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Une lycéenne invente un moyen de créer du plastique à partir de banane

Une lycéenne invente un moyen de créer du plastique à partir de banane | Think outside the Box | Scoop.it

Elif Bilgrin, une lycéenne turque de 16 ans, a mis au point un système permettant de transformer la cellulose des peaux de banane en un plastique isolant. Le plastique, on le sait, est, à l’heure actuelle, majoritairement fabriqué à partir du pétrole. Néanmoins, on sait aussi en faire à partir de la cellulose contenue dans certains déchets alimentaires comme les pelures de mangue.

Dans le même esprit, Elif Bilgrin, une lycéenne turque de 16 ans est parvenue à mettre au point, après deux ans de recherches, un système utilisant lui les bananes. Concrètement, celui-ci permet de transformer la cellulose des peaux de banane en un plastique isolant. "La science est ma vocation", a expliqué cette étudiante, qui compte la lauréate Nobel Marie Curie parmi ses modèles. Elle a d'ailleurs vu sa découverte publiée par le magazine Scientific American (Pour la science en France). Dans l’interview accordée à la revue, Mlle Bilgrin estime que son "projet serait potentiellement une solution au problème croissant de la pollution causée par le plastique d’origine pétrochimique". Un potentiel dont ne doute apparemment par les scientifiques puisque le magazine scientifique a accordé à la jeune fille une bourse de 50.000 dollars et la possibilité de participer à un concours pour jeunes scientifiques organisé par Google en septembre, le Google fair.


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Think Outside The Box

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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LibéRation de Philo - L'été meurtier pour les animaux

LibéRation de Philo - L'été meurtier pour les animaux | Think outside the Box | Scoop.it

par Corine PELLUCHON


Une clameur immense

Alors que nous sommes nombreux à profiter de l’été, parce que nous sommes en vacances ou que notre activité professionnelle nous laisse plus de loisir que d’ordinaire, des cris d’horreur parviennent à nos oreilles.

C’est une clameur immense, insupportable.

Elle vient de ces centaines de dauphins qui ont été massacrés ces dernières semaines dans les îles Féroé, au nom d’une tradition danoise qui justifie que des hommes se lèvent à 4 h 00 du matin pour s’acharner contre des dauphins, tuant les adultes devant leurs petits et invitant les enfants à se jucher sur les cadavres des bêtes et à se repaître du spectacle de cette marée de sang.

 

Elle vient de cette foule en délire qui applaudit en voyant un taureau supplicié dans les arènes de Béziers et de toutes les villes où la corrida est encore autorisée par la loi.

Elle prend aujourd’hui le visage - oui, je dis bien le visage - de ce lion magnifique, Cecil, qui a été attiré loin de la réserve du Zimbabwe où il vivait pour être froidement abattu par des braconniers qu’un riche dentiste américain, Walter James Palmer, a «achetés» pour 50.000 euros.

 

Le mal qui est en nous s’exprime sans détours dans notre rapport aux bêtes

Que personne ne dise qu’à se soucier des animaux, on oublie les hommes, les terribles souffrances que des milliards d’entre eux endurent, parce qu’il y a la guerre, qu’ils sont exploités comme des forçats ou qu’ils meurent de faim ! Car cette clameur immense qui vient de nos compagnons qui n’ont ni ordinateur ni tribunal pour nous accuser parle aussi des hommes, du mal qu’ils sont capables de commettre.

Le mal qui est en nous, ce penchant à dominer autrui, à exercer sur lui sa puissance pour le dompter et l’anéantir, pour que sa volonté soit réduite à la simple obéissance, pour qu’il ne soit plus rien qu’un jouet dans nos mains, s’exprime sans détours dans la manière dont nous agissons avec les bêtes.

Quand un être, humain ou non humain, n’est pas protégé par la loi, et que règle l’impunité, alors il court tous les risques, car le monstre qui est en nous peut surgir pour l’exterminer. Je ne dis pas que tout le monde deviendrait un tortionnaire si la guerre éclatait, qu’il violerait, arracherait les bébés du ventre de leur mère, comme cela arriva maintes fois dans l’histoire, y compris la plus récente, et comme cela a été narré par de nombreux auteurs, que l’on pense à la trilogie rwandaise de Jean Hatzfeld ou aux analyses de Patrick Clervoy dans L’effet Lucifer: Du décrochage du sens moral à l’épidémie du mal. Je dis qu’il faut regarder en face la réalité du mal et réfléchir aux conditions ( et pas seulement aux circonstances) qui font qu’il «prend» sur un individu. Qu’est-ce qui fait qu’un être, autrefois loyal et droit, est vaincu par le mal, qu’il l’exerce ou qu’il en soit le complice et l’observe comme un voyeur? Je dis aussi que ce mal est déjà victorieux quand on tolère le martyre des bêtes. Pire, il est à notre porte, prêt à franchir toutes les barrières installées par la morale et le droit, quand on l’encourage, comme c’est le cas avec certaines traditions (corrida, grind, etc.).

La dénonciation de la violence est indispensable, mais il faut prendre garde à ne pas installer une sorte de concurrence entre les victimes de la domination (les femmes, les enfants, les pauvres, celles et ceux qui subissent le racisme ou toute autre forme de discrimination, les animaux). Car toutes les violences sont liées; elles s’enracinent dans le même penchant au mal.

  

 

La tâche de l’éthique

La question qui se pose à chacun de nous, quelle que soit sa responsabilité, est de savoir quels sont les contrepoids permettant de lutter contre le mal. De quels ressorts disposons-nous dans la culture pour planter au cœur du sujet, comme un arbre de vie, la compassion ? Comment décloisonner le moi pour qu’il intègre en son sein la vie des autres, qu’il sente qu’il n’est pas une substance, un atome ou un empire dans un empire, mais un rapport : rapport à soi et à autrui, rapport aux autres, humains et non humains, aux êtres passés, présents et futurs qui débordent en amont et en aval sa propre vie, rapport à la nature ?

Il me semble que l’on a là l’une des tâches principales de l’éthique, d’une éthique qui soit aussi une transformation de soi. Les connaissances, y compris la connaissance de soi, ne produisent aucune transfiguration du sujet. La raison seule est impuissante à changer le cours du monde; elle n’incite pas les individus à modifier leurs styles de vie et leur comportement. Pourtant, la raison, qui ne demande pas l’adhésion à une croyance, est notre alliée dans ce travail visant à élaborer une nouvelle éthique aidant l’homme contemporain, qui est armé jusqu’aux dents, à s’abstenir du mal et à transmettre à ses descendants un monde habitable.

La tâche est rude, mais elle est nécessaire. Assurément, nul n’y peut parvenir seul, mais nous avons là un objectif, comme un programme, parce que, pour certains d’entre nous, l’époque est si dangereuse que nous n’avons pas d’autre choix que de répéter ce mot de Kant : «tu dois, donc tu peux.»

  


Le soutien du pape François

Il est toutefois une lueur d’espoir dans cette vallée de larmes. Le soutien du pape François qui, dans son Encyclique, ne borne pas l’éthique aux relations des hommes entre eux, mais y intègre les animaux et la nature. Un jour viendra, l’expression de valeur intrinsèque, qu’il emploie à propos des animaux, et qui signifie que leur vie n’est pas relative au seul usage ni même au point de vue de l’homme, sera entendue de tous. Ce sera le moment d’en tirer toutes les conséquences sur le plan pratique, que l’habile pape François ne mentionne pas.

Quant à nous, citoyens laïcs, et qui votons, nous serons nombreux, je l’espère, à demander que la question animale prenne la place qui lui revient dans les débats politiques et que, dans les programmes opposant les futurs candidats à la Présidence de la République, il y ait de courageuses propositions en faveur de l’amélioration de la condition animale, sans laquelle il est vain d’espérer le moindre progrès vers plus de paix et de justice.

Mais déjà «la clameur qui vient de la Terre, notre maisonnée commune»,comme dit le pape François, et celle qui vient des animaux, ainsi que le fait d’«oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde » et son exhortation à «faire pression» sont un encouragement précieux. Car, notre âme, «comme un cerf altéré recherche l’eau vive» ( Psaume 41), a soif d’une justice qui ne méprise aucune victime et, même en plein été, nous ne dormons pas.

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Droits des Femmes: des tablettes vieilles de 4000 ans témoignent

Droits des Femmes: des tablettes vieilles de 4000 ans témoignent | Think outside the Box | Scoop.it

Des archéologues ont trouvé dans la province de Kayseri, en Turquie, des tablettes vieilles de 4000 ans offrant un aperçu des droits des femmes durant l'Âge de Bronze.

Le journal francophone international Aujourd’hui la Turquie relate la fabuleuse découverte des archéologues sur le site de la colonie de Kültepe-Kaniş-Karum, en Turquie. La fouille archéologique de la province de Kayseri a permis de découvrir des tablettes vieilles de quatre millénaires qui nous renseignent sur la culture et l’organisation sociale de cette population qui comptait 70.000 habitants. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les peuples de l'Âge de Bronze avaient déjà le sens de l’organisation. Ces trouvailles archéologiques donnent accès aux données sociales "concernant les femmes de l’Anatolie pré-antique" comme l’explique le spécialiste Fikri Kulakoğl de l'Université d'Ankaramais aussi la législation en matière de contrats de mariages, "des droits de la femme jusqu’à l’adoption d’enfants, ou encore les mariages arrangés à a naissance".
Du fait de cette découverte, le site Kültepe-Kaniş-Karum a probablement gagné son droit d'entrée pour la liste sacrée du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

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Pour empêcher le Roi d'Arabie de se poser en hélico à Golfe Juan, les vacancières protestent avec les seins nus

Pour empêcher le Roi d'Arabie de se poser en hélico à Golfe Juan, les vacancières protestent avec les seins nus | Think outside the Box | Scoop.it

Vallauris – Ariana, Melinda, Jessica, Alba et Katya n’ont pas hésité une seule seconde à enlever le haut afin de protester, sous les fenêtres de la villa royale du Roi Salmane d’Arabie Saoudite, à Golfe Juan, afin d’empêcher le souverain de se poser sur son héliport privé, persuadées qu’elles étaient, que la seule vue de cinq paires de seins, plutôt jeunes et fermes, bronzés et déterminés, ferait déguerpir le Roi et son entourage et empêcherait tout autant le pilote de se concentrer sur l’atterrissage.

Elles ont presque failli avoir raison puisque l’hélicoptère royal a eu toutes les peines du monde à se stabiliser avant d’atterrir et il est maintenant presque certain que nos cinq valeureuses défenderesses des valeurs républicaines ont failli remporter la partie avec seulement dix tétons déterminés. Depuis l’arrivée royale, les rideaux de la villa-palais sont fermés afin que le regard de son auguste hôte royal ne puisse être perturbé par ces beautés naturelles du paysage azuréen. Le pilote de l’hélicoptère a même survolé nos cinq protestataires avant que la gendarmerie, la police, les douaniers, les gardes-côtes, les agents du littoral, les gardes-champêtres et même le garde-barrière de la voie ferrée à proximité ne viennent en nombre afin de procéder à leurs arrestations. Mais bronzer seins nus n’étant pas interdit en France, la maréchaussée a dû se retirer sous les quolibets de la foule, non sans avoir pris plusieurs photos des objets du délits et mesuré quelques dimensions avec application, afin de nourrir le dossier d’enquête, ont-ils précisé. La municipalité de Golfe Juan-Vallauris a prévu, dès ce dimanche, de modifier un arrêté municipal afin d’étendre une zone-charia au delà des limites de la plage privatisée par le roi et son entourage afin que nos cinq délinquantes ne puissent plus nuire et qu’elles tombent enfin sous le coup de la loi.

Ariana, Melinda, Jessica, Alba et Katya ont promis de revenir tous les jours jusqu’à ce que le roi soit parti afin de lui montrer que la France est une République et que non seulement les plages sont libres et ouvertes à tous.. et les femmes aussi, a ajouté Jessica avec un clin d’œil. Elles ont même prévu d’enlever le bas si jamais leur mouvement de protestation n’était pas suivi d’effets et ont déjà lancé le hashtag #JeNePortePasMonMaillotAVallauris. Plusieurs associations féministes ont prévu de se joindre à leur action ce weekend et appellent à un grand feu de hauts de maillot sur la plage de la Mirandole pendant tout l’été.


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Le coup de gueule des pilotes de ligne contre les drones

Le coup de gueule des pilotes de ligne contre les drones | Think outside the Box | Scoop.it

L'Association européenne des pilotes de ligne a récemment publié un document où elle exprime ses inquiétudes sur l'utilisation de plus en plus massive des drones civils.

 

L'Association européenne des pilotes de ligne (ECA), qui représente 38.000 pilotes sur le Vieux-Continent, est inquiète. Très inquiète même sur l'utilisation des drones, notamment à proximité des aéroports. Elle vient de publier un nouveau document appelé "les menaces aériennes à faible altitude, les drones" pour clarifier sa position en matière de norme et de les règles nécessaires en vue d'une utilisation sûre des drones civils.

Créée en 1990 et basée à Bruxelles pour défendre les positions des pilotes de l'Union européenne face aux institutions communautaires, ECA (European Cockpit Association) est devenue aujourd'hui l'interlocuteur privilégié des instances européennes auprès de qui elle exprime des positions officielles au nom de l'ensemble des pilotes.

Pour ECA, "il est absolument essentiel que la technologie soit introduite en toute sécurité, en particulier en ce qui concerne l'aviation commerciale". Et d'estimer qu'un "accident à l'avenir impliquant des drones dans lequel des gens seraient gravement blessés, ferait beaucoup plus de dégâts pour le développement de cette industrie qu'une réglementation  efficace et bien pensé". Pour les pilotes de ligne, la sécurité des personnes en vol ou au sol reste "primordiale". Et la sécurité est bien plus importante que "la capacité ou le droit d'exploiter un drone".

