertes innovantes. La médaille de l’innovation du CNRS est pour moi une reconnaissance du caractère ori­ginal de nos travaux et récompense la liberté de création que nous avons toujours tenu à conserver. Une liberté qui nous permet de précéder les modes, plutôt que de les suivre. »

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La troisième révolution industrielle donnera du travail à tous !

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[Rencontres économiques d'Aix] Pour le prospectiviste américain Jérémy Rifkin, la troisième révolution industrielle, qui va aboutir à la constitution d'un véritable « Internet de l'énergie », nécessitera la création de nombreux emplois pendant plusieurs dizaines d'années. Aussi bien pour les salariés non qualifiés que fortement diplômés.

 

À condition de ne pas manquer la troisième révolution industrielle, la question de l'emploi n'en est plus vraiment une aujourd'hui. Transformer les bâtiments pour les mettre aux nouvelles normes énergétiques, constituer des réseaux électriques intelligents, revoir nos réseaux de transport... voilà qui va donner du travail, pour trente-cinq ans au moins, à de nombreux salariés. La relance de la construction, notamment, constitue la clé de l'emploi. Pour des travailleurs non qualifiés comme qualifiés : cela va des simples ouvriers aux architectes en passant par les techniciens...

Chaque immeuble aux nouvelles normes devra être à « énergie positive », autrement dit, producteur d'électricité. La question du contrôle des flux d'énergie au niveau de chacun d'entre eux devient donc cruciale. Cela va induire de profonds changements dans les réseaux électriques. Ils avaient été conçus comme extrêmement centralisés, avec de grosses installations nucléaires fournissant toute une région. Ils vont devoir être repensés, pour connecter une multitude de producteurs d'électricité, sur un mode décentralisé. En France, EDF et GRDF (réseaux) commencent à en prendre conscience. Pour l'État français c'est une vraie révolution. L'État jacobin doit faire sa mue, il doit en finir avec la centralisation de l'action publique. C'est vrai tout aussi bien pour les réseaux électriques que pour ceux de transport, qui doivent être totalement revus et modernisés, dans une optique de réseaux numériques et intelligents. Les Allemands, qui ont beaucoup plus que les Français une culture de la décentralisation, ont déjà entamé cette troisième révolution industrielle, qui joue sur les synergies entre énergies renouvelables et Internet, constituant un « Internet de l'énergie ».

Les Français pas encore. Ségolène Royal, que j'ai rencontrée, pour lui remettre le rapport qu'elle m'avait commandé - et que j'ai corédigé avec Corinne Lepage - sur cette troisième révolution industrielle, en comprend les enjeux. François Hollande, aussi. Mais, à ce stade, nous n'en sommes qu'aux mots.

Comment financer cette révolution ? Les besoins sont immenses. Mais les investissements, au niveau européen, sont chaque année très importants. Même en période de récession. Il s'agit de les réorienter. À cette condition, la question de l'emploi pourra être résolue, et toutes les théories actuelles sur la polarisation du marché du travail et la disparition de la classe moyenne n'auront plus aucune valeur : il y aura du travail pour tout le monde, largement !

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Un ouvrier tué par un robot dans une usine de Volkswagen

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La victime est un intérimaire de 22 ans qui intervenait dans une usine du constructeur automobile en Allemagne. Une enquête a été ouverte pour éclaircir les circonstances du drame.

 

En voulant installer un robot sur une chaîne de montage d'une usine Volkswagen, un travailleur allemand a été tué. Les conditions exactes de la mort de ce dernier ne sont pas encore connues et une enquête a été ouverte, indique le Financial Times.

La victime était un intérimaire de 22 ans qui travaillait dans une usine du constructeur automobile près de Kassel, dans l'état de Saxe, en Allemagne. Le drame est survenu alors que le technicien mettait en route la machine avec l'un de ses collègues. Il a été frappé à la poitrine par le robot et poussé contre une plaque métallique, indique le Financial Times. Le robot a attrapé et écrasé le technicien contre une plaque de métal, souligne de son côté l'agence de presse allemande DPA. L'homme a été réanimé à l'usine mais il a ensuite succombé à ses blessures à l'hôpital.

L'accident serait dû à une erreur humaine et non à un dysfonctionnement du robot, indique une porte-parole de Volkswagen. Le groupe ajoute le robot n'était pas un androïde de nouvelle génération, plus légers, qui interviennent sur la même ligne de production que les humains, sans cage de sécurité. A l'inverse, les autres robots, plus anciens, sont confinés à l'écart des chaînes de montage et ils sont dans des cages de sécurité pour empêcher tout contact accidentel avec les humains. En l'occurrence, l'accident avec le technicien de Volkswagen s'est produit alors que ce dernier était à l'intérieur de la cage tandis que son collègue, qui est lui sain et sauf, était resté en dehors de la cage.

 

Un électricien gravement blessé en France

Un scénario similaire s'était produit dans une usine en France en avril dernier. Un électricien de l'équipementier automobile Saint-Jean-Industries à Ingrandes, dans le Maine et Loire qui effectuait une opération de maintenance dans les ateliers, s'est retrouvé accidentellement coincé entre deux robots après avoir été happé par l'un d'eux. «Il a été pris par surprise et dans le dos par le robot qui l'a happé et l'a plaqué contre le préhenseur, une machine équipée de pinces. Alerté, un autre électricien est parvenu à dégager son camarade. Mais la pression supérieure à 200 kg subie par le travailleur lui a évidemment occasionné de graves lésions et fractures», indiquait alors un délégué syndical. L'ouvrier a survécu à ce tragique accident mais les séquelles sont lourdes.

Toutefois, les accidents avec des robots sont relativement rares sur les usines de production des pays occidentaux. D'autant plus rares que les robots sont de plus en plus nombreux dans les usines. Récemment Audi a même installé un robot qui fonctionne «main dans la main» avec les humains, sans barrière de sécurité. Il s'agissait alors d'une première dans la coopération entre l'homme et le robot dans le processus d'assemblage final du groupe Volkswagen. Mais l'accident tragique qui vient de se produire pourrait freiner cette robotisation à tous crins pour éviter que les scénarios de films comme I, Robot ou des romans comme Les Cavernes d'acier d'Isaac Asimov, ne deviennent une réalité.

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La Cour des comptes épingle le peu "d'efficacité" de Pôle emploi

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Un chômage en hausse et un Pôle emploi sur la selette. La Cour des comptes épingle l'opérateur public et notamment son "efficacité" insuffisante dans la lutte contre le chômage, dans un projet de rapport cité mercredi 1er juillet par le Parisien/Aujourd'hui en France.Dans une réponse.

 

Un chômage en hausse et un Pôle emploi sur la selette. La Cour des comptes épingle l'opérateur public et notamment son "efficacité" insuffisante dans la lutte contre le chômage, dans un projet de rapport cité mercredi 1er juillet par le Parisien/Aujourd'hui en France.

Dans une réponse adressée le 8 juin à la Cour, François Nogué, président du conseil d'administration de Pôle emploi, "regrette que ce rapport méconnaisse la réalité du travail quotidien" et craint son "impact négatif en termes de motivation pour des agents qui se trouvent depuis des années en première ligne de la crise".

Francetv info détaille ce qu'il faut retenir de cette étude.

 

Des chômeurs mal accompagnés

 

La question de l'efficacité de l'opérateur est régulièrement posée par les utilisateurs", écrivent les auteurs du rapport, qui estiment que "Pôle emploi ne serait à l'origine directe de la reprise d'emploi que dans 12,6% des cas". C'est pourquoi "les résultats obtenus en matière de taux de retour à l'emploi sont décevants". Ce taux défini par rapport au nombre mensuel de demandeurs d'emploi reprenant un travail et leur nombre total est passé de 5,3 % en 2008 à 3,8 % en...

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Au-delà du PIB, 10 indicateurs pour mesurer autrement le progrès

Au-delà du PIB, 10 indicateurs pour mesurer autrement le progrès | Think outside the Box | Scoop.it

Taux d'emploi, dette mais aussi espérance de vie en bonne santé, empreinte carbone ou encore satisfaction à l'égard de la vie font partie des indicateurs suggérés pour compléter le PIB.
 

Partiel, incomplet, trop centré sur l’économie : le produit intérieur brut (PIB) est depuis longtemps accusé de ne refléter que partiellement la situation d’un pays, écartant des domaines primordiaux comme la qualité de vie ou le développement durable.

La croissance de la France en berne par rapport à ses voisins

Evolution du produit intérieur brut (%).-6 -4 -2 0 2 4 6 FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE200420062008201020122014

Source : Eurostat


Début avril, le Parlement français a adopté une proposition de loi écologiste préconisant l’examen de nouvelles mesures avant les discussions budgétaires de l’automne. Près de trois mois après, le Conseil économique, social et environnemental (Cese), organisme consultatif composé de représentants sociaux (patronat, syndicats, associations), et France Stratégie, un organisme rattaché au premier ministre et formulant des recommandations au gouvernement, ont proposé dix indicateurs complémentaires au PIB pour « prendre en compte toutes les dimensions du développement, tant économiques, sociales qu’environnementales ».

