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Qui sont les maires les plus influents sur Internet?

Qui sont les maires les plus influents sur Internet? | Think outside the Box | Scoop.it
WEB POLITIQUE - À quelques mois des élections municipales, Augure, une entreprise spécialisée dans la réputation en ligne, a réalisé un baromètre sur la popularité digitale des maires des trente plus grandes villes de France.
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The sooner we change our paradigm and our lives will be better
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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.
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Récompenser les salariés qui viennent au bureau en vélo, ça marche

Récompenser les salariés qui viennent au bureau en vélo, ça marche | Think outside the Box | Scoop.it

La perspective d'être défrayé 25 centimes du kilomètre incite les salariés à enfourcher leur vélo pour se rendre au travail.

 

Dans le cadre d'uneexpérimentation menée durant 4 mois, les salariés de 18 entreprises se sont vusproposer 25 centimes pour chaque kilomètre parcouru à vélo sur leur trajettravail-domicile. Le nombre d'adeptes de la petite reine a bondi de 50%.

 

Etre payé pour pédaler est un deal que les salariés semblent prêts à accepter. Dans le cadre du plan  d'Action gouvernemental "Mobilités actives",18 entreprises ont expérimenté, du 1er juin au 1er novembre 2014, l'indemnité kilométrique pour le vélo. Concrètement, les salariés qui enfourchaient leur bicyclette pour effectuer leurs trajets domicile-travail percevaient 25 centimes du kilomètre, un peu comme cela se fait pour les usagers des transports en commun ou bien les déplacements en voiture.

"Le nombre total d’employés utilisant plus ou moins régulièrement le vélo pour se rendre au travail est passé de 200 à 419", se félicite le ministère de l'Ecologie, qui a chapeauté l'expérimentation, par ailleurs financée par l'Ademe.

Compte tenu de la fréquence moyenne d’utilisation du vélo par les nouveaux cyclistes, ceci se traduit par une augmentation de 50% de la part du vélo pour les déplacements domicile-travail.

Si la progression est notable, il faut tout de même la remettre en perspective : les courageux utilisateurs du vélo ne constituent que 4,6% des 8.000 salariés concernés par l'expérience. Et encore, la saison était plutôt favorable aux déplacements en plein air. Réparti sur toute l'année, les auteurs de l'expérience tablent plutôt sur un taux de 3% de salariés venant à vélo.

Peu de salariés ont lâché le volant pour le guidon

Et ces nouveaux adeptes ne sont pas d'anciens utilisateurs de voitures, qui auraient ainsi permis d'avoir une influence notable sur l'environnement. Le recrutement c'est surtout effectué parmi les usagers des transports en commun, de l'ordre de 54%, et ceux qui pratiquaient le covoiturage.

Mais en tout cas, ces salariés semblent prendre goût à la petite reine : en moyenne ils effectuent plus de 5km pour se rendre à leur travail, alors que la moyenne nationale se situe à 3,4 km. De plus, un tiers de ces nouveaux cyclistes utilisent aussi leur vélo pour des déplacements de loisirs ou pour faire leurs courses.

Enfin, ces nouveaux sportifs ne semblent pas avoir abusé du système pour obtenir des indemnités indues. En effet, l'adhésion au défraiement kilométrique se faisait par le biais d'un formulaire, et chacun déclarait le nombre de trajets parcourus et à combien de kilomètres ils correspondaient. Le règlement se faisait soit de façon périodique soit en une seule fois à la fin de l’expérimentation. Aucune entreprise n'a noté de déclarations erronées.

Écrit par Coralie Cathelinais
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Les dix stratégies de manipulation de masses

Les dix stratégies de manipulation de masses | Think outside the Box | Scoop.it

Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

 

Noam Chomsky

 

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.

 

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

  

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

 

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité,délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

 

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

 

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

 

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

 

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

 

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

 

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité 

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!… 

 

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le systèmedétient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

« Cette société durera, avec ses souffrances et ses injustices, tant et aussi longtemps qu’on prétendra que les engins de mort créés par les hommes sont limités, que la Terre est inépuisable et que le monde est une poubelle sans fond. A ce stade de l’histoire, il n’y a plus qu’une alternative. Ou bien la population prend sa destinée en main et se préoccupe de l’intérêt général guidée en cela par des valeurs de solidarité ou bien c’en sera fait de sa destinée tout court. »
Noam Chomsky – né en 1928 – Angleterre, 1974

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▶ Mario Draghi, la BCE, et nous !

Ajoutée le 23 janv. 2015

Comment et pourquoi le "Quantitative Easing for the bankers" (60 Milliards par MOIS quand même !) pourrait être avantageusement remplacé par le "Quantitative Easing for the people".
Savez-vous combien ça fait, 60 milliards d'euros divisés par 334 millions d'habitants ?

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Les 1 % des plus riches possèdent plus 
que 99 % de la population mondiale

Les 1 % des plus riches possèdent plus 
que 99 % de la population mondiale | Think outside the Box | Scoop.it
Le dernier rapport de l’ONG Oxfam alerte sur l’augmentation de la concentration des richesses, donc des inégalités, au niveau mondial. L’organisation souhaite interpeller les principaux chefs d’État qui se réuniront, cette semaine, à l’occasion du Forum économique de Davos.
Dans une étude publiée hier, l’ONG Oxfam pointe du doigt l’augmentation des inégalités entre les très riches et le reste de la population mondiale. L’organisation souhaite alerter en amont du Forum économique mondial de Davos (Suisse), 
qui se déroulera de mercredi à samedi et réunira plus de 300 dirigeants politiques de premier plan, dont la chancelière allemande Angela Merkel, le président François Hollande, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, le premier ministre chinois Li Keqiang ou encore le secrétaire d’État américain John Kerry.
 
L’ONG Oxfam appelle les États à adopter un plan  contre les inégalités
 
L’étude révèle que, si la concentration des richesses se réduisait depuis le début des années 2000 et que la crise avait accentué cette tendance, elle repart fortement à la hausse depuis 2010. Dans ce document, intitulé « Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout », et s’appuyant sur les données publiées par la banque Credit suisse et le magazine Forbes, Oxfam signale que « la part du patrimoine mondial détenue par les 1 % les plus riches était passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016 ». Ce qui signifie que les 1 % les plus favorisés de la planète posséderont, l’an prochain, un patrimoine supérieur à celui des 99 % restants.
 
Oxfam s’était déjà distinguée, l’an dernier, au Forum de Davos en publiant un rapport alarmant sur les inégalités. À l’époque, l’ONG révélait que « les 85 personnes les plus riches possédaient autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale ». Aujourd’hui, elles seraient 80 à posséder autant que 3,5 milliards de personnes, contre 388 en 2010. La fortune de ces quelques individus s’élève à 1 300 milliards de dollars et devrait même passer à 1 900 milliards l’an prochain, soit une progression de 50 % en quatre ans, d’après l’ONG. L’étude se concentre également sur quelques personnalités afin de mieux illustrer ses propos. Par exemple, entre mars 2013 et mars 2014, la richesse de Warren Buffett a augmenté de 9 % (soit presque 5 milliards de dollars), celle des hommes d’affaires Michael Bloomberg, de 22 % (soit 6 milliards de dollars), et Carl Icahn, de 23 % (4,5 milliards de dollars), et celle du financier George Soros, de 20 % (3,8 milliards de dollars).
 
De plus, si cette concentration est spectaculaire au niveau des 1 % les plus riches, de fortes inégalités s’observent également au sein des 99 % restants. En 2014, les 52 % du patrimoine mondial qui échappent aux 1 % les plus favorisés atterrissent presque exclusivement entre les mains de 19 % de la population. Le résultat est qu’au final, 80 % de la population doivent se contenter de 5,5 % des richesses, d’après le rapport. « L’ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse et, malgré les questions brûlantes qui font l’actualité, le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement », explique la directrice d’Oxfam, Winnie Byanyima. Cette dernière poursuit : « Le statu quo a un coût. Si les affaires continuent comme si de rien n’était pour les élites, notre incapacité à réduire les inégalités pourrait retarder la lutte contre la pauvreté de plusieurs dizaines d’années. Les populations pauvres souffrent doublement de la montée des inégalités : non seulement leur part proportionnelle du gâteau économique se réduit, mais comme les inégalités extrêmes nuisent à la croissance, le gâteau lui-même devient plus petit. »
 

Outre l’alerte, l’ONG veut aussi apporter des solutions et appelle les États à adopter un plan. Celui-ci s’articule en sept points : frein à l’évasion fiscale des grandes fortunes des grandes entreprises ; investissement en faveur de la gratuité et l’universalité de services publics comme la santé et l’éducation ; répartition équitable de la charge fiscale en l’allégeant du côté du travail et de la consommation, tout en taxant davantage le capital et les richesses ; institution d’un salaire minimum et action pour le paiement d’un salaire décent pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs ; mise en place d’une législation en faveur de l’égalité salariale et promotion des politiques économiques assurant le traitement équitable des femmes ; adoption d’un objectif commun de lutte contre les inégalités à l’échelle internationale ; mise en place d’une protection sociale suffisante pour les plus pauvres, passant notamment par la garantie d’un revenu minimum.

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Les télés et Charlie Hebdo : devoir d’informer ? Mon cul !

Les télés et Charlie Hebdo : devoir d’informer ? Mon cul ! | Think outside the Box | Scoop.it


Plaque commémorative de l’attentat de 1995 à la station Saint-Michel (Lionel Allorge/Wikimedia Commons/CC)

 

Si je ne décolère pas depuis ce 7 janvier, c’est parce que le traitement des tragiques événements dans les médias me rappelle de mauvais souvenirs.

C’était il y a pratiquement 20 ans, je présentais le 20 h sur France 2, lors de l’attentat du RER Saint-Michel le 25 juillet 1995 (8 morts, 117 blessés). Même si les situations ne sont guère comparables (pas de vidéos ou de photos via les portables, pas de réseaux sociaux chauffés à blanc et surtout, pas de concurrence sauvage entre chaines d’information permanente), j’en demeure encore meurtri car nous avons alors commis les mêmes dérapages.

Par exemple, en interrogeant des « témoins » qui n’avaient rien vu, en faisant inlassablement la tournée de reporters qui, bien que « sur place », n’avaient strictement aucune info fiable à apporter. Un véritable sketch à la Coluche. À pleurer ! Quand on n’a rien à dire, on ferme sa gueule…

Remplissage ad nauseam

Alors, pourquoi ce remplissage ad nauseam ? Tout simplement pour ne surtout pas « rendre l’antenne » avant TF1 et donner ainsi l’impression aux téléspectateurs qu’on est moins « sur le coup » que nos concurrents (et au passage, préserver nos parts de marché). Vingt ans après, j’entends encore mon oreillette :

« Bruno, TF1 continue son édition spéciale. Donc, tu rappelles Machin, à l’Hôtel-Dieu, et ensuite Truc, à la préfecture de police. »

Résultat, un pitoyable bavardage avec tous les risques d’approximations, voire de francs dérapages… Comme l’autre vendredi 9 janvier, où les chaînes ont mouliné dans le vide toute une matinée sur des images fixes d’une station-service en Seine-et-Marne…

Mais, au-delà de cette masturbation journalistique aux allures de gag, ce que je me reproche encore vingt ans après, c’est notre délire anxiogène. Nous avions, hélas, fait exactement ce que les terroristes espéraient : terroriser les français !

En expliquant, par exemple, qu’il y aurait eu beaucoup plus de victimes si la bombe avait explosé quand le RER était dans le tunnel et non à quai. Ou en affirmant que ces fanatiques (alors non identifiés) avaient d’évidence des complices dans la nature.

Résultat des courses, plus aucun téléspectateur ne pouvait envisager raisonnablement de prendre le lendemain un train, un métro et encore moins laisser y monter un proche…

Les barbares font le « conducteur » du JT

À l’époque, j’avais publiquement déploré le fait : c’étaient, hélas, les idéologues du GIA qui avaient composé le « conducteur » du JT. Ces barbares avaient atteint leur objectif psychologique, mais mes chefs étaient ravis de notre « réactivité » (et de l’audience). Bref tout le monde était content !

En fait, les journalistes s’ennuient souvent dans leurs rédactions, les jours de monotonie où l’actu est faite de statistiques économiques, des premières neiges ou du mal-être existentiel des joueurs millionnaires du PSG.

Dès qu’il y a du « chaud », ils bandent et deviennent des journalistes. J’ai aussi des souvenirs épiques de la première guerre du Golfe, en janvier 91, quand mes confrères, qui n’avaient jamais connu la guerre ni même fait leur service militaire pour la plupart, prenaient leur pied en jouant à la guerre 24 heures sur 24, soutenus par un quarteron d’officiers en retraite paradant devant des maquettes du « terrain ».