Une étude sur l'impact d'une collision drone contre avion

Un coup de gueule d'autant plus important que ECA rappelle que la plupart des drones civils dans la catégorie "Open" de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) seront "des produits de consommation de masse sur le marché". Ces drones pourront améliorer leurs performances de façon significative dans en quelques années, estiment les pilotes. "La réglementation doit traiter cette question. Cela ne peut se faire sans une évaluation adéquate des risques, en particulier des risques de collision en plein ciel", explique ECA.

Les pilotes de ligne demandent une étude pour évaluer les effets d'une collision entre un drone et un avion. "C'est une question urgente", a estimé ECA. L'association préconise également d'interdire les drones des espaces aériens utilisés par les avions commerciaux. Tout comme, ils recommandent notamment la récupération automatique du drone en cas de perte de contrôle, un poids limité à 500 grammes et un système de traçage pour identifier l'opérateur..

De nombreux incidents

L'inquiétude des pilotes parait justifiée. Car les incidents se multiplient. Pas plus tard que la semaine dernière, un drone est passé à environ cent mètres d'un appareil de la compagnie allemande Lufthansa arrivant à Varsovie en provenance de Munich, selon l'agence polonaise de la navigation aérienne, citant l'équipage. L'appareil, un Embraer 195, se trouvait à environ dix kilomètres de l'aéroport international de Varsovie Okecie, à l'altitude de 700 mètres, quand ses pilotes ont aperçu un objet volant. L'objet n'a pas perturbé cependant l'atterrissage normal de l'appareil de la Lufthansa.

"C'était probablement un drone, dont la présence à cet endroit était inadmissible, puisqu'il se trouvait dans l'axe de la piste d'atterrissage", a indiqué un porte-parole de l'agence. Par précaution, une vingtaine d'appareils arrivant à Varsovie ont dû changer d'itinéraire d'atterrissage, avant que le trafic revienne à la normale. La police a interpellé l'opérateur présumé du drone, un habitant de Piaseczno, commune limitrophe de l'aéroport de Varsovie Okecie. L'homme pourrait être accusé d'avoir créé un danger pour le trafic aérien, un délit passible de huit ans de prison au maximum.

Un incident similaire s'est produit l'année dernière à Cracovie. En Californie, les pompiers se sont plaints le 21 juillet de voir cinq drones gêner leurs hélicoptères dans leur combat contre un incendie. En France, depuis le début de l'année, trois vols de drones ont été signalés par des pilotes dans l'axe des pistes d'Orly et deux à Roissy, selon le porte parole de la Direction générale de l'aviation civile.

 

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J'ai travaillé 8 ans au "Grand Journal" : on a appris la fin par la presse. Merci Bolloré

J'ai travaillé 8 ans au "Grand Journal" : on a appris la fin par la presse. Merci Bolloré | Think outside the Box | Scoop.it

LE PLUS. "Le Grand Journal" tel qu'on le connaît, c'est terminé. Juliette, qui a travaillé huit ans pour le programme de Canal Plus a le coeur lourd : l'annonce n'a pas été faite dans les règles puisque c'est via les médias qu'elle a appris que tout était fini. L'intermittente nous explique à quel point cette émission va lui manquer, et à quel point elle en veut à Vincent Bolloré.

 

(...)

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La violente répression contre la Confédération paysanne tranche avec la mansuétude à l’égard des actes de la FNSEA

La violente répression contre la Confédération paysanne tranche avec la mansuétude à l’égard des actes de la FNSEA | Think outside the Box | Scoop.it

L’action de la Confédération Paysanne à la ferme-usine des Mille vaches a conduit le gouvernement à incarcérer durant deux jours le porte-parole de ce syndicat. Mais l’Etat ne s’est pas montré aussi sévère pour les actes violents commis par l’autre syndicat agricole, favorable au développement de l’agro-industrie.

Le leader du deuxième syndicat agricole français plaqué au sol puis, quelques heures plus tard, arrêté violemment au moment où il montait en train avant d’être emmené, menotté et contusionné, pour une garde à vue de deux jours : c’est l’étrange événement qui s’est produit jeudi 29 mai, dans la quasi-indifférence médiatique. Le crime de M. Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne ? Avoir apporté des pièces d’une salle de traite, démontée - illégalement - par d’autres paysans dans une ferme-usine. Celle-ci, dite des Mille vaches, est vivement contestée parce qu’elle amorce un processus, selon le syndicat, qui entraînerait "la mort des paysans".

Une justice clémente à l’égard de la FNSEA

Mais toutes les manifestations d’agriculteurs ne bénéficient pas de la même rigueur de la part de l’Etat. En février 1999, des militants de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) envahissent le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement et dévastent le bureau de la ministre de l’époque, Dominique Voynet, emportant de nombreux documents. La vidéo du JT de France 2 montre l’étendue du saccage :

 Voir la vidéo : http://www.ina.fr/video/CAB99006575

Dégradations de matériel public et violences physiques sur personnes représentantes de l’Etat – un fonctionnaire en sortira avec six jours d’arrêt de travail – sont constatées mais la justice se montre clémente : deux ans plus tard, elle prononce des peines symboliques à l’égard de quatre des cinq agriculteurs poursuivis – l’un d’eux a été relaxé – qui sont condamnés à 1 524 euros d’amende.

En 2004, c’est l’hôtel des impôts de la ville de Morlaix qui subit le courroux des producteurs de légume de la FNSEA. Après avoir forcé l’entrée du bâtiment, ils détruisent mobilier et ordinateurs, causant plus de 60 000 euros de dégâts. Pis, un policier est grièvement blessé à la tête par un jet de pavé. Or, comme l’explique Libération, ces faits resteront impunis, le tribunal ayant prononcé un non-lieu. Justification officielle : « En l’absence d’éléments de preuve au moment des faits, il n’a pas été possible d’identifier leurs auteurs », affirme le procureur de la République de Morlaix, Laurent Fichot.

En septembre 2013, c’est le siège du Parc national du Morvan qui subit les assauts, en toute impunité, de la section départementale de la FNSEA. Voici ce que relate le Journal de l’Environnement : "Epandage de fumier. Déversement de lisier. Creusement de tranchées dans des prairies humides. Feux de pneus et de paille. La scène s’est déroulée le 18 septembre dernier dans le domaine de la Maison du parc naturel régional du Morvan, à Saint-Brisson (Nièvre). C’est là que près de 70 engins agricoles et leurs quelque 150 conducteurs, encartés à laFDSEA du département, chez les Jeunes Agriculteurs ou sans étiquette, ont convergé pour quelques heures d’un face-à-face tendu avec les responsables du PNR. Le tout sous le regard placide des gendarmes, qui ont laissé les alentours soignés de la Maison du parc se transformer en terrain vague boueux, pendant que des agents du parc se faisaient prendre à partie par des agriculteurs".


L’agression contre le Parc naturel régional du Morvan -

Plus récemment, en novembre dernier, le blocage des axes routiers autour de Paris a été marqué par deux accidents de la route, dont un mortel. Si une enquête a été ouverte, aucune poursuite n’est aujourd’hui connue contre la FDSEA Ile-de-France, branche départementale de la FNSEA, qui organisait la manifestation. Celle-ci estime que la responsabilité de l’accident incombe au gouvernement qui n’avait pas mobilisé suffisamment de forces de l’ordre.

Deux poids, deux mesures

Au regard de ces décisions, la réponse judiciaire au démontage de quelques pièces de la salle de traite de la ferme-usine des Mille Vaches paraît d’autant plus surprenante. « Notre action s’inscrit dans une démarche de non-violence. Nous les effectuons à visage découvert, sans aucune agression physique ni verbale sur des personnes. Les seuls préjudices sont matériels, et encore, les dommages sont faibles : nous ne cassons pas, nous démontons », rappelle un militant de la Confédération Paysanne.

Dès lors, difficile de ne pas voir un traitement à deux vitesses selon les syndicats concernés. « On constate que les poursuites ne sont pas les mêmes. D’un côté, on a des peines ridicules pour des actions pourtant spectaculaires, de l’autre, on frappe fort, tout de suite », analyse Benoît Ducasse, de la Confédération Paysanne. Me Djamilah Berriah, l’avocate de Laurent Pinatel, parle ainsi d’un régime de « deux poids, deux mesures ».

La répression disproportionnée contre la Confédération paysanne s’inscrit en fait dans deux tendances de fond ; celle, d’abord, d’une criminalisation par l’Etat des mouvements écologistes. Celle, ensuite, de dirigeants qui confirment leur soutien à l’agriculture industrielle et à son lobby qu’est la FNSEA. En mars dernier, Reporterre montrait le choix politique fait par le gouvernement de suivre les orientations définies par ce syndicat et son président, Xavier Beulin nombreuses entre le syndicat et le Gouvernement. Que l’on imposera, donc, par les menottes et la prison.

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Hawking, Musk, Wozniak warn of military artificial intelligence arms race

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A group including Stephen Hawking and Elon Musk are warning that a military arms race in artificial intelligence could have terrible results for humanity.


 

More than 1,000 tech and robotics experts — including Stephen Hawking, Elon Musk and Steve Wozniak — warn an AI arms race is on the horizon. And it could happen in a matter of years, not decades.

Imagine an armed helicopter that can search for and kill people based on certain pre-defined criteria. Or an artificially intelligent robot outfitted with weapons performing pre-programmed patrols, without any human intervention.

It may sound like something out of a science-fiction movie. But more than 1,000 tech and robotics experts — including Stephen Hawking, Elon Musk and Steve Wozniak — are warning that an AI arms race is on the horizon — not within decades, but years.

In an open letter published Monday, the group calls for a ban on offensive autonomous weapons.

"If any major military power pushes ahead with AI weapon development, a global arms race is virtually inevitable, and the end point of this technological trajectory is obvious: autonomous weapons will become the Kalashnikovs of tomorrow," the letter says

It also warns of a potential black market, which could put AI weaponry in the hands of terrorists, dictators and warlords.

With minds like Hawking and Musk backing the letter, some people on Twitter are taking the warnings to heart.

Both Hawking and Musk, the Canadian-American business magnate behind SpaceX and Tesla, have spoken out about artificial intelligence in the past. Hawking has said, "the development of full artificial intelligence could spell the end of the human race," while Musk suggested that AI is probably "our biggest existential threat."

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La loi Renseignement est promulguée, mais pas encore applicable

La loi Renseignement est promulguée, mais pas encore applicable | Think outside the Box | Scoop.it

Le gouvernement a publié au Journal Officiel la loi n°2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement, permettant son entrée en vigueur dès lundi. Mais la plupart des dispositions ne seront effectives qu'après la nomination du président de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Numerama fait le point.

 

Deux jours après la décision du Conseil constitutionnel qui a jugé conforme la quasi totalité de la loi avec un argumentaire très peu développé qui laisse circonspect une grande partie des observateurs, la loi sur le renseignement a été publiée dimanche au Journal Officiel, en tant que loi n°2015-912 du 24 juillet 2015. Cependant tout n'entrera pas en vigueur dès ce lundi.

 

Une grande partie de la loi est encore suspendue à la nomination du président de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Il sera nommé par François Hollande dans les conditions prévues au 5ème alinéa de l'article 13 de la Constitution, c'est-à-dire après avis des commissions compétentes des deux chambres parlementaires, qui disposent d'un droit de veto (très théorique). Vacances parlementaires oblige, l'audition et la confirmation du candidat désigné par le président de la République ne devrait pas intervenir au plus tôt avant le mois de septembre.

Mais une partie de la loi entre d'ores et déjà en vigueur dès ce lundi 27 juillet. Il s'agit en particulier de : 

  • L'article 4 qui double les amendes pour piratage informatique ;
     
  • L'article 9 sur l'entraide entre une autorité judiciaire étrangère et les services de renseignement français ;
     
  • L'article 19 créant le fichier judiciaire national automatisé d'infractions terroristes, dans lequel sont fichés jusqu'à 20 ans notamment les personnes ayant fait l'objet d'une simple mise en examen, si le juge d'instruction juge utile l'inscription. Les personnes inscrites sont astreintes à une série d'obligations, par exemple de "déclarer tout déplacement à l'étranger quinze jours au plus tard avant ledit déplacement"  ;
     
  • L'article 22 qui permet aux services de renseignement de puiser des forces vives dans les membres de la réserve militaire ;

Jusqu'à la nomination du président de la CNCTR, c'est le régime actuel d'accès administratif aux données de connexion qui reste en vigueur, sous le contrôle de l'actuelle Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS). Une exception est toutefois prévue pour les "données techniques relatives à la localisation des équipements terminaux utilisés", qui peuvent être dès à présent "recueillis sur sollicitation du réseau et transmis en temps réel par les opérateurs à un service du Premier ministre".

Le reste des dispositions entreront en vigueur au plus tard le 31 mars 2016.



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Canal + : «Les Guignols» décapités, les auteurs historiques virés

Canal + : «Les Guignols» décapités, les auteurs historiques virés | Think outside the Box | Scoop.it
Si le programme satirique de Canal + a été sauvé, tous ses auteurs historiques sont virés ! Et d'autres têtes tombent au sein du groupe Canal.

Les quatre auteurs des « Guignols», payés 35 000 € brut pour les plus anciens, n'auraient pas convaincu les nouveaux dirigeants de la chaîne cryptée. Un ton jugé trop fielleux et la concurrence du « Petit Journal » pourraient expliquer leur disgrâce. 
(LP/Jean-Baptiste Quentin.)


Depuis jeudi, les auteurs des «Guignols» vivent terrés derrière leur téléphone. Traumatisés. Refusant de répondre au moindre appel. Et même de confirmer notre information : ils sont virés. Tous les quatre. Lionel Dutemple, Julien Hervé, Philippe Mechelen et Benjamin Morgaine, les quatre plumes des marionnettes depuis respectivement seize ans pour les deux premiers, sept ans pour le troisième et trois ans pour le dernier.


