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Corinne Lepage: Lobby du tabac 1, santé publique 0. Aujourd'hui le lobby du tabac a gagné.

Corinne Lepage: Lobby du tabac 1, santé publique 0. Aujourd'hui le lobby du tabac a gagné. | Think outside the Box | Scoop.it

En limitant à 65% les messages sanitaires sur les paquets de cigarettes et en battant en brèche les dispositions visant à contrer le marketing des distributeurs, le Parlement européen ne tire pas les conséquences sanitaires d'un produit dont on connait la nocivité, en amoindrissant nettement le texte qu'avait proposé la Commission européenne.

Sur la question de la cigarette électronique, la commission ENVI avait voté un texte promouvant le contrôle du produit, sans contrôle du point de vente. En renversant le vote de la commission, la séance plénière ouvrirait pour le cas français, l'absence de contrôle du produit et le contrôle des points de vente. En effet, le monopole qui existe en France sur la vente du tabac est en contradiction avec la liberté des points de vente qui avait été décidé et que pour ma part je soutenais. Celle-ci pourrait être remise en cause puisque si la cigarette électronique est considérée comme un produit dérivé du tabac, les buralistes auraient alors le monopole de sa distribution et les taxes sur le tabac deviendraient applicables.

Au-delà du cadre juridique, les dispositions votées risquent d'encourager de nouveaux consommateurs à "vapotter" au lieu d'être un produit de substitution.  

Il est regrettable que les lobbies du tabac et de leurs associés aient pesé à ce point sur un texte de santé publique.

Corinne Lepage

Député Européen

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.
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Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre

Loin des tranchées : quand les multinationales européennes engrangeaient déjà les profits de la guerre | Think outside the Box | Scoop.it

Septembre 1914. Alors que les armées allemandes envahissent le Nord de la France, la mobilisation générale sonne aussi pour les industriels. Le gouvernement charge de grands patrons français de réorganiser l’économie, placée au service de la guerre. Mais pas question pour autant de sacrifier les profits ! Des deux côtés du Rhin, les bénéfices explosent pour quelques grandes entreprises. Une situation qui suscite colères et débats alors que des centaines de milliers d’hommes tombent au front. Plusieurs de ces « profiteurs de guerre » d’hier sont devenus les multinationales d’aujourd’hui.

6 septembre 1914. Les avant-gardes allemandes arrivent à Meaux, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Interrompant trois semaines de retraite, les armées françaises et britanniques font volte-face pour mener la première bataille de la Marne. À l’arrière, la mobilisation industrielle commence. Car la guerre semble devoir durer. Après un mois de conflit, l’armée manque déjà d’artillerie et de munitions. L’état-major réclame 100 000 obus par jour pour ses fameux canons de 75 alors que les ateliers n’en fabriquent que 10 000.

Le 20 septembre, le ministre de la Guerre, le socialiste Alexandre Millerand, organise une réunion à Bordeaux, où le gouvernement s’est réfugié. Y participent des représentants du Comité des forges, la plus puissante organisation patronale française, des membres de l’influente famille Wendel, propriétaire des aciéries de Lorraine, et Louis Renault, fondateur des usines éponymes. Des « groupements industriels régionaux » sont créés. Ils serviront d’intermédiaires entre l’État et l’armée d’un côté, les gros industriels et leurs sous-traitants de l’autre, pour répondre aux commandes. Les grandes entreprises en prennent la direction, comme la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d’Homécourt, ou les établissements Schneider (Le Creusot), créés en 1836 et l’un des principaux fournisseurs d’armement français. Ces deux entreprises sont les aïeux de ce qui deviendra beaucoup plus tard Arcelor Mittal et Schneider Electric.

Quant à Louis Renault, il dirige la mobilisation des industriels en région parisienne. Une occasion inespérée alors que la marque au losange connaît de sérieuses difficultés avant la guerre. Côté allemand aussi, on s’organise. Début octobre, une commission destinée à développer des gaz de combat est lancée. Carl Duisberg, le patron de l’entreprise chimique Bayer en prend la tête (voir notre prochain article, publié le 2 septembre).

De grandes épopées industrielles commencent grâce au conflit

En France, cette réorganisation de l’appareil productif porte lentement ses fruits. Entre 1915 et 1917, les usines Renault doublent leur production de camions, et assembleront plus de 2000 chars FT-17, tout en fabriquant 8,5 millions d’obus. D’autres futurs constructeurs automobiles français se lancent à la faveur du conflit, avant même de fabriquer des voitures. La première usine d’André Citroën est construite en 1915 quai de Javel à Paris. Et son premier gros contrat ne concerne pas des voitures, mais des obus. À la fin du conflit, Citroën aura livré plus de 24 millions d’obus. Opportunité similaire pour l’usine sidérurgique des frères Peugeot à Sochaux, qui assemble obus et moteurs d’avions. Elle ne fabriquera sa première voiture qu’en 1921 (Peugeot et Citroën fusionneront en 1976).

C’est aussi en pleine guerre que naît ce qui deviendra le groupe Dassault. Le jeune ingénieur Marcel Bloch – futur Marcel Dassault – doit répondre à sa première commande en 1916 : fabriquer une cinquantaine d’hélices d’avion d’un nouveau modèle, baptisées Éclair, pour équiper les biplans de l’armée de l’air. « De grandes figures comme Louis Renault, ou Ernest Mattern chez Peugeot, s’imposent dans l’histoire de leurs entreprises, et ces industriels, parfois en accord avec l’État, parfois sans son accord, contribuent aussi puissamment à l’effort de guerre qu’à la croissance de leur propre empire industriel », écrivent les historiens Antoine Prost et Jay Winter [1].

Un capitalisme d’intérêt général ?

Ces entreprises, aujourd’hui devenues de grandes multinationales, s’enorgueillissent de leur contribution à « la victoire finale ». « À l’instar de très nombreux industriels, l’entreprise accentue son activité en faveur de l’effort de guerre national », explique Schneider sur son site, assurant être « l’un des grands acteurs de la victoire ». Michelin, qui fournit pneumatiques, masques à gaz, toiles de tente ou avions de combat Bréguet, affiche son « effort de guerre comme soutien patriotique ». Tout comme Renault : « Pendant la première guerre mondiale, l’entreprise fabrique camions, brancards, ambulances, obus, et même les fameux chars FT17 qui apportent une contribution décisive à la victoire finale » [2]. Dassault aviation et la société Safran, dont l’ancêtre, la Société des moteurs Gnôme et Rhône, produit des moteurs pour l’aviation de combat, sont de leur côté partenaires de la mission du centenaire de la Grande guerre.

À l’époque, ces élites économiques « se proclament mobilisées, non dans les tranchées, bien sûr, dont on laisse l’honneur aux glorieux héros, mais depuis le fauteuil de la direction de l’usine, d’un conseil d’administration ou encore d’une chambre consulaire », écrit l’historien François Bouloc, dans sa thèse sur « Les profiteurs de la Grande Guerre » [3]. « Effort de guerre national », « soutien patriotique », « contribution décisive à la victoire »… « Un capitalisme d’intérêt général verrait alors jour, sous l’effet puissant d’un inébranlable consensus patriotique », ironise l’historien.

Le capitalisme s’est-il mis pendant quatre ans en suspens ? Les industriels se sont-ils totalement mobilisés, sans esprit lucratif, au service de la communauté nationale et des hommes qui meurent en masse au front lors d’aberrantes offensives ? « Sollicités serait peut-être un terme plus approprié pour qualifier le type d’implication attendu de la part des industriels produisant pour la défense nationale. C’est en effet avec beaucoup de prévenance que l’État a recours à l’appareil productif privé, n’usant que marginalement du droit de réquisition prévu par la loi, concédant de larges avances pour permettre les immobilisations de capital nécessaires à l’adaptation ou à la création des outils de production. Certes, un contrôle de plus en plus étroit s’installe progressivement, en amont et en aval de la production, mais sans obérer les importants profits de guerre, réalisés grâce à la combinaison d’une forte demande et des hauts prix consentis », explique François Bouloc. À la différence des 7,9 millions d’hommes mobilisés pendant toute la durée de la guerre, pas question pour les élites économiques de risquer le sacrifice ultime.

« On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels »

Le chiffre d’affaires de Renault est ainsi été multiplié par quatre entre 1914 et 1918, passant de 53,9 millions de francs en 1914 à 249 millions de francs en 1919 [4]. Michelin négocie âprement la hausse de ses prix, prétextant de la volatilité des cours du caoutchouc. L’entreprise d’André Citroën réalise de son côté une marge bénéficiaire de l’ordre de 40 % [5] ! De même que Schneider : « Les bénéfices bruts déclarés de Schneider et Cie atteignent un maximum de 40% à la fin et au lendemain de la guerre et permettent de répartir pour les trois exercices de 1918 à 1920 des dividendes représentant le tiers du capital nominal », pointe l’historien Claude Beaud, spécialiste de la multinationale. Avec l’armistice, le groupe acquiert aussi des actifs en Allemagne et dans l’ancien empire austro-hongrois, notamment les établissements Škoda en République tchèque. Associé à la banque d’affaires l’Union bancaire et parisienne (aujourd’hui absorbé par le Crédit du Nord, filiale de la Société Générale), Schneider fonde en 1920 une puissante holding pour gérer ses participations en Europe de l’Est, « l’Union européenne industrielle et financière »… Cela ne s’invente pas !

À l’époque, ces importants profits suscitent débats et mécontentements. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », lance Anatole France quatre ans après l’armistice, le 18 juillet 1922, dans une lettre publiée en une de L’Humanité, le quotidien fondé par Jaurès. Dès les premiers mois de guerre, les polémiques surgissent. De la Mer du Nord à Mulhouse, les accusations contre les « profiteurs » de l’arrière se propagent sur le front. En mai 1915, un rapport de la Commission des finances de l’Assemblée nationale regrette que le ministre de la Guerre Alexandre Millerand se soit « livré [aux industriels] sans défense le jour où on leur a demandé de fabriquer coûte que coûte ».

Les commandes sont livrées en retard, du matériel est défectueux, nombre d’usines sidérurgiques n’étant pas préparées à fabriquer des armes, et à un tel rendement. Des obus de 75 sont facturés 14 francs au lieu de 10 francs, pointe la Commission des finances. Beau profit quand ils sont fabriqués par millions ! « Le ministère de la guerre est enfin accusé de n’avoir prévu dans les contrats aucune pénalité financière pour retard et inexécutions », écrit Jean-Louis Rizzo, dans sa biographie du socialiste Alexandre Millerand.

Des profits embusqués des deux côtés du Rhin

En juillet 1916, une loi établit une contribution extraordinaire sur les bénéfices exceptionnels réalisés pendant la guerre. Mais l’administration fiscale aura bien du mal à obtenir les documents des entreprises. « La société Michelin ne cessa pas pendant la guerre d’entourer ses résultats comptables du plus grand secret », illustre ainsi Anne Moulin, dans une étude sur l’industrie pneumatique à Clermont-Ferrand [6]. « À la fin de la guerre, avec les réserves et les provisions diverses dont il disposait, ainsi que grâce aux bénéfices des filiales étrangères, Édouard Michelin avait donc à sa disposition un « trésor de guerre » lui laissant une marge de manœuvre considérable », décrit l’historienne, s’appuyant notamment sur le rapport du député radical-socialiste Paul Laffont, rédigé en 1918. Le grand rival de Michelin, les établissements Bergougnan, distribuent, entre 1914 et 1918, 21,6 millions de francs à ses actionnaires… Avant d’être rachetés par Édouard Michelin.

La contribution extraordinaire sur les profits de guerre de 1916 suscitera l’opposition des industriels. « Qu’on parle d’imposer les gains amassés sur les fournitures de guerre et aussitôt, ce prodige qu’est le capitalisme désintéressé s’évanouit, laissant le devant de la scène à la rationalité ordinaire, celle du meilleur écart entre le bénéfice net et le chiffre d’affaires. (…) La comptabilité en partie double prévaut alors, et elle ne comporte en général pas de rubrique « intérêt de la patrie ». La guerre se présente alors pour ce qu’elle est aux yeux des industriels : une conjoncture économique riche de potentialités », commente François Bouloc.

Les profits amassés par l’industrie à la faveur du conflit font débat des deux côtés de la ligne bleue des Vosges. En Allemagne, une commission parlementaire examine aussi à partir de 1916 les gains des entreprises impliquées dans les productions militaires. Les industries coopèrent peu, mais la commission obtient quelques résultats probants. Elle établit que les seize plus grandes entreprises houillères et sidérurgiques allemandes ont multiplié leurs bénéfices par au moins huit entre 1913 et 1917 ! Près de trois-quarts du chiffre d’affaires de Bayer, qui produit notamment le tristement célèbre gaz moutarde, vient de ses productions de guerre. L’Allemagne aussi voit des épopées industrielles naître à la faveur du conflit : le futur constructeur automobile BMW se lance en 1917 en fabriquant des moteurs pour les avions de combats. Après l’armistice, même si les industriels allemands subissent confiscations et obligations de détruire leurs usines d’armement, les grandes entreprises comme Krupp se sont vite relevées.