Ces indicateurs « sont destinés à servir de support au rapport que devra annexer chaque année le gouvernement au projet de loi de finances », précise l’étude. Une soixantaine de personnes y ont contribué, dont des représentants des partenaires sociaux, de la société civile, des administrations, des organisations internationales, des experts et des universitaires. Un panel de citoyens a ensuite été consulté pour « tester leur compréhension des thèmes et des indicateurs choisis, et vérifier l’adéquation de ces indicateurs avec leurs préoccupations ».

Dans sa synthèse, France Stratégie se dit conscient des « critiques et insatisfactions » qui ne manqueront pas d’être soulevées par ces propositions, dans la mesure où « tout indicateur statistique donne une vision forcément restrictive de la réalité qu’il prétend traduire ». Mais estime nécessaire de « se limiter à un petit nombre d’indicateurs pertinents et facilement compréhensibles » pour « influencer les choix de politique publique ».

Tour d’horizon de ces dix nouveaux outils. Pour chacun, nous avons indiqué par une couleur si la France était dans la moyenne (jaune), bien placée (vert) ou mauvaise élève (rouge).

 
Travail : le taux d’emploi

L’accès à l’emploi est l’élément le plus pertinent à prendre en compte pour refléter au mieux la situation de la France, ont jugé une majorité des Français sondés dans le cadre de l’étude. Le groupe de travail a ainsi sélectionné le taux d’emploi, qui mesure la part des personnes possédant un emploi entre 15 ou 20 ans (selon les mesures) et 64 ans.

« En tenant compte des individus qui ont pu cesser la recherche d’emploi par découragement, il permet de valoriser les politiques qui créent effectivement de l’emploi, plutôt que celles qui incitent aux sorties du marché du travail pour faire baisser le chômage. »

En 2014, le taux d’emploi en France était de 64,2 %, tout proche de la moyenne dans l’Union européenne (64,9 %), selon les données d’Eurostat. L’Allemagne et le Royaume-Uni sont, sur cet indicateur, en tête parmi nos voisins (respectivement 73,8 % et 71,9 %). Des nombres flatteurs qui masquent toutefois un développement de l’emploi précaire, symbolisé par les « mini-jobs » outre-Rhin voire les « contrats zéro heure » outre-Manche.


Lire aussi : Droit du travail : des « mini-jobs » allemands au « contrat zéro heure » britannique


L'Allemagne et le Royaume-Uni champions du taux d'emploiTaux d'emploi des 15-64 ans.20 %30 %40 %50 %60 %70 %80 %90 %100 %UEFranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-Uni20062008201020122014Source : Eurostat 
 


Stabilité financière : la dette de l’économie

Lorsqu’on parle de la dette, on désigne en général la dette publique, à savoir l’endettement des administrations publiques (locales et nationales). Le groupe de travail estime que cela n’est pas suffisant et qu’il faut aussi tenir compte de la dette de l’ensemble de l’économie du pays, « c’est-à-dire la somme des crédits contractés à la fois par les entreprises, les particuliers et l’Etat » – l’endettement de l’ensemble des « agents économiques non financiers », dans le jargon des économistes.

En France, si la dette publique a largement augmenté depuis 2008, passant de 67,8 % du PIB à 92,2 % en 2013, les dettes des entreprises et des ménages ont elles aussi enflé, mais dans une moindre proportion selon les chiffres de l’Insee, passant respectivement de 57 % à 63,3 % et de 47,7 à 54,8 % durant la même période.

La dette publique française a augmenté à un rythme plus élevé que le reste de l'économie

Dette des administrations publique, sociétés non financières, ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLM), en % du PIB.0 %20 %40 %60 %80 %100 %Ménages et ISBLMSociétés non financièresAdministrations publiques20042006200820102012Source : Insee 
Investissement : le patrimoine productif

Autre indicateur économique, plus complexe celui-là : le patrimoine productif, qui mesure « l’accumulation des moyens de production transmis d’une génération à l’autre ». Concrètement, il étudie les actifs physiques (machines, équipements, infrastructures, cheptel, forêts, etc.) ainsi qu’immatériels (brevets, œuvres artistiques et littéraires, logiciels, recherche et développement, etc.) et les rapporte ensuite au produit intérieur net (PIN, constitué du PIB moins le capital fixe consommé pendant la même période).

En 2013, le patrimoine productif français était de 403,2 %, en progression quasi constante depuis dix ans (356,9 % en 2004). Cet indicateur n’est pour le moment pas disponible au niveau européen et n’a pas permis de comparaison.

Le "patrimoine productif" de la France a progressé de 46 points en dix ansLe patrimoine productif est obtenu en rapportant les actifs fixes (biens matériels ou immatériels utilisés dans la production) au produit intérieur net (PIB moins le "capital fixe" consommé pendant la même période).0 %50 %100 %150 %200 %250 %300 %350 %400 %20042006200820102012Source : France Stratégie 
Santé : l’espérance de vie en bonne santé

Désigné « premier thème social » par les Français interrogés dans le cadre de l’étude, la santé serait représentée par l’indicateur d’espérance de vie en bonne santé. A ne pas confondre avec l’espérance de vie totale, il mesure l’âge le nombre d’années qu’une personne à la naissance peut s’attendre à vivre en bonne santé, à savoir dans « l’absence de limitations d’activités ou d’incapacités ».

Au niveau européen, on constate que les champions de l’espérance de vie ne sont pas forcément ceux de l’espérance de vie en bonne santé. Si l’Espagne (83,2 ans en moyenne en 2013, hommes et femmes confondus) et l’Italie (82,8 ans) sont en tête avec le premier indicateur parmi nos voisins, le Royaume-Uni (64,6 ans) l’est avec le second, suivi de la France (63,7 ans) et de l’Italie (61,35 ans).

Les champions de l'espérance de vie en bonne santé ne sont pas forcément ceux de l'espérance de vie totaleIndicateur "années de vie en bonne santé" (AVBS), qui mesure le nombre d'années qu'une personne à la naissance peut s'attendre à vivre en bonne santé.0 ans20 ans40 ans60 ans80 ans63 ans57.8 ans64.7 ans61.8 ans64.4 ans61.4 ans64.4 ans57 ans57 ans60.9 ans64.8 ans61.5 ansBonne santé (hommes)Espérance de vie (hommes)Bonne santé (femmes)Espérance de vie (femmes)FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUESource : Eurostat  
Qualité de vie : la satisfaction à l’égard de la vie

Comment quantifier la qualité de vie ? L’indicateur de la satisfaction à l’égard de la vie se démarque des autres par le fait que celui-ci est subjectif, basé sur des déclarations lors d’études d’opinion. L’OCDE utilise déjà les données collectées par le Gallup World Poll, sondage mondial interrogeant des milliers de personnes dans de nombreux pays et décrit par l’étude comme « le meilleur candidat en raison de ses caractéristiques statistiques, de son ancienneté et de la possibilité qu’il offre de faire des comparaisons internationales ». Les sondés doivent répondre à la question suivante :

« Imaginez une échelle de onze échelons où la valeur la plus basse (0) représente la pire vie possible pour vous et la valeur la plus haute (10) représente la meilleure vie possible pour vous. Sur quel échelon vous sentez-vous personnellement à l’heure actuelle ? »

A ce jeu-là, les Français se situent globalement dans la moyenne des pays de l’OCDE (6,5 contre 6,6), tandis que les Allemands se déclarent les plus heureux, en moyenne, parmi nos voisins (7).

Satisfaction de la vie : la France dans la moyenne de l'OCDEIndice de satisfaction de la vie, sur une échelle de 1 à 10.4 5 6 7 8 FranceAllemagneItalieEspagneRoyaume-UniOCDE201220132014Source : Gallup World Poll 

 
Inégalités : les écarts de revenus

Pour mesurer les inégalités – et tenter de les réduire –, c’est l’écart de revenus qui a été privilégié. Il peut être mesuré par le rapport entre le revenu des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres (le « rapport interdécile » de l’Insee), bien qu’il présente l’inconvénient d’être « très fortement influencé par les revenus des quelques centaines de personnes les plus fortunées, sans traduire réellement l’évolution du revenu de la majeure partie de la population constituant le décile supérieur », note l’étude. Une autre possibilité était de considérer le taux de pauvreté comme indicateur.

Au niveau européen, les comparaisons sont réalisées avec le coefficient de Gini, dont le but est précisément de montrer les inégalités de revenus. Constitué sur une échelle de 0 à 100, plus il est important, plus les inégalités sont fortes. Parmi nos voisins, l’Espagne (33,7 en 2013) et l’Italie (32,5) sont les plus inégalitaires, tandis que la France (30,1), le Royaume-Uni (30,2) et l’Allemagne (29,7) sont légèrement en dessous à la moyenne européenne (30,5).