Et qui, comme nous, disaient conneries sur conneries. Et pour cause : c’était le black-out absolu de la part des états-majors et nos envoyés spéciaux « sur place » étaient à 1 000 km du front ! Quand on ne sait pas, on ferme sa gueule…

Dans un registre moins géopolitique, j’ai aussi des souvenirs assez consternés de la mort de Diana. Quand je suis arrivé à la rédac ce matin là, j’ai trouvé la directrice de l’info (Arlette Chabot) si secouée que j’ai cru un moment qu’elle avait, dans la nuit, perdu ses parents dans l’incendie de leur maison juste après avoir appris qu’un cancer généralisé la condamnait à un trépas précoce ! Elle était hystérique. Comme, hélas, beaucoup de mes collègues…

Résultat, nous avons, une nouvelle fois, fait absolument n’importe quoi (supputations diverses et avariées, témoignages de « témoins » qui n’avaient rien vu ! Etc.). Bref, du mauvais Paris Match (est-ce possible ?).

Stratégie putassière nullement payante, puisque TF1, plus sobre dans le délire, nous a battu en audience dans les grandes largeurs. Bref, nous avions fait la pute sans être payés…

Une ambiance totalement anxiogène

Je ne vais pas refaire ici le listing de tous les erreurs ou dérapages commis lors de la semaine tragique des attentats. Simplement, cette fois, ce délire collectif ne prêtait plus à sourire puisque certains « scoops » ont mis en danger la vie d’otages ou de policiers.

Au-delà de ces dérapages irresponsables, voire criminels, les médias ont à nouveau répandu – comme à plaisir ? – une ambiance totalement anxiogène.

Jeu pervers et dangereux que celui de vouloir montrer, à tout prix, que l’on est mieux rencardé (par des flics irresponsables ?) que ses concurrents directs, quitte à gêner le travail des enquêteurs ou des policiers sur place.

Et surtout à mettre des vies en péril. La « mise en danger d’autrui » et l’« entrave à enquête » sont des délits. Y aura-t-il des plaintes et des procès afin de purger toute la séquence ? Et d’éviter de refaire les mêmes erreurs à l’avenir ? J’en doute, en observant que le CSA, en coma dépassé depuis longtemps, a renoncé à un véritable debriefing.

Jadis, quand un enfant était kidnappé (Éric Peugeot, en 1960), la police imposait à la presse un black-out absolu pour éviter toute bavure. Et chacun s’astreignait au silence pour ne pas avoir de mort sur la conscience. Mais c’était un autre temps…

Il est bien sûr impossible de taire totalement ce genre d’événement mais faire le service minimum serait judicieux. Par exemple, quel est l’intérêt pour le téléspectateur lambda de connaître l’identité des terroristes ? Une information qui risque au contraire d’alerter d’éventuels complices. En dire le moins possible…

Le silence est d’or

Quitte à choquer la plupart de mes confrères qui ont un orgasme dès qu’ils aperçoivent le GIGN en action, j’affirme que si la parole est d’argent (surtout pour les actionnaires des médias privés !), le silence est d’or (idem pour toutes les supputations sur le versement de rançons d’autant plus irresponsables qu’elle surenchérissent le « prix » monnayable d’éventuels futurs otages).

Pour se défendre, les responsables ( !) des médias invoquent, sans rire, le « devoir d’informer ». Devoir ? Mon cul ! En réalité, une volonté délibérée de gonfler ses parts de marché en scotchant la ménagère devant son téléviseur des heures entières, en agitant, à grands renforts de pseudo « experts », supputations, peurs et fantasmes. Une télé dont bavardage et remplissage sont les deux mamelles…

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Sivens. Premier round pour les opposants au barrage

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Les opposants au barrage de Sivens en octobre 2014.

 

Le projet initial de barrage de Sivens n'aura pas survécu à l'hiver 2015. Le 16 janvier, la ministre de l'Écologie Ségolène Royal l'a clairement enterré en annonçant que la réalisation de cette retenue sur le Tescou n'était « plus d'actualité ».

 

Cela faisait plusieurs mois que le projet controversé de Sivens prenait l’eau. Depuis le 26 octobre 2014, jour de la mort du jeune sympathisant écologiste Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive lors d’affrontements entre les forces de l’ordre et des opposants au barrage, le chantier était à l’arrêt. En novembre dernier, la décision de la Commission européenne de lancer une procédure d’infraction contre la France pour non-respect de la directive sur l’eau sur le site du barrage controversé avait enfoncé le clou.

Mais depuis le 16 janvier, le projet initial de barrage-réservoir de 1,5 million de mètres cube d’eau porté par le conseil général du Tarn sur le Tescou, à hauteur de la forêt de Sivens, pour un montant global de 8,5 millions d’euros, est définitivement enterré. Sa fin a été annoncée par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal et confirmée par les experts qu’elle a mandatés pour tenter de trouver un compromis entre pro et anti-barrage autour « d’un projet de territoire dans le bassin du Tescou ». Dans leur nouveau rapport, ces derniers ont conclu que « le projet initial de barrage à Sivens (…) n’apparaît pas comme une solution adaptée » pour satisfaire des besoins de stockage pour l’irrigation qu’ils évaluent à environ 750.000 m­ètres cube.

Deux solutions techniques

Au terme de leur mission, les deux experts ont proposé deux « solutions techniques », à savoir un réservoir plus modeste sur le site de Sivens, situé 330 mètres en amont du projet initial avec un bras de contournement permettant d’assurer la continuité du cours d’eau et une « alternative » comprenant un ensemble de trois retenues latérales ou collinaires, une à Sivens et deux autres non loin.

Entre ces « deux solutions imposées par l’État », le département du Tarn, maître d’ouvrage, a d’ores et déjà montré sa préférence pour « celle de la retenue d’eau sur le site de Sivens, décalée et sous dimensionnée » qui reste selon lui « la moins coûteuse et la plus efficace pour répondre aux besoins du territoire et utiliser au mieux les acquisitions foncières et travaux déjà réalisés ». Le vote définitif de l’assemblée départementale aura lieu le 3 mars. Pour autant, il n’est pas dit que le dossier Sivens se referme bientôt car sur le terrain, les scenarii des experts ne satisfont personne et les tensions entre les occupants de la « zone à défendre » du Testet, les agriculteurs et les riverains ne s’apaisent pas.

Les chambres d’agriculture du Tarn et du Tarn-et-Garonne se disent « consternées » par l’abandon du projet. Tout en insistant sur « la nécessité de stocker un minimum de 1,1 million de mètres cube », elles demandent aux experts, tout comme la FDSEA, syndicat agricole majoritaire, de revoir leur copie. De leur côté, les anti-barrage saluent l’abandon du projet initial mais refusent d’apporter leur soutien à un « Sivens allégé ». Alors que France nature environnement, la Confédération paysanne et le Collectif pour la défense de la zone humide du Testet mettent en garde « contre un second passage en force », la cinquantaine de zadistes toujours présents sur le site restent en « complet désaccord » avec les dernières propositions des experts et ont fait savoir qu’ils ne bougeraient pas…
Johanna Decorse

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En Grèce, une panique bancaire a débuté, et les citoyens ne payent plus leurs impôts

En Grèce, une panique bancaire a débuté, et les citoyens ne payent plus leurs impôts | Think outside the Box | Scoop.it

Le journal grec Kathimerini rapporte que les recettes de l’Etat grec se sont écroulées sur les derniers jours, en raison de l’incertitude liées aux élections qui doivent se tenir dans le pays le 25 janvier prochain. La plupart des Grecs choisissent de différer le paiement de leurs impôts en attendant d’être fixés sur la situation de leur pays.

Le parti donné gagnant dans les sondages, SYRIZA, a en effet promis d’annuler la taxe sur les propriétés immobilières (ENFIA), et d’annuler les dettes en souffrance.

Selon Kathimerini, l'état grec s’attend à collecter 4,5 milliards d’euros d’impôts pour le mois de janvier, mais les paiements reçus au cours des 10 premiers jours du mois étaient en baisse de 70 à 80% par rapport aux montants qui avaient été collectés à la même époque il y a un an.

 
Au mois de décembre de l’année dernière, les recettes des impôts avaient déjà accusé un manque à gagner de près de 620 millions d’euros, et pour l’ensemble de l’année 2014, cet écart s’était monté à 1,3 milliard d’euros.

Pire, dans ce qui semble être une répétition de la crise de 2011, ces derniers jours, deux banques grecques auraient sollicité l'ELA (Emergency Liquidity Assistance).

L’ELA consiste en un prêt d’urgence que les banques centrales nationales de la zone euro peuvent attribuer à des banques connaissant des pénuries de liquidités ponctuelles de nature à perturber gravement le système, avec l’aval de la BCE. Ces pénuries de liquidités peuvent notamment survenir lorsqu’un grand nombre d'épargnants se présentent simultanément pour récupérer leurs économies, ce que l’on appelle une panique bancaire, ou 'bank run'.

En décembre, les retraits sur les comptes d’entreprises et de particuliers des banques grecques se sont montés à 3 milliards d’euros, en nette accélération, et ce mouvement s’est poursuivi depuis le début du mois de janvier.

Selon Euractiv, depuis 2010, les banques grecques ont perdu 69 milliards d’euros de dépôts, soit près de 30% du total.

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Vidéo Attentats : le cri d'alarme de Jamel Debbouze - sept-a-huit - Replay TV

Très discret depuis les attentats qui ont frappé la France, l'humoriste français est sorti de son silence dimanche, en accordant une interview à Thierry Demaizière dans Sept à Huit.

Le lendemain des attentats sans précédent qui ont frappé la France entre le 7 et le 9 janvier, Jamel Debbouze avait publié son ressenti sur sa page Facebook : "Je ne trouve pas les mots pour décrire ma peine et ma douleur.". L'acteur s'était ensuite exprimé avec d'autres personnalités dans une tribune du Monde, «Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?». En revanche, aucune apparition télévisée. Au point que son abscence remarquée a été raillée par Nicolas Bedos samedi soir lors de son sketch dans "On n'est pas couché". Grimé en jeune musulman censé rassuré les gens, il déclarait : "Moi je veux bien y aller faire le petit chaton mignon dans la télévision. Mais c’est pas mon métier, pourquoi tu demandes pas à Jamel Debbouze ou à des vrais professionnels du drolatisme intégratif ? J’adore Jamel ! Elle me dit : 'Moi aussi j’adore Jamel Debbouze, tout le monde l’adore. Mais je ne sais pas où il est." 

L'un des humoristes préférés des Français a donc choisi le magazine Sept à Huit pour se livrer. "J'ai passé mon temps à ne pas dire que j'étais musulman. Pas parce que je n'étais pas fier, loin de là. Mais parce que je considérais que ce n'était pas un sujet, qu'on n'avait pas besoin d'affirmer son identité ou sa différence. Aujourd'hui, j'ai presque besoin de le revendiquer, de dire, "ne vous inquiétez pas". On est pareil malgré nos différences." explique-t-il aux caméras de TF1. 

"Je suis Français, musulman, artiste, je suis né à Barbès, j'ai grandi à Trappes, je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne journaliste très, très belle (Mélissa Theuriau, ndlr). Et ça, pour moi, c'est la France." poursuit-il. Face à la question du journaliste, qui lui demande ce qu'il pense des réactions de certains enfants dans les écoles, qui n'ont pas voulu respecter la minute de silence pour les victimes de Charlie Hebdo, il réagit avec force :"C'est complètement débile, c'est irrespectueux. Ça ne se fait pas de ne pas respecter les morts. On ne se comporte pas comme ça. C'est sans précédent ce qui est arrivé, c'est arrivé au coeur de la capitale et ça concerne tout le monde !

Revenant sur la marche républicaine du 11 janvier, Jamel Debbouze réitère ses paroles d'amour pour son pays, la France. Il regrette seulement le manque de jeunes musulmans lors de cette manifestation, qui lui a redonné espoir. "Il y en avait, mais on n'était pas assez nombreux. Il faut qu'ils soient fiers de leur identité, fiers d'être musulmans, fiers d'être Français. Certains se sont désolidarisés des caricatures. Il ne faut pas leur en vouloir pour ça. On n'a pas la culture du blasphème. [...] On ne tue pas au nom de Dieu ! Le terrorisme n'a pas de religion.", explique-t-il.

"Je me battrai pour que vous puissiez dire tout ce que vous voulez dire. Je défendrai la France corps et âme pour tout ce qu'elle a apporté à ma famille. La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère." lance encore l'humoriste.

"Aujourd'hui, on ne doit pas oublier. Après la réaction, l'action. Plus jamais ça. Tous ensemble, on a une responsabilité." conclut-il.

Voici l'intégralité de son témoignage dans Sept à Huit, où il revient également sur l'énorme frustration des jeunes dans les banlieues, qui n'ont pas bénéficié, comme lui, de soutien adéquat.

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La carte de l’athéisme dans le monde : la France numéro 4

La carte de l’athéisme dans le monde : la France numéro 4 | Think outside the Box | Scoop.it

C’est une carte publiée en 2013 par le Washington Post, sur la base d’une étude de 2012 de l’institut de sondage Gallup. La fiabilité des données n’est sans doute pas la même d’un pays à l’autre (l’institut a interrogé 40 000 personnes dans 40 pays), mais elle donne une idée des décalages dans le monde sur une question au cœur des soubresauts actuels de la planète : l’athéisme.


Religieux, non-religieux, athées convaincus (Gallup)

Selon cette étude, la moyenne mondiale de l’« athéisme convaincu » ne s’élèverait qu’à 13%, soit moitié moins qu’en France.

Dans son étude, l’institut Gallup a fait la distinction entre les personnes qui se disent « religieuses », « non religieuses » et « athées convaincues ».

