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La concentration des médias en France

De très nombreux journaux, radios et chaînes de télévision sont aujourd'hui détenus par des industriels, au premier rang desquels Bernard Arnault, Martin Bouygues, Serge Dassault, Arnaud Lagardère et François-Henri Pinault.

Depuis quelques années, le phénomène de concentration est en marche dans les médias. A l'inverse de la tendance générale en Europe, de très nombreux titres, radios ou chaînes de télévision sont aujourd'hui détenus par des industriels. LVMH, dont Bernard Arnault est PDG, est actionnaire à 100 % de DI Group, dans lequel on trouve « La Tribune », Radio Classique, « Investir » et « Connaissance des arts ».

Arnaud Lagardère, président de Lagardère Active Media, possède Europe 1, « Paris-Match », « Elle », « Public », 17 % du « Monde », 20 % de Canal+ France et une participation dans le groupe Le Parisien-L'Equipe. Il détient également « Le Journal du dimanche » avec Serge Dassault.

De son côté, le patron de Dassault Aviation, sénateur UMP, possède depuis 2004 « Le Figaro », « Le Figaro magazine » et « Le Figaro Madame », ainsi que « Le Journal des finances ».

Martin Bouygues, président du géant du BTP, est actionnaire du groupe TF1 (la chaîne TF1, mais aussi LCI) depuis 1987. Il en détient 43 %.

Vincent Bolloré, patron du conglomérat du même nom, présent dans les transports et le tabac, s'est lancé récemment dans les médias avec la chaîne Direct 8 et le gratuit « Direct Soir ». Il possède également 70 % du gratuit « MatinPlus », aux côtés du « Monde ».

Quant à François-Henri Pinault, président d'Artémis et fils de François Pinault, il est propriétaire du « Point ».

GUILLAUME DELACROIX
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The sooner we change our paradigm and our lives will be better
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Think Outside The Box

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps » | Think outside the Box | Scoop.it

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. La sociologue dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.

(...)

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Royaume-Uni: Détérioration "spectaculaire" de l'économie après le Brexit

Royaume-Uni: Détérioration "spectaculaire" de l'économie après le Brexit | Think outside the Box | Scoop.it
Dans la foulée du Brexit, l'économie britannique a connu une détérioration spectaculaire, avec une chute de l'activité privée la plus forte depuis la crise financière, selon une étude très attendue.
Le cabinet Markit a publié vendredi son indice des directeurs d'achat "PMI" composite pour juillet, qui a atteint son plus bas niveau depuis avril 2009.
L'indice composite s'est affiché à 47,7 points en juillet après 52,4 en juin. Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle se replie s'il est inférieur à ce seuil.
"Le mois de juillet a été marqué par une détérioration spectaculaire de l'économie, avec l'activité des entreprises chutant au rythme le plus rapide depuis le pic de la crise financière mondiale début 2009", a commenté Chris Williamson, économiste en chef chez Markit.
"Le renversement de tendance, qu'il se manifeste par des annulations de commandes, une absence de commandes nouvelles ou bien le report ou l'annulation de projets, a été généralement attribué d'une manière ou d'une autre au Brexit", a-t-il fait remarquer.
L'indice PMI pour le secteur des services, très important pour l'économie britannique, s'est notamment affiché à 47,4 points en juillet, après 52,3 points en juin, au plus bas depuis plus de 7 ans.
Les données ont été collectées entre le 12 et le 21 juillet. Il s'agit encore de données provisoires et Markit publiera ses indices définitifs début août.
Ces indicateurs de référence étaient très attendus car ils donnent une première image précise de l'état de l'économie britannique depuis le référendum du 23 juin en faveur d'une sortie de l'Union européenne (UE).
Il faudra en effet encore des semaines voire des mois pour que les effets du Brexit se traduisent dans les statistiques officielles publiées par l'Office des statistiques nationales (ONS).
- Récession en vue? -
"L'effondrement du PMI composite à son plus bas niveau depuis 2009 fournit la première preuve que le Royaume-Uni est en train d'entrer dans une période de fort ralentissement", a commenté Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.
Les économistes se demandent maintenant si le pays pourra échapper à une récession, qui se caractérise par deux trimestres consécutifs de contraction du produit intérieur brut (PIB).
Les prévisions de croissance ont en tout cas été drastiquement révisées à la baisse pour le Royaume-Uni. Le Fonds monétaire international (FMI) vient d'abaisser les siennes de 0,9 point, à 1,3%, pour l'année prochaine.
"Les effets futurs du Brexit sont exceptionnellement incertains", jugeait mardi l'économiste en chef du FMI, Maurice Obstfeld.
La nouvelle Première ministre Theresa May a indiqué qu'elle ne souhaitait pas déclencher la sortie de l'UE avant la fin de l'année alors que son gouvernement doit encore déterminer quelles relations il souhaite établir avec les 27.
En attendant, les ménages comme les entreprises britanniques sont tentés d'opter pour la prudence et l'attentisme.
Le seul point positif réside dans l'amélioration des exportations de produits manufacturés grâce à la chute de la livre sterling face aux autres monnaies, qui rend les produits britanniques relativement mois chers à l'étranger.
Il semble aussi de plus en plus probable que la Banque d'Angleterre (BoE) viendra à la rescousse de l'économie britannique avec de nouvelles mesures de soutien en août, après avoir opté pour le statu quo en juin.
Le nouveau chancelier de l?Échiquier Philip Hammond a par ailleurs indiqué, au début d'un voyage en Chine, qu'il pourrait prendre des nouvelles mesures lors du budget rectificatif d'automne.
"Sur le moyen terme nous aurons l'occasion, avec notre discours d'automne (...) de remettre à plat la politique budgétaire si nous l'estimons nécessaire à la lumière des statistiques qui vont émerger au cours de ces prochains mois", a-t-il dit, cité par la BBC.

 

  AFP

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Attentat de Nice : la réquisition judiciaire urgente demandant la destruction des images

Attentat de Nice : la réquisition judiciaire urgente demandant la destruction des images | Think outside the Box | Scoop.it
Attentat de Nice : la réquisition judiciaire urgente demandant la destruction des images : — I Officier Judjeinire instructions Magistrat. Agissant PRIONS Monsieur responsable enregistrements entre 14juillet Effacement ‘v’.
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La France face à elle-même

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Les crises font leur travail de sape sur un peuple qui a perdu toute confiance en lui, et qui se fragmente avant de s’affronter. Au-delà de la situation économique, c’est une crise identitaire que mine la France. Il devient urgent de trouver le chemin de la réconciliation. Cela passe par notre capacité à redéfinir une vision du monde et la place que nous voulons y occuper.
Voilà bientôt un demi-siècle que la France est entrée dans ce que les observateurs et commentateurs appellent « la crise ». Crise pétrolière, crise économique, crise financière, crise de la dette , crise de l’industrie , crise de l’emploi…
Pourtant à l’heure de l’explosion de l’Internet nous sentons tous de plus en plus clairement que cette crise est d’abord et avant tout un changement de modèle qui nous amène vers un Nouveau Monde : plus horizontal, moins accumulateur, moins producteur, moins gourmand et plus partageur, finalement plus usagé que client, plus collaboratif que hiérarchisé, plus fluide que mécanisé.
Qui s’en plaindra mis à part les champions du « c’était mieux avant », tous ceux qui oublient qu’avant, on mourrait plus tôt, on souffrait plus, on apprenait moins et on n’échappait pas au déterminisme social… non, définitivement non, sauf à regretter l’odeur acre d’un passé mortifère, ce n’était pas mieux avant.
La détestation des autres
Pourtant, caché derrière cette transition économique et cette révolution technologique porteuses de nouveaux horizons, un mal s’est développé dans l’ombre, un mal profond, nourri au sentiment d’injustice, au déclassement, au désenchantement, à la frustration, à la vanité et à l’envie, à l’incompréhension et finalement à la colère.
Au-delà des difficultés économiques et sociales que nous rencontrons, ce qui mine ce pays se niche finalement dans une profonde crise d’identité où les différences finissent par opposer au lieu d’enrichir, par diviser plutôt que diversifier, des différences qui hurlent sans plus jamais s’écouter.
Or, nous sommes exactement au seuil de cet instant tragique où, à force de ne plus savoir quoi faire de ses colères, un peuple se les inflige à lui-même. À force de nous échapper, à force de nous diluer dans la communauté mondialisée, globalisée et « googlelisée », nous avons abandonné ce qui fait depuis 1000 ans la spécificité de ce peuple debout.
Dès lors, seuls demeurent les particularismes qui divisent et qui font du musulman un islamiste, du libéral un exploiteur, du bourgeois un privilégié, du chômeur un assisté, du migrant un envahisseur, du jeune un délinquant, du fonctionnaire un profiteur, du patron un salaud, du socialiste un hypocrite, du patriote un xénophobe, du syndicaliste un fainéant, du catholique un cul-bénit, de l’homo un inverti, du policier un raciste, du barbu un djihadiste, du juge un vendu, du ministre un menteur, et ce à l’infini, jusqu’à la nausée… jusqu’à l’explosion.
Incapable de retrouver les fondements de l’unité nationale, la France est en situation pré-insurrectionnelle. Après 70 ans de paix sur son territoire, la France rêve d’en découdre quitte à en découdre avec elle-même ou avec une partie d’elle-même.
La montée des communautarismes, quels qu’ils soient, la radicalisation des discours politiques et la fracture sociale, désormais béante, ont conduit ce pays au terme d’un lent processus de déclin et d’abandon. Il est désormais tard, mais pas encore trop tard. Il nous reste une chance, celle de comprendre qu’inéluctablement il faudra bien que l’on réapprenne à vivre ensemble.
La France n’a jamais été le banquier du monde, l’usine du monde ou le gendarme du monde, mais elle en fut longtemps le phare, un repère pour les peuples qui cherchaient le chemin étroit qui mène de l’asservissement à la liberté. Elle s’est imposée au cours du dernier siècle comme une puissance non alignée qui cultivait fièrement sa différence et donc son identité et avec, celle de son peuple.
Le jour où nous avons accepté que la puissance économique et financière fissent le poids d’un pays, nous avons perdu notre vision du monde et la place singulière que nous y occupions. Le jour où nous avons accepté de négocier nos valeurs contre des contrats, non seulement nous n’avons rien gagné, mais nous avons foulé au pied ce qui faisait le ciment d’une République diverse.
Un peuple a besoin de savoir qui il est pour pouvoir trouver ce qui unit les citoyens qui le composent. Les glissements sémantiques puis politiques, les compromis puis les compromissions, les manques de courage et les petites lâchetés, ont conduit tout un peuple accroché à ses élites défaites à abandonner la terre et les morts, puis la mer et les vivants, pour finir par s’enfermer à double tour dans les chapelles communautaires comme derniers repères de leur identité perdue.
Rendre à la France sa fierté
Pour que nous puissions vivre de nouveau ensemble, il va nous falloir nous réapproprier ce qui a fait de ce minuscule hexagone le centre d’un continent au centre du monde, et d’abord son extraordinaire arrogance, celle-là même qui nous interdit tout alignement idéologique et qui se niche dans la décision gaullienne de mars 1966 de quitter l’OTAN ; cette arrogante indépendance qui devrait nous amener à accueillir Julian Assange en France , plutôt que de le rejeter pour préserver les susceptibilités d’un allié qui passe son temps à nous écouter sans jamais plus nous entendre ; cette arrogance qui devrait nous pousser à nous emparer de la réalité géopolitique du bassin méditerranéen et de l’Afrique, plutôt que d’y marcher sur les œufs de notre histoire post-coloniale, paralysés face aux mouvements politiques et religieux qui sont en train de façonner durablement un théâtre de guerre civile et confessionnelle ; cette arrogance enfin qui doit nous interdire de vendre notre territoire aux États moyenâgeux du Golfe afin qu’ils préparent sur les pierres de notre patrimoine la fin programmée de leurs châteaux de sable.
Les Français ne se réconcilieront jamais avec eux-mêmes si leur pays ne leur rend pas leur fierté, fille de leur singulière vision du monde. Les sujets sont sur la table et les décisions ne sont pas inaccessibles pour ceux qui voudraient enfin renouer ce lien si particulier entre la lumière de l’Histoire et l’ombre portée d’un peuple qui ne s’épanouit que sur les routes des cimes.

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2017: les Français sont-ils en train de se faire voler leur élection?

2017: les Français sont-ils en train de se faire voler leur élection? | Think outside the Box | Scoop.it

La combinaison d'une forte abstention au premier tour et d'une large avance de Marine Le Pen, signerait la mort de l'élection présidentielle. Les gladiateurs ont remplacé les César, le jeu des clans se substitue au débat devant la nation.