Ecarts de revenus : la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni dans la moyenne européenneCoefficient de Gini du revenu disponible équivalent. Plus il est important, plus les inégalités sont fortes.15 20 25 30 35 40 FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE2006200820102012Source : Eurostat

 
Education : la part des diplômés

Le progrès d’un pays se mesure également à l’aune de la qualité de son système éducatif. Le groupe de travail regrette la « périodicité insuffisante (triennale) » des indicateurs PISA, qui permettent l’évaluation des systèmes d’éducation au sein de l’OCDE. Bien que partiel, la part des diplômés de l’enseignement supérieur dans la population des 25-34 ans est l’indicateur qui a finalement été jugé le plus pertinent par le groupe de travail. Au niveau européen, c’est une tranche d’âge plus resserrée (30-34 ans) qui est étudiée. Le Royaume-Uni est le plus avancé parmi nos voisins (47,7 %), devant la France (44,1 %). A contrario, l’Allemagne (31,4 %) et surtout l’Italie (23,9 %) apparaissent les plus en retard dans cette catégorie.

La part des diplômés en faible progression en FrancePart des diplômés de l'enseignement supérieur parmi les 30-34 ans.0 %10 %20 %30 %40 %50 %FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE2005200620072008200920102011201220132014Source : Eurostat 

 
Climat : la consommation carbone

Alors que la France souhaite apparaître en pointe dans la lutte contre le changement climatique, intégrer les problématiques environnementales dans la mesure du progrès est nécessaire. Plus que le seul comptage des émissions nationales de gaz à effet de serre (au cœur des négociations climatiques), c’est l’empreinte carbone qui a été jugée la plus pertinente car elle mesure « la quantité de gaz à effet de serre nécessaire à la satisfaction des besoins des personnes vivant en France, sur une année ». Le groupe de travail lui préfère toutefois le terme de « consommation carbone », jugé « plus parlant ». Autrement dit, c’est l’évolution du comportement de chaque Français (et des entreprises, des administrations…) qui peut ainsi être étudié.

Au niveau international, la comparaison est peu aisée car cet indicateur n’est pour le moment pris en compte par aucun organe officiel. Le site Carbon Footprint of Nations, réalisé par le Centre pour le climat et la recherche environnemental d’Oslo et une université norvégienne, comptabilise l’empreinte écologique de chaque pays en 2004. La France y apparaît en avance par rapport à ses voisins, avec environ 12 tonnes d’équivalent CO2 par personne et par an, contre 13 pour l’Espagne et l’Italie, 15 pour l’Allemagne et même 17 pour le Royaume-Uni.

La France a une empreinte carbone plus faible que ses voisinsEn tonnes équivalent CO2 par habitant, en 2004.0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 tonnes équivalent CO2 par habitantFranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniEmpreinte carboneSource : Carbon Footprint of Nations

Dans l’Hexagone, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) calcule régulièrement l’empreinte carbone des Français et donne un résultat similaire à celui de Carbon Footprint of Nations. Selon l’Ademe, elle était de 11,6 tonnes équivalent CO2 en 1990, a connu une hausse en 2007 (12,1) avant de diminuer en 2010 (11,6).

 
Ressources naturelles : le recyclage des déchets

Une des manières de faire baisser l’empreinte carbone est de recycler un maximum de ses déchets, signe, selon le groupe de travail, de la « responsabilité collective dans le gaspillage actuel des ressources naturelles ». Le taux de recyclage des déchets municipaux (matière, comme le papier ou le verre, mais aussi organique, avec le compostage) a été choisi comme indicateur pertinent.

Sur ce point, la France est très en retard avec 37,6 % des déchets municipaux recyclés en 2013. Parmi ses voisins les plus riches, seule l’Espagne fait pire (30 %), alors que l’Allemagne est largement en avance (64,5 %), devant le Royaume-Uni (43,5 %) et au-dessus de la moyenne européenne (41,8 %).

L'Allemagne, très en avance dans le recyclage des déchets municipauxPart des déchets municipaux recyclés (%).0 %10 %20 %30 %40 %50 %60 %70 %FranceAllemagneEspagneItalieRoyaume-UniUE2004200520062007200820092010201120122013Source : Eurostat 

 


Biodiversité : l’abondance des oiseaux

C’est peut-être le plus surprenant des indicateurs proposés. Pour mesurer l’évolution de la biodiversité, le groupe de travail a hésité entre l’indicateur d’artificialisation des sols, qui mesure la diminution des habitats naturels, et l’évolution du nombre de spécimens d’espèces vivantes sensibles à l’évolution de l’habitat naturel.

En attendant un éventuel indicateur rassemblant les deux – ce que le groupe de travail appelle de ses vœux –, c’est le dernier paramètre qui a été finalement choisi, par le biais de l’évolution de la population d’oiseaux d’un certain nombre d’espèces communes. Pourquoi les oiseaux ? Parce qu’ils « sont en fin de chaîne alimentaire et la raréfaction ou la disparition d’autres espèces a un impact sur leurs populations », explique l’étude.

Le détail par pays de l’indice d’abondance des oiseaux n’est pas disponible, Eurostat ne disposant que d’un agrégat total pour l’Union européenne. En France, cette donnée est recueillie par l’Observatoire national de la biodiversité, qui mesure les taux de variations des populations de 60 espèces communes échantillonnées annuellement. En prenant 1989 comme base 100, l’indice est progressivement tombé à 67 en 2014.

Une biodiversité en baisse en FranceIndice d'abondance des oiseaux communs (milieux agricoles, forestiers et bâtis), avec l'année 1989 comme base 100.0 20 40 60 80 100 19901995200020052010Source : Observatoire national de la biodiversité

Ces indicateurs seront transmis au gouvernement et au Parlement chaque année, avant la loi de finances. Le défi sera ensuite d’harmoniser ces indicateurs au niveau européen et de tenter de les rendre incontournables pour mesurer la croissance de chaque pays.



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Jocelyn Stoller's curator insight, July 15, 2015 4:38 AM

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La Journée mondiale des femmes sans voiles a du mal à passer auprès des musulmanes

La Journée mondiale des femmes sans voiles a du mal à passer auprès des musulmanes | Think outside the Box | Scoop.it

Des défenseurs du foulard islamique ou de leurs opposants, difficile de dire qui se «voile» le plus la face. L'initiative lancée par trois militantes laisse surtout l’impression d’un véritable dialogue de sourds, une tragédie à la Beckett de l’incommunicabilité.

 

Elles le reconnaissent elles-mêmes: lorsqu’elles vont sur les marchés pour tracter, elles sont en général fraîchement reçues. La Journée mondiale des femmes sans voiles qu’elles essaient d’organiser, et qui se déroule ce vendredi 10 juillet, passe mal, la plupart des femmes voilées et non voilées que nous avons rencontrées à Aubervilliers trouvant au mieux inutile, au pire stigmatisante, cette initiative.

Mais elles ne se découragent pas. Pour ces trois femmes, deux de «culture musulmane» (Nadia Ould-Kaci et Nadia Benmissi) et une de culture catholique (Josiane Doan), il faudra «du temps» avant qu’on les écoute, mais leur mission est nécessaire. Elles ont adressé le 1er juin dernier un appel à se rassembler place de la République à Paris, et une lettre aux «néo-communautaristes» pour, disent-elles, refuser de «disparaître sous le voile, ce symbole patriarcal de siècles révolus, devenu le porte-drapeau de l’islamisme radical».

 

Faut-il interdire le port du voile aux fillettes?

Pour elles, il y a danger. Les femmes subiraient de plus en plus de pression à se voiler. «Une amie qui portait un débardeur dans la rue s’est fait traiter de "pourriture" qui fait "honte à Dieu"» , explique Nadia Ould-Kaci. Une autre personne qui mangeait dans la rue en plein ramadan s’est fait remonter les bretelles, simplement parce qu’elle était noire, ajoute-t-elle. Josiane Doan affirme, pour sa part, avoir vu une fille se faire tabasser dans la rue par son frère parce qu’elle était «dehors». Et Nadia Benmissi a raconté à Slate ainsi qu’à d’autres médias cette anecdote, selon laquelle une élève aurait menacé de la tuer le jour où elle lui a dit que le voile était anté-islamique, antérieur de plus d’un millénaire au prophète Mohammed. Sans compter ces «regards», selon elles, et ces reproches lui intimant de se «couvrir pour être une bonne musulmane».

Ce qui les inquiète le plus, leur combat, ce sont les fillettes voilées. Elles affirment en avoir vu de nombreuses fois, notamment des jeunes filles se rendant à l’une des deux écoles coraniques de la ville (l’école primaire Fort school). Elles veulent obtenir le vote d’une loi interdisant le port du foulard en dessous d’un certain âge. Elles auraient déjà contacté la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin à ce sujet. Plus tard, sur le marché d’Aubervilliers, une jeune femme nous confirmera avoir vu des fillettes «de 7 ans» voilées, un phénomène qui semble cependant marginal à première vue.

 

«Avant, il n’y avait aucune élève voilée dans mon collège»

La société vivrait donc une véritable régression, affirment-elles en coeur. Josiane Doan a l’impression d’avoir déjà vécu ces injonctions. C’était dans les années 1960, elle habitait, dit-elle, un «patelin» de Provence, où il y avait «deux générations de retard»: «On intimait alors aux femmes de se mettre des couvre-chefs, on vérifiait leurs ourlets, on les fliquait». Elle qui a combattu cette «aliénation» ne veut plus revoir ça. Le foulard, porté à l’époque par les pieuses catholiques, a changé de communauté. «Dans les années 1960, il n’y avait pas de voile chez les maghrébins!», affirme Nadia Ould-Kaci. «Le nombre de personnes voilées a augmenté comme un raz-de-marée, ce qui leur donne le droit de codifier les comportements», s’inquiète Nadia Benmissi, qui dit n’avoir «aucun chiffre» mais évoque un «ressenti, pas une statistique».

