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Prospective (2)

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On dira que je me répète et, avec une touche d’auto-dérision, je me mettrai sous la protection de Voltaire: «je me répèterai jusqu’à ce que l’on se corrige». 

 

Une difficulté de la prospective reste ce qu’à notre insu nous croyons possible ou impossible et je n’aurai jamais assez de gratitude envers Andreu Solé pour m’avoir fait découvrir ce filtre d’autant plus puissant que, sans effort de lucidité de notre part, il reste inconscient. La rigueur de l’auteur de «Créateurs de Mondes» alla jusqu’à refuser une mission pourtant correctement rémunérée après un entretien avec le CEO: «Monsieur, je constate que vous avez déjà validé un certain nombre de certitudes, je décline votre offre car je ne vois pas en quoi mon intervention pourrait vous apporter quelque chose». Eh! oui, il y en a encore qui donnent le pas à la conscience sur le chiffre d’affaires. Initiateur de la rencontre et quelque peu déçu sur le moment, j’ai considéré avec le recul qu’Andreu non seulement était fidèle à lui-même mais qu’il avait eu mille fois raison: il aurait perdu son temps et, au mieux, se serait fait piétiner par quelque tricératops. 

 

A cause du filtre possibles-impossibles, nous ne pensons jamais le changement aussi loin qu’il peut aller. Même si, de temps en temps, nous essayons de nous faire peur en imaginant des «ruptures», nous restons à l’intérieur de variations modestes qui ne risquent pas d’affecter notre représentation du monde. Mais, bon sang! revoyons nos cours d’histoire: l’imprévu s’y invite à toutes les pages et montre qu’il n’est que le fils adultérin de nos certitudes. Il me vient à l’esprit la surprise exaspérée de Keitel, le commandant suprême des armées allemandes, qui signe le 8 mai 1945 la capitulation du IIIe Reich et s’exclame, en voyant que la France est représentée: «Ach! Il y a aussi les Français! Il ne manquait plus que cela!» C’est que le Reich, quelques mois auparavant, semblait encore avoir mille ans devant lui et que la France, depuis 1940, n’était plus qu’une agonisante violée et méprisable. Pour revenir à notre époque, le «printemps arabe» n’a-t-il pas suscité chez nous des enthousiasmes aussi candides que vite ébranlés ? Qui prend les paris aujourd’hui ? En permanence, l’Histoire joue avec nos croyances. 

 

Les impossibles qu’abrite notre inconscient ont la vie dure. En outre, ils ont plus d’un tour dans leur sac. Saint Augustin relevait que si, en plein milieu de notre méditation, un lièvre déboule, nous voilà à le courser. Quelque amie psychanalyste me dirait sans doute que l’animal a surgi bien à propos pour nous éviter de considérer un sujet qui nous est tout bonnement insupportable. Je viens d’en faire l’observation. René Duringer - un des meilleurs guetteurs d’avenir que je connaisse - met en discussion sur Linkedin le scénario «Et si 30% de la population sortait du système bancaire d’ici 2020 ?» La question est claire et elle me paraît pertinente: avec l’appauvrissement drastique qui va se généraliser en Europe, les banques seront trop heureuses de se débarrasser de clients qui exigent un suivi rapproché hors de proportion avec les flux financiers qu’ils amènent, et ces clients eux-mêmes, taxés à outrance, n’aspireront qu’à s’enfuir vers d’autres solutions. Le divorce se fera par consentement mutuel. 

 

Mais voilà, bien que le sujet fût clairement établi, la discussion s’est trouvé d’autres centres de gravité: les banques ont-elles tort ou raison, les banques sont-elles indispensables ou ne le sont-elles pas, doit-on les punir, les encadrer ou les libérer ? Ces sujets sont sérieux, mais en l’occurrence ces discussions nous éclairent-elles sur la plausibilité que 30% de la population sorte du système bancaire, sur les mécanismes de cette sortie et les conséquences qu’il faudrait en tirer ? Alors, oublions ces lièvres aux longues oreilles et revenons au sujet lui-même. En suggérant qu’entre clients et banques pourrait se produire un divorce par consentement mutuel, j’ai esquissé un aspect du scénario. Il en manque au moins deux autres: la nécessité de la survie pour une population qui ira croissant et le foisonnement créatif de ce début du XXIe siècle. Dans une «économie à la Grecque» qui selon moi est ce qui nous attend, quand les gens veulent survivre alors que l’emploi salarié se raréfie et que le soutien de l’Etat se retire, les échanges de services, l’auto-production et les petits boulots prolifèrent. Pour ces modes de vie, l’offre des banques que nous connaissons aujourd’hui est rien moins que pertinente: chère, inadaptée, inutile. En revanche, les monnaies complémentaires, les «accorderies», les plateformes d’échanges locaux comme «mon ecocity», les «innovations frugales» du Tiers-monde et les paiements par SMS, tout cela est prêt à prendre le relais pour faciliter une vie qui sera déjà bien compliquée. Pour qu’un système se défasse, il faut au moins deux choses: que les gens qui en font partie aient l‘envie ou la nécessité de le quitter et qu'ils aient des solutions de remplacement fussent-elles de l’ordre du système D. 

 

Cependant, le plus déterminant dans ce scénario me paraît être plus profond que la facilitation technique. Il y a, d’évidence, quelque chose de l’ordre de l’autorisation que des citoyens de plus en plus nombreux se donneront à eux-mêmes d’abandonner les itinéraires convenables. Mais il y a surtout quelque chose de l’ordre de l’imaginaire: le rêve d’une société différente qu’il est à notre portée de construire. Ce rêve commence - ou recommence - à hanter les coeurs. Illusion ? Peut-être. Mais ce qui compte, si l’on veut évaluer les évènements à venir, c’est la force de conviction qui nourrit le rêve, le ressort vital qu’il exprime. 

 

Je le dirai encore une fois: prenez conscience de vos impossibles afin de les neutraliser. Sinon, ne faites pas de la prospective, orientez-vous plutôt vers la comptabilité.

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Think Outside The Box

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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LES CENTRE BRETONS SONT DES ILLETTRÉS INCAPABLES !

LES CENTRE BRETONS SONT DES ILLETTRÉS INCAPABLES ! | Think outside the Box | Scoop.it

A l’attention du cabinet de Monsieur Richard FERRAND, Ministre de la cohésion des territoires (c’est mal parti…)

Le 24 mai vous avez justifié l’emploi du fils de Monsieur le Ministre en tant que collaborateur parlementaire de la manière suivante :

« Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet." (pour le moment le journaliste maintient la véracité de ces propos).

 

Alors à moi de vous y inviter !

Parce que je le connais le Centre Bretagne. J’en connais le moindre recoin, les édifices, les ruines romaines, les faits de Résistance, son Premier Grenadier de France Théophile de la Tour d’Auvergne (cité sur l'Arc de Triomphe ), sa langue, sa culture, ses combats et sa beauté.

J’en connais les écoles primaires, les collèges et le lycée, les anciens couvents et la Maison du Sénéchal.

J’entends le son du Bagad qui frappe le bitume. J’en respire les odeurs, j’en parcours les vallées, les forêts magiques et les monts légendaires.

Venez vous balader sur les bords du canal de Nantes à Brest, découvrir les maisons éclusières et l’ancien port de Carhaix.

Venez écouter aux abords de la roche tremblante ou au creux de la vallée de l’Hyères, ses contes et légendes, frissonner en évoquant tout bas les histoires de l’Ankou.

Je vous invite à l’Hôtel du roi Gradlon pour y découvrir la légende des Rois d’Armorique et de la ville d’Is qui vous porteront jusqu’à Douarnenez.

Venez cet été participer à l’un des plus important et époustouflant festival de musique d’Europe ! Venez partager un verre avec cette foule de plus de 200 000 personnes rassemblée en Centre Bretagne. Ce festival créé, géré, animé par ceux-là même que vous dénigrez.

En passant au centre ville arrêtez vous au Château rouge qui abrite en son sein une médiathèque. Longez le parc, vous découvrirez un passage secret ombragé, fait de terre et de grandes marches vous menant sur la rocade. De l’autre côté vous apercevrez le centre culturel Glenmor, auteur compositeur interprète écrivain et poète de langue française et bretonne, défenseur de la culture et de l’identité bretonne, et le cinéma. En contrebas sur votre gauche le château de Kérampuilh face à une étendue verte. C’est là dans ce que vous qualifierez peut être de vulgaires champs ou pâturages que se tient le fameux festival des Vieilles Charrues.

Venez découvrir la force, la pugnacité, la détermination, la richesse de ces Bretons du pays de Cornouaille, ces Centre Bretons que vous ne semblez pas connaître.

Venez y rencontrer cette jeunesse qui sait lire, écrire, parler, bloguer, surfer, innover, créer parfois aussi bien en langue française qu’en langue bretonne voire étrangère.

Cela dit, c'est vrai Carhaix n'est pas Paris. Ce n'est pas non plus la capitale de l'innovation ou de la jeunesse. Carhaix est une ville à la campagne. C'est une réalité. Mais elle a la chance d'être dynamique et de s'en donner les moyens.

Alors par pitié, et par honnêteté intellectuelle, voire honnêteté tout cours, trouvez un autre argument que celui-ci pour justifier cet emploi de « fils de » payé sur les deniers publics.

Et s’il faut encore vous en convaincre, je viendrai moi-même à vous.

Parce que je viens d’un pays où les bonnets sont rouges et les moutons noirs.

Parce que je suis diplômée de Brest et Bordeaux, juriste, auteure, Présidente d’association, que je sais lire, écrire et aller sur internet.

Parce que je viens du Centre Bretagne.

Parce que je suis née le 9 janvier 1980 à Carhaix- Plouguer.

 

A bon entendeur.

 

Julie Dénès

 

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Lois pour redonner confiance dans la vie démocratique : un projet ambitieux à améliorer

Lois pour redonner confiance dans la vie démocratique : un projet ambitieux à améliorer | Think outside the Box | Scoop.it

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, a présenté, le 1er juin 2017, trois projets de lois « pour redonner confiance dans la vie démocratique ».

En amont de cette annonce, François Bayrou s’était entretenu, le 22 mai dernier, avec Jean-Christophe Picard, président d’Anticor, qui avait pu ainsi lui exposer les propositions de l’association pour moraliser la vie politique.

 

Au final, Anticor a le sentiment d’avoir été, en partie, entendue…

Tout d’abord, comme l’association le souhaitait, il n’y aura pas une seule loi mais plusieurs (ordinaire, organique et constitutionnelle), ce qui permettra une réforme ambitieuse.

Surtout, le projet présenté reprend plusieurs demandes récurrentes d’Anticor :

 

– la limitation du cumul des mandats et des fonctions dans le temps ;

– le contrôle de l’utilisation de l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) ;

– la suppression de la Cour de Justice de la République ;

– la suppression de la réserve parlementaire ;

– la suppression du droit accordé aux anciens Présidents de la République de siéger à vie au Conseil constitutionnel ;

– la certification des comptes des partis politiques par la Cour des comptes.