En politique comme en football, ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne à la fin; mais en football comme en politique, seule compte la victoire. Le résultat marque l'Histoire, la manière ne marque que les esprits. Et pourtant, c'est elle qui engendre l'envie de supporter, d'applaudir, de participer. En 2017, le verrouillage de la campagne présidentielle serait un crime contre l'esprit démocratique et une menace pour l'avenir du pays. Ce scrutin, le plus important de notre République, le sera plus que jamais l'an prochain. Or, alors qu'ils partent en vacances, les Français sont peut-être en train de se faire voler leur élection. 

 

NOTRE DOSSIER >> Élection présidentielle 2017 

 

En effet, même si tout demeure possible, y compris l'impossible, dans les dix prochains mois, les partis rouillés mais puissants écrivent déjà le scénario dont les électeurs ne veulent pas, celui d'une présidentielle animée par les cinq mêmes candidats qu'en 2012.Nicolas Sarkozy, par son ardeur, fait fondre à grande vitesse la motte de beurre sondagière du juppéisme et pourrait sortir de l'été en favori de la primaire. Si le maire de Bordeaux ne montre pas plus de désir de diriger le pays, les électeurs l'abandonneront: pourquoi confier notre destin à quelqu'un qui n'embrasse pas le sien? 

Vers une élection discréditée

François Hollande, lui, a tant désossé les écologistes et divisé les socialistes qu'il est le moins faible de tous les prétendants de son camp, assis sur une miette d'opinion dont il veut faire un char d'assaut. Si Arnaud Montebourg n'incarne pas autre chose qu'un trublion souverainiste, le président sortant gagnera la primaire de ratificationqu'il a imaginée, faute de combattants. 

 

Jean-Luc Mélenchon est déjà en lice, qui paralyse toute candidature communiste: coucou dans le nid des cocos, il est le candidat obligé de la France rouge. François Bayrou se présentera si Nicolas Sarkozy gagne la primaire et met d'autant plus d'éloquence à vanter les mérites de Juppé qu'il est certain de le voir battu. Enfin, Marine Le Penne voit qu'une différence entre 2017 et 2012: cette fois, les sondages lui promettent tous une présence au second tour... 

Hollande, Sarkozy, Bayrou, Le Pen, Mélenchon: alors que le monde est en permanence bouleversé, que tous les repères s'envolent, une telle affiche serait un discrédit pour l'élection elle-même. Elle entraînerait une forte abstention dès le premier tour, facteur favorable, après tant d'autres, à Marine Le Pen.  

Suivrait l'envoi à l'Elysée d'un président à la légitimité écornée: battre Le Pen au second après avoir rassemblé 25% des suffrages exprimés au premier tour d'une élection marquée par 40% d'abstention, c'est représenter tous les Français en ayant eu la préférence de 1 sur 10... Arithmétiquement vainqueur et juridiquement incontestable, un tel chef d'Etat serait-il politiquement légitime? 

Détournement de scrutin

La combinaison d'une forte abstention au premier tour et d'une large avance de Marine Le Pen, incapable néanmoins de l'emporter au second, signerait la mort de l'élection présidentielle, jadis agora suprême où se nouait le lien entre un peuple et un chef, désormais champ clos des partis. Ce détournement de scrutin se voit déjà dans les primaires, inventées par les appareils pour masquer leur obsolescence: incapables de fournir des idées, les voici agences d'événementiels! Les gladiateurs ont remplacé les Césars, le jeu des clans se substitue au débat devant la nation. 

Contre cette confiscation démocratique, les citoyens, s'ils ne peuvent choisir l'affiche, peuvent encore écrire les dialogues. Si le peuple impose des idées neuves à des candidats qui ne le sont pas, tout n'aura pas été vain en 2017. 

 

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Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu

Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu | Think outside the Box | Scoop.it
Un décret reconnaît cette pathologie comme maladie professionnelle chez les agriculteurs. Une avancée majeure dans un domaine où règne l'omerta.
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Discours d'Emmanuel Faber lors de la cérémonie de remise des diplômes d'HEC Paris

Emmanuel Faber, Directeur Général du groupe Danone, était l'invité d'honneur de la cérémonie de départ 2016 d'HEC Paris, le 10 juin.

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Mitterrand, "tueur" du socialisme et son "fils" Hollande : le testament de Michel Rocard

Mitterrand, "tueur" du socialisme et son "fils" Hollande : le testament de Michel Rocard | Think outside the Box | Scoop.it

Au soir de sa vie, rongé par la maladie, Michel Rocard s’était longuement confié, en mai 2015 puis en mars 2016, pour analyser les raisons de l’échec de la gauche au pouvoir, l’insoutenable légèreté de François Hollande et dévoiler le nom de l’assassin du socialisme : François Mitterrand.

 

Michel Rocard rassemble ses dernières forces. Il a les joues creusées, les yeux fixes. Il reprend sa respiration. Se crispe. Et lâche dans un souffle : « S’il faut désigner le tueur intellectuel du socialisme…». Pause. Une lueur de défi illumine son regard. « Il s’appelle François Mitterrand ! » Il est plus de dix-neuf heures ce jeudi 28 mai 2015 et l’ancien Premier ministre en revient, encore et toujours, au sujet qui a empoisonné sa vie politique, François Mitterrand. 

Rocard enfonce le clou : « C’est épouvantable. Nous gérons les conséquences de son mépris non seulement pour l’économie, mais pour la pensée à long terme. Il y a de quoi se flinguer ! Mais comme ce n’est pas dans mon tempérament, je suis toujours là… » Vaillant, combatif, courageux. Michel Rocard sait pourtant qu’il n’en a peut-être plus pour très longtemps. Deux heures plus tôt, il avait accueilli le visiteur par ces mots glaçants : « Je vais bientôt mourir…» (1) Puis, exhibant plusieurs pages de notes griffonnées de sa petite écriture nerveuse, il avait ajouté : « J’ai préparé cet entretien car c’est sans doute ma dernière prise de parole publique… » Sacrée entrée en matière… Dans ce petit bureau encombré, niché au fond d’une petite rue du VIIIème arrondissement de Paris, l’atmosphère est tout-à-coup lourde, pesante. L’émotion fige l’instant.

 

Michel Rocard se trompe, fort heureusement. Des entretiens, il en accordera bien d’autres au cours des treize mois qu’il lui reste à vivre. Jusqu’aux dernières semaines, jusqu’au dernier moment, le père de la « deuxième gauche » continuera de réfléchir, de disserter, de discuter du sujet qui lui tenait le plus à cœur : le « socialisme démocratique », ses limites et ses bienfaits. Mais ce soir du printemps 2015, il est vrai que l’ancien Premier ministre, alors âgé de 84 ans, fait pâle figure. Sur son bureau s’entassent des piles d’analyses médicales. Autour de son cou, une petite alarme vibre à intervalles rapprochés. L’hôpital cherche à le joindre. Michel Rocard lutte contre le cancer. Il ne s’en cache pas. Sans même qu’on l’interroge, il raconte volontiers ce terrible combat qui ronge son quotidien.

 

La torture de Matignon sous Mitterrand

Et pourtant son visage s’illumine, son regard s’éclaire et son débit s’accélère dès qu’il est question de se pencher sur le sort de la social-démocratie. Les références se bousculent : Olof Palme, le leader suédois assassiné en 1986, son « vieux camarade » espagnol Felipe Gonzales, la rupture avec le marxisme  du SPD allemand lors du congrès de Bad-Godesberg en 1959 mais aussi la création du RMI ou les accord de paix en Nouvelle- Calédonie lors de son passage à Matignon entre 1988 et 1991, les souvenirs s’entrechoquent et Michel Rocard reprend vie.

«C’EST MITTERRAND QUI A DÉTRUIT MA RÉPUTATION AUPRÈS DES JOURNALISTES»

Seule l’évocation d’un nom rembrunit son visage : François Mitterrand... Son meilleur ennemi est mort presque vingt ans plus tôt, le 8 janvier 1996, mais Michel Rocard continue de régler ses comptes avec celui qui lui a gâché la vie publique, et même la vie tout court, celui qui lui a barré la route de l’Élysée. À cause de lui, Michel Rocard a souffert. Beaucoup. Souvent. Dès son ralliement au PS, en 1974, lors des Assises du socialisme, il a été moqué, méprisé, humilié. Son débit rapide et saccadé, son souci de la négociation et du compromis social, sa prise en compte des réalités économiques, tout chez lui était objet de railleries pour François Mitterrand le littéraire, le stratège cynique, l’ambitieux si sûr de lui et de son destin quand Michel Rocard, lui, au fond, n’a jamais cessé de douter de lui-même. « C’est lui qui a détruit ma réputation auprès des journalistes, raconte-t-il ce jour de mai 2015. C’est Mitterrand qui ne cessait de leur répéter : 'Rocard, pffff… De toute façon, on ne comprend rien à ce qu’il dit !' ».

Ses trois années passées à Matignon sous la férule du grand homme, de 1988 à 1991, le pape de la « deuxième gauche » les a vécues comme une torture. Chaque mercredi matin, il arrivait à l’Elysée  la boule au ventre pour son tête-à-tête avec le chef de l’État. Trente minutes plus tard, Michel Rocard en ressortait lessivé. Au plus profond de lui, cette séance d’humiliation hebdomadaire réveillait le souvenir lointain de ses terribles face-à-face avec son père, Yves Rocard, ce scientifique illustre qui n’a cessé de rabrouer son fils parce qu’il avait osé choisir la voie médiocre de la politique… Après avoir subi la foudre jupitérienne de Mitterrand, Rocard s’en allait retrouver les membres de son gouvernement qui le scrutaient et riaient sous cape en le voyant arriver au conseil des ministres, mine défaite, démarche incertaine, dans la foulée souveraine du président en majesté.

 

Mitterrand réincarné en… François Hollande

Un quart de siècle après, secoué de quintes de toux, épuisé par la maladie, Michel Rocard n’en démord pas. Il le répète inlassablement : le coupable, celui à cause duquel le malheur s’est abattu sur la gauche, celui qui la confine dans l’échec et l’impuissance au pouvoir, c’est François Mitterrand. Et le pire pour Rocard, c’est qu’au soir de sa vie, le cauchemar s’est répété lorsqu’il a vu François Mitterrand revenir à l’Élysée réincarné en… François Hollande. Le vice de forme qui obère le quinquennat en cours depuis 2012, Michel Rocard l’a identifié d’une formule: « François Hollande est un fils de Mitterrand. Il est entré de plain-pied major de promo dans l’école Mitterrand dont le précepte principal était : 'Tout ce qui n’a pas de signification, de traduction électorale forte et proche, n’a aucune importance. Il ne faut s’occuper que de l’immédiat, gérer au jour le jour !' »

«COMME MITTERRAND, LE PAUVRE FRANÇOIS HOLLANDE A FINI LUI AUSSI PAR OUBLIER L’ÉCONOMIE»

Ce jour de mai 2015, le prof Rocard corrige la copie de l’élève Hollande. La note est sévère : « Comme Mitterrand, le pauvre François a fini lui aussi par oublier l’économie non pas à cause d’une sorte d’ostracisme politique, mais parce qu’il fait partie de ces politiques incapables de distinguer ce qui est important et ce qui ne l’est pas.» Aux yeux de Michel Rocard, François Hollande est l’archétype de cette génération de responsables politiques qui cèdent tout aux caprices des médias, à leur futilité, à leur légèreté. « Les politiques n’ont plus le temps, car ils subissent une pression de plus en plus terrible de la part des médias qui interdisent de parler de choses compliquées », explique-t-il. Son « copain François » comme il dit, l’amoureux de la presse, l’ami des journalistes, parle trop et trop vite, et n’agit non pas pour l’Histoire, mais pour contenter une poignée d’éditorialistes parisiens.