Les femmes qui portent le voile sont libres. Libres de gérer leur argent. Libres vis-à-vis de leur mari

Nora, 42 ans

 

S’il n’y a pas de chiffres très précis sur le phénomène, des sociologues estiment en effet que le port du voile intégral et du simple foulard s’est «répandu» en France au milieu des années 2000, comme l’explique sur le site du Figaro Madame Raphaël Liogier, auteur du Mythe de l’islamisation. «Avant, il n’y avait aucune élève voilée dans mon collège, aujourd’hui, elles sont environ trente ou quarante, je pense. Cela s’est multiplié au moins par dix» à Aubervilliers, estime Nadia Benmissi.

C’est d’ailleurs à Aubervilliers qu’a commencé en 2003 l’une des affaires qui devaient conduire, entre autres, au vote de la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires. Alma et Lila Lévy-Omari avaient été exclues du lycée Henri-Wallon de cette même ville, pour avoir refusé d’enlever leur foulard. Depuis, plus de dix ans se sont écoulés, pendant lesquelles, selon le trio de femmes engagées, la peur s’est installée, et les femmes se sont recouverte la tête à cause des pressions subies.

 

«La femme voilée n’est pas un monstre!»

Problème: il n’est pas sûr que cette impression de «subir des pressions» soit partagée par la majorité des habitants, et surtout des habitantes, d’Aubervilliers. Sortant du café à côté de la Poste, on rejoint par le boulevard en travaux le marché. Entre les étals, des hommes et des femmes, dont bon nombre, il est vrai, sont voilées, sans qu’elles soient, de visu, majoritaires. On aperçoit des voiles fleuris–surtout, semble-t-il, sur les épaules des femmes les plus âgées– des voiles sombres, et tout un ballet d’étoffes qui s’éloigne souvent craintivement dès que la journaliste s’annonce.

Au milieu des robes en ceintres et des piles de vêtements apparaît Nora, 42 ans, un voile bleu sur la tête. Elle fronce les sourcils lorsqu’on prononce le fameux mot de la discorde, signe que ce thème lui a sûrement souvent causé beaucoup de tracas. Comprenant ensuite qu’elle a là l’occasion de s’exprimer pour rétablir ce qu’elle croit être la vérité, elle se fait soudain volubile, s’empresse d’égrainer les arguments: «Les femmes qui portent le voile sont libres. Libres de gérer leur argent. Libres vis-à-vis de leur mari», avance-t-elle. Non, elle ne ressent pas de «pression» autour du voile, ses sœurs, d’ailleurs, n’en portent pas. 

Si elles ont choisi de porter le voile, qu’elles le portent, elles sont libres! Mais qu’on ne fasse pas croire que c’est obligatoire

Nadia Benmissi

 

Une journée mondiale sans voile? Le concept ne lui parle pas. Il l’étonne. Elle ne le comprend pas. Quand on lui explique ensuite le but de cette journée, qu’on lui lit le manifeste qui l’accompagne, son étonnement se change en réprobation. «Cela me touche, dit-elle avec ses mots, cette journée sans voile». «On ne parle pas autant des hommes qui obligent les femmes à travailler comme prostituées. Ou d’autres problèmes», juge-t-elle. «La femme voilée n’est pas un monstre!», tient-elle à préciser à notre encontre avant qu’on ne s’engouffre à nouveau dans le dédale de clients.

Plus loin dans la ruelle, cheveux bruns et bouclées au vent, poussette en mains, voici Ouafae, 39 ans. De «culture musulmane», mais sans «hijab». La Journée sans voiles, elle n’y voit pas d’intérêt, car elle ne voit pas de pression des hommes autour d’elle. Dans les personnes que nous avons rencontrées ce jour-là, il n’y aura guère que Fadila, 56 ans, «issue d’un milieu intellectuel», selon ses mots, pour apporter du soutien à cette initiative, tout en concédant n’avoir jamais vécu de pression: «Ce qui peut favoriser l’éloignement de l’obscurantisme est une bonne initiative», affirme-t-elle cependant.  

 

Le voile leur semble «obligatoire»

Libres physiquement de refuser de porter le voile, donc, ces femmes le sont, semble-t-il. En revanche, il est intéressant de noter que les lectures alternatives du Coran sur le voile, outre la version dominante selon laquelle il serait «obligatoire», semblent peu répandues, rendant peut-être utile un des aspects de la «mission» que s’est fixée le collectif pro-laïcité d’Aubervilliers: déconnecter Islam et voile. «Le voile est obligatoire… à partir de 13 ans, je dirai», avance timidement Rabeb, 21 ans, vêtue d’une tenue blanc crème de la tête aux pieds, et son petit garçon, tout juste né, lové dans ses bras. «Obligatoire» aussi selon Nora, qui affirme que la beauté de la femme doit «être réservée à son mari», et même pour Ouafae, qui n’en porte pas, mais estime que c’est «obligatoire après la puberté, c’est écrit dans le Coran», même si selon elle, «Dieu laisse les hommes libres de faire ce qu’ils veulent» et qu’on peut «porter le voile et n’être pas un bon musulman».

«Si elles ont choisi de porter le voile, qu’elles le portent, elles sont libres! Mais qu’on ne fasse pas croire que c’est obligatoire», s’exclame au contraire Nadia Benmissi. Le voile, explique cette professeure de collège, n’est pas un choix spirituel, c’est une «interprétation radicale» du Coran, qui doit être lu différemment en fonction des époques et du contexte. S’il est «écrit dans le Coran» que les croyantes doivent «rabattre leur voiles sur leur poitrine» (Sourate XXIV, verset 31), il n’est pas plus «obligatoire» de porter le voile que d’être polygame pour être un bon musulman, justifie-t-elle. «La polygamie, elle est aussi écrite!», s’énerve Nadia Ould-Kaci. 

Le CFCM lui-même a indiqué en juin 2014 dans sa «Convention citoyenne» que selon lui le voile était une «prescription religieuse»

Interrogé par le Figaro, l’imam Tariq Oubrou estime lui aussi qu’il n’y a pas de «fondement univoque dans les textes» au port du voile. Mais l’argument est plus complexe qu’une simple ligne dans le Coran. Les théologiens français ne sont pas unanimes sur le sujet, et ont parfois changé d’avis, rendant les choses peu claires pour les femmes musulmanes. Le CFCM lui-même a indiqué en juin 2014 dans sa «Convention citoyenne» que selon lui le voile était une «prescription religieuse». Les arguments nuançant l’obligation de porter le voile semblent de fait méconnus ou rejetées des femmes interrogées au marché d’Aubervilliers...

 

Des femmes voilées qu’on entend peu

À entendre ce trio de militantes, c’est tout le discours dominant qui serait «pro-voile». «Les médias ont mis le voile à la Une», déplore Nadia Ould-Kaci. «On est passifs: le voile intégral s’impose et on ne fait rien», regrette Nadia Ould-Kaci. «Quand j’ai montré à Faïza Zerouala (journaliste, auteur du livre de témoignages de femmes voilées Des voix derrière le voile) une photo de petite fille voilée, elle m’a reproché de l’avoir truquée», s’insurge la militante (contactée, la journaliste affirme leur avoir dit «qu'une photo non sourcée n’était pas une preuve». «Et quand bien même un cas de fillette voilée n'est pas une généralité», ajoute-t-elle).

Des médias et des politiques majoritairement pro-voile? Une interprétation difficile à entendre. D’une part parce que les attaques contre le voile se sont multipliées dans la classe politique, à droite comme à gauche, notamment lorsque la secrétaire d’État aux droits des femmes, Pascale Boistard, a déclaré n’être «pas sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur». D’autre part, parce qu’il est rare d’entendre des femmes voilées s’exprimer dans les médias (vous souvenez-vous d’avoir vu récemment une femme voilée en plateau télévision?), ce qui explique l’intérêt porté au livre de Faïza Zerouala, qui a souhaité «écouter les silencieuses», «celles dont on entend jamais la voix».

 La militante afro-féministe Ndella Paye a raconté son épuisement face aux injonctions  permanentes qu’elle devait subir à cause de son voile

 Contre-productif?

Le trio semble aussi parfois mélanger les contextes. Comme lorsqu’on leur fait part de récits de femmes voilées françaises, à l'image de celui de la militante afro-féministe Ndella Paye, qui a raconté sur son blog Médiapart son épuisement face aux injonctions et demandes de justification permanentes qu’elle devait subir à cause de son voile. Nadia Benmissi, qui faisait état quelques minutes plus tôt des multiple «pressions» subies par les femmes, met alors en avant la «situation plutôt confortable» des femmes voilées en France, notamment par rapport aux femmes afghanes.