L’association regrette néanmoins la disparition de deux engagements d’Emmanuel Macron :

« L’interdiction pour tous les détenteurs d’un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection. » Pourquoi renoncer à la loi « visant à instaurer une obligation de casier judiciaire vierge pour les candidats à une élection », adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, le 1er février 2017 ?

« Un encadrement strict des pratiques de lobbying en imposant un horaire et un lieu précis pour les réunions qui relèvent de ces pratiques au Parlement. »

 

Anticor estime également que les textes peuvent encore être améliorés, notamment en introduisant des mesures visant :

– à supprimer tout lien hiérarchique entre le ministre de la Justice et les procureurs ;

– à supprimer le « verrou de Bercy » qui donne à l’exécutif le monopole des poursuites en matière de fraude fiscale (cette atteinte à la séparation des pouvoirs pose encore plus problème lorsque le Ministre de Budget s’appelle Jérôme Cahuzac ou lorsqu’il est également le trésorier du parti au pouvoir, comme cela a été le cas pour Éric Woerth) ;

– à supprimer l’inviolabilité dont bénéficient le Président de la République et les parlementaires (qui les empêche de faire l’objet de mesures privatives ou restrictives de liberté pendant la durée de leur mandat, même pour des actes étrangers à l’exercice de leurs fonctions) ;

– à modifier le délai de prescription des infractions dites occultes ou dissimulées (passer de six ans à compter de la connaissance des faits plutôt que douze ans à compter de la commission des faits).

 

Le Garde des Sceaux a annoncé un débat ouvert sur ces trois projets. Anticor y prendra toute sa part, surtout lorsque les textes seront connus.

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La phrase qui a convaincu Nicolas Hulot d'entrer au gouvernement

La phrase qui a convaincu Nicolas Hulot d'entrer au gouvernement | Think outside the Box | Scoop.it

Nicolas Hulot, qui explique "fonctionner à l’instinct", a été convaincu par une phrase prononcée par Emmanuel Macron, quelques jours après son élection.

 

Dans un entretien au "Journal du Dimanche", le ministre de la Transition écologique et solidaire révèle les coulisses de sa nomination au gouvernement d'Édouard Philippe.

Jusque-là, il avait toujours refusé d'entrer dans un gouvernement. Nicolas Hulot a été nommé ministre de la Transition Écologique et Solidaire avec rang de ministre d'État, le 17 mai dernier. "Une phrase a achevé de me convaincre", révèle dimanche cette figure de la cause environnementale dans une interview au JDD.

"J’ai senti de la sincérité". Quelques jours après l'élection d'Emmanuel Macron, "je suis allé le voir à sa demande", raconte-t-il. "Il m’a dit : 'J’ai bien conscience que l’enjeu que tu portes est un enjeu essentiel qui conditionne tout le reste. Je n’en ai peut-être pas pris encore toute la mesure et c’est bien pour cela que j’ai besoin de toi'. Je fonctionne à l’instinct. J’ai senti de la sincérité", confie Nicolas Hulot.

"Je serai un garde-fou intraitable". "J’ai l’impression qu’il y a un moment favorable. Un espoir s’est levé pendant la campagne, on le sent bien", continue-t-il d'ailleurs, prévenant malgré tout qu'il n'est pas "un magicien". "Je veux une transformation écologique profonde, presque sociétale. Elle n’aura pas lieu en cinq ans mais nous devons l’initier, mettre en place des dynamiques irréversibles. Je serai un garde-fou intraitable", prévient-il.

 

"Les signaux envoyés sont positifs". Et à Jean-Luc Mélenchon qui jurait la semaine passée qu'il ne tiendra pas six mois au sein du gouvernement, Nicolas Hulot répond : "Je ne pars pas du tout avec cette défiance-là. (…). Les signaux envoyés sont positifs. Je le dis à mon ami Jean-Luc ­Mélenchon, si on attend l’alignement des planètes pour agir, nous serons tous morts avant. L’alignement n’est pas là, mais les planètes se sont rapprochées."

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Baromètre JDD : pas d'état de grâce pour Emmanuel Macron... mais presque

Baromètre JDD : pas d'état de grâce pour Emmanuel Macron... mais presque | Think outside the Box | Scoop.it

SONDAGE - Emmanuel Macron entame son quinquennat avec 62% de satisfactions, selon notre baromètre Ifop-Fiducial, ce qui est légèrement mieux que François Hollande en mai 2012 (61%). Le Premier ministre Edouard Philippe est à 55%.

 

Pas d'état de grâce pour Emmanuel Macron? Si les indices de confiance publiés cette semaine invitent le chef de l'Etat à la prudence, la première mesure de la popularité du nouvel exécutif par l'Ifop pour le JDD * apparaît encourageante. "Les Français expriment envers le chef de l'Etat une attente bienveillante", diagnostique Frédéric Dabi, directeur général-adjoint de l'institut. Avec 62% de satisfaits, le jeune Président effectue le troisième démarrage de la Vème République, derrière De Gaulle (67% en 1958) et Sarkozy (65% en 2007), mais devant son prédécesseur, François Hollande (61%). Elu en 2002 dans une configuration similaire face au FN, Jacques Chirac démarrait son second mandat avec une infime majorité d'approbations, et déjà 44% de mécontents.

Au terme de sa première semaine, Macron, lui, satisfait toutes les catégories de sondés: cadres et professions intellectuelles (68%) comme ouvriers (56%), retraités (67%) comme fonctionnaires (56%). Sympathisants de En Marche! comme du PS (69%) et des Républicains (58%), et même de la France insoumise (50%). Seuls les partisans du FN se défient nettement de lui (77% de mécontents).

 

Edouard Philippe à 55%

Les propos tenus par les sondés en marge de l'enquête confortent l'impression d'indulgence vis-à-vis du nouveau pouvoir. Le "renouveau", la "jeunesse", la "modernité" du chef de l'Etat sont souvent mis en avant, mais aussi sa "prestance" et son "autorité". "Il secoue le cocotier", entend-on, ou encore : "Il nous débarrasse des has been" et "Donnons-lui sa chance". De fait, la composition du gouvernement est analysée comme la confirmation d'une volonté de "casser les codes" qui suscite l'acquiescement (avec une prédilection pour Nicolas Hulot). "Il met les meilleurs aux meilleures places sans distinction d'appartenance politique", relève un sondé.

 

Moins connu des Français, le Premier ministre Edouard Philippe suscite plus de perplexité (21% n'ont pas d'avis) mais recueille néanmoins une majorité (55%) de satisfaits. C'est moins bien que Jean-Marc Ayrault en 2012 et François Fillon en 2007, qui inauguraient eux aussi un quinquennat. Mais il obtient l'approbation des sympathisants de En Marche! (83%), de LR (62%) et d'une quasi majorité d'électeurs du PS (49%), signe d'une recomposition déjà en cours.

 

Hervé Gattegno

 

*Enquête Ifop-Fiducial réalisée par téléphone du 19 au 20 mai 2017, auprès d’un échantillon de 973 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession). Pour cette taille d'échantillon, la marge d'erreur est de plus ou moins 3 points pour un pourcentage mesure à 55%, de 2,8 points pour un pourcentage mesure à 62%.

 

Découvrez ce sondage en détail dans le JDD, en kiosques, sur iPad ou sur Internet. Découvrez également nos offres d'abonnement.

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Les hackers pris à leur propre piège par l’équipe Macron

Les hackers pris à leur propre piège par l’équipe Macron | Think outside the Box | Scoop.it

 

Le «New York Times» a écrit que les équipes d’Emmanuel Macron avaient été beaucoup plus «habiles et ingénieuses» que celles d’Hillary Clinton pour piéger les hackers.

 

Le mouvement En Marche! avait anticipé l'intrusion de pirates informatiques dans ses messageries.

Si les MacronLeaks lancés la veille du second tour de l’élection présidentielle française ont fait «pschitt!» c’est parce que l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron avait anticipé l’attaque informatique dont le mouvement En Marche! a été la cible. Selon Mounir Majhoubi, en charge des supports numériques, les hackers auraient été pris à leur propre piège. Conscient qu’il risquait d’être l’objet de piratages informatiques, le mouvement créé par Emmanuel Macron s’était prémuni en créant lui-même cinq boîtes mails faussement attribuées à des responsables importants de la campagne. «Il y avait le responsable financier de l'organisation, des personnes qui travaillent dans l'équipe politique, il y avait des personnes moins connues du mouvement», a expliqué Mounir Majhoubi.

Comme attendu, les messageries d’En Marche! ont été assaillies de mails garnis de fichiers piégés. Du «phishing», une méthode éprouvée qui permet de s’introduire dans les systèmes informatiques. La contre-attaque a notamment consisté à nourrir les pirates, en leur donnant des dizaines de faux mots de passe et à les renvoyer vers de faux documents ou de mauvais liens pour leur offrir sur un plateau les informations qu’ils escomptaient utiliser pour salir la réputation d’Emmanuel Macron.

Plusieurs observateurs attribuent ces attaques à l’extrême-droite américaine et aux Russes. Le New York Times estime que les équipes d’Emmanuel Macron ont été beaucoup plus «habiles et ingénieuses» que celles d’Hillary Clinton.

 

(TDG)

 

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La présidente dont nous ne voulons pas

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Une femme présidente ? En théorie, ce serait un symbole fort. Mais la candidate qui arrive au deuxième tour de la présidentielle affiche trop de positions anti-féministes et anti-républicaines.

 

Une femme en passe de devenir présidente ? Les féministes en ont rêvé. Aux États-Unis Hillary Clinton, dès son investiture parlait d’un moment  « historique » parce que sa position envoyait un message « à toutes les petites filles qui rêvent plus grand : Oui, vous pouvez être tout ce que vous voulez, même présidente. » Les grandes dirigeantes donnent à voir de nouveaux modèles pour que les filles et les femmes élargissent le champ des possibles, pour elles et pour l’humanité. « L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain », écrivait Stendhal.

Le problème est que Marine Le Pen, la candidate du Front National, est bien loin de vouloir doubler les forces intellectuelles du genre humain. Bien au contraire. Et les féministes qui publient des tribunes appelant à « faire barrage à l’extrême droite » l’ont très bien expliqué. Non seulement le FN prend régulièrement position en faveur de mesures visant à renvoyer les femmes à la maison, mais la politique économique qu’il prône serait catastrophique pour les femmes. Sans parler de sa xénophobie décomplexée. Au Parlement européen, le FN n’a cessé de se distinguer par ses positions antiféministes, et quand ses lieutenants parlent féminisme, c’est exclusivement pour conspuer l’Islam et attiser la haine des immigré.e.s.

 

Combattre la démagogie par l’information

 

À quelques jours du deuxième tour de cette élection présidentielle il faut le marteler, le répéter, combattre par l’information la démagogie affichée par une Marine Le Pen tout sourire.