Pendant de la superficialité de l’action du président, son cynisme directement hérité, selon Rocard, de ce Mitterrand auprès duquel Hollande fit ses premières armes à l’Élysée et qui lui fit prononcer le 22 janvier 2012 désormais célèbre discours du Bourget que le chef de l’Etat porte comme une fardeau depuis son élection. « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance », lança le candidat Hollande. Cette envolée lyrique est devenue son boulet de son quinquennat. Rocard hausse les épaules et soupire  : « Pfff… Guy Mollet a fait douze discours de cet acabit et Mitterrand bien plus encore. Ce n’est qu’une écriture soignée, attentive et brillante de ce que les gens veulent entendre. Mais c’est extérieur à toute réalité. »

 

Rocard, pourfendeur jusqu'au bout de la culture de l'instant

Dix mois plus tard, le vendredi 25 mars 2016, dans le même petit bureau encombré du VIIIème arrondissement de la capitale, Michel Rocard avait retrouvé un peu d’énergie lors de l’ultime entretien qu’il accorda à l’auteur de ces lignes. C’est peut-être cette vitalité retrouvée qui lui faisait regarder avec un peu d’indulgence le parcours de François Hollande dans cette interview publiée dans L’Obs. (2) Montant au créneau pour défendre la loi El Khomri, et la culture du contrat et de la négociation contre les« archaïsmes » du tandem CGT-Medef et la surenchère des « frondeurs », ultimes « partisans du « socialisme administratif », l’ancien Premier ministre accordait un grand mérite au chef de l’Etat au regard de son prédécesseur : « La différence avec Mitterrand, c’est que François Hollande est un honnête homme, ce que caractériellement Mitterrand n’était pas. Il est quand même plus sympathique ». Avant d’ajouter : « Mais il a ceci de commun avec Mitterrand que c’est un homme de la culture de l’instant ». On ne se refait pas…

«ILS NE PENSENT PAS, PARCE QUE MITTERRAND A INTERDIT TOUT DÉBAT»

Se payer de mots pour ne pas regarder la réalité en face. Se laisser bercer par une douce euphorie lexicale plutôt que de mettre les mains dans le cambouis de la gestion pragmatique. Tel
était le tragique destin historique de la gauche française aux yeux de Michel Rocard. Imprégnés d’un épais surmoi marxiste, les socialistes refusent de se mettre en danger intellectuellement. « Ils ne pensent pas, déplorait-il, parce que Mitterrand a interdit tout débat. Pour lui, les idées, c’était dangereux parce qu’elles peuvent potentiellement créer de la subversion. » Hibernatus de la pensée
socialiste, Mitterrand a donc enfanté un disciple tout aussi rétif au débat d’idées, François Hollande.

 

Résultat, assénait Michel Rocard, « tout s’aggrave et on court à la catastrophe. En 2017, nous risquons de perdre dans des conditions électorales déplorables et pour longtemps ». Ce soir de mai 2015, le vieil homme reprend son souffle une dernière fois. Il réfléchit et glisse : « Et encore, une raclée aux élections, ce ne serait que la petite catastrophe » « Et la grande ? », lui demande-t-on. « Ce serait que tout cela finisse par un règlement de comptes dans la rue ! » Avec Michel Rocard, une certaine idée de la gauche, et de la politique, s’éteint.

 

(1) La scène est racontée dans « Frères ennemis, l’hyperviolence en politique », Renaud Dély et Henri Vernet, Calmann-Lévy, 2015.
(2) L’Obs, 7 avril 2016.

(...)

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Quand la faillite des sondages nous en apprend plus que les résultats sur le Brexit

Quand la faillite des sondages nous en apprend plus que les résultats sur le Brexit | Think outside the Box | Scoop.it

Pour qui a suivi le film des évènements depuis la veille jusqu'à ce vendredi 24 juin, 6h du matin (heure française), quand le doute n'était plus permis, la consultation référendaire britannique a pris la tournure d'un terrible match politique, commencé dans la confiance du remain et achevé dans le triomphe du leave. Le suspens a été à la hauteur de l'incapacité des sondages à prédire l'issue du scrutin. Or cet échec des prévisionnistes, déjà observé lors de scrutins récents, ne se résume pas à des aléas techniques. Il est le révélateur d'un changement profond dans la distribution des opinions, que les méthodes classiques d'enquête ne parviennent plus à estimer avec précision.

Le film de l'évènement: du fiasco des sondeurs à l'aveuglement des analystes

Les analystes financiers, comme les bookmakers, qui se sont couchés jeudi soir à minuit n'ont rien vu venir. Le dernier sondage, réalisé tout au long de la journée de la consultation électorale auprès d'un échantillon représentatif d'électeurs à qui il était demandé quel bulletin ils avaient mis dans l'urne, a été rendu public par la chaîne Sky News jeudi à 23 heures, après la fermeture des bureaux de vote. Faisant fi de l'intervalle de confiance, l'estimation a paru sans appel: le remain devait l'emporter avec 52% des voix! Ce dernier chiffre a puissamment contribué à conforter les analystes, tant politiques que financiers, que le maintien dans l'UE était acquis.

Le renversement s'est amorcé à 1 heure du matin, quand sont tombés les résultats des premiers dépouillements. La cotation de la livre sterling a très vite commencé à dévisser, et à 5 heures (heure locale), BBC et Sky News ont annoncé la probable victoire du Brexit.

On entend après coup, qu'il ne faut pas incriminer les sondeurs. Disons qu'une réflexion critique sur cet énorme raté aux lourdes conséquences serait néanmoins salutaire. Car l'incertitude croissante sur la fiabilité des sondages pose des questions lourdes. Les instituts de sondage britanniques ont déjà connu des ratés de prévision de grande ampleur, en particulier lors des élections législatives de mai 2015. Au point qu'une mission d'expertise du conseil britannique des sondages a été diligentée qui a conclu, principalement, au déficit de représentativité des échantillons d'enquête.

On sait que pour contracter les coûts, les instituts réduisent la taille des échantillons et utilisent des méthodes d'enquête en ligne, beaucoup moins onéreuses. Or il a été établi que les enquêtes auprès de panel d'internautes maximisaient la proportion de votants pour le leave, tandis que les enquêtes téléphoniques aboutissaient à une proportion plus élevée pour le remain.

Ces différences sont imputables aux méthodes de recrutement des personnes enquêtées et au mode d'interaction dans le processus d'enquête. Dans le cas des enquêtes en ligne, non seulement les participants ont des profils biaisés par le fait qu'il s'agit de personnes réactives aux offres de gratification, mais l'absence d'interaction avec un enquêteur, laisse plus facilement libre cours aux positions les plus radicales.

La revanche des territoires

Néanmoins, dans le contexte britannique d'autres causes ont joué. La première chose qui frappe dans les résultats par circonscription, c'est l'ampleur des contrastes : de nombreux territoires ont opté à plus de 60% pour le in ou le out. Les frontières territoriales, visibles et invisibles, ont joué à fond, plus fortement que les critères sociologiques classiques. Les géographes Jacques Lévy et Michel Lussaultf constataient déjà en 2013 que "en Suisse (...), de votation en votation, les zones périurbaines montrent systématiquement un rejet, plus fort que dans les villes, des étrangers, de l'Europe, des musulmans ou des homosexuels. Les référendums sur la Construction européenne ont dans l'ensemble donné le même type de carte dans les différents pays où il s'en est tenu".

Le Brexit a eu pour premier effet majeur l'implosion du Royaume qui n'a plus d'Uni que le nom. L'Ecosse, en votant pour le remain à 62% a consommé son indépendantisme. L'Irlande du Nord, en faisant de même (56% pour le remain) a fait un grand pas vers la réunification. Sur la carte des résultats par circonscription les anciennes frontières sont bien visibles. Quant à l'Angleterre, l'importance du vote en faveur de la sortie de l'UE est d'abord et clairement une affirmation identitaire. Les votants qui préfèrent se définir comme English plutôt que comme British (30% des votants), ont opté pour le leave à 71%.

Cette fragmentation de l'édifice national s'est répercutée à différentes échelles. D'une part, entre les zones urbanisées et les campagnes qui le sont peu: notamment dans les Midlands (5,5 millions de votants qui ont opté à 59% pour la sortie de l'UE), le Nord Est et le Yorkshire (4 millions qui ont voté leave à 58%), et l'Est (3,3 millions qui ont voté leave à 57%). D'autre part dans les métropoles, entre les centres urbains et les périphéries éloignées, les green-belt. Le contraste est particulièrement abrupt dans la mégalopole londonienne: de nombreux quartiers de la ville de Londres ont voté à 75% pour le remain, tandis que beaucoup de circonscriptions à l'embouchure de la Tamise ont voté entre 65 et 75% pour le leave.

Des sondages devenus inopérants

Pourquoi les échantillons des sondages n'ont pas représenté fidèlement la tendance majoritaire ? On peut faire l'hypothèse que le raté provient principalement de leur insuffisante prise en compte du facteur territorial. Les lois de la statistique sont parfaitement efficaces quand il s'agit de sonder des populations cohérentes et homogènes. A partir du moment où l'on a affaire à des ensembles composites, juxtaposant des territoires dont les populations ont des systèmes de représentation très divergents, l'échantillonnage classiquement pratiqué par les instituts de sondage a toutes les chances d'être insuffisant. Ce qu'a effectivement pointé le conseil britannique des sondages.

Or c'est bien à l'approfondissement d'une fragmentation des territoires que l'on assiste. Pour Lévy et Lussault, "les cartes montrent la très forte corrélation entre vote d'extrême droite et gradient d'urbanité en France à l'élection présidentielle de 2012. On observe ce phénomène un peu partout dans les démocraties".

Cette coupure devenue majeure traduit une fracture sociale qui n'est pas réductible aux seules différences de catégories sociales (âges, revenus, diplômes...). Elle dessine une frontière de plus visible dans l'espace, entre le in et le out, c'est-à-dire entre les populations et territoires qui s'insèrent dans une économie largement connectée, et les populations et territoires qui s'en trouvent exclus de fait. Cette opposition secrète une divergence irréductible entre ceux qui sont portés par l'aspiration à l'ouverture (progressiste et mondialisée) et ceux qui cultivent le repli identitaire (conservateur et étroitement national).

Les sondages ont aujourd'hui une moins grande capacité à rendre compte des fractures du corps social, parce qu'ils peinent à évaluer avec justesse la crue des opinions radicales qui ne se disent pas à haute voix (notamment dans le cadre des enquêtes) mais qui se clament dans l'isoloir.

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Boualem Sansal : «L'ordre islamique tente progressivement de s'installer en France»

Boualem Sansal : «L'ordre islamique tente progressivement de s'installer en France» | Think outside the Box | Scoop.it


Après les meurtres de policiers à Magnanville par un islamiste, l'écrivain Boualem Sansal compare la situation actuelle de la France à celle de l'Algérie au début de la guerre civile.

Boualem Sansal est un écrivain algérien censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Son dernier livre 2084, la fin du monde est paru en 2015 au éditions Gallimard.

 

FIGAROVOX. - Depuis un an, sur fond de tensions culturelles, la France vit au rythme des attentats. Dernier en date, l'assassinat à coups de couteau, revendiqué par l'État islamique, d'un policier et de sa compagne dans leur maison. Que vous inspire ce nouvel acte de terreur?

 

Boualem SANSAL. - Ca me glace le sang. Voici venu le temps du couteau et de l'égorgement. Il est à craindre que cette méthode fasse florès, car un hadith célèbre prête au prophète Mahomet cette terrible sentence adressée aux mécréants: «Je suis venu à vous avec l'égorgement». On a vu combien Daech a pris ce hadith à la lettre et combien de milliers de personnes ont été égorgées comme des moutons, avec tous les raffinements que des esprits malades peuvent inventer pour exalter leur soif de cruauté. C'est le deuxième cas en France: en juin 2015, en Isère, un islamiste avait égorgé et décapité son patron puis accroché sa tête au grillage d'une usine. La méthode va certainement inspirer beaucoup de jeunes islamistes. Au couteau, eux ajouteront la caméra qui démultiplient l'horreur. Ils filmeront leur crime et balanceront le film sur les réseaux sociaux. Le terrorisme islamiste en Europe n'en est qu'à ses débuts, nous verrons avec le temps combien il sait être inventif: l'égorgement, le viol, l'empalement, l'éventrement seront au menu, comme ils le sont au Daech et comme ils l'ont été en Algérie à grande échelle, pendant la guerre civile. Au Daech comme en Algérie, les terroristes sont très fortement endoctrinés et encadrés: ce sont des soldats de la terreur, ils exécutent des ordres. En Europe, une telle organisation n'est pas possible, pas encore. C'est pourquoi les commanditaires et les stratèges du terrorisme islamiste mondialisé poussent à l'ubérisation du terrorisme, les instructions sont dans la toile à la disposition de qui veut devenir djihadiste et martyr.

 

Peut-on vraiment comparer la France et l'Algérie?

L'islamisme sait s'adapter, il se fiche de la culture du pays, il veut la détruire et imposer la sienne.