Au final, le collectif des Femmes sans voile donne parfois l’impression d’accentuer le formidable dialogue de sourds qui préside en France sur le sujet. Entendent-elles le ras-le-bol des musulmans, lassés d’être au centre des débats? Se posent-elles la question de savoir si leur démarche n’est pas contreproductive? «Et alors il ne faudrait rien dire?», bottent-elles en touche, peu soucieuses de remettre en question leurs méthodes, et de s’interroger sur leur efficacité. A l’image, finalement, de dix ans de lois et de débat pour limiter le port du voile, qui n’ont fait que renforcer son usage dans l’espace public.

Aude Lorriaux

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L’austérité a échoué: la lettre ouverte de cinq économistes à Angela Merkel

L’austérité a échoué: la lettre ouverte de cinq économistes à Angela Merkel | Think outside the Box | Scoop.it

L’interminable austérité que l’Europe fait ingurgiter au peuple grec ne marche tout simplement pas. La Grèce a bruyamment signalé qu’elle en avait assez.

Conformément à ce que la plupart avaient prédit, les exigences financières de l’Europe ont écrasé l’économie grecque, entraîné un chômage de masse et un effondrement du système bancaire, et rendu la crise de la dette bien plus grave, celle-ci s’envolant jusqu’à un niveau impayable, 175 % du PIB. L’économie est maintenant brisée, avec des recettes fiscales en chute libre, une production et un taux d’emploi dépressifs et des entreprises sous-financées.

Le traitement prescrit par le ministère des Finances allemand et Bruxelles a saigné le patient sans soigner la maladie

L’impact humanitaire a été colossal – 40 % des enfants vivent à présent dans la pauvreté, la mortalité infantile explose et le chômage des jeunes avoisine les 50 %. La corruption, l’évasion fiscale et la mauvaise tenue des comptes des précédents gouvernements grecs ont aidé à créer le problème de la dette. Les Grecs se sont conformés en grande partie à la demande d’austérité de la chancelière allemande Angela Merkel – réduire les salaires, réduire les dépenses publiques, tailler dans les retraites, privatiser et déréguler, augmenter les impôts. Mais ces dernières années, la série de soi-disant programmes d’ajustement infligés aux semblables de la Grèce n’a servi qu’à engendrer une Grande Dépression d’une ampleur jamais vue en Europe depuis les années 1929-1933. Le traitement prescrit par le ministère des Finances allemand et Bruxelles a saigné le patient sans soigner la maladie.

 

Corriger cette trajectoire

Collectivement, nous pressons la Chancelière Angela Merkel et la troïka d’envisager une correction de trajectoire, afin d’éviter un désastre plus important encore, et pour permettre à la Grèce de rester dans la zone euro. A l’heure actuelle, il est demandé au gouvernement grec de se mettre un pistolet contre la tempe et de presser la gâchette. Malheureusement, la balle ne fera pas que tuer le futur de la Grèce en Europe. Les dommages collatéraux anéantiront la zone euro comme symbole d’espoir, de démocratie et de prospérité, et pourraient entraîner des conséquences économiques de vaste ampleur à travers le monde.

Il est demandé au gouvernement grec de se mettre un pistolet contre la tempe et de presser la gâchette

Dans les années 1950, l’Europe a été construite sur l’effacement des dettes passées et notamment celle de l’Allemagne, ce qui a massivement contribué à la croissance économique et à la paix d’après-guerre. Aujourd’hui, nous devons restructurer et réduire la dette grecque, donner à l’économie de la place pour respirer et se reconstruire, et autoriser à la Grèce à étaler dans le temps le règlement d’un fardeau de la dette allégé. Il est maintenant temps de faire preuve d’humanité et de repenser le programme d’austérité punitif de ces dernières années, et de s’accorder sur une réduction majeure des dettes de la Grèce, combinée à des réformes ô combien nécessaires en Grèce.

Notre message à la Chancelière Angela Merkel est clair ; nous vous demandons instamment de faire cette démonstration vitale d’autorité et de responsabilité, pour la Grèce, pour l’Allemagne, et également pour le monde. L’Histoire se souviendra de vous pour vos actions de cette semaine. Nous attendons de vous l’énonciation de mesures audacieuses et généreuses envers la Grèce, qui rendront service à l’Europe pour les générations à venir.

 

Sincères salutations,

 

Heiner Flassbeck, ancien secrétaire d’Etat après du ministre des Finances allemand

Thomas Piketty, professeur d’Economie à l’Ecole d’Economie de Paris

Jeffrey D. Sachs, professeur de Développement Durable, Professeur de Politique et Gestion de la Santé, et directeur de l’Earth Institute à l’Université Columbia

Dani Rodrik, professeur d'économie politique internationale à la John F. Kennedy School of Government de l'Université Harvard

Simon Wren-Lewis, professeur de politique économique à la Blavatnik School of Government de l’Université d’Oxford

 Thomas Piketty et al.
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Bruxelles déclarée « Zone hors TTIP » dans l’indifférence générale

Bruxelles déclarée « Zone hors TTIP » dans l’indifférence générale | Think outside the Box | Scoop.it

Hier soir le Conseil communal de Bruxelles a voté une motion demandant la suspension des négociations et déclaré la capitale « Zone hors TTIP ». Tout un symbole, dont pourtant la presse belge ne parle pas.

La capitale de l’Europe qui se prononce ouvertement contre le projet de Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement c’est quand même un signal fort. Le siège des institutions européennes déclaré « Zone hors TTIP » symbolise toute l’incohérence de l’UE. A quelques jours du prochain round de négociations sur le partenariat transatlantique, qui aura lieu du 13 au 17 juillet à Bruxelles, comment l’équipe de la Commission européenne pourrait-elle poursuivre les discussions sereinement en sachant qu’elles vont se dérouler dans une ville dont l’opposition à ce projet est désormais ouvertement déclarée ?

 

Mais au-delà de ça, le fait que cette annonce se fasse dans l’indifférence générale est assez inquiétant. A l’heure où de plus en plus de communes belges, mais aussi européennes (voir ici une carte française) se déclarent « Zone hors TTIP », on pourrait penser que la presse s’intéresserait à la déclaration bruxelloise. Quand il a été question de Liège ou de Mons par exemple, l’info a été relayée. Pourtant le symbole n’était pas aussi fort. Certes l’actu européenne est focalisée sur la Grèce en ce moment, mais quand même. L’opposition des citoyens et leur inquiétude face à ces négociations montrent qu’il y a un réel intérêt pour le sujet. Alors pourquoi la presse ne parle-t-elle pas de cette motion ? D’autant que la prise de position ferme de Bruxelles (même si purement symbolique, ce n’est pas ça qui freinera les négociateurs) confortera la vision des opposants au projet. Les anti TTIP vont faire leurs choux gras de cette déclaration. Imaginez un peu, la capitale de l’Europe déclarée « Zone hors TTIP »! Comment les défenseurs de l’accord pourront-ils nier une telle ironie ? Et surtout quel signal démocratique cela envoie-t-il ? Beaucoup de politiciens, pourtant impliqués dans les discussions européennes, aiment à blâmer « Bruxelles » pour les décisions difficiles à faire passer…Auront-ils encore envie de continuer à associer la capitale belge aux institutions européennes ? Parce que dans ce cas, ces dernières sont depuis hier soir « Zones hors TTIP » ! La Commission peut-elle légitimement (dans le sens « légitimité démocratique ») continuer à prétendre que le TTIP est une excellente chose, sachant que le lieu même où les discussions se déroulent est opposé à ce projet ?

La presse belge peut-elle ainsi ignorer ce fait, et tout ce qu’il représente ? On le sait l’Europe ce n’est pas « sexy ». Ça ne fait pas vendre, soi-disant. Pourtant depuis 4 jours, on ne parle que de la Grèce, y compris dans les médias belges. Certes le problème est important (oui c’est un euphémisme), mais hautement complexe, technique et disons-le, pas franchement sexy non plus. On a déjà du mal à comprendre les conséquences pour la Grèce d’une possible sortie de la zone euro, mais les effets sur la Belgique encore moins…Avec un peu de mauvaise foi, on pourrait même dire que jusqu’à présent on ne voit pas très bien en quoi ça nous concerne. Cela n’empêche pas notre presse nationale d’en parler de façon extensive, bien que ce ne soit pas un sujet belgo-belge. Et là on a une décision hautement symbolique, et révélatrice, prise par Bruxelles et malgré cela, pas un mot ce matin sur les sites belges d’information…Pourtant l’intérêt de nos concitoyens pour le TTIP est bien réel. Et même si les affaires européennes ne sont pas « sexy », il y a là un sujet qui suscite bien des débats, y compris chez nous…Pour aller plus loin dans le paradoxe, si on ne parle pas des affaires européennes, en tout cas autrement que lorsqu’il y a une crise, comment les citoyens pourraient-ils s’y intéresser et en faire quelque chose de « vendeur » (avec tout le dégoût que ce mot peut inspirer) ?