Des colonies très profitables

Krupp équipe l’armée allemande en artillerie. C’est l’entreprise qui a mis au point le canon géant la « grosse Bertha ». D’une portée de 120 km, la « grosse Bertha » tirera en 1918 plus de 300 obus sur Paris pour faire craquer psychologiquement la population. Krupp – aujourd’hui fusionné avec Thyssen – a alors plus que doublé ses bénéfices. Ceux-ci passent de 31 millions de marks en 1913-1914 à plus de 79 millions en 1916-1917. Le fabricant d’armes allemand Rheinmetall, fondé en 1899, a lui multiplié ses profits par dix grâce à la guerre : de 1,4 million de marks à plus de 15 millions [7].« Celui qui réalise des performances exceptionnelles dans des circonstances exceptionnelles a le droit à une rémunération exceptionnelle », justifie alors le directeur du groupement de l’industrie allemande de l’acier et du fer, Jakob Reichert. Il ne parle évidemment pas de ce qu’endurent les fantassins dans la boue et la mitraille des tranchées… « Pour ces grandes entreprises, la guerre s’est révélée être quelque chose d’indiscutablement très profitable », analyse l’historien allemand Hans-Ulrich Wehler.

L’économie de guerre et les profits qu’elle génère se globalisent. Au Royaume-Uni, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell (fondée en 1907) grandit également à la faveur du conflit. Elle approvisionne en essence le Corps expéditionnaire britannique envoyé sur le continent (600 000 soldats en 1916). Shell fournit aussi 80 % du TNT utilisé par l’armée. Tout en continuant à prospecter du pétrole dans des zones à l’abri du conflit, comme le Venezuela, le Mexique ou la Malaisie. À la fin des années 1920, Shell devient la première compagnie pétrolière mondiale. Car les matières premières jouent un rôle crucial.

Dans les mines du Katanga au Congo belge (la République démocratique du Congo aujourd’hui), la production de cuivre s’intensifie. « Les obus britanniques et américains à Passendale, Ypres, Verdun et dans la Somme avaient des douilles en laiton composé à 75% de cuivre katangais. Les pièces de leurs canons étaient faites en cuivre pur durci. Les balles de leurs fusils avaient quant à elles des douilles en cuivre blanc avec une teneur en cuivre de 80%. Les torpilles et les instruments de marine étaient fabriqués en cuivre, en bronze et en laiton », raconte le journaliste belge David Van Reybrook [8]. Plusieurs cultures sont rendues obligatoires, comme le coton pour les uniformes. Résultat : « En pleine guerre, les exportation coloniales passèrent de 52 millions de francs belges en 1914 à 164 millions en 1917. » Pour le plus grand bonheur des actionnaires de l’Union minière du Katanga, dont la banque Société générale de Belgique, aujourd’hui intégrée dans Suez (GDF Suez et Suez Environnement).

L’hyperproductivité, un devoir patriotique

Toute l’industrie ne profite pas au même niveau de la Grande Guerre. Mais globalement, « le vaisseau du capitalisme français ne se trouve donc pas trop malmené par le typhon qui fait rage sur l’Europe et la France entre 1914 et 1918 », souligne l’historien François Bouloc. « Le premier conflit mondial s’avère en effet être une conjoncture économique favorable doublée d’un moment de mutations sociales et organisationnelles très favorables au capital et, a contrario, défavorables au travail ». Pendant que les industriels arrivent à préserver, voire à augmenter, leurs marges, « les travailleurs sont quant à eux sommés d’oublier l’ennemi de classe pendant le conflit », rappelle l’historien.

Les niveaux de rendement exigés dans les usines sidérurgiques et d’armements imposent des réorganisations. Le taylorisme débarque en France – André Citroën en sera l’un des plus fervents adeptes. Sans que les ouvriers puissent s’y opposer. Car les ouvriers qualifiés – les affectés spéciaux – travaillent dans la menace permanente d’être renvoyés au front. Le discours sur l’Union sacrée, auquel se sont ralliés les syndicats majoritaires, domine. Chacun est sommé de se fondre dans un « esprit de travail », et de laisser pour plus tard ses revendications. « Devenue un devoir patriotique, l’hyperproductivité donnait un argument de poids à la réorganisation taylorienne du travail [...] Le salaire à la tâche, qui indexait directement la paye des ouvriers sur la vitesse et la précision de leur production, fut l’aspect le plus souvent retenu du système de Taylor », décrit l’historienne Laura Lee Downs [9].

Si les grèves se multiplient à partir de 1917, motivées par la hausse des prix ou la revendication du samedi chômé, elles sont principalement menées par les femmes, recrutées en masse pour remplacer les ouvriers partis au front. « Ainsi, ce contre quoi les ouvriers qualifiés avaient lutté pied à pied avant 1914 se trouvait irrémédiablement instauré dans les ateliers, la déconfiture politique de 1914 de l’internationalisme face à la guerre se trouvant par là augmentée d’une défaite sociale » , observe François Bouloc.

Dans l’entre-deux guerres, la question des profits de guerre ne cesse de revenir dans le débat politique. En Italie, où l’on parle de « requins », « le premier programme fasciste – un modèle de démagogie – prévoyait la confiscation de 85% des bénéfices de guerre », rappelle l’historien toulousain Rémy Cazals [10]. En 1938, en France, alors que le second conflit mondial s’approche, une loi sur l’organisation de la nation en temps de guerre interdit aux sociétés qui travaillent directement pour la défense nationale d’engager, à ce titre, des bénéfices. Le 20 septembre 1939, alors que les armées du 3ème Reich envahissent la Pologne, le député Paul Reynaud déclare à l’Assemblée nationale qu’il n’est pas possible, à l’occasion du conflit qui commence, de « tolérer l’enrichissement scandaleux de la guerre de 14-18 » [11]. La défaite éclair de l’armée française en 1940 coupe court à cette inquiétude. Une autre page se tourne, celle de la collaboration avec le régime nazi, y compris économique. Une collaboration à laquelle nombre de patrons français vont participer sans trop de scrupules. Mais là, c’est une autre histoire.

Ivan du Roy et Rachel Knaebel

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Le suicide de la gauche

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Depuis le début de la Ve République, la gauche a traversé bien des épreuves, subit bien des défaites, voire des désastres. Elle a commencé par vingt-trois ans d’exil intérieur (1958-1981) avant que, d’alternances en cohabitations, elle connaisse les sorts les plus extrêmes, des victoires hautement symboliques (1981, 1988, 1997, 2012) s’intercalant entre des échecs (1986, 2007) ou des déroutes (1993, 2002). Cette fois-ci, elle roule cependant comme jamais au fond de l’abîme car aux circonstances noires comme un tableau de Soulages s’ajoute une violente décomposition qui tient du suicide collectif.

En 2014, la gauche française est en train de se faire hara-kiri. Elle s’ouvre le ventre comme la gauche allemande dans les années 30. Conjoncture économique anxiogène, situation sociale calamiteuse, élections intermédiaires funèbres, sondages qui résonnent comme le glas, le décor ressemble à un faire-part de décès. Les acteurs sont à l’unisson : les trotskistes sont en guerre contre le gouvernement, le Parti communiste est entré en opposition, les écologistes ont claqué la porte de la majorité, les radicaux de gauche ont des états d’âmes. Pire : au sein même du Parti socialiste, les militants sont effondrés, les électeurs, pleins d’amertume et de ressentiment, se débandent, les frondeurs se transforment en snipers fanatiques. A cela s’ajoute maintenant la crise gouvernementale la plus violente depuis 1976 et la rupture fracassante entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing. Arnaud Montebourg, Cincinnatus de Frangy-en-Bresse, rompt avec Hollande et Valls sur un ton cornélien. Benoît Hamon abandonne le ministère de l’Education nationale à une semaine de la rentrée scolaire, Aurélie Filippetti se transforme en intermittente du spectacle politique. L’élection de 2017 paraît d’ores et déjà irrémédiablement perdue.

La France allait certes très mal bien avant l’entrée de François Hollande au palais de l’Elysée et celle de Manuel Valls à l’hôtel de Matignon. Elle va désormais plus mal encore. Comme toujours, le pouvoir a servi de révélateur. Les socialistes sont mal à l’aise au gouvernement, acteurs contraints de jouer des rôles à contre-emploi. Jadis, Laurent Fabius, Michel Rocard et surtout Lionel Jospin donnaient, rue de Varenne, l’espoir de réconcilier la gauche avec le pouvoir. François Mitterrand n’était peut-être pas vraiment de gauche mais nul ne pouvait discuter sa stature présidentielle. Aujourd’hui, la majorité se fissure, éclate et rétrécit jusqu’à devenir artificielle. François Hollande et Manuel Valls ne disposent plus que d’une majorité parlementaire négative. Dans le pays, la gauche est une minorité aux abois qui ne tient que par les robustes institutions. C’est d’ailleurs pour cela que Jean-Luc Mélenchon rêve d’une VIe République : il faut briser le dernier parapet.

En fait, on constate plus que jamais qu’il existe deux gauches faites pour ne pas s’entendre. Trotskistes, communistes, écologistes et une fraction du PS - faible au sommet, forte à la base - rêvent d’une autre société au sein d’un autre monde. Faute de pouvoir changer le monde, justement, cette gauche accable le système et ses énormes défaillances, regarde les sociaux-démocrates comme les complices d’un univers honni. En face, la majorité du PS officiel et une moitié de son électorat ainsi que les radicaux de gauche assument la culture de gouvernement avec les compromis, les échecs, les erreurs, les déceptions qu’elle implique. Il y a en somme la gauche du pays où l’on n’arrive jamais et la gauche du pays où l’on arrive toujours. Elles se parlent parfois, elles ne se comprennent jamais. Elles ne parviennent à coexister plus ou moins qu’après une traversée commune du désert et lorsqu’existe une forte personnalité capable de les rassembler sous son autorité (Mitterrand, Président, Jospin, Premier ministre). C’est aujourd’hui moins le cas que jamais. La gauche qui rêve s’éloigne irrésistiblement de la gauche qui rame. Mécaniquement, toutes deux sont donc nettement minoritaires chez les Français, la première comme toujours, la seconde comme souvent.

La conséquence quasi inéluctable de cette décomposition suicidaire est que grandit à chaque épisode le spectre d’un nouveau 2002, et même d’un 2002 en pire. Les circonstances peuvent s’améliorer d’ici au printemps 2017, le climat a fort peu de chance de s’inverser. Les fractures de la gauche ne peuvent que s’accentuer : Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot, Arnaud Montebourg appliquent déjà une stratégie personnelle présidentielle, d’abord diriger contre François Hollande. Au lieu d’une compétition légitime gauche - centre - droite, le risque évidant est d’aboutir à une confrontation brutale droite - extrême droite, avec une droite nettement plus déchirée qu’en 2012 et une extrême droite beaucoup plus puissante.

Alain DUHAMEL
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Behind the Gates of an Ebola Ward With a Burial Team

Behind the Gates of an Ebola Ward With a Burial Team | Think outside the Box | Scoop.it


Blue steel gates guard the back entrance to an Ebola treatment center, where new patients flood in faster than bodies are removed. Today, I met a burial team tasked with collecting and burning the bodies – a dangerous but crucial job amid the worst-ever outbreak.



Get the Latest on the Ebola Outbreak

Looking for Hope in a Hot Zone

A guard opened the gates and motioned us inside. We found ourselves in the same courtyard where yesterday patients were sitting, waiting to be tested, and dying. Today, the rain-soaked courtyard was active in a different way. Six workers wearing protective gear were standing at the back of a long blue flatbed truck, the front end of which was stacked with bodies in white bags. The back end was empty, but not for long.

"How many bodies have you collected here?" I asked one of the workers. Nine so far, he told me. Nine deaths in just one day. Just then, two more workers emerged from the isolation ward carrying a tenth body to the truck. I could see two faces looking out through a metal screen from the isolation ward. What could they be thinking? How do you maintain hope when you see so many dying around you?

Dr. Richard Besser/ABC News
PHOTO: A truck comes to collect bodies from a makeshift Ebola ward in Monrovia, Liberia.

Yesterday, the ward housed around 60 patients. By this morning, there were 80, a guard told me. "We have no room for anymore," he said. He had been working at the clinic since it opened less than two weeks ago and the toll was visible on his face. "See those people over there?" he said, motioning to a trio of people lying on the ground under a UNICEF shelter. "They have Ebola, but we have no room for them."

Dr. Richard Besser/ABC News
PHOTO: A truck collecting bodies of deceased Ebola victims is pictured in Liberia.

With no room in treatment centers, some people are dying in their homes. And one of the main ways that Ebola is spreading is through the ritual cleaning and touching of loved ones at funerals. To help curb the outbreak, burial teams are trying to quickly collect bodies from communities and send them for cremation. As hard as this is for families, it’s essential for disease control.

Dr. Richard Besser/ABC News
PHOTO: Ebola workers are pictured disinfecting in Liberia.

I spoke with Mark, the head of the burial team. "We are headed to a house in the community where we hear there are five bodies of Ebola victims,” he said. “Then we are heading to ELWA hospital to pick up from there." Mark heads one of just four burial teams in the area – not nearly enough to meet the demands of this deadly outbreak.

As we drove off, the big blue gates closed behind us. The rain kept coming down as the patients lay there waiting. Without more resources and support, without more medical services, more and more of them will be exiting in the big blue truck.

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Comment peut-on guérir d'Ebola ?