L'islamisme sait s'adapter, il se fiche de la culture du pays, il veut la détruire et imposer la sienne, et comme il a trouvé des recrues en Algérie il trouvera des recrues en France. Aujourd'hui, il les sollicite, les prie, demain il les forcera à assumer leurs devoirs de soldats du califat, et le premier de ces devoirs est de libérer l'islam de la tutelle de l'Etat mécréant qu'est la France. En Algérie, les maquis islamistes étaient pleins de jeunes qui ont été forcés de faire allégeance à l'émir de leur village, de leur quartier: c'était rejoindre le maquis ou se faire égorger ainsi que toute sa famille. S'il s'évade c'est la famille, voire tout le village, qui paie.

 

Derrière le terrorisme, existe-t-il un problème plus large d'islamisation de la France?

C'est le but même de l'islam conquérant, gagner la planète, convertir toute l'humanité. Le terrorisme n'est qu'une méthode pour conquérir des territoires, soumettre leurs populations et les convertir par force, comme il l'a fait au Daech avec les communautés chrétiennes. C'est la méthode des islamistes radicaux, les djihadistes. Les islamistes modérés et les musulmans pacifiques récusent cette méthode, ils préfèrent la voie douce, la da'wa, l'invitation à écouter le message d'Allah, ou la prédication publique. Entre les deux méthodes, la conquête militaire et la da'wa, il y a tout ce que l'intelligence humaine a pu inventer pour convertir et enrôler. La France est un terrain très favorable à l'islamisation par la voie douce et par le moyen de la violence: elle est inquiète, divisée, épuisée, dégoutée. Les retours à la pratique religieuse se multiplient chez les musulmans et les conversions explosent.

 

Une serveuse musulmane a été giflée à Nice parce qu'elle servait de l'alcool durant le ramadan…

L'ordre islamique tente de s'installer en France, c'est un fait patent. En maints endroits, il est déjà installé. Dans un pays musulman, cette serveuse aurait été arrêtée et jetée en prison par la police. Durant le ramadan, la folie s'empare du monde musulman et fait commettre d'horribles choses. La faim et la soif ne sont pas seuls responsables, il y a que ce mois est sacré (c'est pendant le ramadan que Mahomet a reçu le coran, apporté à lui par l'archange Gabriel), les gens sont pris dans la ferveur et la bigoterie. Durant ce mois, certains imams sont littéralement enragés.

 

Comment les islamistes s'y prennent-ils pour accroître leur influence?

La force des islamistes et des prédicateurs est la patience. Ils inscrivent leur action dans la durée. Une autre qualité est l'inventivité et leur capacité maîtriser les instruments à leur portée: les chaines satellitaires, Internet, les réseaux sociaux, les outils marketing, les techniques de communication, la finance islamique, le cinéma, la littérature, tout est mobilisé pour atteindre la plus grande efficacité. Dans les pays du sud, les islamistes n'ont que les moyens traditionnels pour avance, ils convoquent les vieilles recettes de charlatanisme, la sorcellerie, la magie, le maraboutisme, ils investissent les mosquées, les souks, les stades, les fêtes religieuses, les hôpitaux. L'action sociale n'a pas de secrets pour eux. Dans tous les cas, ils n'ont aucun souci d'argent, les donateurs généreux et intéressés ne manquent pas.

 

Bombarder Daech peut-il régler la question?

Elle n'est une solution que si elle est accompagnée d'une intervention militaire au sol menée par les pays arabes. Pour compléter, il faut ensuite installer à demeure une mission onusienne pour reconstruire la région, disposant d'une force armée capable d'empêcher les représailles.

 

Alexandre Devecchio

Journaliste au Figaro et responsable du FigaroVox. Me suivre sur Twitter : @AlexDevecchio

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Pourquoi la blockchain a le potentiel d'ubériser Uber

Pourquoi la blockchain a le potentiel d'ubériser Uber | Think outside the Box | Scoop.it

De par le potentiel de ses usages et son fonctionnement abstrait, la blockchain fascine. Pour certains, cette technologie a le potentiel de transformer des pans entiers de l’économie, au même titre qu'internet. Le livre Blockchain Revolution écrit par Alex et Don Tapscott analyse et détaille les futurs possibles de cette technologie. Dans une interview, le site Quartz revient sur les points clés de l’ouvrage.

 

RÉDUIRE LES COÛTS D’UNE MONNAIE

L’industrie de la finance a été une des premières à prendre la mesure de la chaine de blocs et des conséquences d’une telle technologie sur son écosystème. Pour les banques, la blockchain est une opportunité pour dématérialiser la monnaie, dont la fabrication coûte chère, et pour optimiser la gestion des devises. "Les banques gèrent la politique monétaire, ce qui implique le taux d’intérêt et la quantité de monnaie injectée dans le système financier. Par exemple, si le yuan, le dollar ou l'euro étaient représentés sur une blockchain, vous seriez en mesure de savoir avec une plus grande précision si une décision de réduire ou non les taux d'intérêts a un impact sur l'économie", peut-on lire dans l’interview d'Alex Tapscott publiée sur le site de Quartz.

 

Transparente, résiliente et infalsifiable, la blockchain apparaît comme une vitrine formidable sur les échanges financiers. Du pain béni pour les autorités régulatrices. "Elles pourraient voir si oui ou non un risque démesuré a été pris par les acteurs du système financier, s'il y a un écroulement des liquidités, quelles banques ont besoin d’aide ou d’être régulées…"

 

 

AU-DELÀ LA FINANCE
Mais l’utilisation de la blockchain dépasse largement le secteur des banques et de la finance. Elle pourrait permettre à des milliards de personne dans le monde de justifier de son identité, de protéger leurs biens et leurs terres, surtout dans les pays où la corruption fait loi et où les tiers de confiance ne sont pas fiables. "Si vous avez un cadastre enregistré sur la blockchain, au vu et au su de tous, alors un gouvernement corrompu ne peut pas altérer ce titre de propriété. Ce cadastre numérique fait foi. En Georgie, le gouvernement travaille d'ailleurs avec la société Bitfury pour développer des registres de titres de propriétés basés sur la chaine de blocs", précise Alex Tapscott à Quartz.

 

 

UBÉRISER UBER
Se passer d’intermédiaire, c’est aussi la promesse de la technologie. Selon Alex Tapscott, Uber etAirbnb n’ont rien à voir avec le partage, ni avec l’économie du partage. Ce sont des agrégateurs de service, et pour développer ces services sur la blockchain, il n’est nul besoin d’un Uber ou d’un AirBnB. Un système basé sur Ethereum permettrait d’assurer le paiement et de valider un contrat de location, d’assurance…  "Dans un futur proche, des voitures autonomes n’appartenant à personne pourront être louées via une application distribuée et basée sur la blockchain ", prédit l’article. Demain, la blockchain ubérisera peut-être Uber. 

 
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"Un café et une pipe, s'il vous plaît!"

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Importé de Thaïlande, le concept du "café-pipe" pourrait débarquer à Genève prochainement, selon Le Matin.

Un entrepeneur génevois déjà actif dans le secteur de l'érotisme projette d'ouvrir un café dans lequel dès l'aurore, les clients pourront se voir proposer une fellation en accompagnement de leur café pour la somme de 60 francs suisses (55 euros).

Le concept existe depuis 20 ans en Thaïlande. En Suisse, ce serait une première, souligne le concepteur du projet -qui souhaite rester anonyme- pour le quotidien suisse Le Matin. "En cinq à dix minutes", tout est plié, ajoute-t-il, pragmatique. "Le café est un moment privilégié et rapide. Des études ont démontré que les hommes étaient plus performants au travail après avoir été satisfaits durant la matinée", poursuit-il pour appuyer son idée.

Le café serait ouvert de 6h à 20 heures et proposerait également des boissons, des pâtisseries et des sandwiches mais ni champagne, ni alcool fort.

Le dossier, remis à la police génevoise, est étudié par le Département de la sécurité et de l'économie. L'entrepreneur espère ouvrir son premier établissement à la fin de l'année. Si rien n'est prévu à ce stade pour la clientèle féminine, il promet d'y réfléchir.

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La reine Rania de Jordanie: 'Les musulmans modérés du monde entier en font trop peu pour stopper l'EI' 

La reine Rania de Jordanie: 'Les musulmans modérés du monde entier en font trop peu pour stopper l'EI'  | Think outside the Box | Scoop.it

Les musulmans modérés n’en font pas assez pour lutter contre les djihadistes de l’État islamique et leur idéologie “diabolique”, a déclaré la Reine Rania de Jordanie, à l’ouverture de l’université d’été du Medef, le syndicat des patrons français. La reine était l’invitée d’honneur de cette conférence qui se tient à Jouy-en-Josas, près de Paris.

 

“Nous sommes confrontés à une période de grand danger. Daech, le soi-disant Etat islamique, continue de propager son idéologie diabolique, et modifie la perception locale de notre région. Les musulmans modérés du monde n’en font pas assez pour gagner la lutte idéologique au coeur de cette bataille. Nous n’aidons pas activement Daech, mais nous ne les stoppons pas non plus. Nous ne pourrons pas nous confronter à eux tant que nous ne nous mettrons pas d’accord en tant que musulmans sur ce que nous voulons défendre.”, a dit la reine.

Le discours de la Reine Rania a été accueilli avec un tonnerre d’applaudissements. Elle a indiqué qu’un quart des jeunes étaient au chômage dans la région, mais qu’au cours de la période 2005-2011, le nombre de start-ups avait été multiplié par 8.

Elle a exhorté les hommes d’affaires à investir au Moyen-Orient:

“Ma région a plus que besoin de votre amitié. (…) Les jeunes qui veulent réussir montrent que c’est souvent dans les endroits les plus sombres du monde que l’on remarque les plus belles étoiles”.

Nos jeunes ont besoin de possibilités de formation, d’opportunités d’emploi et aussi d’un peu de chance …  que quelqu’un croit en eux. Si nous ne créons pas 100 millions d’emplois d’ici 2020 dans la région, les jeunes à s’orienteront dans la mauvaise direction”, a poursuivi Rania de Jordanie.

“L’échec n’est pas une option, car si nous échouons face à ces extrémistes, la région sera rapidement dévastée”, a-t-elle conclu.

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Quand les services tiraient la sonnette d’alarme… 

Quand les services tiraient la sonnette d’alarme…  | Think outside the Box | Scoop.it

Aveuglement. Les signaux étaient au rouge depuis plusieurs mois. À deux reprises, les services de renseignements français ont tenté d’ouvrir les yeux du gouvernement pour lui faire changer sa stratégie face au terrorisme. En vain.

« Nous avons affaire à des gens rompus à la clandestinité et qui connaissent parfaitement nos moyens d’action […]Les cibles sont multiples et les terroristes frappent là où cela leur est le plus facile […] Il va falloir trouver le moyen de garantir les libertés tout en assurant la sécurité ; reste à savoir quel prix nous sommes prêts à payer. » Le compte rendu de l’audition, qui s’est tenue à huis clos, le 24 mai, dernier au Palais- Bourbon, du directeur de la Sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar, fait froid dans le dos. Et prend une tout autre dimension après l’attentat de Nice. Pour de nombreux spécialistes, la meurtrière attaque au camion de la promenade des Anglais, qui a fait 84 victimes, était prévisible.