Il faut dire tout cela pour ne pas laisser les électeurs et électrices s’endormir. Les journalistes le soulignent-ils/elles suffisamment ? Et peuvent-ils/elles donner plus de poids à l’information en laissant pour une fois de côté une “neutralité journalistique” qui n’est qu’hypocrisie, en s’engageant personnellement pour des valeurs ? Non, a répondu la direction de CNews en suspendant d’antenne Audrey Pulvar parce qu’elle a signé une pétition de féministes anti-Front National dans le HuffPost.

Voilà un signe indiscutable de la banalisation du FN. En 2002 les journalistes prenaient clairement position contre le parti d’extrême droite sans être inquiété.e.s. Point positif, néanmoins, des déboires d’Audrey Pulvar : sa mise à l’écart a le mérite de faire connaître ce texte qu’elle a signé.

Pour la rédaction des Nouvelles NEWS, pétition ou pas, c’est une évidence : Marine Le Pen et le Front National ne doivent pas être au pouvoir en France. Il en va non seulement des droits des femmes, mais de l’ensemble des valeurs de la République. Il n’est nullement question de se départir de l’esprit critique indispensable à notre profession mais il serait hypocrite de ne pas l’affirmer clairement : dimanche 7 mai, sans hésitation, nous voterons Emmanuel Macron.

 

 

Précision (20 heures ce jeudi 27 avril) : Plusieurs lectrices et lecteurs nous ont fait part par e-mail de leur étonnement de voir ainsi Les Nouvelles NEWS prendre position sans préciser que nous ne donnions pas carte blanche à Emmanuel Macron. Alors puisque ça va mieux en le disant et même en l’écrivant : non, nous ne donnons pas carte blanche. Nous l’avons écrit, voter Emmanuel Macron ne signifie pas se départir de notre esprit critique. Mais c’est justement la condition essentielle pour continuer à excercer notre métier de journalistes en toute indépendance, quand le Front National voudrait une presse à sa botte. Après la mise à l’écart d’Audrey Pulvar, de CNews, nous avions envie de rappeler que la neutralité journalistique est une parfaite hypocrisie. La hiérarchie de l’information, la place accordée à tel ou tel sujet, le choix de traiter ou non une info sont emplis de subjectivité. Il faut batailler pour l’information contre la démagogie des candidats, pour le pluralisme de l’info, pas pour sa neutralité. C’est ce que nous faisons depuis plus de sept ans aux Nouvelle NEWSen donnant toute leur place aux femmes dans la hiérarchie du contenu éditorial.

 

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Nous, femmes des médias, appelons à faire barrage à l’extrême-droite en votant Emmanuel Macron

Nous, femmes des médias, appelons à faire barrage à l’extrême-droite en votant Emmanuel Macron | Think outside the Box | Scoop.it

Nous, féministes et engagées, appelons tous les femmes et les hommes sensibles à la cause des femmes à se mobiliser contre l’abstention et le vote blanc au second tour de l’élection présidentielle.

 

Parce que nous sommes féministes, nous savons qu’il a fallu arracher de haute lutte tous nos droits, à commencer par le droit de vote.

 

Parce que nous sommes féministes, nous luttons pour l’universalité de nos droits, au delà de nos différences politiques ;

 

Parce que nous sommes féministes nous savons combien nos acquis si difficilement gagnés sont fragiles.

 

Parce que nous sommes féministes nous n’ignorons pas le mouvement mondial de régression du statut des femmes et de leurs droits, emporté par tous les partis conservateurs, extrémistes et rétrogrades.

 

C’est donc cette voix féministe que nous souhaitons faire entendre aujourd’hui, dans ce contexte politique extraordinaire, où encore une fois, hélas, un parti d’extrême droite, le Front National, est au second tour de la présidentielle.

 

Au-delà de nos différentes sensibilités politiques, les signataires de cette tribune, appelons à la mobilisation contre l’abstention !

Ne pas voter ou voter blanc c’est être indifférent à l’issue du second tour  et c’est donc  penser que Macron ou Le Pen c’est pareil !

Ne pas voter ou voter blanc revient à donner force à Mme Le Pen et à promouvoir implicitement son programme dont on sait qu’il serait, du seul point de vue des femmes et de leurs droits, un recul historique.

Pour prendre mesure de cette régression, il suffit d’examiner les positions de Mme Le Pen et des autres députés d’extrême droite au Parlement Européen sur les questions d’égalité, d’accès à l’avortement, de droit à disposer de son corps, des droits génésiques, pour s’en convaincre.

 

Si on peut légitimement avoir des débats et des divergences politiques ceux-ci  ne peuvent se faire au détriment du statut et de la place des femmes dans la société. C’est là une question fondamentale au cœur de la République.

 

Alors nous l’affirmons avec force, appeler à ne pas voter ou voter blanc, est non seulement une faute politique, mais plus encore un aveuglement, une irresponsabilité quant au risque que nous prenons de voir nos idéaux d’égalité, de liberté et de fraternité s’effondrer.

 

Les signataires de cette tribune appellent donc chacune et chacun à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrême droite française.

 

Signataires

 

Bouchra Azzouz, réalisatrice ; présidente des Ateliers du féminisme populaire.

Laurence Bachman  productrice

Marie Binet Cinéaste

Nathalie Cottet

Eva Darlan ;  Comédienne

Mercedes Erra; fondatrice BECT présidente du CA du musée de l’immigration

Andréa Ferreol , comedienne

Emmanuelle Guilbart

Simone Harari Baulieu ;  productrice

Laurence Herszberg ;

Elsa Lafon ; Directrice des éditions Michel Lafon 

Caroline Lang 

Bouchra Rejani Productrice

Delphine Remy-Boutang 

Sonia Rolland ;  comédienne, réalisatrice

Fabienne Servan-Shreiber ; productrice

Léa Wiazenski ;  écrivaine

Maryse Wolinski ; écrivaine

 

 

« Pour les Femmes Dans les Medias » est une association apolitique de femmes dirigeantes des médias, dont l’objectif est de rendre les femmes plus visibles et plus présentes sur les antennes comme dans la hiérarchie. PFDM soutient par ailleurs les « ateliers du féminisme populaire » afin de créer un pont entre celles qui sont dans les médias et celles qui s’engagent sur le terrain.

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L'âge de Brigitte Macron, on va en 'rire' encore longtemps ? 

L'âge de Brigitte Macron, on va en 'rire' encore longtemps ?  | Think outside the Box | Scoop.it

Oh, il est venu avec sa maman ? Mais… elle est vieille pour lui, non ? C’est un peu bizarre, cette relation, vous ne trouvez pas ? Qu’est-ce qu’il lui trouve ? Il doit être gay. Aucun homme ne peut désirer une femme plus vieille, ça n’existe pas. Non, c’est ça, il est forcément homo. Il ne peut y avoir d’autre explication.

 

Au début, en dehors de toute considération politique, c’était juste énervant, ces petites remarques ultra misogynes sur la génération qui sépare Emmanuel Macron de son épouse. C’est vrai, on voyait pas ça souvent. Les femmes d’énarques, elles mettaient une robe moche une fois l’an pour aller à l’Elysée, et le reste du temps elles fermaient leur gueule en s’occupant des enfants. Et puis surtout, elles avaient un âge décent, messieurs dames. Celui de leur mari, ou un peu moins, c’est mieux. Ca vieillit mal, une femme. Oh et les hommes, vous savez ce que c’est, dès qu’il y a un petit cul qui traîne, c’est plus fort qu’eux alors autant limiter les dégâts le plus longtemps possible. Oui, on a tout entendu sur ce couple « atypique » (atypique comme on dit d’un souplex ou d’un apparte bizarre pour rendre désirable une anormalité un peu encombrante) et on s’est dit que ça passerait, parce que c’était vraiment hyper lourdot. Vieille France, roucassien, jean amadouesque comme vannes en 2017.

Et puis non, en fait. La Vieille France, elle supporte toujours pas, ces vingt ans d’écart. Laurent Gerra chante « Grand mère sait faire un bon café » tous les matins en gloussant bêtement sur RTL dès qu’il évoque Brigitte Macron. Ha ha ha. C’est vrai, c’est trop marrant. Elle est grand-mère, la meuf, vous imaginez ? Dormir avec une grand-mère ! Quand bien même elle aurait les cuisses fuselées, la passion des futes en cuir et le smile jusqu’aux oreilles, c’est ultra gênant comme situation, non ? Quand bien même il aurait l’air vraiment heureux, ce couple-là, quoi qu’il fasse sous la couette ou ailleurs.

Oui, nous sommes en avril 2017 et pas un seul jour ne passe sans qu’un gros malin l’ouvre comme pour repousser le plus longtemps possible cette anormalité sociétale visiblement effrayante d’un homme plus jeune avec une femme plus âgée alors que ça fait des millénaires que le contraire semble réjouir la Terre entière.

Est-ce qu’on va devoir supporter longtemps cet humour macho, ringard et bien rance ? Est-ce qu’on va continuer, encore et encore, à donner un nom de félin belliqueux à toute trentenaire frayant avec un « jeunot », en ricanant bêtement face à cette furie en manque forcément extatique devant tant de chair fraîche ? Est-ce qu’on ne peut pas se dire que c’est bon, ayé, on a fait le tour de la question et que c’est bien beau de mettre en avant son apparente tolérance et ouverture d’esprit quand on  déblatère bêtement sur une « différence » d’un autre âge ?

 

Allez, next.

 

Adèle Bréau

@Adèle Bréau

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Face à la menace FN, un aveuglement suicidaire

Face à la menace FN, un aveuglement suicidaire | Think outside the Box | Scoop.it

Sommes-nous devenus fous ? En rassemblant plus de 7,5 millions

Sommes-nous devenus fous ? En rassemblant plus de 7,5 millions des voix, l'extrême droite française a battu le 23 avril son record historique dans les urnes. Marine Le Pen s'est qualifiée pour le second tour de l'élection présidentielle sans coup férir. Le Front national est aux portes du pouvoir. Jamais depuis 1965 et la première élection du président de la République au suffrage universel la démocratie française n'a paru aussi fragile et aussi menacée. Ce péril devrait émouvoir. Il n'en est rien. Cette situation devrait mobiliser. Pas davantage. Pis, la campagne du second tour s'est engagée sous les auspices d'un stupéfiant « Macron bashing ». Les mêmes qui reprochent au candidat d'En marche son arrogance pour avoir arrosé trop tôt son élection… répètent qu'il n'y a aucun risque de victoire de Marine Le Pen et qu'ils pourront donc à loisir se disperser le 7 mai vers l'abstention ou le vote blanc. Suicidaire aveuglement.