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Deux humanitaires ayant reçu un traitement expérimental sont sortis de l'hopital le 21 août. Est-ce qu'il a permis leur guérison et que risquent-ils ?


Kent Brantly et Nancy Writebol, deux humanitaires américains rapatriés aux Etats-Unis après avoir contracté le virus Ebola, sont sortis guéris de l'hôpital d'Atlanta, jeudi 21 août. Ils y avaient reçu un traitement expérimental autorisé par l'Organisation mondiale de la santé, baptisé « ZMapp ».

Ce traitement, qui n'avait auparavant été testé que sur huit macaques, a été également livré au Liberia, pays particulièrement touché par l'épidémie, mais ses stocks sont désormais épuisés.

Quel est le traitement général de la maladie ?

Pour la majorité des malades pris en charge, l'équipe médicale tente de lutter contre les symptômes de la fièvre hémorragique. En s'attaquant à la fièvre et à la diarrhée et en réhydratant le patient, notamment par le biais de transfusions sanguines, l'organisme du patient est en mesure de développer une réponse immunitaire.

« Le traitement des symptômes est le seul qu'on maîtrise, et qui ne produit pas d'effet secondaire », analyse Sylvain Baize, directeur du centre national de référence des fièvres hémorragiques de l'Institut Pasteur.

Mais, malgré ces soins, la maladie reste mortelle. Pour l'épidémie actuelle qui ravage l'Afrique de l'Ouest, une personne contaminée sur deux meurt. En moyenne, le taux de létalité de la fièvre Ebola varie entre 25 % et 90 %, en fonction notamment de la prise en charge des malades, mais également de la souche du virus. Si l'épidémie actuelle est provoquée par la souche « Zaïre », il en existe cinq différentes, qui ont un taux de mortalité plus ou moins important.

Qu'est-ce que le ZMapp ? A-t-il permis de sauver des patients ?

Si de nombreuses recherches visent actuellement l'élaboration de traitements contre le virus Ebola, tous sont encore en phase d'expérimentation. Le ZMapp est le seul à avoir été autorisé par l'Organisation mondiale de la santé à titre expérimental, bien que tous ses tests cliniques n'aient pas encore été effectués.

Lire notre décryptage : Ebola, les pistes de recherche de traitements et de vaccins

« Est-ce que le ZMapp fonctionne ? Nous ne le savons pas », confesse sur son site le laboratoire Mapp, à l'origine du traitement. Si la recherche se poursuit, l'utilisation du traitement pour soigner les personnes déjà touchées ne constitue pas un test clinique satisfaisant. En effet, rien ne permet de savoir si les personnes ont guéri en raison du traitement ou grâce aux autres soins prodigués. « Les essais cliniques ne se font pas sur deux patients. Et il s'agit ici plus d'un acharnement thérapeutique que d'un essai clinique validé », poursuit M. Baize.

Le Liberia a reçu également des doses de sérum, qu'il a notamment injecté à deux de ses médecins. Mais en les offrant au pays, le laboratoire Mapp a vidé l'intégralité de son stock disponible, car cette production était jusque-là réservée aux test cliniques sur les animaux. Le processus industriel et biologique permettant de produire de nouvelles molécules prend du temps.

Lire aussi : La course contre la montre des chercheurs

La transfusion de sang de patients guéris fonctionne-t-elle ?

Le Dr Kent Brantly, l'un des deux patients américains, avait également reçu le sang d'un adolescent de 14 ans qui avait survécu à la fièvre. L'idée d'un tel traitement, essayé depuis les premières apparitions du virus, en 1976, est de faire bénéficier le malade des anticorps produits par le survivant.

Maix ce choix d'en faire bénéficier le médecin américain surprend cependant l'expert en maladies infectieuses, car « les résultats ont toujours été controversés ». « Le virus Ebola n'induit pas de nombreux anticorps neutralisants », ajoute Sylvain Baize, c'est-à-dire que les anticorps, s'ils permettent d'éradiquer le virus, ne le neutralisent pas complètement.

Peut-on être contaminé deux fois par le virus Ebola ?

« On n'a jamais eu à décrire des cas de survivants à la fièvre Ebola remis en contact avec le virus. Mais d'après ce que l'on sait, quelqu'un qui a survécu à une première infection est protégé de la seconde », explique M. Baize. « L'organisme produit des anticorps pendant très longtemps, il est donc protégé du même type de virus. » Le malade n'a donc qu'un très faible risque d'être à nouveau touché par le virus Ebola, pour autant qu'il s'agisse de la même souche.

En effet, il existe plusieurs souches du virus, responsable des différentes épidémies depuis 1976. Celui qui touche les pays du golfe de Guinée actuellement est de souche « Zaïre », et les survivants ne seraient protégés que de celle-ci.

Voir aussi notre vidéo : Pourquoi et comment l'Ebola s'est répandu aussi vite

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Principales dates de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest

Principales dates de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest | Think outside the Box | Scoop.it
Rappel des principales dates depuis l'annonce en Guinée des premiers cas de fièvre hémorragique en grande partie due au virus Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest.


Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie a fait au moins 1.229 morts sur 2.240 cas (confirmés, suspects ou probables): 466 au Liberia, 394 en Guinée, 365 en Sierra Leone et quatre au Nigeria.


--MARS 2014--

- 22: L'épidémie qui sévit dans le sud de la Guinée est due au virus Ebola et a fait au moins 59 morts, annoncent les autorités, sur la base d'examens réalisés en France. Le 27, Ebola atteint Conakry.

- 31: Deux cas de fièvre Ebola confirmés au Liberia (OMS). Des rapports officiels avaient fait état de huit cas suspects recensés dans le Nord, dont six morts.


--AVRIL--

- 5: La mobilisation se renforce avec le déploiement d'équipes médicales à l'aéroport de Conakry.

- 8: L'épidémie est l'une de celles qui comportent "le plus de défis" depuis l'apparition de la maladie il y a près de 40 ans, estime l'OMS, soulignant qu'il n'y a "pas eu jusqu'à présent d'épidémie d'Ebola dans cette partie de l'Afrique".


--MAI--

- 26: La Sierra Leone annonce son premier cas confirmé.


--JUIN--

- 21: Selon l'OMS, un "relâchement" de la vigilance a provoqué une "deuxième vague" d'épidémie. Le 23, Médecins sans frontières (MSF) affirme que la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone comptent "60 foyers actifs".


--JUILLET--

- 3: L'épidémie va durer encore "plusieurs mois" (responsable OMS).

- 25: Le Nigeria annonce le premier cas d'Ebola, un Libérien ayant voyagé par avion de Monrovia à Lagos où il meurt à l'hôpital. Les autorités placent ports et aéroports en alerte.

- 30: Ebola est "hors de contrôle" et il y a un "réel risque de voir de nouveaux pays touchés" (MSF). Le Liberia, qui a clos une partie de ses frontières, ferme ses écoles.


--AOUT--

- 5: La Banque mondiale annonce qu'elle va mobiliser 200 millions de dollars d'aide aux pays touchés.

- 8: L'OMS décrète une "urgence de santé publique mondiale" et demande une "réponse internationale coordonnée". Le Nigeria décrète l'état d'urgence sanitaire, rejoignant le Liberia et la Sierra Leone, qui avaient aussi mis en quarantaine certaines de leurs zones affectées.

- 12: Le comité d'experts de l'OMS approuve l'emploi de traitements non homologués.

- 13: Le Liberia reçoit des doses du sérum expérimental américain ZMapp. Celui-ci a donné des résultats positifs sur deux Américains contaminés dans le pays, mais n'a pas permis de sauver un prêtre espagnol.

La Guinée décrète "l'urgence sanitaire nationale", avec une série de mesures, dont un cordon sanitaire, des renforcements de contrôle et des restrictions de déplacements.

- 15: L'OMS estime que l'ampleur de l'épidémie est "largement sous-évaluée". MSF parle d'une situation qui "se détériore plus vite que notre capacité à y faire face". "Si on ne stabilise pas la situation au Liberia, on ne parviendra jamais à stabiliser la région" (MSF).

Le Programme alimentaire mondial va étendre ses interventions à un million de personnes.

- 18: Le Cameroun, jusque-là préservé, ferme ses frontières avec son grand voisin nigérian. Le Burkina Faso reporte une réunion de l'Union africaine prévue début septembre.

- 19: Le Liberia affirme que dix-sept malades échappés d'un centre d'isolement à Monrovia attaqué il y a deux jours ont été retrouvés. "Trois médecins (libériens) qui ont reçu le médicament expérimental ZMapp réagissent au traitement".

La Banque africaine de développement (BAD) annonce une aide de 60 millions de dollars (45 millions d'euros) aux pays touchés.

Deux cas suspects --deux hommes venus du Nigeria-- font l'objet d'investigations en Autriche.

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Pourquoi Ebola touche une majorité de femmes

Pourquoi Ebola touche une majorité de femmes | Think outside the Box | Scoop.it
La maladie d'Ebola, qui a déjà coûté la vie à au moins 1.229 personnes en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et au Nigéria touche une majorité de femmes. Voici pourquoi.


Comme les épidémies d'Ebola sont probablement dues aux animaux infectés, les hommes qui chassent les animaux et traitent leur viande sont les premiers infectés par le virus. Cependant, au fur et à mesure que la maladie se propage, ce sont surtout les femmes qui en sont victimes.

Selon Unicef, 55 à 60 pour cent des victimes décédées de l'épidémie actuelle au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone sont des femmes. "Les professionnels de la santé se composent surtout de femmes et elles se trouvent en première ligne de cette crise", explique Sia Nyama Koroma, la première dame de Sierra Leone au quotidien The Washington Post.

Selon la ministre libérienne de l'Égalité des sexes et du Développement, Julia Duncan-Cassell, 75 pour cent des victimes d'Ebola au Libéria sont des femmes. "Les femmes sont les premières dispensatrices de soins. Quand un enfant est malade, on lui dit 'Va voir ta mère'. En outre, les femmes traversent la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone pour commercialiser leurs biens au marché. Et quand quelqu'un meurt dans la famille, c'est une femme qui prépare l'enterrement, généralement une tante ou une membre de la famille plus âgée".

Pas la même protection

Comme elles soignent les membres de leur famille, les femmes en Afrique de l'Ouest courent plus de risques de contracter le virus. En outre, les femmes aident aux accouchements et travaillent comme infirmières et femmes de ménage dans les hôpitaux où elles ne bénéficient pas du même soutien et de la même protection que les médecins, qui sont surtout des hommes.
Selon le porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Libéria, Maricel Seeger, il est capital que les femmes soient sensibilisées afin de contrer la propagation du virus étant donné qu'elles jouent un rôle important d'"informatrices au sein de leur communauté".

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L'actualité du virus Ebola en temps réel

L'actualité du virus Ebola en temps réel | Think outside the Box | Scoop.it
Charting the Path of the Deadly Ebola Virus in Central Africa. PLoS Biol 3/11/2005
Sur cette page, suivez l'actualité de la nouvelle épidémie du virus Ebola, apparue en Guinée en février 2014. Cette page est mise à jour dès que l'actualité l'exige.

Pour suivre le développement en temps réel de l'épidémie du virus Ebola, vous pouvez aussi suivre le compte Twitter que nous avons créé à cet effet.

Suivre l'actualité du virus Ebola sur Twitter :

@Ebola_Info


Au cours du mois de février 2014, une nouvelle épidémie du virus Ebola (image ci-dessus) a vu le jour dans le sud de la Guinée. Cette épidémie s'est rapidement étendue aux pays voisins. Cette page récapitule les derniers évènements d'actualité liés à la nouvelle épidémie du virus Ebola.

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Christiane Taubira défie Manuel Valls à La Rochelle

Christiane Taubira défie Manuel Valls à La Rochelle | Think outside the Box | Scoop.it

La Garde des sceaux a assisté à la réunion des frondeurs qui contestent l'orientation politique du gouvernement. Le premier ministre minimise le geste. «C'est bien que cette université d'été montre qu'il y a des débats», assure-t-il.


Les socialistes redoutaient l'embrasement de leur université d'été. C'est fait. Et c'est Christiane Taubira qui l'a provoqué, samedi matin vers 10h30, en rendant une visite surprise aux frondeurs rassemblés dans un amphithéâtre de La Rochelle. Un soutien implicite à ce mouvement qui conteste l'orientation politique du gouvernement et un défi ouvert lancé à Manuel Valls.


Arrivée en vélo, la garde des Sceaux a reçu l'ovation debout des centaines de militants socialistes qui assistaient à la réunion. Moins d'une semaine après les attaques d'Arnaud Montebourg contre François Hollande, et le remaniement qui s'en est suivi avec son exclusion, c'est une nouvelle crise qui s'ouvre au gouvernement, même si Christiane Taubira n'a pas pris la parole devant les frondeurs. Car la question qu'elle a ainsi posé au premier ministre est celle de savoir s'il osera s'en prendre à elle, icône intouchable de la gauche. En clair, s'il la maintiendra en poste alors qu'elle affiche son opposition à sa ligne. «Elle est entrée dans une démarche, elle sait ce qu'elle fait. Elle s'attend à ce qu'on lui dise qu'elle ne peut pas faire ça», assure Henri Emmanuelli.