C’est en tout cas ce qu’ont affirmé avec force les différents services de renseignements français, qui, depuis plusieurs mois, ne cachaient plus leurs inquiétudes face à de potentielles nouvelles tueries. Interrogé dans le cadre de la commission d’enquête relative aux moyens mis en oeuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis les attentats de janvier 2015, Patrick Calvar l’affirme : « Je suis persuadé qu’ils [les terroristes, NDLR] passeront au stade des véhicules piégés et des engins explosifs et ainsi qu’ils monteront en puissance. » Des terribles prédictions, qui ne s’arrêtent pas là et vont même encore plus loin : « Ils vont finir par projeter des commandos dont la mission consistera à organiser des campagnes terroristes. » Autant de prévisions effrayantes et des affirmations en forme de signal d’alarme pour les autorités : « Nous savons très bien qu’ils vont recourir à ces modes opératoires : ils ont bien vu les effets provoqués par une opération massive […] dès qu’ils auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts. » Ces différentes méthodes pour commettre un attentat rappellent l’avertissement principal du chef de la DGSI : la France a été, et est toujours, la cible numéro un des islamistes. « Il ne faut absolument pas céder. Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme », expliquait-il alors, avant de prononcer cette phrase tristement prémonitoire : « Je suis, en revanche, beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l’entraîne. »

 

Mais le 24 mai était déjà le second avertissement. Quelques jours plus tôt, le 10 mai, alors auditionné par la commission de la défense nationale et des forces armées, Patrick Calvar, affirmant que « Dae’ch dispose d’individus capables de passer à l’action », alerte : « Nous savons que Dae’ch planifie de nouvelles attaques […] et que la France est clairement visée. Dae’ch se trouve dans une situation qui l’amènera à essayer de frapper le plus rapidement possible et le plus fort possible : l’organisation rencontre des difficultés militaires sur le terrain et va donc vouloir faire diversion et se venger des frappes de la coalition. » Autant de propos sans ambiguïté qui auraient dû faire réagir jusqu’au plus haut sommet de l’État. Et pourtant, rien ou presque n’a été fait. Alors même que des attaques en région étaient redoutées : « La ruralité est aussi concernée [par la radicalisation, NDLR] : en tout et pour tout, quatre- vingt-onze départements français le sont. » Toujours lors de l’audition du 10 mai, il avance : « Si les attentats de novembre dernier ont été perpétrés par des kamikazes et par des gens armés de kalachnikov […], nous risquons d’être confrontés à une nouvelle forme d’attaque : une campagne terroriste caractérisée par le dépôt d’engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d’action étant multiplié pour créer un climat de panique. » Ce constat alarmant est également partagé par le président de la commission d’enquête sur les attentats survenus après Charlie Hebdo, Georges Fenech. L’ancien magistrat, député (LR) du Rhône, a mené plus de deux cents heures d’auditions et 190 entretiens pour tenter de comprendre les tueries de 2015 et comment en éviter d’autres. Le parlementaire ne cache pas sa colère face à la tuerie de masse qui s’est produite à Nice : « Cette attaque ne m’a pas surpris. Extrêmement choqué, oui, mais pas surpris. Menée depuis six mois maintenant, notre commission d’enquête a révélé que les risques d’attaques dans les grandes villes de province étaient très forts », confie Georges Fenech à Valeurs actuelles (lire notre entretien cicontre). La commission d’enquête avait alors, avant l’attaque de Nice, alerté sur le fait que des attentats avec des véhicules piégés pouvaient avoir lieu. Et pourtant… Lorsqu’il plaide pour la création d’une Agence nationale du renseignement, afin de mieux coordonner les différents services pour une meilleure analyse en temps réel des risques terroristes sur notre territoire, la réponse du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, est à peine croyable tant elle est méprisante. Alors auditionné, le ministre s’est moqué ouvertement du parlementaire : créer cette Agence reviendrait, selon Cazeneuve, à « transformer le millefeuille que vous regrettez en plum-pudding [dessert traditionnel anglais, NDLR] » ! Une réponse sous forme de raillerie qui n’a guère surpris le président de la commission. Le ministre de l’Intérieur, nerveux et crispé tout au long de ses différentes auditions, n’a cessé d’enchaîner les propos provocateurs et les passes d’armes avec Georges Fenech.

Mais les alertes, qu’un gouvernement aveugle et sourd n’a pas entendues, vont encore plus loin. Désormais, DGSE et DGSI sont préoccupées par un phénomène qui risquerait de mettre la France à genoux, une fois de plus. L’État islamique perdant beaucoup de terrain grâce aux frappes aériennes de la coalition, la menace se concentre désormais sur les ressortissants français ayant fait allégeance à l’État islamique (ils seraient environ 2000, selon les chiffres des différents services de renseignements français) qui rentrent en France, dont parmi eux… 400 mineurs. « Les deux tiers sont partis avec leurs parents, le tiers restant étant composé d’enfants nés sur place et qui ont donc moins de 4 ans », explique le patron de la DGSI, qui craint de « réels problèmes de sécurité, car ces enfants sont entraînés, instrumentalisés par Dae’ch ». Un retour, également très redouté, qui pose de nombreuses questions juridiques : quelle nationalité auront ces enfants, nés dans le “territoire” de l’État islami que ? Et que faire des “vétérans”, de retour dans notre pays ? Là encore, la DGSI pose la question et met en garde le gouvernement. « Nous aurons à nous occuper des vétérans », lâche Patrick Calvar, qui estime qu’« il ne faudra pas perdre de vue que parmi les futurs vétérans, il y aura des terroristes très aguerris, mais aussi des gens relevant d’ores et déjà de la psychiatrie et dont nous ne savons pas ce qu’ils vont devenir ».

 

L’alerte lancée par les services de renseignements n’est pas nouvelle. Mais d’autres pays avaient également prévenu la France, comme la Belgique, également très touchée par le fondamentalisme islamique. Les services belges avaient rédigé une note confidentielle, le 15 juin dernier, au contenu explicite : « Des combattants auraient quitté la Syrie, il y a environ une semaine et demie, afin de rejoindre l’Europe […] Ces personnes se sépareraient en deux groupes, l’un pour la Belgique, l’autre pour la France, afin d’aller commettre des attentats par groupes de deux. Selon les renseignements recueillis, ces personnes seraient déjà en possession de l’armement nécessaire et leur action serait imminente. »

Tout comme le département d’État américain — l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères —, qui a récemment émis une note d’alerte, quelques semaines avant le drame de Nice, à destination de tous ses ressortissants… contre le risque d’attentat imminent en Europe, et plus particulièrement en France : « Le grand nombre de touristes qui visitent l’Europe au cours des mois d’été offre plus de cibles aux terroristes ayant l’intention de commettre des attentats dans les lieux publics, en particulier lors de grands rassemblements », explique la note.

Au sommet de l’État, le message est simple : toute critique de l’action gouvernementale est vécue comme de l’indécence. Brandissant la menace populiste et jouant sur l’émotion, Manuel Valls n’a pas hésité, dimanche dernier, à déclarer que « la réponse à l’État islamique ne peut pas être la “trumpisation” des esprits ». Dans un communiqué de presse commun, le duo Valls-Cazeneuve insiste en affirmant qu’« aucun gouvernement n’a fait autant jusqu’à présent pour lutter contre le terrorisme ». Depuis les attentats du mois de janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo, le terrorisme islamique a fait plus de 230 victimes françaises. Peut-être serait-il (grand) temps d’entendre les cris d’alerte de ceux qui, tragiquement, prêchent encore dans le désert.

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"Sortez de vos postures !" Lettre ouverte d’un policier en colère aux politiques

"Sortez de vos postures !" Lettre ouverte d’un policier en colère aux politiques | Think outside the Box | Scoop.it

Comment ceux qui ont supprimé des milliers d’emplois de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012 peuvent-ils clamer avec autant de vergogne que notre pays manque de policiers ?

 

Nous fûmes Charlie, Bataclan, Magnanville. Nous sommes Nice… Et demain ? Je suis tristement écœuré de lire, d’entendre toutes ces stupidités et surtout de constater toute cette démagogie de celles et ceux supposés être ou avoir été nos représentants politiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Comment ceux qui ont supprimé des milliers d’emplois de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012;

Comment ces politiciens qui ont passé sous les fourches caudines, durant le même quinquennat, les crédits de fonctionnement de la police nationale;

Comment ces technocrates qui ont réduit à néant l’efficacité des renseignements généraux en décidant la création de deux entités de police en charge du renseignement;

Comment ces femmes et ces hommes politiques qui ont tout tenté pour réduire la capacité opérationnelle des CRS;

 

LES RESPONSABLES POLITIQUES ONT ÉTÉ LES FOSSOYEURS DE LA POLICE NATIONALE

Comment ces personnes ayant droit d’expression constant dans nos médias peuvent-ils clamer avec autant de vergogne que notre pays manque de policiers, que l’armement de mes collègues est insuffisant, que l’absence de forces mobiles le 14 juillet à Nice est inacceptable, que notre sécurité publique, mission régalienne de la police et de la gendarmerie devrait être confiée à des militaires équipés de lance-roquettes ?

Alors qu’ils ont été les fossoyeurs de la police nationale, supprimant postes, budgets, écoles et commissariats de police. Ceci est scandaleux !

Je me dois de rappeler que ce sont nos collègues, Gradés, Gardiens de la Paix et ADS du commissariat de Nice qui, au péril de leur vie, ont su mettre fin à la tuerie de masse, n'en déplaise à certains "démagos".

Comment peuvent-ils s’exprimer ainsi aujourd’hui, alors que notre pays est en deuil ?

OUI, les policiers sont exténués et écœurés, dès lors que la tension terroriste tend à se calmer, d’être confrontés à une méritocratie impulsée par la politique du chiffre initiée par ces mêmes hommes politiques.

OUI, nous manquons encore cruellement d’effectifs sur le terrain et ce, malgré un effort significatif bien qu’encore insuffisant eu égard à la menace qui pèse sur notre pays et à la charge de travail supportée par tous mes collègues.

OUI, nous méritons plus de reconnaissance.

OUI, nous voulons que les violences et les insultes à notre encontre cessent et que ceux qui les profèrent soient enfin punis à hauteur des faits reprochés. OUI !

Mesdames et Messieurs les "démagos politicos", entende, mais surtout, écoutez la gronde des bleus de la police nationale.

Vous savez, celles et ceux qui exercent le noble métier de "Gardien de la Paix", qui assurent au quotidien la sécurité de nos concitoyens car ils aiment leur métier par-dessus tout.

Ils vous expliqueront ce que veut dire solidarité, comme cela fut le cas encore à Nice le 14 juillet quand mes collègues, en repos, s’équipèrent pour venir d’initiative apporter leur aide et leur professionnalisme aux équipages engagés sur le terrain et confrontés à l’horreur.

Celles et ceux qui vous expliqueront qu’être policier aujourd’hui, cela veut dire encore plus d’heures de travail et encore moins de vie de famille.

Celles et ceux qui vous expliqueront comment on peut atteindre un stock de 20 millions d’heures supplémentaires pour servir son pays, notre République.

 

SORTEZ DE VOS POSTURES ÉLECTORALISTES CAR L’HEURE EST GRAVE

Il suffit maintenant !

Élus "démagos" et "populistes", sortez de vos postures électoralistes et venez œuvrer à l’amélioration de notre sécurité intérieure car l’heure est grave, très grave. Nos concitoyens attendent autre chose que cela en pareil moment. Les chantiers sont nombreux et trop de rigueur administrative entrave l’aboutissement de ce qui doit nous permettre d’améliorer notre sécurité intérieure.

Quand allons-nous enfin ouvrir le chantier d’une seule direction générale du ministère de l’Intérieur englobant Police et Gendarmerie, permettant d’avoir une seule entité globale de sécurité d’essence civile ? Cette DGMI devra se décliner au niveau le plus proche de la territorialisation afin de pouvoir en temps réel adapter sa capacité opérationnelle à agir.

Quand allons-nous revoir la répartition de la charge de travail entre les CRS et les gendarmes mobiles? La répartition des forces mobiles doit être revue sans délai et surtout sans clivage, la définition des priorités doit être repensée. Pour une sécurité au service de tous.

Quand allons-nous imposer à l’administration de la fonction publique que le métier de fonctionnaire de police ne peut être considéré comme les autres métiers placés sous son autorité ?

Quand allons-nous enfin obliger ces mêmes autorités de tutelle à faciliter l’accès au métier de gardien de la paix pour mes collègues adjoints de sécurité ayant courageusement servi notre pays pendant 6 années ? Une France qui vit des scènes de guerre, des policiers exténués mais toujours aussi volontaires et déterminés qui méritent autre chose que ces déclarations de caniveau.

La solidarité s’impose également pour que, sans clivage, nous puissions enfin créer un véritable service du renseignement pénitentiaire.

La solidarité s’impose pour que la redéfinition des missions de la police nationale puisse enfin voir le jour.

La solidarité s’impose pour que mes collègues des services judiciaires cessent de crouler sous des stocks de procédures de plus en plus alourdies.

LA SÉCURITÉ N’A PAS D’ÉTIQUETTE POLITIQUEQue ces quelques lignes du syndicaliste policier que je suis, puisse vous permettre de réfléchir à la véritable amélioration de la sécurité intérieure pour nos concitoyens, aux véritables enjeux pour notre pays. Il s’agit là d’une urgence vitale.

Mesdames et messieurs les responsables politiques, la France, pays des droits de l’homme, ne peut vaciller face au terrorisme.

Plus que jamais, nous devons être unis et solidaires pour faire face à cette menace qui concerne chacun d’entre nous en tout point du territoire.

La sécurité n’a pas d’étiquette politique, elle est l’affaire de tous, et de chacun.

Les policiers attendent encore plus de protection et de reconnaissance, plus de soutien, pour protéger tous leurs concitoyens.

Soyez assurés qu’ils le feront avec force, alors de grâce, soyez à la hauteur de leurs attentes. Pour notre pays, pour la France, cette belle démocratie. Parole de flic !

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Vers l’ubérisation du terrorisme ?