 

Depuis le soir du premier tour, l'ancien ministre de l'Economie est sommé de battre sa coulpe. Il est jugé responsable, et même coupable de tout. Lui qui est entré dans la carrière politique il y a moins de trois ans doit répondre de la progression quasi continue de l'extrême droite depuis plus de trois décennies. La bulle médiatique n'en finit pas de gloser sur son erreur de débutant - au sens propre du terme puisqu'il en est un en matière de campagne électorale - de la soirée qu'il a passée dans une brasserie parisienne. Les mêmes observateurs qui prophétisaient à longueur d'antenne avant le premier tour un introuvable « vote caché » et l'inéluctable « remontada » de l'ancien « collaborateur » de Nicolas Sarkozy assimilent désormais les moindres écarts de communication d'Emmanuel Macron à d'impardonnables fautes politiques. Son programme est passé au crible, ses propositions soupesées au centime près. Tous se gaussent, s'indignent ou s'alarment des fautes du jeune homme sans se préoccuper du vrai danger tapi dans l'ombre.

 

 

Suicidaire aveuglement

 

Le panurgisme médiatique est décidément la plaie de la bulle.

Car, pendant ce temps-là, tout le monde épargne Marine Le Pen. La leader d'extrême droite peut proférer les mensonges les plus grossiers sur le coût de l'immigration ou le fonctionnement de l'Union européenne, agiter les fantasmes les plus improbables sur l'insécurité et le terrorisme, bégayer des approximations économiques et même tenter d'habiller certaines de ses promesses anxiogènes comme la sortie de l'UE et le retour au franc, sans que nul ne s'en offusque. Sa dérobade face aux juges et aux policiers semble passée aux oubliettes, les mises en examen qui pleuvent sur son entourage n'intéressent plus personne. On est ébaubi devant les sourires d'un FN prétendument « normalisé », on salue les coups médiatiques les plus démagogiques de sa patronne. Et voilà qu'un quart d'heure de selfies de Marine Le Pen avec des sympathisants frontistes sur le parking de l'usine Whirlpool passe pour un coup de génie politique… Tout autre responsable politique agissant de même aurait été cloué au pilori médiatique, accusé de récupérer de façon indigne la souffrance ouvrière, pas Marine Le Pen, qui voit se dérouler sous ses pieds depuis des années un véritable tapis rouge médiatique. Dans ce monde de buzz, de tweets et de fake news, où l'image fait office de sens et où l'indécence n'a plus de limites, son incompétence est devenue un atout.

 

Quinze ans après le 21 avril 2002, le "front républicain" se lézarde, les syndicats se divisent, même l'épiscopat baisse la garde.

 

François Hollande a eu raison de déplorer l'absence de prise de conscience du pays face à la menace que fait peser l'extrême droite. Le chef de l'Etat a bien fait d'en appeler à cette gravité dont Jacques Chirac avait su faire preuve en 2002 et qui manque tant aujourd'hui. Le reproche s'adressait légitimement à Emmanuel Macron. Il concerne aussi chacune et chacun d'entre nous. Les citoyens ne peuvent reprocher au candidat d'En marche de faire parfois preuve d'une légèreté coupable s'ils ne cultivent pas eux-mêmes l'esprit de responsabilité. Quinze ans après le 21 avril 2002, le « front républicain » se lézarde, les syndicats se divisent, même l'épiscopat baisse la garde.

Les « pudeurs de gazelle » de Jean-Luc Mélenchon pour désigner l'ennemie de la République ne lassent pas de décevoir. Son insoutenable silence participe de la dangereuse banalisation du Front national. Il y a urgence. Il est temps d'ouvrir les yeux sur l'enjeu vital du second tour plutôt que de continuer à s'acharner sur le seul candidat républicain qui reste en lice. Oui, le 7 mai, il faudra bien sûr voter Emmanuel Macron. Par adhésion ou par nécessité, pour tout changer ou pour sauver l'essentiel, peu importe. Il sera bien temps pour ceux qui auront accompli ce geste républicain, minimal mais indispensable, d'entrer dans l'opposition dès les élections législatives.

En 2002, l'adversaire de Jean-Marie Le Pen au second tour présentait bien d'autres handicaps que Macron. Jacques Chirac avait déjà quatre décennies de carrière politique au compteur, un bilan désastreux et une foultitude d'affaires qui lui valaient le surnom de « Supermenteur ». Qu'importe, la République avait su faire corps. Quinze ans après, sommes-nous devenus fous ? Nous le saurons le 7 mai à 20 heures.

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L'évolution des céphalopodes est encore plus étrange que nous le pensions 

L'évolution des céphalopodes est encore plus étrange que nous le pensions  | Think outside the Box | Scoop.it

Une étude récente et surprenante suggère que les céphalopodes évoluent différemment de presque tous les autres organismes sur la planète. Poulpes, calmars et seiches peuvent en effet modifier régulièrement leurs séquences d’ARN (acide ribonucléique) afin de s’adapter à leur environnement.

 

Au cours des soixante dernières années, les calmars et les pieuvres ont littéralement envahi les eaux des océans et leur population n’a de cesse d’augmenter de façon exponentielle. Les céphalopodes parviennent en effet à s’adapter plus vite que les autres animaux marins aux changements délétères que subit constamment l’océan tels que le réchauffement climatique, la pollution du milieu marin et l’épuisement des ressources en eau. Mais comment font-ils ? Une étude récente menée par le biologiste Joshua Rosenthal, du laboratoire de biologie marine des États-Unis, suggère que les poulpes ainsi que certaines espèces de calmars et de seiches modifient régulièrement leur séquence d’ARN (acide ribonucléique) afin de s’adapter à leur environnement.

 

Chez les animaux multicellulaires, ces changements s’opèrent généralement par une mutation génétique au niveau de l’ADN. Pour vulgariser, imaginez une cuisine. L’ADN serait la recette et l’ARN le chef suivant cette recette dans chaque cellule et assurant la production des protéines nécessaires au bon maintient de l’organisme. Sauf que l’ARN ne se contente pas d’exécuter aveuglément les instructions. De temps en temps, il improvise en rajoutant ou modifiant quelques ingrédients. On appelle ça l’édition d’ARN qui est en fait une modification post-transcriptionnelle des ARN changeant la séquence codante existant au niveau de l’ADN.

Quand un tel processus se produit, il peut changer la façon dont les protéines fonctionnent, permettant à l’organisme d’affiner son information génétique sans subir effectivement des mutations génétiques. Mais la plupart des organismes ne jouent pas vraiment avec cette méthode, celle-ci provoquant plus de problèmes que de solutions. Ainsi, la plupart des organismes, comme nous, ne prennent pas de risques. Mais il semblerait que les céphalopodes en aient décidé autrement : « Avec les céphalopodes, ce n’est pas l’exception, c’est la règle. Une règle qui veut que la plupart des protéines sont en cours de modification », explique le coauteur de l’étude Eli Eisenberg, biophysicien à l’Université de Tel Aviv, en Israël.

En 2015, des chercheurs découvraient en effet que le calamar éditait plus de 60 % de l’ARN dans son système nerveux. Ces modifications ont essentiellement modifié la physiologie de son cerveau, sans doute pour s’adapter à diverses conditions de température dans l’océan. Encore plus surprenant, cette nouvelle étude suggère qu’au moins deux espèces de poulpes et une de seiche font exactement la même chose. Les chercheurs se demandent maintenant si l’édition de l’ARN pourrait contribuer à l’intelligence remarquable de ces animaux.

 

Source

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Bernard Cazeneuve envisagerait de rester à Matignon en cas d'élection de Marine Le Pen 

Bernard Cazeneuve envisagerait de rester à Matignon en cas d'élection de Marine Le Pen  | Think outside the Box | Scoop.it

C'est un scénario récurrent de politique-fiction, tout à fait possible du strict point de vue constitutionnel, mais qui contreviendrait totalement aux usages républicains. Rien, dans la loi fondamentale, n'oblige le Premier ministre à démissionner de son poste après l'élection d'un nouveau président de la République. Car le gouvernement (et par extension son chef) n'est responsable que devant l'Assemblée nationale, qui seule peut le destituer en votant une motion de censure. Sur le papier, le résident de Matignon peut donc tout à fait refuser de s'en aller après une alternance présidentielle. Jusqu'ici, ce cas de figure ne s'est toutefois jamais produit. Mais il semblerait que Bernard Cazeneuve soupèse l'idée dans le cadre de l'hypothèse de l'élection à la présidence de Marine Le Pen le 7 mai prochain.

 

C'est en tout cas ce qu'affirme Challenges jeudi 30 mars, dans une brève signée du journaliste Nicolas Domenach, qui cite le Premier ministre en ces termes :

Bernard Cazeneuve 'n'a aucunement l'intention de déserter le front de Matignon au cas où Marine Le Pen emporterait la présidentielle'.

Toujours selon Challenges, le chef du gouvernement ajoute, comme pour souligner que tout est possible :

Je n'ai laissé aucune lettre de démission en blanc à la présidence.

Autrement dit : ni l'actuel ni le (la) futur(e) chef de l'État ne peut le forcer à quitter son poste. Un tel refus de sa part entraînerait évidemment un sérieux blocage et une impossibilité de gouverner pour le (la) nouvel(le) Président(e), pourtant élu(e) au suffrage universel. Suite à la publication de cet article, l'entourage de Bernard Cazeneuve a cependant démenti auprès du Lab l'existence de tels propos, assurant :

Le Premier ministre n'a jamais, jamais évoqué ce scénario.

Poussons tout de même la logique jusqu'au bout. Face à cette résistance de Bernard Cazeneuve, Marine Le Pen aurait alors deux options. La première serait d'attendre qu'une nouvelle majorité soit élue aux élections législatives du mois de juin (environ un mois et demi après la présidentielle, donc) et que les députés frontistes déposent une motion de censure contre le gouvernement qui, si elle était adoptée, provoquerait la démission de ce dernier. La seconde serait d'invoquer l'article 16 de la Constitution, qui accorde les pleins pouvoir au président de la République.

 

En tout état de cause, cette non-démission de Bernard Cazeneuve occasionnerait un désordre politique et institutionnel sans précédent sous la Vème République. Un scénario déjà envisagé fin 2015 par le député socialiste Malek Boutih, qui imaginait alors Manuel Valls (qui n'avait pas encore démissionné) rester en poste malgré l'élection de Marine Le Pen. 

 

Etienne Baldit

etienne.baldit@europe1.fr

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Assistants parlementaires : le MoDem dans le viseur des enquêteurs

Assistants parlementaires : le MoDem dans le viseur des enquêteurs | Think outside the Box | Scoop.it

Un ex-employé du parti de François Bayrou affirme avoir été en partie rémunéré sur les crédits alloués aux collaborateurs d'eurodéputés.

 

C'est un nouveau rebondissement dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Le 30 mai dernier, Le Parisien révélait que dix-neuf eurodéputés étaient visés depuis deux mois par une enquête préliminaire ouverte au parquet de Paris  pour « abus de confiance ». Cette enquête avait été ouverte après une dénonciation de la députée européenne Sophie Montel, dont le parti, le Front national, cherche à détourner l'attention des investigations qui l'accablent…

« Il s'agit clairement d'un contre-feu ouvert par le FN », confie une source proche du dossier. Les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) exploitent cependant toutes les pistes et cherchent à savoir si de petites mains de partis politiques français ont bel et bien été rémunérées, entièrement ou partiellement, par des fonds européens. Selon nos informations, un signalement a été fait, mercredi 7 juin, au parquet de Paris, pour apporter des éléments concernant le MoDem, le parti de François Bayrou et de Marielle de Sarnez.