 

Il faudrait cesser de toujours voir les questions européennes comme quelque chose de lointain, de distant, qui a lieu sur une autre planète et qui est complètement détaché des réalités belges. Le fait que Bruxelles ait été déclarée « Zone hors TTIP » prouve bien que l’actualité européenne est complètement imbriquée dans la vie politique et économique de notre pays. Let’s make that sexy again…

Jacques Le Bris's insight:

Pour aller plus loin: quelques liens qui reprennent les villes « Hors TTIP » dans divers pays européens:

Royaume-Uni

Allemagne

Autriche

Espagne


Voir aussi mes fuites :

http://bit.ly/1lhQItt


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Un revenu de base pour tous ? Oui. C'est une mesure révolutionnaire, la preuve par 6

Un revenu de base pour tous ? Oui. C'est une mesure révolutionnaire, la preuve par 6 | Think outside the Box | Scoop.it

LE PLUS. Et si nous avions tous le droit à un revenu de base, sans condition d'accès ni dossier à remplir ? Une idée révolutionnaire qui permettrait aux citoyens de ne plus avoir à s'enrichir pour vivre. Grâce à ce don de l'Etat, dont le montant reste encore à fixer, la course à l'argent deviendrait non plus une nécessité, mais un choix, se réjouit Thomas Guénolé. Explications.

 

 

Le revenu de base est une idée à la fois simple, pacifique, et foncièrement révolutionnaire. Cela revient à changer de société, en bien, sans la bouleverser brutalement ni tirer un seul coup de feu.

 

3 façons de mettre en place le revenu universel

 

Le concept est simple. C’est un revenu. Tout le monde y a droit dans le pays, sans exception. Il n’y a rigoureusement aucune condition d’obtention : si vous vivez sur le territoire, vous y avez droit. Et si vous avez d’autres revenus, par exemple un salaire, vous conservez tout de même ce revenu de base offert par l’Etat.

 

Cette proposition est tout sauf farfelue. Plusieurs prix Nobel d’économie l’ont défendue sous une forme ou sous une autre : par exemple Friedrich Hayek, Maurice Allais, ou encore James Tobin. Des intellectuels reconnus la défendent à l’heure actuelle : par exemple le philosophe Philippe Van Parijs, professeur à Oxford.

 

En France, l’idée a en outre été portée par des personnalités politiques ayant exercé des responsabilités gouvernementales majeures : par exemple Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, ou Arnaud Montebourg, ancien Ministre de l’économie.

 

En fonction du porteur de la proposition qui s’exprime, le revenu mensuel brut de base peut aller de 400 euros par mois à 850 pour les plus généreux. Quant à son financement, quelle que soit la créativité des partisans de l’idée, l’on revient toujours à 3 grandes options possibles :

 

1. La planche à billets, notamment proposée par l’économiste britannique Anatole Kaletsky. Son argument central est que cela revient à utiliser la création monétaire non pas au profit du système bancaire, mais directement au profit de tous les consommateurs, ce qui serait plus efficace pour relancer la consommation.

 

2. Un impôt de redistribution est la piste proposée, notamment, par le think tank irlandais "Social Justice Ireland".

 

3. Lorsque le pays dispose d’un bien commun qui génère des profits, il est également possible de financer le revenu de base grâce à cette rente. C’est le système qu’a mis en place l’Alaska sur sa rente pétrolière. C’est également  ce que proposait feu l’ambassadeur des Nations Unies en Irak Sergo Vieira De Mello pour pacifier le pays, en offrant à tous un revenu de base sur rente pétrolière.

 

Courir après l’argent deviendrait un choix

 

En supposant logiquement qu’il se substituerait aux aides sociales sous les conditions qui existent actuellement, les conséquences en France de l’apparition d’un revenu de base seraient colossales. Elles ont été bien résumées par le Mouvement français pour un revenu de base :

 

- la subsistance garantie pour tout le monde, en particulier les pauvres, les artistes, les indépendants, les associatifs et les jeunes qui démarrent ;

 

- la disparition du problème de sous-réclamation du RSA, puisque nul dossier ne serait à constituer (alors qu’aujourd’hui un tiers des ménages qui y ont droit ne le revendiquent pas pour cause de complexité des démarches) ;

 

- le montant étant identique pour tous sans condition, la fin du problème de trop-perçu des aides sociales actuelles ;

 

- la fin des fraudes et des triches d’allocataires, le revenu étant inconditionnel ;

 

- la fin de l’effet de désincitation au travail des aides sociales (les "trappes à chômage"), puisque nul ne perdrait son revenu de base en trouvant un emploi ;

 

- une énorme simplification du système français d’aides sociales, en l’absence de tout dossier à remplir et de tout contrôle d’usager à effectuer.

 

Surtout, plus fondamentalement, instaurer le revenu de base offert à tous sans condition opérerait sur le pays un profond changement de société. En effet, courir après l’argent deviendrait un choix et non plus une question de survie.

 

Non, on ne s'arrêtera pas tous de travailler

 

Il faut songer qu’une portion significative de la population, avec ce système, choisirait de se contenter du revenu de base pour faire des choses gratuites à forte utilité sociale : du bénévolat, des activités artistiques, etc.

 

Pour autant, il est inutile de craindre, comme c’est souvent le cas lorsque l’on entend parler pour la première fois de cette idée, que "tout le monde s’arrêterait de travailler".

 

En Alaska, le revenu de base existe depuis 1976 et n’a pas entraîné la disparition du travail (ni même une baisse brutale du taux d’activité). Au Canada, le Programme Mincome a servi à tester le revenu de base entre 1970 à 1974. L’évaluation scientifique réalisée a posteriori a abouti à des conclusions enthousiasmantes : aucune baisse brutale du taux d’activité, ainsi qu’une baisse significative de la délinquance et des hospitalisations.

 

Indubitablement, instaurer le revenu de base universel en France suppose un saut mental dans nos représentations collectives du rapport au travail et à l’épanouissement individuel. En revanche, il n’existe ni difficulté technique ni impossibilité de financement pour s’opposer à sa mise en place.

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Bouches à incendies vandalisées : la facture s’annonce salée

Bouches à incendies vandalisées : la facture s’annonce salée | Think outside the Box | Scoop.it

Depuis le début de la vague de chaleur, le nombre de bornes à incendie vandalisées a atteint des sommets dans le département : jusqu’à 300...

 

Depuis le début de la vague de chaleur, le nombre de bornes à incendie vandalisées a atteint des sommets dans le département : jusqu’à 300 ouvertures sauvages pour la seule journée de vendredi. Soit 15 millions de litres d’eau à l’heure déversés dans les rues. Dimanche, la baisse des thermomètres aura eu pour effet de stopper le mouvement. Aujourd’hui, une question se pose : à combien se chiffre la facture et aussi qui va la payer ?

Veolia, le délégataire qui assure la gestion du service public, ne peut pas encore chiffrer les dégâts provoqués par ces millions de litres d’eau lâchés dans la rue. « Il y a l’eau perdue mais il faut aussi prendre en compte le coût des bornes réparées qui n’ont heureusement pas toutes été cassées, cette facture-là revient aux collectivités. Il faut également compter les caves infiltrées, les appartements inondés, les postes de distribution d’électricité endommagées », énumère encore Veolia.

 

Le groupe a dû envoyer des techniciens sur place pour réparer et fermer l’eau mais également mobiliser du personnel dans ses usines pour activer le traitement d’eau et pouvoir réalimenter les canalisations. Impossible pour le moment de dire si cette crise aura des répercussions sur le prix de l’eau pour les villes et le contribuable.

Pour les communes, la liste des incidents causés par ces geysers sauvages commence à s’allonger. A Saint-Ouen, la halle du marché Ottino inondée n’a pas pu ouvrir dimanche. « Je vais prendre un arrêté — 9 000 € d’amende pour les vandales — ce lundi », indique William Delannoy, le maire UDI de Saint-Ouen. Le maire PS de Pantin a fait de même vendredi.

 

A Bondy, une arrivée d’eau a été percée dans le quartier Nord. « En centre-ville, une borne a juste été ouverte. Le problème ? Les auteurs n’ont pas conscience du danger », déplore la maire socialiste de Bondy, Sylvine Thomassin.

Jeudi, à Bobigny, un enfant âgé de huit ans a été blessé, projeté par la puissance du jet d’eau. Vendredi, à Sevran, un poteau à incendie scié a inondé un poste électrique privant de courant 1 500 foyers jusqu’à une heure du matin.

 

Chez Veolia, on se tient prêt à gérer une nouvelle situation de crise si la chaleur revient peut-être en fin de semaine. « On se prépare à devoir de nouveaux intervenir en cas de nouveaux pics des températures », un porte-parole du groupe. Dans ce cas, le groupe espère l’organisation d’une table ronde avec la préfecture

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Les bourses asiatiques ouvrent en baisse après le « non » grec

Les bourses asiatiques ouvrent en baisse après le « non » grec | Think outside the Box | Scoop.it

Le prochain test sera la décision du conseil des gouverneurs de la BCE lundi sur le plafond des liquidités d’urgence (ELA) consenties aux banques grecques.

 

Les Bourses de Tokyo et de Sydney ont ouvert en forte baisse lundi 6 juillet, après la nette victoire du « non » dimanche au référendum en Grèce, résultat qui ouvre une période d'incertitudes pour la zone euro.