Vers l’ubérisation du terrorisme ? | Think outside the Box | Scoop.it

L’actuelle période troublée que nous traversons est propice à toutes les inflations langagières et autres surenchères sémantiques. En ce domaine, Manuel Valls n’a pas son pareil. « Guerre civile », « guerre » tout court, « état d’urgence », en attendant « l’état de siège » et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Hollande ?

Au cœur de ce débat qui n’en est d’ailleurs pas un : le « terrorisme », auquel il faut « faire la guerre », une « guerre totale », dixit l’énervé de Matignon. Traditionnellement, la violence légitime – peine de mort incluse – est monopole d’État. Idem pour la violence illégitime – le terrorisme d’État, donc. Ce dernier peut être franc et direct (opérations de déstabilisation conjointes entre CIA et KGB, opposant blocs de l’Est et de l’Ouest) ou de manière détournée : le Mossad israélien était prompt à aider l’OAS, tandis que la CIA américaine ne fut jamais la dernière à filer quelques discrets coups de main au FLN.

Ce terrorisme institutionnel, l’Europe l’a longtemps affronté. Il y eut l’OLP palestinienne, les Brigades rouges italiennes, l’IRA irlandaise, la Fraction armée rouge d’Andreas Baader, la plus française Action directe et même Carlos – pas le chanteur, mais l’énervé argentin. Le dernier de cette lignée de « princes » du terrorisme ? Oussama ben Laden qui, lui au moins, avait des revendications claires : obliger l’armée américaine à quitter ses bases installées dans le sanctuaire mecquois. Et une organisation digne de ce nom, Al-Qaïda, laquelle n’existe plus depuis 2006, sachant qu’aucune officine de ce type ne peut tenir longtemps si elle a tous les services secrets de la planète sur le râble.

De la même façon, la campagne d’attentats ayant frappé la France dans les années 80 du siècle dernier était parfaitement identifiable et identifiée. L’Iran était à la manœuvre tandis que l’État syrien assurait la sous-traitance. Paris avait arnaqué Téhéran sur le dossier nucléaire – déjà ! –, empiétait sur le pré carré syro-iranien du Liban. Mais, à l’époque, il était encore possible de temporiser la situation, de faire libérer nos otages beyrouthins, d’arranger le tout à l’amiable, malgré quelques victimes collatérales, dans les deux camps, précisons ; ce, grâce aux services secrets français, forts de la bonne connaissance du terrain.

Mais aujourd’hui ? À l’instar d’une économie globalisée, le terrorisme lui aussi se mondialise. Al-Qaïda avait franchisé la chose, façon Benetton ; d’où ses épigones maliens et maghrébins. Avec l’État islamique, c’est l’ubérisation de la profession. Chacun peut être son propre terroriste. Tout près au coin de la rue, comme ces supérettes tentant de coloniser nos centres-villes.

Mais là, il n’y a plus personne au bout du fil ; un peu comme chez Orange, lorsque vous pleurez pour avoir un être humain dans le turlu, naviguant entre touches étoile et dièse. Ainsi le moindre dingue peut-il sortir de l’anonymat, histoire de se faire une célébrité planétaire. Tenez, celui de Nice… En Amérique, il se serait contenté de buter quelques dizaines d’étudiants sur un campus ou de faire un carton lors de la première du dernier Batman, film certes mauvais – la peine de mort n’aurait pas été de trop pour son réalisateur et son scénariste –, mais de là à démastiquer l’assistance entière… Qui sait leurs noms ?

Celui de Nice, se proclamant d’un État islamique ne revendiquant ce triste bazar que de loin, aura donc le sien gravé sur le trottoir, façon Hollywood Boulevard.

Ce monde est définitivement le sien. Fortuitement, il est aussi le nôtre.

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20 choses qui disparaîtront d’ici 50 ans

20 choses qui disparaîtront d’ici 50 ans | Think outside the Box | Scoop.it
Vous souvenez-vous des cassettes VHS, du walkman, du fax et de la disquette? Ceux qui sont nés après l’an 2000 ne sauraient absolument pas quoi faire de ces objets aujourd’hui désuets. Des choses que nous utilisons encore régulièrement pourraient elles aussi disparaître dans les prochaines années. Voici 20 trucs qui ne passeront certainement pas le cap de 2066.
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José Manuel Barroso, l’anti-européen

José Manuel Barroso, l’anti-européen | Think outside the Box | Scoop.it
Editorial L’Europe n’avait pas besoin de cela. Que le peuple britannique décide, par référendum et dans un climat de totale libertépolitique, de quitter l’Union européenne (UE), c’est son droit le plus strict. Cette décision porte un mauvais coup à l’UE, ainsi privée d’un pays qui est la deuxième économie européenne derrière l’Allemagne, qui a un siège au Conseil de sécurité de l’ONU et un appareil militaire et diplomatique de réputation mondiale.

On peut le regretter, nous l’avons fait. Mais le coup est loyal, démocratique. Par parenthèse, il devrait faire taire tous ceux qui, sans toujours se donner la peine de regarder comment fonctionne Bruxelles, dénoncent dans l’UE une machine quasi totalitaire. Elle ne l’est pas. C’est une association d’Etats libre et volontaire, au champ de compétences bien défini : il n’y a pas ou peu d’équivalent dans l’Histoire.

 

Mais que José Manuel Barroso, ancien président de la Commission – l’organe chargé de faire appliquer les décisions communes prises par les gouvernements des pays membres –, ne trouve rien de mieux, quelques semaines après le Brexit, que de rejoindre les rangs de Goldman Sachs, voilà qui porte à l’UE un deuxième coup. Et celui-là est bas, indigne, et va nourrir un peu plus un discours anti-européen qui relève trop souvent de la théorie du complot.

Goldman Sachs est l’une de ces banques d’affaires américaines, pilier de Wall Street, qui incarne la crise financière de 2008 – des millions d’emplois perdus et l’explosion des dettes publiques aux Etats-Unis et en Europe. Elle s’est notamment distinguée en aidant la Grèce à présenter des comptes truqués pour rester dans l’euro. A tort ou à raison, elle est devenue le symbole d’une époque de collusion entre intérêts publics et privés.

Lire aussi :   L’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso recruté par Goldman Sachs

Ancien premier ministre du Portugal (2002-2004), M. Barroso a présidé la Commission de 2004 à 2014 – adoubé par tous les chefs d’Etat et de gouvernement européens de l’époque, redoutant qu’une personnalité d’envergure à Bruxelles puisse leur faire de l’ombre. Il ne faut pas oublier cela : le patron de la Commission n’est à ce poste que parce que les dirigeants des pays membres, élus démocratiquement, en ont décidé ainsi.

 

Ils ont choisi M. Barroso, qui, dépourvu du moindre charisme, a épousé toutes les balivernes libérales les plus simplistes de l’époque. On se souvient du marché qui s’autorégulait, de la mondialisation qui ne pouvait êtrequ’heureuse, de l’austérité budgétaire qui était bonne pour la ligne, etc. De la crise de 2008, il n’a rien vu venir. Il a présidé la Commission sans originalité, sans susciter la moindre idée qui eût été susceptible derenouveler l’idéal européen.

Son « pantouflage » chez Goldman Sachs est « légal ». Mais, outre qu’il peut tout de même s’apparenter à un conflit d’intérêts, il installe la pire image qui soit pour l’Europe : celle d’une relation incestueuse entre pouvoirpolitique et finance privée. Que M. Barroso ait accepté de contribuer ainsi au discours des mouvements protestataires anti-européens d’ultra-droite, ceux-là mêmes qui menacent le caractère démocratique du continent, est révoltant. C’est un geste anti-européen, aux répercussions terribles dans l’opinion.

La Commission doit condamner cette nomination et changer ses règles : interdiction à vie à un ancien de ses membres d’aller « pantoufler » dans un domaine qu’il a réglementé. Il en va de l’image de l’UE, enfin de ce qu’il en reste.



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Une Saal habitude

Une Saal habitude | Think outside the Box | Scoop.it

Sur le net circule depuis quelques temps une étrange pétition. Elle est le fruit de l'exaspération de grands esprits de la Culture. Des gens de bien(s) qui se révoltent. Contre quoi ? Contre qui ? Le terrorisme ? Le sort fait aux migrants coincés à Calais (1) ? La déchéance de nationalité ? Voire la démission de la "gauchiste" Taubira ? Rien de tout cela. Ils ne pétitionnent même plus contre le risque d'incendie dans le Lubéron malgré le nombre de piscines au mètre carré... C'est dire si leur révolte est d'importance et la coupe pleine !

Ces hommes et ces femmes se mobilisent pour sauver le soldat Saal. Souvenez-vous, Agnès Saal, cette ancienne présidente de l'Ina débarquée parce qu'elle avait dépensé 40 000 euros en moins d'un an en frais de taxi (et plus de 38 000 euros lorsqu'elle était directrice du centre George Pompidou).

Après avoir été condamnée à deux ans de suspension de la fonction publique, (dont six mois ferme sans traitement, soit 18 mois de congés payés tout de même...) (2), la dame trouve un soutien inespéré par le truchement d'une pétition en ligne lancée par Alain Bonhomme, inspecteur général des affaires culturelles honoraire et déjà signée par 97 anonymes (le courage se perd...).

Que demandent-ils ces braves ? Rien de moins que la réintégration de la dame. Selon eux, elle aurait été une victime expiatoire afin de payer pour les "errements de la haute administration". Que veulent-ils dire par là ? Qu'elle était celle qui dépensait le moins en taxi ?

Que ces bonnes âmes se mobilisent pour une collègue, après tout pourquoi pas. Qu'ils mettent en avant "son savoir-faire et ses qualités humaines", on peut le comprendre surtout si c'est vrai. Là où le Bât blesse, c'est lorsqu'ils osent dire qu'elle : "a, de toute façon, fait gagner plus d'argent à l'administration par sa politique de gestion qu'elle ne lui a coûté par ses courses de taxi".

La gestion de la dame Saal est la même que celle que mènent la plupart des grands patrons, qu'ils soient fonctionnaires ou privés : le licenciement. A peine arrivée, la dame de fer avait viré tout l'ancien staff sans ménagement pour mettre ses copains à la place. Puis, elle s'est attaquée aux CDD et enfin aux syndicats.

Bref, au bout de quelques mois dans la place, elle avait déjà la totalité des salariés contre elle à tel point que son éviction est le fait d'une dénonciation anonyme argumentée de 68 pages de factures de taxi. La gestion des ressources humaines n'était visiblement pas son fort...

Mais ce qui nous interpelle, c'est l'absence de toute autocritique du corps des administrateurs civils du ministère de la Culture dont sont issus la dame et les pétionneurs... Le budget de ce ministère ne représente qu'une part infime des dépenses de l'Etat, mais il est celui qui est le plus contesté par de nombreux français.

Les économies imposées dans le cadre de la réduction de la dépense publique ont provoqué la disparition de très nombreux festivals, compagnies et manifestations artistiques en tout genre. Les centres culturels ont tous réduit leur programmation pour éviter la fermeture avec des centaines de licenciements à la clé. Sans parler de la télévision publique qui n'a plus les budgets nécessaires à la création.

Cette politique d'austérité est servie avec ardeur par ces hauts fonctionnairessans l'ombre d'une hésitation. Et ces gens viennent prendre la défense d'une femme qui est capable de dépenser 40 000 euros en frais de taxi au point d'oser déclarer que cette somme n'est rien en regard des économies que la dame a réalisé en bonne gardienne des deniers de l'Etat.

C'est l'esprit de caste qui vient de frapper. Enfermés dans leur petit monde à l'abri du besoin, ces gens ne mesurent pas le désastre que provoquent ce genre de déclaration. Pire qu'une faute, c'est une honte.

En savoir plus
(1) En 2003 était signé le traité du Touquet qui visait à renforcer les contrôles au départ de la France afin de juguler l'immigration clandestine en Grande-Bretagne. Mais dans les faits, cet accord a déplacé la frontière anglaise à Calais. En clair, nos douaniers sont aujourd'hui au service de l'Angleterre. Un comble pour un pays qui a refusé de ratifier les accords de Schengen. Voila pourquoi Calais est à ce point submergé par les migrants...

(2) Agnès Saal n'est pas restée longtemps sur la touche. Haut fonctionnaire du corps des administrateurs civils, elle a retrouvé son ministère d'origine, celui de la Culture. Elle occupe un poste de chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Cerise sur le gâteau, le poste a été créé juste pour elle.