 

Deux fiches de paie

Ce témoignage, le premier à être livré à la justice, provient d'un ancien salarié du MoDem, qui travaillait dans les années 2010 au siège parisien, 133, rue de l'Université, et figurait dans l'organigramme du parti. Il affirme avoir été rémunéré en partie par des fonds européens alors qu'il avait été recruté en CDI pour des fonctions internes au mouvement. Pendant un an, ce permanent aurait ainsi été rémunéré partiellement sur l'enveloppe d'assistants parlementaires locaux de l'ancien eurodéputé du Sud-Est Jean-Luc Bennahmias. Problème : l'auteur du signalement a assuré à la justice n'avoir « jamais » travaillé pour lui « en particulier ».

Deux fiches de paie, l'une portant l'en-tête « UDF » (l'ancien nom du MoDem), l'autre celui d'une association de financement (en l'occurrence, Association pour une Europe citoyenne*, présidée par Jean-Luc Bennahmias), lui étaient adressées chaque fin de mois. Selon des documents que nous avons pu consulter, la part de ses revenus issus de Bruxelles, via cette fameuse association, a progressivement augmenté, jusqu'à atteindre les trois quarts de son salaire pendant sept mois.

Techniquement, le procédé était le suivant : après lui avoir fait signer un contrat de permanent à temps plein, la direction du MoDem lui aurait fait parapher dans la foulée un « avenant de détachement ». Cet avenant modifiait la nature du premier contrat dans le but « d'exercer des fonctions de collaborateur auprès de M. Bennahmias » à temps partiel. Le volume horaire n'y était pas précisé. Au moins une autre salariée, contactée par Le Point.fr, aurait été embauchée de la même manière.

 

Plusieurs collaborateurs seraient concernés

L'ex-vice-président du MoDem Jean-Luc Bennahmias ne dément pas, mais ne se souvient pas exactement du quota horaire effectué par son collaborateur. « Comment distinguer la fonction européenne de celle du MoDem, alors que nous étions tous des spécialistes de l'Europe ? se défend le président du Front démocrate. Je ne vois pas de collaborateur rue de l'Université qui n'ait pas travaillé à un moment ou à un autre pour l'Europe. » Jean-Luc Bennahmias n'est pas le seul concerné. Plusieurs eurodéputés centristes et collaborateurs nous ont confirmé, sous le couvert de l'anonymat, l'existence d'un tel système. Certains nous ont même dit se tenir à la disposition de la justice.

 

« Le MoDem demandait aux députés européens de mettre à disposition du parti un de leurs assistants parlementaires », dénonce aujourd'hui l'ex-eurodéputée Corinne Lepage. Dans un livre publié en janvier 2015, et intitulé « Les mains propres », l'ex-ministre concluait : « C'est ainsi que des assistants parlementaires servent en réalité le parti politique, et non le parlementaire... » Des affirmations que François Bayrou et Marielle de Sarnez ont toujours réfutées, bien qu'ils n'aient pas porté plainte à l'époque.

 

Corinne Lepage, qui a soutenu Emmanuel Macron pendant la campagne, va désormais plus loin : « C'était écrit noir sur blanc sur un document de 2009 que les élus devaient signer. J'ai bien sûr refusé. » Un document qui, s'il existe, intéresse fortement les enquêteurs…

 

* L'Association pour une Europe citoyenne est une association enregistrée à la préfecture des Bouches-du-Rhône et qui vise, selon ses statuts, à « gérer tous les moyens humains, matériels et financiers mis à disposition par le Parlement européen ». Les salaires des assistants parlementaires locaux, non accrédités au Parlement européen, transitent en général par un « tiers payant », qui peut être une personne physique ou une association.

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Newsletter d'Anticor - juin 2017

Newsletter d'Anticor - juin 2017 | Think outside the Box | Scoop.it

Chers adhérents, chers sympathisants,

 

Il faut évidemment se réjouir du choix du Président de la République de faire de la moralisation de la vie politique la première réforme qui sera soumise à la nouvelle législature.

Dans ce cadre, le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a souhaité s’entretenir avec moi. J’ai ainsi pu exprimer les propositions d’Anticor, en insistant plus particulièrement sur celles qui ne figuraient pas dans le programme d’Emmanuel Macron.

Au final, notre association a, en partie, été entendue.

 

Les projets de lois « pour redonner confiance dans la vie démocratique » contiendront six de nos demandes récurrentes

et pas des moindres !

 

Certes, il manque encore plusieurs mesures indispensables pour que les fameuses écuries d’Augias soient enfin nettoyées...

Mais nous sommes au début du processus législatif ; les futures lois peuvent donc être améliorées. François Bayrou m’a indiqué qu’il serait attentif aux observations d’Anticor lorsque les textes seront connus… Nous ne manquerons pas d’en faire !

 

Cordialement,

Jean-Christophe Picard
Président d'Anticor

 

Soutenez l'action d'Anticor par votre adhésion ou votre don !

 

Les communiqués d'Anticor

 

Les communiqués des groupes locaux

 

Les comptes-rendus

 

Agenda

 

Revue de presse

 

 

 

 

Jacques Le Bris's insight:

La charte éthique Anticor 2017

https://www.change.org/p/les-électeurs-charte-éthique-d-anticor-pour-l-élection-présidentielle-de-2017

 

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Totalitarisme numérique

Totalitarisme numérique | Think outside the Box | Scoop.it

Mon père devient dépendant.

C’est normal, me direz-vous : il doit être vieux, à son âge, il a du mal à arquer, il n’est plus aussi vif, ce genre de choses. Sauf qu’il est encore très autonome : il s’occupe de ses problèmes domestiques tout seul depuis pratiquement ma naissance, il continue à aller tous les matins prendre son petit café sur le port, il va voir ses copains, il gère ses affaires, il se débrouille toujours très bien tout seul. Certes, les jours de tempête, il évite de sortir de chez lui, le vent peut être violent sur le front de mer et, comme il me le disait assez récemment, quand il y a beaucoup de vent, j’ai tendance à perdre l’équilibre… comme nous tous. Certes, il entend un peu moins bien, mais il garde bon pied bon œil, et jusqu’à présent, c’était nettement suffisant.

Non, mon père va plutôt très bien pour ses 85 ans, c’est juste que l’emprise numérique sur notre société est en train de le marginaliser sans aucun ménagement.

 

Selon une étude menée en bureau de poste début 2017 par le groupe, un client sur deux qui se déplace dans une agence de La Banque Postale n’est pas autonome sur le numérique et, parmi ces clients, 26 % n’ont soit aucune compétence numérique soit très peu de compétences. Une situation qui contribue parfois à aggraver les difficultés financières des clients. « Certains privilégient les mandats cash coûteux pour régler des factures, au détriment des virements ou prélèvements gratuits », explique Hawa Koné, directrice de secteur à La Banque Postale. Et cette précarité numérique complique aussi la transformation numérique de La Banque Postale qui, comme les autres banques, cherche à réduire le coût de son réseau. Pour changer la donne, La Banque Postale a décidé de faire elle-même la pédagogie de ses outils numériques car, à mesure que les systèmes se digitalisent, la question devient de plus en plus brûlante. Engagée par sa « mission d’accessibilité bancaire » dont l’a investie l’Etat, La Banque Postale compte, parmi ses 10,7 millions de clients, 2 millions de clients qui utilisent le Livret A comme un moyen de paiement au quotidien.
Source : La Banque Postale met le numérique au service de ses clients fragiles

De la simplification administrative à la désintégration des services

Soyons clairs : personne n’aime vraiment les démarches, la paperasse, les formulaires, les procédures et toutes ces petites contrariétés normées qui sont sécrétées par une société organique extrêmement structurée, hiérarchisée et régulée. En gros, on n’aime pas trop la loi de la jungle, mais on n’aime pas plus les contraintes qui permettent d’échapper à l’arbitraire et à la loi du plus fort.

D’ailleurs, se moquer de l’administration française est resté longtemps un sport national

Du coup, il a été assez facile de nous vendre l’efficience présupposée des entreprises privées plutôt que la lourdeur bureaucratique des services publics, avec l’idée qu’ensuite, ce serait plus rapide, plus efficace, moins cher et plus accessible. Puis, dans l’élan, de  nous fourguer la dématérialisation des services, des démarches et même des relations comme simplificatrice de la vie quotidienne.

En fait, ce n’est pas compliqué, la numérisation de notre société, c’est le nouvel eldorado, le saint Graal et le mini Mir réunis.

Ce qui est grandement exagéré.

Déjà, basculer en mode informatique des démarches qui sont sous-tendues par une complexité juridique et règlementaire croissante, ne change que le support et ne résout pas la question même de la complexité. Certes, cela rend service à ceux qui maîtrisent relativement bien et l’outil informatique et le langage administratif, mais pour tous les autres, je suis assez dubitative sur le gain réel de productivité.

Mais le pire est à venir quand cette «simplification» de la démarche s’accompagne en réalité d’un objectif très concret de réduction des couts et donc des personnels chargés de gérer ses processus. Parce qu’aux deux bouts de la chaine numérique, il reste toujours des humains.
Et que tous ces humains — tant s’en faut — ne sont pas des familiers voire même vaguement à l’aise avec la chose informatique ou la chose administrative.
Et que du coup, au moindre petit grain de sable dans l’engrenage, c’est toute la machine qui se grippe, maintenant qu’elle n’est plus ointe du liant humain.

L’Homo numericus ne peut que croiser les doigts pour que tout se passe selon le scénario de la machine, car ne pas entrer dans une seule de ses cases peut déclencher une catastrophe en chaine que nul Bruce Willis du numérique ne pourra plus juguler.

 

Informatique partout, liberté nulle part

Pour en revenir à mon père, il est juste un pur incompétent numérique. Il est arrivé à grand-peine à dompter l’interface du Cube de Canal+, il a fini par se résigner à utiliser une carte bancaire — lui qui a passé toute sa vie à compter l’argent en briques —, mais c’est bien là le maximum d’effort qu’il veut bien concéder à la machine.

Et je le comprends. À son âge, il n’a plus rien à prouver et si ses capacités intellectuelles sont intactes, il n’a aucune culture numérique et le bond cognitif que cela représente est bien trop de fatigue pour un vieillard.

Mais voilà, la société numérique est totalitaire et ne lui laisse aucun choix, aucun espace, aucune dérogation. L’important, vous l’aurez bien compris, n’est pas tant de nous faciliter la vie, que d’économiser à tout prix sur la masse salariale, dégraisser tout, tout le temps et n’importe comment, comme si Skynet avait déjà pris le pouvoir.