La politique c'est le courage de s'interroger

Christiane Taubira, samedi à La Rochelle.

«Vous croyez que le premier ministre est intolérant?», a feint de s'interroger Christiane Taubira en quittant la réunion des frondeurs. La politique c'est le courage de s'interroger. Ce matin j'y ai pris ma part. J'assume les conséquences éventuelles». À savoir son limogeage. Car même si Christiane Taubira n'a pas critiqué ouvertement la ligne politique de Manuel Valls, sa seule présence au milieu des opposants au premier ministre a valeur de symbole. «Qui est leur chef? demandait vendredi soir le patron hollandais des députés PS, Bruno Le Roux. Je veux bien discuter avec eux mais j'ai l'impression que si je les réunis, je vais avoir quinze personnes en face de moi».



Manuel Valls a assuré que la cohésion du gouvernement n'était pas mise en cause. «C'est bien que cette université d'été montre qu'il y a des débats, des discussions. Vous savez, le pays a des doutes, des interrogations, il a exprimé des colères et des frustrations à l'occasion du dernier scrutin, et il n'y aurait pas un débat?», a poursuivi Manuel Valls lors de son arrivée à La Rochelle.

A défaut de leader, les frondeurs ont désormais un visage. Ce qui n'est pas forcément pour leur plaire. S'ils disaient assumer un débat «musclé» entre socialistes, ils n'étaient pas prêts à la rupture, encore moins à franchir un nouvel échelon dans la crise. Aujourd'hui, Christiane Taubira est aussi celle qui, au PS, est toujours vue comme la responsable de la défaite de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 lorsqu'elle s'était présentée, au nom du PRG, contre lui. Et comme au PS, on pense aussi à 2017, on commence à se demander si elle ne sera pas celle qui mettra le parti en péril.

Parmi les soutiens de Manuel Valls, on s'attendait plus ou moins à un coup d'éclat de Christiane Taubira, mais pas forcément à La Rochelle. En début de semaine, le nom de la garde des Sceaux avait circulé aux côtés de ceux d'Arnaud Montebourg, de Benoît Hamon et d'Aurélie Filippetti parmi les partants possibles. «Taubira ne voulait pas partir noyée dans une collectivité, encadrée par Hamon et Filippetti. Ce n'est pas son niveau, elle se voit bien au dessus. Elle partira dans une singularité flamboyante», prévoyait un député PS.


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Marine Le Pen se dit prête à gouverner en cohabitation avec François Hollande

Marine Le Pen se dit prête à gouverner en cohabitation avec François Hollande | Think outside the Box | Scoop.it

Marine Le Pen croit en une dissolution prochaine de l'Assemblée nationale


La présidente du Front national Marine Le Pen se dite prête à gouverner en cohabitation avec François Hollande, en cas de dissolution, dans une interview au Figaro ce samedi.

"Je peux vous dire une chose très clairement : nous, si nous obtenons une majorité, nous assumerons les responsabilités que nous aurons confiées les Français", déclare-t-elle.

La dirigeante frontiste dit croire à une dissolution de l'Assemblée nationale dans un délai assez rapide en raison de "la crise politique extrêmement lourde que nous vivons" et qui "ne peut qu'entraîner un retour aux urnes". Selon elle, le gouvernement Valls II, "dernière cartouche de François Hollande, est un gouvernement de pure provocation".

Soulignant qu'à l'inverse du Front national, la dissolution "n'est pas souhaitée à l'UMP, où la cohabitation semble exclue", elle critique cette attitude de la droite qui montre, selon elle, "son vrai visage, purement électoraliste".

"Comment peuvent-ils refuser une cohabitation qu'ils ont eux-mêmes théorisée ?", "Comment expliqueront-ils aux électeurs qui votent pour eux qu'ils refuseront de prendre leurs responsabilités pour changer la situation dramatique dans laquelle est plongé le pays ?", lance la présidente du FN.

Elle indique qu'"au fil des prochaines semaines", elle va s'efforcer de "montrer à nos concitoyens que nous sommes prêts à gouverner". 

En attendant la prochaine présidentielle de 2017 pour laquelle l'UMP et le PS sont, selon elle, "tellement lucides sur eux-mêmes qu'ils sont en train de se battre aujourd'hui pour la deuxième place", elle espère que le FN pourra décrocher un siège au Palais du Luxembourg lors des sénatoriales du 28 septembre.

Qu'est-ce qu'une cohabitation ?

La cohabitation est une situation dans laquelle le Président de la République et le Premier ministre ne sont pas du même bord politique. Dans ce cas, le chef de l'État, normalement très actif en termes de politique intérieure, est beaucoup plus en retrait et laisse le gouvernement mener les réformes et les projets de loi. Il reste en revanche le principal acteur pour la diplomatie et la politique étrangère, appelées "domaine réservé" du président.

Sous la Ve République française, trois cohabitations sont intervenues : entre François Mitterrand et Jacques Chirac (1986-1988) puis Edouard Balladur (1993-1995) et entre Jacques Chirac et Lionel Jospin (1997-2002).

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Ebola aurait démarré lors des funérailles d'une guérisseuse

Ebola aurait démarré lors des funérailles d'une guérisseuse | Think outside the Box | Scoop.it

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie a déjà fait 1552 morts et touché 3069 personnes.


Des chercheurs pensent avoir trouvé le point de départ de l'épidémie de fièvre hémorragique. Ils pointent du doigt les obsèques d'une femme en Sierra Leone.

Une étude publiée jeudi 28 août dans la revue américaine Sciencemontre que l'épidémie sans précédent qui sévit depuis le début de l'année a vraisemblablement trouvé son origine lors de l'enterrement d'une guérisseuse traditionnelle à Sokoma, un village reculé de Sierra Leone, proche de la frontière guinéenne.

Celle-ci prétendait soigner la fièvre hémorragique et avait attiré des malades de la Guinée voisine. Elle a été infectée par le virus et en est morte. Les participants à ses obsèques se sont ensuite dispersés à travers les collines de la région frontalière, déclenchant une réaction en chaîne de décès, puis d'enterrements publics, propices à de nouvelles contaminations.

Les résultats de la recherche montrent ainsi que parmi les premiers patients de Sierra Leone, douze avaient apparemment assisté aux obsèques de cette guérisseuse.

Cinq scientifiques décédés

S'ils ont permis de remonter aux origines de l'épidémie actuelle, ces travaux pourraient aussi permettre de déboucher sur des traitements contre ce virus dont l'émergence remonte à 1976, estiment ces chercheurs.

«Ces travaux fournissent un point de départ pour comprendre comment des mutations virales spécifiques pourraient être liées à la gravité de cette dernière épidémie», écrivent-ils. Les chercheurs ont payé un lourd tribut à l'avancée de la science puisque cinq des presque 60 scientifiques ayant participé à cette étude ont été infectés et sont morts d'Ebola.

«Nous faisons face à une dure bataille et avons perdu de nombreux amis et collègues dont l'un des principaux coauteurs de l'étude, le Dr Humarr Khan», a déploré Pardis Sabeti, professeur adjoint à Harvard, un autre des coauteurs.


Infection de 1976

En comparant les données génétiques des virus actuels d'Ebola provenant de 78 patients dans un hôpital de Sierra Leone à vingt génomes de souches virales de flambées précédentes de cette fièvre hémorragique, ils ont déterminé qu'il y avait probablement un ancêtre commun remontant aux premiers cas d'infection en 1976 en Afrique centrale.

Alors que les précédentes épidémies, qui étaient très limitées, avaient résulté de multiples contacts avec des réservoirs viraux dans la nature, dont notamment les chauves-souris frugivores, celle qui sévit actuellement a probablement commencé par une seule de cette contamination. Elle a été suivie par de multiples infections interhumaines, expliquent ces virologues.


300 mutations

«Nous avons découvert plus de 300 mutations génétiques qui pourraient distinguer cette épidémie des précédentes», précise Stephen Gire, un scientifique de l'université de Harvard, coauteur de l'étude. «En partageant les résultats de ces travaux avec la communauté de la recherche, nous espérons pouvoir accélérer notre compréhension de cette épidémie et contribuer aux efforts mondiaux pour la contenir», ajoute-t-il.

Cette épidémie est sans précédent par son étendue mais aussi par le fait qu'elle se manifeste dans de multiples zones peuplées. Les précédentes flambées d'Ebola étaient localisées dans des régions isolées et moins peuplées d'Afrique centrale. La plus grande épidémie, en 1976, avait touché 318 personnes, dont la plupart étaient décédées.

Pire qu'estimé

En déplacement au Libéria, le directeur des centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le Dr Tom Frieden, a estimé mercredi que «la situation était pire qu'il ne l'avait craint».

«Tous les jours cette épidémie s'étend, accroissant le risque de se propager dans un autre pays», a-t-il dit sur la chaîne CNN. Il a appelé à une mobilisation internationale rapide.

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie a déjà fait 1552 morts et touché 3069 personnes.

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«On ne peut plus exclure une dissolution»

«On ne peut plus exclure une dissolution» | Think outside the Box | Scoop.it
Pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, la démission du gouvernement provoque une double crise : politique et institutionnelle.


Pour le juriste Dominique Rousseau, spécialiste des institutions de la Ve République, la démission du gouvernement provoque une double crise : politique et institutionnelle.


Deux ministres critiquent la politique économique du gouvernement ; celui-ci remet sa démission. Y a-t-il un précédent à cette situation ?

Pas que je sache. Mais ce résultat n’est pas une surprise. Depuis plusieurs semaines, la contestations des choix du Président et de son Premier ministre est devenue très forte. Elle s’est d’abord déroulée au Parlement, avant d’être importée au sein même du gouvernement. Il est logique que le Premier ministre présente sa démission afin de trancher le débat une fois pour toute. Et ce n’est pas seulement un, deux ou trois ministres qui sont visés : c’est la cohérence du gouvernement tout entier qu’il s’agit de réaffirmer.

Peut-on parler de crise politique ?

Sans aucun doute, parce que la majorité issue des élections législatives de 2012 se fissure. Les écologistes sont à la marge. Les radicaux menacent de quitter le gouvernement. Au sein du groupe PS, une partie des députés conteste la politique menée. La base du gouvernement se réduit aussi bien dans l’opinion qu’à l’Assemblée. On va vers une équipe hollando-hollandaise à l’assise populaire et politique très réduite. Il s’agit donc indéniablement d’une crise.

Comment ce gouvernement peut-il obtenir la confiance de l’assemblée ?

C’est justement à ce niveau que la situation est grave. Vu l’état de la majorité, les positions très fortes prises par Arnaud Montebourg, et renforcées par avis d’un certain nombre de prix Nobel d’économie qui considèrent qu’il y a une alternative à l’austérité, il est évident que les députés frondeurs ont le vent en poupe. On ne peut donc plus exclure que le gouvernement soit renversé par une majorité au Parlement. Et que le président doive envisager une dissolution de l’Assemblée. La crise n’est pas terminée, elle commence.

Doit-on également parler de crise institutionnelle ?

Cette crise révèle l’incompatibilité majeure entre un Président actif et un régime parlementaire. Qu’on le veuille ou non, il y a une dyarchie à la tête de l’Etat. On ne sait pas qui décide entre le Président, issu du suffrage universel, et le Premier ministre, issu de la majorité parlementaire, elle aussi élue au suffrage universel. Avec ce quinquennat, la démonstration est faite qu’il faudra trancher cette question une fois pour toute. En passant ouvertement à un régime parlementaire ou à un régime présidentiel.

Le débat sur une VIe République va donc prospérer…

Il est déjà très vivant dans les milieux universitaires. Les deux instances issues du suffrage universel ne sont aujourd’hui pas sur le même positionnement politique. Les moyens que la constitution donne pour régler ce conflit sont des moyens de destruction réciproque, des moyens de crise: dissolution ou renversement du gouvernement. Les institutions ne permettent pas aujourd’hui de trouver une solution de compromis à ce conflit, comme cela peut se passer dans les autres pays européens. D’autant plus qu’une bonne partie des députés de la majorité considèrent que la présidentielle de 2017 est déjà perdue. La menace de la dissolution a donc perdu son effet dissuasif.

On dit régulièrement que la constitution de la Ve République est un «bouclier» pour les gouvernants. Mais quand elle devient un bouclier contre le peuple, il y a un problème : la communication ne passe plus, les canaux sont bouchés. Et naissent inévitablement des situations de crise.

recueilli par Dominique ALBERTINI

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Japon : la défense de la légitime défense - Joseph S. Nye, Jr.