La majorité des personnes interrogées, 59%, se dit ainsi « religieuse », 23% « non religieuse », et seulement 13% « athée convaincue ».


La carte de l’athéisme dans le monde selon les données de l’Institut Gallup (Washington Post)

Voir le document

(Fichier PDF)

L’étude (à télécharger ci-contre, en anglais) fait apparaître le pourcentage de gens qui se disent « athées convaincus » dans les 40 pays sélectionnés (laissant donc une bonne partie du monde en « gris »). On notera également que la graduation va de 0 à 49,9% de la population, laissant entendre qu’elle n’est nulle part supérieure à 50%.

Le champion du monde de l’athéisme est la Chine, avec 47% d’athées, sans surprise au pays du président Mao, lui-même érigé au rang de demi-dieu, même si on a constaté ces dernières années une poussée du christianisme dans toutes ses variantes, notamment évangélistes.

La France, pour sa part, est quasi-championne d’Europe, en faisant apparaître 29% d’« athées convaincus », juste derrière le cas inattendu de la République tchèque avec 30% d’athées.


Le top 10 des pays athées dans le monde (Gallup)

Athéisme minoritaire

Le reste de l’Europe, l’Amérique du nord (il faut relire la note de blog d’Hélène Crié-Wiesner sur les discriminations dont souffrent les athées aux Etats-Unis), ou encore la Russie, sont dans les catégories inférieures, très minoritaire, 5 à 9%, ou 10 à 19% pour nos voisins allemands.

Sans surprise, les pays majoritairement musulmans présents sur la carte sont, eux-aussi, très minoritairement athées, avec quand même 5% d’athées convaincus en Arabie saoudite, ce qui ne va pas de soi ; même si on atteint là les limites du sondage puisque l’athéisme constitue dans la plupart d’entre eux un crime de blasphème passible de la peine de mort.

A noter également le faible taux d’« athéisme convaincu » dans des pays plus ouverts comme l’Inde ou l’Afrique du Sud, avec des taux inférieurs à 10%, ou carrément de 1% au Nigeria, théâtre actuel d’affrontements violents avec le groupe djihadiste Boko Haram.

A garder à l’esprit en interprétant les réactions du reste du monde à nos postures françaises.

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Des musulmans laïcs mobilisés pour "réformer" l'islam

Des musulmans laïcs mobilisés pour "réformer" l'islam | Think outside the Box | Scoop.it

ISLAM - Suite à l’attentat contre Charlie Hebdo et aux récentes attaques perpétrées en France, en Irak et au Nigeria "au nom d’Allah", des personnalités issues du monde musulman se mobilisent, appelant à une "révolution" dans l’islam.

Dans une pétition diffusée sur Internet, une soixantaine de personnalités laïques du monde islamique ont signé un manifeste intitulé: "Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam", également publié par le magazine français L'Obs ainsi que par de grands journaux arabes et les principaux sites libéraux du Proche Orient.

"Des réformes indispensables"

"Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes se réclamant de l’islam", écrivent-ils en préambule.

"Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables", indiquent ces intellectuels, parmi lesquels figurent des écrivains, des journalistes, des poètes, des universitaires et des psychanalystes de Tunisie, du Maroc, d’Egypte, d'Irak ou d’ailleurs.

Au Maroc, le poète Abdellatif Lâabi, le chorégraphe Lahcen Zinoun, le président du Mouvement Damir Salah Elouadie, l'actrice Latefa Aharrare, les écrivains Ahmed Assid et Moulim El Aaroussi et le militant associatif Kamal Lahbib font partie des signataires.

Selon eux, la réponse consiste "à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane", jugés dépassés et inadaptés. "Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations", indiquent-ils.

Pour eux, "les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels."

"Le temps de la modernité est arrivé"

Le directeur de publication du site marocain Média24, Naceureddine Elafrite, un des signataires de ce texte, explique au HuffPost Maroc que "le temps de la modernité est arrivé. Il faut aller vers la raison, la rationalité, l’Etat de droit."

"La religion doit rester dans la sphère privée", estime le journaliste, rappelant que les attaques contre Charlie Hebdo, ou celles commises par l’organisation Etat islamique en Syrie et en Irak ou Boko Haram au Nigeria sont un seul et même combat mené au nom de l’islam. "Le corpus de textes violents qui figure dans la Tradition, comme dans toutes les religions, doit être désactivé".

"Mais la parole n’est plus suffisante, il faut agir", indique M. Elafrite, qui explique que des actions plus formelles seront prochainement prises au niveau panarabe, regroupant un certain nombre d’intellectuels ou de militants défenseurs de la laïcité.

"Certains programmes scolaires continuent de véhiculer le même substrat que ce qui sert d’idéologie aux combattants jihadistes", estime le journaliste, comme "la supériorité de l’islam sur les autres religions, ou celle de l’homme sur la femme. Il faut tirer un trait là-dessus".

Faut-il pour autant appeler à la laïcité? "Pour l’instant, nous cherchons à légitimer cette idée. Cette première étape de légitimation de la laïcité est très importante", indique encore le signataire, qui rappelle que le principe de laïcité n’est en rien contre l’islam ou égal à l’athéisme.

"Notre silence relatif doit cesser"

Dans un texte publié dimanche dernier dans le New York Times, 23 intellectuels influents aux Etats-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne appellent également à "s’engager dans la promotion de réformes", comme "une réinterprétation honnête et critique des écritures et de la charia, utilisées par les islamistes pour justifier la violence et l’oppression".

"Notre déni et notre silence relatif doivent cesser", écrivent ces personnalités musulmanes qui prônent la laïcité. "La théocratie est un échec prouvé", estiment-elles.

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Planète sans visa » Mes si chers amis d’ici et d’ailleurs

Je vais aussi bien que possible dans une telle situation. Après une grosse perte de sang, deux transfusions et une opération longue, retour au calme. J’ai reçu des balles dans chacune de mes jambes, j’ai une plaie à la hanche et une autre à l’épaule. Et pas mal d’éclats dans le corps, qui n’en repartiront pas. Ils rejoignent ainsi l’éclat d’une bombe fichée dans mon pied gauche depuis le 29 mars 1985. Ce jour-là - fatalitas ! -, j’ai été victime d’un attentat au cinéma parisien le Rivoli-Beaubourg.

Retour au présent : à la vérité, je n’ai vraiment recommencé à écrire un peu que ce 15 janvier 2015. Et je n’ai pu parcourir mes mails que ce même jeudi, huit jours après la Grande Tuerie. J’ai reçu pour l’heure près d’un millier de messages par toutes les sources possibles, et le bien que m’ont fait  ceux que j’ai pu lire - une cinquantaine - défie déjà tout commentaire. Je vous le demande sans fausse honte : continuez ! Oh oui, continuez ! La quasi-totalité expriment une chaleur et une amitié dont j’ai désormais un besoin quotidien.

Je n’ose penser

Coupé de l’extérieur – sans journaux, longtemps sans télé ni téléphone -, je ne sais que les très grandes lignes de ce qui s’est passé. Ce qui suit pourrait donc tomber à plat, mais dans ce cas, vous me pardonnerez. Première évidence : la réaction si spectaculaire de la société française est évidemment un puissant baume pour les blessures du corps et de l’âme. Je n’ose penser à mon état si les manifestations de solidarité n’avaient rassemblé que quelques milliers de personnes.

Bien entendu, à cette hauteur de mobilisation, le malentendu est partout. Des gauchistes antisionistes ont défilé avec des Juifs à Kippa, des pieux musulmans avec des cathos anti-mariage gay, des sarkozystes et des zemmouristes avec des mélenchonistes. Et c’est vraiment ce qui pouvait arriver de mieux. Un tel déferlement crée nécessairement un substrat, au sens agricole, un compost sur lequel pousseront les réponses que nous saurons formuler ensemble.

Nul ne peut connaître le résultat de tels ébranlements, qui touchent à l’intime des cœurs. Mais on peut du moins dire que sans ces fondations, sans cette fondation, rien n’aurait pu germer demain sur la terre dévastée de ce si petit pays de France. Nous sommes désormais face à une possibilité. Ce qui fait peu, mais surtout beaucoup.

Les contours du Grand Partage

Vous le savez, je tiens la crise écologique, si dramatique, comme le cadre neuf dans lequel penser notre avenir commun, aussi compromis qu’il puisse paraître. Sous ma plume, il ne s’agit pas d’une formule, mais d’une conviction définitive. Elle implique, et je ne vais pas plus avant sur ce terrain instable, une politique révolutionnaire.

Et démocratique, cela va de soi. Il faut définir les contours du Grand Partage. Partage de l’espace et des ressources, évidemment. Mais à condition d’y inclure nos frères les animaux, dont le sort maudit ne cesse d’aggraver celui de la psyché humaine. Hors ce cadre-là, selon moi, il ne peut y avoir que ravage, destruction du monde, mortels affrontements.

Depuis que je suis hospitalisé, et dès que j’ai pu m’adresser à mes soignants, je me suis mis à parler. Ceux qui me connaissent savent qu’il s’agit chez moi d’une maladie chronique, qui ne disparaîtra qu’à ma mort. La plupart, depuis les aides-soignants jusqu’aux chirurgiens, passant par les infirmières – et infirmiers – m’ont paru admirables. Écrivant cela, je ne veux pas les désigner comme des êtres hors du commun. Ils ne le sont pas.

Le bonheur des nuits d’insomnie

Mais leur comportement réel, dans le quotidien sinistre des services de réanimation, montre qu’il est possible de vivre comme des hommes, dans le respect de ces valeurs essentielles sans lesquelles la vie perd à jamais ses repères. J’ai été heureux, au milieu des nuits de l’insomnie, de parler de la campagne d’avant du côté de Monpazier (Périgord), du sort des cités oubliées dans tant de villes détruites, de mes copains d’enfance et d’adolescence - Arabes, Juifs, Portugais ou Blacks - de Villemomble, Montfermeil, Noisy-le-Sec, Gagny, Bondy. La Seine-Saint-Denis de jadis annonçait la suite, sans que nous en ayons la moindre conscience.

Mais j’ai aussi suivi comme un cours accéléré d’écologie, au sens que je donne à ce mot transformateur. À propos du crime global qu’est l’agriculture industrielle, des folies de l’agroalimentaire, des délires de la chimie de synthèse, de ces maladies créés par l’exposition à tant de toxiques, du terrifiant problème posé par le stress hydrique – une raréfaction des ressources en eau -, du climat.

Le monde inquiet des questions angoissées

Je vous le jure : j’ai davantage écouté que parlé. Car ce sont eux qui racontaient, montrant à quel point la société française sait être loin des misérables clichés déversés chaque jour par ses « élites » politiques et médiatiques. Il existe un espace inexploré, considérable, où de  nouvelles questions, centrales, pourraient enfin être débattues. En somme, ces quelques urgentistes rencontrés ici m’ont paru comme les représentants d’un monde inquiet, qui cherche des réponses à des angoisses désormais évidentes.

Et c’est bien pourquoi je vomis notre classe politique. Aucun de ses membres ne saura se mettre au service de notre peuple et de l’humanité. Chacun joue sa partition attendue. Hollande prend la voix grave, espérant regagner quelques points de popularité, ce qui est d’ores et déjà acquis. Sarkozy, fidèle d’entre les fidèles à lui-même, essaie de se placer sur la photo. Valls peaufine son personnage bien connu de Clemenceau.

La plus merveilleuse des nouvelles

Et pourtant, l’espace existe. Il n’y a aucun doute qu’un politicien qui romprait avec l’ancien crèverait le plafond, et l’écran. Je vous parlais à l’instant de compost. Le soulèvement moral de notre peuple – pas tout le peuple, ne délirons pas – est la plus merveilleuse des nouvelles. Ce mouvement des profondeurs ne saurait disparaître tout à fait, et il ne pourra, en toute hypothèse, conserver des formes aussi belles. Considérons donc que s’est ouverte une fenêtre, que des forces hostiles tenteront de refermer au plus vite. Ce serait donc l’heure idéale du tournant, mais je redoute que l’occasion historique d’avancer dans la seule direction possible – la fin de la tragédie écologique – ne soit encore gâchée par la petitesse des idées et des caractères.

Malgré cela, avançons, mes si chers amis. Premier impératif catégorique : luttons contre toutes les formes de régression, au premier rang desquelles le racisme, qui trouvera là de primordiales raisons de flamber. Sur ce terrain si difficile, parlons à tout le monde, sans exclusive, car le feu est aux portes. Cela signifie pour moi rechercher l’unité la plus large, y compris - par définition - avec des groupes et personnes éloignés du combat pour la vie.

Et nous fûmes 100 000 en arrivant aux portes

Parallèlement – et en même temps –, considérons avec ceux qui le souhaitent la stupéfiante gravité de la crise écologique mondiale. Dans ce cadre très général, il faudra tout à la fois ouvrir en grand nos yeux, nos oreilles et notre cœur. Jamais la situation n’a été aussi favorable à notre cause, et il me semble possible de réunir à terme, dans un réseau dense, 100 000 d’entre nous. Ce serait un véritable tsunami. Une telle masse critique pourrait entraîner dans une autre direction la société tout entière. Vous n’y croyez pas ? Moi, si.