Le seul qui a répondu à notre appel s'est contenté de bafouiller un « sans commentaire » avant de raccrocher . Une décision assumée par Maxime Saada, le nouveau directeur général du roupe Canal +. Le même qui, dans « le Figaro » du 23 juillet, annonçait : « L'émission reste en format quotidien et conserve intacts ses 17 M€ de budget. »

Mais sans ses auteurs historiques, quel sens a encore le programme? Certes, les plumes des marionnettes sont très grassement payées : 35 000 € brut par mois pour les plus anciens. Pas difficile d'en trouver des moins chers, et plus dociles. Un dénouement qui intervient en plein mois de juillet, histoire de faire le moins de vagues possible. C'est le troisième acte. La pièce a débuté fin juin. Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire de Vivendi, qui possède Canal +, veut la tête des « Guignols ». Trop coûteux ou trop fielleux avec certains politiques ? Dépassés par « le Petit Journal » qui fait autant d'audience si ce n'est plus et dont le compte Twitter affiche 528 000 abonnés contre 111000 ?

Mais, de François Hollande à Alain Juppé en passant par Nicolas Cante-loup, le soutien aux caricaturistes est massif. Acte II : Bolloré fait machine arrière. « Il n'est pas question ni de céder les Guignols à quiconque ni de les abandonner », lance-t-il le 2 juillet sur Europe 1. Maxime Saada annonce leur maintien, mais en crypté. L'argument avancé : muscler les programmes attractifs pour les abonnés. Mais alors pourquoi proposer les épisodes gratuitement sur Dailymotion dans la foulée de leur diffusion ?
 
Renaud Le Van Kim aussi débarqué

Acte III : à défaut de supprimer « les Guignols », Bolloré les décapite. Une information que la chaîne et le groupe Vivendi refusent de confirmer.

Les têtes tombent beaucoup ces jours-ci dans le groupe Canal +. Après Rodolphe Belmer, le directeur général jugé trop indocile et soupçonné d'avoir fait fuiter l'arrêt des « Guignols », Thierry Langlois (directeur des antennes), Alice Holzman (patronne de CanalSat), c'est Renaud Le Van Kim qui saute. Ce producteur historique de la chaîne, mais dont la société appartient au groupe Zodiak, a donné hier sa démission de l'entreprise KM, au nom inspiré de son patronyme. C'était la condition pour que cette dernière, qui produisait « le Grand Journal » depuis onze ans, continue à assurer les cérémonies des Césars, du Festival de Cannes et l'émission « Conversation secrète », de Michel Denisot, pour la chaîne. En échange de la perte du « Grand Journal », KM assurera la production de « la Nouvelle Edition », présentée à partir de la rentrée par Daphné Bürki chaque midi. Dernière victime de la purge ? Ce vendredi, Ara Apri-kian, à la tête de D 8, D17 et i>télé, a été remercié. C'est les mains vides qu'il a quitté vers 16 h 30 le siège du groupe. Ejecté en quelques minutes, sans avoir le temps de faire ses cartons. Comme Rodolphe Belmer avant lui. A qui le tour ?

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La Turquie bombarde des positions de l'Etat Islamique en Syrie

La Turquie bombarde des positions de l'Etat Islamique en Syrie | Think outside the Box | Scoop.it
Des chasseurs F16 turcs ont bombardé trois positions du groupe État islamique (EI) en Syrie tôt vendredi matin annonce un communiqué du gouvernement turc. Un tournant dans l'implication de la Turquie dans le conflit.

La tension n'a jamais été aussi forte au sud de la Turquie. Hier, un groupe de cinq jihadistes a ouvert le feu sur un poste avancé de l'armée turque à la frontière avec la Syrie, dans la partie qu'occupe l'Etat Islamique depuis un an.

L’Armée turque s’est retrouvée alors engagée dans un duel d’artillerie. Les militants de l’Etat Islamique auraient tiré sur les militaires turcs stationnés là quand ceux-ci leur ont refusé l’accès au territoire turc. Ensuite les tanks turcs ont riposté en pilonnant les positions des islamistes. Bilan: un sous-officiel a été tué et deux autres militaires blessés.

En représaille la Turquie a bombardé tôt ce matin des positions du groupe Etat islamique.

Même si les choses en restaient la, ce grave incident entre l’Armée turque et les forces de l’Etat Islamique marque un tournant, une aggravation dans la confrontation de plus en plus directe entre les deux parties, qui risque de ne pas en rester là.

De plus selon un responsable militaire américain, Ankara a enfin autorisé les Etats-Unis à utiliser plusieurs de ses bases aériennes, dont celle d'Incirlik dans le sud pour mener des raids aériens contre des cibles du groupe Etat islamique en Syrie ou en Irak. 

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Le gouvernement est pathologiquement sensible aux lobbies

Le gouvernement est pathologiquement sensible aux lobbies | Think outside the Box | Scoop.it

Justice incohérente sur Roybon et Notre-Dame-des-Landes. Infâme magouille du 49-3 pour imposer les déchets nucléaires de Cigeo. Libéralisation des autocars. Absence totale de réaction au rapport sur le coût de la pollution de l’air... Entre promesses électorales abandonnées en rase campagne et bras d’honneur aux associations, le gouvernement porte haut l’étendard de l’hypocrisie écologique.

La justice administrative n’aime rien tant que de jouer sur les nerfs des associations ! Elle vient de nous en apporter une nouvelle preuve sur les deux dossiers hyper-sensibles que sont Roybon et Notre-Dame-des-landes.

Conception archaïque du progrès

Dans le premier cas, elle donne raison aux associations sur la protection des zones humides, mais rejette leur recours sur les espèces protégées ; dans le second, elle rejette en bloc les dix-sept recours visant à bloquer le projet d’aéroport. Cela signifie-t-il pour autant que le Center Parcs de Pierres et Vacances - 200 « cottages » en forêt de Chambaran - ne se réalisera pas et que l’aéroport de Vinci et de ses amis se fera ? Rien n’est moins sûr.

Pourtant, à entendre le Premier ministre, Manuel Valls, déclarant que les travaux de Notre-Dame-des-landes vont enfin pouvoir commencer, on se dit que « l’affaire est pliée » et que les barons locaux de la politique et de l’économie l’on emporté. C’est sans compter sur la détermination des zadistes et de leurs soutiens, qui ne sont pas près de céder devant deux grands projets inutiles, en contradiction totale avec les exigences de ce 21e siècle qui doit être économe en énergie et en consommation de territoire.

A Notre-Dame-des-landes, ils viennent de recevoir le soutien inattendu de la CGT qui se prononce pour une extension de l’actuel aéroport de Nantes, comme le proposent pas mal d’associations qui ont déposé ces fameux recours. Le gouvernement est maintenant devant ses responsabilités. Il ne va pas pouvoir se cacher encore bien longtemps derrière la justice. Ce sera pour nous une occasion de vérifier si, à quelques mois de la conférence de Paris sur le climat, il est capable de sortir de sa conception archaïque du progrès et de son double discours sur l’écologie.

Infâme petite magouille

Car, en la matière, nous avons été servis durant ces dernières semaines ! Je pense en particulier à cette infâme petite magouille, concoctée par le sénateur de droite Longuet, avec la complicité du gouvernement, consistant à profiter du 49.3 - qui devrait s’appeler « circulez, y’à rien à voir » - appliqué à la loi Macron pour valider le projet « Cigeo » d’enfouissement des déchets nucléaires en grande profondeur, sur le site de Bure.

C’est d’abord un joli bras d’honneur adressé aux associations qui se battent contre ce projet dangereux depuis des années et, accessoirement, une marque de mépris pour ceux de nos amis qui croyaient dur comme fer aux promesses de Macron de ne pas inscrire ce projet dans sa loi en échange de leur vote… Comme le disait le défunt Pasqua, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

C’est aussi la publication des décrets Macron concernant la libéralisation des transports par autocar qui confirme en tous points ce que certains d’entre nous annonçaient : une concurrence déloyale faite aux trains inter-cités et aux lignes ferroviaires en difficulté… Avec l’aimable complicité de laSNCF, trop contente de se débarrasser du fardeau de la proximité au profit de l’investissement capitaliste dans le co-voiturage, qui n’est pas franchement sa vocation première. En matière de lutte contre l’effet de serre et de désertification des territoires, peut mieux faire !

 

Sensibilité pathologique aux poids des lobbies

Enfin, ce rapport de la commission d’enquête du Sénat sur la pollution de l’air, intitulé : « le coût de l’inaction », qui affiche le chiffre astronomique de 100 milliards d’euros par an, en dépenses de santé, absentéisme dans les entreprises ou baisse des rendements agricoles… « La pollution atmosphérique n’est pas qu’une aberration sanitaire, mais une aberration économique », écrivent mes collègues sénateurs. Et je ne sache pas que nous avons affaire ici à de dangereux ultras de l’écologie ! Constat qui s’ajoute à celui de l’OMS selon lequel les particules fines provoquent 42000 morts prématurées par an, en France.

Réponse du gouvernement ? A peu près le néant. A l’exception de Ségolène Royal, mais pour dire son refus d’aligner au plus vite la taxation sur le diesel à celle de l’essence ! Et pendant ce temps, l’Etat continue de verser 8 milliards par an aux constructeurs automobiles qui privilégient toujours le diesel , ainsi que de nombreuses exonérations fiscales. On savait ce gouvernement sensible au poids des lobbies mais, à ce point, ça devient pathologique !

Une dernière preuve ? Il suffit que les producteurs de viande et de lait bloquent la ville de Caen, si chère au Président de la République, pour qu’il annonce un « plan d’urgence ». Comment va-t-il s’y prendre entre le lobby de la grande distribution, qui étrangle ce secteur agricole, et celui des amis de M. Beulin, le patron de la FNSEA, auxquels il faudrait expliquer que nous consommerons de moins en moins de viande et qu’il serait nécessaire de favoriser dès maintenant leur reconversion… Mais tout cela n’était qu’un rêve de campagne qui a vite tourné au cauchemar.

  

Noël Mamère pour Reporterre

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L’interdiction de sortie du territoire de Patrick Balkany confirmée

L’interdiction de sortie du territoire de Patrick Balkany confirmée | Think outside the Box | Scoop.it

La cour d’appel de Paris a estimé que toute sortie à l’étranger, où le député possède des biens, pourrait « être mise à profit pour prendre toutes décisions utiles », quant à ces avoirs.


La cour d’appel de Paris a confirmé, au début de juillet, l’interdiction de sortie du territoire imposée à Patrick Balkany, mis en examen pour corruption et blanchiment de fraude fiscale. Selon la cour, « l’essentiel des avoirs patrimoniaux de Patrick Balkany (et de son épouse) sont domiciliés à l’étranger (Maroc, Liechtenstein, Singapour pour ce qui est connu à ce jour, mais qui n’est pas forcément exhaustif) ». Et « toute sortie vers l’étranger pourrait être mise à profit » pour éventuellement bouger des fonds.

Le député (Les Républicains) des Hauts-de-Seine et maire de Levallois-Perret avait fait appel de cette mesure coercitive imposée par le juge instructeur dans le cadre de son contrôle judiciaire, mais la cour d’appel de Paris a rejeté sa requête dans un arrêt du 2 juillet – une décision connue ce mercredi 22 juillet.

Lire aussi : Sur la piste de la fortune de Patrick Balkany

L’avocat de M. Balkany, Grégoire Lafarge, a qualifié ce contrôle judiciaire d’« inadapté juridiquement, inutilement humiliant et excessif » et a assuré que son client « conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés ».


« Risque de non-représentation »

La cour d’appel de Paris estime qu’« il existe, malgré les dénégations de l’intéressé, des éléments et raisons rendant plausible l’implication de M. Patrick Balkany » dans les faits. Or, « tout risque de non-représentation en justice de sa part (...) n’est pas à exclure. »

La cour d’appel insiste aussi sur la nécessité d’éviter les contacts avec les autres protagonistes du dossier, « même si l’autorité judiciaire n’est pas suffisamment naïve pour penser que cela n’a pas pu déjà être fait ».

Après avoir nié, Isabelle Balkany a reconnu en garde à vue être, dissimulée derrière une fiduciaire installée au Liechtenstein, la véritable propriétaire d’une villa à Saint-Martin, dans les Antilles.

Patrick Balkany et son épouse nient, en revanche, être propriétaires d’une villa à Marrakech. 
Pour la cour d’appel, l’interdiction de sortie du territoire et la confiscation du passeport de M. Balkany ne constituent pas une « entrave au libre exercice » de ses fonctions de parlementaire, puisque les juges instructeurs ont prévu qu’« exceptionnellement », il pourrait quitter la France « si le bureau de l’Assemblée nationale l’estimait nécessaire pour l’exercice de son mandat ».

Selon une source judiciaire, le couple Balkany et ses deux enfants ont, par ailleurs, fait appel mi-juillet de saisies pénales de biens, ordonnées par les juges instructeurs. « Ces informations constituent à nouveau une violation du secret de l’instruction, réitérée », a regretté Me Lafarge. « La régularité juridique [de ces saisies] est extrêmement discutable et elles se situent dans le même cadre excessif que les mesures de contrôle judiciaire », a commenté l’avocat.


En savoir plus (vidéo) sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/07/22/l-inderdiction-de-sortie-du-territoire-de-patrick-balkany-confirmee_4694244_823448.html#8JBrhLsgZ7pIfTBf.99

 

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Selon une source du gouvernement afghan, le mollah Omar est mort

Selon une source du gouvernement afghan, le mollah Omar est mort | Think outside the Box | Scoop.it

Le décès du chef des talibans, qui dirigea l’Afghanistan de 1996 à 2001, aurait été confirmé par les services secrets à Kaboul.