Japon : la défense de la légitime défense - Joseph S. Nye, Jr. | Think outside the Box | Scoop.it

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon a été gouverné par une constitution de paix rédigée par les Américains et dont l'article 9 interdit au Japon de faire la guerre et limite les forces défensives du pays. Le Premier ministre Shinzo Abe cherche à faire passer une loi qui permettrait au Japon de réinterpréter la Constitution pour y inclure la notion de « légitime défense collective », par laquelle le pays pourrait accroître sa coopération sécuritaire avec d'autres pays, particulièrement son allié le plus proche, les États-Unis.
Les esprits critiques voient là un écart radical par rapport à soixante-dix ans de pacifisme. Mais les objectifs premiers de Abe – améliorer la capacité du Japon à répondre aux menaces qui ne se résument pas à des attaques armées ; permettre au Japon de participer de manière efficace aux activités internationales de maintien de la paix ; et redéfinir les mesures de défense légitime autorisées par l'article 9 – sont finalement relativement modestes. Les craintes soulevées par une décision qui impliquerait un engagement japonais dans les guerres américaines lointaines sont également balayées. Car les règles ont été soigneusement conçues pour interdire ce genre d'éventualité tout en permettant au Japon de travailler plus étroitement avec les États-Unis sur les menaces directes à la sécurité japonaise.
Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi Abe cherche à obtenir des droits à la légitime défense élargis. Le Japon se trouve dans une région dangereuse dans laquelle de très anciennes tensions menacent à tout moment d'éclater. Dans la mesure où l'Asie de l'Est, contrairement à l'Europe d'après 1945, n'a jamais vécu de réconciliation totale avec ses rivaux ni établi de fortes institutions régionales, la région a été forcée de dépendre du traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon pour assurer sa stabilité. Lorsque l'administration du président Barack Obama a annoncé son « rééquilibrage » vers l'Asie en 2011, elle a réaffirmé la déclaration Clinton-Hashimoto de 1996, qui qualifiait l'alliance sécuritaire entre les États-Unis et le Japon de fondement de la stabilité – condition préalable à la constance du progrès économique – en Asie. Cette déclaration servait l'objectif plus large d'établir une relation triangulaire stable, même si inégale, entre les États-Unis, le Japon, et la Chine. Les administrations américaines qui ont suivi ont soutenu cette approche, et les sondages d'opinion montrent qu'elle est encore très bien acceptée au Japon – et cela doit beaucoup à l'étroite collaboration mise en œuvre dans l'organisation des secours à la suite de tremblement de terre de Tōhoku et du tsunami en 2011.
Mais le Japon demeure extrêmement vulnérable. La menace régionale la plus immédiate est la Corée du Nord, dont la dictature imprévisible a investi ses maigres ressources économiques dans la technologie nucléaire et de missiles. Une inquiétude à plus long terme est la montée en puissance de la Chine – une usine économique et démographique dont la capacité militaire grandissante lui a permis de prendre une position de plus en plus affirmée dans les disputes territoriales, y compris contre le Japon en mer de Chine de l'Est. Ces ambitions territoriales nourrissent aussi des tensions en mer de Chine du Sud où se trouvent des voies maritimes vitales pour le commerce japonais. La situation est aggravée par le fait que l'évolution politique en Chine n'a pas suivi le même rythme que sa progression économique. Si le Parti communiste chinois se sent menacé par une opinion publique qui outre se sentir frustrée par un manque de participation politique subit une répression sociale, la situation pourrait se muer en une forme de nationalisme concurrentiel, ce qui pourrait bouleverser un statu quo régional déjà délicat.
Bien sûr, si la Chine montre de l'agressivité, les pays asiatiques comme l'Inde et l'Australie – déjà contrariés par l'assurance de la Chine en mer de Chine du Sud – se joindront à l'effort du Japon pour contrebalancer la puissance de la Chine. Mais une stratégie d'endiguement serait une erreur dans l'état actuel de la situation, car, effectivement, la meilleure manière de générer les hostilités serait de traiter la Chine en ennemi. Une approche plus efficace qui serait menée sous la houlette des États-Unis et du Japon se focaliserait sur l'intégration, avec une garantie contre l'incertitude. Les dirigeants américains et japonais doivent développer un environnement régional qui donnerait à la Chine des incitations pour agir de manière responsable, y compris en maintenant de fortes capacités de défense. Entre-temps, les États-Unis et le Japon devront repenser la structure de leur alliance. Les révisions attendues du cadre de défense du Japon seraient un développement positif, mais de nombreux Japonais regrettent encore le manque de symétrie dans les obligations liées aux alliances. D'autres s'irritent du poids de la présence des bases américaines, particulièrement sur l'île d'Okinawa.
Un objectif à plus long terme devrait donc être que les États-Unis transfèrent progressivement le contrôle de leurs bases au Japon, et préservent des unités en rotation sur l'ensemble de celles-ci. En fait, le drapeau japonais orne déjà certaines bases – notamment la base aérienne de Misawa au nord de Tokyo – accueillant des unités américaines. Mais le processus doit être mené avec soin. La Chine investissant dans des missiles balistiques de nouvelle génération, les bases permanentes sur Okinawa sont vulnérables. Une commission mixte devrait donc être établie pour gérer ce transfert afin d'éviter que les États-Unis donnent l'impression de transmettre leurs bases au Japon une fois les bénéfices militaires largement absorbés, et faire en sorte que ce geste symbolise l'engagement de l'Amérique dans l'alliance. Il est essentiel que le Japon devienne un partenaire à parts égales dans son alliance avec les États-Unis pour préserver son rang régional et international. Pour ce faire, la modeste démarche d'Abe vers une défense légitime collective est une démarche dans la bonne direction.

Traduit de l'anglais par Frédérique Destribats

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Education : dis-moi où tu habites, je te dirai tes chances de réussite - Le Parisien

Education : dis-moi où tu habites, je te dirai tes chances de réussite - Le Parisien | Think outside the Box | Scoop.it
Pour la première fois, le ministère de l'Éducation nationale publie, ce lundi, une carte détaillée par cantons des «zones à risques d’échec scolaire» dans l’Hexagone. Un outil qui va permettre aux académies de pouvoir répartir davantage de moyens sur les cantons les plus fragilisés de leur territoire.

Pour réaliser cette étude, les auteurs ont passé au crible sept critères : les revenus des foyers, le taux de chômage et de précarité de l’emploi, le niveau de diplôme des parents, la part des familles nombreuses (plus de 4 enfants) et monoparentales, ainsi que les conditions de logement.

Ces caractéristiques ont permis de dégager six classes de cantons. « Cela créé une extraordinaire mosaïque qui ne colle pas toujours avec l'étiquetage fréquent que l’on donne aux académies. Les risques d’échec scolaire peuvent fortement varier au sein d’un même département, note Gérard Boudesseul, l’un des auteurs, chercheur à l’université de Caen.

Pour vérifier l’impact de ces risques sur le décrochage scolaire, les chercheurs ont également publié une seconde carte mesurant le taux de «non-diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés».«On serait tenté de superposer les deux, mais ce n’est pas toujours possible, remarque Gérard Boudesseul. Il y a des similitudes et des différences. Maintenant, il va falloir trouver pourquoi.» Explications.

Ces endroits où les risques d’échec sont très forts

1. «Cumul de fragilités économiques, familiales, culturelles en milieu urbain», 379 cantons, 6,3 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Cette catégorie accumule tous les problèmes : un fort taux de chômage (11,1%), une grande proportion de familles nombreuses (2,5%) et monoparentales (11,2%). Plus d’un quart (28,4%) de sa population réside dans des logements sociaux et près de la moitié (45,8 %) des 45-54 ans - la génération des parents d’élèves - ne possèdent pas de diplôme. «Ces zones à risques se situent surtout dans le Nord, sur le pourtour méditerranéen et en Seine-Saint-Denis», souligne Catherine Moisan, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance au ministère. « Le département du Pas-de-Calais, par contre, présente un faible taux de non-diplômés», remarque Gérard Boudesseul. «Cela s’explique par le fait que nous misons beaucoup sur les formations technologiques et professionnelles», explique l’académie de Lille, qui a d’ailleurs mis en place en 2013 un plan de trois ans sur l’équité scolaire pour notamment «renforcer l’attractivité des voies technologiques et professionnelles». L’an passé, 41,6% des élèves de troisième ont demandé une orientation professionnelle dans l’académie contre 32,3% dans celle de Bordeaux.

2. «Précarité économique dans les petites et moyennes communes», 521 cantons, 3,2 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Cette classe regroupe essentiellement les petites et moyennes communes. Les emplois précaires et le chômage (8,6%) y sont développés. Le revenu médian reste très faible (14 680 € contre 16 344 € en France métropolitaine). La part de 45-54 ans sans diplôme y est également élevée. On retrouve ce groupe dans l’académie de Montpellier (Pyrénées-Orientales et Aude). « Dans le sud, on parle souvent de Marseille, mais le Languedoc-Roussillon accumule aussi chômage et précarité, qui concordent avec un fort taux de jeunes non-diplômés» note Gérard Boudesseul.

Là où les risques sont forts :

3. «Difficultés de vie familiale et habitat social en milieu urbain», 543 cantons, 15,1 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Très urbaine, elle abrite une part importante de familles monoparentales (9,1 %) et de ménages vivant en HLM (18,8 %). Bien que le taux de chômage y soit élevé, le revenu médian est supérieur (17 872 €) à la moyenne. Elle regroupe surtout les départements franciliens (la Seine-et-Marne en premier lieu), où résident les professions intermédiaires, mais aussi les Bouches-du-Rhône (banlieue de Marseille). Les parents y sont moins diplômés (31,4 %) que la moyenne. Cette catégorie se conjugue souvent avec un pourcentage de non-diplômés élevé

4. «Fragilité culturelle dans les petites communes», 466 cantons, 2,6 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Ce groupe est surtout désavantagé par sa forte proportion de parents non-diplômés (42 %) et par un revenu médian assez faible (15 351 €). On le retrouve dans les départements ouvriers (Mayenne, Orne) et dans les régions à dominante rurale (Basse-Normandie, Pays de la Loire, Centre, Champagne- Ardenne, Franche-Comté). Le taux de non-diplômés varie fortement d’un territoire à l’autre.

Là où les risques sont faibles :

5. «Milieu rural vieillissant», 910 cantons, 4,2 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Cette catégorie bénéficie de conditions de vie plutôt stables : peu de familles nombreuses ou monoparentales, peu de logements sociaux. Le revenu médian (15 344 €) reste cependant inférieur à la moyenne. Elle souffre d’un déficit démographique (seulement 35 hab/km2) et d’un fort vieillissement : 26,7 % de ses habitants ont 60 ans ou plus, ce qui conduit souvent à un exode des jeunes (centre de la Corse, Pyrénées, Limousin, Auvergne...). Ceux qui restent dans ces territoires passent plus fréquemment un CAP, par tradition ou autocensure lors de leurs voeux d’orientation. Familiers de la voie professionnelle, la proportion de 15-24 ans sans diplôme y est donc assez faible, sauf dans l’académie de Bordeaux et les Alpes-Maritimes.

Là où les risques sont très faibles :

6. «Sécurité économique et soutien culturel», 870 cantons, 8,5 millions de personnes de 15 à 64 ans.

C’est dans ces territoires que les élèves sont les plus favorisés. De nombreux indicateurs y sont favorables en termes d’emploi, de revenu et de niveau de diplôme des parents. Le taux de chômage y est plus faible et le nombre de CDI plus nombreux. Seul un quart (27,2 %) des 45-54 ans n’ont pas diplôme. Ces cantons regroupent surtout les classes moyennes et aisées résidant en périphérie des grandes villes comme dans les Yvelines, les zones frontalières de l’Est, mais aussi en Haute-Garonne, l’Aveyron et les Pyrénées-Atlantiques. Si le taux de non-diplômés est peu élevé dans ces deux derniers départements, il reste plus important en Haute-Garonne.
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Une France sous domination allemande

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Alors que le ministre allemand des Finances fait la leçon à la France sur la hausse des salaires, seule une politique d'investissements massifs en Europe permettrait de nous sortir du marasme


La France serait-elle désormais le 17ème Land allemand ? Invité à l'université d'été du Medef, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, outré par les salaires français décidément trop élevés, est donc venu dans son 17ème Land afin d'y prodiguer ses consignes. Et tant pis si le paquebot-Europe chavire et que nous devenions la risée du monde entier, comme l'illustre la dernière couverture de l'hebdomadaire "The Economist", ayant réalisé un photomontage en une comprenant Angela Merkel et François Hollande debout sur un bateau confectionné à partir d'un billet de vingt euros visiblement en train de sombrer, et n'ayant aucun égard pour Mario Draghi qui tente désespérément d'écoper pour éviter le naufrage.

 Une Europe qui coule à pic

Après tout, l'honneur n'est-il pas sauf avec un taux d'inflation de 0.4% pour le mois de juillet dernier ? C'est-à-dire en-dessous du seuil maximum toléré de 2%, ainsi que l'annonce fièrement le dernier bulletin de la BCE. Que Schäuble, Merkel et Hollande soient donc sans crainte : la BCE n'entreprendra aucune baisse de taux quantitatives. Pour la simple et unique raison que, aujourd'hui - en septembre 2014-, plus aucun programme de création monétaire ne serait désormais en mesure de sauver cette Europe qui coule à pic ! Un assouplissement supplémentaire de politique monétaire aurait certes un impact positif sur l'octroi de nouveaux crédits. Pour autant, la consommation européenne qui reste anémique - voire qui recule davantage du fait d'une inflation quasi nulle - neutralisera tous les effets bénéfiques de ces hypothétiques baisses de taux quantitatives.