Franchement, qui aurait pu imaginer cette « insurrection des consciences » réclamée depuis si longtemps par mon cher grand ami Pierre Rabhi ? Qui ? Personne. Nul ne savait qu’il existe encore dans ce pays une société vivante et fraternelle. Amorphe en apparence, gorgée de pub et de télé, se battant à l’occasion pour un téléphone portable, obsédée par les écrans plats et les bagnoles dernier cri, la France vient de montrer le visage du bonheur commun. À la stupéfaction générale. La tragédie qui nous a frappés a réussi l’impossible : créer de l’harmonie avec les gestes et les mots de millions de personnes anonymes. Le grand fleuve rentrera dans son lit, mais on se souviendra que la crue régénératrice n’est jamais loin de l’étiage.

La meilleure part de nous vient de montrer ce qu’était la beauté. Ce qu’était la Beauté.

PS :  Comme vous l’imaginez, j’enterre mes morts. Cela me prendra bien des mois. J’aimais personnellement certains des assassinés. Je clame à toutes les familles de tous les disparus que je les serre contre ce qui me reste de cœur.

 

Fabrice Nicolino


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Barrage de Sivens : un nouveau rapport d'experts remis ce vendredi à Ségolène Royal

Barrage de Sivens : un nouveau rapport d'experts remis ce vendredi à Ségolène Royal | Think outside the Box | Scoop.it

Malgré l'absence de compromis entre toutes les parties, la ministre souhaite que ce rapport soit une base de travail pour trouver une porte de sortie à ce conflit. 

 

Des experts remettent ce vendredi à Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, un nouveau rapport sur le projet controversé du barrage de Sivens (Tarn), à l'issue de plusieurs semaines de concertation  entre partisans et opposants.

"Je vais regarder, échanger avec le maître d'oeuvre, c'est-à-dire le Conseil général, et ensuite les choses seront mises sur la table en toute transparence", a indiqué la ministre, qui s'est impliquée dans ce dossier local après la mort d'un homme de 21 ans, victime d'une grenade offensive lancée par un gendarme lors d'affrontements entre opposants au projet et forces de l'ordre.

Les travaux de construction du barrage-réservoir de Sivens ont été suspendus après la mort de Rémi Fraisse, tué le 26 octobre.

Plusieurs réunions ont eu lieu entre agriculteurs, défenseurs de l'environnement et élus concernés, mais un compromis n'a pas pu être trouvé entre les défenseurs du projet initial et ceux qui souhaitent qu'il soit fortement transformé.

Contesté depuis plusieurs années par des associations locales, le projet de barrage de Sivens vise à créer une retenue d'eau d'1,5 million de m3 pour l'irrigation de terres agricoles. Son coût et ses conséquences sur l'écosystème font débat.

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Opération Mains propres sur la santé publique : stop à la corruption

Opération Mains propres sur la santé publique : stop à la corruption | Think outside the Box | Scoop.it

Un appel est lancé pour lever l’opacité qui règne dans le monde de la santé publique, gangrené par les intérêts privés qui viennent heurter l’intérêt général. On ne compte plus les hauts fonctionnaires en lien avec l’industrie pharmaceutique. Il est temps de refonder la santé sur l’intérêt général.

Fin décembre étaient révélées les pratiques de Sanofi pour favoriser son antidiabétique Lantus aux Etats-Unis. Des centaines de médecins jouant les « agents doubles » ont reçu des dizaines de milliers d’euros pour la promotion de l’insuline star de la firme pharmaceutique française.

Corruption

Les scandales sanitaires actuels (du Médiator au Sofosbuvir) nous permettent de tirer deux enseignements : l’impérieuse nécessité d’ouvrir le système pour donner davantage de place aux avis contradictoires (lanceurs d’alerte, praticiens, patients, associations) tout en légalisant les actions de groupe (actions en justice qui permettent à un grand nombre de personnes d’engager ensemble une seule procédure en justice afin d’obtenir réparation d’un préjudice) ; l’urgence de lutter contre la porosité actuelle constatée entre les « évaluateurs » et les « évalués », les contrôleurs et les contrôlés.

En février 2014, le premier rapport de la Commission européenne sur la corruption citait parmi les secteurs les plus vulnérables à la corruption la santé tandis que Mediapart révélait en 2011, 28 liens d’intérêts parmi les 30 membres de la commission d’autorisation du médicament.

L’opacité la plus totale règne dans le monde de la santé publique. Les intérêts privés viennent heurter l’intérêt général. Nous ne sommes toujours pas sortis de la collusion entre l’Etat et les groupes pharmaceutiques comme l’illustre les dernières affaires Cahuzac et le scandale du Médiator.

La corruption dans la santé fait perdre dix milliards d’euros

Cela a des conséquences lourdes sur nos finances publiques. Les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe (entre 50 % et 100 % de plus que nos voisins les plus proches).

En luttant contre cette surconsommation et cette surfacturation par une meilleure prescription, l’assurance-maladie pourrait réaliser au moins dix milliards d’euros d’économies c’est-à-dire annuler son déficit chronique et ce sans dommage pour la santé publique, bien au contraire.

Comme l’a montré Serge Rader (pharmacien, lanceur d’alerte) dans son étude comparative du prix du médicament entre la France et l’Italie, le coût des médicaments en ville et à l’hôpital s’élève pour 2013 à 18 milliards d’euros chez nos voisins transalpins contre 34 milliards pour la France, soit 70 % de plus à populations égales pour les mêmes résultats sanitaires (avec une espérance de vie de sept mois supérieure en Italie).

De plus, les prix hors taxes des génériques sont supérieurs en France de 30 % en moyenne à ceux pratiqués en Italie.


- Jérôme Cahuzac -

Privatisation et conflits d’intérêt

Le vrai risque aujourd’hui est une privatisation rampante du système de santé publique liée notamment à la dégradation du système hospitalier, conduisant à la perte d’équité dans le traitement et l’accès aux soins.

Le conflit d’intérêt est défini comme tel : « C’est une situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé d’une personne qui concourt à l’exercice de cette mission, lorsque cet intérêt, par sa nature et son intensité, peut raisonnablement être regardé comme de nature à influencer, ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions ».

Un examen des liens d’intérêts des ministres de la santé montre qu’ils ont depuis Claude Evin quasiment tous été, soit avant leur entrée en fonction, soit après, en lien avec des laboratoires pharmaceutiques.

Le cas emblématique le plus récent est celui de Nora Berra (secrétaire d’Etat chargée de la Santé de 2010 à 2012) qui a travaillé dix ans pour les firmes pharmaceutiques (de 1999 à 2009) auprès de trois laboratoires (Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers Squibb, Sanofi Pasteur). Comment être indépendant moins d’un an après avoir quitté l’industrie pharmaceutique ?

Hauts fonctionnaires et industrie

Chez les hauts fonctionnaires, c’est toujours le même schéma. Une dizaine d’années passées dans les cabinets ministériels avant d’aller dans les laboratoires. Il va de soi que tout ce beau monde est repéré à l’avance par l’industrie pharmaceutique.

Le cas de Jacques de Tournemire est parlant. Il a été conseiller au cabinet du ministre Mattei puis à Matignon dans le cabinet Villepin. Ensuite, il bascule dans le privé comme directeur des opérations de lobby pour Pfizer à Bruxelles, puis vice président Pfizer France avant de devenir consultant pour les grandes firmes pharmaceutiques.

Les parlementaires sont également « gratifiés » par divers groupe à l’instar du Club Hippocrate, financé par GSK, Générale de Santé et Malakoff Médéric dont le patron est le frère de Nicolas Sarkozy.

L’industrie pharmaceutique a l’habitude de recruter les interlocuteurs qu’elle côtoie dans les agences sanitaires. C’est le cas pour Philippe Lamoureux, nouveau directeur général du Lobby européen du médicament (LEEM) après avoir été secrétaire général de l’Agence du Médicament au ministère de la Santé.

Les conflits d’intérêts touchent aussi l’Agence européenne du médicament : au terme de son mandat fin 2010 de directeur exécutif de l’EMA, Thomas Lönngren a en effet été autorisé à exercer des activités de conseil auprès de cinq entreprises privées notamment sur les questions du développement de nouveaux médicaments et les délais de mise sur le marché.

Enfin, les liens avec l’industrie pharmaceutique concernent aussi les associations à l’instar de la Société française de cardiologie financée par Sanofi-Aventis.

Il convient de construire un mur parfaitement étanche entre les intérêts privés et la décision publique dans le domaine de la santé. Cette dernière doit être fondée uniquement sur l’intérêt général, la transparence et les principes qui fondent le service public pour les usagers : gratuité et égalité d’accès.

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Grèce : l'euro tombe à son plus bas niveau depuis 11 ans

Grèce : l'euro tombe à son plus bas niveau depuis 11 ans | Think outside the Box | Scoop.it

C'est le plus faible cours de la monnaie européenne depuis 2003, en raison des risques de plus grande incertitude économique après la victoire de Syriza.

 

L'euro a ponctuellement chuté lundi matin à Tokyo, tombant à son plus bas niveau face au dollar depuis plus de 11 ans. Une dégringolade qui fait suite à l'annonce de la victoire du parti de la gauche radicale Syriza, anti-austérité, aux législatives anticipées de dimanche en Grèce.

La monnaie européenne s'est affichée ponctuellement à 1,1098 dollar à 8 h 50, heure locale (dimanche 23 h 50 GMT), son plus faible cours depuis septembre 2003, en raison des risques de plus grande incertitude économique en Europe. L'euro est cependant remonté dans les minutes suivantes jusqu'à 1,1200 dollar à 9 h 15 (0 h 15 GMT).

"Écrire l'histoire"

La devise commune a aussi connu un nouvel accès de faiblesse vis-à-vis de la monnaie nippone, à 130,14 yens à 8 h 50 (23 h 50 GMT), cours qui n'avait pas été vu depuis septembre 2013, avant de remonter à 131,88 yens une demi-heure plus tard. Simultanément, le billet vert s'est momentanément un peu déprécié face à la monnaie japonaise, avec un cours à 117,26 yens à 8 h 50, puis un rebond à 117,79 dans les trente minutes suivantes.

Les Grecs ont donné dimanche une victoire claire au parti de gauche radicale Syriza, pour "écrire l'histoire" en "laissant l'austérité derrière" eux, a affirmé Alexis Tsipras, premier dirigeant européen élu sur le rejet explicite des politiques difficiles imposées par l'UE à ses membres. Le scrutin était attendu anxieusement par les partenaires européens d'Athènes, inquiets de la volonté de Syriza de "fermement" renégocier l'énorme dette grecque et défier de manière inédite les programmes d'austérité imposés par Bruxelles.

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Une première à La Poste : des odeurs pour détendre les clients

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Dans le cadre d'un plan visant à améliorer le bien-être des usagers du bureau de la gare, La Poste accueille une première nationale de l'entreprise tarnaise Phodé : un produit naturel sera diffusé afin de rendre les gens plus heureux et détendus ! ...

Via J Berhocoïrigoin
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Jacques Le Bris's comment, January 25, 1:14 AM
Ne pourrait-on pas diffuser ce parfum dans les quartiers sensibles et lors de manifestations houleuses ?
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« L’euro est officiellement mort le jeudi 22 janvier 2015 »

« L’euro est officiellement mort le jeudi 22 janvier 2015 » | Think outside the Box | Scoop.it

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Le 16 septembre 2014, il y a peine quelques mois, j’écrivais l’édito du jour et je l’intitulais :

« Construction, union, intégration, désintégration, dislocation, et explosion !… »

J’y disais la chose suivante, et vous pourrez le relire en entier pour ceux qui le souhaitent car je vous indique le lien en bas de page.

« Construction, union, intégration, désintégration, dislocation, et explosion… voilà quelles pourraient être les différentes étapes de la vie à la mort de l’Europe tant l’ensemble européen est désormais à la croisée des chemins, coincé entre plus d’intégration (ce qui est actuellement souhaité) et la tentation de la désintégration où chaque pays membre, en particulier de la zone euro, souhaiterait pouvoir retrouver quelques marges de manœuvres monétaires pour adoucir des politiques budgétaires qui se doivent, face aux tombereaux de dettes souveraines accumulées et à l’absence de croissance, de devenir restrictives… »

Il ne s’agit pas de faire de la « gloriole » mais de remettre justement la décision très importante de la BCE concernant le QE annoncé de plus de 1 100 milliards d’euros. Un QE monumental, colossal, que dis-je, MAGISTRAL et pourtant, alors qu’il est salué par tous les commentateurs ou presque, par les marchés comme par les investisseurs, j’ai pourtant à cette occasion l’immense regret de vous faire part du décès de la monnaie unique appelée « euro ».

Derrière la « bonne nouvelle » se cache la première étape de la désintégration de la zone euro !

Bon, vous l’aurez compris, je ne suis pas triste du tout en fait. L’euro était très mal ficelé et cela n’a aucun sens de poursuivre cette aventure monétaire commune devenue désastreuse et c’est un premier pas très important qui a été fait aujourd’hui par Mario Draghi : il vient ni plus ni moins d’annoncer qu’il y aura de moins en moins d’euros dans les prochains mois, même s’il semble qu’il va y en avoir beaucoup plus et je vais me faire un plaisir de vous expliquer ce qui peut sembler, à première vue, un grand paradoxe.