 
  


L’Afghan Mohammed Omar, connu sous le nom de mollah Omar, serait mort“depuis au moins deux ans”, selon une source gouvernementale de Kaboulcitée par la BBC et par la télévision locale 1TV. L’information aurait été confirmée durant une réunion des services secrets.

Un porte-parole du président afghan, Ashraf Ghani, a déclaré lors d’une conférence de presse, mercredi 29 juillet, que la mort du chef des talibans ne pouvait être “ni confirmée ni démentie”, alors que doit se tenir vendredi “une nouvelle réunion entre le gouvernement et les talibans dans le cadre des pourparlers de paix” lancés début juillet, souligne 1TV.

Pour la chaîne Tolo, il s’agit bien d’une “confirmation” de la mort de celui qui dirigea le pays de 1996 à 2001 et accueillit à l’époque Oussama Ben Laden. Au Pakistan, où vivait le mollah Omar, la nouvelle fait la une des sites d’information.“Ce n’est pas la première fois qu’on annonce sa mort mais cette fois, les talibans ne commentent pas”remarque le Daily Times, tout comme The Nation, qui publie une photo géante de l’intéressé.

 

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La FDA admet finalement que la viande de poulet contient de l’arsenic cancérigène - Santé Nutrition

La FDA admet finalement que la viande de poulet contient de l’arsenic cancérigène - Santé Nutrition | Think outside the Box | Scoop.it

Après des années de balayage de la question sous le tapis, et en espérant que personne ne le remarquerait, la FDA a finalement admis que la viande de poulet vendue aux Etats-Unis contient de l’arsenic, un produit chimique cancérigène et toxique qui est mortel à haute dose. Mais la vérité, c’est de connaître l’endroit d’où cet arsenic provient : il est volontairement ajouté à l’alimentation des poulets !

 

Pire encore, la FDA affirme que ses propres recherches montrent que l’arsenic ajouté à l’alimentation du poulet se retrouve dans la viande où l’ensemble est consommé par les humains. Donc, depuis les soixante dernières années, les consommateurs Américains qui ont mangé du poulet classique ont avalé de l’arsenic, une substance chimique officiellement reconnue cancérigène. Jusqu’à cette nouvelle étude, l’industrie de la volaille et la FDA ont nié que de l’arsenic ait été donné aux poulets pour finir dans la viande. Le conte de fées donné comme excuse, pour le fait que nous ayons tous été nourris de cette manière depuis soixante ans, c’est que « l’arsenic est excrété dans les fèces de poulet ». Il n’y a aucune base scientifique pour fonder une telle affirmation… C’est juste que l’industrie de la volaille voulait que tout le monde croit cette légende.

Mais maintenant, la preuve est donc indéniable qu’un fabricant alimentaire du poulet, connu comme étant Roxarsone ait décidé de retirer le produit des étagères. Et quel est le nom de ce fabricant qui a été mettre de l’arsenic dans l’alimentation des poulets pendant toutes ces années ? Pfizer, bien sûr — la même société qui fabrique les vaccins contenant des adjuvants chimiques qui sont injectés aux enfants.

Techniquement, l’entreprise Roxarsone fabriquant l’alimentation des poulets est une filiale de Pfizer, appelée Alpharma LLC. Même si Alpharma a maintenant accepté de retirer cette substance chimique toxique des étagères aux Etats-Unis, Il est dit qu’elle ne sera pas nécessairement retirée des produits alimentaires dans d’autres pays, sauf si elle est forcée par les régulateurs de le faire. Tel que rapporté par l’AP :

« Scott Brown, de la division de Pfizer Médecine Vétérinaire sur la Recherche et le Développement de la Santé Animale a déclaré que la société vend également l’ingrédient dans une douzaine d’autres pays. Il a dit que Pfizer tend la main aux autorités de la réglementation dans ces pays, et va décider de le vendre sur une base individuelle » .( LIEN )

  

Arsenic ? Mangez encore plus !

Mais alors même que son produit contenant de l’arsenic est retiré des rayons, la FDA poursuit sa campagne de déni, affirmant que l’arsenic présent chez les poulets est situé à un niveau tellement bas qu’il est toujours sécuritaire d’en manger. Ceci est d’autant paradoxal que la FDA reconnaît que l’arsenic est une substance cancérigène, ce qui signifie qu’elle augmente le risque de cancer. Le Conseil National sur le Poulet est d’accord avec la FDA.

 
Dans un communiqué publié en réponse aux nouvelles relatant que Roxarsone serait retiré des rayons des magasins d’alimentation, il a déclaré : « Le poulet peut être mangé en toute sécurité » ; alors même que l’arsenic a été utilisé dans les nombreux élevages et ont été vendus comme viande de consommation aux États-Unis.

Ce qui est étonnant dans tout cela, c’est que la FDA indique aux consommateurs qu’il est sécuritaire d’en manger bien qu’il contienne de l’arsenic causant le cancer, mais qu’il est dangereux de boire du jus de sureau ! La FDA a récemment mené un raid armé chez un manufacturier de jus de sureau, l’accusant d’avoir commis le «crime de vendre» des médicaments non homologués. Quels médicaments cela pouvait-il bien être ? Le jus de sureau, explique la FDA. Vous voyez, le jus de sureau devient magiquement un «médicament», si vous dites aux gens comment il peut aider à maintenir une bonne santé.

La FDA a également pourchassé des dizaines d’autres entreprises, pour la vente de produits naturels à base de plantes ou de produits nutritionnels qui favorisent la santé et la maintiennent. De plus, c’est la guerre au lait cru dont la FDA dit qu’il est dangereux. Alors maintenant, en Amérique, nous avons une agence de réglementation des médicaments et des aliments qui dit que c’est correct de manger de l’arsenic, mais qu’il est dangereux de boire du jus de sureau ou du lait cru.

Mangez plus de poison, en d’autres termes, mais ne consommez pas d’aliments qui favorisent la guérison. C’est la FDA, qui tue des Américains d’un repas, tout en protégeant les profits des industries, celles-là mêmes qui nous empoisonnent avec leurs ingrédients mortels.

Oh, cela dit en passant, voici un autre fait quelque peu inquiétant que vous ne connaissiez probablement pas à propos des hamburgers et du bœuf conventionnel : Les litières de poulet contenant de l’arsenic sont distribuées aux vaches dans les usines de production de viande de boeuf. Ainsi l’arsenic issu des excréments des poulets est consommé et se concentre dans les tissus des vaches, qui est ensuite broyé en hamburgers en vue d’être consommés par les masses mal informées qui ne savent même pas qu’ils mangent de la m***e de poulet ‘‘d’occasion’’.

 

Sources:

FDA finally admits chicken meat contains cancer-causing arsenic (but keep eating it, yo!)

Roxarsone, Inorganic Arsenic, and Other Arsenic Species in Chicken: A U.S.-Based Market Basket Sample

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La nouvelle mégapole chinoise de Jing-Jin-Ji comptera ... 130 millions d'habitants

La nouvelle mégapole chinoise de Jing-Jin-Ji comptera ... 130 millions d'habitants | Think outside the Box | Scoop.it

Le gouvernement chinois envisage de regrouper les provinces administratives de Pékin, Tianjin et Hebei pour former une super-métropole de près de 130 millions d’habitants (soit près de 10% de la population chinoise, et plus que la population du Japon), Jing-Ji-jin (‘Jing’ pour Beijing, Pékin, ‘Jin’ pour Tianjin, et ‘Ji’ pour la province de Hebei). Il espère de cette manière apporter une solution aux très longs navettages des résidents actuels des habitants de cette région, ainsi que réduire la pollution et les problèmes d’engorgement du trafic . Cette métropole géante permettrait également une revalorisation économique de la capitale Pékin.

 

Le président chinois Xi Jinping se rend compte qu'il est impossible d'arrêter l'émigration vers les villes. Plus de la moitié de la population de la Chine vit dans une zone urbaine. Le trafic incessant met une forte pression sur la côte chinoise entre Tianjin et à Hong Kong, qui attire les plus grands groupes.

Dans de nombreuses grandes métropoles chinoises, de plus en plus peuplées, l’infrastructure adéquate en termes d’hôpitaux, d’écoles et de théâtres peine à suivre. Dans le même temps, il devient de plus en plus difficile de créer des emplois pour les nouveaux arrivants. Ceci implique des navettages souvent plus longs, qui augmentent aussi la pression sur les transports publics.

Jing-Jin-Ji, qui devrait avoir une superficie plus de cinq fois plus vaste que celle des Pays-Bas, devrait pouvoir résoudre ces problèmes. Le coût de la réalisation de Jing-Jin-Ji est estimé à environ 860 milliards d'euros. Le projet englobe crucialement la création d’une ligne de train à grande vitesse entre Pékin et la ville portuaire de Tianjin, qui devrait permettre de faire passer le temps de voyage entre les deux villes de 3 heures à moins de 40 minutes.

Le PIB de cette nouvelle région pourrait atteindre 970 milliards de dollars, soit près de 11% du PIB de la Chine. Elle devrait pouvoir rattraper son retard économique sur les régions les plus prospères de la Chine, en particulier Shanghai ou Guangzhou.

 


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Jacques Delors au JDD : "Il faut refonder l’Union européenne"

Jacques Delors au JDD : "Il faut refonder l’Union européenne" | Think outside the Box | Scoop.it

Jacques Delors, à la Commission européenne de Bruxelles en 2012

  

EXCLUSIF - L’ancien président de la Commission, Jacques Delors, considéré comme l’un des penseurs de l’idéal européen, fête ses 90 ans lundi. Pour le JDD, il analyse les conséquences de la crise grecque.

   

Jacques Delors aura 90 ans lundi. Les lettres affluent pour lui souhaiter un très bon anniversaire et une longue vie. Ces derniers jours, depuis son appartement parisien, Jacques Delors a suivi les déchirures européennes, les méandres de cet accord au forceps. Ses amis sur tout le continent l’ont appelé, cherchant les oracles du sage qu’il est devenu.

Cette nuit au cours de laquelle Alexis Tsipras a cédé, lui a rappelé les nuits de négociation, du temps où il présidait la Commission européenne, mais lui était de tous les confessionnaux.

  

"Ce système n'est plus gouvernable"

"Cette crise en dit long sur le manque d’affectio societatis (volonté de s’associer) de l’Europe en ce moment", confie Jacques Delors. En 1989, déjà, dans le rapport qui porte son nom, celui qui présidait la Commission européenne dressait les conditions de la réussite de la possible future monnaie unique.

Il alertait sur les dangers d’une union qui ne fonctionnerait pas sur deux piliers équivalents. La crise actuelle ne peut que lui donner raison. "Ce système n’est plus gouvernable, cela ne peut plus durer. Il faut refonder cette Union économique et monétaire. Vont-ils le faire? Il y a eu un vice de construction au départ. Il y a eu aussi des bêtises et une incapacité de l’eurozone à y mettre fin", analyse Delors.

(...)

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ENQUÊTE - 5 - Xavier Beulin, l’homme aux mille bras

ENQUÊTE - 5 - Xavier Beulin, l’homme aux mille bras | Think outside the Box | Scoop.it

Au cœur d’Avril-Sofiproteol et de la FNSEA, un homme, Xavier Beulin. Indestructible, faiseur de ministres, lié au grand patronat, il applique la politique de l’industrialisation de l’agriculture française. Au prix de la disparition de dizaines de milliers d’exploitations agricoles et de la destruction de l’environnement.

C’est le symptôme le plus évident de sa puissance : d’« Agricultor » pour Libération à« Agrobusiness man » pour Le Monde, toute la presse nationale a tiré la caricature de cet« homme d’affaires [qui] détonne dans le milieu agricole » selon Le Point. Mais rien n’y fait. Xavier Beulin semble indestructible.

Cheveux gominés, chaîne en or, montre Breitling et villa en Tunisie, son train de vie n’est pas un mystère. M. Beulin n’est plus guère paysan, et il s’en fiche. Difficile de trouver un cliché de lui sur son tracteur ; et quand Reporterre lui propose en juillet dernier une rencontre sur son exploitation de 500 hectares dans le Loiret, il refuse. Son véritable lieu de travail est son bureau installé dans les beaux quartiers du 8e arrondissement de Paris, dans lequel il a de nouveau reçu le quotidien de l’écologie.

« Fossoyeur de l’agriculture », selon Marianne, il ne cache pas sa vision des choses : il n’y a d’autre choix possible que l’industrialisation de l’agriculture :

 Ecouter Xavier Beulin :

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Et pourtant. « Beaucoup d’agriculteurs ne se rendent toujours pas compte qu’ils sont en train d’être vendus à un industriel », dit Grégoire Frison, avocat de Novissen, l’association en pointe dans le combat contre la ferme-usine des Mille vaches. Lors d’une plaidoirie, il avait tenté de stigmatiser ces petits réseaux qui contrôlent l’agriculture moderne. « Mais les juges ont fermé yeux et oreilles ».

En revanche, M. Beulin peut injurier les opposants au barrage de Sivens, les taxant de « djihadistes verts » sans que personne s’en émeuve, hormis les écologistes.

Rien n’ébranle l’autorité de Xavier Beulin. Et pour cause, l’homme est puissant. Celui qu’on présente parfois comme le « ministre occulte de l’agriculture » fait plus que murmurer à l’oreille des ministres. Il est l’homme providentiel, une sorte de super-ministre tapi dans l’ombre des ministres officiels, le sauveur masqué des soirs de réveillon :

 Ecouter :

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En décembre 2013, François Hollande avait fait spécialement le déplacement pour les trente ans de Sofiprotéol, y prononçant un discours flatteur.