 Une politique d'investissements massifs pour rétablir nos économies

Aujourd'hui, seuls les investissements publics, menés au niveau de l'Union, sont encore susceptibles de renverser la vapeur, c'est-à-dire de se mesurer à la Grande Dépression Européenne et de juguler la spirale déflationniste. Pour ce faire, l'Union devra émettre un ambitieux programme d'Eurobonds, destiné par exemple à financer un vaste plan de transition énergétique, tout en faisant abstraction du critère des 3% de déficits. Il y a du reste fort à parier qu'une détermination à relancer l'activité économique de la part des autorités européennes serait bien accueillie par des marchés financiers qui s'accommoderaient dès lors aisément de cette escalade des déficits, lesquels seraient nécessairement provisoires et seraient résorbés par une politique contre-cyclique dès le retour d'une croissance robuste. C'est donc une volte-face fiscale et budgétaire au niveau de l'Union ou d'un groupement de pays de l'Union, et c'est donc une authentique politique d'investissements massifs qui permettront le rétablissement de nos économies, bien plus et bien mieux qu'une action de la BCE, désormais impuissante car trop tardive...

 Une dépendance à l'égard du reste du monde

Au lieu de cela, et sous l'intense pression allemande, cette Union se résigne à tenter de trouver à travers ses exportations cette croissance qu'elle n'est plus capable de générer intérieurement par sa consommation. Au risque d'être de plus en plus dépendante de la croissance du reste du monde. Comme l'est du reste l'Allemagne qui subit aujourd'hui le contre coup de la crise russo-ukrainienne avec un P.I.B. négatif de 0.2% au trimestre dernier, elle dont les exportations vers la Russie s'effondrent et qui subit un déclin inquiétant du moral de ses entrepreneurs. Car ce n'est évidemment pas à l'intérieur que l'Allemagne pourra chercher ni trouver son salut, elle dont seulement 19 trimestres sur 72 depuis 1999, ont vu la consommation intérieure progresser plus rapidement que le P.I.B. (source Eurostat). Il est facile, aujourd'hui, de blâmer Putin ou le ralentissement chinois, responsables - aux yeux des allemands - du tassement de leurs exportations.

 Une Europe condamnée à un second rôle

Il est néanmoins incontestable que cette dépendance envers les exportations représente une faiblesse structurelle majeure pour un pays incapable de trouver à l'interne les ressources suffisantes pour parvenir à une croissance pérenne. Est-ce là le modèle que l'Allemagne s'attache à imposer à l'ensemble de l'Union? Doit-on se résigner à ce que la prospérité européenne soit greffée sur la croissance du reste du monde et que l'on soit systématiquement redevables de notre train de vie aux autres ? Choisir et adopter ce modèle allemand nous placerait bien-sûr dans un état de fragilité économique permanente. Mais il condamnerait également l'Europe à n'être - politiquement - qu'un second rôle.

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Un panneau solaire transparent : une petite révolution ?

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D’ici peu, les fenêtres cèderont leur place à des panneaux solaires translucides. Dans cette optique, des chercheurs de l’université de Michigan ont développé une technologie qui pourrait révolutionner l’industrie photovoltaïque.


Et si toutes les fenêtres devenaient des panneaux solaires ?. Dans cette optique, des chercheurs de l’université de Michigan ont développé une technologie qui pourrait révolutionner l’industrie photovoltaïque.

Il s’agit d’un concentrateur solaire entièrement transparent. En plus de produire de l’énergie, il peut également laisser passer la lumière. Contrairement aux cellules solaires traditionnelles, celles des chercheurs se basent sur des molécules organiques. Une fois appliqué sur du verre, ces molécules microscopiques absorbent des longueurs d’onde spécifiques du spectre lumineux. La lumière captée est ensuite redirigée vers le bord de la matière où des fines couches de cellules photovoltaïques se chargent de la convertir en électricité. Quant à leur application, ces panneaux solaires d’un nouveau genre pourraient remplacer les vitrages habituels des bâtiments et des voitures. Ils pourraient également habiller l’écran de nos gadgets nomades.

Pour l’heure, la technologie demeure encore à ses débuts et le prototype développé présente un rendement très faible. C’est pourquoi, ses concepteurs envisagent de le travailler davantage afin d’aboutir à un produit viable à long terme.

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Les blouses blanches ouest-africaines se sacrifient pour stopper Ebola

Les blouses blanches ouest-africaines se sacrifient pour stopper Ebola | Think outside the Box | Scoop.it

Toujours pressée, celle qui se fait appeler "Dr Mara" court d'un service à l'autre de l'hôpital Donka de Conakry avec la tenue et les gants qu'elle a achetés à ses frais pour se protéger du virus Ebola.

Tout comme cette infirmière de la capitale guinéenne, manquant souvent de tout, les personnels de santé se sacrifient pour arrêter la terrible épidémie qui frappe l'Afrique de l'Ouest, souvent au prix de leur vie.

L'Organisation mondiale de la santé s'est alarmée le 25 août de la proportion "sans précédent de médecins, d'infirmiers, d’infirmières et d’autres agents de santé" contaminés par la fièvre hémorragique.

A cette date, "plus de 240 agents de santé sont tombés malades en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et au Nigeria, et plus de 120 sont décédés", soit près de 10% du nombre total de cas recensés à cette date, selon l'OMS.

Ce bilan est d'autant plus dramatique que les trois premiers pays cités, les plus touchés par l'épidémie qui a déjà fait plus de 1.500 morts depuis le début de l'année, ne comptent qu'un ou deux médecins pour 100.000 habitants.

Depuis, la Sierra Leone, qui avait déjà perdu son unique spécialiste en virologie et un autre haut responsable médical, a enregistré le décès d'un troisième praticien.

Un expert sénégalais de l'OMS a également été contaminé en Sierra Leone et a été admis mercredi dans un hôpital de Hambourg, en Allemagne.

'Si Dieu me prête vie'

"Un jour, si Dieu me prête vie, lorsque Ebola sera devenu un lointain souvenir, j'expliquerai à mes petits-enfants ou arrière-petits-enfants ce que c’est cette maladie dénommée Ebola qui a secoué le monde en 2014", confie Marie Fikhè, infirmière en charge d'un service à l'hôpital Donka, le plus grand de Guinée, où l'épidémie s'est déclarée.

Il y a quelque temps, son repos était interrompu par les sirènes annonçant l'admission d'un nouveau cas d'Ebola, une fièvre très contagieuse si l'on est au contact d'un malade et qui tue plus d'un malade sur deux dans le cas de l'épidémie ouest-africaine.

Puis les sirènes ont été supprimées en raison de l'afflux de patients.

"Après chaque acte, il faut changer de gants, se laver les mains", précise Marie Fikhé, "alors qu’on nous donne un paquet par semaine, c’est nettement insuffisant".

"Tout le monde sait que les bailleurs de fonds en donnent en abondance, alors il faut que cela serve à traiter les malades", souligne-t-elle, déplorant que "très souvent, au bout de quelques jours, ce même matériel se retrouve sur le marché local".

La jeune femme raconte qu'une collègue est décédée au centre d'isolement de l'hôpital "parce qu'elle avait contracté la maladie sans le savoir alors qu’elle soignait une femme dont tout le monde pensait ici qu’elle avait la fièvre typhoïde".

"C’était tout au début, avant que le laboratoire de Lyon (en France) ne découvre que la maladie qui faisait rage dans le sud du pays était la fièvre hémorragique à virus Ebola", explique-t-elle.

Honneur et responsabilité

Parmi les raisons du lourd tribut versé par les professions médicales, l'OMS cite la similitude entre les premiers symptômes d'Ebola et ceux de plusieurs maladies infectieuses endémiques dans la région, comme le paludisme, la fièvre typhoïde et la fièvre de Lassa.

Elle incrimine également "la pénurie ou la mauvaise utilisation des équipements de protection personnelle et la faiblesse des effectifs de personnel médical".

A l'hôpital Donka de Conakry, "Dr Mara" fait le même constat.

"Voyez mon accoutrement. C’est moi qui l'ai acheté à mes frais", indique le 'Dr Mara', "le plus souvent, je vais trier au marché de bons tissus blancs et je les fais coudre par mon tailleur".

"Même les gants sur la table là-bas, c'est moi qui les ai achetés", insiste l'infirmière, en mouvement incessant entre son service, les urgences, la pharmacie, le laboratoire, et le centre d'isolement des malades d'Ebola, affirmant manquer de tout: "l'alcool, les déshydratants, le savon, l'eau..."

Une de ses collègues, Jacqueline Théa, à la frêle silhouette flottant dans sa blouse trop ample, dit rester "parce que je ne veux pas fuir mes responsabilités, parce que j’ai prêté serment, parce que je veux faire honneur à mes enfants".


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Cinq coauteurs d'une étude sur Ebola ont été tués par le virus avant sa publication

Cinq coauteurs d'une étude sur Ebola ont été tués par le virus avant sa publication | Think outside the Box | Scoop.it

C’est une publication sans précédent qui vient d’être mise en ligne sur le site de la revue américaine Science. Une double première. D’abord, parce qu’elle met en lumière la dynamique génétique intime des innombrables isolats du virus Ebola qui progressent actuellement en Afrique de l’Ouest. Ensuite, parce que cinq de ses signataires sont morts avant de voir leurs noms publiés dans la prestigieuse revue de l’American Association for Advancement of Sciences.

Cinq morts sur cinquante-huit auteurs, cinq morts infectés par le virus contre lequel ils luttaient. L’article avait été adressé pour publication à la rédaction en chef de Science le 5 août. Après relectures par des pairs, il a été accepté le 21 août et est donc publié sept jours plus tard. Quatre auteurs sont morts avant sa rédaction finale, le cinquième pendant la relecture.

Les cinquante-trois auteurs toujours vivants rendent hommage à leurs collègues en fin de publication:

«In memoriam: de manière tragique, cinq des coauteurs, qui ont grandement contribué au maintien de la santé publique et à l'effort de recherche en Sierra Leone, ont contracté le virus Ebola durant leur travail et ont été vaincus par la maladie avant la publication de cette étude. Nous voulons honorer leur mémoire.»

Ils avaient pour noms Mohamed Fullah, Mbalu Fonnie, Alex Moigboi, Alice Kovoma et Humarr Khan. Tous travaillaient à l’hôpital gouvernemental de Kenema, en Sierra Leone. Leurs collègues exercent à l’Université Harvard, à la Harvard Medical School, au Massachusetts Institute of Technology de Cambridge, à l’Université d’Edimbourg, à l’Université Tulane de la Nouvelle Orléans, aux Instituts nationaux américains de la Santé ainsi qu’à la Redeemer’s University du Nigeria et à l’Université de  Sierra Leone à Freetown.

 
 

Ce travail a été mené sur 99 isolats de virus Ebola obtenus après des prélèvements de sang effectués chez 78 malades de Sierra Leone. Après une série d’analyses génomiques particulièrement sophistiquées effectuées en un temps record, la communauté scientifique internationale dispose, pour la première fois depuis la découverte du virus en 1976, de données sur les mécanismes de reproduction et de mutation du virus.

Les chercheurs confirment pour la première fois avec des preuves moléculaires l’hypothèse avancée par des chercheurs français selon laquelle le virus Ebola qui sévissait jusqu’alors en Afrique centrale a divergé pour donner celui qui frappe aujourd’hui l'Afrique de l’Ouest –sans doute véhicule par des chauves-souris frugivores porteuses saines. Ils confirment également qu’un seul type de virus est à l’origine de l’épidémie actuelle, qui a émergé fin 2013 en Guinée.

«C’est là une tragique première qui, s’il en était besoin, vient démontrer l’indispensable solidarité que nous devons manifester vis-à-vis de tous ceux qui, dans les pays africains aujourd’hui touchés, luttent contre l’Ebola, chercheurs et soignants, déclare à Slate Sylvain Baize, directeur du Centre national français de référence sur les fièvres hémorragiques virales, qui a dirigé le premier travail d’isolement viral qui a permis celui-ci. Les cinq chercheurs qui viennent de mourir ne verront pas les suites de leur travail en termes de progrès diagnostiques et, nous l’espérons tous, thérapeutiques. Pour l’heure, nous songeons à eux.»

Jean-Yves Nau

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Ebola à deux vitesses

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Ebola à deux vitesses

En France, il y a 330 médecins pour 100 000 habitants. Au Liberia, ce petit pays de la côte africaine qui semble se pencher vers le Brésil, il n'y en a qu'un seul. Dans ces conditions, il n'est guère étonnant que, en plus d'Ebola, la folie devienne contagieuse. On y a attaqué un centre d'isolement pour les malades du virus. On laisse traîner dans les rues les cadavres des victimes. Et on compte déjà plus de 400 morts.

En tout, ce sont aujourd'hui 1229 personnes qui sont mortes à cause de ce virus. Liberia, Guinée, Sierra Leone, trois petits États où le produit intérieur brut par habitant est cent fois inférieur à celui de la France et qui, pour l'instant, se partagent presque équitablement le nombre des victimes de cette maladie galopante – le Nigeria, première puissance économique de l'Afrique, pour l'instant, déplore quatre morts.

Évidemment, on a le sentiment que ces malheurs-là arrivent toujours aux mêmes, ceux qui cumulent les handicaps, les faiblesses, les carences. Peu ou pas de structures de santé, une population mal informée, des autorités vacillantes. Sur place, médecins et organisations humanitaires font preuve d'un véritable héroïsme, pour tenter d'endiguer le fléau. L'OMS ne peut que constater avec effarement, et depuis des semaines déjà, que l'épidémie est «hors de contrôle».