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« Sans l'UE, on mangerait de la viande clonée »

« Sans l'UE, on mangerait de la viande clonée » | Think outside the Box | Scoop.it

Corinne Lepage, avocate, ex-ministre de l'Environnement, ancienne députée européenne

 

Avant d'être nommée ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé en 1995, Corinne Lepage avait déjà associé son nom et celui de son cabinet d'avocat à la défense des victimes de la marée noire de l'« Amoco Cadiz ». C'était à la fin des années 1970. Bien avant le naufrage de l'« Erika » en 1999, où elle avait de nouveau défendu les communes souillées du littoral français. Ces combats, elle les a ensuite menés de 1999 à 2014 au Parlement européen, « car c'est à Bruxelles que le droit de l'environnement se joue désormais à 80 % ». « Européenne convaincue », Corinne Lepage a eu la satisfaction d'y voir des dossiers sensibles avancer. « Sans l'UE, on mangerait aujourd'hui de la viande clonée et du poulet aux hormones, affirme l'ancienne députée européenne. Et c'est grâce à l'UE que l'on a interdit l'arrivée de la colle à viande, un agglomérat de morceaux de steaks collés entre eux. »

Les OGM ? « L'Europe bénéficie de la réglementation la plus rigoureuse du monde », dit l'avocate. La pollution de l'atmosphère ? « Alors que la loi sur l'air n'était pas appliquée dans notre pays, l'Europe a menacé la France de poursuites et de sanctions financières devant la Cour de justice européenne, ce qui nous a obligés à revoir notre législation sur les incinérateurs et à bouger sur les particules fines. » « L'Europe est comme une épée de Damoclès pour les Etats membres, car elle est très exigeante en matière écologique et sanitaire, mais cela s'est traduit depuis des années par de vrais progrès pour les consommateurs », affirme l'ancienne vice-présidente de la commission Santé-Environnement du Parlement européen.



Les nitrates, les déchets...

Entre autres exemples d'avancées notables, Corinne Lepage cite la réglementation sur les nitrates dans l'eau ou celle sur la qualité des eaux de baignade. L'Europe a aussi imposé aux Etats des règles strictes en matière de traitement des déchets, et les discussions sont enflammées à l'échelle européenne lorsqu'on évoque les perturbateurs endocriniens ou les pesticides. « L'UE est aussi à l'origine du règlement Reach, qui a permis une évaluation de l'impact des produits chimiques et obligé les producteurs à fournir la preuve de leur non-toxicité, détaille l'ancienne ministre de l'Environnement. Sans l'Europe, chacun ferait sa législation dans son coin, et les citoyens seraient moins bien défendus et écoutés. »

 

  Le Parisien

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Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses”

Yves Sintomer : “La démocratie devient un spectacle, pendant que l'essentiel se déroule en coulisses” | Think outside the Box | Scoop.it

Professeur de science politique à Paris 8, Yves Sintomer interroge notre système démocratique actuel, où citoyens et élus n'ont plus prise sur les décisions importantes. Et avertit : si on ne redonne pas du pouvoir au peuple, on court à la catastrophe.

(...)

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Goodbye Britain, le Brexit est une chance pour l'Europe

Goodbye Britain, le Brexit est une chance pour l'Europe | Think outside the Box | Scoop.it

La Grande-Bretagne a toujours eu un pied dedans et un pied dehors au niveau européen. Ardent défenseur d'une Europe des guichets -chacun se souvient Margaret Thatcher et de son "I want my money back"- la Grande-Bretagne s'est toujours opposée à une Europe politique et s'est toujours posée en œil de Washington au sein des institutions européennes. Son départ peut donc ouvrir de nouvelles perspectives.

Mais, celles-ci sont totalement irréalistes si l'Europe n'est pas extrêmement ferme avec la Grande-Bretagne, si les institutions européennes continuent à fonctionner comme elles le font, et si un "Cœur d'Europe" ne se met pas en place.

 

La fermeté de l'Union européenne à l'égard de la Grande-Bretagne doit être extrême. Non seulement il ne peut être question que la Grande-Bretagne préside l'union au 1er janvier, mais encore son commissaire et ses députés doivent être déclarés démissionnaires d'office. Ils n'ont aucun droit à décider de quoi que ce soit concernant l'Union européenne à laquelle ils n'appartiennent plus.

Les fonctionnaires britanniques devront quitter leur poste dans les meilleurs délais et doivent immédiatement être privés de tout pouvoir de décision. Les conséquences financières doivent être tirés dans les meilleurs délais et en particulier le privilège dont jouit la City doit être supprimé. Le séisme économique et financier qui résulte du Brexit pour la Grande-Bretagne doit se réaliser, si c'est le cas, sans aucun amortissement de la part de l'union européenne. En effet, un des principaux arguments des défenseurs du BREXIT était l'avantage économique pour la Grande-Bretagne d'une sortie de l'Union. Il est indispensable que chacun puisse mesurer les conséquences de ses actes.

 

En second lieu, il serait aberrant de considérer que le tremblement de terre qui vient de se produire ne concerne que la Grande-Bretagne. Le comportement antidémocratique de la commission, sa soumission aux lobbys, son refus constant d'écouter les citoyens européens pour prendre les décisions radicalement contraires à ce qu'ils demandent, s'est payé dans les urnes. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une très grande partie de l'opinion publique européenne devient eurosceptique voire europhobe en raison du comportement des dirigeants européens. Le TAFTA et le CETA sont rejetés par les Européens de manière massive. La réaction de la Commission a été de cacher la réalité du contenu des négociations, heureusement dévoilé par Greenpeace. Et, la situation est encore pire que celle que l'on pouvait imaginer.

 

Le poids des lobbys financiers, pharmaceutiques, chimiques, agro-semenciers, pétroliers, automobiles a conduit depuis des mois à des décisions radicalement opposées aux intérêts sanitaires, environnementaux et économiques des Européens. La politique d'austérité, sur laquelle même le FMI revient aujourd'hui, a été imposée en potion amère, au nom d'un ultralibéralisme auquel la Grande-Bretagne n'est évidemment pas étrangère. Le changement de politique doit être immédiat et drastique, avec une reconnaissance des erreurs commises, et de nouvelles décisions fortes et symboliques très rapides. Il est indispensable que tous les peuples européens comprennent qu'à travers le vote britannique, c'est leur protestation qui a bien été entendue.

 

Enfin, il nous faut un projet européen simple à comprendre. Revenons aux fondamentaux. L'Union européenne a été constituée pour garantir la paix et la sécurité en Europe. A l'heure du terrorisme et des menaces géopolitiques d'une part, de la mondialisation d'autre part, ce double impératif conduit à rendre le projet européen indispensable pour tous les Européens... à la condition qu'il s'agisse effectivement d'un impératif. Or, la sécurité est globale car elle va de l'intégrité physique au sens le plus classique du terme à la sécurité climatique, économique ou sanitaire. Cela conduit donc à une Europe politique aujourd'hui impossible à 27.

 

C'est la raison pour laquelle les propositions que j'avais faites en 2014 autour de la notion de cœur d'Europe prennent tout leur intérêt. Admettons une Europe à plusieurs vitesses, en réalité à trois vitesses. Cœur d'Europe se construit à partir des six pays fondateurs et de ceux qui souhaitent une construire une Europe politique intégrée. Le second cercle est celui de l'euro qui doit se doter d'institutions démocratiques et travailler sur une Europe intégrée sur le plan économique. Enfin le troisième cercle est celui du grand marché européen. Cette Europe à plusieurs vitesses doit dans tous les cas de figure sortir d'une logique de guichet, être ferme sur ses valeurs ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et répondre aux grands défis que sont l'immigration, le changement climatique accéléré, l'atonie économique, le retard digital sur les États-Unis...

 

Tout ceci passe par la remise en cause indispensable par les dirigeants européens d'eux-mêmes et de leur comportement. Ils sont aujourd'hui devant l'Histoire, responsables du succès ou de l'échec du plus beau projet politique que le monde ait connu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

 

Corinne Lepage Devenez fan

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

 

 

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On se rejoint où ?

On se rejoint où ? | Think outside the Box | Scoop.it

Et si les colères se rejoignaient ?

Si tous ceux qui s’opposent à la loi travail rejoignaient ceux qui la trouvent inadaptée et bâclée,

Si tous ceux qui veulent gagner plus pour vivre mieux rejoignaient ceux qui veulent travailler moins pour mieux vivre,

Si tous ceux qui veulent une 6ème République rejoignaient ceux qui veulent réécrire la 5ème,

Si ceux qui veulent plus de bio rejoignaient ceux qui veulent moins de pesticides,

Si ceux qui veulent mieux manger rejoignaient les paysans qui veulent mieux vivre,

Si ceux qui sont contre l’état d’urgence rejoignaient ceux qui veulent plus de sécurité sans perdre de liberté,

Si la French Tech frustrée rejoignait les artisans désabusés,

Si ceux qui veulent moins de communautarisme rejoignaient ceux qui veulent plus de laïcité,

Si ceux qui veulent plus de droits pour les femmes et les homosexuels rejoignaient ceux qui ne veulent plus d’une diplomatie qui tisse des liens avec les pays qui les persécutent,

Si ceux qui veulent moins d’impôts rejoignaient ceux qui veulent une meilleure répartition des richesses,

Si ceux qui veulent plus de gardiens de prisons rejoignaient ceux qui veulent plus de professeurs,

Si tous ceux qui disent « Ca ne marche plus » rejoignaient ceux qui disent « on pourrait faire autrement »,

Si tous ceux qui veulent plus de liberté rejoignaient ceux qui veulent plus de responsabilité,

Si tous ceux qui veulent plus de République rejoignaient ceux qui ne veulent pas moins d’ouverture sur le monde,

Si ceux qui veulent moins de SDF rejoignaient ceux qui veulent plus de logements sociaux,

Si ceux qui ne veulent pas de réfugiés rejoignaient ceux qui ne veulent pas de déserts ruraux,

Si ceux qui veulent moins de pollution rejoignaient ceux qui veulent plus de rames de métro, de Velib ou d’Autolib,

Si ceux qui veulent moins d’Europe rejoignaient ceux qui veulent moins de mondialisation,

Si ceux qui veulent plus d’investissements rejoignaient ceux qui veulent moins de financiarisation des banques,

Si ceux qui veulent plus de croissance rejoignaient ceux qui veulent moins de monopoles,

Si ceux qui veulent moins de délinquance rejoignaient ceux qui veulent plus d’éducateurs,

Si ceux qui veulent plus d’indépendance rejoignaient ceux qui veulent moins d’Otan,

Bref, si ceux qui ne veulent plus du vieux modèle rejoignaient ceux qui en veulent un nouveau…

Et si la prochaine union nationale se faisait sur la jonction de toutes nos colères, le monde basculerait…

Alors, on se rejoint où ?

 

Xavier Alberti@xavier_alberti
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Thierry Mandon : "Il faut revoir la façon dont on dirige le pays" 

Thierry Mandon : "Il faut revoir la façon dont on dirige le pays"  | Think outside the Box | Scoop.it

Thierry Mandon plaide pour une réforme profonde dans la façon dont la France est dirigée. (Sipa)

 

Des raffineries bloquées. La rue qui gronde… Cette semaine, deux manifestations émaillées de scènes de violences. Que se passe-t-il? La rue est-elle rendue aux casseurs?
Non, c'est plus compliqué. Le discours consistant à fustiger les casseurs est fondé, mais insuffisant à expliquer le phénomène. Ce qui se passe en ce moment est l'expression d'un certain nombre de frustrations démocratiques accumulées qui remontent à loin. Il faut écouter ce qui se dit dans les Nuit debout et dans les cortèges. La place de la République et les manifestations rassemblent, pour une partie, des gens qui appellent à une autre démocratie. Ils ont raison. Notre système est à bout de souffle. Il faut que l'élection présidentielle qui arrive soit le moment de débattre des changements démocratiques qui s'imposent. C'est une question vitale.

"C'est l'ensemble de notre système de gouvernance qui est obsolète"

Qu'est-ce qui ne fonctionne plus?
Depuis de nombreuses années, et bien avant ce quinquennat, toute notre "machine à décider"! C'est l'ensemble de notre système de gouvernance qui est obsolète. À tous les niveaux, les mécanismes de prise de décision sont grippés en France. Nous devons mener une réflexion globale pour remettre cette machine en état de marche. Oui, il faut avoir le courage de revoir profondément la façon dont on dirige le pays…

 

Qui dit cela? Le secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, l'ancien secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, l'ancien député, l'élu local ou le citoyen?
Tous ceux-là! Instruits par vingt-cinq ans de vie politique et différentes expériences. Mais, pour ne prendre que la dernière, en tant que secrétaire d'État en charge de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, je regarde de près la production intellectuelle des sciences sociales sur la question démocratique. Or, je ne peux que constater que cela fait des années que les chercheurs tirent la sonnette d'alarme. Notamment sur l'aspiration d'une société plus éduquée, plus mûre, à participer aux décisions publiques. À cet égard, le dernier livre de Pierre Rosanvallon, Le Bon Gouvernement, est très éclairant. Accessoirement, la communauté scientifique aspire à irriguer beaucoup plus la décision publique. Il y a de ce côté-là une double alerte. Et puis il y a des transformations silencieuses de la société qui sont passées totalement inaperçues des décideurs publics.