- François Hollande aux trente ans de Sofiproteol en décembre 2013 -

Cumul des mandats et conflit d’intérêt

Le pouvoir de M. Beulin tient à sa position centrale dans les multiples réseaux qui irriguent le monde agricole. Président du premier syndicat agricole français, la FNSEA, vice-président du syndicat agricole majoritaire représenté à Bruxelles, le Copa-Cogeca, il est aussi président de l’EOA, l’alliance européenne des oléo-protéagineux, vice-président du CETIOM (un institut de recherche spécialisé dans les filières oléagineuses), vice-président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Loiret, département dont il est issu. Egalement secrétaire-adjoint de la Chambre régionale d’agriculture du Centre, il avait été president du Haut conseil à la cooperation agricole et du conseil d’administration de FranceAgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer.

L’association nationale des producteurs de lait s’est amusée, en 2012, à schématiser les différentes structures tombées sous la casquette de Xavier Beulin. Le tableau n’est pas exhaustif :

Les responsabilités de l’homme aux mille bras, d’ailleurs, ne se cantonnent pas au milieu de l’agriculture : il préside aussi l’IPEMED, un institut de coopération avec les pays du bassin méditerranéen, le CESER (Conseil économique social et environnemental régional) du Centre et et le conseil de Surveillance du Port autonome de La Rochelle, premier port français d’importation des produits forestiers et deuxième exportateur des céréales.

Toutes ces responsabilités cumulées induisent des conflits d’intérêt, au sens de « situation de fait dans laquelle se trouve placée une personne face à deux intérêts divergents ». Interrogée parReporterre sur le combat qu’elle avait eu à mener contre la Copa-cogeca au sujet des agrocarburants – pierre angulaire du développement de Sofiprotéol – Corinne Lepage raconte :« Sous couvert du discours de l’intérêt général qu’on peut porter comme syndicaliste, ces revendications lui permettaient de défendre au plus haut ses propres intérêts ». De son coté, Michelle Rivet, vice-présidente du conseil régional du Centre, témoigne : « A l’échelle de notre territoire, il est à la fois juge et partie. Avec le CESER, il est censé faire du conseil à la collectivité en toute impartialité, mais il est dans le même temps responsable syndical, sans compter ses intérêts industriels ».

La FNSEA, la machine de guerre de l’homme d’affaires

Le cœur de ce mélange des genres – homme d’affaires, syndicaliste, représentant de collectivités publiques – est la machine de la FNSEA, qu’il préside. Pourquoi Xavier Beulin, patron d’industrie fort occupé, déjà pourvu de multiples casquettes, a t-il pris la tête de la FNSEA en 2010 ? Parce que la FNSEA est une machine de guerre. Dès sa naissance en 1946, elle a cogéré l’agriculture et les budgets agricoles avec les gouvernements. La gauche de 1981 a tenté de changer les habitudes mais le naturel est vite revenu. Le syndicat pousse les portes et les ministères accèdent à ses demandes.

La puissance de la FNSEA repose sur une main-mise historique sur les chambres d’agriculture, leur budget et leurs services, dont le plus important concerne l’accès aux aides publiques, fondamentales en agriculture. L’argent des « chambres » sert à une politique agricole qui converge avec celle dessinée par Sofiprotéol.

S’appuyant sur sa représentativité et ses quelques 300 000 adhérents, elle entend être l’interlocuteur unique des pouvoirs publics. Elle est souvent seule à négocier, ne tolérant pas la présence de la Confédération paysanne, de la Coordination rurale ou du Modef, trois syndicats minoritaires, souvent en désaccord avec elle.

Certes, les agriculteurs ne représentent guère que 1 % de la population française, mais leurs manifestations musclées et le poids des votes dans les campagnes, font peur aux hommes politiques. Les gouvernements, UMP ou PS, composent avec leur représentant officiel, la FNSEA.

Ainsi, en décembre 2011, alors candidat à l’élection présidentielle, François Hollande répond à une lettre que lui avait envoyée Xavier Beulin : celui-ci s’inquiétait de l’alliance entre les socialistes et le parti écologiste EELV. Hollande le rassure, promettant que « rien ne se fera sans les organisations agricoles » s’il était élu président.

Reporterre dévoile cette lettre en exclusivité :

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- François Hollande et Xavier Beulin -

M. Hollande a tenu parole. Quand Xavier Beulin, coiffé de son chapeau de la FNSEA, monte au créneau, il obtient gain de cause. Avant les élections de 2012, il s’était prononcé pour un ministère de l’Agriculture et de l’agroalimentaire, il l’a obtenu. Il souhaitait voir Stéphane Le Foll plutôt qu’un autre au ministère de l’agriculture en cas de victoire du PS ; son vœu a été exaucé. Le rejet de l’ecotaxe ? Après des manifestations plus que musclées, il a été accepté. Agrandissement des élévages ? C’est fait pour les porcs et les volailles« Directive nitrate »  ? La FNSEA en fait une grosse colère, Manuels Valls l’a remise en cause. Aides aux retenues d’eau pour l’irrigation ? Le ministre Le Foll obtempère.

C’est simple : sous Hollande, on ne dit pas non à Xavier Beulin.

« Une confusion des genres assez troublante »

La source essentielle de la puissance de la FNSEA est qu’elle tient les chambres d’agriculture : un outil impressionnant, que le rapport du député Nicolas Perruchot, portant sur le financement des syndicats, publié non sans difficulté en 2012, a permis d’évaluer précisément.

 Télécharger le rapport Perruchot (lire notamment à partir de la page 94 :

Car le syndicat agricole gère en quasi-totalité les chambres d’agriculture, que gère en quasi totalité la FNSEA, soit un budget atteignant 700 millions d’euros en 2014.

Les chambres apportent à la fois des fonds et des hommes aux ordres sur le terrain. « Présentes dans chaque département et chaque région, les chambres d’agriculture sont des établissements publics dirigés par 4 200 élus professionnels, tous représentants des diverses activités du secteur agricole et forestier. Ces élus sont assistés par 7 800 collaborateurs, afin de coopérer à la réalisation de projets territoriaux en matière agricole et d’accompagner les agriculteurs dans leur installation ou leur développement.”

Le député poursuivait : “ Le contrôle de ces instances confère aux organisations d’exploitants majoritaires une position stratégique, sur le plan de la représentativité bien sûr, mais aussi pour l’accès aux moyens du réseau, qui s’élèvent à quelques 500 millions d’euros.”

Et M. Peruchot d’enfoncer le clou : “Une part importante des moyens financiers est fréquemment détournée dans l’intérêt des représentants du syndicalisme majoritaire”.

A tel point qu’il assimile ces moyens à « des subventions déguisées” au profit du syndicat majoritaire qui “ne se trouvent (pas) valorisées dans les comptes”.

Pour lui, il y a bel et bien « confusion des genres » : “De fait, la FNSEA et le Centre national des jeunes agriculteurs [syndicat majoritaire des agriculteurs de moins de 40 ans] exercent une influence sans partage sur le réseau. Dans certaines situations, il en résulte une certaine confusion des genres assez troublante”, précise le rapport.

Des services publics contre adhésion au syndicat

“De même, l’adhésion au syndicat majoritaire se trouve-t-elle encore favorisée par son caractère incontournable dans la gestion des différents dispositifs d’aide aux agriculteurs”, constate le rapport. Car lorsqu’un agriculteur s’adresse à sa chambre d’agriculture, passage obligé pour formuler une demande d’aides publiques, mieux vaut qu’il soit adhérent de la FNSEA s’il veut que son dossier aboutisse. 
Un témoin entendu par le rapporteur explique : “Dans le syndicalisme majoritaire, l’adhésion paraît quasi obligatoire : il est de notoriété publique que, sans adhésion à la FNSEA ou aux JA, il est difficile d’obtenir des prêts – bien qu’il y ait eu une évolution en la matière depuis la fin du monopole du Crédit agricole –, d’agrandir son exploitation, voire d’obtenir des conseils juridiques : dans certaines chambres d’agriculture, le conseiller juridique suggère d’abord à l’agriculteur de prendre sa carte à la fédération départementale, la FDSEA. Bien sûr, de telles conditions ne sont jamais exposées par écrit”.

Un autre témoin raconte qu’il a été incité à adhérer au syndicat majoritaire pour obtenir un avis favorable à sa demande d’installation en tant qu’agriculteur. Cette influence de la FNSEA sur les demandes d’installation explique en partie la grande difficulté de l’agriculture biologique à se développer en France malgré la forte croissance de la demande.

Omniprésence et capacité d’action

La FNSEA est incontournable. Pas seulement au sein des chambres d’agriculture. Elle siège dans les Safer qui autorisent ou refusent les achats de terres agricoles. Elle siège dans les banques qui accordent ou non les prêts. Elle est présente au sein des assurances (Groupama), de la sécurité sociale des agriculteurs (MSA), des organismes de formation, de l’enseignement agricole, de la recherche publique, au Conseil économique et social, au Haut conseil aux biotechnologies.

Politiquement, la FNSEA a ses entrées dans toutes les structures, des mairies rurales, aux conseils généraux et régionaux dans les territoires. Il n’est pas rare que des élus soient adhérents du syndicat qui lui apporte son soutien. C’est le cas du maire de en Vendée. Elle a des relais dans les administrations et tous les ministères à Paris, à la Commission européenne à Bruxelles.

Qui tient la FNSEA tient l’agriculture en France. Les ministres, le président, se plient, en échange de la paix sociale sur le front agricole. Et quand cette puissance se cumule avec celle d’un grand groupe agro-industriel, comme Avril-Sofiproteol, on est, simplement, dans une logique oligarchique, où public et privé se combinent à l’avantage des intérêts privés.

Un homme au cœur du « Milieu » des affaires

Car en tant qu’homme d’affaires, M. Beulin déroule aussi un fort réseau d’intérêts économiques qui le place en relation avec le cœur du capitalisme français. C’est ce dont témoigne la composition du nouveau conseil d’administration d’Avril :

On y trouve Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva (dont le chiffre d’affaires ne pèse guère plus que celui d’Avril-Sofiproteol, malgré une notoriété infiniment supérieure). Une personne clé, tant par ses relations avec le pouvoir politique, que parce qu’elle préside la commission Innovation 2030, avec ses 300 millions d’euros à distribuer.


- Anne Lauvergeon -

Y siège aussi Pierre Pringuet, un « parrain du capitalisme français »selon le journal économiqueL’Expansion : il préside l’Association française des entreprises privées (AFEP), qui regroupe les cent plus grandes entreprises françaises. Un lobby moins visible que le Medef, mais largement aussi influent.

Les autres membres du conseil d’administration d’Avril sont des pivots de l’agriculture française : Arnaud Rousseau et Gérard Tubéry viennent représenter la FOP, la fédération française des oléagineux et protéagineux, dont M. Beulin était président jusqu’en 2011. Bernard de Verneuil préside le CETIOM dont le vice-président est M. Beulin. Patrice Gollier, lui, est l’ancien directeur général d’InVivo, la plus grande coopérative agricole de France, présente dans les semences, par le biais de RAGT Semences, au capital duquel participe Sofiprotéol. On notera enfin la présence du milieu bancaire – que Xavier Beulin connaît bien en tant qu’administrateur du Crédit Agricole – avec Jean-Pierre Denis, qui représente le Crédit Mutuel. Ancien secrétaire général de l’Elysée sous Jacques Chirac, l’homme avait alors succédé à son « amie »… Anne Lauvergeon. Le monde est toujours petit, autour de Xavier Beulin.


- Xavier Beulin en entretien avec Reporterre -

Le PDG de Sofiprotéol a su jouer de tous ses réseaux et des responsabilités diverses pour appliquer sa matrice à l’agriculture française. Son affairisme lui permet aujourd’hui de verrouiller la trajectoire qu’il donne au secteur primaire : une industrialisation forcenée qui fait de Xavier Belin le meilleur lobbyiste de la mort des paysans français.

Car il faut le rappeler : le bilan est catastrophique. En vingt ans, le nombre d’exploitations agricoles a baissé de moitié. Le gaspillage des terres a continué à un rythme effréné, avec la perte d’1,7 millions d’hectares de terres agricoles. La balance agricole française se dégrade et l’agriculture est de plus en plus polluante, en termes d’engrais, de pesticides et de gaspillage de l’eau.

Une nouvelle fois, ce désastre social et environnemental est rendu possible par une profonde défaillance de nos systèmes démocratiques. Le cas Beulin et l’histoire de Sofiprotéol sont à ce titre un exemple parfait d’une oligarchie qui ne dit jamais son nom. Mais qui continue à détruire le pays.

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Syrie - Assad montre son premier signe de faiblesse

Syrie - Assad montre son premier signe de faiblesse | Think outside the Box | Scoop.it

Bachar El-Assad a reconnu dimanche qu'il y avait «un manque de ressources humaines» au sein de l'armée syrienne, sans pour autant, bien sûr, s’avouer vaincu. Au contraire.

 

Le président syrien tient à sauver la face, mais avoue, pour la première fois en quatre ans de guerre, qui a coûté la vie à 230.000 personnes, une faiblesse. Dans un discours télévisé, Bachar El-Assad a en effet reconnu dimanche que son armée avait été contrainte de renoncer à certains secteurs du pays afin d'en conserver d'autres jugés plus importants, en raison de son manque d’effectif au sein de l’armée –qui aurait diminué de moitié selon les observateurs. «Parfois, dans certaines circonstances, nous sommes forcés d'abandonner certaines zones pour déplacer nos forces vers les secteurs que nous voulons conserver», a-t-il déclaré, en référence, selon les experts, aux villes centrales de Damas, Hama et Homs ainsi que la région côtière de Lattaquié. «Nous devons définir les régions importantes que les forces armées veulent conserver, de sorte que cela n'entraîne pas la chute des autres régions», a-t-il ajouté, devant des dirigeants d'organismes économiques à Damas. «L'armée est capable (...) mais il y a un déficit de ressources humaines», a-t-il admis.