Le monde entier est sur ses gardes. A Berlin, on ferme une agence pour l'emploi. En Espagne, on place en isolement un garçon fiévreux venu de Sierra Leone. à Toulouse, pendant quelques heures, on a bien cru que le virus avait atteint la Ville rose. Un peu partout dans le monde, on sort les masques, les détecteurs de fièvre, les charlottes et les gants en caoutchouc.

Pourtant, les chances que l'épidémie se répande dans les pays développés sont infinitésimales. Précisément, parce qu'ici, tout fonctionne, et les services de santé sont parfaitement en mesure de faire face à ce virus. Et de soigner les malades, qui, malgré la férocité de cette affection, ont bien plus de chances de s'en sortir à Toulouse ou Amsterdam qu'à Monrovia ou Freetown…

Mais pour ces pays-là, le malheur ne vient jamais seul. Petit à petit, un cordon sanitaire est en train de se mettre en place. Ces États sont désormais en quarantaine. Les échanges de voyageurs sont gelés et le commerce sous cloche.

Non seulement, Ebola va continuer de tuer des malades, mais en plus, il va infecter la croissance et le développement local. A l'épidémie viendra s'ajouter encore plus de misère.

Dominique Delpiroux
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Ebola : le FN réclame la suspension des vols d'Air France

Ebola : le FN réclame la suspension des vols d'Air France | Think outside the Box | Scoop.it
Pour "protéger les Français contre le risque de propagation", le FN estime qu'Air France doit suspendre ses vols vers les pays affectés par le virus Ebola.


Le Front national estime jeudi que la compagnie Air France doit suspendre ses vols vers les pays affectés par l'épidémie du virus Ebola pour "protéger les Français contre le risque de propagation", selon un communiqué. "Marine Le Pen et le Rassemblement bleu Marine pressent le gouvernement français à prendre toutes dispositions pour obtenir" d'Air France "la suspension de ses liaisons aériennes en provenance ou à destination des pays à risque, dont la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia", selon le texte.

Pour le FN, la France "doit prendre notamment exemple sur l'Afrique du Sud qui vient de fermer ses frontières aux vols provenant de trois pays particulièrement touchés par la maladie", évoquant la "nécessité de protéger les Français contre le risque de propagation de cette maladie contagieuse". Le parti d'extrême droite rappelle que "seules trois compagnies internationales continuent de desservir régulièrement les pays affectés : Royal Air Maroc, Brussels Airlines et Air France".

Des personnels navigants d'Air France ont déjà refusé d'embarquer pour des vols vers des destinations à risque.

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Ebola au Sénégal : l’itinéraire du Guinéen porteur du virus révélé

Ebola au Sénégal : l’itinéraire du Guinéen porteur du virus révélé | Think outside the Box | Scoop.it

Le Directeur général délégué de l'Organisation mondiale de la santé, Bruce Aylward, pointe la propagation du virus en Afrique de l'Ouest.


Le Dr Daogo Sosthène Zombre, coordonnateur OMS/Ebola en Guinée a mené des investigations dans la famille de l'étudiant porteur du virus qui a importé la maladie au Sénégal. Le malade est actuellement en quarantaine au centre hospitalier de Fann à Dakar.

Contaminé par son frère

« Un étudiant guinéen de l’université du général Lansana Conté de Sonfonia de la faculté de sociologie ayant séjourné à Forecariah (à la frontière avec la Sierra Leone) dans sa famille a eu un contact le 8 août avec son frère malade venant de la Sierra Leone, rapporte le médecin. Ce dernier est décédé le 10 août à Laya, la préfecture de Forecariah. Son enterrement a eu lieu le 11 août. »

L’étudiant guinéen a quitté le 15 août la Guinée après avoir participé à l’enterrement de son frère pour se rendre en vacances au Sénégal.

« Le 15 août, poursuit le Dr Daogo Sosthène Zombre, l’étudiant guinéen a commencé à présenter des signes de la maladie. Quatre membres de sa famille ont été transférés au centre de traitement de Donka, à Conakry, le 26 août. La mère de l’étudiant et une de ses filles y sont décédées. Deux de ses frères ayant eu des échantillons positifs sont actuellement isolés au centre de traitement d’Ebola de l’hôpital Donka. »

En mars dernier, le Sénégal avait décidé de fermer sa frontière dès l’annonce de l’existence d’une épidémie de fièvre Ebola en Guinée voisine. Début mai, après plusieurs semaines de surveillance, Dakar avait décidé de rouvrir sa frontière.

La maison de l'étudiant désinfectée

Conséquence de ce premier cas avéré au Sénégal, les autorités affirment être passées d’un stade de prévention à un dispositif de surveillance pour contenir l’épidémie. Tout l’enjeu pour les agents présents sur le terrain, c’est d’abord de circonscrire les risques de propagation de la maladie. Selon plusieurs sources, la maison dans laquelle logeait l’étudiant a été désinfectée et évacuée par le service d’hygiène. Son entourage a été placé en quarantaine et bénéficie d’une surveillance médicale.

D’après le ministère de la Santé, une équipe restreinte s’est lancée dans un travail de recherche épidémiologique. Le but est de répertorier toutes les personnes qui ont été en contact avec le patient, au moment où il pouvait transmettre la maladie.

Vigilance également, dans les centres de santé, où médecins et infirmiers ont été sommés de porter des gants à l’accueil des patients. « Nous avons commandé des moyens de protection, ainsi que des kits de prélèvement », affirme un responsable du ministère de la Santé.

Malgré ces assurances, les syndicalistes demandent toujours plus de moyens logistiques pour éviter tout risque de contamination des personnels de santé. « Il faut distribuer des masques de protection et continuer les formations des agents sur le port et le déshabillage des tenues de protection », avertit Mballo Dia Thiam, le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé. Depuis le mois de mars, ce syndicaliste plaide pour un recrutement plus important des agents de santé dans les structures médicales.



Tout le monde est informé, tout le monde se lave les mains.(...) On évite les contacts directs.

Le personnel de l'hôpital ne cède pas à la panique Une employée du CHU de Fann 31/08/2014 - par Christine Muratet écouter

■ Guinée-Bissau en alerte et émeutes en Guinée

La Guinée-Bissau est en alerte après la confirmation au Sénégal voisin d'un cas d'Ebola. Le gouvernement lance une campagne de nettoyage et de désinfection des lieux publics à travers le pays tous les derniers samedis du mois. « Notre pays doit être en alerte, car Ebola est déjà à nos portes », a déclaré Raimundo Pereira à l'occasion du lancement de cette opération à Farim, dans le nord, une ville proche de la frontière sénégalaise.

Des émeutes ont éclaté jeudi et vendredi a N'Zérékoré en raison de rumeurs liées a l'existence du virus Ebola. Cinquante cinq personnes ont été blessées. Le couvre-feu a été décrété. Des manifestants avaient pris à partie l'hôpital. N'Zérékoré, la deuxième plus grande ville de Guinée, est au cœur de la zone la plus touchée par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

Le Liberia, où les autorités sanitaires sont débordées par l’ampleur de l’épidémie, interdit aux marins de débarquer dans ses ports. Enfin, le Maroc se dit solidaire des pays touchés par l'épidémie. Il est le seul pays à continuer de desservir les aéroports de Sierra Leone, du Liberia et de la Guinée.

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Le Conseil Fédéral Suisse est contre le revenu de base

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Près d’un an après le dépôt officiel de l’initiative populaire pour le revenu de base, le gouvernement Suisse invite les citoyens suisses à voter en défaveur de l’idée lors du référendum national.

En Suisse, l’initiative populaire suisse sur le revenu de base continue son bout de chemin institutionnel. Après avoir officiellement déposé les 150.000 signatures récoltées en octobre dernier et obtenu confirmation que 126.000 d’entre elles étaient valides, c’est au tour du Conseil Fédéral de s’exprimer sur ce le sujet, en amont du référendum qui aura lieu (à priori) en 2016.

Rendu mercredi 27 aout — après une semaine de retard — l’opinion de l’exécutif helvétique est assez sévère :

« le Conseil fédéral estime que l’introduction d’un revenu de base inconditionnel aurait des conséquences négatives radicales, en particulier sur l’ordre économique, le système de sécurité sociale et la cohésion de la société en Suisse »

S’il loue les intentions des porteurs de l’initiative d’assurer la dignité à tous, l’opinion du Conseil Fédéral, basé sur les contributions de différents ministères, reprend tous les arguments classiques contre le revenu de base :

  1. 1. le revenu de base n’est pas finançable (ou coûterait trop cher)
  2. 2. le revenu de base découragerait le travail ; et enfin
  3. 3. le revenu de base est immoral puisqu’il serait versé à des personnes qui n’en ont pas besoin.

En conséquence, le conseil fédéral « propose donc aux Chambres fédérales, par le présent message, de recommander au peuple et aux cantons de rejeter l’initiative populaire «Pour un revenu de base inconditionnel» sans lui opposer de contre-projet direct ou indirect. »

« Il n’y a rien d’extraordinaire. Nous nous y attentions » a immédiatement réagit Enno Schmidt, l’un des initiants et fondateur de Generation Grundeinkommen.

« Le gouvernement suisse n’a pas compris le revenu de base »

Longue de 24 pages (pdf), la position du gouvernement suisse explique en détail les raisons de ce rejet, mais tombe néanmoins dans plusieurs écueils. Le premier est de s’appuyer sur l’hypothèse d’un revenu de base 2500 francs et les travaux de Daniel Straub et Christian Müller (deux des initiants), alors même que le montant n’est pas précisé dans l’initiative, qui se veut le plus neutre possible. On voit ici à la difficulté pour le gouvernement de juger une idée aussi générique et protéiforme que le revenu de base.

Le second écueil est de considérer comme acquis et automatique l’effet désincitatif au travail lié à l’octroi d’un revenu de base, et des augmentations d’impôts jugées incontournable selon le gouvernement. Pourtant, toutes les expériences montrent empiriquement que la garantie d’un revenu ne provoque pas d’abandon de travail, et donc que les recettes fiscales de l’État ne s’effondreraient pas par la baisse de l’activité marchande.

Enfin, le document semble ignorer que le revenu de base abolirait les effets de seuils du système actuel, ce qui rendrait le travail plus attractif dans de nombreuses situations, notamment pour les travailleurs à bas salaires, puisque le revenu de base est cumulable avec tout salaire contrairement aux allocations existantes qui se soustraient au moindre revenu d’activité.

« Le gouvernement Suisse n’a pas compris que le revenu de base est un socle, pas un filet » a commenté sur twitter Philippe Van Parijs, le fondateur du Basic Income Earth Network.

C’est la première fois depuis 1985 aux Pays-Bas qu’un gouvernement national s’exprime officiellement sur l’idée du revenu de base. Rappelons enfin que cette annonce ne remet pas en cause la tenue d’un référendum national sur le revenu de base, à l’horizon 2016.

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Les mesures du plan pour la relance de la construction

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Ce qu'on entend par "35 heures"

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En France, les 35 heures hebdomadaires (ou 1.067 heures annuelles) définissent la "durée légale du travail effectif", différente de celel maximale. Ainsi, selon l'Insee, en 2012, la durée hebdomadaire de travail des salariés français à temps complet s'élevait à 39,4 heures.



Seuil à partir duquel sont calculées les heures supplémentaires, les 35 heures font régulièrement l'objet, depuis leur instauration en 2000, de débat politiques acharnés. Leur dispositif semble en revanche mal connu. Résumé des points essentiels qu'il faut connaître pour comprendre leur fonctionnement.

Elles font régulièrement l'objet de débats passionnés en temps de campagnes électorales, et ont donné lieu jeudi au premier "couac" du gouvernement Valls II, au lendemain de son installation. Mais en quoi consistent exactement les 35 heures qui régissent le temps de travail des salariés français? Voici, d'après les informations du site du ministère de Travail, les principaux points qu'il faut connaître afin de comprendre son quotidien et suivre le débat.

  • Les 35 heures ne représentent pas la durée maximale de travail

En France, les 35 heures hebdomadaires (ou 1.067 heures annuelles) définissent la "durée légale du travail effectif". Il ne s'agit cependant ni d'une durée minimale, puisque les salariés peuvent être employés à temps partiel, ni d'un maximum. Les 35 heures sont plutôt une durée de référence: elles représentent le seuil à partir duquel sont calculées les heures supplémentaires, qui peuvent être accomplies dans le respect de certaines conditions.

Dans le calcul du "travail effectif" entre, selon la loi, toute période pendant laquelle le salarié est à la disposition de l'employeur, dans l'obligation de se conformer à ses directives. Les temps de restauration et de pauses sont ainsi comptabilisés dans cette durée dès lors qu'ils répondent à ce critère. Le temps nécessaire pour se rendre sur le lieu d'exécution du contrat de travail, en revanche, n'est en principe pas pris en compte.

  • Certains secteurs appliquent une "heure d'équivalence" plus élevée

Tous les employeurs de droit privé et établissements publics à caractère industriel et commercial sont concernés. Les seuls personnes exclues sont les cadres dirigeants, les mandataires sociaux, les représentants de commerce, les concierges d'immeubles d'habitation au service de particuliers, les employés de maison et les assistantes maternelles.