Tout le truc tient dans cette simple petite phrase passée inaperçue ou sur laquelle on jette pudiquement un voile… « Les opérateurs de marché ont immédiatement réagi positivement à l’annonce, le CAC40 s’appréciant de 1 % en quelques minutes, avant une prise rapide de bénéfices lorsque Mario Draghi a précisé que les banques centrales nationales porteront 80 % des risques liés aux rachats, tandis que la BCE n’en portera que 20 %… »

Il faut bien lire et relire cette petite phrase et bien la comprendre pour ce qu’elle signifie, à savoir que chaque banque nationale va racheter ses propres obligations d’État et que la BCE en elle-même ne portera que 20 % du risque, c’est-à-dire au mieux 200 milliards sur les plus de 1 000 qui devraient être injectés !!

En clair, chaque banque centrale nationale vient d’obtenir le droit de battre monnaie pour des montants différents et à sa convenance ou presque. Alors je vous pose la question à 1 000 milliards d’euros :

Comment peut-on avoir une monnaie unique avec des banques centrales monétisant de façon hétérogène ?

Impossible, tout simplement, l’euro est mort et c’est un pas enfin vers la reconnaissance de cet état de fait. On gagne encore un peu de temps avant d’avouer officiellement que l’euro est mort mais il est bien mort. La France va monétiser en cœur et j’entends déjà nos amis socialistes nous expliquer comment nous allons pouvoir dépenser la cagnotte (surtout pour se faire réélire en 2017), les Italiens qui n’ont jamais su faire autrement que d’imprimer des billets vont faire pareil, les Espagnols itou… De l’autre côté, la rigueur allemande va s’exprimer pleinement et la Buba, la Banque centrale allemande, n’émettra aucun billet tout neuf pour Berlin qui se paye le luxe d’un budget en excédent… Et vous pensez que la Banque de France va imprimer des billets pendant deux ans en gardant tout cela dans son bilan sans qu’il ne se passe rien ? Non, il n’y a pas à dire, c’est le processus de désintégration qui vient de commencer et c’est sans doute cela qui explique la décision de la Suisse de ne plus défendre sa monnaie.

Il s’agit bien en réalité de la fin de l’euro et contre la fin de l’euro, la Suisse et la Banque centrale suisse ne peuvent rien et, plus grave encore, il serait assez dangereux pour les Suisses de poursuivre leurs achats d’euros par milliards chaque jour si l’euro devait rapidement disparaître et ne valoir plus rien.

On n’aura pas plus d’Europe, donc ce sera moins d’Europe puis plus d’Europe

Le terrorisme, la libre-circulation, les problèmes de délinquance ou d’immigration montrent que l’Europe est inefficace à régler quelque problème que ce soit. Le débat aujourd’hui c’est comment on fait « moins de Schengen ». Mais ce n’est pas tout : du côté économique c’est le même phénomène, la tentation naturelle n’est pas plus d’Europe mais moins d’Europe avec, sur tous les sujets, un retour à la souveraineté nationale sous la pression de peuples excédés par des europathes aussi incompétents que corrompus.

Logiquement, et tout le monde d’ailleurs s’accorde là-dessus, soit nous dépassons nos difficultés avec plus d’Europe et par exemple des unions de transferts ou les riches (Allemands) payent pour les plus pauvres (Grecs), soit nous faisons moins d’Europe avec le retour du « chacun pour soi et Dieu pour tous »… La décision de la BCE d’aujourd’hui enterre sans la moindre ambiguïté le concept même d’union monétaire. Comment voulez-vous parler d’union alors que chaque banque centrale nationale reprend sa capacité à monétiser pour soi-même ? Pour le moment, tout le monde va monétiser et imprimer la même monnaie, de l’euro, mais combien de temps cela peut-il durer ? Impossible à dire mais pas longtemps puisque la tentation sera évidemment d’en redemander encore plus et lorsque les choses deviendront trop déséquilibrées, alors l’euro explosera naturellement, mais encore plus grave, cette décision est sans doute la plus mauvaise façon de préparer la fin de l’euro.

C’est une catastrophe annoncée !!

Pourquoi ? Simple en fait, au lieu de sortir de l’euro en bon ordre, en appliquant tous par exemple une parité de 1 pour 1 avec notre nouvelle monnaie 1 euro = 1 nouveau franc, qui après se dévaluera ou s’appréciera progressivement en fonction de notre politique monétaire et de notre gestion des finances publiques, nous allons d’abord saccager consciencieusement le bilan de notre banque central, la Banque de France, en monétisant plus que d’autres. Quand nous sortirons de l’euro, la dépréciation de notre futur franc sera aussi brutale que notre bilan de banque central sera mauvais. En voulant gagner encore du temps, nous créons les conditions d’une explosion de l’euro qui sera encore plus redoutable, or ce n’est qu’une question de temps.

C’est cela que la décision de la Banque centrale suisse a voulu dire, et c’est cela que le cours de l’or en forte hausse vous raconte également. L’euro est mort. La taille du QE n’est même pas en l’espèce le sujet.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

Charles SANNAT

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VIDÉO DU JOUR. Riss de "Charlie Hebdo" sur France 2 : la peur d'être "achevé". Glaçant

VIDÉO DU JOUR. Riss de "Charlie Hebdo" sur France 2 : la peur d'être "achevé". Glaçant | Think outside the Box | Scoop.it

LE PLUS. Riss, blessé dans les attentats du 7 janvier à "Charlie Hebdo", a fait sa première apparition télévisée le 20 janvier sur France 2. Face à David Pujadas, il a parlé de l'avenir du journal, de ses envies, de ses convictions. C'est notre vidéo du jour.

 

Le 7 janvier, Laurent Sourisseau, alias Riss, a été blessé à l'épaule par les frères Kouachi, lors de l'attentat à "Charlie Hebdo".


Son premier témoignage

 

Fraîchement sorti de l'hôpital, c'est sur le plateau du "20 Heures" de France 2 que le dessinateur (qui succèdera à Charb à la tête du journal) a livré son premier témoignage télévisé.

 

D'abord sur les événements :

 

"Je suis remis, partiellement. Je marche, c'est déjà ça et mon épaule se remet peu à peu. (Le 7 janvier) On discutait de choses et d'autres comme dans n'importe quelle conférence de rédaction et puis soudain on a entendu une détonation qui nous a un peu intrigués. Personnellement, j'ai cru que c'était un objet ménager qui était défectueux. Puis des autres détonations nous ont semblé suspectes. Tout le monde s'est levé. La porte de la salle de rédac' s'est ouverte. J'ai vu un homme armé et cagoulé surgir avec une mitraillette. Je me suis jeté au sol face contre terre. C'est la dernière chose que j'ai vue. 

 

La peur d'être "achevé" à l'hôpital

 

Après, je n'ai plus fait qu'entendre des sons.

 

C'était des coups de feu. Il n'y pas eu de cri, pas eu de hurlement. Ils se sont parlés entre eux. Un revendiquait l'appartenance à une organisation issue du Yémen. J'ai entendu un autre qui disait : 'Il ne faut pas tirer sur les femmes' et un autre, le même, qui vérifiait avec son acolyte que Charb était bien mort. (…) C'était des guerriers, ils se sont comportés comme des guerriers et ils ont commis un acte de guerre. (…)Ils étaient très organisés. (…) Quand on est seul on se dit qu'il y en a qui vont peut-être venir à l'hôpital pour vous achever."

 

"Charlie Hebdo vivra le plus longtemps possible"

 

Attribuant sa survie "au hasard", Riss a ensuite évoqué la suite de "Charlie Hebdo".

 

"C'est vrai que le jour de l'attentat je n'avais plus envie de faire ce métier du tout, je n'avais plus envie de dessiner du tout. (…) Si des gens nous détestent à ce point là ça veut dire que ce métier est vain. Ca a un peu changé, on reprend ses esprits. (…) Il faut transformer cette épreuve en quelque chose de créatif. Ce n'est pas évident. Au journal, certains ont du mal à dépasser cela. On va essayer, en tout cas. (...) Malgré l'hécatombe, il y a toujours une équipe (...) Après, il y a le problème du dessin, qui est capital pour l'identité de 'Charlie'. Et là, on a vu disparaître des poids lourds et ce n'est pas demain la veille qu'on trouvera des gens aussi extraordinaires. Un jour peut-être, mais il y a presque une autre génération de dessinateurs à faire venir. (…) Nous on fera ce qu'on sait faire, on ne sait rien faire d'autre. (…) 'Charlie Hebdo' vivra. Le plus longtemps possible, on essaiera."

 

Quant au slogan "Je suis Charlie", Riss accepte qu'il ne soit pas adopté par tout un chacun.

 

"La question est de le dire pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Si c'est pour défendre des terroristes, là j'ai du mal... Après, on est en démocratie. Tout le monde n'est pas obligé d'aimer 'Charlie'."

 

De multiples émotions

 

Pour nous, c'est la vidéo du jour. Parce que c'est la première fois que l'on voyait Riss depuis le drame. Parce que son témoignage est à la fois glaçant (concernant les attentats) et réconfortant (sur la survie du journal).        

 

À vous de réagir

 

Qu'avez-vous pensé de l'intervention de Riss, sur France 2, le 20 janvier ?

 

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Le nouveau Canal de Suez sera terminé pour l'été prochain

Le nouveau Canal de Suez sera terminé pour l'été prochain | Think outside the Box | Scoop.it

L'agrandissement du canal de Suez permettra de réduire l'attente des cargos et de multiplier les passages. 80 % du financement - 64 milliards de livres égyptiennes, soit 7,5 Mds € - auraient été souscrits par des particuliers.

 


« Cadeau de l'Égypte au monde » pour le président El-Sissi, l'agrandissement du canal de Suez consistera en fait en un élargissement de 37 km du canal existant, augmenté d'une nouvelle portion de 35 km. D'abord prévue pour 2017, l'inauguration a été avancée... à la fin de l'été 2015, pour l'anniversaire de la nationalisation du canal.

Rien ne semble impossible dans la course à l'inauguration du nouveau canal du Suez. 60 milliards de livres égyptiennes sont nécessaires pour son financement ? Qu'à cela ne tienne, le gouvernement a mis en vente des bons d'investissement que particuliers et entreprises sont invités à acheter dans un effort collectif « bism el ouma » , au nom de la Nation, selon l'expression de Nasser. Six milliards ont été récoltés dès le premier jour de souscription, et 64 milliards (environ 7,5 milliards d'euros) ont été levés avant même la fin de la période envisagée pour la levée de fonds. Plus de 80% auraient été achetés par des particuliers, ce qui n'est pas étonnant quand on sait la place que tient la nationalisation du canal de Suez par Nasser dans la construction de l'identité nationale égyptienne.

Une rente annuelle de 5 milliards de dollars

Annoncée le 26 juillet 1956 au cours d'un discours présidentiel resté célèbre, la nationalisation du canal de Suez engendre une rente annuelle de 5 milliards de dollars pour l'Égypte. Depuis l'effondrement du secteur touristique avec la révolution de 2011 et l'instabilité politique qui a suivi, cette rente représente aujourd'hui la première source de revenus du pays.

« C'est le cadeau légué par nos grands-pères et nos ancêtres, celui qu'ils ont créé avec leur sang et leurs larmes » a rappelé Mohab Mamish, le président de l'Autorité du canal de Suez, lors du lancement du projet en août dernier, à Port Saïd.

Une représentation de l'opéra de Verdi, Aïda, créé spécialement pour l'inauguration du canal en 1870, a même été programmée pour le mois de décembre au pied des Pyramides, en vue de la nouvelle inauguration.

L'Autorité du canal de Suez a d'abord travaillé sur un plan de réalisation en trois ans. Mais le président Sissi a révélé que le canal serait opérationnel à l'été 2015, une date qui paraît peu réaliste étant donné l'ampleur des travaux. Car en plus de l'agrandissement du canal, sont également au programme, à l'horizon 2018, l'aménagement de nouveaux ports et entrepôts dans les villes de Port Saïd, Damiette, Arish, une « vallée technologique » à Ismailia, une zone industrielle dans les environs de la ville de Suez et la construction des tunnels pour connecter les rives du canal entre elles. À cette fin, 15.000 ouvriers travaillent sur le chantier.

Bientôt plus de 90 passages par jour

Aujourd'hui, une quarantaine de bateaux empruntent le canal chaque jour : avec une deuxième voie, les bateaux pourront désormais circuler dans les deux sens et le canal comptera alors plus de 90 passages quotidiens. Concrètement, ces aménagements permettraient une réduction de huit heures d'attente sur le trajet des cargos. D'après les calculs de l'Autorité du canal de Suez, il faudrait un peu moins de 26 jours pour rallier la côte est des États-Unis depuis Shanghai en passant par le nouveau canal de Suez, contre 28 par le canal de Panama.

« Quelque 20-25 % des containers de Maersk transitent par le canal de Suez : c'est un passage stratégique pour nous, car notre axe principal, c'est la route Asie-Europe, et les frais y sont extrêmement compétitifs », déclarait la semaine dernière Michael Storgaard, porte-parole de la compagnie danoise Maersk, l'un des leaders du transport maritime mondial.