L'armée gouvernementale a en effet essuyé une série de revers depuis le mois de mars. Le régime a perdu la plus grande partie de la province d'Idlib, située dans le nord-ouest du pays, face à une alliance d'insurgés comprenant notamment le Front al Nosra, la branche d'Al Qaïda en Syrie. Il a aussi dû abandonner des secteurs importants vers la frontière sud, tombés aux mains des groupes du «Front du Sud». Quant aux djihadistes de l'Etat islamique, qui contrôlent des secteurs importants du pays, ils se sont emparés au mois de mai de la cité antique dePalmyre (Centre). L'armée gouvernementale ne contrôle plus qu'environ un quart du territoire syrien, où vit cependant la majorité de la population.

  


"LE MOT DÉFAITE N'EXISTE PAS DANS LE DICTIONNAIRE DE L'ARMÉE SYRIENNE"

Selon lui, Damas est notamment pénalisée par le fait que ses adversaires reçoivent des aides accrues de la part des Etats qui les soutiennent, allusion à l'Arabie saoudite et à la Turquie. Mais Assad a tenté de rester offensif malgré tout. Jugeant «normal qu'une armée soit atteinte de fatigue», il a affirmé : «il y a une différence entre la fatigue et la défaite». «Le mot défaite n'existe pas dans le dictionnaire de l'armée syrienne», a-t-il insisté, sous les applaudissements. Et de conclure : «Nous allons résister et nous allons vaincre.» Pour combler ce manque d’effectif, une vaste campagne publicitaire a été lancée début juillet pour appeler les citoyens à la rejoindre. La veille, Assad avait décrété une amnistie pour les déserteurs et ceux qui ont refusé de faire leur service militaire. Les soldats qui ont rejoint la rébellion ne sont toutefois pas concernés par cette amnistie.

Concernant d’éventuels pourparlers en vue d’un règlement pacifique du conflit, le dirigeant baasiste a exclu toute proposition qui ne serait pas fondée sur «l'éradication du terrorisme» -sachant qu’il appelle «terroristes» ses opposants, spécialement ceux soutenus par l’Occident, et qu’il se présente depuis le début comme un rempart contre ce fléeau. Il a évidemment rejeté toute partition du pays. Il a, par ailleurs, salué l'aide iranienne -un des ses rares alliés avec la Russie - et pour la première fois rendu hommage au rôle «efficace et important» sur le terrain des combattants chiites du Hezbollah libanais. D’après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ONG basée à Londres, plus de 80.000 soldats et miliciens pro-régime (dont près de 50.000 militaires) ont été tués depuis le début du conflit, soit un tiers des 230.000 morts comptabilisés au total.


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La Turquie lance l’offensive contre les Kurdes

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Manifestation contre les frappes turques visant des positions du PKK en Irak, à Diyarbakir (au Kurdistan turc), le 25 juillet
  


Des chasseurs bombardiers turcs ont mené, dans la nuit de dimanche 26 à lundi 27 juillet, un nouveau raid aérien sur les positions des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie) dans le nord de l’Irak. Positionnée à Semdinli (dans la région de Hakkari), l’artillerie turque a visé plusieurs heures durant, dimanche, des bases du PKK situées de l’autre côté de la frontière. Dans le même temps, des chars turcs bombardaient d’autres positions kurdes, en Syrie cette fois, dans le village de Zur Maghar. Ces frappes sont intervenues après l’explosion d’une voiture piégée, dans la nuit de samedi à dimanche, au passage d’un véhicule militaire sur une route près de Diyarbakir, la grande ville kurde du sud-est de la Turquie. L’attentat, qui a causé la mort de deux soldats, a été revendiqué par les Forces de défense du peuple (HPG), le bras armé des rebelles kurdes.

La Turquie est confrontée à une flambée de violence depuis l’attentat, attribué à un kamikaze turc d’origine kurde ayant effectué des séjours en Syrie, qui a fait 32 morts lundi 20 juillet à Suruç (sud-est), non loin de la frontière avec la Syrie. Deux jours plus tard, le PKK se vengeait en assassinant deux policiers, complices selon lui de complaisance envers les djihadistes, à Ceylanpinar (sud-est).

  

Le processus s’accélère.

Les régions kurdes sont sous tension, des commissariats ont été mitraillés à Diyarbakir, Siirt, Mardin, des voitures ont été brûlées à Kars, sans faire de victimes. Violence aussi à Istanbul, où un policier a été abattu, dimanche 26 juillet, dans le quartier de Gazi, lors de heurts survenus pendant l’enterrement d’une militante d’extrême-gauche, tuée quelques jours auparavant lors d’un coup de filet de la police.

Quelque 590 personnes – islamistes radicaux, sympathisants du PKK, militants du DHKP-C (gauche radicale) – ont été arrêtées dans 22 régions du pays. Lundi 27 juillet à l’aube, une opération a été lancée dans le quartier de Hacibayram à Ankara, réputé pour ses réseaux de recrutement de djihadistes vers la Syrie. Un climat d’état d’urgence règne, plusieurs sites prokurdes ont été bloqués le 25 juillet tandis qu’une manifestation pour la paix, prévue dimanche 26 à l’appel d’associations de gauche, a été interdite par le préfet d’Istanbul.

 

Bombardement contre l’EI

L’armée turque est sur les dents. L’état-major a fait annuler les vacances des officiers qui servent dans les « zones critiques »« Les opérations vont continuer jusqu’à ce que les centres de commandements d’où sont programmées les attaques contre la Turquie et les dépôts d’armes soient détruits », a annoncé le premier ministre Ahmet Davutoglu.

Ces tensions surgissent au moment où le gouvernement turc a effectué un virage à 180° dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI), lançant son aviation contre des positions des djihadistes au nord de la Syrie. Ankara a également offert l’usage de bases aériennes aux forces de la coalition anti-EI, un tournant par rapport aux réticences formulées jadis pour rejoindre la coalition.

« La Turquie n’a pas l’intention d’envoyer des troupes au sol en Syrie mais elle pense, comme les Etats-Unis, qu’il faut apporter un appui aérien aux rebelles syriens modérés », a expliqué M. Davutoglu dans un entretien accordé à plusieurs journaux turcs. Les bombardements turcs sur la Syrie se déroulent au nord d’Alep où des combats font rage entre l’EI et l’Armée syrienne libre.

C’est précisément sur cette bande de terre que les Turcs ont obtenu des Américains la création d’une « zone tampon », réclamée de longue date par le président Recep Tayyip Erdogan. « Une fois que l’EI sera chassée de cet endroit, des zones sécurisées apparaîtront naturellement, constituant un abri pour les déplacés », a expliqué samedi le ministre des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

image: http://s1.lemde.fr/image/2015/07/27/534x0/4700684_6_7ddd_dans-le-centre-de-diyarbakir-la-capitale-du_b10f330b9a0baa9d34f774bead1ab0c9.jpg

Blanc-seing de la Maison Blanche

Ankara a apparemment obtenu un blanc-seing sur les raids de l’aviation contre le PKK au Nord de l’Irak. La Maison Blanche a reconnu dimanche le droit des Turcs à « mener des actions contre des cibles terroristes », selon le conseiller adjoint du président Barack Obama à la Sécurité nationale, Ben Rhodes. Plus mesurée, la chancelière allemande Angela Merkel a invité son homologue turc, Ahmet Davutoglu, dimanche par téléphone, à plus de modération en lui rappelant « le principe de proportionnalité » dans la riposte. En quête de soutien, la diplomatie turque a demandé une réunion extraordinaire du conseil de l’Otan qui aura lieu mardi.

Deux raisons ont poussé les Turcs à s’entendre avec les Etats-Unis : le risque des infiltrations de djihadistes en Turquie, souligné à l’envi par les services ces derniers mois et aussi la perspective d’un retour de l’Iran sur la scène régionale suite à l’accord trouvé sur le dossier nucléaire. L’engagement turc « change la donne régionale », a fait valoir ­Ahmet Davutoglu.

« LE CESSEZ-LE-FEU N’A PLUS AUCUNE SIGNIFICATION APRÈS LES RAIDS INTENSIFS DE L’ARMÉE TURQUE D’OCCUPATION »

Négocié pied à pied ces dernières semaines avec Washington, l’accord, salué par les alliés de l’OTAN, s’est assorti de l’ouverture d’un second front contre le PKK en Irak qui a fait voler en éclat le processus de réconciliation avec les rebelles kurdes, engagé en 2012. « Le cessez-le-feu n’a plus aucune signification après les raids intensifs de l’armée turque d’occupation », affirme le PKK dans un communiqué.

Les deux parties semblent déterminées à brûler tous les ponts, au risque de revenir aux terribles affrontements de la fin des années 1990, quand le sud-est du pays était ravagé par la guerre entre l’armée turque et le PKK, au prix de dizaines de milliers de morts et de millions de déplacés. Cette escalade aura un coût politique et économique au moment où la Turquie a besoin de plus de croissance et d’investissements.

 

Nouvelles élections

Ce changement de cap survient au moment où le parti de la Justice et du développement (AKP, islamo-conservateurs), privé de sa majorité parlementaire depuis les législatives du 7 juin, tente péniblement de former un gouvernement de coalition. S’il n’y parvient pas avant la fin du mois d’août, il y aura de nouvelles élections.

Selon les analystes, l’AKP entre en guerre contre l’EI et le PKK dans l’espoir de récupérer les voix perdues lors du dernier scrutin. Cette soudaine perte de popularité fut vécue comme une claque pour ce parti, vainqueur haut la main de toutes les élections depuis 2002.

Le Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste) joue lui aussi la carte préélectorale en annonçant sa bonne disposition à former un gouvernement avec l’AKP « pour le salut du pays ». Le grand perdant de la nouvelle donne est le Parti de la démocratie des peuples (HDP, gauche, prokurde), jusqu’ici en première ligne pour négocier l’accord de paix entre le PKK et le gouvernement.

Les dirigeants du HDP se retrouvent désormais entre le marteau et l’enclume, marginalisés par les autorités pour leurs liens avec le PKK, contourné par la direction militaire du mouvement rebelle, moins encline que jamais à rendre les armes.



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«François Hollande, contradictions et démagogie»

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L’économiste Jacques Sapir analyse les deux dernières démarches du président français face au projet européen et la crise des éleveurs.

Le dimanche 19 juillet, le Président de la République, François Hollande, a fait deux déclarations dans des registres très différents. La première fut faite dans le cadre d’une lettre envoyée au Journal du Dimanche à l’occasion du 90ème anniversaire de Jacques Delors. Elle porte sur l’Europe, l’Union européenne et l’organisation de la zone euro. La seconde déclaration a été faite en Lozère le samedi 19 juillet, où se rendait le Président de la République pour assister au passage du Tour de France. Face à la grave crise que subissent les éleveurs français, il a appelé les français à manger de la viande française. En apparence ces deux déclarations ne portent pas sur la même chose. La première est l’annonce, honnête ou non, d’un projet de transformation de certaines des institutions européennes dans un sens plus «fédéral». La seconde se voulait une réaction à la crise grave que subit l’élevage en France, qu’il s’agisse de la filière dite de la viande bovine, de la filière du lait ou de celle de la viande de porc. En apparence, il s’agit donc d’un problème de politique intérieure. Mais en apparence seulement. Car, demander aux français de consommer avant tout de la viande élevée et abattue en France revient en réalité à faire du protectionnisme et même plus, à se prononcer pour une forme d’autarcie. A l’inverse, l’avancée vers des institutions fédérales aboutit exactement à l’inverse. De fait, l’un des arguments avancés en faveur de l’euro était qu’il devait permettre une unification des marchés des pays considérés, rendant impossible toute forme de protectionnisme. Jamais la contradiction dans le discours du Président François Hollande n’aura été aussi visible, aussi patente, aussi constitutive de sa vision de la politique.

 

François Hollande et le gouvernement de la zone Euro

L’annonce d’un changement des institutions européennes vient donc à la fin de cette lettre ; ce sont les dernières phrases : «J’ai proposé de reprendre l’idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d’y ajouter un budget spécifique ainsi qu’un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique. Partager une monnaie, c’est bien plus que vouloir une convergence. C’est un choix que 19 pays ont fait parce que c’était leur intérêt. Nul gouvernement d’ailleurs depuis quinze ans n’a pris la responsabilité d’en sortir. Ce choix appelle une organisation renforcée et avec les pays qui en décideront, une avant-garde. La France y est prête parce que, comme Jacques Delors nous l’a montré, elle se grandit toujours quand elle est à l’initiative de l’Europe». Quand François Hollande propose un «parlement de la zone euro» afin d’en assurer le «contrôle démocratique» il ne répond pas au problème réel de la zone euro, qui s’est révélé dans la crise grecque. En fait, ce contrôle démocratique pourrait très bien se faire de manière bien plus simple. Si l’on pensait sérieusement que tel était le problème, on pourrait le résoudre en institutionnalisant l’Eurogroupe, qui rappelons-le n’a pas d’existence légale dans les traités, et en le soumettant au contrôle du Parlement européen. Nul besoin de créer de nouvelles institutions ni un nouveau Parlement dont on avoue ne pas saisir très bien la relation avec celui déjà existant. Cette prolifération des institutions n’est pas sans évoquer certains souvenirs. On se souvient du mot de Georges Clémenceau, lors de débats sous la troisième république : «quand je veux enterrer un problème, je créé une commission». Il s’applique à merveille à l’idée de François Hollande. Donc, si on voulait soumettre l’Eurogroupe à un contrôle démocratique, les représentants des 19 pays de la zone Euro pourraient se réunir en comité restreint et superviser les décisions de l’Eurogroupe, mais aussi de la Banque Centrale Européenne. Il n’est nullement nécessaire d’élire un nouveau Parlement. Reste la question du budget. Et cette question soulève un problème, celui-ci bien réel, mais fort différent de ce que prétend le Président de la République.