 

«On gouverne et on parle encore aux citoyens comme il y a cinquante ans, alors qu'ils sont surinformés»

Par exemple?
Il y a un indicateur qui me frappe : selon l'OCDE, la France a, en une génération, multiplié par plus de deux le taux de ses diplômés. C'est inédit dans le monde. En vingt-cinq ans, on est passé de 20 % de diplômés du supérieur à 44 %… Les Français d'aujourd'hui sont plus cultivés, plus éduqués, ont davantage d'esprit critique. Or ces aspirations à participer et à être écoutés ne sont pas prises en compte. On gouverne et on parle encore aux citoyens comme il y a cinquante ans, alors qu'ils sont surinformés et maîtrisent même leur propre accès à l'information. Ce n'est pas par hasard, à mes yeux, si, place de la République, il y a énormément de jeunes diplômés, d'enseignants, de gens qui ne se reconnaissent pas dans la vie politique. Telle qu'elle est exercée aujourd'hui, elle n'est plus capable d'absorber ni même de comprendre ces initiatives citoyennes. Et puis, en tant qu'ancien secrétaire d'État à la Simplification, je vois bien que la façon dont on prend des décisions politiques, la façon dont on vote la loi, la façon dont on met en œuvre les décisions publiques et la façon dont l'Administration traite les citoyens, tout ce logiciel date des années 1970. C'est tout notre système de gouvernance, du haut vers le bas, un système qui écarte les Français de la décision, qui n'est plus adapté. Notre "machine à décider" tourne à vide…

 

Qu'appelez-vous exactement la "machine à décider"?
Aujourd'hui, il faut en moyenne dix-huit mois entre l'annonce d'une réforme et le vote définitif du texte, et, si l'Administration le veut bien, douze autres mois pour prendre les décrets d'application. C'est beaucoup, beaucoup trop long, surtout quand un quinquennat dure soixante mois. La loi sur la pénibilité du travail, par exemple, votée en 2013, ne s'applique qu'en partie en 2016… Non seulement c'est trop long, mais la mise en œuvre est souvent difficile en raison de l'impréparation du texte en amont. Il arrive fréquemment que l'on découvre a posteriori, après les lectures des deux chambres, que le texte n'est tout simplement plus applicable. Cela a été, par exemple, le cas avec de nombreuses dispositions de la loi Alur [concernant notamment l'accès au logement]. Autre dysfonctionnement majeur, le processus d'élaboration de la loi est aveugle. Il ne repose pratiquement jamais sur l'expertise qui existe dans la société. Les chercheurs ne sont jamais consultés sur des projets de textes, alors qu'il y a là un réservoir inestimable de connaissances! Et surtout, les études d'impact faites par l'Administration, souvent en catimini la veille du dépôt du texte au Parlement, sont la plupart du temps indigentes…

"C'est la façon de fabriquer la loi qu'il faut revoir"

Effectivement, l'étude d'impact de la loi travail, dans son article 2 "Impact social", fait à peine deux lignes…
C'est un exemple malheureux. Le moins que l'on puisse dire est que les impacts économiques et sociaux de la loi travail auraient mérité davantage. En Angleterre et en Allemagne, il n'y a pas, aujourd'hui, un seul texte de loi sans une étude d'impact détaillée et évaluée de manière indépendante. Sans parler du fait que, en moyenne, un texte grossit de 60 % entre le moment où il a été examiné par le Conseil d'État et déposé au Parlement et le moment où il est voté. Cela veut dire que plus de la moitié du texte n'a pas fait l'objet d'un examen préalable rigoureux.

 

Du fait de l'Administration ou de ceux qui la dirigent?
Tout le monde. Cette manière de procéder est malheureusement ancrée dans nos habitudes, et elle a même tendance à s'aggraver. Il faudrait s'appuyer bien davantage sur des expertises indépendantes, sur des études scientifiques sérieuses car les ressources sont là. C'est le secrétaire d'État chargé de la connaissance qui vous le dit! Il faut ouvrir les portes et les fenêtres de la "machine à produire de la norme", décloisonner les compartiments de l'Administration, dont les acteurs sont de bonne volonté, comme l'a fait, par exemple, Axelle Lemaire pour la loi sur le numérique – il n'est pas surprenant que son texte ait reçu un assentiment général. C'est dans le mode de construction de la norme que se forge sa qualité.

 

À l'inverse, la loi travail semble être la caricature de tout ce que vous dénoncez…
Elle n'est pas la seule, loin s'en faut. Elle illustre que c'est la façon de fabriquer la loi qu'il faut revoir. Le pire du pire, selon moi, c'est la brutale suppression, un beau matin de 2010, de la taxe professionnelle décidée par Nicolas Sarkozy au détour d'un simple amendement venu de nulle part. Cette réforme de la fiscalité locale a engendré, sans aucune préparation, des conséquences monumentales qu'on paie encore aujourd'hui. C'est le parfait contre-modèle.

"Inspirons-nous de ce qui existe en Angleterre, le sunset close"

Vous dites que la loi est généralement votée sans que personne ne puisse vraiment évaluer ses conséquences. C'est un constat accablant…
Je n'invente rien. C'est une réalité : au lieu de réfléchir longuement avant de mettre en œuvre des décisions pertinentes, on fait traîner l'adoption d'un texte non suffisamment réfléchi et qui, parfois, ne s'appliquera jamais du fait de sa piètre qualité. Et on ne s'intéresse jamais aux effets, voire aux modifications qu'il faudrait adopter. Inspirons-nous de ce qui existe en Angleterre, le sunset close : une loi est votée à durée déterminée, pour deux ou trois ans, et on avise ensuite. Je propose une évaluation systématique non seulement a priori, mais aussi a posteriori, avec retour au Parlement pour d'éventuels ajustements.

 

Votre constat est-il partagé au sein du gouvernement?
Je prépare un rapport qui sera prêt à la fin du mois, à l'intention du président de la République et du Premier ministre, sur la rénovation de la "machine à décider", pour une démocratie plus ouverte. Le Président est très attaché à ces questions. Il se rend bien compte, à la lumière de ce quinquennat, qu'il faut se donner les moyens de changer de braquet. D'ailleurs, il n'arrête pas d'en rappeler l'urgence. De son côté, le Premier ministre a mis en place une rencontre ministérielle bimensuelle pour débattre des orientations d'un texte. C'est une sorte d'interministérielle politique, et c'est une excellente méthode.

 

Pourquoi ne pas avoir mis ces réformes en chantier plus tôt?
Il y a déjà des choses importantes qui ont été réalisées : le non-cumul des mandats, la transparence de la vie publique, la simplification… Mais il faut aller plus loin. À mon sens, le programme de rénovation démocratique est l'enjeu de la prochaine présidentielle. C'est à la gauche de le porter, car la droite n'entend rien à ce qui se passe.

 

«N'importe quel Zorro des Républicains gouvernant à la hussarde ira droit dans le mur»

Qu'est ce qui vous permet de le dire?
La lecture attentive de ses programmes. Les Républicains n'ont rien compris à l'état de la société et à la nécessité de rénover en profondeur le logiciel. Ils sont persuadés qu'il suffit d'élire un homme à poigne à l'Élysée, de lui donner les clés pour qu'il gouverne par ordonnances, et que les problèmes seront réglés. Je pense exactement l'inverse. N'importe quel Zorro des Républicains gouvernant à la hussarde ira droit dans le mur. A-t-on déjà oublié où nous a menés la dérive césariste de Sarkozy? Elle ne fut que brutalité et stérilité.

 

Il y a l'idée que, notamment, l'Administration est un frein et que, pour réformer, il faut aller vite, en cent jours… Partagez-vous cette analyse selon laquelle l'Administration est en cause?
Il y a à repenser à la fois la composition de l'Administration et son articulation avec le pouvoir politique. La haute administration est monocolore. Sociologiquement, ce sont des profils très proches, qui sortent des mêmes écoles, installés très jeunes et qui, ensuite, ne reçoivent jamais plus de réelle formation. Ils sont, pour toujours, considérés omniscients. Il faut pourtant des responsables qui évoluent, écoutent, s'adaptent, qui soient en phase avec la société qu'ils aspirent à encadrer. France Stratégie a ainsi proposé d'ouvrir 25 % des postes de haute administration à des profils différents. Cela mérite d'être testé. Et cela permettra d'améliorer aussi le rapport avec le politique, qu'il faut reconstruire. Assumons un vrai spoil system, c'est-à-dire la mise en place, à la tête des grandes administrations, de gens qui partagent les idées de leur gouvernement. Cela permettra, en passant, de désengorger les cabinets ministériels pléthoriques, car ils dupliquent les administrations à l'égard desquelles la confiance a pu s'éroder.

 

La gauche était elle prête à gouverner en 2012?
Nous étions prêts à gérer une conjoncture économique et sociale. Mais nous n'étions pas forcément assez conscients de tous ces changements à l'œuvre, ni de toutes les entraves que nous allions rencontrer. C'est comme s'il y avait un décalage entre la vitalité de la société et l'inertie des structures. La gouvernance a été réformée dans toute l'Europe ces dix dernières années, et nous, en France, on est passé à côté de ce mouvement. Notre vie politique a trop tourné autour de débats idéologiques et, au fond, on a toujours été persuadé que seules comptaient les grandes options idéologiques et que le reste suivrait toujours. C'est fini. Maintenant, l'intendance ne suit plus et la défiance des Français à l'égard de la politique et, plus généralement, des institutions républicaines tient au moins autant à l'obsolescence de la "machine à décider" qu'aux options idéologiques. Une société adulte mérite aujourd'hui un débat public adulte. Les coups de menton et les déclarations de matamore n'ont plus de sens. Il faut refonder notre démocratie, il faut l'aérer, la renforcer de toutes les forces vives de notre pays qui ne demandent qu'à s'y impliquer pour peu qu'on les associe et qu'on les respecte. Le travail collaboratif plutôt que la décision autoritaire. Cette prise de conscience est, pour moi, l'enjeu majeur des échéances électorales de 2017.

 

Laurent Valdiguié - Le Journal du Dimanche

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Des Chinois achètent en France des centaines d’hectares de terres agricoles

Dans l’Indre, une société chinoise a acquis cinq exploitations agricoles totalisant 1.700 hectares de terres. Profitant d’une faille juridique, elle a contourné les instances chargées du contrôle du foncier agricole et contribue au développement d’une agriculture sans paysan.

Vendœuvres et Châtillon-sur-Indre (Indre), reportage

Un corps de ferme s’étend au milieu des champs de blé et de colza. À l’une de ses extrémités, deux silos à grains brillent au soleil. Mais les vaches ont quitté depuis longtemps l’étable, et la maison est abandonnée. Seuls le chant des oiseaux et le vrombissement de quelques voitures viennent perturber le silence environnant. Pourtant, les terres de La Tournancière — cette ferme située à Vendœuvres, dans le département de l’Indre (36) — sont toujours cultivées. Colza, blé, orge : une rotation classique pour les céréaliers du secteur. Mais ici, les propriétaires ne sont plus des agriculteurs : La Tournancière a été rachetée par la société Hongyang, un fonds de gestion chinois. En deux ans, ces investisseurs ont acquis cinq exploitations dans l’Indre, soit une surface totale de 1.700 hectares.

Ici, l’histoire fait grand bruit. D’autant que les cessions ont été réalisées dans une totale opacité. Et pour cause, les instances normalement chargées de contrôler la vente et l’exploitation agricole ont été tenues à l’écart. Les Safer d’abord : ces sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural sont censées protéger les terres agricoles. Informées des projets de vente par les notaires, elles disposent d’un outil juridique — le droit de préemption — pour acheter à la place de l’acquéreur initial. Le but : revendre à une personne dont le projet correspond mieux à l’intérêt général. Deuxième principe de régulation : le contrôle des structures, qui soumet l’exploitation des terres à une autorisation de l’État. Une personne qui s’installe ou s’agrandit doit effectuer cette démarche.

« Contourner les lois et les règles est un sport national ! »

 

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