En gros, la digitalisation de la vie quotidienne ne serait pas quelque chose de grave si elle n’était pas imposée à tous, au mépris le plus absolu de ceux qui n’ont pas accès à cette technologie, que ce soit par manque de moyens ou d’envies. C’est ainsi qu’est pourtant créée une nouvelle catégorie de sous-citoyens :

 

Les exclus numériques

Ça a commencé à la Poste, quand mon père n’a plus pu acheter de timbres : La dame au guichet m’a dit qu’elle ne pouvait plus m’en vendre, qu’il fallait aller à l’automate. Là, il y avait un jeune qui montrait comment ça marchait, je n’ai rien compris. Puis le jeune n’a plus été là. J’ai dû essayer tout seul, mais tu comprends, le temps que je lise tout, l’écran s’est effacé. Et même s’il n’y a personne qui attend au guichet, on refuse de m’en vendre normalement.

Je me demande si les cons qui ont pensé cette nouvelle procédure avaient assez de neurones pour imaginer la frustration et la détresse de ceux qui, soudainement, sont interdits d’accès à quelque chose dont ils ont besoin et dont ils savent qu’on pourrait assez facilement les satisfaire, comme avant.

Il y a 15 jours, sa ligne fixe a cessé de fonctionner. Contacter Orange pour obtenir un dépannage s’avère à présent être pire qu’un parcours du combattant y compris pour les gens très à l’aise avec le numérique comme moi. Pas de numéro direct, pas d’accès au SAV, des formulaires automatisés partout qui ne répondent à rien, ne renseignent en rien, des robots téléphoniques qui renvoient pendant des heures à d’autres robots téléphoniques… pour rien. Tout cela transpire la très mauvaise volonté et un réel désir de ne pas prendre en charge les problèmes. Cela m’a fait très rapidement pensé à La Maison qui rend fou.

Toute cette technologie pour se retrouver exactement au même point qu’avant…

Mon père de 85 ans n’a toujours pas le téléphone et il n’y a pas l’ombre d’une solution en vue.

Je lui ai parlé de la possibilité de lui prendre un mobile chez Free. Bien sûr, pour s’abonner, il me faudrait faire les démarches en ligne, à sa place, sur mon compte, mais bon il lui suffirait de me faire un virement tous les mois pour l’abonnement et il n’aurait pas à s’en occuper.

  • C’est que tu vois, ma fille, je ne peux plus faire de virement.
  • Comment ça, je ne comprends pas?
  • Depuis quelques temps, à la banque, les gens au guichet n’ont plus le droit d’exécuter de virements à ma place. Il faut que j’aille à l’automate dans le hall. Donc je fais des chèques…

D’ici deux ans, mon père devra déclarer ses impôts en ligne et ça l’angoisse déjà.

Je ne sais pas pour vous, mais franchement, je lui trouve une sale gueule au progrès, maintenant qu’il est en marche… inexorable et indifférent.

 

 

Le Monolecte

 

 

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La France renoue avec son Histoire

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L'élection brillante de Emmanuel Macron est majeure pour transformer notre pays, lui rendre l'espoir et la confiance.

 

L'élection brillante de Emmanuel Macron est majeure pour transformer notre pays, lui rendre l'espoir et la confiance. Nous nous réveillons en ce 8 mai, 72ème anniversaire de la victoire contre le nazisme, différents. Certes, les chicayas des perdants demeurent. Mais, la France s'est prouvée à elle-même, grâce à Emmanuel Macron et avec des institutions très décriées par certains, qu'elle pouvait mettre un terme à un duopole partitocratique, qui, depuis au moins 20 ans, la sclérosait. Désormais, avec la fin du clivage droite/gauche, la coopération entre des personnes venues d'horizons différents, mais partageant le même projet dans l'intérêt supérieur de notre pays est devenu non seulement une possibilité, mais une réalité. C'est la raison pour laquelle il est essentiel de permettre au président Macron de disposer d'une majorité pour mettre en oeuvre son programme. Cette majorité devra représenter la pluralité qui est la marque de fabrique d'"En Marche!" et les jours qui viennent permettront de développer davantage cette dimension.

 

Mais, la politique intérieure n'est qu'un élément du moment historique que nous avons vécu hier soir. En effet, l'élection d'Emmanuel Macron est un événement de portée mondiale, et le cœur du monde était français hier soir. En effet, il est bien possible que dans l'histoire politique de cette deuxième décade du XXIème siècle, l'élection du président Macron apparaisse comme le signe d'une nouvelle ère. En effet, le Brexit, puis l'élection de Donald Trump, après le développement de régimes autoritaires en Europe et le référendum turc pouvaient laisser à penser que le temps des populismes d'extrême droite était venu. L'élection brillante d'Emmanuel Macron qui renvoie le Front National à 1/3 des voix, très loin des 40 % envisagés signifie le rejet clair et net par les Français du populisme d'extrême droite et, peut-être le premier signe fort de ces mouvements. Déjà, les succès remportés contre l'extrême droite en Autriche et aux Pays-Bas, malgré des sondages inquiétants, avait donné de l'espoir aux démocrates. L'échec cuisant de l'UKIP aux élections locales en Grande-Bretagne s'inscrit dans la même ligne, alors que ce parti avait été l'artisan du Brexit. Mais, l'élection d'Emmanuel Macron, dans le contexte dans lequel elle s'est faite, est d'une autre ampleur et s'inscrit en contre modèle de l'élection de Donald Trump, cité comme exemple par tous les populistes. L'élection d'Emmanuel Macron va devenir le symbole non seulement de la résistance aux tentations d'extrême droite mais le symbole du succès que peut rencontrer la confiance dans l'avenir, les atouts du XXIe siècle malgré les défis extrêmes et la foi dans les valeurs démocratiques et humanistes qui nous portent.

 

C'est en cela que la France renoue avec sa place si particulière dans l'histoire. L'intérêt manifesté non seulement par les Européens mais par de très nombreux pays du monde pour les élections françaises témoignait déjà de la place très particulière que notre pays occupe dans le monde, place qui va très au-delà de son poids démographique et même économique. Le succès indéniable d'Emmanuel Macron, la capacité qu'ont eue les Français à faire confiance à un homme jeune pour mener la transformation dans le respect de valeurs fortes, change incontestablement notre image dans une société où la communication devient l'essentiel. La relance franco-allemande, clé de voûte d'une forme de reconstruction européenne, elle-même clé de voûte d'un nouvel équilibre planétaire est désormais un objectif majeur et immédiat.

 

Ainsi, le choix que nous avons collectivement fait hier pourrait bien être un tournant de l'Histoire.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21,

ancienne ministre de l'Environnement

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"Un espoir est né, il reste à le concrétiser"

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La lettre d'Olivier Mazerolle

 

"Un espoir est né, il reste à le concrétiser" LETTRE DE CAMPAGNE - Il était étrange d’entendre hier soir les uns et les autres évaluer déjà l’état des forces politiques qui s’exprimeront dans un peu plus d’un mois à l’occasion des législatives. Comme si à peine enregistrée la victoire d’Emmanuel Macron devait être classée au rayon des banalités qui émaillent de manière répétée la vie politique française. Pourtant, il s’est produit hier soir quelque chose d’énorme. La France a osé se doter d’un président de moins de 40 ans, encore inconnu du grand public il y a un an, à qui personne ne croyait sauf lui et quelques pionniers. Du chaos politique engendré par cette présidentielle, émerge un désir de renouveau, un désir de montrer que la France est vivante, qu’elle a envie d’entreprendre et d’espérer. "J’adresse au monde le salut de la France éternelle", a dit Emmanuel Macron dans un discours qui avait enfin une allure présidentielle.

Il a beaucoup parlé du message de la France hier soir, de ses valeurs, de sa réputation, celle des Lumières, comme s’il avait voulu rendre les Français fiers de leur pays et de son rôle dans le monde. Et ceci ne compterait pas ! Les calculs politiques reprendraient immédiatement leurs droits ! Il serait interdit de permettre aux Français de comprendre l’événement, de l'intégrer, de le comprendre, de reprendre leur souffle avant de s’engager dans la nouvelle bataille !

Allons ! Après quelques jours, ils pourront enfin juger sur pièces. Soit Emmanuel Macron aura trouvé les gestes et les mots nécessaires pour montrer qu’il est prêt à entreprendre, qu’il est à la tâche et, malgré l’incroyable pari que cela représente - encore un ! - il pourra espérer obtenir une majorité à l’Assemblée. Ou bien ses premiers jours seront décevants et son quinquennat clopinera, à peine engagé.

En revenir à la lettre de la Constitution

C'est un fait, la France n'est pas tombée en amour devant le beau jeune homme au sourire tantôt charmeur, tantôt carnassier. Entre les deux tours, près d’un Français sur deux déclaraient ne pas l'aimer. Trop de certitudes, trop d'arrogance, de la désinvolture parfois dans des discours ponctués de déclarations d’amour trop manifestement destinées à obtenir en retour d’identiques manifestations à son endroit. Emmanuel Macron a obtenu les voix de plus de 20 millions d’électeurs, ce qui n’est pas rien, mais nombreux sont ceux qui n’ont pas voté pour lui, ou alors, souvent, par défaut.

Les Français, peuple pétri de contradictions s'il en est, exigent d’un président qu’il se montre proche d’eux, simple, mais sans familiarité excessive, qu’il hausse le niveau de la réflexion, qu’il donne à être admiré afin d’en être fiers. Emmanuel Macron a expliqué ne vouloir agir ni en "président normal", ni en "président hyper interventionniste". Il souhaite en revenir à la lettre de la Constitution qui place le président au-dessus de la mêlée, chargé de donner les grandes orientations et de s'investir tout particulièrement sur les grands dossiers qu’il juge prioritaires.

Emmanuel Macron se déclare décidé à mettre en œuvre les réformes nécessaires, à faire preuve de l’esprit de décision dont a manqué François Hollande tout en ne perdant pas le contact avec l’opinion. De sa capacité à réussir cette alchimie complexe résultera sa réussite ou son échec.

Emmanuel Macron dispose de plusieurs atouts. Son arrivée vise à diffuser de l’optimisme dans un pays rongé par la neurasthénie. Il demande à être conforté par des réalisations tangibles, mais l’envie d’y croire peut servir de point d’appui. Ensuite, Emmanuel Macron ne prend pas un pouvoir lesté par des engagements irréalisables. Il a refusé de recourir à la démagogie, et c’est tout à son honneur, lorsqu'il se trouvait en situation difficile comme ce fut le cas devant les salariés de Whirlpool. Personne ne pourra se sentir floué par des promesses non tenues. Il n'en a pas faites.