Mais quel est ce problème réel ? C’est bien le refus de la part de l’Allemagne de faire fonctionner une «union de transfert» dans le cadre de la zone euro. Ce refus, on peut le regretter au nom de la «solidarité» qui est évoquée dans cette même lettre, mais on peut aussi le comprendre. Car il convient maintenant de dire qu’une union de transfert impliquerait une ponction budgétaire énorme sur l’Allemagne, calculée entre 8% et 12% du PIB par an. On voit que cela n’a rien à voir avec une «organisation renforcée» et une «avant garde». C’est un problème très simple, que tout étudiant en licence en économie comprend. Si les régions d’un même pays, en dépit de leurs différences en richesse et en dotation de capital (matériel et humain) peuvent vivre avec la même monnaie, c’est grâce au budget qui transfert massivement des ressources. C’est la situation dans tous les pays, comme on l’a vu aux Etats-Unis, quand certains Etats ont connu des difficultés importantes, mais aussi en Allemagne ou en Inde, pour ne parler ici que des pays fédéraux. Sauf que la zone euro n’est pas un pays, on le voit dans les différences de cultures politiques, et qu’elle refuse, en particulier dans le traité de l’UEM, la notion d’union de transfert. Dès lors, la seule forme d’ajustement possible passe par ce que l’on appelle des « dévaluations internes », autrement dit des politiques extrêmement récessives. Evoquer un «gouvernement de la zone euro» sans aborder la question des transferts n’est donc pas honnête.

 

La raison d’un hors-sujet

Alors, pourquoi parler de «démocratie» quand il est évident que le problème primordial est celui des transferts ? Si le président de la République était un étudiant, on dirait qu’il est hors-sujet. Mais, François Hollande n’est pas stupide, contrairement à ce que d’aucuns croient. Il a parfaitement compris les conséquences désastreuses de l’accord, ou plus exactement du diktat, même Strauss-Kahn utilise ce terme, imposé à la Grèce. Il en voit surtout les conséquences politiques. Et, en politicien qu’il est, il pense qu’il faut répondre à un problème politique par une «solution» politique. Sauf, que cette solution est d’une part superfétatoire – si l’on voulait réellement démocratiser la zone euro cela peut se faire plus simplement autrement par l’institutionnalisation de l’Eurogroupe – et d’autre part ne répond nullement au problème fondamental de la zone Euro. Alors pourquoi a-t-il fait cette proposition ? Très probablement pour faire ce que l’on appelle de «l’enfumage».

En fait, il prend position pour l’élection présidentielle de 2017 sous couvert de parler d’Europe. Et ceci se voit un peu plus haut dans sa lettre : « Les populistes se sont emparés de ce désenchantement et s’en prennent à l’Europe parce qu’ils ont peur du monde, parce qu’ils veulent revenir aux divisions, aux murs, aux grillages ». Dans cette phrase, il pratique la confusion à grande échelle. Tout d’abord en prétendant que la peur du monde explique le dégout de l’Union européenne. Puis en confondant délibérément Europe et Union européenne. Il est clair que ce sont les abus des institutions de l’UE qui engendrent un rejet aujourd’hui grandissant de l’UE. Et, la manière dont la Grèce a été traitée n’est que l’un de ces abus, mais assurément le plus grave et le plus spectaculaire. Il n’y a nulle «peur du monde». Mais, il y a un rejet de ce que représentent Mme Merkel, M. Juncker et M. Dijsselbloem. Il entend enfermer les opposant à l’euro, et les opposants à l’UE dans la cage des rétrogrades. Pourtant, quand on voit comment l’UE fonctionne, et comment la zone euro est gérée, on peut se demander si les véritables rétrogrades ne sont pas justement Mme Merkel, M. Juncker et M. Dijsselbloem, mais aussi M. François Hollande. Si, le véritable obstacle au mouvement et au progrès n’est pas cette conception particulière des institutions européennes, que nous avons héritée de Jacques Delors, mais aussi de Jean Monnet. Cette vision technocratique et anti-démocratique de l’Europe, fondée sur la négation de la souveraineté, c’est une vision du XIXème siècle, c’est la vision du Congrès de Vienne, alors que nous en sommes au XXIème. En pratiquant toutes ces confusions, en s’abritant derrière ces rideaux de fumée, en s’inventant des ennemis imaginaires, François Hollande est bien entré en campagne électorale. Qu’il l’ait fait alors que se déroulait ce drame symbolique du viol de la souveraineté grecque montre que s’il n’est pas dénué d’intelligence, son intelligence est étriquée, formatée, sèche, stérile, et dépourvue de ce qui devrait en être la principale qualité : la puissance d’imagination.


Manger français?

Et cela, on le constate dans la seconde déclaration. En effet, si on la prend au pied de la lettre ce n’est même pas une incitation au protectionnisme, mais directement à l’autarcie. Nous ne mangerions que ce que nous produirions. Si l’on veut alors parler de « peur du monde », de « grillages », nous sommes amplement servis. François Hollande aurait pu plaider pour une certaine qualité de nourriture, dire que la viande élevée en France présentait, dans certains cas, plus de garanties, tant sanitaires qu’alimentaires, sur des produits importés. Il aurait pu, au passage, condamner l’importation dans notre pays de ce modèle des usines à viande, comme la «ferme des mille vaches». Notons, au passage, que cette position, qui est respectable et qui serait digne d’être soutenue, est parfaitement contradictoire avec le Traité Transatlantique, ou TAFTA, qui est actuellement négocié dans la plus parfaite obscurité, par la Commission européenne. François Hollande va-t-il donc appeler à rejeter ce traité, remettre en cause tout le processus européen ? Bien sûr que non ; et pour justifier sa position il nous ressortira la grande tirade sur ceux qui «…s’en prennent à l’Europe parce qu’ils ont peur du monde, parce qu’ils veulent revenir aux divisions, aux murs, aux grillages ».

Il y a donc une incohérence profonde dans ce qu’a dit notre Président. Cette incohérence tient à ce qu’une partie du discours est juste : oui, la viande produite en France offre plutôt plus de garanties tant d’un point de vue sanitaire que d’un point de vue gustatif sur la viande produite dans de véritables «usines à viande» aux Etats-Unis ou en Allemagne. La meilleure réponse serait alors d’établir des critères quant aux conditions de production et de taxer, voire d’interdire, toute viande d’importation ne répondant pas à ces critères. Ce n’est plus de l’autarcie mais du protectionnisme, car cela autorise toujours l’importation de viandes moyennant qu’elles soient produites dans des conditions que nous trouvons acceptables. Notons aussi que l’on pourrait se coordonner avec des pays dont les exploitations agricoles sont du même type que le nôtre pour l’élaboration en commun de labels de qualités (les AOP et AOC) et une organisation du marché (avec des quotas pour le lait) qui permettraient à la fois de garantir un niveau de vie décent aux éleveurs sans les mettre sous perfusion avec des aides, ce que l’on va encore faire, et de maintenir un niveau de qualité adéquat. Cette politique impliquerait une restructuration de la commercialisation et impliquerait la constitution de filières intégrées allant de l’élevage à la commercialisation, sans doute de structures coopératives. Seulement, il faut savoir que tout ceci a été pratiqué et a été démantelé au nom de l’Union européenne et dans une logique dite «de grand marché».

Entre le libre-échange intégral, qui provoque des désertifications de territoires, des crises alimentaires, qui conduit à accepter une alimentation au goût standardisé, et l’autarcie, il y a une solution, celle d’une maîtrise du marché par un protectionnisme intelligent qui associe dans des circuits courts les producteurs et les consommateurs. Mais, il faut savoir qu’une telle politique est aujourd’hui contradictoire avec les intérêts de certains pays, et certainement contradictoires avec les règles de l’Union européenne.

On mesure alors toute la contradiction révélée par ces deux déclarations quasi-simultanées de François Hollande. Mais, il y a une raison à cette contradiction.


François Hollande en campagne

Il est désormais évident que François Hollande est en campagne pour l’élection présidentielle de 2017. Mais, il n’a ni projet ni programme. Le parti qui est le sien, le parti dit «socialiste», est depuis plusieurs années en état de coma dépassé. Il n’y a plus de réflexion globale en son sein. Tous les courants où une certaine recherche intellectuelle, et quel que soit le jugement que l’on porte sur cette recherche, se faisait jour ont été marginalisés. Confronté à la montée du ressentiment contre les institutions européennes, ressentiment qui aujourd’hui touche des couches très différentes de la population française et qui est amplement justifié par leur mode de fonctionnement, il cherche des échappatoires, qui à enfourcher un fois le cheval de l’européisme le plus absolu, mais aussi le plus incohérent, et l’autre celui d’une revendication autarcique que pourraient reprendre à leur compte les identitaires. En vérité, l’absence de réponse aux problèmes de fond le contraint à ces exercices de style. Et cela porte un nom en politique. On appelle cette tactique qui consiste à flatter chaque segment de son électorat, quitte à faire des promesses parfaitement contradictoires, et sans s’adresser au peuple tout entier, de la démagogie.

Ainsi, sous le couvert d’un homme politique qui se veut sérieux et responsable, c’est bien le masque du démagogue que l’on trouve. Mais, le démagogue est obligé pour ne pas être démasqué, d’accuser de démagogie ses adversaires. Ainsi, on verra, sans nul doute, fleurir dans le discours de François Hollande d’ici 2017 les accusations de démagogie et de populisme portées contre ses adversaires. Nous savons désormais que ces accusations ne font que refléter la démagogie profonde du projet de François Hollande.

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La Finlande prête à expérimenter la fin du travail?

La Finlande prête à expérimenter la fin du travail? | Think outside the Box | Scoop.it
Sculpture à la gloire du travail à Helsinki, en Finlande.© Afp/ Jonathan Nackstrand

Une première en Europe, la Finlande veut expérimenter une forme de revenu universel. Le nouveau gouvernement de centre droit évoque une allocation de base pour tous les citoyens. Si son montant devait atteindre les 1000 euros mensuels, le travail deviendrait alors «un choix de vie». La Finlande en a peut-être les moyens (voir en bas de p.) mais certains hésitent devant cette révolution culturelle.


On ne connaît pas encore les détails de ce projet de loi annoncé au Parlement par le nouveau Premier ministre Juha Sipilä, mais tous les citoyens finlandais, quel que soit leur âge ou leur situation sociale, auraient le droit à un revenu de base garanti. Ce revenu universel, versé sans contrepartie, serait suffisant pour vivre modestement.

Les citoyens qui souhaitent avoir un niveau de vie plus élevé pourront bien sûr compléter ce revenu de base en étant salarié, artisan ou entrepreneur. Ce salaire universel remplacera toutes les aides sociales existantes, y compris les retraites de base.
La Finlande a un PIB par habitant supérieur à l’Allemagne et à la France. Mais ce revenu de base est aussi rendu possible par une réduction sensible du nombre de fonctionnaires en charge de ses programmes sociaux.
 
Ce projet est soutenu par une grande partie de l’échiquier politique finlandais. Si certains évoquent un RSA amélioré de 500 euros, les libéraux, à l'image du député Bjorn Wahlroos, souhaitent un revenu compris entre 850 et 1000 euros par mois, pour éliminer la pauvreté.

Dans un premier temps, il sera introduit dans les régions confrontées à un fort taux de chômage a toutefois précisé le Premier ministre Juha Sipilä. En effet, malgré la richesse du pays, le chômage dépasse les 9% de la population.
 
Une Utopie aux effets pervers?
Les opposants critiquent une idée utopique, vouée à l’échec. Ils estiment que ce revenu social garanti va inciter la population à se détourner du travail, notamment des emplois pénibles qu'il faudra mieux payer.
Si on peut en effet redouter les effets pervers d’une telle mesure, les sondages montrent que 79% de la population finlandaise soutiennent cette idée à l’exception des fonctionnaires (concernés) qui y voient une menace pour leur emploi.

Le nouveau Premier ministre Juha Sipilä, partisan d'un revenu universel, se dit prêt à partager le gâteau finlandais (20 avril 2015).  © AFP/ Marti Kainulainen / Lehtikuwa


D’autres en Europe, ceux qui ne croient plus au plein emploi, vont suivre de près cette expérimentation. Ils y voient une mesure révolutionnaire pour en finir avec le chômage de masse. Pour une partie de la gauche et des écologistes, il faut réduire le temps de travail, ou aller vers un travail choisi. Il est vrai que les robots qui remplacent déjà les ouvriers dans les usines n’achèteront jamais rien. Si la dynamique du capitalisme, c’est de produire plus avec de moins en moins de salariés, il a toujours besoin de consommateurs pour écouler sa production.
 
Le chômage pèse sur la consommation, à moins de distribuer un revenu à ceux qui n’ont pas de travail. C’est de cette contradiction que naît l’idée d’un revenu universel défendu par plusieurs économistes. La consommation se maintiendrait malgré le manque d’emplois.

Une façon de sortir du credo : une croissance forte pour entretenir la consommation et l’emploi, avec toutes les limites environnementales et climatiques que l’on connaît.
 
Révolution des mentalités
Ce revenu universel est surtout une révolution culturelle. Un arbitrage entre temps libre et consommation. Un autre rapport au travail. «A l’heure ou le travail se fait rare et précaire, le revenu de base est un outil pour permettre à chacun de mieux arbitrer ses choix de vie», affirme Stanislas Jourdan responsable dumouvement français pour un revenu de  base.

Avec ce temps libre dégagé, chacun pourrait être utile autrement : s’occuper de ses enfants, de ses proches, de son quartier, de son environnement. Aide aux devoirs, jardinage, faire son marché pour une meilleure santé, s’occuper des plus âgés aujourd’hui relégués, s'investir dans une assocation. Toute une utilité sociale en dehors du salariat.