Cependant, dans certaines professions comportant des temps d'inaction (comme, par exemple, celles médico-sociales), une durée de travail supérieure peut être prévue et considérée comme équivalente à la durée légale. Si celle-ci est de 38 heures, par exemple, le calcul des heures supplémentaires se déclenche après la 38e heure de travail. Ces régimes d'équivalence ne peuvent être mis en place que par décret en Conseil d'État ou par décret simple après conclusion d'une convention ou d'un accord de branche.

  • Les heures supplémentaires imposent soit une majoration de salaire, soit un repos compensateur

La durée légale de travail n'étant pas celle maximale consentie, à la demande de l'employeur ou avec son accord, même implicite, celle-ci peut être dépassée par des "heures supplémentaires". En 2012, heures supplémentaires comprises, la durée hebdomadaire de travail des salariés à temps complet s'élevait ainsi à 39,4 heures en France selon l'Insee, contre 40,7 en Allemagne et 40,4 dans l'Union européenne.

>>Les Français travaillent plus qu'on ne le croit

La loi encadre cependant ces heures complémentaires. Une majoration de salaire est notamment prévue: elle est de 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires et de 50 % au-delà. Par convention ou accord de branche étendu, ou par convention ou accord d'entreprise ou d'établissement, ce taux peut toutefois être fixé à un niveau inférieur, à condition qu'il soit au moins égal à 10%.

Par la même voie conventionnelle il est également possible de remplacer le paiement des heures supplémentaires par l'attribution d'un "repos compensateur équivalent". Le paiement d'une heure supplémentaire rémunérée à 150 % peut ainsi, par exemple, être remplacé par un repos d'une durée d'une heure et 30 minutes.

  • Au-delà d'un certain seuil, un repos compensateur est obligatoire

Un contingent annuel d'heures supplémentaires est défini par voie conventionnelle ou, à défaut d'accord collectif, par la loi, qui le fixe à 220 heures par salarié. Pour toute heure supplémentaire accomplie au-delà de ce contingent (exceptées celles donnant lieu à un repos compensateur équivalent), les salariés ont droit, en plus des majorations, à une "contrepartie obligatoire en repos", fixée par la loi à 50 % pour les entreprises de 20 salariés au plus et à 100 % pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Les accords collectifs peuvent définir les caractéristiques et les conditions de prise de ce repos, mais ils ne peuvent pas établir de durée inférieure. Ces accords peuvent également prévoir que ces repos soient accordés au titre d'heures supplémentaires accomplies dans la limite du contingent.

Assimilé à une période de travail effectif, ce repos donne lieu à une indemnisation qui n'entraîne aucune diminution de rémunération par rapport à celle que le salarié aurait perçue s'il avait accompli son travail. Ne sont toutefois pas concernés par ce contingent ni les salariés ayant conclu une convention de forfait en heures sur l'année, ni ceux ayant conclu une convention de forfait annuel en jours, ni les cadres dirigeants.

  • La durée maximale de travail peut être supérieure aux 35 heures

Il existe néanmoins des durées maximales qui ne peuvent être dépassées par l'accomplissement de ces heures supplémentaires. Elles sont fixées à :

  • 10 heures par jour;
  • 48 heures par semaine;
  • 44 heures hebdomadaires en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives.

D'éventuelles dérogations peuvent être accordées par les autorités administratives compétentes.

  • Un dispositif en deux temps

Ce dispositif a été d'abord instauré, en deux temps, sous l'impulsion de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sous le gouvernement Jospin, Martine Aubry.  Le 13 juin 1998, une première loi d'orientation et d'incitation relative à la réduction du temps de travail, dite loi Aubry, a ouvert un processus expérimental de négociations entreprise par entreprise, qui prévoyait par ailleurs un dispositif incitatif de baisses de charges sociales pour celles qui prenaient des engagements en termes d'emploi.

Le 19 janvier 2000, une deuxième loi relative à la réduction négociée du temps de travail, dite loi Aubry II, a ramené la durée légale à 35 heures hebdomadaires, moyennant la généralisation et la pérennisation des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises qui s'engageaient à créer ou préserver des emplois. Le nouveau régime était applicable à partir du 1er janvier 2000 dans les entreprises de plus de 20 salariés et à compter du 1er janvier 2002 dans toutes les autres.

  • Plusieurs correctifs

Les 35 heures hebdomadaires ont toutefois fait l'objet par la suite de plusieurs aménagements, via notamment des décrets et des lois permettant des dérogations ou l'accroissement des heures supplémentaires.

Le régime en vigueur aujourd'hui est notamment issu de la loi du 20 août 2008, qui a assoupli les conditions de recours aux heures supplémentaires, donnant quasiment toute latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail, sous réserve d'accord avec les syndicats ou représentants du personnel. Le texte a également regroupé dans un cadre unique  différents dispositifs d'aménagement du temps de travail existant antérieurement, sans toutefois remettre en cause les accords existants.

En 2012, la gauche a néanmoins mis un terme à une mesure symbolique de Nicolas Sarkozy, qui avait exonéré les heures supplémentaires de cotisations sociales et d'impôts. Seules sont désormais maintenues les exonérations patronales dans les entreprises de moins de 20 salariés. La loi sur la sécurisation de l'emploi de juin 2013 garantit par ailleurs plus de flexibilité aux entreprises en cas de "graves difficultés".

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Fièvre Ebola : le Japon prêt à fournir un traitement expérimental

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Le Japon s'est dit prêt lundi à fournir un traitement expérimental mis au point par une entreprise nippone pour lutter contre le virus Ebola qui frappe quatre pays d'Afrique de l'Ouest.

Le Japon s'est dit prêt lundi à fournir un traitement expérimental mis au point par une entreprise nippone pour lutter contre le virus Ebola qui frappe quatre pays d'Afrique de l'Ouest. «Notre pays est disposé à livrer le médicament en coopération avec le fabricant si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en fait la demande», a déclaré le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga.

Il n'existe actuellement aucun vaccin ou antiviral homologué contre le virus Ebola, qui figure parmi les plus contagieux et mortels chez l'homme dont il peut provoquer la mort en quelques jours. Face à la gravité de l'épidémie actuelle, la pire depuis la découverte du virus il y a une quarantaine d'années, la communauté médicale internationale a cependant approuvé mi-août l'emploi de traitements non homologués.

Le médicament japonais est appelé favipiravir (ou «T-705»). Il est commercialisé sous le nom Avigan par Toyama Chemical, filiale du spécialiste des techniques de l'image FujiFilm Holdings. Par rapport au sérum américain ZMapp, un cocktail de trois anticorps «monoclonaux» disponible en très petites quantités, le favipiravir présente l'avantage d'avoir été homologué en mars au Japon en tant qu'antiviral contre la grippe et est actuellement en phase de tests cliniques aux Etats-Unis. Son administration sous forme de comprimés peut également faciliter le traitement dans des zones aux infrastructures médicales limitées.

«Avant même que l'OMS ne prenne une décision, nous sommes prêts à répondre aux demandes individuelles (de travailleurs médicaux, NDLR) sous certains conditions s'il s'agit d'un cas urgent», a souligné Yoshihide Suga. Le groupe japonais, connu pour ses appareils photo mais qui a aussi une activité importante dans le domaine médical (radiographie et endoscopie notamment), a indiqué avoir reçu des demandes de l'étranger, sans préciser combien ni de quels pays. «Nous avons des réserves suffisantes pour plus de 20.000 personnes», a ajouté un porte-parole. Le groupe pourrait en préparer davantage par la suite.

Décès d'un médecin libérien traité au sérum expérimental américain ZMapp. Le Dr Abraham Borbor est mort dans la nuit de dimanche à lundi a précisé le ministre libérien de l'information Lewis Brown. «Il montrait des signes de progrès mais il a finalement rendu l'âme. Le gouvernement regrette cette perte et présente ses condoléances à la famille», a-t-il ajouté. Deux autres praticiens soignés avec ce sérum, le ZMapp, «sont toujours sous traitement et il y a des signes d'espoir», a indiqué le ministre.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait fait état le 21 août de «l'amélioration significative», de l'état d'un médecin et d'un infirmier traités au ZMapp au Liberia, ajoutant qu'un autre médecin se portait mieux, mais restait dans un état grave.

Le Liberia avait obtenu la livraison le 13 août par les Etats-Unis pour ces trois praticiens de doses du ZMapp, administré à deux Américains qui ont été déclarés guéris la semaine dernière, ainsi qu'à un prêtre espagnol, décédé le 12 août. Tous trois avaient été contaminés au Liberia. Les très faibles quantités disponibles du ZMapp, qui n'avait jamais été testé auparavant sur des humains, sont épuisées, selon le laboratoire qui le produit.

Le ressortissant britannique contaminé hospitalisé à Londres. Dimanche soir, l'avion militaire transportant un ressortissant britannique contaminé par le virus Ebola a atterri près de Londres. La BBC a diffusé les images de l'atterrissage du C17 spécialement équipé de la Royal Air Force sur la base de Northolt, au nord-ouest de la capitale du Royaume-Uni.

L'homme, qui faisait partie du personnel médical d'ONG en Sierra Leone, participait à «la surveillance, la recherche des contacts et l'enterrement des victimes d'Ebola» à Kenema, a indiqué Yahya Tunis, porte-parole du ministère sierra-léonais de la Santé. Il s'agit du premier Britannique infecté par le virus depuis le début de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, qui a causé la mort d'au moins 1.427 personnes en Afrique de l'Ouest depuis mars.

L'Ouzbékistan envisage d'interdire les lutteurs des pays touchés
Les organisateurs des championnats du monde de lutte qui se dérouleront en septembre prochain en Ouzbékistan envisagent d'interdire la venue d'athlètes originaires de pays touchés par Ebola rapporte lundi l'agence Interfax.

«L'organisme international de lutte de la FILA (Fédération internationale) a envoyé une lettre au ministère de la Santé publique du pays pour lui demander de permettre aux athlètes des pays touchés par Ebola de participer aux championnats de Tachkent» selon l'agence citant un représentant du ministère sous couvert d'anonymat. Il a ajouté que la décision finale sur cette affaire serait annoncée dans la semaine.

Interfax a indiqué que sept lutteurs du Nigeria et deux de Sierra Leone ont fait part de leur désir de participer aux mondiaux dans la capitale ouzbek du 8 au 14 septembre. Le ministère de la Santé a déclaré que l'Ouzbékistan est en train de prendre toute les mesures possibles pour empêcher la pénétration du virus Ebola dans le pays.

La semaine dernière, les athlètes des pays touchés par Ebola en Afrique de l'Ouest ont été exclus de certaines disciplines aux Jeux Olympiques de la Jeunesse qui se déroulent en Chine.
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Les prémices d’une nouvelle crise économique au Japon ?

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Le Japon publiait, hier, son Produit Intérieur Brut pour le deuxième trimestre de 2014. Très décevant, ce chiffre sera l’occasion pour nous de faire un point sur l’économie japonaise relativement en berne ces derniers temps. Nous ferons donc un point sur la situation actuelle et sur les conséquences que cela cause au yen et au marché des changes.

Des données économiques mornes
Les données économiques en provenance du Japon sont très décevantes depuis quelques mois. Le deuxième trimestre de l’année 2014 a, ainsi, révélé une contraction de 1,7% ce qui tire la croissance annualisée vers le bas à -6,8%. Il s’agit de la plus forte contraction du pays depuis les tremblements de terre et le tsunami qui ont frappé en 2011.
Avant la publication du PIB, l’indice de l’activité tertiaire avait enregistré une baisse de 0,1% pour juin, la troisième lecture consécutive plus faible que prévu. Dans le même temps, les ventes au détail chutaient de 0,6% après avoir déjà marqué un recul de 0,4% en mai. La production industrielle quant à elle ne cesse de chuter, après cinq mois de baisse d’affilée, c’est encore une lecture négative de 3,3% qui a été annoncée lors de la dernière version du rapport.
Bien sur, certains diront qu’il s’agit des conséquences de la mise en place par la banque centrale du Japon de la taxe sur les ventes en avril dernier. Avant de tirer de telles conclusions, Il convient d’attendre encore un peu pour savoir si l’impact négatif est temporaire ou s’il révèle une glissade du pays vers une nouvelle crise économique. Dans ce cas, le yen devrait subir des pertes assez lourdes.

Un ton optimiste à la BoJ

Bien que les données aient été faibles, la banque centrale du japon maintient catégoriquement que l’économie japonaise peut se remettre sur pieds plus vite que prévu. Les responsables politiques semblent convaincus que le pays peut reprendre ses fortes performances en quelques mois et fournir ainsi un soutien pour le yen.
Dans sa dernière déclaration, le gouverneur Kuroda a rappelé que l’économie était toujours sur le chemin d’une reprise modérée et qu’elle était bien en voie d’atteindre les 2% d’inflation, l’objectif de la BoJ. Ce positionnement anéanti tous les espoirs de voir un nouvel assouplissement de la banque centrale ce qui pourrait entrainer la paire USD-JPY vers des gains de centaines de pips supplémentaires.

En un mot, les décideurs de la BoJ sont convaincus que les rapports économiques sombres ne sont que de petits obstacles sur la route mais pas des préoccupations à long terme. Il pourrait cependant y avoir un changement de ton si le Japon ne parvient pas à redresser la barre dans les prochains mois.
(...)
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