A la première minute des échanges à Tokyo, l'indice Nikkei des 225 valeurs vedettes cédait 1,65 % (-339,64 points) à 20 200,15 points. A Sydney, l'indice ASX des 200 valeurs vedettes de la place australienne perdait 85,5 points (- 1,6 %) dans les premiers échanges, à 5 452,8 points.

 

L’euro limite son repli

L’euro limitait en revanche son repli et remontait au-dessus de 1,10 dollar lors des premiers échanges en Asie. La monnaie européenne était tombée à 1,0963 dollar dans la foulée du résultat du référendum. Vers 8 heures à Tokyo (1 heure du matin en France), l’euro valait 1,1025 dollar, contre 1,1107 vendredi soir. L’euro baissait aussi fortement face à la devise japonaise, considérée comme une valeur refuge, à 134,88 yens, contre 136,31 yens vendredi soir. De même, le dollar reculait à 122,30 yens, contre 122,72 yens en fin de semaine dernière.

Le résultat du référendum grec « a deux conséquences : il légitime la position du gouvernement grec et il laisse la balle dans le camp de l’Europe », écrivent des analystes d’ANZ Bank dans une note de recherche. « Ou l’Europe cède ou la Grèce fait faillite, à toi de jouer Merkel », résument-ils.

 

Décision de la BCE lundi

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a salué dimanche soir la nette victoire du « non » et a déclaré que son gouvernement était prêt à reprendre sans attendre les négociations avec les créanciers du pays. De son côté, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé dimanche soir qu’il convoquait un sommet de la zone euro sur la Grèce pour mardi soir.

Lire : Un sommet de la zone euro sur la Grèce se tiendra dès le 7 juillet

Pour les intervenants de marché, le prochain test sera la décision du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne lundi sur le plafond des liquidités d’urgence (ELA) consenties aux banques grecques. « La BCE va vraisemblablement laisser cette question ouverte jusqu’à ce que la situation se clarifie au niveau des dirigeants politiques. Dans tous les cas, les marchés sont partis pour une période d’incertitude et de négociation prolongée », a dit Raiko Shareef, stratégiste change de Bank of New Zealand.

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) maintiendra vraisemblablement inchangé le plafond des liquidités d’urgence (ELA) destinées aux banques grecques, ont précisé dimanche des sources au fait du dossier.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/crise-de-l-euro/article/2015/07/06/forte-baisse-de-l-euro-apres-le-non-grec_4671689_1656955.html#Mvy1J6sbBHOZcR8m.99
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Grèce : le soutien inattendu de Barack Obama à Alexis Tsipras

Grèce : le soutien inattendu de Barack Obama à Alexis Tsipras | Think outside the Box | Scoop.it

"On ne peut pas continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression", a déclaré le président Obama, dans une interview diffusée dimanche sur CNN, alors que le nouveau gouvernement grec inquiète ses créanciers en affirmant vouloir renégocier sa dette. "À un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes", a-t-il poursuivi. Le président américain a reconnu que la Grèce avait "un terrible besoin" de réformes mais qu'"il est très difficile d'initier ces changements si le niveau de vie des gens a chuté de 25 %. À la longue, le système politique, la société ne peut pas le supporter".

Le PIB en Grèce a reculé d'environ 25 % entre 2009 et début 2014, avant de renouer avec la croissance au deuxième et troisième trimestre 2014 après des années de récession. La formation de la gauche radicale Syriza, vainqueur des élections dimanche dernier, veut renégocier la dette de 300 milliards d'euros (près de 175 % du PIB). Samedi, la chancelière allemande Angela Merkel a écarté toute idée d'effacement pur et simple de la dette, largement détenue par les États européens, à commencer par l'Allemagne (40 milliards d'euros) et la France (31 milliards).

Le président américain a ajouté qu'il espérait que la Grèce resterait dans la zone euro, mais que cela demanderait "des compromis de tous les côtés". Barack Obama s'est de manière générale montré inquiet du faible taux de croissance en Europe. "La prudence fiscale est nécessaire, les réformes structurelles sont nécessaires dans beaucoup de ces pays, mais ce que nous avons appris de notre expérience aux États-Unis, c'est que la meilleure façon de réduire les déficits et de restaurer la solidité fiscale, c'est de faire de la croissance", a-t-il déclaré. "Quand vous avez une économie qui est en chute libre, il faut qu'il y ait une stratégie de croissance, et pas seulement des efforts pour pressurer de plus en plus une population qui souffre de plus en plus", selon le président américain.

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La Finlande sera le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel

La Finlande sera le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel | Think outside the Box | Scoop.it

Le gouvernement finlandais a l’intention d’implémenter un projet pilote de versement d’un revenu de base. Ce projet figure dans la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement de centre droit dirigé par le Premier ministre Juha Sipilä, qui a pris les commandes du pays le mois dernier. La Finlande serait ainsi le premier pays européen à introduire un revenu de base inconditionnel.

 

Les détails de ce plan ne sont pas encore connus, mais tous les citoyens auraient le droit de recevoir le même revenu, sans que l’on tienne compte de leur âge, de leur état de santé ou de circonstances sociales. Tout le monde recevra le même montant, qui devrait être suffisant pour vivre modestement. Les citoyens qui souhaiteront  avoir un niveau de vie plus élevé pourront compléter ce revenu de base en gagnant un salaire au travers d’un emploi salarié, ou de l'entrepreneuriat.

Le Premier Sipilä considère que le revenu de base est un instrument approprié pour lutter contre la pauvreté. « Même pour les gens qui perdent leur emploi, le système leur permettrait de percevoir un revenu suffisant pour satisfaire leurs besoins fondamentaux », fait-il remarquer.

L’introduction d’un revenu de base permettrait de supprimer toutes les aides sociales existantes, y compris les pensions de retraite. Par conséquent, la fonction publique pourrait être sensiblement réduite, ce qui permettrait au pays de faire de substantielles économies. Le Premier Sipilä envisage de  débuter cette expérience dans des régions confrontées à un fort taux de chômage.

Tous les partenaires de la coalition, cependant, ne semblent pas être complètement conquis par ce projet. En outre, il y aurait des divergences d'opinion concernant le montant que ce revenu de base devrait atteindre. Selon l’Alliance de gauche, il devrait s’établir à 620 euros par mois ; les Ecologistes sont plus minimalistes, avec un montant de 440 euros. Quant aux Libéraux, ce sont les plus généreux, et le député libéral Björn Wahlroos évoque une fourchette de 850 à 1.000 euros par mois. Selon David Cord, chroniqueur au Helsinki Times, le revenu de base devrait atteindre 1.166 euros pour éliminer la pauvreté.

Les sondages montrent que 79% de la population finlandaise soutiennent l'idée d'un revenu de base. En outre, 65% des députés seraient prêts à approuver la proposition. Sans surprise, cependant, on observe une grande résistance des fonctionnaires, qui y voient une menace pour leur emploi, et qui sont soutenus par de puissants syndicats. 

Les opposants au projet évoquent une idée utopique, vouée à l'échec. Ils estiment que ce système va inciter la population à se détourner du travail, notamment des emplois pénibles, et qu’il provoquera  un manque de recettes fiscales.

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Les tests pour la commercialisation de produits chimiques et d'OGM sont faussés par l'alimentation des rats de laboratoire

Les tests pour la commercialisation de produits chimiques et d'OGM sont faussés par l'alimentation des rats de laboratoire | Think outside the Box | Scoop.it

Les rats de laboratoire sont fréquemment utilisés pour tester des quantités de produits chimiques ainsi que les OGM, dernière étape avant la commercialisation pour connaître leurs effets sur la santé des mammifères, et présager des risques chez les humains.Pesticides, perturbateurs endocriniens ou du système nerveux, plastifiants et additifs alimentaires sont notamment concernés. Certains sont soupçonnés d’être cancérogènes, d’autres sont progressivement interdits après avoir empoisonné la population et l’écosystème.


Or, les agences sanitaires considèrent qu’une proportion élevée d’animaux de laboratoire sont prédisposés à développer de nombreuses pathologies, et ceci d’après les archives des industriels appelées « données historiques » : 13 à 71% d’entre eux présenteraient spontanément ou naturellement des tumeurs mammaires, 26 à 93% des tumeurs hypophysaires, et le fonctionnement des reins de ces animaux serait fréquemment déficient. Cela empêche l’attribution des effets toxiques observés aux produits testés, et oblige à sacrifier un nombre important d’animaux pour tenter d’observer des résultats statistiquement significatifs  dans les tests de cancérogenèse, par exemple. Mais un doute persiste souvent et le produit demeure commercialisé. L’origine de ces pathologies est-elle génétique ou bien relève-t-elle de l’influence de l’environnement ?


Travaillant sur cette question, l’équipe du Professeur Gilles-Éric Séralini de l’Université de Caen, soutenue par le CRIIGEN, a analysé avec des méthodes normalisées et avec l’aide de laboratoires accrédités la nourriture des animaux de laboratoire. Cette alimentation provenant des cinq continents est habituellement considérée comme équilibrée et hygiénique. L’étude menée est d’une ampleur exceptionnelle; elle s’est attachée à rechercher dans 13 échantillons communs de croquettes pour rats les traces de 262 pesticides, 4 métaux lourds, 17 dioxines et furanes, 18 PCB et 22 OGM.