La percée du FN favorable à Macron

Enfin, paradoxalement, la percée du FN devrait lui faciliter la tâche. Tout le monde en France et en Europe a compris que cette présidentielle constituait la dernière étape avant l’arrivée au pouvoir d’un parti extrémiste si les résultats ne suivaient pas et si rien ne changeait dans le fonctionnement de l’Europe. Seule la réussite peut faire reculer le FN que Marine Le Pen, malgré son revers dans la dernière ligne droite, a hissé à un niveau inégalé. Cette présidentielle aura enfin fait comprendre que ce sont les échecs qui nourrissent la rancœur et la haine, et non pas l’inverse.

Dans l'immédiat, Emmanuel Macron doit désigner ses 577 candidats aux législatives puis nommer un premier ministre expérimenté. Son rôle s’annonce d’autant plus crucial qu’il sera constamment sur la brèche pour convaincre les Français que la bataille pour l’emploi est engagée avec constance. Le président de la République va aussi engager des discussions soutenues avec les partenaires européens de la France. Il sera jugé sur sa capacité à obtenir les réformes exigées par les Français dans le fonctionnement de l’Union européenne.

La soirée d'hier a été marquée par ces ambivalences. D'un côté, un succès incroyable, de l’autre beaucoup d’interrogations. Le nouveau président de la République tient son sort entre ses mains. D'ici aux 11 et 18 juin, dates des législatives, il lui appartient de trouver le comportement et les mots susceptibles de perpétuer l’élan, de démontrer qu’il est l’homme de la situation, qu’il est capable de donner vie à l’espoir entrevu hier soir que le pays n’est plus contraint de vivre dans la neurasthénie perpétuelle.

 

 

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La victoire de Marine Le Pen fait partie du projet djihadiste, par Gilles Kepel

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Pour le chercheur spécialiste du djihadisme Gilles Kepel, les inspirateurs des attentats de l’EI en France ont sciemment cherché à faire croître le vote pour l’extrême droite dans une stratégie de guerre civile religieuse.

 

 

Marianne : Vos travaux mettent au jour le projet djihadiste, à savoir tenter de fracturer les sociétés européennes, de provoquer la séparation puis l’affrontement entre les musulmans et les autres citoyens. Avez-vous pu constater dans la campagne électorale la réalisation « politique » de ce projet ?

 

Gilles Kepel : Le projet explicite des djihadistes, tel qu’on peut le constater en consultant leurs sites et leurs tchats, consiste à favoriser la victoire de l’extrême droite, afin de convaincre les musulmans que la France est un pays raciste, que l’intégration est une impasse et qu’il leur faut se rassembler derrière les plus radicaux d’entre eux.

 

L’intention est clairement indiquée dès 2005 dans le manifeste d’Abou Moussab al Souri, Appel à la Résistance Islamique Globale. On peut y trouver l’inspiration des attentats de Montauban et Toulouse, jusqu’à Paris et Nice, qui prévoit plusieurs étapes dans la montée d’une guerre civile sur une base politico-religieuse, dont celle de faire croître exponentiellement le vote d’extrême droite par des attentats de masse conçus comme des provocations destinées à fracturer la société. Dans cette perspective, les élections présidentielle et législatives de 2017 apparaissaient pour l’Etat islamique comme l’occasion de prendre le débat politique en otage.

"Les élections de 2017 apparaissaient pour l’Etat islamique comme l’occasion de prendre le débat politique en otage"

 

Jusqu’à présent, ce n’est pas un succès ?

 

Si les attentats avaient continué sur le rythme de 2015 et 2016, avec un nombre de victimes civiles jamais vu depuis 1944, on peut parier que Marine Le Pen serait arrivée en tête du premier tour ! Rappelons-nous comment, juste après l’assassinat du policier Xavier Jugelé sur les Champs-Elysées, on s’interrogeait sur le report possible de voix sur une candidate qui affichait le programme le plus ultra contre le terrorisme. Mais si cela ne s’est pas produit en effet, c’est parce que l’EI a été soumis à une offensive militaire au Moyen Orient qui a eu pour effet de bloquer ses frontières, d’empêcher la circulation de ses agents vers l’Europe. De plus, le principal coordinateur des attentats, le rappeur Roannais-Oranais Rachid Kassim a été tué par une frappe de drone sur le territoire du « califat » d’où il agissait, en février dernier. Dans son testament, il critique d’ailleurs le leadership de l’Etat islamique qui n’investirait plus assez dans le terrorisme en Europe.

La dernière opération d’envergure, avec la tentative par deux femmes de faire sauter une voiture piégée près de la cathédrale Notre-Dame de Paris, suivie d’un poignardage contre un policier, a échoué le 4 septembre 2016. Depuis, l’investissement dans les technologies informatiques et la coopération avec les services américains ont permis de casser les codes des messageries électroniques, entraînant de nombreuses arrestations préventives. La France est redevenue, comme dans les années 1995-2012, un territoire où l’action des djihadistes est plus difficile qu’ailleurs. D’où la multiplication des actions en Allemagne, qui doit faire face à l’afflux de réfugiés venus du Moyen Orient, où l’action policière est moins coordonnée, et qui fait face à une montée, dans les sondages, de l’extrême droite sous la forme de l’AFD.

"La France est redevenue, comme dans les années 1995-2012, un territoire où l’action des djihadistes est plus difficile qu’ailleurs"

 

Pour en revenir à la fracture, dans la campagne présidentielle, ne voit-on pas se constituer un bloc identitaire, composé de catholiques revendiqués (vote Fillon), d’anti-immigrés « culturels » (vote Le Pen), face à des candidats flirtant avec le communautarisme au nom du multiculturalisme comme Benoît Hamon ou Philippe Poutou ?

 

C’est plus complexe que cela. En 2013, les conservateurs religieux de Sens commun et ceux de la Manif pour tous avaient bénéficié d’un soutien de la part des associations islamistes, très virulentes à l’encontre du mariage des homosexuels, alors que 90% des électeurs se déclarant musulman avaient voté pour François Hollande en 2012. Le sondage IFOP publié par l’hebdomadaire Le Pélerin à la suite du premier tour de la présidentielle constate que 10% des électeurs se déclarant musulman ont voté Fillon et 5% Le Pen ; 24% Macron ; 17% Hamon; 37% Mélenchon. Il y a donc une fragmentation du vote, et un fort « survote » pour Mélenchon et Hamon, mais du soutien pour Fillon et Le Pen quand même – par rapport aux résultats globaux du scrutin. En revanche on constate un enclavement croissant des quartiers populaires, du fait de la forte pression sociale qu’y exercent des salafistes cherchant à asseoir leur hégémonie par des codes culturels ou vestimentaires, corrélé par le chômage massif des jeunes et la prévalence des trafics. L’enjeu pourrait se révéler important lors des élections législatives, qui se dérouleront en juin, en plein ramadan. Marwan Muhamad, leader du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a d’ores et déjà annoncé qu’il délivrerait des labels « islamophobe », « moins islamophobe » aux candidats, pour orienter les votes des musulmans. Il n’est pas sûr que l’opération réussisse, mais cela démontre qu’il y a bien des acteurs qui cherchent à constituer une clôture communautariste. De son côté, Marine Le Pen cherche à se placer comme la représentante d’un peuple essentiellement atavique.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon n’a pas de référence communautariste, cela provient probablement de son éducation trotskiste, certes lointaine. Je n’en dirais pas autant de Benoît Hamon, élu de Trappes dans les Yvelines, qui s’est montré plus proche du multiculturalisme. Enfin, j’estime que la candidature d’Emmanuel Macron a pour objectif de dépasser cette fracture entre identitaires et communautaristes.

 

Vous critiquez les hommes politiques à qui vous reprochez de sauter comme des cabris en criant « laïcité ». Certes, mais que faire alors que nous n’avons aucun autre contrat sociétal possible ?

 

Ce que je veux dire, c’est on ne peut pas présenter la laïcité comme le fondement de la société. C’est plutôt son pinacle, son achèvement. Elle conclut une œuvre collective, elle ne la précède pas. La laïcité ne retrouvera son sens que lorsque les promesses républicaines seront tenues, en permettant notamment aux jeunes des quartiers populaires, où le taux de chômage atteint 40%, d’accéder aux savoirs et par là au marché du travail de notre société post-industrielle et digitale, leur donnant la possibilité de se définir et de se construire eux-mêmes, en échappant ainsi à la rétractation sur les identités particulières. C’est pourquoi j’estime qu’une réforme profonde de l’éducation devrait être la priorité du prochain quinquennat.

 

Hervé Nathan

Directeur adjoint de la rédaction
Jacques Le Bris's insight:

Gilles Kepel est professeur à Sciences-Po Paris, auteur de la Fracture(Gallimard 2016) et vient de publier la Laïcité contre la fracture ?(Privat, 2017)

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Ni Macron, ni le Pen, bien au contraire

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Ainsi que l'on pouvait le prévoir la gauche bien à gauche, tellement à gauche que ce ne se peut pas a fait descendre les jeunes dans la rue. Bien entendu, comme il faut que la récupération ne soit pas trop voyante, on leur a donné comme mot d'ordre : "Ni Macron, ni le Pen". Cela ne trompe cependant pas grand monde. Les manifestants sont pour la plupart issus des milieux bourgeois pédagogues qui apprécient les bienfaits de la mondialisation réputée heureuse.

 

A l'approche du bac, cela fera toujours quelques jours de détente en attendant les révisions. Et d'éventuels leaders d'un mouvement lycéen cela fera d'excellents adjoints à la Mairie de Paris plus tard (du moins si celle-ci reste socialiste)...

 

Ils sont évidemment instrumentalisés par la gauche de la gauche, dont les mélenchonistes, afin de jouer un billard à trois bandes, à savoir en prévision des législatives. En effet, cette gauche radicale, largement plus que la sociétale, que la gauche libérale-libertaire, a retrouvé du poil de la bête, un second souffle à cause de la précarisation largement accentuée des salariés, de la paupérisation des populations déjà précaires. Ce que les arbitres des élégances politiques appellent le populisme de gauche le condamnant autant que celui de droite (Marine le Pen).

 

Les termes qu'ils emploient en disent long sur eux, comme si populiste (il y a peuple en racine du terme) était un gros mot, comme si tout ce qui vient du peuple à commencer par ses aspirations légitimes était vulgaire...

 

Ainsi que l'a dit la sémillante Vanessa Burggraf dans l'émission de Laurent Ruquier, s'ils n'ont pas un salaire suffisant ils n'ont qu'à prendre un deuxième boulot, voire un troisième. Ces pauvres ma chère ça se plaint tout le temps ! Ils ne sont jamais contents ! En gros, elle dirait ce mot -apocryphe- que l'on a prêté très longtemps à la pauvre Marie-Antoinette, "s'ils n'ont pas de pain donnez leur de la brioche !".

 

Dans le reste de la France, l'atmosphère serait plutôt pré-insurrectionnelle, et ce n'est en rien le fait des révolutionnaires de salons cossus. Il y a bel et bien deux France. Quand Chirac évoquait cyniquement la Fracture sociale il avait tout à fait raison, elle est bien là. Il y a deux Frances, la France des centre-ville bourgeois, les centre-ville des nantis qui s'ignorent et la France dite "périphérique" largement méprisée, cette France périurbaine ou rurbaine trop riche pour être aidée, trop pauvre pour ne pas avoir besoin de l'être.