« Et cela restera le cas même quand Panama aura terminé ses travaux, car ils n'ont pas les mêmes capacités que le canal de Suez en ce qui concerne les plus grands navires ».

C'est en effet dans un contexte hautement concurrentiel qu'a débuté le chantier autour du canal de Suez. Car son principal rival, Panama, prévoit de construire une deuxième voie longue de 286 km à travers des zones humides et forestières. La fin des travaux y est prévue pour fin 2016, ce qui explique en partie l'urgence du gouvernement égyptien à précipiter l'inauguration de son mégaprojet.

Ce n'est pas dans la presse égyptienne, mais du côté des acteurs du transport maritime et des scientifiques qu'il faut chercher des bémols à ce grand chantier. Des rumeurs d'infiltration d'eau ont circulé dans les semaines qui ont suivi le début des travaux.

Puis, en septembre, un collectif de scientifiques internationaux a publié dans la revue spécialisée Biological Invasions un rapport dans lequel « l'absence d'études environnementales » en amont du projet est jugée « inquiétant ».

La réthorique nassérienne révisitée

Concernant la question de l'expansion du trafic, Michael Storgaard, de Maersk, émettait des réserves dans une entrevue en date du 16 novembre, publiée sur le site Ahram Online :

« Nous pourrions faire passer plus de bateaux s'il n'y avait pas ce système de convoi qui crée de l'inflexibilité dans la circulation des navires et risque d'augmenter avec les aménagements en cours », remettant en question les promesses de rentes exponentielles faites par le gouvernement égyptien.

« Je ne dis pas que ça ne va pas marcher, commente Amr Adly, chercheur au Carnegie Middle East Institute et spécialiste en économie politique. L'agrandissement du canal permet notamment de sous-traiter à des PME égyptiennes, donc de créer de l'emploi, mais ce qui est certain c'est que personne n'a réussi à avoir accès à des études de faisabilité du projet ».

Comme pendant la construction du barrage d'Assouan, des milliers de familles vivant à proximité du chantier ont été expulsées sans promesse de relogement ou de compensation, se retrouvant à la rue après dix jours de préavis, prouvant s'il le fallait que le canal n'avait pas seulement les qualités, mais aussi les défauts, d'un projet nassérien. La référence nassérienne n'est pas hasardeuse : c'est dans une rhétorique de « grands projets » que s'inscrit le président Sissi depuis son arrivée au pouvoir en juin 2013. Avant le canal de Suez, plusieurs projets ont été mentionnés comme autant de balises de son premier mandat : le projet de Tochka, initié sous Moubarak et visant à faire « reverdir » des centaines de milliers d'hectares dans les environs du lac Nasser, en Haute Égypte ; le canal de Jonglei au Sud Soudan, dont la réalisation, commencée en 1978, permettrait, si elle était effective, d'augmenter les apports en eau du Soudan et de l'Égypte en faisant dévier le Nil Blanc hors de la région des marais du Sud.

« L'idée derrière l'expression de mégaprojets, c'est de faire remonter la légitimité de l'exécutif actuel jusqu'à Nasser et de montrer que l'État va faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l'économie », analyse Amr Adly. « Le problème, c'est que parmi ces grands projets qui ont été cités, aucun n'a vraiment fonctionné dans le passé, à l'exception du barrage d'Assouan ».

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La Commission européenne met son nez dans les comptes de Bercy

La Commission européenne met son nez dans les comptes de Bercy | Think outside the Box | Scoop.it

Les faits - Les experts de la Commission européenne sont actuellement à Paris pour tenter d’y voir un peu plus clair dans l’évolution des déficits en 2014 et 2015. La Commission veut aussi jauger l’impact de la loi Macron et pourrait réclamer de nouvelles réformes sur les retraites. La discussion politique reprendra en février entre Paris et Bruxelles. Les deux parties se disent confiantes sur l’issue du résultat, attendu début mars.

 

Après la formidable démonstration de force, dimanche, d’une Europe unie comme rarement face à la barbarie terroriste, le quotidien reprend doucement ses droits. Lundi, une poignée de fonctionnaires de la direction générale des affaires économiques et financières (DG Ecofin) de la Commission européenne a débarqué dans les couloirs de Bercy pour une série de réunions techniques avec les services du Trésor et de la direction générale des finances publiques. La Commission souhaite mettre au clair les dernières divergences qui persistent sur les questions budgétaires. Il s’agit aussi d’analyser l’impact de la loi Macron sur l’économie, et de s’assurer que les réformes promises par la France en 2013 et 2014 ont bien été mises en place.

«Il n’y a rien d’exceptionnel à ce que des fonctionnaires de la Commission viennent travailler sur place. Nous étions déjà venu en janvier l’année dernière», rappelle une source à la Commission. Ces réunions serviront ensuite de base à la discussion politique qui devrait s’ouvrir en février entre Paris et Bruxelles, avant que la Commission ne rende début mars son verdict sur la France, mais aussi sur la Belgique et l’Italie, les deux autres pays engagés dans une procédure pour déficit excessif.

Sauf que cette fois, l’enjeu est inédit. Si le résultat de ces examens ne rentre pas dans le cadre des règles communautaires, Bruxelles pourrait sanctionner pour la première fois la deuxième économie de la zone euro d’une amende pouvant atteindre 4 milliards d’euros.

Voilà pourquoi «la Commission veut être sûre de bien comprendre les chiffres transmis par Paris», décrypte une source à la Commission. Mais des deux côtés de la table, l’ambiance est à la conciliation. «Nous voulons poursuivre sereinement l’examen technique avec les gouvernements en cause», expliquait il y a quelques jours le commissaire chargé des Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. «Comme d’habitude dans ce genre de situation, tout se passe assez bien», confirme dans un demi sourire une source européenne. «Nous n’observons aucune volonté d’obstruction ou de dissimulation de la part de Bercy».

Après le bras de fer engagé par Michel Sapin à l’automne, le ministre des Finances refusant jusqu’au bout de renforcer l’effort budgétaire en 2015, l’ambiance semble donc à la détente. «Michel Sapin a mal vécu la séquence d’octobre/novembre. Le président de la République, qui était en discussion directe avec Jean-Claude Juncker, a systématiquement arbitré en sa défaveur», indique un proche de François Hollande. «Le problème n’était pas avec les services de Bercy ou même son cabinet, mais avec Michel Sapin lui-même ». Un problème soulevé à l’époque par un commissaire en lien direct avec le dossier, qui avouait en privé «ne pas comprendre la stratégie de communication» du ministre français des Finances. Résultat : Bercy a finalement dû se résigner à aligner 3,6 milliards d’euros supplémentaires pour ramener le déficit 2015 à 4,1% du déficit, contre 4,3% jusqu’alors. Mais l’heure est aujourd'hui aux bonnes résolutions de début d’année. «Nous voulons trouver un débouché constructif, une solution», explique Pierre Moscovici.

La loi Macron sera sans surprise au cœur des discussions. Mais la France ne doit pas tout en attendre. Si la Commission y voit un pas dans la bonne direction, elle rappelle aussi que la recommandation adoptée en 2013 par le Conseil va beaucoup plus loin, notamment en matière de réforme des retraites. Autant dire que Paris devra sans aucun doute prendre de nouveaux engagements si elle veut éviter en mars d’être sanctionnée pour non respect du pacte de stabilité. «C’est aux autorités françaises d’expliquer quelles réformes elles veulent faire», explique une source européenne.

«Au niveau politique, le chantier le plus important concerne la nouvelle trajectoire des finances publiques», indique de son côté une source française au cœur des discussions. L’objectif de réduction du déficit à 3% a eu beau être repoussé de 2015 à 2017, « la Commission sait que nous sommes dans une bonne stratégie, veut croire cette source. L’écart d’appréciation sur le solde structurel, c’est l’arbre qui cache la forêt des nombreux accords entre Paris et Bruxelles. Personne ne nous a demandé de faire davantage d’économies ou d’aller plus loin sur la réduction des charges qui pèsent sur les entreprises. Ce que veut la Commission, c’est que la France ne sorte pas du cadre des règles communautaires».

Le hic, c’est que tous les Européens ne montrent pas la même mansuétude. Dans un entretien publié mardi dans le journal allemand Die Welt, le Français Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a jugé que «la Commission européenne a épinglé à juste titre des pays comme l’Italie, la France et la Belgique […]», mais qu’elle «n’a […] pas pris de mesures supplémentaires» et que «cela augmente l'incertitude parce que personne ne sait si les règles sont actuellement appliquées intégralement ou non (au sein de la zone euro)». Benoît Coeuré conseille donc à la Commission européenne de «donner une décision sans équivoque qui assure la crédibilité du pacte de stabilité et de croissance dès que possible». Les prévisions d’hiver de la Commission, publiées début février, donneront un premier indice de la position de Bruxelles vis-à-vis de la France.

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Charlie Hebdo : chercher à comprendre pour éviter les pièges - Investig’Action

Charlie Hebdo : chercher à comprendre pour éviter les pièges - Investig’Action | Think outside the Box | Scoop.it

L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut. (Martin Luther King)

 

Quel rapport entre la découverte du pétrole, le rire de Nasser, la guerre d'Algérie, la révolte des banlieues et l'attentat de Charlie Hebdo ? Aucun si l'on s'en tient au registre émotionnel et au discours sécuritaire qui ont fait suite à l'attaque du journal satirique. Pourtant, si l'on ne peut accepter que deux jeunes Français ayant sombré dans le fanatisme religieux assassinent des journalistes en plein Paris, il est nécessaire de s'interroger sur ce qui a rendu possible l'impensable. Cette réflexion nous amène nécessairement à remonter le mal jusqu'à ses racines pour analyser ce qui s'est passé tant au Moyen-Orient qu'en France ces dernières décennies. Cet article porte donc davantage sur ces deux éléments que sur l'attentat du 7 janvier. Un exercice indispensable à l'heure où le drame qui a ébranlé la France est ramené à la seule dimension de la liberté d'expression. Un exercice indispensable à l'heure où une partie de la classe politique, dans l'impossibilité d'interroger ses responsabilités, propose d'adopter un Patriot Act français pour nous protéger de la menace terroriste. Un appel lancé depuis une marche pour... la liberté d'expression !

 

(...)

 

La véritable démocratie appelle à une lutte collective, contre l’obscurantisme et contre le terreau qui l’a vu germer. Une lutte sur plusieurs fronts donc, qui nécessite prise de conscience et solidarité.

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Les 1 % les plus riches posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale

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Selon Oxfam, 80 personnes se partagent aujourd'hui la même richesse que 3,5 milliards d'individus.

 


L'ONG Oxfam publie, lundi 19 janvier, une nouvelle étude, consultable en ligne, révélant l'ampleur des inégalités dans le partage des richesses sur la planète. Selon ses calculs, réalisés à partir de données fournies par le Crédit Suisse, la richesse cumulée des 1 % les plus riches de la planète dépassera bientôt celle détenue par les 99 % restants. 

Selon Oxfam, « la part du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus riches était passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016 ». Cela signifie que s'ils continuent à s'enrichir, ils posséderont plus que l'ensemble des autres habitants de la planète réunis. La quasi-totalité des 52 % de patrimoine restant sont aux mains des 20 % les plus riches. « Au final, 80 % de la population mondiale doit se contenter de seulement 5,5 % des richesses », estime le rapport.

ACCÉLÉRATION DES ÉCARTS

La publication de cette étude intervient à quelques jours de l'ouverture, mercredi, du forum économique mondial de Davos (Suisse), coprésidé par la directrice générale d'Oxfam, Winnie Byanyima. Selon elle, « l'ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse ».

« Le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement », poursuit-elle. Selon l'étude de l'ONG, entre 2010 et 2014, la fortune des 80 personnes les plus riches a augmenté de 600 milliards de dollars tandis qu'elle a diminué pour la moitié la plus pauvre de la population. Aujourd'hui, ces 80 personnes se partagent le même montant de richesses que 3,5 milliards autres.

Ces inégalités devront, selon Oxfam, pousser les dirigeants internationaux à s'attaquer « aux intérêts particuliers des poids lourds qui font obstacle à un monde plus juste et plus prospère ».


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/01/19/les-1-les-plus-riches-possederont-bientot-la-moitie-de-la-richesse-mondiale_4558585_3234.html#2H8ZTCv7VIj75UB4.99
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Dessiner Mahomet? "Avec des explications", répond Plantu à des collègues

Dessiner Mahomet? "Avec des explications", répond Plantu à des collègues | Think outside the Box | Scoop.it
"On est au tout début de la guerre contre les fondamentalismes, mais surtout au début d'une bataille pédagogique, éducative", raconte le caricaturiste parisien Plantu.


Face à des caricaturistes chypriotes intrigués par l'insistance de Charlie Hebdo à épingler Mahomet, le dessinateur français Plantu a défendu la liberté d'expression des artistes, estimant qu'une "longue bataille pédagogique" sera nécessaire pour faire comprendre ce type d'image.