Les résultats sont accablants : tous les lots de croquettes contiennent des concentrations non négligeables de plusieurs de ces produits, à des niveaux susceptibles de causer des pathologies graves et de perturber le système hormonal ou nerveux des animaux. Cela masque les effets secondaires des produits testés. Par exemple, les résidus du principal pesticide du monde, à base de glyphosate et d’adjuvants très toxiques, tel le Roundup et ses génériques, ont été détectés dans 9 des 13 régimes, et 11 d’entre eux contenaient des OGM avec lesquels ce Roundup est amplement utilisé.


Il est à noter que l’un de ces lots a servi de nourriture dans une étude réglementaire du Laboratoire DuPont sur un colza transgénique tolérant au Roundup ; les croquettes des animaux témoins contenaient de manière importante des résidus de Roundup, qui provoquent des effets toxiques. L'étude a conclu à l'innocuité du colza en question alors qu’elle est bien évidemment faussée. Procéder ainsi revient tout simplement à vouloir montrer le caractère non dopant d'une substance en réalisant une étude avec Lance Armstrong comme témoin.


Il apparaît par conséquent que la consommation chronique de ces aliments pollués perturbe le bon déroulement des expériences, que l’origine des pathologies et des troubles des rats est trop rapidement imputée à des causes génétiques liées à l’espèce, « spontanées ou naturelles » comme l’affirment des agences sanitaires, et que les résultats de nombre de tests toxicologiques réglementaires conduits jusqu’à présent sont lourdement sujets à caution. Un pas de plus dans la compréhension des méthodes de compromissions et de laxisme de certains experts ?


Ainsi est favorisé l’accès sur le marché d’innombrables produits industriels potentiellement dangereux pour la santé publique.

Publié dans PLOS ONE

Jacques Le Bris's insight:

Laboratory rodent diets contain toxic levels of environmental contaminants: implications for regulatory tests
par Robin Mesnage et Nicolas Defarge*, Louis-Marie Rocque, Joël Spiroux de Vendômois et Gilles-Eric Séralini

 

*Ces auteurs ont contribué de manière égale à ce travail et doivent tous deux être considérés comme premiers auteurs

 

Contact : Pr. Gilles-Eric Séralini, Université de Caen, Institut de Biologie et Pôle Risques, Qualité et Environnement Durable.

Tel. 06 70 80 20 87 / 02 31 56 56 84

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Stephen Hawking Has Dire Prediction For Humanity

Stephen Hawking Has Dire Prediction For Humanity | Think outside the Box | Scoop.it

Renowned British physicist and author Stephen Hawking has a dire prediction for humanity: We will not survive another millennium unless we colonize another planet.

"I don't think we will survive another 1,000 years without escaping beyond our fragile planet," Hawking said in remarks delivered at Sydney's Opera House last weekend. His addresses on Saturday and Sunday were his first in Australia, but were delivered via hologram from his office in Britain.

We must continue to go into space “for the future of humanity,” he added. “I want to encourage public interest in space."

Hawking has made similar comments in the past, suggesting that technological improvements in space travel could make colonizing a new planet feasible in the future. "Sooner or later disasters such as an asteroid collision or a nuclear war could wipe us all out," he told BBC radio in 2006. "But once we spread out into space and establish independent colonies, our future should be safe." In 2010, he said humanity's future "must be" in space.

Hawking also answered several pre-submitted questions during his Sydney appearance, including a surprising one about Zayn Malik's departure from pop band One Direction. "Finally, a question about something important," he said. Hawking used the opportunity to share his thoughts on the possibility of multiple universes.

"One day there may well be proof of multiple universes," he said. "It would not be beyond the realms of possibility that somewhere outside of our own universe lies another different universe. And in that universe, Zayn is still in One Direction."

(...)

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Famille, sécurité routière, santé, chômage... Ce qui change au 1er juillet

Famille, sécurité routière, santé, chômage... Ce qui change au 1er juillet | Think outside the Box | Scoop.it

Allocations familiales calculées sur la base de leur revenu, légère augmentation des indemnités pour les demandeurs d'emploi, facilité d'accès aux soins avec la nouvelle aide à la complémentaire santé ou encore plus de prévention sur la route, dans les bâtiments et restaurants... Dès ce mercredi 1er juillet, les Français connaîtront des changements considérables dans leur quotidien.

Baisse des tarifs du gaz

 

Les tarifs réglementé du gaz vont baisser de 1,3%. Depuis le mois d'avril, les prix ne cessent de diminuer. En juin dernier, les prix avaient déjà reculer de 0,5% en moyenne pour 7,5 millions de foyers sont concernés par cette annonce. 

Calcul des allocations familiales sur la base des revenus

Il fallait jusqu'ici avoir deux enfants minimum pour pouvoir toucher les allocations familiales. Dès demain, ce seront les revenus des parents qui seront pris en considération. Une mesure qui se veut plus "juste", selon le gouvernement. Par exemple, pour une famille qui gagne plus de 6.000 euros net par mois, le montant des allocations familiales sera divisé par deux. Et au-dessus de 8.000 euros, celui-ci sera divisé par quatre. L'opposition critique vivement cette nouvelle réforme, qu'elle qualifie d'"atteinte à la politique familiale". Celle-ci toucherait alors près de 485.000 foyers en France.

 

Santé : réforme de l'ACS et du tiers payant

L'aide à la complémentaire santé qui s'adresse aux plus modestes connait également un changement important. Ce coup de pouce concernait plus d'1,2 million de personnes l'année dernière. Dès demain, les assurés devront choisir entre 10 différents contrats garantissant un panier de soins minimal. Ils ne seront également plus obligés d'avancer les frais pour se soigner. De quoi mettre en colère les médecins, qui fustigent ce nouveau bouleversement et lancent un appel à la "désobéissance civile".

 

Zéro verre d'alcool pour les conducteurs novices

Les jeunes conducteurs et mauvais élèves de la route qui repassent leur permis devront être vigilants quant à leur taux d'alcoolémie, revu à la baisse. Alors qu'il était de 0,5 g/l de sang, il sera dès demain de 0,2g/l de sang. Le taux 0 g/l n'a pas été envisagé pour éviter les "faux positifs" des conducteurs qui prennent des médicaments, dont certains peuvent être composés d'alcool. Attention, ceux et celles qui se feront prendre au volant avec taux supérieur perdront 6 points sur leur permis et devront s'acquitter d'une amende de 135 euros. 
 
Les oreillettes et kit mains-libres bannis. Les conversations téléphoniques devront se faire uniquement par haut-parleur pour les voitures et par casques pour les deux roues. Coût de l'infraction : une amende de 135 euros et 3 points de moins sur le permis de conduire.
 
Des tronçons à 80 km/h. Trois routes seront le terrain de nouvelles expérimentations : la RN7 sur 18km entre Valence et Crozes-Hermitage, la RN57 en Haute-Saône et la RN51 dans l'Yonne et la Nièvre. Les automobilistes n'y rouleront plus à 90 km/h mais à 80km/h. Tout ceci, pour plus de prévention et surtout, moins de morts sur les routes.

Nouveau seuil pour les travailleurs exposés à l'amiante

 

Bonne nouvelle pour les travailleurs exposés à l'amiante, responsable tous les ans de près de 5.000 maladies comme les cancers des poumons ou encore de la plèvre. Jusqu'ici, le seuil autorisé était de 100 fibres par litre. Début Juillet, la valeur limite d'exposition professionnelle sera dix fois moins élevée. Une urgence, lorsque l'on constate au travers d'une récente étude publiée par l'Institut national de recherche et de sécurité que le nombre de ces maladies ne cesse d'augmenter.

 

Restauration : les aliments allergènes signalés

Mieux vaut prévenir que guérir. Les aliments allergènes s'afficheront désormais sur les cartes des restaurants. Les restaurateurs ont pour obligation d'afficher sur leurs menus ou de mettre à disposition de leurs clients la présence de 14 substances provoquant des allergies ou des intolérances dans les denrées alimentaires. Les professionnels dans les cantines aussi, devront davantage alerter les consommateurs sur les différentes substances allergènes que compteront les plats proposés, au moyen d'un document officiel.

 

Allocations chômage : revalorisation pour les demandeurs d'emploi

Dès demain, les Français inscrits au fichier des demandeurs d'emploi verront leurs allocations revalorisées de 0,3%. 1,6 million de personnes seront concernées. Une augmentation qui touchera également l'allocation minimale et la partie fixe des allocations d'aide au retour à l'emploi. 

 

Hausse du prix des amendes en cas de mauvais stationnement

Les parkings seront facturés au quart d'heure. Les amendes pour stationnement gênant vont augmenter. Concrètement, un stationnement sur un passage piéton, un trottoir, ou une piste cyclable coûtera 135 euros. Jusqu'à présent l'amende s'élevait à 35 euros.

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