 

Le géographe Christophe Guilluy prévenait pourtant il y a quelques mois. Si les classes favorisées ne font pas rapidement leur "aggiornamento" la situation sera extrêmement tendue rapidement, peut-être jusqu'à l'affrontement. Il était assez pessimiste, il savait bien qu'ils ne le feront jamais.

 

Nous n'éviterons pas la confrontation....

 

Sic Transit Gloria Mundi, amen

 

Amaury -Grandgil

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NON ! 

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La France court au désastre.

 

Ce qui paraissait impossible il y a peu de temps encore n’est plus aujourd’hui improbable : Mme Le Pen peut devenir la Présidente de la République française ; à tout le moins le score du Front National au deuxième tour  peut dépasser la barre des 40%, voire des 45%, ce qui serait déjà un coup de tonnerre politique.

La trahison de N. Dupont-Aignant, l’attitude ambigüe de J.L. Mélenchon, l’effondrement du PS, les finasseries de certains de mes propres « amis » politiques ajoutent à la confusion générale sur laquelle prospère le FN.

La victoire de l’extrême-droite en France constituerait un séisme géopolitique. L’Union européenne qui peut résister au Brexit, et même en tirer profit, ne survivrait pas à un « Frexit ». Je ne sous-estime pas le désamour de nos concitoyens pour l’Europe; je mesure l’ampleur des changements qui seront nécessaires pour la remettre sur la bonne voie. Mais liquider la construction européenne que nous avons patiemment édifiée serait une aberration. Car l’Europe a réussi. Elle nous a apporté 70 ans de paix, ce que notre continent n’avait pas connu depuis des siècles. Elle est aujourd’hui un espace de liberté et de prospérité comme il en existe peu au monde. Je comprends que ces affirmations choquent nos concitoyens qui vivent dans le chômage, la précarité, la pauvreté. Mais, au prix de réformes profondes, l’Europe peut nous aider à en sortir. Ce n’est pas sans raison qu’elle attire de si puissants flux migratoires. C’est en soi un problème qu’il faut traiter car nous ne pouvons pas accueillir « toute la misère du monde ». Mais c’est la preuve d’une réussite.

 

Comparons-nous!

Certains invoquent les mânes du Général de Gaulle pour conforter leur euro-phobie. Quelle falsification historique! C’est De Gaulle qui a voulu nous faire entrer dans la Communauté européenne en 1958, en activant le traité de Rome qui n’était encore qu’un papier; c’est De Gaulle qui a imposé la Politique Agricole Commune; c’est De Gaulle qui a fait de l’entente franco-allemande la pierre angulaire de la construction européenne et du redressement français. Je suis gaulliste et européen et j’en suis fier!

La dislocation de l’Union européenne serait aussi une menace pour notre sécurité collective, pour l’Alliance atlantique déjà fragilisée par les déclarations contradictoires de la nouvelle administration américaine, et méthodiquement sapée par la diplomatie russe qui ne fait pas mystère de sa volonté de revenir au monde d’avant. Le monde sans l’Union européenne perdrait encore un peu de sa stabilité, en un temps où le mot de « guerre » refleurit dans certains discours.

Séisme géopolitique, désastre économique aussi. L’abandon de l’euro qui nous a si bien protégés dans les tempêtes récentes et qui nous garantit des taux d’intérêt historiquement bas serait une faute majeure, à laquelle d’ailleurs, quel que soit leur vote, la majorité des Français n’adhère pas. Tout le monde, y compris le parti de Mme Le Pen, s’accorde à prévoir une dévaluation immédiate du franc FN de l’ordre de 20 à 30%. Nos dettes et notamment celle de l’Etat seraient immédiatement augmentées d’autant. On nous dit que nos exportations en profiteraient; peut-être à terme si notre appareil productif répond à la demande internationale; ce qui est sûr, c’est que nos importations seraient mécaniquement renchéries de 20 à 30%, à commencer par le pétrole, d’où la hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat dont souffriraient comme toujours les plus fragiles. Tout cela, tout le monde le sait!

Défaite morale par dessus tout. Quelles que soient, ces derniers temps, les tentatives de dé-diabolisation des dirigeants du FN ou leurs danses du ventre à l’intention de l’extrême-gauche (ce qui est là une constante historique), la vérité est criante : l’histoire, l’idéologie, les hommes et les femmes qui ont fondé ou animent ce parti, bref le monde FN est depuis toujours aux antipodes du nôtre; son anti-gaullisme a été constant depuis 1940. De façon récurrente, les déclarations de ses chefs nous rappellent que nos valeurs n’ont rien à voir avec sa vulgate.

C’est pourquoi, Françaises, Français, je vous appelle solennellement à résister à la tentation de tout casser, de « renverser la table » comme hélas! vous y ont parfois incités certains responsables de ce qui fut un grand parti de la droite et du centre, le parti qu’avec d’autres j’avais fondé.

Quand, dans une élection à deux candidats, on veut éliminer l’un , il n’y a pas d’autre solution que de voter pour l’autre. L’abstention ou le vote blanc, c’est un coup de pouce à Mme Le Pen.

Je ne vous demande pas pour autant d’adhérer à la personne ou au programme d’E. Macron. Nous ne le connaissons pas bien . Sa « nouveauté » séduit, son peu d’expérience des hautes responsabilités inquiète. Quant à son programme, il reste flou et ambigu. Mais il faut choisir. Après le scrutin présidentiel viendront d’autres échéances, à commencer par les élections législatives. Nous devrons alors reconstruire une proposition politique, fondée sur la valeurs de la droite et du centre que j’ai toujours portées. Une droite humaniste qui conjugue liberté économique et justice sociale, une droite résolument et lucidement européenne, une droite confiante dans l’avenir, dans l’invention d’une croissance durable, dans la transformation numérique du monde, dans la jeunesse du monde.

 

Je vous adjure donc, mes chers compatriotes, de voter pour E. Macron parce qu’il est le seul le 7 mai à pouvoir éviter à la France le malheur du FN.

 

Je sais que vous n’avez pas de conseil à recevoir, que vous êtes majeurs et vaccinés, que les consignes des partis ou des dirigeants politiques vous insupportent. Mais si ma parole peut encore avoir un peu de crédit auprès de vous, et d’abord auprès des jeunes qui m’ont accompagné avec tant de foi, ne la balayez pas d’un revers de main. Je ne demande rien, je n’attends rien, je ne cherche pas à me placer. Je ne serai pas Président de la République, je ne re-deviendrai pas Premier Ministre, je ne serai plus ministre. C’est aux 30-40 ans de prendre la relève. Ma seule ambition est de les y aider.

 

Je ne me lasserai donc pas  de vous dire : Peuple de France, ressaisis-toi, reste fidèle à ton génie, aie confiance.

 

Alain Juppé
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"60% des Français n'ont pas de religion" : Mélenchon dit-il vrai ?

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Lors du débat de mardi soir, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se sont écharpés sur la question de la laïcité. Le candidat de La France insoumise affirme que 60% des Français se déclarent sans religion. Décryptage.

 

Incontournable dans le paysage politique français, le thème de la laïcité a une nouvelle fois été débattu par les candidats à l’élection présidentielle. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se sont affrontés sur cette question lors du premier débat pré-premier tour, diffusé mardi 4 avril sur BFMTV. La candidate du Front national a exprimé sa volonté de protéger la culture et l’identité des Français soutenant, par exemple, qu’il fallait "mettre des crèches dans les municipalités", ce qui a déclenché une passe d’armes avec son adversaire de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, qui lui a alors répliqué : "Vous voulez mettre des signes religieux dans les mairies ? C’est ça votre vision de la laïcité ?"

"Ce sont nos traditions monsieur Mélenchon. Je sais qu’elles vous dérangent, je sais même qu’elles vous horripilent. Mais sachez que les Français sont très attachés à leurs traditions", a rétorqué Marine Le Pen.

"Mais non madame, 60% des Français n’ont pas de religion. Fichez-nous la paix avec la religion", s’est emporté le candidat de La France insoumise. Un chiffre qui peut paraître caricatural, mais qui est en fait proche de la réalité.

 

Les athées sont les plus nombreux

Difficile d’établir des statistiques sur le sentiment d’appartenance religieuse en France, la loi Informatique et Libertés encadrant fortement cette pratique. Une chose est sûre : le sentiment religieux est en recul depuis la fin des années 1970. Il suffit de regarder les écarts entre générations dans la fréquentation des lieux de culte ou la baisse du nombre de baptêmes pour s’en rendre compte.

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En 2012, l’association de sondages WIN-Gallup International a réalisé une enquête sur l'appartenance religieuse dans 57 pays. Trois questions étaient posées à 50.000 personnes : Êtes-vous religieux ? Non-religieux ? Athée convaincu ? 29% des Français sondés s’y sont déclarés athées et 34% non-religieux, soit 63% des sondés qui n’appartiennent pas à une religion précise. Un chiffre proche de celui évoqué par Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé.

 
 
 
 

Une précédente enquête de l’Eurobaromètre, datant de 2010, confirme cette dynamique. 70% des Français s’y déclaraient sans religion, dont un tiers tout de même qui croit en une forme de divinité (déisme, agnosticisme…).

Ces études font de la France un des pays les plus athées au monde avec la Chine, le Japon ou la République tchèque. A l’échelle mondiale, seulement 13% de la population se considère comme athée.

 

 Guillaume Reuge

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Des scientifiques viennent de découvrir un traitement qui permet d’inverser le vieillissement

Des scientifiques viennent de découvrir un traitement qui permet d’inverser le vieillissement | Think outside the Box | Scoop.it

C'est l'aboutissement de plus de 15 ans de recherche pour le professeur en charge du projet.

 

Une équipe internationale de chercheurs vient de faire une découverte révolutionnaire, qui pourrait selon eux aboutir à la création d’un nouveau traitement qui permettrait d’inverser le vieillissement. Cette trouvaille pourrait aider les humains à vivre plus longtemps et en meilleure santé. Elle pourrait surtout avoir un impact significatif sur ceux qui ont survécu à un cancer et les astronautes en partance pour Mars.

Dans leur étude publiée par la revue Science, les scientifiques indiquent avoir identifié une étape critique du processus moléculaire qui permet aux cellules de réparer de l’ADN endommagé. Leurs expériences sur des souris révèlent que le traitement fonctionne sur du matériel génétique abîmé par le vieillissement et les radiations (notamment celles du Soleil) que nos cellules ne parviennent plus à combattre avec l’âge.

"Les cellules de vieilles souris étaient impossibles à distinguer de celles des plus jeunes spécimens après seulement une semaine de traitement", a déclaré le professeur australien David Sinclair, auteur principal de l’étude menée à la faculté de médecine d'Harvard :

"Nous n’avons