Lors d'un débat organisé samedi par son association Cartooning for Peace (Dessins pour la Paix), le caricaturiste du quotidien Le Monde a échangé avec des dessinateurs chypriotes grecs et turcs, après l'attentat qui a décimé le 7 janvier la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, mené par deux frères jihadistes disant agir en représailles aux caricatures du prophète Mahomet publiées par ce journal.

Mustafa Tozaki, caricaturiste chypriote turc, s'interroge: "Si tu te moques du symbole d'une religion, comme Mahomet ou Jésus, tu blesses des millions de gens, ça sert à quoi? Moi, j'ai trop de problèmes dans mon pays pour m'occuper de religion". Ses dessins quotidiens sont surtout alimentés par la politique intérieure - la division de l'île, l'occupation turque, les jeux d'influence des puissances étrangères attirées par le gaz.

"Tous les artistes ont tous les droits de s'exprimer et de raconter ce qu'ils ont envie de faire partager", rétorque Plantu.

"Mais ce n'est pas suffisant. Il faut savoir qu'il peut y avoir derrière la porte ou au coin de la rue des gens qui ne comprennent rien aux images, et donc on a un travail pédagogique, national, européen et international, à faire, avec les premiers fantassins de la démocratie, les professeurs, instituteurs et institutrices", déclare-t-il.

A Chypre Nord, partie sous occupation turque et majoritairement musulmane de l'île, un journal a reproduit sans incident la Une du journal satirique français publiée une semaine après l'attentat avec un Mahomet la larme à l'oeil portant l'affiche "Je suis Charlie".

Mais dans le monde musulman, du Niger au Pakistan en passant par l'Algérie, des milliers de manifestants ont protesté ces derniers jours, parfois violemment, contre la nouvelle caricature du prophète. Les violences au Niger ont fait dix morts en deux jours.

"On est au tout début de la guerre contre les fondamentalismes, mais surtout au début d'une bataille pédagogique, éducative", insiste le caricaturiste parisien.

Se fixer des limites 

Dans la République de Chypre, hellénophone et très majoritairement orthodoxe, "on peut faire des dessins de Jésus ou de qui on veut", dit Atan, caricaturiste du journal Politis, tout en critiquant la publication de caricatures de Mahomet.

"Nous devons avoir des limites. J'essaie par exemple d'éviter certaines images, telles que la crucifixion ou la Cène. Je les utilise parfois, comme métaphore politique (...) mais quand j'ai une alternative, je les évite, car je ne veux pas choquer quelqu'un avec une référence religieuse".

En revanche, tous les coups sont permis pour critiquer l'ennemi turc, y compris dénoncer les violations de la liberté d'expression en Turquie par un dessin du président turc Erdogan en jihadiste prêt à décapiter un otage portant l'insigne "presse".

Plantu, épinglé dans le dernier Charlie Hebdo par une pancarte "Je suis Charlie, mais" en raison de son interprétation moins radicale de la liberté d'expression, prend des précautions pour représenter les religions: distinguer le fondamentaliste du croyant moyen, ou représenter les trois religions monothéistes quand il pointe du doigt un travers commun.

Mais lorsque ses interlocuteurs critiquent les dessins plus provocateurs de Charlie Hebdo, il estime urgent d'expliquer "que ces dessinateurs n'ont pas voulu humilier telle ou telle religion, ils ont juste voulu faire des blagues sur des dessins".

Plantu envisage d'ailleurs de se rendre au Pakistan cette semaine, voyage prévu de longue date avec son association, si la situation sécuritaire le permet.

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Erreur de la banque centrale en votre faveur : 3 000 euros

Erreur de la banque centrale en votre faveur : 3 000 euros | Think outside the Box | Scoop.it
La BCE devrait annoncer des rachats de dette publique le 22 janvier.


 

Certains économistes estiment que la seule solution pour éviter la déflation est de distribuer de l'argent directement aux ménages. Explications.


Imaginez. Vous rentrez chez vous le soir, épuisé par une journée de travail ou de recherche d'emploi. Vous récupérez votre courrier, et là, surprise, vous découvrez une lettre de la Banque centrale européenne, signée Mario Draghi en personne. "Suite à la dernière réunion de son comité de politique monétaire, l'eurosystème a décidé de créditer le compte de chaque citoyen de la zone euro de 3 000 euros." Absurde, direz-vous. Impossible. Aucune chance. Eh bien, figurez-vous que c'est ce que réclament certains économistes anglo-saxons pour sortir de la spirale déflationniste qui menace de s'abattre sur la zone euro. Et ils n'ont rien d'illuminé.

Faire marcher la planche à billets pour les distribuer immédiatement aux ménages serait même à leurs yeux la dernière option disponible pour éviter à l'Europe de sombrer dans une spirale déflationniste. Le raisonnement est limpide : chacun dépenserait l'argent reçu, ce qui aiderait à relancer la demande, et donc la machine économique. L'idée ne sort pas de nulle part : elle est bel et bien présente dans la littérature économique académique. Dans sa Théorie générale de l'emploi* de 1936, Keynes considérait ainsi que "si le Trésor public remplissait des bouteilles avec des billets de banque, les enterrait dans des mines désaffectées, les recouvrait d'ordures et laissait ensuite à une compagnie le soin de les déterrer, il n'y aurait plus de chômage" !

Larguer de l'argent par hélicoptère

Quant au monétariste Milton Friedman, il proposait de larguer des billets par hélicoptère ("helicopter drop") à la population en cas de déflation*, une image reprise dans le Batman de Tim Burton lorsque le Joker fait jeter des liasses par ses sbires depuis des hélicoptères. Les bénéficiaires de la manne tombée du ciel deviennent soudain plus riches et sont en concurrence pour acheter la même quantité de biens, ce qui fait monter les prix. Pour Milton Friedman, "l'inflation est partout et toujours un phénomène monétaire dans le sens où elle est et ne peut être générée que par une augmentation plus rapide de la quantité de monnaie que celle de la production". Pour lutter contre la déflation, il faut donc trouver le moyen d'augmenter la masse monétaire en circulation dans l'économie.

L'idée de faire un chèque aux ménages refleurit dans la presse anglo-saxonne justement au moment où les mesures prises jusqu'à présent pour prévenir la déflation ne parviennent pas à faire augmenter la masse monétaire en circulation. Les instruments de la politique monétaire qui passent par l'intermédiaire du système bancaire se révèlent incapables de faire remonter l'inflation pour assurer la "stabilité des prix", définie comme proche mais inférieure à 2 %.

L'échec des précédentes mesures

La Banque centrale européenne a déjà réduit le coût de l'argent au maximum, en ramenant ses taux d'intérêt à zéro, voire en territoire négatif, sans parvenir à relancer la consommation et l'investissement. L'arrosage des banques avec de la liquidité en échange d'actifs pris en pension à la Banque centrale n'a pas plus permis de faire redémarrer véritablement la machine économique. La santé des banques a beau s'être progressivement améliorée depuis l'éclatement de la crise, entreprises et ménages ne demandent pas suffisamment de crédits parce que leurs carnets de commandes sont vides et qu'ils sont trop endettés. "Ce n'est pas parce que le crédit n'est pas cher et qu'il est abondant que les agents économiques vont investir ou dépenser, s'ils sont vraiment pessimistes sur leur situation", souligne Éric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif.

La BCE a même tenté de recourir à des techniques plus exotiques pour faire augmenter la masse monétaire en circulation. Par exemple, en achetant des crédits titrisés et revendus par les banques sur les marchés pour sortir le risque pris de leur bilan. Mais cela s'est une nouvelle fois avéré insuffisant pour faire augmenter suffisamment la masse monétaire. Au mieux, la Banque centrale augmente "l'argent banque centrale", la base monétaire, mais n'arrive pas à augmenter la masse monétaire dans l'économie, que seules les banques privées ont le pouvoir de créer en accordant des crédits.

Des défauts du quantitative easing

Le 22 janvier, le président italien de la BCE devrait donc annoncer une nouvelle étape dans les mesures "non conventionnelles", très attendue par nombre de responsables politiques, d'observateurs et d'investisseurs. Après un intense bras de fer interne à l'institution, Mario Draghi devrait suivre l'exemple de la banque centrale des États-Unis, d'Angleterre et du Japon en rachetant de la dette publique des États membres sur les marchés pour injecter massivement des euros dans l'économie, ce que les économistes appellent le "quantitative easing (QE)". Il a promis d'étendre son bilan de quelque 1 000 milliards d'euros, l'équivalent de la moitié de la richesse annuelle produite en France.

Mais nombreux sont ceux qui doutent déjà de l'efficacité d'une telle mesure pour revigorer les prix et éviter la spirale déflationniste. C'est le cas de John Muelbauer, professeur d'économie à l'université d'Oxford, de Willem Hendrik Buiter, chef économiste de la banque Citigroup, ou encore de l'éditorialiste du Financial Times Wolfgang Münchau et d'Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph. "Ceux qui doutent de l'efficacité du quantitative easing disent qu'il ne sert qu'à gonfler des bulles en faisant augmenter le prix des actifs, comme l'immobilier, les actions, les obligations, etc.", résume Éric Dor.

Une banque centrale peut-elle faire faillite ?

Reste la création monétaire, la planche à billets pure. Pour certains économistes, cela nécessite que la banque centrale prête d'abord à un État, par exemple en lui achetant des obligations à l'émission. Ce financement des États par la Banque centrale est formellement interdit par les traités européens. Mais, pour d'autres, la banque centrale pourrait très bien enjamber l'État et le système financier en cas de situation exceptionnelle. "Ces économistes estiment que, techniquement, une banque centrale n'a pas besoin d'avoir un actif de valeur de marché sûre pour garantir son passif, donc garantir sa solvabilité. En effet, une banque centrale rembourse ses dettes avec de la monnaie qu'elle imprime elle-même. Même si la valeur de marché de son actif s'effondre, elle peut toujours rembourser ses dettes, contrairement aux banques commerciales et aux entreprises et ménages. Une banque centrale peut fonctionner avec des fonds propres négatifs", explique Éric Dor. Étendre le bilan de la BCE de 1 000 milliards, comme elle l'a promis, permettrait de signer un chèque de 3 000 euros à chaque citoyen de la zone euro.

Le risque est évidemment que cela dégénère en crise inflationniste. Mais dans le contexte actuel, l'objectif d'un quantitative easing pour les ménages serait justement de stimuler l'inflation ! "S'il y avait vraiment un risque de déflation, il n'y aurait objectivement pas d'autres solutions que l'injection de monnaie par hélicoptère", confirme Jean-Marc Daniel, spécialiste de l'histoire économique et professeur à l'ESCP Europe, pourtant opposé à tout quantitative easing. Pour Natacha Valla, responsable du programme macroéconomie et finance internationale du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii), une telle mesure "jouerait sur les deux aspects : monétariste, avec l'augmentation de la masse monétaire, et keynésien, pour relancer la demande".

Le risque du précédent

Pourquoi le QE "pour le peuple" n'est-il pas envisagé ? Parce qu'il heurte de plein fouet l'orthodoxie monétaire. L'Allemagne reste particulièrement traumatisée par l'hyperinflation des années 20. Créer de la monnaie pour faire un chèque à la population, voire aux plus modestes qui consomment davantage, pourrait aussi créer un précédent. À chaque récession, un phénomène normal dans une économie cyclique, des citoyens ou des politiciens se lèveraient pour réclamer un geste de la banque centrale. Avec le risque que les acteurs finissent par perdre la confiance qu'ils portent en leur monnaie... Possible en théorie, l'usage de la planche à billets pour financer les États ou pour abonder le portefeuille de tout un chacun est donc, dans l'état actuel des choses, exclu.

C'est pourquoi certains économistes proposent des solutions intermédiaires. Natacha Valla suggère à la BCE des achats d'actions pour participer directement au financement à long terme de l'économie. Pas forcément d'actions d'entreprises cotées, mais via des participations au capital d'entreprises pour les financer (private equity). Une autre piste pour le comité des gouverneurs serait de contribuer au financement du plan de relance de l'investissement européen via le financement de la Banque européenne d'investissement (BEI) ou même directement du nouveau Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS).

Polémique sur la déflation

Nombreux sont ainsi les économistes qui en appellent à la créativité des banquiers centraux pour conjurer la menace d'une spirale déflationniste, dont il est très difficile de sortir quand elle s'est enclenchée. Mais tous ne partagent toutefois pas cet alarmisme. Pour Jean-Marc Daniel, on est loin de la déflation dure. Le tassement des prix serait surtout lié à la concurrence et au progrès technique, des facteurs structurels sains. "De 1726 à 1913, excepté pendant la période des assignats et de la Révolution, les prix ont baissé", rappelle-t-il. Ce qui n'a pas empêché l'économie de croître comme jamais auparavant. Aujourd'hui s'ajoute un phénomène purement statistique : pour comptabiliser le progrès technique, l'Insee enregistre, par exemple, une baisse de prix lorsqu'un forfait passe de la 3G à la 4G sans augmenter. Ce qui tend à faire surestimer la menace déflationniste.


*Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936

**The Optimum Quantity of Money and Other Essays, par Milton Friedman, 1969



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TTIP: Demand full transparency

Ajoutée le 10 janv. 2015

Demand full transparency in the TTIP talks

On both sides of the Atlantic, corporations are working hard to ensure TTIP is good for them, even if that means it's bad for citizens, democracy and environment. Don't believe the hype! Find out what's going on below the surface at www.TTIP2015.eu

TTIP : Exigez la totale transparence des négociations

Des deux côtés de l'Atlantique, de puissantes entreprises œuvrent pour s'assurer que le TTIP / TAFTA leur bénéficie, même si c'est aux dépends des citoyens, de la démocratie et de l'environnement. Ne croyez pas au battage médiatique. Découvrez ce qui se passe sous la surface sur www.TTIP2015.eu


TTIP: Fordere vollständige Transparenz

Fordere vollständige Transparenz in den TTIP Verhandlungen

Auf beiden Seiten des Atlantiks arbeiten unternehmen hart daran, dass TTIP für ihr Geschäft gut ist, auch wenn das heißt, dass es für Verbraucher, Demokratie und die Umwelt schlecht ist. Wir sollten nicht alles glauben, was über TTIP erzählt wird. Auf www.TTIP2015.eu gibt es mehr Informationen darüber, wie es unter der Oberfläche des Abkommens aussieht.

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Attentat de Charlie Hebdo: les trois prochaines cibles de l'organisation terroriste Al Qaïda en France. Près de 150 000 islamistes sympathisants

Attentat de Charlie Hebdo: les trois prochaines cibles de l'organisation terroriste Al Qaïda en France. Près de 150 000 islamistes sympathisants | Think outside the Box | Scoop.it

L’attentat contre Charlie Hebdo ayant causé la mort de 13 personnes a été revendiquée par Al Qaïda Yemen, où se seraient entraînés les frères Kouachi. Une puissante organisation terroriste s’est implantée sur le sol français : un réseau qui se tient prêt à passer à l’action et qui est dirigé par un « émir » d’Al-Qaïda. Ces « labyrinthe de la terreur » sont dissimulés au cœur de notre quotidien.

 

Alors que le gouvernement français ne fait état que d’un millier de djihadistes potentiellement dangereux, selon certains expert dont Samuel Laurent, auteur de « Al Qaïda en France » aux Editions du Seuil, il y aurait près de 150 000 islamistes sympathisants des divers factions islamistes: Daesh, Al Qaïda, etc…

Consultant international, Samuel Laurent est avant tout un homme de terrain. Il sillonne depuis des années les régions contrôlées par Al-Qaïda, et possède des contacts inégalés au sein de cette organisation. Il est déjà l’auteur de Sahelistan (Seuil, 2013), salué par la critique.

Samuel Laurent:

- Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’établir des filières à destination de l’Irak ou de la Syrie. Le Jihad que nous préparons aura lieu en France. Pour nous, ce pays ne représente pas un adversaire à combattre, mais une terre à conquérir. Cette conquête s’opère de plusieurs manières. Avec la cinquième armée du monde, des services de renseignement qui focalisent tous leurs efforts sur Al-Qaïda et une majorité d’infidèles qui nous considèrent comme des ennemis, les méthodes à employer doivent reposer autant sur la séduction que sur la ruse et la violence.

– La séduction ?

– Oui. Les musulmans de France s’en chargent déjà. Les salafistes recrutent de nouveaux adeptes chaque jour, et convertissent les jeunes Français pour les amener sur le chemin de l’islam. Pour des raisons de sécurité, nous n’entretenons aucun contact avec ces organisations. Notre mission se cantonne à l’action violente : identifier des cibles, préparer des plans pour les futures opérations, mais aussi coordonner l’acheminement des armes et du matériel jusqu’à nos planques.

– Ici ?

– Non. Mais dans plusieurs endroits, à travers la France.

– Reprenons les choses dans l’ordre : vous parlez de « cibles ». De quoi s’agit-il ?

– Il existe trois types de cibles. Tout d’abord, nous possédons une liste de personnalités que nous pouvons frapper à n’importe quel moment. Pour l’instant, elle ne regroupe que quelques dizaines de noms, avec des informations sur leur lieu de travail, leur domicile, leurs habitudes et leurs éventuelles protections. Cette liste, nous la compléterons et la réactualiserons avec le temps. N’oubliez pas que tous mes agents se trouvent encore en phase de sommeil : ils creusent leur trou dans la société, en apparaissant comme des citoyens modèles. Nous ne pouvons pas agir pour l’instant.

– De quel genre de « personnalités » s’agit-il ?

– Des hommes politiques, des journalistes ou des personnes publiques. Ces meurtres « ciblés » doivent frapper l’opinion et obtenir une couverture médiatique maximale.

– Les membres du gouvernement en font partie ?

– Sans aucun doute ! Il s’agit même de nos premières cibles ! Quoi de mieux pour frapper l’inconscient collectif et mettre l’opinion publique en face de ses responsabilités que de s’en prendre à l’autorité suprême !

– Vous voulez dire le président ?

– Exactement. Vous le croyez à l’abri ? Sans parler de ses escapades en scooter, il faut admettre que la protection de l’Élysée laisse souvent à désirer. Bien sûr, au sein même du palais, et dans ses déplacements les plus surveillés, la garde rapprochée fait plutôt bien son travail. Mais qui peut le protéger d’un sniper posté à plusieurs kilomètres, lors d’une tournée en province ? Certains de nos hommes ont tiré contre des convois syriens sur des distances inimaginables, à l’aide de vieux Dragunov [un fusil de précision russe de médiocre qualité]. Avec des armes sophistiquées, infiniment plus précises, ils peuvent s’installer à bonne distance, munis d’un cache-feu et d’un silencieux, pour cueillir leur cible à sa sortie de voiture ou devant la porte d’un immeuble, sans qu’il soit possible d’identifier la provenance du coup de feu. Ceux que l’on chargera de ces missions connaissent bien leur travail. Il s’agit de vrais snipers : calmes, méthodiques, entraînés, patients… Ils peuvent se terrer des heures et même des jours dans leur planque, avec un bon angle de tir, en attendant le moment opportun. Sans jamais signaler leur présence. Ils démontent ensuite leur fusil et quittent facilement les lieux, à plusieurs kilomètres du point d’impact. Là encore, difficile d’imaginer qu’on puisse empêcher une telle opération.

– Mais on retrouvera le tireur. À terme, vous ne pouvez pas garantir que l’immeuble en question ne sera pas localisé, qu’on ne retrouvera aucune empreinte ni aucune trace susceptible de remonter la piste de votre agent. – Et alors ? Tu penses qu’après un tir sur le président de la République nous renverrons cet homme dans le circuit ? Tu penses qu’il va tranquillement reprendre le cours de sa vie ? Il faut que tu comprennes : tous ces opérateurs clandestins sont à usage unique. Une fois sortis de leur couverture, leur mission se termine.

– Vous les exfiltrez ?

– Nous ne sommes pas le KGB ni la CIA. S’ils quittent le territoire, ils ne vont pas rejoindre leur ambassade ou un pays tiers. Ils quittent ce monde en martyre, et rejoignent le paradis d’Allah…

– Alors pourquoi s’enfuir ?

– Comme je le disais, nous pouvons envisager des opérations en chaîne. Une journée ponctuée de plusieurs assauts, qui plongerait le pays dans l’effroi, avec une population terrorisée par l’ampleur et la férocité de nos attaques, et des services de sécurité complètement débordés. Si nous retenons ce cas de figure, un sniper visant le président peut quitter les lieux, trouver une autre cible, ou faire exploser une mallette d’explosifs dans un bâtiment public. Dans tous les cas de figure, nous ne réinsérons jamais nos agents dans la vie civile, au terme de leur mission. Tous les hommes qui « dorment » actuellement en France, ainsi que tous ceux qui arriveront bientôt de Somalie, se destinent exclusivement au martyre.

– Qu’espérez-vous faire passer comme message en assassinant un haut dirigeant ?

– Toujours le même : ne vous mettez pas sur le chemin de l’islam. L’islam progresse à travers le monde. De façon inexorable. Plus personne ne peut stopper cette dynamique. Et elle s’accélère. Ceux qui tenteront d’y mettre un terme au nom de leur prétendue république, de la laïcité, du droit des homosexuels, des prostituées ou des drogués, sont considérés comme des ennemis. (Il marque un temps avant de reprendre.) Croyez-moi, quand on s’est attaqué à des responsables syriens, encerclés par une garde rapprochée de plusieurs dizaines d’hommes, circulant dans des convois blindés qui changent constamment d’itinéraire et de direction, détruire la clé de voûte de l’État français équivaut à enfoncer un couteau dans une motte de beurre ! Nos agents y parviendront sans la moindre difficulté. En s’attaquant à eux, nous pouvons faire vaciller toute la structure qui contrôle la sécurité de ce pays. Il s’agit d’une arme de destruction massive, même si l’on ne tire que quelques coups de feu ! Tant que l’on choisit ses objectifs avec soin.

– Mais ces hommes, on les remplacera…

– Vous dites ça à chaque fois ! Mais au final, en Irak, en Afghanistan, vous remplacez tous ces morts et vous finissez quand même par vider les lieux…

– Difficile de comparer la France à l’Irak, vous ne croyez pas ?

– En effet. Mais nous disposons d’un soutien solide à l’intérieur de ce pays. N’oubliez pas les centaines de milliers de musulmans qui appuieront cette dynamique après les premières opérations.– V Vous ne pensez pas qu’au contraire vous risquez de les effrayer ? Comme en Irak ?

– La majorité des Irakiens sont chiites, corrige Abou Hassan. Comment voudriez-vous qu’ils nous aiment ? Mais, en France, les musulmans vous détestent. Vous êtes trop embourbés dans votre politiquement correct pour le voir et oser l’admettre. Ils détestent la façon dont vous avez traité leurs ancêtres, dans les colonies. Ils détestent les banlieues où vous les parquez. Ils détestent cette discrimination qu’on ne montre plus jamais nulle part, mais qu’ils ressentent tous les jours : lorsqu’ils cherchent un travail, lorsqu’ils se font contrôler par la police… Et puis surtout, ils détestent votre monde de soi-disant « tolérance » qui les dégoûte. La pornographie, la drogue, les sodomites, l’alcool, et la célébration de tout cela sur vos centaines de chaînes de télé… Croyez-moi, même les musulmans de France qui se taisent haïssent votre système jusqu’au bout de leurs ongles ! conclut-il avec une hargne difficilement contenue.

Ce que vient de décrire Abou Hassan correspond certainement à ce qu’il ressent face à notre monde. Fort heureusement, je doute que son analyse et ses conclusions remportent une telle unanimité auprès de nos compatriotes arabes…

– Vous me disiez qu’il existait plusieurs types de cibles ?

Il marque une courte pause pour vérifier l’heure, puis reprend son explication.

– Le deuxième type de cibles porte sur des bâtiments ou du personnel à forte valeur symbolique. Tout ce qui magnifie la puissance de nos adversaires. Mais il s’agit également des « trophées » les plus difficiles à atteindre. À la différence des attentats ciblés, nous ne possédons pas encore suffisamment de moyens et de renseignements pour les considérer comme acquises, ou même vulnérables. Il nous faut du temps. Je préfère ne pas en parler.

– Si je comprends bien le sens du mot « symbole », je pense que vous projetez de vous attaquer à des ambassades ou à des consulats. Je me trompe ?

– Je ne veux pas en parler.

Je n’en apprendrai pas davantage sur ces « trophées symboliques ». Selon moi, il s’agit effectivement d’ambassades considérées comme « ennemies », entendez celles allant de l’Iran aux États-Unis, en passant par Israël ou l’Angleterre. Mais le choix des objectifs pourrait aller bien au-delà. Après nos entretiens sur Mohamed Merah, je crains que le « symbole » juif représente à nouveau une cible de choix. Une cible que l’on attaquerait de façon aussi ignoble que le tueur de Toulouse, avec cette fois plus de préparation, de méthode et de moyens. L’idée de s’en prendre à une école ne représente ni un crime ni un acte condamnable pour Abou Hassan et les autres cadres d’Al-Qaïda. Ce deuxième type d’actions, sur lequel mon interlocuteur restera muet, me laisse présager le pire pour les années à venir…

Cette enquête commence à éprouver mes nerfs et ma conscience. Les écrivains ou les journalistes français qui parlent d’Al-Qaïda ne plongent jamais dans les entrailles de l’organisation. Ils se contentent d’écrire ou de rapporter ce qu’on en raconte, en agrémentant leurs histoires de quelques « confidences » de nos services de renseignement, guère mieux informés. Mais au fil de cette enquête qui dure depuis des mois et m’a conduit en Libye, puis en Syrie, au Liban, en Somalie et à Dubaï, sans parler de la Turquie, de la Grande-Bretagne ou des Pays-Bas, j’éprouve un véritable sentiment de nausée face à ces révélations. À cet instant, je prends conscience que j’aurais préféré ne rien découvrir…

Et le troisième groupe de cibles ?

– Il s’agit des frappes massives. Celles qui doivent provoquer le plus grand nombre de victimes possibles. À la différence des deux autres types d’opérations, nous ne choisissons pas ces objectifs pour leur valeur symbolique ou stratégique, mais plutôt en fonction de leur… « contenance » et des dégâts occasionnés.

Jacques Le Bris's insight:

Extrait de « Al-Qaïda en France« , de Samuel Laurent, aux éditions du Seuil, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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