Chacun pourrait faire un choix (difficile) entre temps et argent… Entre une vie simple et sans contrainte professionnelle ou confortable mais laborieuse. Pour les écologistes, cela veut aussi dire moins de déplacements domicile-travail, moins de voiture, moins de routes encombrées, moins de pollution, moins de pétrole… L’idée que l’on puisse être utile en dehors du travail salarié et de la «surconsommation» est une idée neuve en Europe. Une utopie qui mérite réflexion.
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Le p'tit Sarko, si vulgaire et si peu instruit, s'inquiète de l'avenir de l'Algérie

Le p'tit Sarko, si vulgaire et si peu instruit, s'inquiète de l'avenir de l'Algérie | Think outside the Box | Scoop.it

Nicolas Sarkozy est un ancien chef d'État qui méprise l'intelligence des Français. C'est sa petitesse, qui n'est pas dans sa taille mais dans son esprit beauf et bling-bling qui lui fait croire qu'il peut, en brassant l'air, faire oublier et nier le nombre incroyable de casseroles judiciaires qu'il traîne.

Cela rappelle le fameux conte d'Andersen où le roi nu, se pavane "dignement" alors que ses courtisans font semblant de le voir habillé. Mais les Français sont beaucoup plus intelligents que ne le croit le p'tit Sarko pour ne pas voir sa totale nudité. Même quand il braconne sur les territoires de la famille Le Pen, ils ne le créditent d'aucune sincérité.

Tout est sur-joué chez cet individu qui illustre parfaitement la dégénérescence actuelle de la classe politique française. Il n'incarne pas l'intelligence de la France, il est l'expression parfaite de l'affaissement intellectuel et moral d'une partie de la classe politique de ce pays qui, il faut le dire, a donné, beaucoup mieux, infiniment mieux, à droite comme à gauche.

Vulgaire, peu instruit, Sarkozy tire la politique vers le bas et nuit à cet esprit français crédité d'intelligence et de finesse. Et il l'a prouvé en Tunisie -un pays où les Algériens sont chez eux comme les Tunisiens le sont en Algérie- en faisant des déclarations relevant d'un parti pris au fumet colonial.

 

Le "Danube de l'esbroufe"

Quelques Spin Doctors du p'tit Sarkozy ont probablement suggéré à ce "Danube de l'esbroufe" que dire du mal des Algériens fera certainement plaisir aux Tunisiens. C'est un vieux code en vigueur sous Ben Ali qui ne joue plus, les Tunisiens ayant, entre-temps, fait une révolution que Sarkozy et ses "stratèges" n'ont pas vu venir et ont ensuite tenté de circonscrire en proposant leur "savoir-faire" pour mater les foules en colère.

Sarkozy continue de voir la Tunisie sous les œillères de la bonne dictature de Ben Ali, le tout mariné au vieux levain colonial qui consiste à dire du mal de Mohamed pour faire plaisir à Larbi. Le retour des vieux sbires de Ben Ali à Tunis lui fait peut-être croire que la Tunisie est redevenue sensible aux flatteries de bas étage qui émoustillaient le kleptocrate de Carthage.

Les Tunisiens, eux, trop polis, sont cependant accablés par tant de superficialité et espèrent que les Algériens ne leur reprocheront pas les crétineries de Sarkozy. Il existe bien sur une fraction de la haute bourgeoisie tunisienne qui n'aime guère l'Algérie mais elle est trop réaliste pour ne pas réaliser le caractère grotesque et bouffon de ses déclarations sur la géographie présumée dangereuse de la Tunisie.

Les Tunisiens et les Algériens ne sont pas en compétition et leur géographie n'est pas une tragédie mais un espace de solidarité. C'est une évidence, mais tout est dans la mesquinerie calculatrice, chez le p'tit Sarko, pour qui les franco-tunisiens sont surtout des électeurs potentiels à quelques semaines des régionales et à deux ans du scrutin présidentiel où il cherchera à se venger de sa défaite de 2012.

 

Le vieux réflexe colonial

Et puis, on le sait, dire du mal de l'Algérie ne peut que faire plaisir aux électeurs de la région PACA et autres Menard, Estrosi et compagnie qui continuent de ne pas digérer que les "yaouled" ont mis fin à l'ordre colonial.

C'est une vieille donnée incontournable: malgré le travail, estimable, des historiens français, un sentiment anti-algérien profond se transmet au sein de l'establishment français où l'on continue à croire que le déclin français est venu de la "perte de l'Algérie".

Le p'tit Sarko s'inquiète donc de l'avenir de l'Algérie et de son développement et il voudrait, quelle générosité, que ce "sujet" (de préoccupation) soit traité dans le cadre de l'Union Pour la Méditerranée, UPM, son projet bidon qui est devenu un gros bide.

Il n'est pas nécessaire que le gouvernement algérien réponde à cette attaque de bas étage, mais il est bon de faire savoir à cet ineffable agité en campagne qui escompte venir en Algérie en automne qu'il n'y sera pas le bienvenu.

 

Mohamed Saadoune 

Journaliste

Jacques Le Bris's insight:

LIRE AUSSI: Églises transformées en mosquées: Nicolas Sarkozy co-signe un appel pour "sauver les églises" avec Éric Zemmour.


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Pour plus de transparence, Bercy va encadrer les lobbies

Pour plus de transparence, Bercy va encadrer les lobbies | Think outside the Box | Scoop.it

Michel Sapin a présenté les grands axes du projet de loi sur la transparence économique qui sera présentée en automne. Au menu : la création d'un répertoire numérique des lobbyistes, mais également la mise en place d'une agence de détection de la corruption et le renforcement des pouvoirs de l'Autorité des marchés financiers.

Après une année 2014 chargée en scandales économiques, notamment marquée par l'affaire Bygmalion ou encore la démission de Thomas Thévenoud, François Hollande avait annoncé en janvier les prémices d'une loi pour renforcer la transparence de la vie publique mais également économique.Le projet s'est précisé depuis. Le ministre des Finances Michel Sapin a présenté mercredi 22 juillet en Conseil des ministres les grandes lignes de l'action du gouvernement. Cela doit déboucher à l'automne sur un projet de loi.

Ce texte législatif donnera notamment suite aux préconisationsdu rapport du magistrat Jean-Louis Nadal sur la transparence de la vie publique intitulé "Renouer la confiance publique". Et notamment en ce que concerne les groupes de pression en contact avec les parlementaires. Ainsi, Michel Sapin a annoncé qu'un répertoire numérique des lobbyistes sera mis en place. L'idée est de limiter les contacts des pouvoirs publics, lors de l'élaboration d'une loi, aux seules personnes ainsi recensées.

Dans son rapport, Jean-Louis Nadal propose que ce répertoire soit rendu public sur Internet, une idée soutenue par François Hollande au début de l'année. Le magistrat y prône également un code de conduite pour les lobbyistes.  Les représentants d'intérêts devraient ainsi s'engager à rappeler "en amont de chaque rencontre avec un décideur public l'identité du client dont les intérêts sont défendus", ou encore à respecter les"obligations déclaratives ou l'interdiction de transmettre des informations volontairement inexactes".

Les pratiques de la France en la matière sont régulièrement épinglées. En avril, l'ONG Transparency International avait sommé la France de "clarifier les relations entre les décideurs publics et les représentants d'intérêts".

Prévention de la corruption, protection des lanceurs d'alerte, ...

Parmi les autres grands axes du projet de loi sur la transparence économique:

  • Une Agence nationale de détection et de prévention de la corruption sera mise sur pied, remplaçant le Service central de prévention de la corruption, qui n'a pas de pouvoir d'enquête mais centralise et exploite des informations permettant d'appréhender le phénomène en France. L'Agence définira une "obligation de prévention de la corruption pour les entreprises", et pourra appliquer une peine inspirée des pratiques de "monitoring" anglo-saxonnes de "retour à la conformité sous surveillance de l'Agence". Plusieurs entreprises françaises sont sous surveillance aux Etats-Unis, telles que la banque BNP Paribas condamnée pour avoir violé les embargos américains du Soudan, de Cuba et de l'Iran, "ce qui pose un problème en matière d'intelligence économique", selon Bercy.
  • Le projet de loi visera aussi à harmoniser les dispositifs de protection des lanceurs d'alerte.
  • La France transposera aussi en droit français le quatrième paquet européen antiblanchiment et de lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, les capacités de gels d'avoirs terroristes seront renforcées, avec un élargissement des catégories d'avoirs gelés, notamment aux biens immobiliers, et le périmètre des entités publiques qui appliquent la mesure de gels aux collectivités locales et aux organismes de protection sociale.
  • Enfin, le projet de loi inclura une réforme des sanctions des abus de marché. L'Autorité des marchés financiers (AMF) pourra ainsi voir renforcés ses moyens de sanctionner les infractions boursières, selon Bercy.
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En Australie, une centrale à vagues produit de l’énergie pour la première fois dans le monde

En Australie, une centrale à vagues produit de l’énergie pour la première fois dans le monde | Think outside the Box | Scoop.it

A quelques kilomètres de Perth, au sud-ouest de l’Australie, une start-up a mis en activité il y a quelques mois la première centrale à vagues reliée à un réseau électrique.

Perth, reportage

De drôles de soucoupes volantes flottent sous l’océan indien, au large de Perth en Australie occidentale. Depuis fin février, la start-up Carnegie Wave Energy a mis en place une centrale houlomotrice reliée à un réseau électrique. C’est la première fois dans le monde que plusieurs unités d’une telle centrale fonctionnent en même temps, et alimentent avec succès un réseau. En l’occurrence celui de la plus importante base navale australienne, la HMAS Stirling, située sur l’île de Garden Island, à quelques kilomètres en face de Perth. 5 % de l’électricité de cette base est produite grâce à l’énergie des vagues.

La centrale houlomotrice, baptisée Ceto en référence à une déesse grecque de la mer, est le résultat de treize ans de travail et d’un investissement de 100 millions de dollars australiens (70 millions d’euros), dont 22 millions de subventions du gouvernement.

Rendre autonome en énergie une île

Trois unités, de grosses bouées de onze mètres de diamètre et cinq mètres de hauteur, voguent à un mètre sous la surface de l’océan Indien. Les vagues font bouger chaque bouée, ce qui actionne un piston hydraulique fixé à 24 mètres au fond de la mer. Ce mouvement « pressurise un fluide contenu dans le piston, le fluide est envoyé à terre par un tuyau et passe dans une turbine qui convertit l’énergie hydraulique en énergie mécanique », explique l’ingénieur Alexandre Pichard. Dans une centrale située sur l’île de Garden Island, un générateur transforme enfin cette énergie mécanique en électricité.

Depuis sa mise en service, la centrale, dite Ceto 5, a tourné pendant plus de dix mille heures et survécu à des vagues de plus de six mètres de haut. « Avec ce prototype, nous voulions surtout montrer que la technologie fonctionne et peut être réalisée à plus grande échelle », explique lePDG et fondateur de Carnegie Michael Ottaviano. Chaque bouée est équipée de plus de 500 capteurs qui enregistrent la pression, le débit, la température de l’eau, etc. « Deux giga-octets de données par jour qui permettent de comprendre comment le système marche », poursuit Alexandre Pichard, qui travaille déjà sur un nouveau projet de Carnegie : Ceto 6.

A gauche, Michael Ottaviano

L’électricité produite alimente aussi une usine de désalinisation d’eau, qui fournit un tiers de l’eau de Garden Island. Cette technologie peut donc rendre une île autonome en énergie, selon ses constructeurs. « Une île a besoin d’électricité, et d’eau », insiste Michael Ottaviano. « D’où vient l’énergie d’une île ? Elle n’a généralement pas de charbon ou de gaz, alors la majorité arrive par bateau sous forme de fioul. C’est cher, sale d’un point de vue écologique et peu fiable. Si le bateau n’arrive pas, l’île se retrouve sans électricité », explique-t-il.

« Et si les autres énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire peuvent être une partie de la solution, on ne peut pas recouvrir une île entière d’éoliennes ou de panneaux solaires. Notre centrale a l’avantage d’être située sous l’eau et donc d’être invisible. Un atout considérable pour le tourisme », développe-t-il.

Augmenter la production pour diminuer les prix

En France, Carnegie a signé un partenariat avec EDF Energies Nouvelles et le maître d’œuvresDCNS pour installer une unité Ceto au large de la Réunion. Probablement une bouée Ceto 6, selon Michael Ottaviano.

Il assure que l’électricité produite par Ceto ne coûte pas plus cher que le fioul : entre 20 et 28 centimes d’euros le kilowatth-heure (kwh). Mais elle reste toutefois largement plus chère que le nucléaire ou le charbon. A titre de comparaison, l’électricité est facturée 0,175 € par kwh aux ménages français, et 0,091 aux industries selon Eurostat. Augmenter l’échelle de production deCarnegie pour diminuer les prix, c’est le principal défi que doit relever l’entreprise. D’ici dix ans, sonPDG aimerait que son coût de production s’abaisse à 10 centimes d’euros le kwh.

C’est pourquoi le futur projet de Carnegie est déjà sur les rails. Ceto 6 sera constituée de bouées de près de vingt mètres de diamètre et devrait avoir une puissance de 1000 KW (kilowatts) (contre 240 actuellement). Plus de centrale à terre, l’électricité sera générée directement à l’intérieur de chacune de ces immenses bouées, qui seront installées encore plus au large que Ceto 5 et confrontées à des vagues beaucoup plus puissantes. Ce qui permettrait de produire quatre fois plus d’énergie, et de subvenir à 30 à 40 % des besoins en électricité de la base navale de Garden Island. Sa construction devrait débuter en 2016.

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